Dandelion, un court-métrage exceptionnel

Ma virée hier à Mont-Tremblant m’a amené à visiter la bibliothèque de cette municipalité des Laurentides. Situé à l’intérieur du bâtiment abritant l’hôtel de ville, ce lieu de culture de proximité possède une section spécialement et brillamment conçue pour les enfants. La section pour les adultes offre beaucoup de luminosité naturelle, rendant propice et agréable le plaisir de lire et de découvrir de nouvelles œuvres.

J’ai été accueilli à la bibliothèque par une personne de laquelle il s’avère impossible de rester indifférent. Vous savez, le genre qu’on voudrait instantanément s’en faire une bonne amie et qu’on regrette amèrement de ne pas avoir connu bien avant dans notre vie.

Cette personne se nomme Catherine Fauteux. Vous la connaissez peut-être puisqu’elle a remporté un concours de production de court-métrage en marge du Festival du film de Los Angeles en 2017.

Ce concours consistait à imager l’œuvre musicale Rabbit and Rogue de Danny Elfman. Entièrement réalisé en animation en volume (stop motion), cet étonnant court-métrage issu d’une personne qui en était à sa première expérience en production cinématographique nous transporte dans un univers aux richesses éblouissantes à travers un scénario qui témoigne de ses préoccupations pour la question environnementale, l’apport de l’humain et ses conséquences.

Jugez vous-même du résultat en allant visionner cette œuvre magistrale intitulée « Dandelion» d’une durée légèrement inférieure à dix minutes en cliquant l’hyperlien ci-devant.

La photographe Tremblantoise Catherine Fauteux prépare actuellement sa récidive cinématographique. Il va sans dire que j’ai bien hâte de découvrir les fruits de cet exigeant, mais combien passionnant travail artistique!

Photo : Radio-Canada.ca

Chasseuse de géants

Chasseuse de géants (v.f. de I kill giants) est un film belgo-britannico-américano-chinois réalisé par Anders Walter et paru en anglais en mars 2018. Vous pouvez le trouver sur Netflix sous sa dénomination originale anglaise et trame sonore en français.

D’une intelligence et d’une sensibilité rares, ce film s’adresse aux adolescents, aux parents et aux éducateurs.

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Il est dénué de tous les défauts que je déteste dans un film dont le sujet se prête à devenir moralisateur. Je ne vous raconterai pas l’histoire. Je vous conseille seulement de tenir bon même si parfois vous pouviez avoir tendance à vouloir le zapper.

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La jeunesse et certains problèmes auxquels elle fait face méritent amplement notre attention. Ce film possède la finesse de suivre le parcours de l’héroïne à deux niveaux qui s’emmêlent sans montrer aucune frontière, aucun saut d’un à l’autre. C’est génialement amené, tout bonnement parce que c’est vibrant de simplicité et de vérité.

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Il a été présenté en primeur au TIFF (Festival international de films de Toronto) le 9 septembre 2017.

Madison Wolfe dans le rôle principal de Barbara et Zoe Saldana (la verte beauté des Gardiens de la galaxie) dans celui de la psychologue Molly offrent des performances brillantes qui se tiennent loin de la caricature, une tendance naturelle pour le sujet et évitée avec grand art.

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Assurez-vous d’être émotionnellement réceptif avant d’entamer son visionnement. Le film ne vous tournera pas les sangs, mais sa beauté vous atteindra si vous la laissez vous toucher.

La fourmi, la guêpe et l’intrication quantique

Hier soir, j’ai été voir le film de superhéros «Ant-man et la Guêpe» produit par Marvel. Si vous n’avez pas encore visionné le film, soyez sans crainte de poursuivre votre lecture, je ne dévoile aucun punch.

Depuis que cette entreprise opère dans le cinéma, elle porte un soin jaloux à ses scénarios en évitant de tomber dans les pièges de la facilité qui amènent inexorablement d’autres maisons du genre à concevoir des tissus d’incohérences et des collections d’âneries. Marvel sait raconter des histoires en emmêlant allègrement à travers leurs multiples films les aventures que vivent leurs différents personnages. L’ensemble de la filmographie crée une grande saga qu’on peut suivre du premier film jusqu’au dernier.

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Bien entendu, Marvel maltraite, triture, torture la science dans tous les sens, mais leurs films se consacrent au divertissement, pas au documentaire. Nous devons donc être en mesure de les regarder pour ce qu’ils prétendent être et éviter de leur en vouloir pour les libéralités prises à l’endroit des formules des lois naturelles.

Dans le cas de l’homme-fourmi, un principe physique simple qui n’est pas respecté est la masse volumique. Pensez à un cube de 10 cm de côtés. Il possède un volume de 1000 cm3 et supposons qu’il pèse 1 kg. Maintenant, doublons ses dimensions. Les côtés mesurent 20 cm, le volume passe alors à 8000 cm3. Quant à son poids, il atteint 8 kg. En doublant des dimensions linéaires, les volumes ainsi que les masses deviennent 8 fois plus importants. Dans cet exemple, pour soutenir un homme dont ses dimensions ont été doublées, des jambes proportionnelles ne supporteraient jamais le poids. Le même raisonnement fonctionne également en sens inverse, ça explique pourquoi les pattes des fourmis semblent si fines à leurs dimensions, mais beaucoup trop minces pour rester efficaces lorsqu’on amplifie la taille de l’insecte.

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Mais ce n’est pas très grave puisque c’est du divertissement et on aime bien voir des créatures, des personnages et des objets se faire réduire ou agrandir tout en conservant leurs propriétés intrinsèques. Mais quelle est la limite au rapetissement? Dans le film «Ant-man et la Guêpe», ils vont jusqu’à la limite théorique, celle des particules élémentaires, celle du vide quantique.

Aujourd’hui, dans nombre de films, on s’approprie certains pans de la physique quantique sans nécessairement la respecter, mais ce ne sont que des divertissements. À mon avis, il est grandement temps d’en parler au quotidien après être restée tapie dans les placards durant tout un siècle. Évidemment, les étrangetés de cette physique se prêtent bien à créer autour d’elles d’autres bizarreries moins véridiques, mais on demeure toujours dans le monde du divertissement.

Il y a quelques jours, j’ai traité du principe cosmologique des ponts Einstein-Rosen qui a été utilisé dans le film de Marvel, «Thor — Ragnarok». Vous pouvez le lire dans mon article intitulé «Pont Einstein-Rosen». Dans la production cinématographique mettant en vedette le couple d’insectes, Marvel exploite cette fois-ci le concept d’intrication quantique pour engendrer une connexion télépathique entre deux cerveaux. Le producteur effleure aussi l’aspect de délocalisation quantique avec le personnage du Fantôme.

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Très récemment, j’abordais exactement le sujet de l’intrication dans un article intitulé «Intrication et télépathie». Pourtant, je n’avais aucune espèce d’idée du scénario du film «Ant-man et la Guêpe» lorsque je l’ai rédigé. C’est à croire que je possède une certaine forme d’intrication quantique télépathique avec Marvel! Qui sait, ça me rapproche peut-être d’un autre degré de Scarlett?

« Solo », ce que je n’en pense pas

Je n’ai pas encore vu le film, cet article ne se veut donc pas une critique. Et je ne ferai surtout pas comme les académiciens des Oscars qui votent sans avoir vu les films.

Les recettes ont été décevantes pour le premier week-end. Les producteurs s’attendaient à empocher 150 millions et le film n’a rapporté que 103 millions. Seulement les 2/3, il y a de quoi faire sourciller les bonzes du cinéma hollywoodien qui ont acquis Lucasfilm pour plus de 4 milliards de dollars verts en 2012.

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Je fais partie du tiers des cinéphiles restés chez eux à siroter une petite bière devant un soleil blafard alors que j’aurais pu m’enfermer à l’intérieur pour voir des soleils étrangers vus de planètes exotiques en compagnie d’une bête poilue de 2 m de hauteur. Je peux donc expliquer pourquoi je ne suis pas accouru pour plonger mon œil dans ce prologue d’une saga qui a ravi plusieurs générations d’individus à travers la planète.

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Le film précédent, « Les derniers jedi », il était nul à ch… J’en avais fait une critique au lendemain de ma représentation que vous pouvez lire en suivant ce lien. À ce moment, j’étais déchiré entre rester neutre comme un vrai adepte devrait l’être ou dire la vérité. J’avais opté pour une sorte de compromis entre ce que j’en pensais réellement et un certain degré de politesse.

Autre problème avec « Solo », les producteurs se sont débarrassés des réalisateurs en plein cœur du tournage. Ce revirement de capot de bord (changement drastique d’idée, en québécois) annonce un bide bien avant la sortie du film et une anticipation de la déception des amateurs.

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Disney qui possède maintenant Lucasfilm devra revoir son entente avec J.J. Abrams qui ne transforme plus en or, à l’instar du roi Midas, tout ce qu’il touche. Ce prodige en a trop avalé d’un coup et il est en train de s’étouffer bien solidement. Le dernier Star Trek « Sans limites » qu’il avait aussi produit en 2016 n’avait pas l’étoffe qu’il aurait dû avoir.

Les principaux problèmes de ses récents films viennent, d’après moi, des scénarios et du montage. Revirements en épingle à cheveux, portions d’histoires raboutées, rythmes inconsistants, des montagnes de clichés, des clins d’œil à d’autres films inutiles. Bref, plein de bonnes raisons pour en faire des histoires qui ne passeront pas à l’histoire.

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Photos : Lucasfilm

Nous devons aller au cinéma

Autrefois on disait que la première chose qu’on perd en temps de guerre, c’est la vérité. Les médias devaient servir l’effort de guerre et les gens comprenaient que la vérité devait attendre que le conflit soit terminé. Les médias devenaient propagande et outil de désinformation pour le clan ennemi le temps que le conflit se termine. Le problème c’est que maintenant, la guerre est permanente puisque les médias appartiennent à des conglomérats qui font de la vie courante une guerre permanente contre la véritable information qui pourrait nuire à l’un des oligarques.

Une façon de connaitre la vérité, c’est d’aller au cinéma. Les œuvres de fiction contiennent aujourd’hui plus de vérité que les médias traditionnels. Il suffit de transposer des noms différents sur les personnages et le tour est joué. La vérité trouve toujours un chemin, mais c’est à nous de trouver le bon. Pas facile puisque la fiction, par essence, c’est de la fiction. Mais justement parce que les films font dans la fiction, ils réussissent encore à outrepasser la censure dans une certaine limite. Mais on doit dégrossir le scénario, le rendre plausible. Bref, il faut savoir interpréter ce que l’on voit. Même chose avec les médias, nous devons lire entre les lignes. Le problème c’est qu’aujourd’hui, même les lignes ont disparu afin de s’assurer qu’aucune information vraie non contrôlée ne fuite vers le peuple.

Tous ces stratagèmes abusifs de l’oligarchie trouveront un jour leur aboutissement. Cela a toujours été le cas par le passé et ça surviendra encore. Quand ? Impossible à savoir, mais il faut être idiot pour ne pas voir que des germes de révolte sont quotidiennement semés et un jour ils porteront ses fruits. Je ne serai plus là et fort probablement vous non plus. C’est pourquoi je vais au cinéma. Ça me tient bien informé et de plus cette activité est plaisante. Alors bon cinéma tout le monde !

L’utilité véritable d’un trou noir

On se souvient tous de cette trilogie cinématographique particulièrement ingénieuse des frères Wachowski où un héros nommé Thomas Anderson (Neo) est éjecté de la Matrice lorsqu’il décide d’avaler la pilule rouge plutôt que la bleue. La scène montrant les millions sinon les milliards de cellules contenant chacune un être humain utilisé pour calculer les données de la Matrice, cette séquence est particulièrement dérangeante. À partir de ce moment charnière dans le film, on commence réellement à tracer des parallèles entre la vie des personnages à l’écran et notre propre vie pour finalement se poser la même question que Neo. Vivons-nous dans une sorte de Matrice où tout ce qui existe n’existe pas réellement ?

Les mathématiques décrivent si bien la Nature qu’elle pourrait très bien avoir été créée par un supercalculateur à partir d’une série d’équations accessibles selon le type d’objet. Les spirales sur les fleurs de tournesol et sur la peau des ananas, les taches sur celle d’un léopard, les zébrures des zèbres, les mouvements des galaxies, l’écoulement des fluides, la radioactivité, tous ces phénomènes naturels peuvent se réduire à des fonctions mathématiques plus ou moins complexes.

Certaines expériences comme la décorporation ou les expériences de mort imminente semblent nous amener ailleurs, hors de la Matrice dans laquelle nous vivrions. Comment peut-on expliquer que notre esprit voit des choses, des gens, des détails que nos yeux ne voient pas et n’ont jamais vus ?

Il existe des humains capables de voir à des distances phénoménales en se projetant hors de leur corps. Ils dessinent ce qu’ils ont vu. On compare ensuite leurs dessins à la réalité et dans certains cas, la ressemblance est troublante.

Et que dire de ces médiums qui voient ou qui ressentent les esprits ? On peut y croire ou non, mais les esprits, les fantômes, seraient probablement des gens séparés de leur matrice. Ce monde au-delà du nôtre pourrait bien être celui où l’on est vraiment né, celui auquel nous appartenons et celui dans lequel nous retournons après notre périple dans l’Univers que nous connaissons maintenant.

Ce qui me dérange, ce sont les coïncidences, les similitudes dans les témoignages dans les faits rapportés. Les hasards existent, mais quand ils s’accumulent, ça devient un complot. Ou autrement dit, c’est un système organisé, un processus en action, un programme informatique. Les mathématiques sont à la base de tout ce que l’on connait. Aujourd’hui, on reproduit presque tous les phénomènes naturels à partir du moment où l’on a trouvé des séries de formules adéquates et que l’on possède suffisamment de puissance de calcul pour les exécuter. On n’a qu’à regarder tous ces films d’action où l’on distingue de moins en moins les trucages.

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Plusieurs scientifiques moins coincés que d’autres croient en cette possibilité. Évidemment, ils n’affirment rien sans exiger des preuves, mais ils acceptent le concept, l’hypothèse que nous vivons dans un monde fabriqué. Notre ego terrestre ne serait qu’une partie de notre entité globale. Notre mort serait la déconnexion du cordon ombilical de la matrice, la pilule rouge, la pilule de cyanure. Bon, je ne tenterai pas l’expérience pour vous le prouver puisque je ne peux pas me reconnecter à notre matrice après ma mort afin d’en témoigner. Cette impossibilité du retour semble correspondre à une des règles fortes du monde de l’au-delà, une règle forte, mais peut-être pas impossible à contourner. Mais retournons maintenant à la trilogie de la Matrice pour aborder un dernier point important.

Neo vit deux existences séparées. Tout d’abord, sa vraie vie à bord du vaisseau Nabuchodonosor où il ne possède aucune qualité surnaturelle. Ensuite, il vit sa vie virtuelle lorsqu’il est connecté à la matrice où ses compétences s’accroissent et se développent au fil du temps. Tout commence par des séances de kung-fu, mais ce n’est que l’apéritif. On le voit ensuite devenir plus vite que l’éclair, stopper des lames d’acier, ensuite ce sont les balles de fusil qu’il plie à sa volonté. Il parvient à récupérer de blessures fatales, il sauve des vies virtuelles et il peut même littéralement voler au secours de ses amis.

Bon, sachant que cette vie est un fake, une simulation, on le comprend et on l’accepte. L’esprit de Neo s’adapte de plus en plus à la matrice, il l’oblige à calculer en utilisant des équations existantes, mais très peu employées. L’agent Smith en fait tout autant et ce qui est possible pour l’un est également possible pour l’autre. Ce ne sont, après tout, que des équations programmées à l’intérieur d’un ordinateur. La particularité des deux ennemis est de connaitre la façon d’accéder à ces programmes bien dissimulés dans la Matrice.

Il existe toutefois une scène dans le troisième film qu’il faut se rappeler. C’est celle où Neo et ses amis quittent leur vaisseau avant qu’il n’explose sous les bombes des pieuvres mécaniques. Mais ces monstres métalliques continuent de les poursuivre. Puis Neo ressent quelque chose qu’il comprend bien mieux maintenant. C’est la façon d’accéder à des programmes dissimulés. Mais il n’est plus raccordé à la Matrice, cette scène se passe dans la réalité. Pourtant, il parvient à stopper les pieuvres de la même façon qu’il stoppe les balles dans sa vie virtuelle.

Ma conclusion est donc une question. Neo vient-il d’accéder à une autre Matrice, plus puissante, plus grande, qui englobe la Matrice qu’il est en train de combattre ? Une matrice gigogne, une poupée russe qui ferait que sa vie réelle est en tout point comparable à sa vie virtuelle, mais à un niveau supérieur.

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Pour prouver que notre vie est une simulation, les scientifiques nous proposent un moyen. Il faut repérer des anomalies systémiques, des ratées du système, des bogues informatiques. Dans notre vie de tous les jours, il est fort probable que nous soyons incapables de les remarquer. Mais les anomalies au niveau subatomique ou, à l’inverse, au niveau cosmologique pourraient être observées plus facilement.

Par exemple, on se pose bien des questions sur les trous noirs, car ils sont ce qu’on appelle une singularité. C’est une anomalie dans les équations mathématiques qui les créent. Ces dernières engendrent des infinis dans les calculs et ces infinis pourraient bien correspondre à un bogue du système informatique.

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Selon moi, un trou noir, c’est comme la touche d’échappement (escape) sur notre clavier. Un moyen de sortir du programme informatique dans lequel nous sommes tous plongés.

Jean-Marc Vallée et les Golden Globes

Un autre talent hors du commun du cinéma québécois.

Le réalisateur Jean-Marc Vallée a réussi à faire décrocher quatre prix au Golden Globe pour sa réalisation de la série Big Little Lies dont celui de la meilleure série télévisée.

Au Québec, notre langue nous oblige à faire notre propre cinéma et nos séries télévisées qu’on nomme ici « téléromans ». Cependant, la très faible audience ne permet aucun gros budget de production. En conséquence, il faut faire mieux avec rien. Jean-Marc Vallée est de cette école, ce qui permet de se démarquer à Hollywood en réussissant à boucler le budget des productions. L’autre aspect intéressant des réalisateurs québécois est leur talent de monteur. Nos réalisateurs sont tous des monteurs et ainsi, presque chaque réalisation est un director’s cut. Sachant combien important est le montage pour générer le rythme de l’œuvre, le résultat final se trouve empreint de leur talent en la matière et le résultat final devient homogène.

Félicitations à tous les gagnants de cette série télévisée, Nicole Kidman, Laura Dern et Alexander Skasgard, respectivement lauréats de la meilleure actrice, de la meilleure actrice de soutien et du meilleur acteur de soutien.

Et si vous n’avez pas vu le film « Dallas Buyers Club » mettant en vedette Matthew McConaughey, Jared Leto et Jennifer Garner, ne ratez surtout pas ce plaisir. Les acteurs et actrices sont plus qu’étonnants, ils sont méconnaissables dans ce drame qui colle de manière permanente à nos neurones.

Photo: Radio-Canada.ca

Ce que je pense du dernier Star Wars

La première hier soir s’est déroulée dans une salle passablement bondée et une salve d’applaudissements a accueilli le début de la projection.

Produit par le petit génie J.J. Abrams, je m’attendais à une exécution sans fautes. Mes attentes étaient peut-être trop élevées. Ce film ne m’a pas convaincu que ce huitième épisode valait vraiment la peine d’être porté à l’écran.

C’est vrai, je suis passablement critique en ce qui concerne les scénarios. Déformation professionnelle ? Je dirais plutôt que je n’aime pas me faire charrier.

L’histoire manque sincèrement de nouveautés, mais ma critique ne s’arrête pas là. Voici quelques exemples des stupidités répertoriées.

Une huitaine de bombardiers de la Résistance arrivent face à un cuirassé ennemi. Plutôt que de déclencher leurs bombes, ils attendent patiemment de se faire détruire les uns après les autres. Non, mais, s’ils n’avaient pas l’intention d’attaquer, ils avaient juste à rester à la maison. Et cette scène se passe au tout début du film. Ça commençait plutôt mal.

En fait, tout le long du film, la Résistance se fait canarder souvent bien inutilement. Si j’avais été général de cette armée de corniauds, je me serais suicidé, ce que ne manque pas de faire la générale, mais seulement après avoir regardé, inutile, ses troupes se faire décimer presque jusqu’au dernier. Et soudain, éclair de génie, elle décide de lancer son vaisseau sur le destroyer ennemi. Aucun coup de canon, rien. Et paf, elle se réveille tout d’un coup en se disant qu’elle pourrait peut-être faire quelque chose pour les siens en jouant au kamikaze.

Bon, l’objectif était justement de décimer la Résistance quasiment jusqu’au dernier combattant, mais c’est fait avec tellement d’invraisemblances et de stupidité qu’on ne croit pas un seul instant qu’ils valaient la peine de survivre.

Et la scène finale qui s’annonçait épique avec le duel de Luke et de son neveu Ben s’est plutôt déroulée comme un pétard mouillé. Dix mille canons déversent tout leur contenu sur Luke qui s’en tire sans une égratignure et Ben qui ne comprend pas que ce n’est qu’une projection.

Et que dire des parents de l’héroïne Rey qui, après tant de secrets les entourant, finissent par lui être révélés. Des ferrailleurs qui l’ont vendue pour boire. Mais pourquoi Rey est en possession des pouvoirs de la Force ? Rien de rien. Niet. On ne le saura pas.

Les trois trilogies ne sont finalement que trois répétitions d’une même série dont les deux dernières trilogies auraient dû rester dans les cartons.

Et je révise mon appréciation de J.J. Abrams à la baisse. Très à la baisse.

Les Petits-Gris — 1 — Origines

Je réfléchis beaucoup à l’éventualité que des extraterrestres puissent venir nous visiter. D’après moi, il est inconcevable que nous soyons seuls dans notre Galaxie. Nous sommes à un cheveu de découvrir des exoplanètes abritant des êtres intelligents. Alors, pour une civilisation intelligente beaucoup plus vieille que la nôtre, ce doit être devenu un jeu d’enfant d’en trouver et ainsi, de nous trouver. Si par hasard, ils visitent notre coin de la Galaxie, on les a peut-être déjà aperçus. À ce sujet, une apparence revient constamment dans les récits de ceux prétendant en avoir déjà rencontré, ce sont les Petits-Gris, des êtres de la grandeur d’un enfant de six ou sept ans, de couleur grise, aux longs membres fins, une grosse tête chauve avec de gros yeux obliques noirs, une petite bouche, une absence apparente de nez, des pavillons d’oreille inexistants et enfin, quatre longs doigts par main.

Les sceptiques, quant à eux, disent que la population s’imagine les extraterrestres tels qu’ils ont été décrits dans des films populaires, et plus particulièrement dans la fameuse «Rencontre du troisième type». Ils ne feraient que reprendre à leur compte ce même concept encore et encore. Mais la présentation que Spielberg en a faite dans son long métrage existait bien avant ce film.

En 1901, H.G. Wells aurait été le premier écrivain à décrire des sélènes — des habitants de la Lune — de petits êtres gris, avec un large front, de gros yeux protubérants et sans nez. La question, évidemment, est à savoir si cet auteur de science-fiction a tout inventé, s’est servi de descriptions préexistantes puisque les extraterrestres sont censés venir nous visiter depuis des millénaires, ou aurait lui-même été témoin de leur apparence lors d’une rencontre du troisième type.

Il fut question de petites entités maigrichonnes lors de l’écrasement d’un véhicule aérien à Roswell en 1947. Toutefois, cette histoire fut profondément enterrée par les autorités militaires états-uniennes et ne redevint populaire que durant les années 1970. Entre-temps, en 1965, les journaux décrivent la mésaventure d’un couple ayant apparemment été enlevé par des extraterrestres. Lors d’une séance d’hypnose régressive, Betty et Barney Hill décrivent leurs ravisseurs à l’image des Petits-Gris. Entre les histoires de Roswell et des Hill, les films d’extraterrestres sont très populaires durant les années 1950. Toutefois, le maccartisme régnant à cette époque préfère les entités envahissantes et agressives plutôt que de chétives créatures désarmées et plutôt inoffensives. Dans l’inconscient collectif, les extraterrestres représentent les vilains communistes envahissant l’Occident.

Au moment de réaliser l’énorme succès cinématographique «Rencontre du troisième type», Spielberg retient les services d’un consultant scientifique spécialiste de la question, un certain J. Allen Hynek. Celui-ci a travaillé pour l’US Air Force afin d’étudier les phénomènes aériens non identifiés qui devenaient de plus en plus fréquents et dérangeants pour ceux qui étaient censés contrôler l’espace aérien des USA. Au début, ultra sceptique sur le sujet, il devient beaucoup plus nuancé après avoir entendu une multitude de témoignages de gens fiables, des pilotes d’aéronefs civils ou militaires, des policiers, des scientifiques, des contrôleurs radar et toute une brochette de personnes lambda, sans antécédents excentriques ou psychiatriques. Ce que Hynek ignorait, c’est qu’il avait été embauché par l’armée pour démolir à l’aide d’arguments scientifiques les témoignages de ceux venus raconter leur expérience entourant certains phénomènes aériens non identifiés, pas pour y croire, et encore moins pour en apporter des preuves concrètes.

Les doutes qu’entretenait ce cartésien étaient qu’il ne voyait pas quel intérêt les Petits-Gris peuvent avoir à traverser des distances incommensurables pour venir nous effrayer. Le second argument concerne la possibilité technologique qu’ils puissent réaliser ces voyages cosmiques au long cours. Pour un scientifique de renom, ses deux indices militant contre leur existence réelle ressemblent plutôt à des échappatoires. Les humains parcourent la terre entière, les profondeurs océanes, les jungles les plus inhospitalières, les déserts les plus arides pour en apprendre davantage sur des espèces animales rares ou inconnues et, conséquemment, effrayer parfois leurs sujets d’étude, alors que Hynek émet des doutes sur les motivations des Petits-Gris à venir ici nous effrayer sans parler de la pertinence de nous étudier. Cette apparente dérobade prouve plutôt qu’il croyait l’inverse. Son deuxième argument nage dans les mêmes eaux. On ne peut connaitre ni comprendre la technologie utilisée par les extraterrestres pour voyager dans l’espace si on ne la connait ni la comprend. Plus simplement formulé, il disait donc penser que l’incompris n’existe pas. Avec ce type de propos inscrits dans ses thèses universitaires, il aurait été recalé, ça ne pouvait pas lui échapper. C’était sans aucun doute sa façon de nous dire qu’il croyait aux extraterrestres tout en sauvegardant sa réputation puisque toute sa vie, il a milité pour une étude scientifique des ovnis et des extraterrestres, sans a priori. L’échelle utilisée pour classer les rencontres possibles avec eux — premier, deuxième, troisième type — est justement de son cru. Étrange pour quelqu’un qui dit ne pas vraiment croire en leur présence.

Ce sont donc plusieurs témoins qui seraient à l’origine de la description des Petits-Gris et qui auraient inspiré Spielberg par l’entremise de Hynek. Évidemment, ce succès de 1977 eût tôt fait de disséminer leur apparence sur l’ensemble de la planète. Aujourd’hui, il n’est plus possible de différencier le mythe de la réalité sans apporter de solides évidences, ce qui, malheureusement, semble terriblement manquer à tous les témoins. D’ailleurs, les trucages de photos et de vidéos sont tellement fréquents et faciles à produire maintenant que la solidité des preuves s’en voit irrémédiablement compromise.

Un élément troublant concerne la raison pour laquelle ce type d’extraterrestre en particulier est devenu si populaire contrairement aux autres descriptions restées plus marginales. Le cinéma a inventé des centaines de formes et d’apparences diverses. Pourtant, les Petits-Gris semblent demeurer la plus crédible de toutes. Ce constat servira de point de départ du deuxième article leur étant consacré et qui traitera plus particulièrement de leur nature et leur apparence.

– Photo extraite du film «Paul»

Essai sur les voyages temporels, visiter le passé

Je passe en revue les suggestions que m’envoie Netflix et qui sont censées correspondre à mon profil. Beaucoup de science-fiction, je ne peux nier mes goûts. Parmi les titres, je suis surpris du nombre de séries et de films utilisant le thème du voyage dans le temps et plus spécifiquement vers le passé.

— Ouais, tout le monde sait que pour changer le futur il suffit de manipuler le présent, on n’a pas besoin de voyage temporel pour ça.

— Mathis, tais-toi et laisse parler l’auteur!

— Mais je suis l’auteur!

— C’est bien trop vrai, on n’est pas sorti de l’auberge! Bon, je poursuis. Je disais donc? Ah oui, les voyages temporels.

Sommes-nous si nostalgiques du passé pour sentir autant le besoin d’y retourner? Somme-nous si déçus du présent qu’on voudrait tout recommencer en faisant ce que les anglophones appellent du «second guessing» traduisible par «une deuxième chance…

—… de tout rater.»

— Mathis, si tu ne te la fermes pas, je te prive d’écriture!

— Bon, bon, ça va, n’en fais pas tout un plat! Je voulais juste t’aider.

Cette dernière interruption est l’expression évidente de son esprit tordu, n’y faites pas attention. Moi aussi, je tente régulièrement de l’ignorer. Alors, je disais. Oui. Voici donc une liste non exhaustive des films et séries télé utilisant comme ingrédient principal les voyages temporaux tirés des titres sur Netflix ou sur AppleTV.

Continuum, Frequency, Looper, Timeless, Les voyageurs du temps, Star Trek premier contact, Star Trek vers les ténèbres, Men in Black 3, Outlander, ARQ, Retour vers le Futur, Terminator, Twelve Monkeys, Code source, The Man from the Future, La machine à explorer le temps, Interstellar, et la liste s’allonge à chaque année.

Je suis surpris, car les voyages vers le passé présentent un défaut majeur impossible à corriger. Ils violent le principe de causalité. Oui, vous connaissez, c’est la clause grand-père. Vous retournez dans le passé tuer votre grand-père avant qu’il n’engendre votre père. Vous ne pouvez donc pas naitre et ne pourriez donc pas revenir tuer votre grand-père. Ce paradoxe est insoluble, car il y a violation du principe de causalité qui stipule que la cause précède toujours l’effet alors que dans mon exemple, il y a interversion de la cause et de l’effet lorsque le petit-fils revient dans le passé tuer son propre aïeul.

Einstein a établi la limite à partir de laquelle, on a violation du principe de causalité. C’est la vitesse de la lumière dans le vide, représentée dans les équations par un c minuscule, oui comme dans E = mc2. Tout objet qui voyagerait plus vite que cette vitesse limite violerait le principe de causalité et créerait des paradoxes du genre de celui que je décris plus avant. Un autre effet paradoxal aussi alarmant est la duplication du personnage qui retourne dans le passé. Un jeune homme rencontre une copie plus vieille de lui-même lui rendant une visite de courtoisie. Spock rencontrant Spock. Une alternative a été présentée dans certains films où le personnage plus âgé habite son propre corps plus jeune afin de contrecarrer la duplication.

Pourtant, Hollywood et ses semblables ne sentent aucun malaise à jouer du paradoxe à la pelletée. Malheureusement, étant du genre particulièrement sensible aux idioties dans les scénarios, les bafouages répétitifs de la causalité me rendent cynique.

— Ce ne sont que des films, ce ne sont pas de vraies histoires survenues à ta tante ou qui pourraient lui arriver! Bon sang que tu es pointilleux!

— Je sais, Mathis, ce n’est que du divertissement. Je ne suis quand même pas fêlé au point de vouloir y croire sérieusement, mais je ne me divertis pas du tout quand je me gratte jusqu’au bon sang.

Alors, la vitesse limite c, est-elle vraiment infranchissable, afin de préserver le principe de causalité et d’éviter ainsi de générer des paradoxes insolubles? Beaucoup de scientifiques le pensent.

L’autre solution possible serait que lorsque nous voyagerions plus vite que la lumière, nous serions incapables de revenir sur nos propres pas. Nous changerions d’Univers. Ainsi notre propre passé resterait inatteignable. Il pourrait exister une panoplie d’Univers parallèles qui se chevauchent sans interagir, sauf lorsque la vitesse est supérieure à celle de la lumière dans le vide. Le dépassement de cette vitesse limite nous ferait alors sauter d’un à l’autre. Cet effet préviendrait les paradoxes. La Nature nous ferait payer ce prix pour éviter de la prendre en flagrant délit d’aberration.

Tentons toutefois d’analyser la possibilité que nous puissions réaliser ces voyages régressifs dans un hypothétique avenir. Tentons une preuve par l’absurde. Affirmons donc que dans notre futur, il est devenu possible de visiter le passé qui s’adonne à correspondre, pour nous, au temps actuel. On imagine très bien un individu de notre futur maitrisant cette technologie revenir à notre époque pour miser sur les numéros gagnants de la loterie. L’humain étant ce qu’il est, il ne se contenterait pas de gagner une seule fois, mais il gagnerait certainement plusieurs fois. Les chances sont très fortes qu’on repère une anomalie statistique grave. Qui plus est, une technologie fonctionnelle se limite rarement à être utilisée par un seul individu. Il y aurait donc une foule de voyageurs temporels qui viendraient régulièrement faire le plein d’argent, tuer le futur amant de leur femme, sauver leur amoureux d’une mort certaine et faire toutes sortes de trucs dingues incompréhensibles pour nous, mais parfaitement logiques pour ces voyageurs. Les gestes aberrants pulluleraient. À ma connaissance, ce scénario dantesque n’a pas encore été entrevu. C’est donc que dans notre futur les gens n’utilisent pas les régressions temporelles. Et si notre futur en est exempt, cette technologie n’existera tout simplement pas. Ni dans un futur immédiat ni dans un futur lointain. Supposer que des voyages temporaux dans le passé existeront engendre un effet imprévu relativement peu connu. Nous pouvons dès maintenant affirmer avec un bon niveau de certitude, à partir d’observations du présent, si cet avenir sera réel ou non. Et tout porte à croire que nous pouvons dormir sur nos deux oreilles. Notre descendance ne viendra pas nous zigouiller simplement pour le plaisir de générer un paradoxe temporel.

Certains scientifiques sont prêts à prétendre qu’ils pourraient exister. Par contre, ils croient que ces voyageurs seraient incapables d’interagir avec le passé. Ils seraient comme des fantômes, incapables de déplacer un objet, encore moins de tuer leur aïeul. Par contre, ils pourraient prouver que Trump s’est servi des Russes pour gagner ses élections. Ce serait un formidable outil d’investigation.

Un autre argument militant contre les voyages temporels est la loi de conservation de l’énergie. On sait qu’on ne peut pas en créer ni en détruire, seulement en transformer. Un voyage dans le passé violerait également la loi de conservation de l’énergie. En remontant le temps, de l’énergie se crée en amont (dans le passé) et disparait en aval (dans le futur). Un voyage temporel déplace de l’énergie. Donc, à un moment précis, une certaine quantité d’énergie disparaitrait pour apparaitre dans un autre espace-temps. L’énergie n’est donc plus égale en tout temps. La question reste à savoir si l’univers pourrait maintenir le bon compte par un procédé quelconque. À ce que je sache, les atomes ne sont pas identifiés. En matérialisant dans le passé une certaine quantité d’énergie supplémentaire, l’univers pourrait détruire une masse équivalente d’atomes. Mais lesquels? Le choix se ferait de quelle façon?

On peut, bien entendu, bafouer toutes les règles de physique lorsqu’il est question d’un film ou d’une série télévisée. Mais dans la vraie vie, l’Univers possède certainement des lois incontournables. La conservation de l’énergie et le principe de causalité en sont peut-être deux qui résisteront toujours à notre désir et à notre volonté de les tordre à notre avantage.

Alors, profitez bien des films et des séries télé sur ce sujet s’ils ne vous causent aucun désagrément, car on n’est pas prêt d’en expérimenter ses effets de sitôt. Je vous déconseille toutefois de regarder le premier Superman qui, pour voyager dans le passé afin de sauver sa copine, a eu la fabuleuse idée de faire tourner la Terre en sens contraire ! Quand je parlais d’idioties, celle-là remporte la palme. 

Dans le prochain article, je m’attaque à un autre monstre sacré du cinéma: les extraterrestres. Mais pas n’importe lesquels. Ne le ratez pas et surtout, prévoyez une lecture d’une dizaine de minutes.

Blade Runner 2049

Octobre verra l’arrivée de la suite tant attendue du film culte Blade Runner. Il faut être méchamment culotté pour reprendre les rênes des mains de Ridley Scott qui, cependant, agit à titre de producteur pour cette cuvée 2049. Le nouveau réalisateur pour l’occasion est le québécois Denis Villeneuve.

Ici, nous connaissons bien son talent pour l’avoir suivi dans diverses réalisations aux sujets très sensibles, comme la tuerie à la « Polytechnique » de Montréal, il y a eu ensuite « Incendies », « Prisoners », puis « Sicario » et dernièrement, le superbe « Arrival ». Denis Villeneuve a certainement plu à Monsieur Scott pour qu’il lui cède le siège du conducteur pour cette mégaproduction. À mon avis, ils partagent ce même doigté dans l’adaptation d’une œuvre, ce même souci du détail et surtout, cette sensibilité extrême leur permettant tous deux de véhiculer des émotions soutenues par les images et au-delà de celles-ci.

Toutefois, ce nouveau défi constitue un piège dont plusieurs réalisateurs avant lui ont déjà fait les frais pour avoir osé s’attaquer à un monstre sacré. Et dans ce métier-là, bien des gens sont prêts à dire que « le premier volet était bien meilleur », même s’ils ne le pensent pas vraiment. C’est l’apanage des films cultes. Denis Villeneuve est également respecté des producteurs pour sa capacité à réaliser des films rentables. Petits ou gros budgets, ils engrangent plus d’argent qu’ils n’ont eu à en débourser.

Il faut également souligner trois autres points très importants qui le concernent et qui font de lui un réalisateur plus compétent que la moyenne. Tout d’abord, jamais il ne met en doute l’intelligence des cinéphiles. Ensuite, il s’implique à fond dans le montage de ses films. Et enfin, ce n’est pas la moindre de ses qualités, il sait diriger les acteurs avec respect, sensibilité, tout en étant capable de bien les orienter sur ce qu’il veut obtenir d’eux. Espérons que Harrison Ford, Ryan Gossling et les autres grosses pointures du film auront été de cet avis.

Plusieurs films de Villeneuve ont reçu des nominations, mais les grands honneurs lui ont souvent échappé. C’est souvent le destin des réalisateurs d’exception jusqu’à ce que des gens comme Ridley Scott leur fassent confiance. Car, comme dans tous les milieux, bien des gens préfèrent aligner leurs avis sur celles des grosses pointures plutôt que de se faire leur propre opinion.

Cependant, les acteurs reconnaissent son talent et souvent ils accourent pour être dirigés par quelqu’un de sa trempe. Blade Runner sera peut-être pour Denis Villeneuve ce qu’il a été pour Ridley Scott. Je lui souhaite. Il est capable de devenir lui aussi une icône grâce à son talent de réalisateur hors du commun.