Le paradoxe de la machine

L’outil n’est pas propre à l’humain, même des corbeaux en conçoivent et les utilisent, c’est pour dire! La machine, par contre, semble effectivement être un point d’inflexion entre l’humain et ses proches biologiques.

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Un outil est manipulé par un animal quelconque, parfois par l’humain, pour effectuer un travail. Une machine effectue un travail sans l’apport constant d’une entité biologique. Une fois en route, elle poursuit sa tâche de manière autonome. Elle accomplit une opération pour laquelle elle a été conçue. Une machine ne doit rien au hasard, sauf peut-être l’idée, mais ensuite, on la harnache par volonté afin d’obtenir un effet prévisible et prévu.

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La machine a commencé de manière toute simple. Le moulin à vent, la roue à aubes. On récupère une énergie et la machine la transforme. La machine est donc bien plus qu’un outil, elle déplace de l’énergie pour en produire une autre plus adéquate à nos besoins. À part sécher le linge, le vent était plus nuisible qu’utile. Les voiliers ont changé la donne, ils ont transformé l’énergie éolienne pour faire mouvoir leur imposante masse sur un liquide susceptible de les déplacer plus aisément.

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Le vent moud du grain en faisant tourner une meule. Une fois les pales en action, le moulin poursuit son travail tout seul. C’est une machine, pas juste un outil, car une machine doit être munie d’une source d’énergie pour garder son autonomie d’action. Vent, gravité, électricité, différence de température ou de pression, lumière, le choix énergétique est vaste et l’humain a harnaché la plupart des formes d’énergies de la nature. Il s’est construit une quantité phénoménale de machines à tout faire et celles qui lui manquent verront le jour.

Étrangement, ou plutôt paradoxalement, la machine qui devait nous affranchir du travail ne nous a pas affranchis d’elle. Bien au contraire, nous avons toujours été dépendants de nos créations et aujourd’hui plus que jamais. Ce n’est plus un culte en son honneur, c’est une soumission totale envers elle.

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Bien sûr, tout ceci était prévisible et a effectivement été prévu par certains visionnaires ou simplement par des gens dotés d’un gros bon sens. La machine nous a affranchis de certaines tâches qu’elle prend en charge pour nous asservir à elle-même.

L’échange valait-il le coût? Sommes-nous mieux aujourd’hui qu’avant l’invention de la machine?

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Bien entendu, la machine possède une certaine autonomie, elle ne nous enchaine pas totalement à elle, mais lorsqu’elle cesse de fonctionner, elle n’a pas son pareil pour nous culpabiliser et nous obliger à la remettre en fonction. On nous apprend vite qu’une machine arrêtée fait perdre une fortune à ses propriétaires sans donner la contrepartie, combien elle leur fait amasser de fric. On nous parle toujours que des pertes et plus la machine est grosse…. Alors on court la secourir et la remettre en marche, peu importe le jour, l’heure et ce que nous étions en train de faire.

Voilà le nœud du problème. Nous ne maitrisons plus notre horaire, nous laissons la machine décider à notre place. On apprend à laisser pleurer un enfant la nuit pour qu’il s’habitue à ne pas nous manipuler et on devient incapable de laisser une machine hors d’usage sans virer fous.

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Les nouvelles bestioles technologiques enfouies dans nos poches sont les pires de toutes. Elles nous soumettent aux supplices de la pastille, du bandeau, du vibrateur et de l’alarme sans égards à notre sommeil, nos pauses, ni même à nos moments intimes sur le trône. Et on les laisse nous manipuler, nous enchainer, nous esclavager, alors qu’elles devraient nous libérer. Nous libérer de quoi? Certainement pas des machines!

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Alors, partez immédiatement à la recherche de notre John Connor, celui qui nous sauvera du règne des machines, car cette ère est déjà commencée.

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En 2017, près de San Diego aux États-Unis d’Amérique, ont été datés les restes d’un mastodonte mammut americanum débité par des humains équipés d’outils de pierre voilà 130700 ans ± 9000 ans. Ce site exceptionnel est connu sous le nom de Cerutti mastodon.

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Tom Deméré, du Musée d’Histoire Naturelle de San Diego, commentait au magazine National Geographic que les fouilles sur ce site ont commencé vers 1990, mais ce n’est que très récemment que la méthode de datation uranium-thorium a été utilisée pour confirmer l’âge des os.

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La nouvelle n’a pas fait les grosses manchettes, comme tout ce qui concerne des preuves de l’arrivée de l’humain sur ce continent avant la culture dite de Clovis. Pourtant ces faits s’accumulent malgré les efforts acharnés de certains scientifiques pour les faire taire.

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Beaucoup de preuves similaires ont antérieurement été « perdues » par le Smithsonian Institute et celles-ci risquent de subir le même sort. Toutefois, un jour, les vieilles barbes et leurs sbires finiront par ne plus pouvoir cacher et passer sous silence ces faits qui s’accumulent, découverts dans le sud-ouest des É.-U.A. et également dans plusieurs régions de l’Amérique du sud.

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Nous aurons l’assurance que d’autres peuples ont traversé l’océan bien avant la dernière période glaciaire où des Asiatiques ont utilisé le détroit de Béring alors asséché pour sauter d’un continent à l’autre voilà seulement 15000 ans.

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Le problème consiste à comprendre comment un groupe d’un genre homo non identifié aurait atteint le continent américain à une époque où nos théories actuellement admises considèrent que les Africains n’avaient pas encore quitté leur continent pour migrer vers l’Europe et l’Asie. Toutefois, de nouvelles preuves à ce sujet repousseraient l’époque dite de la « Sortie d’Afrique », « Out of Africa », à environ 175000 ans. On voit bien que les restes de Cerruti mastodon ne sont plus en décalage et ils deviennent alors très plausibles._DSC1946_HDR

Nous nous rapprochons graduellement de la reconstitution de l’histoire réelle du genre humain sur la Terre. Chaque nouvelle découverte nous rappelle des légendes et celle des Atlantes est très certainement celle qui enflamme le plus nos imaginations.

H comme dans hache

Avec la lettre h, voici la suite tant attendue, j’en suis certain, j’ose espérer, ne me décevez pas, dites-moi une chose gentille, des articles consacrés à un mot commençant par une lettre précise. Vous trouverez à la fin de cet article les liens vers les cinq autres lettres déjà traitées dans cette fabuleuse série remplie de… de… lettres et de mots.

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Pourquoi ai-je choisi la hache, cet objet plutôt commun, comme digne représentante de la huitième lettre de l’alphabet et du sixième article? Précisément parce que cet outil, ou devrais-je dire cette arme, ou même cet ustensile, fut et s’avère encore être un objet essentiel dans l’existence de l’humain.

Prononciation

Homonymes, h et hache diffèrent d’autres paires comparables où un objet porte le nom d’une lettre parce qu’il lui ressemble, comme pour un esse ou un té. Une hache ne ressemble vraiment pas à un H, peu importe la façon de les regarder. Le mot hache contient deux h non consécutifs. Oui, il existe deux mots ayant deux h consécutifs dans le dico.

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Le premier h de hache est aspiré, on ne met pas de liaison dans sa prononciation avec le mot précédent. Ainsi, on prononce «les haches» sans mettre un «z». Hache possède également deux autres homonymes, ache et hasch, ce dernier étant toutefois un diminutif de haschisch qui, lui, porte fièrement trois h. Y en a toujours pour surenchérir!

Étymologie

Le mot hache provient du francique hâppia. Curieusement, les Francs mérovingiens et carolingiens utilisaient une hache du nom de «francisque» comme arme de jet entre le Ve et le VIIIe siècle.

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Origines

La hache, un outil conçu et assemblé, remonte à plus de 1,6 million d’années. Sa tête a tout d’abord été taillée dans la pierre, puis on l’a polie pour enfin la mouler.

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Conception

L’outil consiste en un assemblage d’une tête à usages parfois multiples et d’un manche permettant sa prise et son maniement. Tout d’abord insérée dans un manche en bois fendu, la pierre était maintenue en place par brêlage.

La tête peut présenter une extrémité ou deux, un seul tranchant ou deux. Avec deux extrémités et un seul taillant, la deuxième saillie est effilée pour piquer ou aplatie pour marteler.

Sa conception s’est peu à peu améliorée, mais les haches préhistoriques et modernes restent essentiellement très semblables. Le moulage métallique de la tête a permis de cesser de l’insérer dans une fente du manche et de le brêler, ce qui fragilisait l’outil. En aménageant un orifice dans le métal, l’œil, on y insère un manche légèrement conique qui l’empêche de fuir. Ou encore, une cale en V fend l’extrémité du manche pour l’enserrer contre les parois de l’œil. Cet orifice ovale empêchera la tête de pivoter.

Usages

Les tâches dévolues à la hache sont si multiples qu’il serait prétentieux de vouloir en dresser une liste. Qu’elle serve à abattre, ébrancher ou évider un arbre, à équarrir une poutre, à enfoncer un pieu, à ouvrir des noix ou des carapaces de crabes, à hacher de la viande, à briser des cailloux, à écrabouiller la tête d’un ennemi, à lui ouvrir une artère ou à l’éviscérer, la hache s’acquitte de toutes ces fonctions avec performance et facilité.

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Ötzi, l’homme de 6500 ans retrouvé congelé dans les Alpes italiennes transportait une hache dotée d’une tête en cuivre, un objet rare et précieux à l’époque.

Variantes et autres noms

Les formes, grandeurs, matériaux, usages, métiers, époques, lieux et peuples distincts ont apporté un vocabulaire propre et très riche. Dans le dictionnaire français, la hache se décline en une variété impressionnante de mots, signe évident de sa polyvalence et de son importance. Aisseau, aissette, ascia, cochoir, cognée, coutre, dolabre, doleau, doloire, ébranchoir, émondoir, épaule-de-mouton, fendoir, francisque, gouet, hachereau, hachette, hachoir, hachot, hachotte, hallebarde, hansart, herminette, merlin, piolet, serpe, tille, tomahawk, vouge sont tous des variantes de la hache.

Ma préférée

Si je devais m’équiper d’un seul outil, je choisirais une hache. Si je devais m’équiper d’une seule arme, je choisirais une hache parce qu’elle me sert également d’outil. Comme arme, on peut l’utiliser en combat rapproché et elle peut aussi être projetée comme la francisque. La hache se permet même de devenir un ustensile de cuisine. C’est le premier objet vraiment multifonctionnel créé par l’humain et il n’est composé que de deux pièces principales et une ou deux pièces d’assemblage.

Expressions et composé

Si on peut abattre un arbre à l’aide d’une hache, pourquoi pas un être vivant? D’ailleurs, dans l’expression «abattre quelqu’un ou un animal», nous faisons directement référence à l’usage d’une hache. Son sens est devenu par la suite métaphorique et élargi à toute action visant à tuer un individu.

«Porter ou mettre la hache» dans le budget d’un service, par exemple, est une façon inélégante, brutale et drastique de réduire les dépenses.

«Enterrer la hache de guerre». Ce que font deux personnes tout juste avant de s’accoupler.

«La hache du bourreau». L’instrument ou l’action qui mettra définitivement fin à quelque chose.

Le poisson-hachette voit sa forme étrangement ressembler à celle d’une hachette ou à un hachot. Pourvu d’une grosse tête trapézoïdale et un manche (corps) court, ce poisson porte bien son nom.

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Voilà déjà la fin du h pour hache. N’hésitez pas à consulter les autres articles consacrés à un mot commençant par une lettre (!). Dois-je spécifier que, justement, celle-ci est spécifiée !

En ordre, j’ai déjà publié:

D comme désordre — j’ai de la suite dans les idées, même si elles se trouvent désordonnées.
Y comme dans… y — parfois y faut faire simple.
C pour cascade — toute une avalanche d’informations.
P pour placide — un article aux vertus apaisantes.
E pour excellence — un excellent article, sans jeu de mots, OK, aussi avec jeu de mots.

L’inattendu

Certains craignent l’imprévu par-dessus tout, ils se sont fabriqué une vie en conséquence. Mais l’existence réelle se révèle bien différente et lorsque survient l’improbable, ces gens apparaissent totalement démunis. Le piège est de se représenter la vie comme une voie pavée, balisée, marquée et signalée.

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J’ai entendu cette réplique dans une série télé.

— Comment parer à l’inattendu?

— En s’attendant à tout.

Bel effort du scripteur, mais cette réponse se veut tout sauf logique puisqu’il restera toujours une part d’inattendu, peu importe sa préparation. Toutefois, je comprends et j’adhère au principe de chercher à prévoir. Par exemple, en informatique, ça évite les pannes applicatives. Pour ce faire, on crée des processus où chaque étape n’engendre aucune boucle infinie et ne finit jamais dans un cul-de-sac. Pour un début, il existe une ou plusieurs fins dont l’une d’elles sera irrémédiablement empruntée afin de terminer le processus.

Mais la vie se veut n’importe quoi sauf un processus sous contrôle. On doit donc trouver mieux que de développer simplement des séries d’étapes afin de se préparer à l’inattendu. Pour bien faire, la solution intelligente passe par un judicieux outillage.

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De bons outils et une bonne préparation à les utiliser adéquatement permettront d’affronter les aléas de l’existence. Parmi ceux-ci, deux me semblent essentiels dans un cadre individuel: le sang-froid et l’analyse. Le premier atout assure de garder toute sa tête afin d’utiliser le second intelligemment et efficacement. Dans un cadre social, vous ne serez pas surpris si je vous dis que l’outil magique s’avère être une excellente capacité de communication. Équipé de ces trois atouts, un humain est capable d’affronter bien des situations inconnues et de s’en sortir grandi.

En transportant ces trois outils tout en se préparant méticuleusement surgira une foi en ses capacités de relever les défis prévisibles et imprévisibles, la clé véritable de la réussite.

Étonnement animal

Toutes les fois que dévoile le sujet de l’article du lendemain, un truc survient, m’obligeant à le reporter. Là, j’étais censé continuer de vous entretenir sur l’intrication quantique. Oui, je le comprends, ma horde de fidèles lecteurs seront pour le mieux déçus, pour le pire en larmes, mais je vous le promets, je reviendrai à mon intrication avant de m’emberlificoter dans d’autres sujets de moindre intérêt pour l’espèce humaine.

Évidemment, vous constaterez que la cause de ce report se veut cruciale, alors je ne vous ferai pas languir plus longtemps, je dois vous parler de nouvelles très importantes concernant… les corbeaux, car leur intelligence ne cesse de surprendre, sauf moi, bien entendu !

Corbeau calédonien Corvus moneduloides New Caledonian Crow

On les savait capables d’utiliser des outils, comme une brindille qu’ils vont insérer dans des trous d’arbres pour en retirer des vers, des insectes, mais leur dernier exploit parait plutôt étonnant. Je dois cependant vous aviser que celui-ci n’a pas été observé dans la nature, mais il a été réalisé lors d’une étude en laboratoire. Ça n’enlève en rien leur capacité d’exécuter le truc en question. Bien au contraire, leur comportement n’a pas pu être transmis par les gènes, ils ont donc appris en réfléchissant.

Voici une partie du protocole de recherche ayant mené à cette constatation.

Huit corbeaux de Nouvelle-Calédonie ont été utilisés pour cette expérience dans laquelle Sarah Jelbert de l’université britannique de Cambridge et ses collègues leur ont montré à déposer des morceaux de papier de diverses dimensions dans un distributeur automatique de nourriture. Celle-ci leur remettait ou non des récompenses suivant la taille du morceau.

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Une fois les corbeaux bien habitués à se servir de la machine, la chercheuse leur a donné un seul grand morceau de papier. Qu’ont fait les corbeaux ? Ils ont déchiré le papier en petits morceaux selon les dimensions susceptibles de faire réagir favorablement le distributeur. Ils ont exécuté cette tâche à partir de leur mémoire des morceaux de papier et sans aide.

Cette aptitude confirme que les corbeaux ne sont pas uniquement en mesure d’utiliser des outils, mais d’en construire en inventant un moyen d’y parvenir. L’autre point important de cette expérience fut de mettre en lumière l’usage de leur mémoire. Elle signifie qu’une transmission culturelle semble possible, permettant peut-être déjà aux petits d’apprendre de leurs parents et même d’améliorer des techniques transmises.

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Évidemment, la nourriture reste un puissant élément de motivation pour ces corbeaux. Personnellement, je préfère Scarlett Johansson à un sac de moulée, mais je ne discuterai pas de leur intérêt dans la vie.