Il faut d’abord savoir mourir

Le Québec et quelques états du centre-nord-ouest des É.U.A. ont été les seuls endroits sur la planète à subir une «anomalie» climatique à la baisse cet hiver. J’utilise le terme « anomalie », puisque la norme est maintenant au réchauffement, ce qui s’est produit de façon très marquée un peu partout et surtout en Sibérie où les records de clémence se sont succédé quotidiennement durant des mois.

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Ce n’est pas la première année que le Québec se retrouve à l’opposé de la tendance mondiale. J’en ai parlé l’an dernier et aussi en 2017. Ça commence donc à devenir une réalité annuelle et j’essaye de comprendre les causes derrière cette bulle de froid stationnaire au-dessus de notre territoire durant la saison blanche.

Tout d’abord, elle suit étrangement bien nos frontières et ce n’est certainement pas dû au hasard. Puisque l’est des É.U.A. est fortement peuplé, l’air plus chaud engendré par la très grande activité humaine empêche l’air froid arctique de pénétrer profondément les états de la Nouvelle-Angleterre. Lorsqu’on regarde l’est de l’Amérique du Nord la nuit à bord de la Station Spatiale, les lumières tracent très bien cette barrière sud.

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Lorsque la baie d’Hudson n’est pas entièrement gelée en surface, l’eau agit également comme une barrière thermique poussant l’air froid plus à l’est, donc au-dessus des terres québécoises. L’océan Atlantique qui borde la frontière est agit de même. Voilà comment le Québec se retrouve avec trois frontières thermiques qui emprisonnent l’air froid arctique qui s’engouffre allègrement par la quatrième et qui se retrouve sans porte de sortie. L’air arctique peut stagner longtemps, engendrant des précipitations abondantes, surtout sous forme de neige ou de verglas.

Oui, la glace s’est aussi mise de la partie pour nous faire vivre un hiver compliqué. Des épisodes de verglas alternant avec des chutes de neige importantes, les toits des édifices se sont retrouvés avec de lourds mille-feuilles difficiles à pelleter. Plusieurs toits se sont effondrés. Ici, chez moi, ma porte d’entrée pivotait avec grandes difficultés, signe évident d’un surpoids au-dessus de nos têtes. Heureusement, des pluies abondantes ont eu raison des blocs de glace avant qu’ils ne causent des dégâts.

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On peut s’estimer chanceux d’être épargnés par le réchauffement global. Un jour viendra où on le subira comme partout ailleurs dans le monde, mais en attendant, les sports d’hiver restent encore possibles sur notre territoire, plus pour très longtemps, je le crains. Lorsque l’Arctique se sera suffisamment réchauffé, il n’existera plus d’air glacial nordique pour venir occuper le territoire québécois en hiver.

On remplacera nos sapins par des cocotiers et nos épinettes noires par des palétuviers. On glissera sur des dunes, on jouera à la crosse plutôt qu’au hockey, on pourra oublier sa bouteille d’eau dans l’auto sans risque de gel. On saura que notre vie a suivi un cours différent lorsqu’en janvier, les gars se promèneront avec des chemises fleuries plutôt qu’à carreaux et des bermudas au lieu de combinaisons à grandes manches.

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Une saison me manquera particulièrement et ce n’est pas l’hiver, mais sa fin, le printemps. Quels étourdissements je vis lorsque je retrouve toutes ces jolies femmes dans leurs accoutrements printaniers après la saison sage! Non, rien ne vaut ces moments magiques, pas même trois degrés supplémentaires, pas même les ananas, pas même un été permanent.

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Le printemps, le prime temps, la renaissance, mais pour enfin renaitre, il faut d’abord savoir mourir.

Ça rend fou

Le printemps est le temps de l’année où l’on procède au grand nettoyage. Tout s’est accumulé durant l’hiver et voilà venu le moment de remettre de l’ordre et de nettoyer tout ce gâchis.

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On sort les meubles de patio, le barbecue, les parasols, le hamac, les nains de jardin et les lumières de parterre. La vie reprend son cours, elle qui s’est remisée en attendant que le froid passe et se termine. Voilà, c’est plus ou moins chose faite.

Cependant, il reste encore un gros mois et quelques avant que le camping ne recommence. Dans les Laurentides, la neige persiste longtemps, elle disparaitra totalement pour la fête des Mères, premier weekend où les terrains seront rouverts.

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Cette année, j’ai acheté une mangeoire à oiseaux. Je le regrette déjà! J’aime la nature… naturelle, alors j’ignore quelle idée farfelue m’a traversé la tête. Elle est jolie, tout en cuivre verni, les oiseaux vont la trouver attirante, me suis-je dit. Idiot! Le seul oiseau qui la trouvera jolie est cette tête de linotte de Corbot qui se l’est procurée.

Je vous tiendrai au courant de l’histoire de ma mangeoire, le temps qu’elle durera. Peut-être aurai-je quelques belles surprises! Mais sincèrement, j’en doute déjà!

En fin de compte, l’adage se vérifie, le printemps, ça rend fou.

Pu capabe !

L’hiver s’éternise au Québec. Neige, froid, vent, froid, neige, vent, froid, pu capabe!

Une vieille chanson scoute me revient en tête.

«Doux printemps, quand reviendras-tu, faire pousser des feuilles, faire pousser des feuilles?

Doux printemps, quand reviendras-tu, faire pousser des feuilles pour me torcher le c…»

Pour ceux qui s’y connaissent, les feuilles présentées en tête de cet article, c’est de l’herbe à puce ! Bonne chance, si vous les utilisez !

Les foudres de Gaïa

Je n’en demandais pas tant ! Dans mon article d’hier, je demandais à la Terre de me faire un signe en m’envoyant un léger séisme. Puis, survinrent vingt-quatre séismes de magnitude plus élevée que 5,0 qui ont subitement frappé la Nouvelle-Calédonie en moins de six heures. Bon, vous direz que ce pays est aux antipodes du Québec et vous avez parfaitement raison. Mais puisque le Québec ne peut pas vraiment trembler pour la peine, je considère cette pétarade impromptue comme m’étant destinée.

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Ouais, vous aimeriez me croire, mais ça vous parait passablement impossible ! Je comprends votre scepticisme, et même je voudrais le partager, mais les faits me laissent croire que la Terre m’a effectivement envoyé le signe que j’espérais recevoir d’elle. Allez lire mon article d’hier et je vous attends.

Je vous parais prétentieux, c’est pas grave, un Corbot a l’habitude des mauvaises réputations. Un caractère négatif de plus ne peut peser bien lourd dans l’ensemble de la balance. En bonus, ma réputation d’oiseau de malheur croît davantage, car si je peux faire générer 24 séismes simplement en demandant à la Terre de me faire un petit signe. Que puis-je engendrer si j’osais lui demander quelque chose de vraiment important ?

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Et dans l’état où je suis actuellement par rapport aux exactions des humains, un état de colère assez prononcé, je devrais me redouter, et vous, plus encore. D’autre part, je pourrais utiliser ce pouvoir pour demander à la Terre d’engloutir suffisamment d’humains pour que le peu qui resterait finisse enfin par comprendre qu’ils ne peuvent continuer à se foutre de notre planète.

Cependant, le plus grand pouvoir est celui qu’on s’abstient d’exercer — dixit un gourou célèbre. Je suis donc porté à me retenir malgré l’envie folle de voir engloutis tous les oligarques et les technocrates à leur solde dans un raz-de-marée planétaire.

Je sais pertinemment qu’il y aurait des tas de victimes collatérales parmi le bon peuple soumis. Je ne suis pas parfait, et ce malgré tous mes efforts consentis pour y parvenir. Quant à moi, sachant voler, je pourrai éviter les éboulis, les crevasses, les affaissements, les tsunamis, les déferlantes et les débris en planant au-dessus de vos têtes durant les épisodes où les catastrophes vous anéantiront.

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Je vous inviterais bien au Québec, mais notre cher PM vient de diminuer de 20 % les quotas à l’immigration. Alors si vous n’êtes pas un de ses amis personnels, vous n’avez aucune chance de vous réfugier ici avant que ne s’abattent ailleurs les pires cataclysmes.

À votre place, je me dépêcherais de venir au Québec même sous un prétexte parce que ma patience commence à atteindre sa limite et j’ignore encore combien de temps je vais pouvoir me retenir de demander à la Terre de procéder au Grand Décrassage. Vous pourriez en profiter pour partir à ma recherche, si vous parvenez à me dénicher, je vous offrirai un verre d’un excellent alcool québécois, un gin Ungava par exemple. Ça vous ferait peut-être voir LeCorbot sous un jour plus sympathique !

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Meunon ! Vous savez bien ! Il y a longtemps que je n’aspire plus à entendre cette épithète me concernant. Heureusement, sinon j’hésiterais peut-être à vouloir déclencher les foudres de Gaïa.

Allez, Terre, dis-le-moi !

Il existe quelques endroits au monde qui se partagent, s’échangent, se disputent le titre du plus vieux terrain de la Terre.

On a tout d’abord un craton en Afrique du Sud, l’Australie défend aussi chèrement sa vieillesse, tout comme le Groenland qui détenait la palme jusqu’à tout dernièrement avec un prélèvement âgé de 3,8 milliards d’années. Mais récemment, des géologues québécois ont rendu les trois autres pays jaloux.

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Je me souviens lorsque j’étais plus jeune et je croisais ce genre de rochers qui me semblaient bien étranges avec leurs veines ou taches blanchâtres circulant au travers d’une gangue d’un gris neutre, terne, triste, patiné. Instinctivement, je semblais déjà comprendre que cette roche était très vieille. Elle ne possédait à peu près aucun attrait, semblait fatiguée d’exister, elle avait cédé ses trésors primordiaux pour ne garder que l’ennui. Par contre, ce substrat paraissait extrêmement solide, dur, dense, inaltérable, et pourquoi pas éternel !

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Des prélèvements effectués au Nunavik dans le nord du Québec ont révélé un âge jamais atteint par aucun autre caillou sur Terre. Il serait âgé de 4,2 milliards, voire 4,3 milliards d’années alors que l’âge de la planète est estimé à 4,54 milliards d’années. C’est dire comment ces roches furent parmi les premières à apparaitre à la surface et à n’avoir jamais été recyclées ou totalement érodées.

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J’en ai parlé dans d’autres articles, au Québec le sol fait presque totalement partie du Bouclier canadien, une vaste étendue de roc solidaire issu du magma remonté près de la surface puis solidifié par lent refroidissement. C’est essentiellement du granit, une roche plutonique, c’est-à-dire qu’il ne s’est jamais produit d’effusion de lave. Le refroidissement du magma s’est effectué en profondeur, gardant ainsi une forme cristalline à plus haute densité.

Une datation précise et comparative avec les autres sites ailleurs dans le monde reste difficile. Dans le cas des roches du Nunavik, on y est allé avec la désintégration du samarium 146 aujourd’hui entièrement transformé en néodyme 142, un isotope stable.

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Cette découverte confirme quelques hypothèses comme l’âge de la Terre ou une autre suggérant qu’elle était à ses débuts une immense boule en fusion, que les continents ont émergé du magma bien plus tôt qu’imaginé autrefois et que des croûtes toujours visibles ont résisté à toutes les conditions ayant mené à la disparition des autres continents. On peut donc étudier la composition chimique de ces roches maintes fois milliardaires afin de mieux comprendre les origines de la formation de notre globe et les mécanismes naturels qui l’ont alors façonné.

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Étrange qu’un si jeune pays soit si vieux et qu’émergeant tout récemment de la dernière période glaciaire, il laisse maintenant apparaitre son âge vénérable. Nous, habitants de ce lieu, sommes-nous influencés par le sol sous nos pieds ? Percevons-nous sa solidité à toute épreuve ? Nous inspire-t-il son calme, son assurance, sa patience ? J’aimerais croire qu’il en soit ainsi, que nous, humains vivant à sa surface, devenons plus solides et plus sages à son contact. Une force tranquille que rien ne peut faire disparaitre. Une assise maintes fois éprouvée, mais toujours bien ancrée. Est-il possible qu’on devienne de meilleurs humains si l’on vit sur un meilleur sol ? Nous imprègne-t-il de ses qualités intrinsèques ?

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Le meilleur moyen de le savoir serait de lui poser la question. Il est probablement dur… d’oreille, mais je suis certain qu’il pourrait me répondre… à sa façon. Un rare petit séisme de faible amplitude pourrait constituer une bonne façon de me le confirmer.

Allez, Terre, dis-le-moi !

Flocons manègent

« Ah comme la neige a neigé / Ma vitre est un jardin de givre »

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Ainsi s’exprimait le poète québécois, Émile Nelligan. Pays de neige et de froid durant plusieurs mois par année, notre pays est toutefois épargné de la plupart des autres types de catastrophes, si toutefois nous inscrivons le froid et la neige dans cette catégorie. J’ose le prétendre en considérant que plusieurs personnes en meurent chaque année, faute d’y avoir suffisamment prêté attention, à cause d’étourderies ou parce que les conditions météo ont eu raison de sans-abris devenus terriblement vulnérables lors de conditions rigoureuses. 

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Nous sommes préparés à vivre des moments plus difficiles et nos infrastructures ont été pensé en conséquence, mais surviennent des situations anormales nous rappelant que nous ne supportons pas longtemps le froid et que neige vire parfois son âme de blanche à noire. Il va sans dire, tout est une question de durée, de quantité et d’intensité.

La neige, c’est magique, surtout durant le temps des Fêtes lorsqu’un tapis blanc recouvre le triste sol noirâtre et qu’une farandole de flocons virevolte devant nos yeux, mais lorsque le blizzard se lève, lorsque les flocons se transforment en petites aiguilles cherchant à transpercer notre visage découvert, lorsque le froid colle nos parois nasales, lorsque la neige au sol crisse pour nous avertir de nous méfier d’elle, lorsque les congères grandissent à trois fois notre hauteur, lorsque les rues destinées à faire circuler plusieurs véhicules de front les enlisent, lorsque nos joues nous avisent que le froid les font rougir de honte pour ensuite les blanchir de peur, lorsque les têtes des clous éclatent sous la pression de l’écartèlement des planches, lorsque les véhicules n’ont plus la force de démarrer et préfèrent se laisser mourir sur place, la féérie blanche devient la furie blanche.

La Nature ne s’attaque pas à nous, on ne doit donc pas la traiter comme une ennemie. Il est de loin préférable de bien se préparer à ses débordements pouvant nous causer désagréments, difficultés ou dangers, tout d’abord en s’informant adéquatement des conditions météorologiques à venir et en se vêtant de manière appropriée.

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Cette année, l’hiver est survenu tôt. Neige début novembre, record quotidien de froid battu, voulait-il nous assommer ? Nous prendre à contre-pied ? Ou simplement nous aviser qu’il vaut toujours mieux être prêt à toute éventualité ?

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La planète change, nous devons, non seulement écouter ses signaux, mais surtout agir de la sorte. Nous aussi devons changer, à commencer par notre façon de penser. La planète Eden devient souvent et imprévisiblement violente. Restons en constant état de surveillance. Préparons nos kits de secours et de survie. Concevons des protocoles d’urgence et répétons-les. Ces gestes ne sont plus des délires de paranos. Ils sont une prévoyance distinguant ceux qui survivront de ceux qui périront. Vous comptez plutôt sur la chance que les catastrophes passent ailleurs ? Dans ce cas, vous n’auriez pas objection à me léguer vos biens advenant un coup du sort puisque celui-ci ne surviendra pas. Plus riche, j’irai ensuite croasser sur vos tombes.

Dandelion, un court-métrage exceptionnel

Ma virée hier à Mont-Tremblant m’a amené à visiter la bibliothèque de cette municipalité des Laurentides. Situé à l’intérieur du bâtiment abritant l’hôtel de ville, ce lieu de culture de proximité possède une section spécialement et brillamment conçue pour les enfants. La section pour les adultes offre beaucoup de luminosité naturelle, rendant propice et agréable le plaisir de lire et de découvrir de nouvelles œuvres.

J’ai été accueilli à la bibliothèque par une personne de laquelle il s’avère impossible de rester indifférent. Vous savez, le genre qu’on voudrait instantanément s’en faire une bonne amie et qu’on regrette amèrement de ne pas avoir connu bien avant dans notre vie.

Cette personne se nomme Catherine Fauteux. Vous la connaissez peut-être puisqu’elle a remporté un concours de production de court-métrage en marge du Festival du film de Los Angeles en 2017.

Ce concours consistait à imager l’œuvre musicale Rabbit and Rogue de Danny Elfman. Entièrement réalisé en animation en volume (stop motion), cet étonnant court-métrage issu d’une personne qui en était à sa première expérience en production cinématographique nous transporte dans un univers aux richesses éblouissantes à travers un scénario qui témoigne de ses préoccupations pour la question environnementale, l’apport de l’humain et ses conséquences.

Jugez vous-même du résultat en allant visionner cette œuvre magistrale intitulée « Dandelion» d’une durée légèrement inférieure à dix minutes en cliquant l’hyperlien ci-devant.

La photographe Tremblantoise Catherine Fauteux prépare actuellement sa récidive cinématographique. Il va sans dire que j’ai bien hâte de découvrir les fruits de cet exigeant, mais combien passionnant travail artistique!

Photo : Radio-Canada.ca

Art et proche aidance

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Je reviens tout juste d’un vernissage, une exposition d’œuvres réalisées par des proches aidants de la région des Laurentides au Québec. Cet événement qui se tient jusqu’au 18 novembre 2018 à l’hôtel de ville de Mont-Tremblant regroupe vingt-trois œuvres picturales sur ce seul et même thème de la proche aidance.

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Vous vous doutez qu’il ne s’agit pas d’un curieux hasard si la proche aidance se retrouve dans chaque tableau présenté lors de cet événement riche en couleurs et en émotions. Car malgré tout l’amour, le dévouement, la passion, la disponibilité et la patience qui caractérisent les proches aidants, le ressac surgit sous forme d’épuisement, de découragement, de colère, de culpabilité et de dépression chez les personnes qui ont sciemment décidé d’accompagner un proche dans sa maladie, de faire don d’une importante partie de leur vie à une ou à plusieurs personnes devenues trop vulnérables pour demeurer autonomes.

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Heureusement, depuis maintenant cinq ans, un service d’art-thérapie est offert dans la région des Laurentides à ces personnes dont leur courage admirable n’a d’égal que leur dévouement exceptionnel. Toutefois, ces œuvres n’auraient jamais vu le jour sans la compréhension fine des problématiques liées à la proche aidance que l’art-thérapeute, psychoéducatrice et artiste Annie Bilodeau apporte dans le soutien à ces gens au cœur plus grand que leur poitrine.

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Annie les entraine, les encourage, les supporte dans une démarche artistique visant à exprimer leurs sentiments refoulés au moyen de l’art pictural. Libérés d’une partie de leur fardeau moral, ces gens peuvent ainsi poursuivre leur importante mission de façon plus sereine, plus positive et mieux équilibrée entre les besoins de ceux qui leur sont chers et les leurs.

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Les œuvres ont été réalisées, non pas dans un but de performance artistique, mais plutôt dans une démarche visant à soulager les souffrances. Aucun exposant n’est un professionnel et pourtant, cette vingtaine de tableaux nous atteint au plus profond de notre âme.

Car nous savons tous qu’un jour, nous deviendrons nous-mêmes un proche aidant, si nous ne le sommes pas déjà, ou l’avons déjà été. Et plus tard, nous recevrons nous aussi de l’aide de notre conjoint, d’un ami ou d’un de nos enfants. C’est pourquoi ces toiles concentrées sur trois murs d’une même salle nous font vivre un étonnant maelström d’émotions vives et particulièrement intenses. Ces tableaux ne proviennent pas d’illustres inconnus ayant craché d’incompréhensibles émotions sur des toiles, non, ces œuvres nous décrivent, nous. Elles nous montrent une vision claire et certainement troublante, voire saisissante, de nous-mêmes.

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Chaque œuvre est accompagnée d’un court texte rédigé par l’artiste qui décrit en quelques mots le motif formant la base de sa réalisation. J’ai tenté de les lire les uns à la suite des autres, mais rendu à mi-parcours je me suis accordé une pause. Et c’est exactement le genre de réaction que la proche aidance suscite et il ne faut pas la camoufler. On reçoit un coup de poing au plexus solaire, une bouffée incontrôlée de lourdeur et en même temps un tsunami d’amours sans bornes et de tendresses infinies.

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Une grande amie, Johanne Blanchette, y expose quelques-unes de ses œuvres et s’est directement impliquée dans l’organisation et la réalisation de cet événement que je qualifie de révélateur et de charnière, tant pour les artistes que pour les nombreux visiteurs. De fait, j’ai eu l’occasion et le privilège d’échanger avec certains d’entre eux. J’ai remarqué leur regard au moment qu’ils entraient dans la salle et celui qu’ils portaient à leur sortie. Une indéniable transformation s’était opérée et voilà exactement ce que l’art procure à la population. Nulle obligation d’être un artiste confirmé pour atteindre les gens dans ce qu’ils ont de plus profond et d’intime. Il suffit d’avoir le courage et la générosité de partager ses souffrances, ses peines, ses joies et ses amours et alors, la magie de l’art réussira toujours à opérer.

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Puisque mon lectorat s’étend sur la plupart des continents, je me suis permis de prendre des photos de certaines œuvres et de vous les présenter ici dans mon blogue. Voyez-y une façon de vous encourager à chercher des ressources en art-thérapie dans votre région. Ne niez plus vos douleurs, elles trouveront grâce à l’art, peu importe lequel, une voix pour s’exprimer et une voie pour s’expulser. La proche aidance est tellement demandante, accordez-lui la possibilité de s’exprimer sans contraintes, sans faux-fuyants, en toute liberté et en toute sincérité.

Cet article ne se prétend pas être un communiqué de presse ni une critique de l’exposition. Comme dans tous mes articles, c’est LeCorbot qui s’exprime avec la plus grande sincérité. Si vous désirez plus de renseignements sur l’événement, communiquez avec le service de la ville de Mont-Tremblant.

Je tiens toutefois à souligner l’apport grandement apprécié de deux jeunes flûtistes de talent qui ont accueilli et accompagné les visiteurs tout au long de la soirée. Elles se nomment Élie Lacroix et Élisabeth Bilodeau. Un grand merci à toutes les deux !

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Un transport, ça urge !

En ces temps de réchauffements climatiques avérés et en forte hausse, voter pour un parti qui se désintéresse totalement du sujet confirme que nous ne croyons plus en notre avenir et que seul compte le fait de vivre le reste de nos jours en consentant les moindres efforts dans l’espoir ridicule de ne rien changer à notre mode de vie décadent et annihilateur.

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Les dérèglements de la mécanique climatique n’ont rien d’une sorte de grippe. Ça ne passera pas avec un peu de patience et un sac en papier sur la tête. Mais ça, même si on fait semblant du contraire, on le sait pertinemment.

Le plus étonnant, c’est la question de l’héritage. On dit vouloir le mieux pour notre progéniture alors qu’on lui lègue sans aucune gêne une planète décrépite, aux comportements de plus en plus violents, imprévisibles et destructeurs. C’est tout de même représentatif de nos valeurs morales, dont au tout premier rang, un égoïsme absolu, y compris face et à l’encontre de nos propres enfants !

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Prenez-vous conscience comme moi de cet épouvantable constat de la nature humaine ?Et on devrait garder confiance que l’humain va s’en sortir ? Les arrogants qui rejettent toutes conséquences majeures de leurs actes sur la planète représentent les plus grandioses rêveurs et utopistes alors qu’ils utilisent ces mêmes termes pour qualifier ceux qui veulent changer les choses. Étrange ? Pas vraiment. Ce phénomène se nomme de la transposition.

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Toutefois, il serait injuste de leur remettre tous les torts. Ils ne sont pas les seuls responsables puisque nous acceptons docilement nous aussi de ne rien changer.

Cette bête sauvage qualifiée injustement de sapiens ment comme elle respire y compris à elle-même, ce qui constitue à mon avis un défaut à l’origine de bien d’autres.

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J’attends toujours avec impatience le passage du prochain vaisseau en direction de ma planète d’origine. Je commence vraiment à en avoir ma claque de cet endroit, et ce malgré les jolis paysages disséminés un peu partout sur cette boule, de toute façon, en décrépitude. Il y a plus important à faire et je n’ai plus aucune utilité parmi ces indigènes indigestes. J’accepterais aussi un travail bénévole comme agent de bord. Ah et puis tant pis! Foutez-moi dans une soute à bagages si ça vous chante, mais faites quelque chose!

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Bah! Gang! Ne vous inquiétez pas. Je compte bien continuer de vous écrire, question de recevoir vos commentaires sur la façon dont vous vous débrouillez avec les catastrophes et cataclysmes. Vous ne m’en voudrez pas si je ne parais pas étonné de vos déboires avec la Nature et avec vos semblables lorsque vous vous entretuerez pour survivre. Et même si vous détestez l’entendre, je vous abreuverai sans vergogne de centaines de «je vous l’avais bien dit».

Soirée électorale au Québec

Hier, c’était jour d’élections au Québec. On a un nouveau gouvernement majoritaire, un nouveau parti au pouvoir, la CAQ (Coalition Avenir Québec) et un nouveau premier ministre, François Legault.

Le parti qui a remporté les élections est le seul parti dont le programme a, non seulement aucune mesure à présenter en matière d’environnement, mais au contraire, il veut encourager les hydrocarbures y compris la fracturation hydraulique.

Je félicite la CAQ pour leur victoire, ainsi que pour ne pas avoir cédé à la tentation de nous mentir effrontément sur le sujet. Au moins, les électeurs n’auront pas à regretter leur choix pris en connaissance de cause. Je souhaite simplement à ce parti et à son chef d’ouvrir les yeux et de gouverner en gens responsables. Ça devrait suffire pour prendre quelques bonnes décisions en rapport avec des priorités non inscrites dans leur programme.

À tous les nouveaux élus de tous les partis, je vous souhaite la clairvoyance et l’humilité. Représentez vos concitoyens de manière honnête et responsable.

Le géant évidé

Tapi au plus profond de la forêt boréale, là où les animaux étaient autrefois rois de ce territoire vierge aussi grand qu’un continent, se terre un incroyable géant. Plutôt gentil au regard de son fabuleux potentiel, ou endormi, son souffle ronfle et son cœur siffle au sein d’une immense caverne creusée juste pour lui dans le plus dur et le plus âgé des rocs terrestres.

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Pour se nourrir suffisamment, ses denrées s’étalent sur des centaines de kilomètres carrés en amont de cette impressionnante barrière faite de faux rocs pour pallier celui qui manquait précisément à cet endroit. L’ouvrage voûté s’étire et se détend sous la pression, mais résiste courageusement au désir naturel de l’eau de le transcender. Ce faisant, le géant n’en laisse passer qu’une infime quantité à la fois afin d’alimenter son cœur métallique rotatif.

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Ce géant est-il magicien ou même démiurge? Que dit-on de celui possédant le pouvoir de transformer l’eau en biens? Des objets de toutes sortes sont fabriqués grâce à son énergie quasi inépuisable, dont mon téléphone avec lequel je prends des photos de ses membres titanesques.

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Le doux monstre s’avère être un myriapode d’une incroyable longueur, ses innombrables membres couvrant des milliers de kilomètres afin de soutenir ses artères qui finiront par se ramifier en des millions de capillaires jusqu’à alimenter la plus humble des prises électriques murales servant à recharger mon téléphone.

Les pattes évidées du géant transportent son sang au-delà des montagnes, par-delà les vallées, par-dessus les rivières et les fleuves. Graciles, fluettes, elles supportent pourtant des tensions énormes, solidifiées dans leur cause par leur solidarité quasi indéfectible. Soutenu de parts et d’autres par des pattes jumelles, chaque membre maintient fièrement sa droiture presque en toutes circonstances malgré l’évidement quasi total de sa structure.

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Je passe sous cette fabuleuse autoroute à électrons en ressentant une impression de ridicule petitesse face à elle. Le géant grésille discrètement, ce bruit ressemble à celui d’une fine pluie tombant sur une bâche. Je suis en partie son créateur, il est un peu mon œuvre et pourtant je le trouve grandiose, surhumain, totalement disproportionné par rapport aux dimensions naturelles de tout ce qui vit sur cette planète.

Je finis par surgir de sous son ventre. Après avoir salué ses cimes métalliques, mes yeux retrouvent la rivière, le sol, l’herbe et… une famille de bernaches en pique-nique aux abords de la piste.

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Aussi incroyable que puisse m’apparaitre ce géant aux électrons bien dressés, rien n’est plus délicieux à regarder que ces cous fièrement montés afin d’exhiber leur jolie famille aux passants. Peu farouches mais toujours prudentes, elles me montrent qu’il est possible de vivre heureux, paisibles et fiers de ses accomplissements sans avoir construit un géant évidé. D’ailleurs, ne sont-elles pas en mesure de voler bien au-dessus de sa tête?

Aussi grandiose qu’une œuvre humaine puisse paraitre, la beauté d’un seul oiseau vaut bien celle d’un géant évidé.

Saguenay, un fjord unique

Le seul fjord au Québec, celui de la rivière Saguenay, réserve bien des surprises dont sa profondeur réelle.

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Même si les glaciers l’ont partiellement façonné, la rivière coule dans une faille qui se serait ouverte au Précambrien voilà près d’un milliard d’années, faisant de cette formation géologique l’une des plus âgées de la planète.

Avec une moyenne de 2 km de largeur, il ne parait pas très impressionnant, car sa largeur est importante et la hauteur maximale de ses montagnes dépasse à peine les 410 mètres au-dessus des eaux. Cependant, ses 120 km entre son point d’origine et son embouchure en font l’un des plus longs fjords au monde.

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On retrouve trois profondes vallées transversales dont la plus creuse atteint 280 mètres. À l’endroit où la rivière Saguenay se déverse dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, un bouchon rocheux empêche les eaux salées du fleuve d’envahir entièrement les eaux douces de la rivière. Une profondeur d’à peine 20 mètres laisse passer les embarcations, la faune marine et les eaux saumâtres.

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Ce qui a étonné fut de constater la profondeur réelle du fjord. À certains endroits, la couche sédimentaire peut atteindre 1400 mètres de profondeur, donnant à cette formation naturelle une paroi jusqu’à deux kilomètres de hauteur!

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