Les foudres de Gaïa

Je n’en demandais pas tant ! Dans mon article d’hier, je demandais à la Terre de me faire un signe en m’envoyant un léger séisme. Puis, survinrent vingt-quatre séismes de magnitude plus élevée que 5,0 qui ont subitement frappé la Nouvelle-Calédonie en moins de six heures. Bon, vous direz que ce pays est aux antipodes du Québec et vous avez parfaitement raison. Mais puisque le Québec ne peut pas vraiment trembler pour la peine, je considère cette pétarade impromptue comme m’étant destinée.

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Ouais, vous aimeriez me croire, mais ça vous parait passablement impossible ! Je comprends votre scepticisme, et même je voudrais le partager, mais les faits me laissent croire que la Terre m’a effectivement envoyé le signe que j’espérais recevoir d’elle. Allez lire mon article d’hier et je vous attends.

Je vous parais prétentieux, c’est pas grave, un Corbot a l’habitude des mauvaises réputations. Un caractère négatif de plus ne peut peser bien lourd dans l’ensemble de la balance. En bonus, ma réputation d’oiseau de malheur croît davantage, car si je peux faire générer 24 séismes simplement en demandant à la Terre de me faire un petit signe. Que puis-je engendrer si j’osais lui demander quelque chose de vraiment important ?

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Et dans l’état où je suis actuellement par rapport aux exactions des humains, un état de colère assez prononcé, je devrais me redouter, et vous, plus encore. D’autre part, je pourrais utiliser ce pouvoir pour demander à la Terre d’engloutir suffisamment d’humains pour que le peu qui resterait finisse enfin par comprendre qu’ils ne peuvent continuer à se foutre de notre planète.

Cependant, le plus grand pouvoir est celui qu’on s’abstient d’exercer — dixit un gourou célèbre. Je suis donc porté à me retenir malgré l’envie folle de voir engloutis tous les oligarques et les technocrates à leur solde dans un raz-de-marée planétaire.

Je sais pertinemment qu’il y aurait des tas de victimes collatérales parmi le bon peuple soumis. Je ne suis pas parfait, et ce malgré tous mes efforts consentis pour y parvenir. Quant à moi, sachant voler, je pourrai éviter les éboulis, les crevasses, les affaissements, les tsunamis, les déferlantes et les débris en planant au-dessus de vos têtes durant les épisodes où les catastrophes vous anéantiront.

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Je vous inviterais bien au Québec, mais notre cher PM vient de diminuer de 20 % les quotas à l’immigration. Alors si vous n’êtes pas un de ses amis personnels, vous n’avez aucune chance de vous réfugier ici avant que ne s’abattent ailleurs les pires cataclysmes.

À votre place, je me dépêcherais de venir au Québec même sous un prétexte parce que ma patience commence à atteindre sa limite et j’ignore encore combien de temps je vais pouvoir me retenir de demander à la Terre de procéder au Grand Décrassage. Vous pourriez en profiter pour partir à ma recherche, si vous parvenez à me dénicher, je vous offrirai un verre d’un excellent alcool québécois, un gin Ungava par exemple. Ça vous ferait peut-être voir LeCorbot sous un jour plus sympathique !

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Meunon ! Vous savez bien ! Il y a longtemps que je n’aspire plus à entendre cette épithète me concernant. Heureusement, sinon j’hésiterais peut-être à vouloir déclencher les foudres de Gaïa.

Fête nationale

Le 24 juin, c’est la Fête nationale des Québécois et Québécoises. Mais aujourd’hui, qu’est-ce qu’une nation? Le concept devient flou, personne ne possède la même définition. Prendre les habitants d’une région bien délimitée pour prétendre qu’elle forme une nation est désuet ou réducteur ou totalement faux puisque les frontières se sont créées à partir de guerres qui ont annexé des territoires avec leurs habitants. Une nation ne se fond pas dans une autre aussi simplement. Le partage de valeurs communes ne rend pas plus justice à l’idée d’une nation parce que même si j’adhère aux valeurs des Finlandais, je ne fais pas partie de la nation finlandaise. De plus, une nation vit en permanence un équilibre précaire entre les valeurs d’hier et celles de demain. Si les valeurs changent, que devient la nation s’y rapportant?

Les nouveaux Québécois se définissent moins comme des Québécois et plus comme des Canadiens. Beaucoup de Québécois de souche française ne se définissent pas comme des Canadiens. Un clivage identitaire s’ensuit inévitablement.

Les Québécois d’origine française ne se voient plus comme des Français depuis des siècles, tandis que les autres gardent durablement cette appartenance à leur mère patrie. Ils se disent toujours Grecs, Italiens, Chinois, Anglais, Allemands, Français, etc., alors que nous, nous ne sommes que des Québécois parlant le français. Cette différence fondamentale crée deux modes de pensée distincts et deux façons difficilement réconciliables de partager une même vision de la nation québécoise.

La nation québécoise se dilue, tout comme les autres nations de cette planète. La Fête nationale devient alors simplement une occasion de célébrer sans bien comprendre la pensée réelle derrière le concept. Au moins, nous le faisons dans la paix, ce que beaucoup de nations dans le monde ne peuvent prétendre.

24 juin, bonne fête quand même, nation québécoise, quoi que tu sois!

NG – Un beau livre sur le Québec

National Geographic vient de publier un livre sur le Québec photographié dans son intégralité par un Québécois qui s’est rendu jusqu’aux confins de notre immense pays pour en saisir toute sa splendeur. Actuellement offert en anglais, la sortie de la version française aura lieu le premier mai.

Ce mandat a été confié à Mathieu Dupuis, un Abitibien qui a vécu son lot d’aventures en tentant de capturer la lumière partout où il est allé. Cent-mille kilomètres plus tard, il rend le résultat de ses trouvailles, 3000 photographies, à la célèbre entreprise au rectangle jaune.

Ce livre de 272 pages et de 230 photos sera disponible au Québec un peu partout et également en France. On pourra aussi se l’offrir par achat en ligne chez Amazon.

Source: La Presse

Photo : National Geographic – Le mont Chaudron en Abitibi

Jean-Marc Vallée et les Golden Globes

Un autre talent hors du commun du cinéma québécois.

Le réalisateur Jean-Marc Vallée a réussi à faire décrocher quatre prix au Golden Globe pour sa réalisation de la série Big Little Lies dont celui de la meilleure série télévisée.

Au Québec, notre langue nous oblige à faire notre propre cinéma et nos séries télévisées qu’on nomme ici « téléromans ». Cependant, la très faible audience ne permet aucun gros budget de production. En conséquence, il faut faire mieux avec rien. Jean-Marc Vallée est de cette école, ce qui permet de se démarquer à Hollywood en réussissant à boucler le budget des productions. L’autre aspect intéressant des réalisateurs québécois est leur talent de monteur. Nos réalisateurs sont tous des monteurs et ainsi, presque chaque réalisation est un director’s cut. Sachant combien important est le montage pour générer le rythme de l’œuvre, le résultat final se trouve empreint de leur talent en la matière et le résultat final devient homogène.

Félicitations à tous les gagnants de cette série télévisée, Nicole Kidman, Laura Dern et Alexander Skasgard, respectivement lauréats de la meilleure actrice, de la meilleure actrice de soutien et du meilleur acteur de soutien.

Et si vous n’avez pas vu le film « Dallas Buyers Club » mettant en vedette Matthew McConaughey, Jared Leto et Jennifer Garner, ne ratez surtout pas ce plaisir. Les acteurs et actrices sont plus qu’étonnants, ils sont méconnaissables dans ce drame qui colle de manière permanente à nos neurones.

Photo: Radio-Canada.ca