NPD

Le sprint est véritablement commencé. Il est temps de faire un peu chanter mes cervidés, chevreuils, élans, rennes et autres wapitis de ma petite collection du temps des Fêtes. Je les entends vocaliser depuis un certain temps déjà, toujours empilés dans leurs boites, cherchant à attirer mon attention. Je les sors un par un en me demandant s’ils retrouveront le même endroit que l’an passé ou si je vais tenter de leur dénicher un coin qui leur sera plus agréable.

Chacun possède sa personnalité que je me dois de redécouvrir pour ensuite le placer à l’endroit le plus judicieux. J’essaye d’apparier ceux paraissant les plus sensibles à la solitude. Au contraire, je sais que d’autres ne blairent pas beaucoup de présence autour d’eux. C’est le cas d’un orignal un peu bourru et je respecte son asocialité.

Cette année, j’aurai une pensée particulière pour Géraldine qui m’a quittée. Toutefois, je sais qu’elle se trouve entre bonnes mains et elle amènera certainement beaucoup de bonheur à celle qui lui trouvera, je n’en doute pas, une place privilégiée.

Chevreuil-et-chandelles

Chaque année, j’en achète un ou deux, question d’amener un peu de nouveauté dans la maison et de déstabiliser cette joyeuse harde d’animaux d’accompagnement. L’autre jour, je vois sur un présentoir un couple d’élans pas très jolis avec leur jupe et pantalon de couleur délavée rose ou bleu, aux charmes de bonbons sucés devenus trop collants. Ça m’a donné une idée. Avant de partir sans les acquérir, évidemment, je les ai placés en position 69. Au moins, ils seront dégoulinants pour une bonne raison.

Deux de mes chevreuils ont subi des blessures au cours de l’année. Oui, j’en garde toujours quelques-uns, les plus bibelots, en différents lieux de l’appartement. J’en suis venu à la conclusion que l’univers déteste les bibelots. Lui, si dynamique, semble recevoir l’ostension statique comme un affront. Il prend alors les moyens les plus tordus pour renverser mes chevreuils en brisant leur délicat apparat.

J’en ai un qui possède un air de benêt du village. Lorsque je l’ai acheté, je le tenais près de ma face en empruntant un air semblable. La caissière riait tellement qu’elle était devenue incapable de terminer la transaction ! Plus elle retenait son hilarité, plus elle s’enfonçait dedans. Je suis certain que de retour chez elle, sa dure journée de labeur pesait moins lourd sur ses épaules.

Ouais, avec le premier décembre viennent les préparatifs des festivités de fin d’année et plus le temps passe et plus je leur trouve un air obligé. Est-ce le NPD ? Nostalgie-Paresse-Désintérêt. Oui, probablement un peu des trois. Et NPD, ça peut aussi vouloir dire : ne pas déranger.

Totem

Comme tout bon Québécois issu des premières colonies, je transporte une certaine quantité de sang amérindien. Mais qu’on soit de sang mêlé ou non, poursuivre un des rituels des Premières Nations consistant à se donner un totem vaut le coup d’être sérieusement envisagé.

Le principe consiste à trouver avec quels animaux de la nature, nous possédons des qualités communes et aussi des qualités que nous voudrions acquérir ou améliorer.

Un totem peut consister en un seul animal ou plusieurs. On peut en rajouter d’autres au cours de notre vie, mais il n’est pas plus conseillé d’en prendre trop que d’en retrancher un qu’on aurait choisi sans trop réfléchir.

Il est également préférable de trouver deux animaux ne partageant pas les mêmes proies et territoires ni possédant les mêmes attributs. On ne devient pas meilleur en choisissant des semblables, mais des contraires. La complémentarité améliore la qualité du totem qui définit ce que l’on pense de soi, ainsi que la personne que nous aimerions devenir.

Ainsi, un totem ne se choisit pas à la légère et parfois un ou plusieurs avis peuvent s’avérer utiles. Cependant, un conseiller doit éviter de nommer un animal en particulier. Le choix revient totalement à celui qui portera ses marques. Il est préférable de demander à la personne de nous parler des qualités qu’elle s’attribue et celles qu’elle aimerait acquérir pour ensuite lui demander de trouver les animaux correspondants. Lire des livres, regarder des documentaires et observer les animaux sont les meilleurs outils pour découvrir son totem.

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Un totem se sculpte par le bas et se termine par le haut. On voit donc souvent des totems avec un animal terrestre touchant le sol et un animal aérien touchant le ciel. L’eau constitue aussi un très bon réservoir d’animaux à ne pas négliger. Il faut concentrer son attention sur les qualités des animaux, pas sur leur apparence ou leur popularité. Par exemple, la tortue est un animal possédant des qualités extraordinaires que sa lenteur nous fait malheureusement oublier. En choisissant cet animal en totem, on ne cherche pas à devenir moins dynamique, on veut plutôt améliorer sa résilience, son endurance et sa pugnacité.

J’ai écrit une nouvelle dans le premier tome des « Scénarios de fins du monde » qui traite de l’obtention de totems. Cette histoire m’a profondément ému bien que j’en sois l’auteur. Lorsqu’un écrivain vous dit qu’une histoire existait déjà et qu’il n’a eu qu’à la coucher sur papier, ma nouvelle « Rite de passage » m’a semblé provenir d’un très lointain passé. Elle fait partie des histoires que mon cerveau a captées sans la chercher, sans la forcer, mais en l’acceptant alors qu’elle s’est simplement présentée au bout de mes doigts.

Il est difficile d’expliquer mon état d’esprit durant cette phase d’écriture. Cependant, je me souviens d’être calme et en paix. Ma nervosité augmentait parfois lorsque le flux devenait plus rapide et que je craignais d’oublier certains passages. En y repensant, je pourrais même affirmer que nous composions la nouvelle à deux. Nous étions interconnectés, calmes et en paix avec cet état second. Cette fusion me donnait accès à de nouvelles idées, mais également à d’autres émotions. Ce texte ne me ressemble pas vraiment, pas plus que le style employé pour raconter cette aventure.

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J’ai mis du temps avant de décider de mon totem et les deux animaux qui le composent n’ont pas été choisis simultanément. J’ai plutôt attendu des signes. Lorsque certains d’entre eux sont venus sous forme répétitive, j’ai pensé qu’il était temps de les adopter. Pour mon totem terrestre, ce fut le loup, mais pas n’importe lequel, et pour mon totem aérien, mon choix s’est arrêté sur le grand corbeau.

Bon, celui-là m’était peut-être prédestiné, mais il existe quand même plusieurs espèces d’oiseaux dans la famille des corvidés et le fait de choisir le grand corbeau parmi les autres espèces de la même famille n’avait rien d’anodin.

La plupart des loups font partie d’une meute, sauf ceux qui ne respectent pas l’autorité du mâle alpha. Ils deviennent alors des loups solitaires vivant à l’écart de la meute. J’ai toujours été ce genre de loup malgré mes efforts pour faire partie de plusieurs meutes. Un solitaire se trouve parfois un ami et ils chasseront à deux, augmentant de beaucoup leur chance de survie. Le loup prend soin de ses malades, et on peut même aller jusqu’à dire qu’ils respectent des rituels.

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Quant au grand corbeau, il se démarque clairement de ses cousins. Il ne participe pas à des rassemblements, il est fidèle et protecteur. Il reste plus sauvage que les autres et il est capable de chasser des animaux comme des oiseaux de proie. Il chante épouvantablement mal. En fait, son cri ressemble à une porte de grange grinçante émettant des sons graves. Se faire frôler la tête par un grand corbeau a de quoi impressionner, car son empennage est parmi les plus grands des oiseaux de la forêt. Cependant, s’il vous croit inoffensif, avec le temps il deviendra un peu moins rébarbatif à votre présence. Il se permettra même de vous faire une place dans son environnement et ne vous importunera presque plus. Par contre, cela ne l’empêchera pas de vous réveiller sans gêne aux petites heures. Il vaut mieux accepter de se lever, parce qu’il ne cessera pas avant de vous voir. C’est peut-être sa façon de démontrer qu’il vous accepte… un peu.

Le totem est un guide de vie comme bien d’autres choses. Je n’y cherche pas des interventions magiques ou surnaturelles, divines ou contrôlantes. Mon totem n’est pas moi, mais une représentation quelconque de mon for intérieur. Il peut m’aider à me définir ainsi qu’à garder le cap durant les multiples tempêtes qui jalonneront ma vie. Le totem se dresse et il est fier d’être debout, de se présenter aux autres.

Il faut protéger et entretenir son totem. On ne se moque jamais du totem des autres, puisque aucun animal n’est inutile, aucun animal n’est dépourvu de qualités, tout animal mérite de vivre et de faire bonne figure sur un totem.

Il n’y a pas si longtemps, les villes n’existaient pas et nous vivions entourés d’animaux, tous ensemble sur les mêmes territoires. Cette histoire, c’est la nôtre et elle nous habite. Le totem nous ramène à une époque où nous vivions parmi les animaux.

Un totem se retrouve rarement sous la forme d’une véritable sculpture, c’est plutôt une représentation mentale. Certains voudront toutefois posséder un objet représentant leur totem. Je conseille de le faire modeste, une dizaine de centimètres suffit amplement et il se sculpte plus rapidement.

Pour terminer, rien n’est plus satisfaisant que la fierté de son totem, car il nous relie à la nature et il nous révèle à nous-mêmes. Portez-le sans gêne et ne soyez pas timoré, parlez-en aux autres. Invitez les gens à s’en choisir un. Ça ne fait aucun mal et on acquiert un bien plus grand respect de la nature lorsque nos animaux nous suivent partout où l’on va.

Écrivez un commentaire pour me faire connaitre votre totem.

Les dinosaures de l’Alberta

C’est plutôt connu, l’Alberta peut se targuer de posséder de riches cimetières de dinosaures. Pendant une très longue période et particulièrement au Crétacé, les terres du centre-ouest des É.U.A. et du Canada possédaient un immense bras de mer qui coupait totalement l’Est de l’Ouest comme le montre cette carte. Les dinosaures ont vécu et sont morts près de cette mer, et aujourd’hui on découvre leurs corps fossilisés en grande quantité.

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Ce qui est moins connu des gens des autres pays, c’est que les dinosaures sont revenus en force en Alberta. Le parti Conservateur s’est fait élire en promettant de combattre toutes les taxes sur le carbone, de trouver des solutions au pipeline transcanadien que le Québec refuse sur son territoire et de promouvoir tout ce qui concerne l’exploitation des sables bitumineux albertains.

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Je trouve indécent que des dirigeants fassent miroiter le retour à un essor économique en mettant l’accent sur une ressource qui va tous nous tuer. En passant, l’Alberta ne possède aucune taxe de vente parce que ce serait impopulaire d’en instaurer une. Ce faisant, les Albertains ne peuvent pas se payer les mêmes services qu’au Québec et ils s’en plaignent.

Plutôt que de trouver les moyens d’utiliser l’argent que le pétrole leur rapporte encore actuellement pour instaurer une véritable économie de transition, le nouveau gouvernement «conservateur» va tout miser sur le pétrole sans miser sur aucune autre mesure.

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Facilité, populisme, simplicité, se faire élire en promettant la prospérité passée sur des ressources passéistes c’est de la lâcheté et du mensonge éhonté.

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Les dinosaures du Crétacé étaient énormes, entre autres parce que les températures moyennes étaient bien plus élevées qu’aujourd’hui. Plus de chaleur donne plus de plantes, donc plus de gros herbivores et plus de gros tyrannosaures pour manger les gros herbivores.

Puisque le réchauffement de la planète ne fait que commencer et, comme on le constate, nos dirigeants n’ont pas l’intention de changer quoi que ce soit à l’économie du pétrole, la Terre ressemblera bientôt à ce qu’elle était durant le Crétacé. Une mégafaune verra de nouveau le jour. Certaines espèces profiteront de cette poussée de croissance et développeront de nouvelles habiletés. C’est exactement de cette façon que les dinosaures sont devenus les maitres incontestés de notre planète il y a de cela 230 millions d’années.

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En fait, à très long terme, la stratégie conservatrice n’est pas du tout idiote, puisqu’en favorisant le réchauffement planétaire, les Conservateurs remettent en action le même système climatique qui a généré le fameux pétrole duquel ils tirent aujourd’hui parti. Toutefois, il faudra plusieurs dizaines de millions d’années avant que les Albertains puissent bénéficier de ces nouvelles réserves. Laissez-moi douter du fait que le gouvernement puisse penser juste au-delà de 5 années.

En conclusion une phrase qui expliquerait tout. Ces dinosaures de Conservateurs sont en réalité de véritables  conservateurs de dinosaures.

Espèce d’animal !

Un court article que je publie ce dimanche en fin de journée. Pour vous, mes lecteurs d’Europe, d’Afrique, d’Océanie et d’Asie, c’est déjà lundi, mais qu’importe.

Je vais sortir de mon mode d’écriture normal pour vous proposer quelque chose de différent, un article à caractère plus participatif. Je m’explique.

Dernièrement, j’ai regardé plusieurs reportages ou capsules vidéos dans lesquels des réactions ou comportements animaux nous surprennent, étonnent et même nous subjuguent.

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Dernièrement, je vous faisais part de l’intelligence des corbeaux mise en évidence par de nouvelles études scientifiques. De plus en plus de recherches mettent en lumière certaines attitudes que nous réservions autrefois à nous, les humains.

Nos animaux de compagnie ne sont plus les seuls à adopter des comportements surprenants, à démontrer des personnalités complexes. On découvre chez un grand nombre d’animaux sauvages d’étonnantes attitudes et aptitudes qu’on n’aurait jamais cru rencontrer chez ces espèces principalement préoccupées à travailler pour survivre.

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Nos paradigmes envers les autres espèces animales s’en trouvent chamboulés. De plus en plus de gens n’acceptent plus les mauvais traitements que nous leur infligeons et encore moins les extinctions massives que nos modes de vie et notre main mise sur l’environnement leur occasionnent.

J’aimerais connaitre vos expériences récentes ou des vidéos-chocs en rapport avec des attitudes animales particulières qui risqueraient d’ébranler les fondements de nos pensées et de nos rapports avec les autres habitants mobiles de notre planète.

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N’oubliez pas, si tel est votre désir, de rajouter votre opinion personnelle aux références ou à votre description des faits. Je suis curieux de la connaitre.

Vous pouvez déposer un commentaire ou encore m’envoyer un courriel si vous préférez me laisser le soin de résumer vos propos en préservant votre anonymat au besoin.

Vol, a-t-il ?

Il est apparemment impoli de parler de soi, mais puisque j’écris dans mon journal internet personnel, je crois avoir le droit de le faire sans gêne. Je garde toutefois très fort ce sentiment de discrétion qui m’éloigne des confidences spontanées inappropriées. Vous devrez donc vous contenter d’un compromis, car je vais me rabattre sur un sujet tout de même pas très éloigné de moi, mon espèce d’oiseaux favorite. Vous savez bien entendu de quel volatile il s’agit.

Savez-vous que les corbeaux reconnaissent les gens ? Ils observent les humains en tant qu’individus distincts. Dès la première fois qu’ils voient une figure, ils peuvent la reconnaitre même dans une foule et celle-ci reste incrustée dans leur mémoire durant des années.

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Les corbeaux sont parmi les oiseaux les plus opportunistes. Ils partagent donc ce caractère avec les humains. En fait, l’aversion instinctive que portent les gens envers ces volatiles s’explique en partie par un sentiment de compétition.

La mésaventure d’un seul corbeau peut influencer l’ensemble d’une communauté. Si un individu est tué dans un champ, cet événement fera changer le parcours migratoire de tout le groupe, et ce jusqu’à deux ans durant. Aucun doute, les corbeaux d’une même communauté se parlent. En tant que parents, ils transmettent culturellement leurs enseignements à leur descendance. Un événement traumatisant ou inédit engendrera des changements comportementaux pouvant perdurer plusieurs mois. Cette habileté n’avait été prouvée qu’avec les primates.

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Les corbeaux sont présents sur tous les continents sauf l’Antarctique. Ceux de la Nouvelle-Calédonie semblent les plus intelligents d’entre tous. Peut-être leurs contacts moins fréquents avec l’humain les rendent moins opportunistes, mais plus débrouillards. Ce sont eux qui possèdent les plus grandes capacités à utiliser des outils et même à en fabriquer de nouveaux en réfléchissant à des solutions innovantes afin d’acquérir leur pitance. Ils peuvent également travailler fort pour fabriquer un outil afin de mettre la patte sur un second outil qui leur permettra d’atteindre leur nourriture. Ce processus de pensée en plusieurs étapes et mettant en œuvre des difficultés distinctes démontre leur grande intelligence.

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Ils émettent des cris d’alerte distincts pour avertir leurs congénères de la présence d’un chat, d’un oiseau de proie ou d’un humain. Les biologistes ont répertorié jusqu’à 250 cris différents chez des individus. Mieux, ils maitrisent deux dialectes. Le premier sert aux échanges avec l’ensemble de leur communauté et le second n’est utilisé qu’en famille. On ne peut se tromper entre les deux tellement ils sont distincts.

L’apport de nourriture et l’éducation des petits peuvent durer jusqu’à cinq années, raison probable pour laquelle ils deviennent si intelligents. Leur régime alimentaire omnivore contribue également à accroitre leurs habiletés. Ils doivent apprendre de multiples reconnaissances des aliments comestibles, comment les chercher, les atteindre, les transporter, les décortiquer et les manger. Cette diversité alimentaire les rend plus inventifs.

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Il n’est pas rare de voir un corbeau se comporter de façon très affectueuse avec ses petits. Il lisse leurs plumes et les cajole durant de longs moments. À l’instar de la progéniture de l’humain, rester longtemps sous le couvert parental accroit certainement leur intelligence. Le fait qu’ils nous observent beaucoup pourrait également jouer sur leur niveau de débrouillardise et d’inventivité. Au Japon, on en observe régulièrement voler des cintres métalliques pour construire leurs nids. Ils parviennent à les arrondir en se faufilant au centre et en poussant avec leurs pattes.

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Cet oiseau ne mérite certainement pas sa réputation d’oiseau de malheur, même si l’un d’eux a écrit tout un recueil de nouvelles traitant de multiples fins du monde survenues ou à survenir dans un proche avenir. Ça en prend toujours un du genre !

Pour les corviphiles

Ce matin, je me sens corbot paresseux. Lobotomisé en manque de café, je n’écris rien de consistant. Je pratiquerai donc le farniente et l’oisiveté sans remords.

En revanche, je ne vous donne pas totalement congé dominical. Je vous propose une lecture instructive et réellement passionnante sur un sujet qui me tient beaucoup à cœur, les individus de mon espèce, évidemment celle des corbeaux. Cliquez sur le lien suivant.

Cet article est paru dans La Presse Plus et montre, faut-il encore le prouver, qu’animaux et humains partagent de grandes compétences.

Allez! J’enfouis mon bec sous mes plumes et je vous retrouve demain.

 

Après la sixième extinction massive

Après une grande extinction comme l’une des 26 importantes qui ont frappé la Terre depuis sa naissance vient une explosion de nouvelles espèces qui conquièrent les niches écologiques laissées vacantes par les précédentes.

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Aucun cataclysme planétaire n’a encore signé l’extinction de toute vie sur Terre. Il serait peu probable que cela survienne, à moins que la planète tout entière soit disloquée, avalée, annihilée par un trou noir, une étoile à neutrons ou par une collision avec une autre planète qui ramènerait notre monde au stade de l’Hadéen (premier éon de l’histoire de la Terre).

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L’exemple du Cambrien

Lorsque la vie trouve des opportunités de foisonnement, les nouvelles espèces bourgeonnent de manière plutôt échevelée. Confinée à un certain territoire dépourvu de prédation sérieuse, la vie teste de nouvelles façons d’exister. Lorsque nous observons les fossiles de la faune de l’explosion cambrienne, plusieurs espèces seraient facilement qualifiables de nature extraterrestre tellement leurs caractères nous apparaissent exubérants.

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Cette période géologique débute voilà 541 millions d’années avec l’extinction de l’Ediacarien, la dernière période précambrienne, et s’étire sur 56 millions d’années au-delà.

Chaque environnement développe ses propres solutions qui seront mises à l’épreuve. Ainsi, il nous sera impossible de connaitre la majorité des espèces cambriennes, seules les plus mobiles et les plus aptes à survivre ont conquis de plus grands espaces permettant un nombre plus important de fossiles. Quelques espèces auront une descendance qui se perpétuera jusqu’à aujourd’hui, dont plusieurs arthropodes (corps segmentés articulés munis de pattes).

Sixième extinction de masse

Des traces permanentes confirment une nouvelle période géologique. L’Holocène s’est terminé pour laisser la place au Meghalayen, nommé officieusement Anthropocène durant plusieurs années. Extinction massive d’espèces, importants résidus des combustibles fossiles dont les plastiques, la Terre s’est transformée et les changements continuent de s’accélérer.

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La grande extinction actuelle causée par l’humain laisse elle aussi des niches vides qui se remplissent par des espèces existantes indigènes ou migratoires. Mais l’histoire nous montre qu’apparaitront également de nouvelles espèces issues de mutations de caractères plus favorables que ceux existants. Elles profiteront de toutes les faiblesses engendrées par les changements environnementaux pour s’imposer devant leurs semblables. Meilleure adaptabilité à la chaleur, à la sécheresse, aux vents, aux inondations, aux insectes, des plantes quasi indestructibles et des animaux supportant les extrêmes finiront par proliférer au profit d’une flore trop fragile et d’une faune trop spécialisée.

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Mutations

Certaines mutations paraitront légères tandis que d’autres afficheront des changements drastiques. Par exemple, avec la hausse moyenne des températures, le gigantisme pourrait facilement et rapidement redevenir à la mode. Mais l’inquiétude vient de ce que nous ignorons. Naitra-t-il des hybrides du style «alien», «the thing» ou «predator» apparaitre? Le prédateur parfait, l’ennemi idéal de l’humain verra-t-il le jour?

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À ce jeu de hasard génétique, de conditions environnementales encore inconnues et d’opportunités ratées ou profitées, il s’avère impossible de deviner ce que la Nature nous concoctera. Toutefois, le déséquilibre environnemental actuel risque d’engendrer de bien mauvaises surprises. Ce sera à découvrir, mais d’ici là, mes os m’auront depuis longtemps foutu la paix. Mais en suis-je bien certain? Les nouvelles sur le sujet pourraient s’avérer bien pires et survenir bien plus tôt qu’on pourrait le croire!

L’humain

Pour terminer, une autre nouvelle probablement pas très réjouissante, l’humain aussi s’adaptera ou il disparaitra. À quoi ressembleront les futures générations d’humains? Porteront-ils toujours la dénomination homo sapiens ou devrons-nous parler d’une nouvelle espèce?

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Ce pourrait être homo gigantis (homme gigantesque), homo troglodytis (homme vivant sous terre), homo coriaceus (homme à cuirasse) ou même homo pteryx (homme ailé). Si certains dinosaures ont su se transformer en bête volante, pourquoi pas notre espèce?

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On pourrait au moins affirmer que la sixième extinction de masse nous aurait élevés à des hauteurs insoupçonnées. Ça camouflerait peut-être un peu la sombreur de notre méfait!

Le géant évidé

Tapi au plus profond de la forêt boréale, là où les animaux étaient autrefois rois de ce territoire vierge aussi grand qu’un continent, se terre un incroyable géant. Plutôt gentil au regard de son fabuleux potentiel, ou endormi, son souffle ronfle et son cœur siffle au sein d’une immense caverne creusée juste pour lui dans le plus dur et le plus âgé des rocs terrestres.

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Pour se nourrir suffisamment, ses denrées s’étalent sur des centaines de kilomètres carrés en amont de cette impressionnante barrière faite de faux rocs pour pallier celui qui manquait précisément à cet endroit. L’ouvrage voûté s’étire et se détend sous la pression, mais résiste courageusement au désir naturel de l’eau de le transcender. Ce faisant, le géant n’en laisse passer qu’une infime quantité à la fois afin d’alimenter son cœur métallique rotatif.

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Ce géant est-il magicien ou même démiurge? Que dit-on de celui possédant le pouvoir de transformer l’eau en biens? Des objets de toutes sortes sont fabriqués grâce à son énergie quasi inépuisable, dont mon téléphone avec lequel je prends des photos de ses membres titanesques.

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Le doux monstre s’avère être un myriapode d’une incroyable longueur, ses innombrables membres couvrant des milliers de kilomètres afin de soutenir ses artères qui finiront par se ramifier en des millions de capillaires jusqu’à alimenter la plus humble des prises électriques murales servant à recharger mon téléphone.

Les pattes évidées du géant transportent son sang au-delà des montagnes, par-delà les vallées, par-dessus les rivières et les fleuves. Graciles, fluettes, elles supportent pourtant des tensions énormes, solidifiées dans leur cause par leur solidarité quasi indéfectible. Soutenu de parts et d’autres par des pattes jumelles, chaque membre maintient fièrement sa droiture presque en toutes circonstances malgré l’évidement quasi total de sa structure.

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Je passe sous cette fabuleuse autoroute à électrons en ressentant une impression de ridicule petitesse face à elle. Le géant grésille discrètement, ce bruit ressemble à celui d’une fine pluie tombant sur une bâche. Je suis en partie son créateur, il est un peu mon œuvre et pourtant je le trouve grandiose, surhumain, totalement disproportionné par rapport aux dimensions naturelles de tout ce qui vit sur cette planète.

Je finis par surgir de sous son ventre. Après avoir salué ses cimes métalliques, mes yeux retrouvent la rivière, le sol, l’herbe et… une famille de bernaches en pique-nique aux abords de la piste.

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Aussi incroyable que puisse m’apparaitre ce géant aux électrons bien dressés, rien n’est plus délicieux à regarder que ces cous fièrement montés afin d’exhiber leur jolie famille aux passants. Peu farouches mais toujours prudentes, elles me montrent qu’il est possible de vivre heureux, paisibles et fiers de ses accomplissements sans avoir construit un géant évidé. D’ailleurs, ne sont-elles pas en mesure de voler bien au-dessus de sa tête?

Aussi grandiose qu’une œuvre humaine puisse paraitre, la beauté d’un seul oiseau vaut bien celle d’un géant évidé.

Réveil dans les bois

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Tout est détrempé, la rosée s’est crue averse. La lumière matinale me force à plisser les yeux dès la sortie de la roulotte. Un ciel à la pureté virginale tire les rayons solaires à enfumer les surfaces mouillées. De microscopiques brouillards se forment un peu partout. À l’ombre, l’air reste frais, mais déjà je peux ressentir les intentions de notre étoile pour la suite de la journée. À n’en pas douter, elle nous donnera chaud.

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Les oiseaux se mettent subitement à tous se chamailler. Pire, ils s’invectivent à qui mieux mieux. Le doux concert matinal s’est transformé en foire d’empoigne. Les plus agressifs d’entre eux possèdent paradoxalement les plus beaux plumages parmi toute cette ribambelle d’ailes sautillantes en proie à de vifs énervements incompréhensibles, ce sont les geais bleus. Les quiscales bronzés ne donnent pas leur place qu’ils défendent chèrement au sommet des épinettes. Les mésanges si petites pépient sans grand effet au travers des décibels crachés par les corvidés. Elles changent prestement de branche pour ne pas les indisposer encore plus.

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Puis, tous les cris cessent aussi brusquement qu’ils sont apparus. La paix est revenue sans que je connaisse les raisons de ce conflit. Un vainqueur a-t-il été couronné? Je retrouve les pépiements plus discrets des oiseaux appelant leur compagne ou compagnon de nid. Des échanges sonores presque continuels s’établissent entre les deux individus qui, même s’ils se perdent de vue, ne se perdent jamais d’ouïe.

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— N’oublie pas de me rapporter un beau ver juteux.
— Ça fait cent fois que tu me le demandes.
— Ouais, mais je te fais moyennement confiance avec toutes ces femelles aux alentours.
— Tu sais bien que tu es la plus belle.
— Beau parleur
! Ara, va!
— Ne me compare pas à ce satané cloaque
!
— D’accord, d’accord. Rapporte un beau ver bien juteux.
— J’avais compris les cents une fois précédentes.
— Avec ta cervelle d’oiseau, je ne prends aucun risque, nos petits meurent de faim.
— En m’attendant, raconte-leur l’histoire de l’humain qui s’est transformé en oiseau. Ils aiment les histoires aux fins heureuses.
— T’en aurais pas une nouvelle à me proposer
? Celle-là, ils la connaissent par cœur. Ils la pépient sans arrêt. Ça devient énervant à la longue.
— Non, j’ai épuisé mon répertoire. Il reste bien celle avec le corbeau et le renard, mais la marmaille est bien trop jeune pour entendre des histoires d’horreur.
— Le voisin vient de retourner à son nid avec un ÉÉÉNORME ver dans le bec. Tu fais quoi, là
?
— Si tu me laissais travailler en paix quelques instants, je pourrais me concentrer et en trouver un que tu aimeras.
— Bon, j’ai compris, mais si je te prends à rôder autour de la petite jeune pimpante, je te rogne les deux ailes
!

Voilà à peu de choses près une traduction d’une des conversations aviaires qui s’est déroulée dans la forêt environnante ce matin. J’espère simplement que la menace de la femelle à l’égard de son mâle n’était que boutade.

Au sol, l’un des deux écureuils roux vient me frôler les orteils. Je me trouve sur sa menée. Il ne dévie jamais de son chemin de retour à moins d’un coup du sort et il appert que j’en suis un. Il hésite, avance, recule, perd le champignon qu’il tenait par le chapeau dans sa bouche. Horreur et consternation! Il prend son courage à quatre pattes pour le récupérer et reprendre sa route, cette fois en me contournant.

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Sa bravoure s’avérera payante. En sera-t-il toujours ainsi? L’humain ne constitue pas une menace immédiate, mais toutes les espèces le rendent nerveux. L’écureuil roux est un grand anxieux de nature. Voici sa femelle grimpée sur une branche qui me surplombe. Elle me regarde curieuse et inquiète. Finalement, sa prudence ou sa déception l’emporte, elle rebrousse chemin en causant un petit tapage au sol parmi les branches. Ne lui offrant rien, je ne vaux rien. Si elle me perçoit dépourvu de tout noir dessein à son égard, mon inutilité dans sa quête de nourriture me range dans la catégorie des créatures imposantes mais inintéressantes.

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Le couple roux partage son territoire avec un tamia presque aussi gros que la femelle écureuil et de couleur semblable, mais ils constituent deux espèces bien distinctes d’écureuils. Ils semblent s’être accordés sur les heures de travail, car je ne les vois que très rarement circuler au même moment.

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La marmotte ne s’est pas encore montrée. Trop chaud, je crois, pour son imposant pelage. Elle doit apprécier l’air frais de son terrier. Aucune nouvelle du lièvre. Je crains qu’il ait terminé en civet entre les dents d’un prédateur quelconque.

Ma musique ne semble pas vraiment déranger la faune. Je m’en étonne toujours. Évidemment, elle ne joue pas à tue-tête, mais ça reste des sons artificiels. En parlant de lièvre et de musique, ils me font penser à une anecdote de jeunesse.

J’avais une quinzaine d’années, je me trouvais seul dans les bois comme bien souvent à cet âge, je jouais de la flûte à bec lorsque tout à coup un lièvre sort d’un buisson pour venir s’asseoir juste devant moi, à pas plus loin d’un mètre, pour écouter les étranges sons émis par cette branche d’arbre coupée et percée de quelques trous. Il est resté une dizaine de minutes, bien campé sur son séant, les oreilles mobiles, avant de disparaitre tranquillement.

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Cet instant magique partagé par deux créatures que rien ne reliait fut rendu possible grâce à la musique. Les airs entendus sont-ils restés imprégnés dans sa mémoire? S’est-il endormi ce soir-là en fredonnant l’un des airs? Je pourrais certainement y croire. Nos espèces se révèlent bien plus semblables qu’on veut l’admettre. Si la musique l’a intrigué, elle l’a également retenu sur place quelques minutes. Notre mémoire musicale actuelle ne provient-elle pas des sons naturels de nos environnements entendus alors que nous étions encore des protohommes et pas si éloignés des autres créatures placentaires?

Mes souvenirs au repos, je reviens au moment présent en pensant à ce que je vais manger et surtout à me préparer un immense café dans cette bombe sous pression que j’utilise sur la cuisinière au gaz. Isabelle préfère préparer le sien en utilisant la cafetière filtre. Son air circonspect envers ma cafetière capable de pulvériser l’intérieur de la roulotte me rappelle de rester à proximité et de bien surveiller ses humeurs, y compris les siennes. Ne sont-elles pas en mesure toutes les deux d’exploser à tout instant sans avertissements? J’aime prendre des risques, faut-il croire.

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Café chaud en main, finalement il n’y avait pas matière à paniquer. La journée s’annonce sous le signe du farniente et de la somnolence, une manière de me remettre de la belle soirée passée sous le couvert des étoiles filantes. Ai-je fait un vœu, ou même plusieurs? Au moins un que je peux vous révéler, celui que vous continuiez de lire mes articles.

Étonnement animal

Toutes les fois que dévoile le sujet de l’article du lendemain, un truc survient, m’obligeant à le reporter. Là, j’étais censé continuer de vous entretenir sur l’intrication quantique. Oui, je le comprends, ma horde de fidèles lecteurs seront pour le mieux déçus, pour le pire en larmes, mais je vous le promets, je reviendrai à mon intrication avant de m’emberlificoter dans d’autres sujets de moindre intérêt pour l’espèce humaine.

Évidemment, vous constaterez que la cause de ce report se veut cruciale, alors je ne vous ferai pas languir plus longtemps, je dois vous parler de nouvelles très importantes concernant… les corbeaux, car leur intelligence ne cesse de surprendre, sauf moi, bien entendu !

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On les savait capables d’utiliser des outils, comme une brindille qu’ils vont insérer dans des trous d’arbres pour en retirer des vers, des insectes, mais leur dernier exploit parait plutôt étonnant. Je dois cependant vous aviser que celui-ci n’a pas été observé dans la nature, mais il a été réalisé lors d’une étude en laboratoire. Ça n’enlève en rien leur capacité d’exécuter le truc en question. Bien au contraire, leur comportement n’a pas pu être transmis par les gènes, ils ont donc appris en réfléchissant.

Voici une partie du protocole de recherche ayant mené à cette constatation.

Huit corbeaux de Nouvelle-Calédonie ont été utilisés pour cette expérience dans laquelle Sarah Jelbert de l’université britannique de Cambridge et ses collègues leur ont montré à déposer des morceaux de papier de diverses dimensions dans un distributeur automatique de nourriture. Celle-ci leur remettait ou non des récompenses suivant la taille du morceau.

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Une fois les corbeaux bien habitués à se servir de la machine, la chercheuse leur a donné un seul grand morceau de papier. Qu’ont fait les corbeaux ? Ils ont déchiré le papier en petits morceaux selon les dimensions susceptibles de faire réagir favorablement le distributeur. Ils ont exécuté cette tâche à partir de leur mémoire des morceaux de papier et sans aide.

Cette aptitude confirme que les corbeaux ne sont pas uniquement en mesure d’utiliser des outils, mais d’en construire en inventant un moyen d’y parvenir. L’autre point important de cette expérience fut de mettre en lumière l’usage de leur mémoire. Elle signifie qu’une transmission culturelle semble possible, permettant peut-être déjà aux petits d’apprendre de leurs parents et même d’améliorer des techniques transmises.

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Évidemment, la nourriture reste un puissant élément de motivation pour ces corbeaux. Personnellement, je préfère Scarlett Johansson à un sac de moulée, mais je ne discuterai pas de leur intérêt dans la vie.

Symbolisme du corbeau

Je continue la présentation du symbolisme du corbeau avec une vision occidentale et orientale du même oiseau. Vous pouvez lire le premier article traitant de sa couleur et d’une légende amérindienne lui étant associée en cliquant ici.

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— — —

L’Orient et l’Occident ont souvent des visions et des symbolismes diamétralement opposés d’une même chose ou d’un même animal. Le corbeau ne fait pas exception à ce schéma antipodal.

Probablement à cause de sa couleur l’associant au deuil, probablement à cause de son cri rauque, le corbeau en Occident a plutôt mauvaise réputation. À la tour de Londres, on garde des corbeaux sur la pelouse en leur rognant une aile, ce qui les empêche de voler, mais pas de marcher. Ce moyen peu respectueux des oiseaux a pour objectif de rehausser l’aspect funèbre de cette tour-prison. Lorsque cet oiseau est en colère, les plumes de sa gorge se hérissent et lui donnent un air résolument menaçant.

Sur la photo, notez l’irisation de ses plumes qui passe souvent inaperçue. Beaucoup d’oiseaux la voient beaucoup mieux que les humains, ce qui en fait un oiseau «coloré» à leurs yeux.

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En Orient et plus particulièrement en Chine et au Japon, l’oiseau noir est symbole de gratitude filiale, car cet oiseau nourrit père et mère. Au Japon, il exprime l’amour familial. Les jeunes Japonais à l’école primaire apprennent et chantent cette chanson :

Pourquoi le corbeau chante-t-il ?
Parce que dans la montagne
Il a un enfant chéri de sept ans
Le corbeau chante
Mon chéri ! Mon chéri !
Il chante
Mon chéri ! Mon chéri !

Le croassement du corbeau se dit « kâ kâ » en japonais et « chéri » se dit « kawaii ».

On note principalement qu’en Occident, on regarde surtout l’apparence de l’oiseau tandis qu’en Orient, ce sont ses comportements qui importent.

Ça en dit long sur ces deux cultures !

Photos : shotsofscience.com ;
wingsunfurled-web.com ;

 

La nature des loups

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Un loup doit-il s’en vouloir d’être un loup ? Non. Cependant, un loup n’a pas à agir en loup avec tout ce qui se trouve autour de lui. Il ne se dénature pas s’il réfrène certains comportements préférablement réservés à des adversaires. Est-il moins loup pour autant ?

Il n’est pas moins loup. Toutefois, sa vraie nature n’est jamais bien loin de la surface et la faire ressurgir s’avère facile à susciter, car il est loup.

Il choisira ou sera forcé de choisir un statut. Soit il acceptera de se tenir en meute en acceptant les compromis conséquents, soit il fera partie de la minorité d’individus vivant solitaires.

Cette solitude lui forgera des traits inexistants chez ceux qui ont préféré la meute, annihilant d’autant plus sa capacité de vivre entourés de congénères. Ainsi, deux loups n’auront pas du tout les mêmes comportements selon leur condition sociale.

Le loup grégaire, le loup solitaire.

L’un est-il plus loup que l’autre ?

Photo :  ; futura-sciences.com ;

La couleur du corbeau

Ce n’est un secret pour personne, le corbeau est noir, pour preuve, même les aveugles le voient ainsi. Cependant, vous serez surpris d’apprendre que ce volatile n’a pas toujours affiché cette couleur. Voilà très longtemps, le corbeau était tout blanc. C’est du moins ce que dit une légende amérindienne.

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Ayant le plus grand respect pour les légendes, les corbeaux (même différemment orthographié) et les Amérindiens, je serais bien mal avisé de les contredire. Alors vous devez savoir qu’au début du temps des humains, le corbeau était tout blanc. Je ne vous donnerai pas le contenu entier de cette légende, seulement ce qui se rapporte à sa couleur.

 

Afin de l’offrir aux humains, Corbeau voulait voler le feu à Aigle Gris qui le gardait jalousement dans son tipi. Toutefois, sa chaleur ne lui permettait pas de l’emporter. Il prit alors une branche qu’il plaça dans le feu et lorsqu’elle se fut embrasée, il la récupéra et s’envola par le trou de fumée au sommet du tipi.

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Mais en chemin, la fumée s’échappant de la branche vint noircir son plumage blanc immaculé qui devint tout noir. Et puisqu’un malheur ne survient jamais seul, aveuglé par cette fumée, il laissa tomber la branche (décidément, il devrait porter plus attention à ce qu’il tient dans son bec) qui tomba sur une pierre et s’éteignit. Mais l’offrande qu’il voulut faire aux humains ne fut point totalement perdue, puisque depuis ce jour, celui-ci parvient à faire jaillir le feu des pierres et les frappant l’une contre l’autre. Il est donc permis de penser que sa couleur qui aujourd’hui en rebute plusieurs provient d’un bon geste à notre égard.

Dans bien des légendes de par le monde, et plus spécifiquement dans les cosmogonies et les théogonies amérindiennes, le corbeau est un puissant protecteur. Cependant, les Amérindiens comprenaient parfaitement que rien n’est tout bon ou tout mauvais. Ainsi, le corbeau avait aussi certains travers comme celui d’être chapardeur même si ses intentions étaient bonnes, puisque Aigle Gris était son beau-père.

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Pour certains peuples amérindiens, le Corbeau est un héros et un démiurge qui dynamise et surtout, il organise le Monde. Il se retrouve très souvent au sommet des totems comme le protecteur essentiel des tribus. Par le battement de ses ailes, il génère le vent et de sa langue surgit l’éclair.

Contrairement à la croyance populaire, le corbeau est associé aux choses négatives que très récemment dans l’Histoire humaine et cette mauvaise réputation provient exclusivement d’Europe. Il semble que le corbeau soit apprécié des peuples nomades, mais dénigré par les peuples sédentaires liés à l’agriculture.

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Un autre élément important de sa symbolique est son désir conscient d’isolement, de vivre sur un plan supérieur. Plus encore que son rôle de protecteur, celui de guide revient constamment.

Un corbeau blanc, je comprends maintenant pourquoi mes cheveux blanchissent avec le temps. La suie qui me recouvre s’efface lentement, laissant place au corbeau originel. Mais qui s’intéresse encore aux légendes, aux totems et aux croyances antiques ? Après tout, ce ne sont que des histoires !

Photo : programme-tv.net ; retrouvailles.24.over-blog.combangordailynews.com ;  programme-tv.netanimal-totem.fr ;

L’observation perturbante

Vous êtes-vous déjà senti observé sans raison apparente, sans voir votre observateur ? Ça m’est arrivé à quelques reprises pour avoir su par la suite que j’avais eu raison de m’être senti observé. C’est un sentiment étrange et très fort. J’ai déjà raconté une anecdote sur ce sujet en rapport avec des loups. Ça m’est aussi arrivé avec des humains.

La physique quantique, celle qui régit les plus petits constituants de la matière, a mis en lumière un élément clé. Il est impossible d’observer des particules sans les perturber. L’observation fait partie intégrante de tout système quantique. Ainsi, ces particules soumises à notre observation réagissent différemment avec ou sans système d’observation.

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En réalité, ce comportement est normal sans avoir besoin d’aller dans le quantique. Lorsqu’on mesure une tension électrique avec un voltmètre, celui-ci possède une impédance qui n’est pas infinie. Il dévie donc une partie du courant et fait légèrement chuter la tension qu’on espère connaitre. La mesure affecte la réalité puisque sans voltmètre, elle vaut x et avec le voltmètre, elle vaut x – a. Il est donc impossible de mesurer une tension sans l’affecter.

C’est aussi la raison pour laquelle les animaux ne réagissent pas de la même façon lorsqu’on les observe en les laissant tranquilles et qu’on les observe uniquement à partir de caméras. Encore faut-il que nous émettions l’hypothèse qu’ils ignorent leur présence et leur fonction.

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Les Casques bleus de l’ONU en ont également une bonne idée. Observer perturbe le fonctionnement normal, réduisant ainsi les risques d’abus des autorités ou des rebelles. Leur rôle pacifiste n’est pas inutile, du moins dans la majorité des cas.

Observer ses enfants, ses ados, ne constitue donc pas un acte anodin. Parfois ils voudraient nous voir disparaitre, ça retient alors quelque peu leur fougue.

Placer des caméras de surveillance bien en vue n’a pas seulement pour but de capter des délits et ses auteurs, mais surtout de les empêcher.

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Ce concept de la mesure perturbante est fondamental pour comprendre différents mécanismes, tant physiques que psychologiques.

Même si parfois on veut observer sans être surpris, ça ne fonctionne pas toujours et rarement sur une longue période. On a alors besoin d’éloigner son système de surveillance de la cible et c’est ainsi qu’on se retrouve avec des satellites-espions ou des drones.

Souriez, on vous observe !

Image : theblackvault.comouterplaces.comlapresse.cacamera-surveillance.biz

La taupe et l’aiglon

Les fameuses séquences dans notre ADN que les scientifiques nomment des séquences poubelles. Eh bien là, ils commencent à dire que ça sert probablement à quelque chose.

J’ai de la difficulté avec ces scientifiques faisant grand étalage de leur ânerie en qualifiant certains éléments de leur science d’ « inutile », de « poubelle », de « sans importance », « en trop », etc. Vous voyez le genre. Ils font partie de la même cohorte de crapauds que ceux qui ont inventé la bêtise qu’on n’utilise que 10 % de notre cerveau.

Évidemment, ils devraient dire « 10 % du cerveau est utilisé à ceci ou cela, le reste, j’en sais encore rien » et « j’ignore à quoi servent 90 % de nos séquences d’ADN » plutôt que de les considérer comme des résidus inutiles.

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On dirait que l’humain ne parvient pas à se corriger de sa suffisance à se croire omniscient dès qu’il effleure la moindre surface d’une discipline naissante. Mais surtout, j’en veux aux scientifiques qui font des déclarations publiques en ce sens, créant du même coup de fausses vérités reprises par des générations de gens après eux comme étant paroles d’Évangile.

L’humilité aide à progresser tout en se rendant sympathique. Alors, y a-t-il quelqu’un dans l’audience qui peut y faire quelque chose une bonne fois pour toutes ? Ou faudra-t-il que l’humain garde cette tare génétique pour le reste de sa minable existence ? Cette tare doit certainement se retrouver dans un segment qu’ils appellent du junk.

Parfois, non souvent, j’en viens à me considérer comme un extraterrestre. Je ne suis pas généticien et pourtant j’aurais pu choisir le bon constat entre « j’ignore à quoi servent ceci et cela » et « ça ne sert absolument à rien ».

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Je vous en prie, ramenez-moi sur ma planète d’origine ! Je n’en peux plus de vivre ici parmi ces pédants croyant détenir la vérité alors qu’ils n’ont toujours rien compris à ce qui est important et fondamental, même après 20 ans et plus à s’échiner à leur faire comprendre le bon sens.

Mais j’oubliais, c’est vrai, ceux qui enseignent à ces abrutis viennent du même moule. Comme quoi une taupe n’accouche pas d’un aiglon.

P.S. Désolé pour tous les autres scientifiques faisant bien leur travail, la majorité en fait, qui évitent de passer à l’histoire pour avoir transmis des bêtises, cette critique ne vous concerne évidemment pas. Sauf si vous en connaissez dans votre entourage, donnez-leur un petit coup de pied dans une partie de leur anatomie où ça ne fait pas vraiment mal, mais qui leur montrerait l’organe qu’ils utilisent pour penser ainsi. Ça pourrait débloquer l’autre siège de la pensée logique qu’ils ont délaissé.

Photos: nextinpact.com ; lpo.frimagedelilou.e-monsite.com

 

Ça, c’est un, une… quoi ?

Duc, hibou, chouette, bubo, grand-duc, effraie, fresaie, hulotte, chat-huant, strix, vous y êtes presque, mais pas tout à fait. Cet oiseau est un harfang, un harfang des neiges.

Parfois la langue française a de quoi en perdre son latin. Si elle manque cruellement de mots, comme dans le domaine des technologies, parce que les académiciens ont oublié de se réveiller depuis 1890, ce qui force le peuple à adopter les termes anglais par manque de « leadership ». À l’autre bout du spectre, il existe onze mots distincts pour nommer les oiseaux de proie de la famille des strigidés alors qu’en anglais on se contente de « owl ». Pire, le mot « strigidés » possède un synonyme,  « bubonidés ». Faire plus compliqué que ça, c’est les douze travaux d’Hercule ! Ou pire, ma première femme. Je n’ai eu qu’une seule femme, mariée légalement on s’entend, mais puisqu’à elle seule elle en valait bien quinze, je peux affirmer sans ambages que j’ai été marié plusieurs fois. J’ai même voulu m’auto-incriminer pour polygamie afin de les divorcer, mais mon avocat m’a suggéré de tenir ça mort si je ne voulais pas être interné pour schizophrénie.

Pour en revenir à ce superbe oiseau de proie en robe de mariée, il est l’emblème aviaire du Québec. En hiver, le mâle devient blanc immaculé. Oui, que voulez-vous, il aime les robes blanches. Avez-vous quelque chose contre les LGBTQ ? Évidemment, ce plumage lui sert de camouflage dans la neige. Difficile après ça de vous faire croire qu’on vit dans un pays chaud !

Et la femelle ? En hiver, elle conserve une partie de ses taches grises. C’est pour mieux… se faire manger ? Ça, c’est pas bien ! Non. C’est pour mieux se dissimuler lorsqu’elle niche sur des terrains rocailleux en partie recouverts de neige. Ses œufs se camouflent également dans le paysage aride et froid.

Bon, je vous laisse, j’ai un poème à peaufiner. Mon agente l’a trouvé «dérangeant, hors normalité… osé!» J’ai donc su que j’étais sur la bonne voie. Un peu plus de perturbations et elle va syncoper. Exactement l’effet recherché. Je vous l’ai déjà dit, ma poésie n’est pas normale.

Photo : armstrongbirdfood.com

Papillon terroriste

Si vous n’avez pas lu l’article d’hier, il vous manquera une partie importante, quoique pas essentielle, pour bien comprendre celui-ci. Hier, je badinais, mais aujourd’hui je suis sérieux.

Passons maintenant directement au cœur du sujet qui est ce qu’on appelle « l’effet papillon ». Vous connaissez ? Vous en avez entendu parler quelques fois ? Vous ignorez de quoi il s’agit ? Vous le savez et vous aimez ? Non, vous pensez aimer l’effet papillon, mais c’est faux. Vous le détestez, mais vous l’ignorez. Je m’explique.

Nous étions autrefois totalement incapables d’utiliser la loi de Newton pour expliquer certains phénomènes communs, mais étranges comme les vortex, la turbidité, l’écoulement des fluides et plusieurs autres phénomènes bien réels, mais chaotiques, imprévisibles. Le problème était que certains phénomènes physiques étaient hypersensibles aux conditions initiales, ce qui nous empêchait de les prévoir, donc de calculer des éventualités.

Une façon simple de comprendre ce que sont les conditions initiales hypersensibles, c’est avec les bandes sur une table de billard. Étant bien droite, la bande nous aide à faire des rebonds et ainsi à empocher des boules qu’un tir direct nous empêcherait d’obtenir. Ce n’est pas facile, mais on peut améliorer nos prédictions sur la trajectoire de la boule avec beaucoup de pratique.

Imaginez maintenant que votre bande est pliée et forme une concavité. Dans certaines conditions, votre boule de billard reviendra presque toujours sur le bout de votre baguette. Il est alors bien plus facile de prévoir le comportement de la boule qui ne cesse de revenir presque à la même place. La prédiction de la trajectoire de la boule devient beaucoup plus précise.

Maintenant, inversons le sens de la courbure de la bande pour la rendre convexe. Là, c’est exactement le contraire qui se produit. Avec des trajectoires initiales presque pareilles, la boule ne cesse d’aller n’importe où. Nous sommes rendus incapables de prévoir la trajectoire précise de la boule après le rebond sur la bande convexe. Notre système est rendu trop sensible aux conditions initiales pour oser prédire avec précision sa trajectoire.

Autrefois, les prévisions météo professionnelles étaient faites empiriquement, en se servant uniquement de l’historique. Mêmes conditions initiales, même résultat attendu. Le problème est vite apparu, ces prévisions étaient bien plus souvent erronées que justes. Pourquoi ? Parce que les systèmes météorologiques réagissent comme notre bande convexe, mais en bien pire. Les paramètres suivent des courbes exponentielles. De petits changements initiaux occasionnent de très gros changements finaux, mais aussi, le nombre de ces paramètres à tenir en compte est ahurissant. C’est pourquoi les systèmes météo, comme bien d’autres d’ailleurs, sont qualifiés « d’instables », de « chaotiques ». Mais ces chaos ne sont pas incompréhensibles et de nombreux spécialistes s’attaquèrent aux systèmes instables, dont le météorologue Edward Lorenz.

Et c’est là que pour donner une « image » des grandes instabilités, Lorenz posa une question sur la forme d’une métaphore lors d’une conférence qu’il donnait en 1972 que je qualifierais de regrettable et dont la réponse, en admettant qu’il faille y répondre sérieusement, aurait évidemment été « non ».

Sa métaphore est : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ».

Ce n’est pas tant la métaphore qui est idiote puisque c’est une métaphore, ni Lorenz lui-même, l’auteur de cette métaphore, ni même le commun des mortels, mais bien la panoplie de scientifiques qui ont commencé à répandre cette question comme si c’était une affirmation scientifique véridique, reconnue et avérée et qui l’utilisaient de la sorte à toutes les sauces, en étant probablement incapables de comprendre que ce n’était qu’une métaphore.

Jamais un papillon en battant des ailes n’a engendré la moindre tempête sur la planète. Pas plus qu’un oiseau (un Corbot, peut-être), ni même un avion. Pourquoi ? C’est bien simple. Si ça avait été le cas, avec le calcul des probabilités, nous vivrions dans une tornade permanente et à l’évidence, vous le constatez, ce n’est pas le cas.

Alors j’exhorte tous les scientifiques et aussi ceux qui croient l’être devenus pour avoir réussi un jour à passer des examens, mais qui n’ont pas la moindre parcelle de jugeote, je les exhorte tous, non seulement à cesser d’affirmer la métaphore du papillon, mais également à expliquer à ceux qui, par leur faute, ont cru que c’était possible, de donner la vraie et la seule réponse possible à la question de Lorenz : non. Il n’est pas possible que le battement d’ailes d’un papillon au Brésil puisse provoquer une tornade au Texas ni dans aucun autre état d’ailleurs. Trouvez des exemples plus probants et véridiques comme mes bandes de tables de billard pour expliquer ce qu’est l’instabilité et l’hypersensibilité aux conditions initiales.

Ce n’est pas seulement par les statistiques qu’on prouve que la métaphore du papillon est inexacte. La science de la météorologie s’est énormément améliorée depuis 1972 et nos connaissances sur le chaos, les systèmes chaotiques, se sont grandement raffinées. Toutefois, nul besoin de ces connaissances modernes pour prouver que la réponse à la question de Lorenz est non. La friction des molécules d’air entre elles empêche d’avoir un effet amplificateur, exponentiel, à boucle de rétroaction positive. Rien ne peut résulter d’un tel mouvement d’air dont l’énergie est immédiatement atténuée et dispersée. Des causes des trillions de fois plus intenses que le battement d’ailes d’un papillon ne parviennent même pas à créer des tornades. Alors peut-on changer de métaphore et laisser les papillons voler en paix ou va-t-il falloir les ficher comme terroristes pour avoir fabriqué des armes de destruction massive ?

Le débat est clos. La cause a été entendue et jugée. Maintenant, passons à autre chose et parlons du chaos correctement en utilisant enfin des exemples adéquats. Laissez donc les papillons en paix. Ou laissez-les seulement causer une tornade dans votre estomac quand vous rencontrerez l’amour de votre vie ! Vous posséderez un contre-argument valable à me présenter pour prouver que l’effet papillon… dans l’estomac c’est possible en fin de compte.

Un si détestable papillon !

Oui, je sais, nous ne sommes pas dans la saison des papillons. Vous ne m’apprenez rien, je suis sorti dehors pas plus tard qu’aujourd’hui et la pluie verglaçante, les bancs de neige et le bal des déneigeuses me l’ont clairement montré. Alors pourquoi un papillon me ferait-il rager en plein cœur de l’hiver ? C’est que je parle d’un foutu papillon coriace, une teigne indécrottable, un papillon de calibre himalayen. Vous le voyez ? Non ? Attendez un peu et vous comprendrez tout.

Ouais, je vois votre petit sourire en coin, votre œil condescendant et votre main me tapotant le dos en me disant que tout ira mieux demain tout en sachant pertinemment que demain, rien n’aura changé. LeCorbot fait de la fièvre à l’année, il pète des bulles que lui seul voit, il saute une coche ou des coches sans préalablement préparer convenablement ses lecteurs ahuris.

Bon, j’avoue, être LeCorbot à longueur d’année, ça joue sur les nerfs, les vôtres, mais surtout les miens. Je suis quand même assis dans la première rangée, je vous le signale et s’il réussit à m’énerver, je vous imagine stressés et je vous plains. Mais vous ne connaissez pas ce putain de papillon, sinon vous seriez vous aussi en train de mordre les sangles de la chemise blanche à très longues manches qu’on vient de me passer ! Comment fais-je pour écrire ? J’ai du nez, ça aide, il ne faut pas se presser. Et puisqu’on vient tout juste de me signifier que je passerai un méchant bout de temps en dedans, j’ai tout mon temps.

Je pousse des jurons que très rarement, mais là, franchement, je n’en peux plus. Le prochain qui me parle de cet enfoiré de papillon, je lui ferai subir les affres de mes incantations vaudou, version 2.0. Oui, je viens de les améliorer en égorgeant, en étripant, en écartelant et en faisant brûler la fameuse marmotte censée prédire sous peu l’arrivée du printemps. Oui, oui, j’avoue, certains animaux me tournent en bourrique. Hé ! Bourrique, c’est un âne, alors le compte est maintenant rendu à 3. Un papillon, une marmotte et maintenant un âne. Ne manque plus qu’un poisson pour compléter ma collection des animaux peuplant tous les écosystèmes de mon intolérance.

Mais avant, juste avant de me considérer irrémédiablement cinglé pour oser m’en prendre à une créature aussi inoffensive que le gentil papillon gnan ! gnan !, donnez-moi la chance de prouver mon point et vous direz comme moi, quoique j’en doute, vade retro papilio satana.

Bon, voilà que mon nez coule à cause de la grippe. Il m’est impossible pour l’instant de vous écrire sans faire risquer la noyade à mon clavier. Vous devrez attendre demain pour enfin savoir pourquoi cette infernale bestiole me rend aussi fou. Non, c’est vrai, j’étais fou bien avant de la rencontrer, mais elle n’a absolument rien arrangé. Demain, je vous le promets, vous saurez pourquoi ce papillon me tape autant sur le système.

Ne soyez pas triste de cette attente forcée. Dites-vous au contraire que vous aurez vécu un jour de plus dans votre vie sans avoir connu ce détestable fléau qui vous poursuivra par la suite, sans relâche, pour le reste de votre existence soudainement devenue misérable, pour ne pas dire minable, pour les siècles à venir.

Demain, je vous promets de me forcer à ne pas donner des noms d’oiseaux au vilain papillon et à passer directement au propos principal. Tiens, ça me fait penser, je vais déposer une plainte à l’Académie de la langue française pour qu’on cesse d’associer les noms d’oiseaux à des jurons pour les remplacer par des noms de papillons, bien plus signifiants à mon avis. Entre ces deux espèces volantes, vous verrez, une vilenie sans aucune commune mesure émane du papillon.

Il faut bien que je défende ma propre espèce ! Sinon, qui le fera ? Certainement pas le papillon ! Avec toutes mes insultes, sa complicité avec ceux-là mêmes qui m’ont enfilé une camisole au style très peu tendance est fortement suspecte.

Je vous laisse, je dois me moucher… mais comment vais-je bien m’y prendre ?

Photo : planete.qc.ca

Je sens le loup !

Durant plusieurs années, je me suis fait un devoir, dès la fonte des neiges, de partir seul en forêt, dans un endroit m’étant encore inconnu. Ici, à certains endroits, la neige perdure assez tard au printemps, surtout à l’ubac où poussent les résineux. Armé de mes cartes topographiques, de mon GPS, de ma boussole, de mes bâtons de marche et d’un kit de survie, j’essaye de me tracer un itinéraire à travers les bois où l’haleine de l’humain n’a peu ou jamais eu la chance de se faire sentir.

Une année, j’avais choisi une forêt éloignée de toute piste de 4×4 ou de chemin d’exploitation forestière. Je devais d’abord monter au sommet d’une montagne pour ensuite suivre un ruisseau de fonte vers un ravin qui m’amenait au pied de la falaise. De là, je me retrouverais en terrain plat sur cinq kilomètres jusqu’à un marais que j’espérais encore gelé.

Lorsqu’on parcourt des forêts laissées à leur état naturel, les obstacles affluent. Densité des branchages, arbres déracinés, se frayer un chemin parmi cette végétation mi-morte mi-vivante oblige à effectuer de multiples détours. Étant de la vieille école, je préfère me fier à mes sens et à ma boussole qu’au GPS qui peut à tout moment refuser pour une quelconque raison d’indiquer ma position. En pleine forêt, les arbres ne portent ni nom ni numéro civique. L’iPhone n’est d’aucune utilité. Ça prend un bon vieux Garmin chargé avec les cartes topographiques adéquates. Pour qu’un GPS puisse fonctionner correctement et avec précision, il faut cependant recevoir les signaux simultanés d’au moins 4 satellites. Si un ravin, une falaise ou les deux viennent à vous couper les ondes, vous aurez droit à des messages d’excuses, bien inutiles. Mais ce qui survint cette fois-là n’a eu aucun rapport avec la connaissance précise ou non de ma localisation. Je me suis simplement retrouvé sur un territoire n’appartenant pas à l’humain.

Dès le début de ma descente, j’ai commencé à sentir quelque chose d’inhabituel. Je suivais la faille entre deux montagnes servant à écouler l’eau de fonte. La terre était encore gelée et seul un léger filet d’eau serpentait entre quelques rochers dévalés des hauteurs à des époques inconnues. Tout à coup, les poils de ma nuque se sont dressés sans raison apparente, mais j’en ai immédiatement déduit la cause. Je n’étais pas sur le territoire des humains, mais sur celui des bêtes. Mes observations subséquentes ont confirmé ce constat. Ici à gauche, le fémur d’un cerf. Là devant, les plumes d’une perdrix ayant récemment connu de meilleurs jours, En haut, perché dans un arbre, la carcasse d’une bête ayant vainement espéré trouver refuge. Les preuves s’accumulaient, je me retrouvais sous observation et en pleine évaluation de mon potentiel de dangerosité. Je pouvais sentir l’haleine des loups sur moi.

Un loup est une bête très intelligente et il agit de la sorte. Lorsqu’il reconnait ses droits sur un territoire parce que celui-ci n’est pas arpenté par l’humain, il se l’approprie à titre de l’espèce dominant la chaine alimentaire de ce lieu. Vous avez donc intérêt à agir en conséquence, surtout lorsque vous vous retrouvez seul, et c’est ce que je fis. Ne pas manifester de la peur, seulement du respect. Partir en ne laissant planer aucun doute sur ses intentions. Ne pas se hâter, mais ne pas flâner dans les environs, simplement passer son chemin.

Oui, leur haleine est perceptible. Ce jour-là, j’ai senti les loups très près et autour de moi alors que je foulais leur territoire. Ils ne m’ont pas accueillis, ils m’ont simplement toléré quelques instants. Ils ont également compris que je les avais perçus, sans les craindre, mais en respectant leur droit de propriété.

Durant un instant, je me suis demandé ce qui surviendrait advenant une chute où je me blesserais suffisamment sérieusement pour compromettre ma randonnée. Ça m’a permis d’accroitre ma vigilance, car je n’ai jamais douté de la finitude. Je serais disparu de la surface de la terre sans que personne ne sache jamais ni la cause ni le lieu de ma disparition. Ça m’a fait sourire, sachant qu’on est bien peu de choses dans l’univers. Une leçon d’humilité pour ceux sachant la comprendre et l’apprécier.

Ah ! L’amour… animal !

On connait les conséquences d’être amoureux. On fait des choses dingues, on pense à des choses dingues et on devient dingue. Mais l’amour, on n’en sait bien peu de choses. On sait qu’il est grandement lié à la procréation. C’est pourquoi les divorces suivent bien souvent l’arrivée du nombre d’enfants désiré. Un, deux, trois, quand c’est fait, boum ! L’amour s’étiole. Du jour au lendemain, tous les défauts de notre partenaire deviennent absolument insupportables, alors qu’hier encore, il (elle) était génial(e). On se sépare en se demandant comment on a bien pu bien faire pour l’endurer aussi longtemps.

Si on accepte l’idée que l’amour provient d’un besoin de procréation, peut-on en faire une généralité et dire que les adeptes de la fornication finiront un jour par tomber en amour qui s’avère être une sorte de sens à donner à leur instinct ? Si c’est le cas, qu’en est-il des couples de… lions, de bonobos, de manchots, de baleines, d’ornithorynques (celui-là, c’était pour voir si je pouvais l’écrire sans faute du premier coup).

Malgré mon éducation qui plaçait sans conteste l’humain au sommet de la Création, on sait bien aujourd’hui que cette frontière virtuelle entre les animaux et nous devient de plus en plus poreuse au fil des découvertes scientifiques. Et pourquoi pas pour l’amour aussi ? J’aimerais croire qu’il en va de même pour les animaux, du moins pour une partie d’entre eux. Un jour, les IRM nous prouveront peut-être qu’il n’y a aucune différence entre nos signaux cérébraux et les leurs lorsque nous pensons à notre partenaire avec lequel ou laquelle nous sommes en relation… amoureuse.

Alors, lorsque vous sentirez des instincts bestiaux vous animer à la vue d’une beauté animale, dites-vous que c’est peut-être exactement ce qui vous arrive.