Étonnement animal

Toutes les fois que dévoile le sujet de l’article du lendemain, un truc survient, m’obligeant à le reporter. Là, j’étais censé continuer de vous entretenir sur l’intrication quantique. Oui, je le comprends, ma horde de fidèles lecteurs seront pour le mieux déçus, pour le pire en larmes, mais je vous le promets, je reviendrai à mon intrication avant de m’emberlificoter dans d’autres sujets de moindre intérêt pour l’espèce humaine.

Évidemment, vous constaterez que la cause de ce report se veut cruciale, alors je ne vous ferai pas languir plus longtemps, je dois vous parler de nouvelles très importantes concernant… les corbeaux, car leur intelligence ne cesse de surprendre, sauf moi, bien entendu !

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On les savait capables d’utiliser des outils, comme une brindille qu’ils vont insérer dans des trous d’arbres pour en retirer des vers, des insectes, mais leur dernier exploit parait plutôt étonnant. Je dois cependant vous aviser que celui-ci n’a pas été observé dans la nature, mais il a été réalisé lors d’une étude en laboratoire. Ça n’enlève en rien leur capacité d’exécuter le truc en question. Bien au contraire, leur comportement n’a pas pu être transmis par les gènes, ils ont donc appris en réfléchissant.

Voici une partie du protocole de recherche ayant mené à cette constatation.

Huit corbeaux de Nouvelle-Calédonie ont été utilisés pour cette expérience dans laquelle Sarah Jelbert de l’université britannique de Cambridge et ses collègues leur ont montré à déposer des morceaux de papier de diverses dimensions dans un distributeur automatique de nourriture. Celle-ci leur remettait ou non des récompenses suivant la taille du morceau.

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Une fois les corbeaux bien habitués à se servir de la machine, la chercheuse leur a donné un seul grand morceau de papier. Qu’ont fait les corbeaux ? Ils ont déchiré le papier en petits morceaux selon les dimensions susceptibles de faire réagir favorablement le distributeur. Ils ont exécuté cette tâche à partir de leur mémoire des morceaux de papier et sans aide.

Cette aptitude confirme que les corbeaux ne sont pas uniquement en mesure d’utiliser des outils, mais d’en construire en inventant un moyen d’y parvenir. L’autre point important de cette expérience fut de mettre en lumière l’usage de leur mémoire. Elle signifie qu’une transmission culturelle semble possible, permettant peut-être déjà aux petits d’apprendre de leurs parents et même d’améliorer des techniques transmises.

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Évidemment, la nourriture reste un puissant élément de motivation pour ces corbeaux. Personnellement, je préfère Scarlett Johansson à un sac de moulée, mais je ne discuterai pas de leur intérêt dans la vie.

Le singe et son égoportrait

Cette histoire a fait le tour de la planète. En 2011. Un singe, en l’occurrence un macaque noir à crête prénommé Naruto, vivant sur l’ile de Sulawesi en Indonésie, ravit l’appareil photo du photographe David Slater et fait ce que tout humain aurait fait dans les circonstances, il s’est pris en photo alors qu’il arborait son plus beau sourire.

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La photo dérange parce que le singe semble vraiment avoir compris le rôle de l’appareil, la façon de s’en servir et le résultat attendu, mais on est dans la jungle. Son sourire lui donne un air, je dirais, conscient et désireux d’être à son avantage. Le genre de sourire qu’on aime bien avoir sur nos propres photos, pas trop ni trop peu.

Une ONG du nom de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) a alors tout de suite voulu garantir la propriété de l’égoportrait à Naruto en renvoyant cette histoire devant les tribunaux afin d’en déterminer la légitimité et surtout les revenus découlant de sa diffusion.

Remplaçons le singe par un humain qui agit à l’identique et voyons ce qu’un juge aurait peut-être décidé dans les mêmes circonstances. Voulant récupérer ses droits sur l’égoportrait, il s’adresse à une cour qui juge l’affaire.

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Le juge doit décider de la propriété d’une œuvre faite à partir d’un objet volé. C’est ça la vraie cause. À sa place j’aurais dit ceci: «cette photo ne vous appartient pas puisque vous l’avez fait avec un objet qui ne vous appartenait pas et sans le consentement de son propriétaire légitime pour la réaliser. Si vous voulez créer des œuvres, assurez-vous d’être le propriétaire de vos outils ou de détenir les autorisations nécessaires pour les utiliser.»

Le photographe a quand même accepté de donner 25 % des futurs revenus tirés des deux clichés faits par le singe à des organismes qui protègent l’habitat de Naruto et des autres macaques d’Indonésie. On parle ici d’une entente à l’amiable intervenue devant une cour, pas un jugement de la cour.

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J’aimerais qu’un humain donne (en bonne et due forme) un appareil photographique à un primate et que celui-ci s’amuse à prendre des photos. Ensuite que cette personne tente de s’approprier les œuvres du singe en faisant entendre sa cause devant un juge qui serait défendue par une ONG comme celle ayant défendu les droits de Naruto.

On pourrait statuer sur la propriété intellectuelle d’une œuvre effectuée avec un outil appartenant à l’animal, et non pas sur la propriété technique d’une œuvre. Enfin, le vrai débat pourrait bien avoir lieu sur les droits des animaux à créer des œuvres et à en être les propriétaires légitimes.

Évidemment, qui aurait le droit de dépenser cet argent et pour quelles raisons reste à définir. La solution privilégiée dans le cas de Naruto s’avère intéressante, car l’argent sert réellement à l’animal qui, à mon avis, est le propriétaire légitime des œuvres qu’il crée tant qu’il ne chaparde pas les outils utilisés pour sa création.

Photo de Naruto : europe1.fr ;
Marteau : raphaelcharrier.toutpoursagloire.com ;
Singe et appareil photo : spi0n.com

C’est bon rire

La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri.
Chamfort

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Riez pendant qu’il vous reste des dents, après on rira de vous.
LeCorbot

vieux rire sans dent

Rire de soi, c’est le plaisir solitaire
LeCorbot

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Et les perles en dents se moulent
Pour l’écrin des rires charmants
Théophile Gautier

Laughing woman with great teeth