Cataclysme du Dryas récent, une autre preuve

Dans de récents articles, je donnais des précisions sur l’épisode météoritique survenu voilà 12900 ans qui a laissé un formidable astroblème de 31 km de diamètre au Groenland et qui a causé tout un tas de dérèglements climatiques apportant la décimation totale et radicale de la mégafaune en Amérique. Je reliais également les inondations causées par l’apport subit d’une quantité titanesque d’eau douce dans les océans au mythe de Noé et aux autres histoires semblables à travers le monde.

Enfin, des preuves solides étayent ce que bien des gens savaient déjà, tout en fermant définitivement le clapet aux fervents détracteurs qui continuent de parler de légendes sans fondements pour éviter de perdre la face.

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Mais voilà que d’autres scientifiques en remettent. Comme c’est souvent le cas en science, une découverte en déclenche une autre, ou à tout le moins elle permet d’attirer l’attention sur d’autres études venant appuyer la même hypothèse. Et c’est exactement ce qui survient avec l’histoire que j’ai racontée dans mes récents articles sur «la comète de Noé».

Cette fois-ci, la découverte se situe dans l’hémisphère Sud, là où peu de terres peuvent accumuler des traces de cataclysmes. Cependant, il existe un site géologique au Chili qui est une des références mondiales pour étudier l’époque du Dryas récent, ce moment peu éloigné dans le temps constituant la fin et la sortie du dernier épisode glaciaire, une période s’étirant sur 1300 ans commençant justement lors de la chute de la météorite groenlandaise 12900 ans dans le passé.

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En Patagonie chilienne près de la ville d’Osorno située juste à l’ouest de la chaine volcanique, un site du nom de Pilauco a accumulé des preuves troublantes d’un cataclysme contemporain à celui du Groenland! Les couches sédimentaires datées du Dryas récent retracent un épisode d’incendies majeurs de la biomasse, de changements climatiques drastiques et d’extinctions massives.

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Ces résultats ont été publiés dans un article paru dans la revue Scientific Reports du 19 mars 2019. Il est signé par 16 scientifiques qui font état, eux aussi, de changements climatiques catastrophiques. L’article a toutefois été proposé en 2018 et il a fallu un an à la revue pour accepter de le publier et s’exécuter. Les découvertes, quant à elles, datent de plusieurs années et l’on peut croire leurs auteurs d’avoir manqué d’ardeur pour affronter la meute de vieilles barbes prêtes à les traiter d’hérétiques.

Les mêmes évidences sédimentaires que dans l’hémisphère Nord sont répertoriées, mais ce qui est surprenant est l’absence d’un cratère d’impact à proximité. On sait qu’une comète ou un astéroïde est fortement susceptible de se fragmenter lors de la traversée de l’atmosphère terrestre, causant des impacts multiples simultanés. La probabilité qu’il y ait eu plus d’un fragment à toucher terre reste élevée. On est donc en droit de s’attendre à de nouvelles découvertes.

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Dans ce cas précis, il semblerait toutefois que les conséquences de la seule chute de la météorite groenlandaise furent mondiales et pas seulement en ce qui concerne les inondations, mais également au niveau des incendies, des extinctions animales, tout comme la disparition subite d’artéfacts d’origine humaine.

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Des sphérules microscopiques déposées sur le site prouvent que des roches ont fondu lors d’un violent impact, ces sphérules sont caractéristiques de conséquences de la chute d’une météorite. Jusqu’ici, tout se tient, mais les sédiments de Pilauco possèdent une étrange particularité, ils sont anormalement riches en chrome, une anomalie absente des sites comparables d’Amérique du Nord. Par contre, les terres chiliennes environnantes regorgent de chrome, mais pour qu’il se retrouve dans les sédiments, il aurait fallu un impact météoritique régional que personne n’a encore découvert.

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Les graines et les pollens recensés dans les couches sédimentaires avant et après la rupture montrent clairement qu’un changement climatique drastique est survenu. Les températures ont réagi exactement en sens inverse de celle de l’hémisphère Nord, elles sont devenues beaucoup plus chaudes et sèches alors qu’au même moment, elles se refroidissaient et devenaient plus humides en Europe, en Asie et en Amérique du Nord à cause de l’apport massif d’eau douce froide provenant de la fonte partielle mais subite de la calotte glaciaire nordique.

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Bien qu’il reste encore plusieurs mystères à éclaircir autour de cet épisode charnière dans la vie de l’humain sur Terre, quelques pans importants de notre histoire se révèlent enfin et ils pointent tous dans une même direction. La Terre a connu des civilisations qui ont subitement disparu voilà près de 13000 ans à la suite d’un cataclysme mondial qui a causé des ravages sans précédent, dont des inondations, des incendies, des extinctions et des changements climatiques radicaux.

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Ce petit pas dans cette direction fait naitre d’autres espoirs de découvertes significatives chez ceux qui ont toujours cru que des civilisations avancées auraient peuplé la Terre autour de cette époque, les Atlantes en tête de liste. Pour ma part, les constructions mégalithiques incompréhensibles partout dans le monde sont des preuves bien suffisantes, mais leur datation pose et posera probablement toujours un certain problème.

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Quoi qu’il en soit, sans faire un mauvais jeu de mots, la glace est maintenant rompue. Nous ne reviendrons plus en arrière sur cette question. Il reste maintenant à savoir jusqu’où nous parviendrons à remonter le fil du temps et de notre histoire que plusieurs ont désespérément tenté de nous cacher.

Je prédis que les langues vont maintenant se délier, mettant en lumière des études tenues depuis toujours sous silence par peur de déplaire et de perdre les crédits de recherche. La vérité finit toujours par se faire connaitre, mais parfois nous l’attendons beaucoup trop longtemps.

L’image et le mot

Je reviens de mon pèlerinage annuel au SLM (Salon du livre de Montréal). Première constatation, avant même d’avoir atteint la salle d’exposition principale, la salle au palier inférieur antérieurement dédiée aux livres pour enfants a fait place à une garderie. Immédiatement, je m’interroge et je me réponds du même élan. Les livres pour enfants partageront la salle principale avec la littérature adulte.

Non, c’est plus qu’un partage, c’est une invasion hégémonique. La salle principale est devenue une immense arène où les enfants courent partout. Afin de mieux refléter le changement, le Salon du livre de Montréal pourrait changer son nom pour le «Salon du livre pour enfants de Montréal».

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Il n’existe plus aucune rangée où les bds, les livres-jouets, les livres de donjons et dragons, de magiciens, de licornes et autres personnages jeunesse sont absents.

D’un côté, je suis heureux de l’intérêt porté aux livres par ce jeune public. D’autre part, où puis-je maintenant flâner et bouquiner sans me faire bousculer toutes les trois secondes? Le Salon du livre et peut-être le livre en général se rajeunissent. En retranchant la place autrefois occupée par la littérature adulte, que peut-on apprendre sur l’avenir du livre littéraire?

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Les livres au contenu essentiellement textuel s’achètent maintenant sur le web et disparaitront peut-être totalement des salons axés sur le visuel. Comme partout ailleurs, l’image a remplacé le mot et tue progressivement son mode de diffusion autrefois de prédilection, le simple livre. Pour les adultes, subsistent maintenant des livres de cuisine et autres livres pratiques aux belles photos alléchantes, des livres humoristiques, des biographies illustrées de vedettes populaires ou des autobiographies accompagnées d’une panoplie de photos croustillantes, voilà maintenant l’essentiel du contenu du Salon. Soit un salon pour enfants, soit un salon présentant du divertissement aisé, des piles et des rayons d’incultures, de la malbouffe intellectuelle, à l’instar de ce qu’on retrouve dans le mainstream du web, le livre semble avoir pris le même tournant menant vers les niveaux inférieurs.

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Doit-on s’en inquiéter ou s’en foutre? Dans la vie, tout évolue. La culture littéraire ne fait plus simplement perdre du terrain au profit de l’image, elle se fait littéralement anéantir par celle-ci. Est-ce un changement de paradigme? Nos communications deviendront-elles exclusivement imagées? On peut y voir plusieurs avantages dont l’éclatement de la barrière des langues, l’assimilation bien plus rapide d’une nouvelle connaissance par une présentation massivement parallèle plutôt que sérielle comme dans les chaines de mots où l’on doit les lire en suivant la séquence prédéfinie, un à la fois et les uns après les autres.

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Par contre, les présentations sérielles sous forme de textes resteront toujours plus précises que les images. Les textes ne mourront pas, mais je sens que les images les remplaceront partout où cela s’avérera possible. Les textes deviendront des éléments d’accompagnement, comme lors des expositions d’œuvres picturales et sculpturales où des petits cartons nous donnent des informations précises ne devant subir aucun processus d’interprétation.

Les mots seront condamnés à véhiculer du savoir dur et ce sera la fin de la littérature… jusqu’à ce que des doctorants d’un futur lointain étudient notre époque et découvrent toute la richesse que nous pouvions véhiculer avec des chaines de mots. Ils seront subjugués par l’étonnant pouvoir que nous savions donner à ces chaines de caractères, et ce sans l’aide d’images. Ils publieront leurs découvertes et supputeront que nous pouvions voir des images uniquement grâce aux mots.

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La plupart des gens ne les croiront pas, pensant qu’ils déraillent, qu’ils inventent n’importe quoi et les traiteront d’illuminés. «Tout le monde sait depuis toujours que les mots ne peuvent pas servir à remplacer des images!» Depuis leur plus tendre enfance, et ce depuis des siècles, ils auront appris que seule une image peut remplacer une autre image, les mots ne servant qu’à la partie technique.

Mais des études plus approfondies prouveront ces assertions. Les gens riront de l’inefficacité crasse de ce mode d’acquisition archaïque où l’on assimilait un seul mot, une seule information à la fois. Certains tenteront de faire revivre cet art perdu et caractérisé par sa lenteur en faisant l’éloge de son étonnante capacité à créer du contenu visuel à partir d’une description mot à mot.

La littérature retrouvera un semblant de place parmi les autres arts. Toutefois, elle aura perdu son tranchant et une grande partie de son pouvoir d’intéresser les masses, un art archaïque.