Lettre aux gens de l’Ancien peuple

Cette lettre se base sur une série d’hypothèses dont je ne discuterai pas de leur degré de plausibilité, ni même si je crois à chacune d’elles.

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La première assertion consiste à considérer que la Terre a été autrefois peuplée par au moins une civilisation supérieure, sans détailler le type d’avancement ou de technologies en leur possession.

La seconde assertion pose que certains représentants de ce peuple ont survécu et sont bien présents dans notre monde actuel.

La troisième assertion considère que ces individus veillent en quelque sorte sur nous, sur notre destinée, et ne sont pas empreints d’intentions malveillantes à l’égard de l’humain en général.

La quatrième assertion va de soi, ils ont évidemment les moyens de lire ma lettre et de la comprendre, sinon à quoi bon leur écrire!

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Gens d’un monde ancien et oublié, vous avez érigé des constructions mégalithiques exceptionnelles conçues de telle sorte qu’elles puissent traverser intactes les affres du temps, les séismes, les glissements de terrain, les érosions.

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Votre savoir-faire toujours inégalé nous oblige à nous questionner sur bien des points, dont, en particulier sur votre véritable existence, vos origines précises, l’époque à laquelle vous avez vécu, votre histoire, les techniques utilisées pour réaliser vos œuvres et sur l’étendue de vos connaissances.

Vos mégalithes ne constituent pas votre testament, sinon vous vous seriez montrés bien plus prolixes. Vous avez semé des cailloux en omettant sciemment de nous révéler tous les détails les concernant. Ce mode opératoire intentionnel, il ne pourrait en être autrement, car vous possédiez les moyens de pousser au-delà vos divulgations, visait probablement plusieurs buts précis qui peuvent encore nous échapper, du moins en partie.

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Le premier but est très certainement de nous transmettre un message provenant du fond des ères antédiluviennes. Cependant, pour le comprendre, nous devions avoir atteint un certain degré d’avancement. Ce critère essentiel pour le décryptage de votre message à notre intention n’a toujours pas été respecté, si je me fie à nos archéologues qui éludent tous les mystères entourant vos constructions.

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Incapables de faire disparaitre vos mégaconstructions, ils les appauvrissent, les dénigrent, allant même jusqu’à ridiculiser vos prétendues compétences. Chers amis, vous passez pour des ploucs, car c’est le seul moyen que nos experts couronnés possèdent pour détourner l’importance de votre message et de votre vécu ici-bas.

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Nous, le peuple de la Terre, sommes plus que prêts à recevoir vos déclarations venues d’un autre temps, d’un autre monde, mais certains corniauds parmi nos diplômés ont brisé plusieurs dents d’engrenages et les roues sont grippées. Attendre qu’elles se réparent toutes seules ne sert absolument à rien. Au contraire, il se trouve toujours un autre disciple du secret tabou désireux de rajouter sa contribution afin d’enfouir les explications encore plus profondément en édentant une autre roue.

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Depuis trop longtemps, nous tournons en rond et nous requérons un sérieux coup de barre pour nous sortir du maelström dans lequel nos experts nous ont projetés. Vous seuls possédez ce pouvoir de briser le silence entourant votre existence et de réaligner votre objectif fondamental dans une direction atteignable.

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Oubliez votre consigne primordiale consistant à ne pas intervenir. La stupidité d’une toute petite partie d’entre nous a suffisamment duré. Rallumez votre conscience, votre jugement propre et votre libre arbitrage. Classez ce groupe d’illuminés dans la colonne des indésirables dangereux et passez outre pour le bien de notre civilisation tout entière qui vaut bien mieux qu’eux.

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Je ne sollicite pas un coup de pouce de votre part, j’exige réparation pour avoir été abusé par une élite ayant failli depuis trop longtemps à ses obligations et qui a renié son serment de travailler pour la découverte de la vérité.

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D’autre part, il est totalement faux que vous n’intervenez jamais. En ce moment même, certains parmi vous sont immiscés à des postes-clés et tirent d’importantes ficelles. Pour notre bien, dites-vous? Considérez la même raison pour justifier ma demande d’entamer une procédure d’urgence afin de remettre notre machine en marche, d’accéder à votre message, aux suites qu’il comporte et aux avancées qu’elles nous permettront d’atteindre.

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J’attends votre décision et votre réponse dans les meilleurs délais, donc avant 23 h à l’heure de Montréal. (Cherchez-la sur la carte)

Mathis A. LeCorbot

– Représentant unique, quelconque et non élu de la Ligue extra mondiale des antisceptiques.
– Bénévole au Conseil d’admission des nouveaux membres.
– Président par intérim du Comité sur les mystères laissés par les Peuples anciens.
– Délégué honoraire (quant à mes honoraires
!) sur la Commission chargée de livrer à la Justice les abuseurs des chaires de recherche détournant la vérité à leurs seuls avantages.
– Volontaire désigné pour établir les contacts et chargé des communications avec les Anciens.
– Lauréat du concours Lebon ayant couronné le futur Porteur des médailles honorifiques.
– Annonceur officiel des mauvaises nouvelles.
– Déclencheur émérite des tempêtes dans un verre d’eau.
– Exubérant en service durant les quarts de jour et de soir.

Y comme dans… y

La deuxième lettre qui fait l’objet d’un mot à découvrir est le «y». C’est quand même une drôle de lettre, ce i grec. Vingt-cinquième lettre de l’alphabet, c’est tout autant une voyelle qu’une semi-consonne (ou une semi-voyelle selon les ouvrages), une lettre qui s’écrit en deux mots «i» et «  grec», parfois avec un trait d’union (i-grec), parfois sans (i grec). Sa graphie a été empruntée à la lettre grecque upsilon majuscule (Υ), de là il tient son nom. 

En police de caractères latine avec ou sans empattements, les y minuscules, majuscules, italiques et calligraphiques peuvent ressembler à ceux-ci.

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Dans le mot «cycle», y est une voyelle et il se prononce comme un [i], tandis que dans le mot «yocto», c’est une semi-consonne et il se prononce phonétiquement [j] comme dans paille [paj].

Y est une lettre, mais aussi un mot à part entière. Ainsi, le mot qui commence par « y » qu’on découvrira aujourd’hui, est le mot « y ».

Parfois, le mot « y » est un adverbe, parfois un pronom. Dans l’exemple «vas-y», y est un pronom adverbial désignant un lieu.

Y est un pronom personnel dans des exemples comme «vous n’y pensez pas» et «j’y renonce».

Cette lettre est aussi un pronom ou un adverbe dans les gallicismes comme «y en a marre» et «on ne s’y retrouve plus».

Il remplace parfois directement le pronom personnel «il». «C’est-y pas de valeur!» «Voulez-vous t’y que je le fasse ou pas?» Ce langage plutôt désuet est souvent populaire chez des populations éloignées qui ont gardé un parler ancestral.

Pour une seule lettre, on peut dire qu’elle y trouve beaucoup à faire. Et pour être plus compliqué que ça, y faut se lever tôt et user de beaucoup d’imagination!

«Y» est utilisé pour le symbole de l’élément chimique Yttrium de numéro atomique 39 casé dans la troisième colonne du tableau périodique de Mendeleev.

On utilise la lettre y minuscule comme préfixe dans le système international d’unités pour signifier un quatrillionième, soit un diviseur à 24 chiffres après la virgule.

C’est 0,000000000000000000000001 ou 10-24. On utilise le mot yocto pour désigner ce diviseur.

Quant au Y majuscule dans le système métrique, il se nomme Yotta et fait l’inverse, il multiplie par 1024 ou autrement dit, par un quatrillion. (1000000000000000000000000).

Mon dictionnaire recense seulement 129 articles sous la lettre Y, seulement battue par la lettre X avec 116 articles.

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Le montage photos précédent présente quelques mots commençant par Y et ce sont tous des mots empruntés d’autres langues. Un youyou, un yawl, une yourte et du yaourt (yogourt) provenant de mots chinois, anglais, russe et bulgare.

Enfin, tout le monde connait la plus grande utilisation qu’on fait d’un Y. On en fait des lance-pierres, évidemment.

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Édition et désinvolture

Dans le milieu de l’édition de livres, l’innovation est devenue nécessaire et pas simplement par rapport au contenu. Cette pression qu’ont les éditeurs s’exprime de différentes façons. Certains d’entre eux essayent d’appliquer indistinctement la recette gagnante d’autrefois, alors qu’à l’autre bout du spectre, d’autres cherchent par tous les moyens à couper les frais au maximum.

L’affluence importante et même grandissante aux kiosques des salons du livre semble démentir ce besoin d’innover, c’est le grand paradoxe du moment, car il est inutile de le cacher, l’édition du livre vit une crise technologique et générationnelle.

C’est toujours étonnant d’entendre parler des écrivains qui ont vainement tenté de trouver un éditeur pendant plusieurs années et qu’ils ont obtenu un franc succès et même remporté plusieurs prix littéraires en utilisant des méthodes d’édition non conventionnelles. Les professionnels du domaine de l’édition sont-ils totalement dépassés qu’ils ne comprennent plus comment faire leur boulot qui est, entre autres choses, de bien connaitre le lectorat afin de découvrir des œuvres inédites et inusitées qui s’avèreront intéresser ce public ?

L’an dernier, lorsque j’ai transmis mon manuscrit à plusieurs maisons d’édition, seriez-vous étonnés de savoir qu’une faible minorité parmi eux a eu la politesse ainsi que le professionnalisme d’envoyer une lettre ou un courriel de refus, et encore moins un accusé de réception. Le travail d’édition commence d’abord et avant tout par la récolte de textes auprès des auteurs. Leur démontrer un minimum de respect en les avisant du verdict du comité de lecture est, selon moi, une expectation tout à fait raisonnable.

N’est-ce pas là bâcler le travail d’édition dès le début du processus ? Je n’ignore pas que nous vivons dans une ère où les considérations pour autrui partent à vau-l’eau, tant personnellement que professionnellement. Le travail de l’éditeur, un métier séculaire, semble lui aussi malheureusement faire partie de la catégorie peu enviable des métiers renégats. Pourtant, à ce que je sache, écrire un modèle de lettre de refus est à la portée de tout éditeur, à moins que certains se considèrent comme analphabètes ! Ce modèle est ensuite utilisé autant de fois que nécessaire pour signifier aux auteurs le verdict relatif à leur manuscrit. Si on rajoute à cela la simplicité et l’économie des envois par courriel, je ne trouve aucune raison valable d’ériger cette désinvolture en mode opératoire normal. Ils auront beau s’indigner du nombre démentiel de manuscrits à lire, dont la plupart s’avèrent être de qualité médiocre, rien ne justifie, à mon avis, ce manquement à la politesse la plus élémentaire envers ceux qui fournissent avec confiance et enthousiasme la matière première potentiellement utilisée pour créer leur produit final.

Je comprends parfaitement, surtout au Québec plus que partout ailleurs, que les tirages soient extrêmement faibles et qu’il faille trouver des moyens de diminuer les frais d’édition. Mais ce n’est certainement pas en déversant sur les épaules des auteurs les obligations non littéraires des éditeurs que le problème se règlera adéquatement. Et dans tous les cas, la désinvolture systémique à leur égard n’engendre aucune économie. Par contre, cet épiphénomène des lettres de verdict démontre clairement que les premiers à dénigrer le travail d’édition sont d’abord et avant tout les éditeurs eux-mêmes.