Espèce d’animal !

Un court article que je publie ce dimanche en fin de journée. Pour vous, mes lecteurs d’Europe, d’Afrique, d’Océanie et d’Asie, c’est déjà lundi, mais qu’importe.

Je vais sortir de mon mode d’écriture normal pour vous proposer quelque chose de différent, un article à caractère plus participatif. Je m’explique.

Dernièrement, j’ai regardé plusieurs reportages ou capsules vidéos dans lesquels des réactions ou comportements animaux nous surprennent, étonnent et même nous subjuguent.

12341064_10156330031195088_763865541056124084_n-e1457430640233

Dernièrement, je vous faisais part de l’intelligence des corbeaux mise en évidence par de nouvelles études scientifiques. De plus en plus de recherches mettent en lumière certaines attitudes que nous réservions autrefois à nous, les humains.

Nos animaux de compagnie ne sont plus les seuls à adopter des comportements surprenants, à démontrer des personnalités complexes. On découvre chez un grand nombre d’animaux sauvages d’étonnantes attitudes et aptitudes qu’on n’aurait jamais cru rencontrer chez ces espèces principalement préoccupées à travailler pour survivre.

a2d3e13117a08a0b2f580ed6d1bd1aa6

Nos paradigmes envers les autres espèces animales s’en trouvent chamboulés. De plus en plus de gens n’acceptent plus les mauvais traitements que nous leur infligeons et encore moins les extinctions massives que nos modes de vie et notre main mise sur l’environnement leur occasionnent.

J’aimerais connaitre vos expériences récentes ou des vidéos-chocs en rapport avec des attitudes animales particulières qui risqueraient d’ébranler les fondements de nos pensées et de nos rapports avec les autres habitants mobiles de notre planète.

UVXutn71_RxVc7F_L2yI2r5s1Nw

N’oubliez pas, si tel est votre désir, de rajouter votre opinion personnelle aux références ou à votre description des faits. Je suis curieux de la connaitre.

Vous pouvez déposer un commentaire ou encore m’envoyer un courriel si vous préférez me laisser le soin de résumer vos propos en préservant votre anonymat au besoin.

Ariane 6, histoire d’un flop annoncée ?

Le consortium européen Arianespace vient d’approuver la finalisation de la fusée Ariane 6 pour une mise en service en 2020 avec un premier vol prévu le 16 juillet de la même année. En étude depuis 2009, puis en phase architecturale depuis 2012 jusqu’à sa version approuvée en décembre 2014, il aura fallu tout ce temps pour accoucher de ce qui sera probablement, à mon avis, un fiasco financier.

ariane-6

Illustration d’une fusée Ariane 6 en vol

Deux facteurs principaux influencent les carnets de commandes: le coût et la fiabilité des lancements. Ariane 5, vous aurez compris que c’est la version précédente et celle actuellement en usage, a été développée dans des années où l’Europe pensait imiter les Américains avec une navette nommée Hermes. Ce projet n’a jamais vu le jour. Ainsi, la fusée Ariane 5 exige des charges payantes lourdes pour des coûts de lancement acceptables. Sa bonne fiabilité est un critère important de sa réussite actuelle.

Cependant, le paradoxe est que plus les satellites s’alourdissent, moins Ariane 5 devient intéressante face à la concurrence. Elle est capable de mettre 10 tonnes en orbite géostationnaire, mais les satellites actuels frisent les 5 tonnes sur la balance. Il devient alors très difficile de trouver un deuxième satellite au poids complémentaire dans la même fenêtre de lancement. Donc, plutôt que de partager les coûts de lancement, un seul opérateur de satellite doit seul les assumer et ce scénario ne fait qu’augmenter en fréquence.

Durée 1min06 : Décollage d’une fusée Ariane 5

Ariane 6 est censée régler ce problème en assurant un coût de lancement équivalent à ceux d’Ariane 5 lorsque celle-ci est munie de 2 satellites géostationnaires pour une charge maximale de 6 tonnes.

Oubliez les premiers étages réutilisables dans son design, sa seule véritable particularité sera peut-être une quelconque polyvalence de configuration, mais encore là, celle-ci ne me convainc pas du tout.

Falcon-Boosters_Landing

Retout sur Terre et atterrissage quasi simultané des deux boosters latéraux de la fusée Falcon Heavy, concurrente d’Ariane.

 

Elle est, selon moi, pensée et conçue dans un autre siècle et la concurrence lui fera savoir assez rapidement. Bien entendu, si elle garde la bonne réputation de fiabilité de sa sœur, elle accaparera un certain pourcentage des lancements, mais elle ne fera pas un tabac. Puisque cette fiabilité est reconnue seulement après un bon nombre de lancements sans pépins aucuns, elle végètera durant ses premières années d’existence au bas du tableau des lanceurs.

Ariane-6-adapted

Durant ce temps, la concurrence continuera de s’améliorer et de confirmer des coûts toujours plus intéressants pour ceux dont l’idée farfelue fut de prendre l’idée d’une navette, sa réutilisation, et de la transposer dans une technologie moins fragile et mieux maitrisée, celle des fusées.

Bien sûr, la concurrence peut subir des difficultés techniques et financières qui permettraient à Ariane 6 de devenir un lanceur plus apprécié, mais quand on axe son succès sur les déboires de ses concurrents, la déconvenue est à nos portes.

Alicaments

Ne tirez pas sur l’auteur, il travaille à compléter son prochain livre et il aimerait bien le voir publié. Merci de votre magnanimité.

Le Canada édite à peu près chaque année son Guide alimentaire canadien. Le titre dit bien ce qu’il en est. Il est censé nous aider à choisir ses aliments pour une alimentation plus saine.

L’idée n’est pas mauvaise en soi et on peut dire que si on le suit, notre alimentation sera plus encline à être saine. Si on élargit les guides aux diététiciens en général, leurs conseils ont de quoi nous faire réfléchir.

Suivre des modes

Quand un aliment plutôt inconnu, à tout le moins exotique, arrive sur nos rayons d’épicerie, la folie s’empare des diététiciens qui en font souvent une panacée. Tout à coup, il faudrait mettre du quinoa et du qia partout. Moi, je me méfie comme de la peste des aliments dont leur nom commence par un q.

Pressions

Le guide a même incorporé de la malbouffe à une alimentation dite saine, pourvu qu’elle soit consommée en petite quantité hebdomadaire. Ça, on le savait, mais ça n’en fait pas plus des aliments à recommander malgré les pressions des multinationales. On a la preuve, par contre, que les diététiciens sont aussi des putes.

Le guide n’est pas une publication scientifique rigoureuse

Je me rappelle quand le curcuma était tout à coup déclaré épice miracle. Là encore, on nous encourageait à en mettre partout. L’épice est excellente contre les cancers, nous disait-on. Ensuite, premier bémol, il faut le mélanger au poivre pour une meilleure efficacité. Et maintenant, il est redevenu un aliment comme les autres. Ses propriétés miracles ont été surestimées pour ne pas dire radiées.

Le problème vient de certains diététiciens qui font des aliments des médicaments. Un nom existe pour ces abus de langage et d’usage, on parle d’alicaments. Oui, mais leurs fameux alicaments ne passent pas les épreuves scientifiques comme les vrais médicaments.

J’ai travaillé plusieurs années dans des compagnies pharmaceutiques au niveau du contrôle de la qualité et de l’assurance qualité. Pour ceux qui ignorent la différence entre les deux, pour simplifier la chose, le contrôle de la qualité teste les matières premières, les produits intermédiaires, les produits finis et les produits vieillis. Ce sont essentiellement les laboratoires. Quant à l’assurance qualité, elle contrôle le contrôle de la qualité. C’est le chien de garde duquel aucune transgression n’est tolérée.

Vous me direz que c’est normal d’être aussi rigoureux, car les médicaments, en général, sont ingérés. Ah ! Et que fait-on avec les alicaments ?

Cependant, ceux qui font des aliments des médicaments ne leur font passer que des tests sommaires, aucune épreuve scientifique, aucune étude en quatre phases dont celles en double aveugle, à long terme, etc. On se retrouve ainsi à se faire emplir de faux renseignements et même d’insanités que personne ne relève ou ne dénonce.

Guides et conseils obsolètes

Ainsi, l’année suivante, on retire discrètement des guides et des conseils donnés aux consommateurs-patients les phrases trop enthousiastes des années précédentes.

On peut donc être certain que les conseils des diététiciens sont truffés d’âneries et ce n’est pas moi qui le dis, ce sont eux-mêmes en faisant « évoluer » leurs guides et conseils. Suivriez-vous le guide de 2005 ? Non ? Pourquoi ? Parce qu’il est dépassé et lardé de trucs ayant été par la suite démentis. Mais celui de cette année fera exactement pareil puisque les méthodes utilisées pour évaluer les aliments n’ont à peu près pas changé.

Dans ce cas, pourquoi devrais-je suivre le guide cette année alors que je sais pertinemment qu’il est tout sauf scientifique et que l’an prochain leurs auteurs le jetteront aux orties, trop gênés de le regarder une minute de plus ? En me projetant dans l’avenir, en 2025, je le regarderai avec dédain. C’est donc aussi valable pour aujourd’hui.

Développement durable

Dernier point. Un aliment exotique vient d’un pays exotique. Ça signifie qu’il est cueilli on ne sait trop comment ni par qui ni dans quelles conditions et qui il enrichit. Ensuite, il est transporté sur des distances phénoménales avant d’être consommé par nos papilles en manque de nouveautés et d’alicaments. C’est une catastrophe pour l’environnement et probablement pour les gens surexploités qui font les frais des produits frais qui atterrissent par magie dans nos assiettes snobinardes.

Bon, je vous laisse, j’ai des carottes, des betteraves, des choux, des pommes de terre et des navets à faire cuire. Des aliments d’ici qui savent endurer nos hivers québécois en attendant les récoltes locales de l’été prochain.

 

La météo actuarielle

Enfin ! Les actuaires canadiens se sont jetés à l’eau dans le débat sur les changements climatiques. Ils espèrent montrer une image neutre et factuelle des tendances. En utilisant les données de la NOAA, ils ont tout particulièrement remarqué que depuis 1990 le climat a une tendance marquée à excéder les normales. Ils ont développé un indice qu’ils nomment « indice actuariel climatique » et depuis 2016, celui-ci démontre clairement une augmentation graduelle de la météo extrême.

Je vous en parlais dans deux de mes articles précédents, « Dérèglement climatique – vers le pire » et « Le silence pour contrer les dérèglements climatiques ». On ne peut pas constamment battre des records de températures, même si les normales restent à peu près les mêmes sans qu’il y ait dérèglement du climat. Les actuaires me donnent enfin raison et je les encourage vivement à poursuivre leurs études puisque leur expertise avec les chiffres finira peut-être enfin à enfoncer le dernier clou dans le cercueil des climatosceptiques.

Photo : ici-radio-canada.ca

Dérèglement climatique – vers le pire

Des chercheurs de l’université Stanford prévoient que les scénarios les plus pessimistes du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, prévaudront sur les autres prévisions moins alarmistes.

Rappelons que le GIEC ne fait aucune recherche scientifique, par contre il collige toutes les études publiées sur l’évolution du climat. Il tente ensuite d’en tirer plusieurs tendances suivant divers scénarios allant du plus optimiste au plus pessimiste.

Le GIEC est important puisque personne n’a le goût ni le temps de lire ces études une à une et de faire le travail de synthèse qui s’impose pour comprendre où va la planète.

Ce que les chercheurs de Stanford ont publié tend à se rapprocher des conclusions les moins favorables du GIEC, mais je ne suis pas surpris et voilà pourquoi.

Au début de son mandat, Le GIEC a été fustigé et insulté d’être alarmiste et irréaliste. Il a ensuite été soumis à d’intenses pressions qui l’ont fait reculer. Ils ont alors ajusté leurs courbes d’évolution du climat en avalant des antidépresseurs et en enfilant des lunettes roses. Ils ont ainsi obtenu des courbes prédictives entièrement décalées vers le côté joyeux des axes. Il est donc normal de retrouver in fine des courbes de mesures réelles parfaitement alignées avec celles du GIEC qui prévoient le pire. Ces scénarios aujourd’hui anticipés par Stanford auraient dû se situer en plein cœur des courbes du GIEC.

Le GIEC s’est-il comporté comme un bon scientifique? nous a-t-il menti? Quelle est sa position aujourd’hui? Ces trois questions sont parfaitement légitimes. À l’évidence, il ne s’est pas comporté en bon scientifique puisqu’il a éliminé de son bilan les études les moins favorables, mais a conservé la plupart de celles prévoyant des changements moins importants et moins alarmistes. Dans le contexte où l’on collige une grande quantité d’études scientifiques, il est normal et même nécessaire d’en écarter une certaine quantité, car les études situées aux deux extrémités du spectre sont souvent biaisées par un protocole de recherche inadéquat, des données insuffisantes ou préalablement filtrées, ainsi que de la triche. En éliminant les extrêmes des deux côtés, le cumul des études restantes et la réalité devraient mieux concorder.

Toutefois, les études aux deux extrêmes n’ont pas reçu le même traitement. Au bout du compte, il est resté beaucoup plus d’études optimistes que pessimistes, ce qui engendre un important biais dans les conclusions tirées de toute cette manip antiscientifique.

Ce filtrage asymétrique a engendré des conclusions mitigées préjudiciables. De fait, les gens au pouvoir se fient généralement aux conclusions les moins contraignantes. En déplaçant artificiellement la moyenne dans cette direction, l’inaction devient presque acceptable alors qu’avec des résultats non biaisés, l’inaction aurait été critiquable. Les lobbyistes favorisant le statu quo ont donc obtenu une victoire éclatante sur la vérité.

Alors pourquoi ce groupe de travail, le GIEC, a-t-il agi ainsi, lui qui est composé de scientifiques aguerris? Les conséquences d’être resté neutre et franc l’auraient menacé d’extinction ou de remplacement de leurs membres clés, occasionnant un déplacement des prévisions encore plus important vers l’allégresse et un retard significatif dans l’émission des rapports. Mentir et tricher jusqu’à une limite «tolérable» nuisait moins à la cause du climat que d’être resté honnête et réaliste. Ce fut un geste de désespoir qui sera un jour décrié pour n’avoir pu tirer l’alarme à temps. Je suis certain que les auteurs du GIEC en sont pleinement conscients. Ils doivent être déchirés puisqu’ils ont sciemment enfreint leur code d’honneur en retranchant des poids de l’un des plateaux de la balance tout en laissant intact le second.

Les résultats de l’étude de Stanford apportent d’une certaine façon la preuve que le GIEC a été manipulé. D’autre part, on observe que ce dernier n’a pas outrepassé une certaine limite en pliant aux pressions et aux jeux de coulisses puisque les données de l’étude de Stanford concordent tout de même avec l’un des scénarios prévus par le GIEC, le pire. L’étude de Stanford n’est pas un cas isolé. D’autres études confirment la tendance réelle des changements climatiques à frôler et même à dépasser les scénarios les plus pessimistes du GIEC.

Sachant cet état de fait, il est important d’interpréter les rapports du GIEC en se focalisant sur les courbes les moins optimistes en imaginant que l’avenir leur ressemblera.

Photo : davidsuzuki.org