L’OM, une finale de feu !

L’Orcherstre Métropolitain de Montréal présentait hier soir un concert mettant en avant-scène deux pièces de Stravinski. En premier, on a du droit au Divertimento du Baiser de la fée et pour clore la soirée l’Oiseau de feu. Les deux pièces intermédiaires mettaient en vedette la mezzo-soprano Sasha Cooke dans des pièces de Respighi et de Jalbert.

La direction d’orchestre a été confiée au chef invité Cristian Măcelaru, un maestro énergique. La musique russe de cette époque, début du XXe siècle, est d’une grande richesse et les instruments de l’orchestre sont souvent utilisés de toutes sortes de façons originales.

Si le Divertimento était correct, l’Oiseau de feu a fait sauter la baraque. L’orchestre et leur maestro savaient où ils allaient et tous les instruments étaient parfaitement alignés. Le quatrième et dernier mouvement s’est terminé dans une apothéose endiablée et très émouvante.

La précision des musiciens n’a malheureusement pas toujours été de la partie et spécifiquement les premiers violons dans Il Tramonto de Respighi, la deuxième pièce de la soirée, où certains ont erré à deux reprises.

Ce fut, malgré ces très légers accrocs, une soirée vraiment réussie où les musiciens semblent adorer trimer dur. Plusieurs d’entre eux passent l’entracte à peaufiner un passage qu’ils auront à jouer au retour des spectateurs. Ils semblent illuminés par un feu sacré et leur jeu s’élève de plusieurs crans.

Il faut dire que certains d’entre eux sont des musiciens hors pair. J’en ai nommé quelques-uns dans ma critique précédente. Ils doivent certainement aider à insuffler cette énergie qui transparait profondément.

Malheureusement, toute bonne chose a une fin et mon abonnement à la saison  2017-2018 a rendu l’âme hier soir.

Image : jesterv2.deviantart.com 

Juger ou tolérer ?

Juger quelqu’un, c’est être un juge avec son code d’éthique personnel qui n’a rien d’universel ni d’éprouvé. Alors faut-il juger ou tolérer ? Juger semble un geste inapproprié et tolérer une vertu. J’ai une tout autre opinion sur le sujet.

Juger est très acceptable tant que ça nous concerne. Transmettre nos jugements à des tiers, voilà ce qui constitue la faute. Personnellement, je me donne le droit de juger qui je veux et de choisir en conséquence mes amis et mes connaissances, mais je réserve mes opinions pour moi seul. Même la personne concernée ne le saura pas si elle ne me demande pas mon opinion sur elle, sur ses agissements.

La tolérance est un mot que je garde sous très haute surveillance, parce qu’elle nous laisse croire que nous sommes un mauvais individu lorsqu’on se sent intolérant face à quelqu’un et c’est un piège. Un piège qui, heureusement, se contourne.

Je préfère garder mon niveau de tolérance actuel, mais rester coi. Je réserve mon opinion. Je fais des choix sans essayer d’attirer à moi la sympathie à mes causes, à mes idées, à mes opinions. Si je sens devoir quitter un groupe pour rester neutre en actes, je le fais sans aucun problème. Je choisis donc je juge donc je choisis.

En se donnant le droit de juger et de choisir, on s’évite toutes sortes de malaises entre notre moi et notre surmoi. Mais n’essayez pas de me tirer les vers du nez. Cette solution retire de l’équation toute l’hypocrisie que l’on ressent lorsqu’on juge, mais qu’on se dit que ce n’est pas bien, tout en sachant qu’on ne fera ni pensera pas autrement.

La solution est donc définie dans l’adage « Le silence est d’or ». Comme quoi les vieilleries ne sont pas nécessairement dépassées. Mais serez-vous capable de vous taire ou de vous éloigner ? Voilà pourquoi la tolérance existe, mais elle reste une solution de rechange, un plan B, comportant des conséquences importantes pour celui qui se prétend tolérant.

L’estime de soi ne nous rend pas plus tolérants, elle nous rend moins bavards.

Photo : e-ostadelahi.fr

L’observation perturbante

Vous êtes-vous déjà senti observé sans raison apparente, sans voir votre observateur ? Ça m’est arrivé à quelques reprises pour avoir su par la suite que j’avais eu raison de m’être senti observé. C’est un sentiment étrange et très fort. J’ai déjà raconté une anecdote sur ce sujet en rapport avec des loups. Ça m’est aussi arrivé avec des humains.

La physique quantique, celle qui régit les plus petits constituants de la matière, a mis en lumière un élément clé. Il est impossible d’observer des particules sans les perturber. L’observation fait partie intégrante de tout système quantique. Ainsi, ces particules soumises à notre observation réagissent différemment avec ou sans système d’observation.

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En réalité, ce comportement est normal sans avoir besoin d’aller dans le quantique. Lorsqu’on mesure une tension électrique avec un voltmètre, celui-ci possède une impédance qui n’est pas infinie. Il dévie donc une partie du courant et fait légèrement chuter la tension qu’on espère connaitre. La mesure affecte la réalité puisque sans voltmètre, elle vaut x et avec le voltmètre, elle vaut x – a. Il est donc impossible de mesurer une tension sans l’affecter.

C’est aussi la raison pour laquelle les animaux ne réagissent pas de la même façon lorsqu’on les observe en les laissant tranquilles et qu’on les observe uniquement à partir de caméras. Encore faut-il que nous émettions l’hypothèse qu’ils ignorent leur présence et leur fonction.

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Les Casques bleus de l’ONU en ont également une bonne idée. Observer perturbe le fonctionnement normal, réduisant ainsi les risques d’abus des autorités ou des rebelles. Leur rôle pacifiste n’est pas inutile, du moins dans la majorité des cas.

Observer ses enfants, ses ados, ne constitue donc pas un acte anodin. Parfois ils voudraient nous voir disparaitre, ça retient alors quelque peu leur fougue.

Placer des caméras de surveillance bien en vue n’a pas seulement pour but de capter des délits et ses auteurs, mais surtout de les empêcher.

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Ce concept de la mesure perturbante est fondamental pour comprendre différents mécanismes, tant physiques que psychologiques.

Même si parfois on veut observer sans être surpris, ça ne fonctionne pas toujours et rarement sur une longue période. On a alors besoin d’éloigner son système de surveillance de la cible et c’est ainsi qu’on se retrouve avec des satellites-espions ou des drones.

Souriez, on vous observe !

Image : theblackvault.comouterplaces.comlapresse.cacamera-surveillance.biz

L’ile aux bas perdus

Qu’arrive-t-il à nos chaussettes perdues entre le tiroir et le tiroir en passant par mes pieds, le panier à linge sale, la laveuse puis la sécheuse ?

Pourtant je ne jette aucune chaussette dépareillée afin de leur permettre de recouvrer leur conjoint un jour ou l’autre.

Malgré cette précaution élémentaire, mes chaussettes veuves ne retrouvent jamais leurs maris.

J’accrois les statistiques en leur faveur en achetant plusieurs paires identiques et pourtant, ça finit toujours à tomber sur un nombre impair alors qu’en perdre deux du coup, je n’y verrais que du feu.

Déduction, elles sont allergiques ou ont horreur des nombres pairs. Peut-être alors que les chaussettes sont faites pour habiter dans mon tiroir en nombres premiers puisque ceux-ci sont tous impairs (évidemment sauf le 2). Ce serait le premier cas connu où les nombres premiers contrôlent des objets physiques.

Je plains mes chaussettes devenues célibataires. Toutefois, sachant qu’aucune énergie n’est perdue au sein de l’Univers, les chaussettes doivent donc à tout prix émerger quelque part ailleurs.

Je pense qu’il existe une ile magique sise dans les immensités de l’océan ou une planète accueillante où toutes les chaussettes perdues se retrouvent afin de s’apparier entre elles. N’ayant pu retrouver leur partenaire d’origine, elles accroissent ainsi leurs chances de trouver chaussette à leur pied. « L’ile aux bas perdus ».

L’astate

L’astate (At) est un élément chimique instable. Il porte le numéro atomique 85 (nombre de protons) et fait partie de la 17e colonne du tableau périodique, soit celle des halogènes.

L’astate est créé artificiellement par désintégration d’éléments radioactifs supérieurs comme l’uranium (U), le thorium (Th) ou le francium (Fr). Lui-même se désintègre en bismuth (Bi) ou en polonium (Po) en émettant des rayons alpha (α) utilisés pour bombarder des tumeurs dans les alpha-immunothérapies.

Toutefois, la demi-vie du plus stable de ses isotopes At210 n’est que de 8,1 heures et l’isotope utilisé en médecine, At211 a une demi-vie de 7,2 heures. C’est pour dire combien il faut se grouiller entre sa production et son utilisation.

La chimie de ce matériau estimé le plus rare à l’état naturel, 30 g dans toute la croûte terrestre, est très méconnue. On croyait qu’il était moins chimiquement réactif que l’iode. On vient toutefois de noter que sa capacité à créer des liaisons halogènes (XB) serait supérieure à celle de l’iode, l’élément chimique de numéro atomique 53 précédant l’astate dans la colonne des halogènes. Cette découverte ouvre des portes à générer des composés chimiques encore inconnus. 

Blague du dimanche et expression québécoise – 6

Ouais, bon, je n’en ferai pas une tradition. Du deux pour un, c’est pas mon style depuis que j’ai perdu mon fromage. Je suis devenu économe et même lésineux. Et pour un Corbot, les blagues, c’est contre-nature. Après tout, je dois préserver ma réputation d’oiseau de malheur. Et les sourires me font mal aux commissures. L’humeur massacrante, ça se cultive. Mais ce matin, je me sens généreux et d’assez bonne humeur. J’ai besoin d’un médecin, ça presse !

Une blague convient à ma résolution de garder légers et surtout courts les articles dominicaux, objectif rarement atteint d’ailleurs. C’est qu’il croasse en vinyenne ce Corbot !

Ne cherchez pas le mot vinyenne dans un dico français. Au Québec, on l’utilise parfois pour remplacer un juron. Il est utilisé dans des phrases exclamatives. Malheureusement, ce joli mot tend à disparaitre. J’apporte donc ma contribution pour sa préservation.

Oui, la blague maintenant. Comme vous voyez, mon inconscient ne cesse de détourner mes idées de ces actes un peu barbares et primitifs que sont les sourires et surtout les rires.

C’est donc un médecin qui rencontre un ingénieur, chacun faisant grand étalage de ses connaissances.

Au cours de la discussion, l’ingénieur dit au médecin : « Que vous fassiez n’importe quoi, vos patients finiront tous par mourir au bas mot avant la centaine d’années. Nous, nos bâtiments peuvent durer parfois des millénaires. »

Et le médecin de rétorquer : « Lorsque nous commettons des erreurs, nous avons la décence de les enterrer, alors que les vôtres, vous vous empressez de les ériger. »

L’essoufflement des séries télévisées

Tiens, pour changer de registre, un sujet léger pour le week-end. Je regarde quelques séries télévisées et après un certain nombre d’épisodes, je sens que la série a manqué ou va manquer de souffle.

L’intrigue principale a déjà souffert de rebondissements trop nombreux pour qu’elle reste crédible. Les personnages principaux ont eu des comportements contradictoires, illogiques par rapport à leur psychologie. Les personnages secondaires deviennent des bons, des méchants, encore des bons et encore des méchants, tout ce méli-mélo ayant pour but de larder la série d’événements multiples aux incroyables revirements. Ici j’utilise le mot «incroyables» dans son sens littéral.

Tout d’abord, 22, 23 ou 24 émissions par saison ça me semble une quantité exagérée pour la plupart des séries. Je suis certain que le scénario initial se terminait après 12 ou 13 émissions et que le reste a été écrit durant le tournage des premiers épisodes. Il existe souvent des démarcations franches entre les deux parties de la saison, la partie homogène et la partie «faut respecter le contrat».

Toutefois, certaines séries télévisées ne souffrent pas de ce défaut. J’ai déjà parlé de la série «Stranger Things». On remarque aussi un nombre réduit d’épisodes pour les deux premières saisons, soit 8 et ensuite 9.

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Quant à Sense 8, on retrouve 12 épisodes lors de la première saison et ensuite 11 pour la seconde. Un nombre permettant aux scénarios une rigueur époustouflante et des histoires parallèles totalement imbriquées entre les huit personnages principaux. Cette série est un tour de force cinématographique absolument ahurissant. Si vous ne l’avez pas encore regardée, sautez immédiatement sur votre téléviseur pour l’acheter, la louer ou la voler à votre meilleur ami… ex-meilleur ami.

USA - "Non-Stop" Premiere - Los Angeles

Même la série «24: Legacy», une sorte de suite aux 8 saisons de Jack Bauer n’en comporte que 12, tout comme l’a été la série intermédiaire «24: Live another day». Il y a des limites à passer des nuits blanches, pourrait-on y commenter.

Je me suis aussi tapé les deux saisons de «Quantico». Toutes les deux affichent 22 émissions au compteur saisonnier et l’essoufflement est parfaitement visible, surtout dans la deuxième saison où l’intrigue principale se termine aux environs du 15e épisode. Quant à moi, il y avait déjà 12 à 14 épisodes de trop puisque l’intrigue ne cesse de rebondir n’importe comment dès les premiers moments de la saison 2. Les producteurs poursuivent le reste de la saison avec une autre intrigue principale et l’arrimage est tiré par les cheveux. Bon, il y a de jolies filles dont une avec de grosses babines à faire pâlir d’envie Angelina Jolie, mais ça en prend plus, et je ne parle pas des babines, évidemment, le téléviseur a une largeur maximale. Tous les acteurs s’efforcent de bien faire leur boulot, mais le rendu est parfois à la hauteur du scénario.

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Je m’en voudrais de ne dire que des vacheries sur la série Quantico puisque les scénarios reposent sur un concept très intéressant. Il existe deux histoires parallèles tout le long des saisons. Durant la première saison, on voit des recrues à Quantico, le lieu de formation d’une nouvelle cohorte d’agents du FBI et on assiste à leur formation point par point. L’histoire parallèle consiste en l’intrigue principale qui se déroule à partir de ce qu’on a vu dans la partie formation des agents. C’est intelligemment ficelé, mais 22 épisodes font qu’ils étirent l’intrigue principale au-delà de l’intelligence de tout le monde.

La deuxième saison répète ce même concept, mais cette fois ça se passe sur la Ferme, lieu de formation des nouveaux agents de la CIA. On revoit  leur entrainement point par point et comment elle diverge de la formation des agents du FBI. Malheureusement, l’intrigue principale n’est qu’un ramassis de stupides rebondissements tous plus incohérents les uns que les autres.

La troisième saison de Quantico est confirmée. J’espère qu’ils vont la raccourcir et mieux lécher les histoires. Verra-t-on la formation des agents de la NSA ou d’une autre agence encore plus secrète?

Photos : Netflix

Construire puis disparaitre

Les matériaux de construction des Anciens étaient bien plus durables que les nôtres, en particulier nos bétons.

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Les exemples foisonnent de ces constructions antiques toujours debout après des millénaires. Les pyramides d’Égypte et d’Amérique, la grande muraille de Chine, le Colisée de Rome, le pont du Gard, Cusco, Machu Picchu, etc.

Pour conserver le mortier en bon état, les Chinois rajoutaient du riz collant à leurs préparations, mais surtout, ils évitaient d’utiliser des matériaux ferreux.

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Avec les tiges métalliques incluses dans nos bétons, nous parvenons à allonger les poutres, mais celles-ci finissent par être détruites par l’acier qui se corrode, gonfle et détruit les ciments. La plupart de nos constructions ne tiendront pas plusieurs siècles.

L’humain construit comme s’il ne resterait pas sur Terre bien longtemps. Les termites construisent mieux que lui. Ses constructions éphémères sont peut-être le résultat d’une prise de conscience plus profonde. Le destin de l’humanité est-il de ressembler à ses bâtiments ? Tomber rapidement en ruines ou au mieux, en désuétude.

Photos :  wikipédia.org ; a-contresens.net

1I/ʻOumuamua, dernière nouvelle sans intérêt

Vous vous demandez sûrement pourquoi je parle de cet astre une troisième fois (article 1article 2) si la dernière nouvelle sur lui est inintéressante. C’est que parfois, on apprend des choses, moins sur l’objet lui-même que sur la physique derrière cette nouvelle et sur ceux qui l’ont propulsée.

Que l’objet provienne d’un système stellaire double n’est pas une grande surprise sachant qu’un grand pourcentage d’étoiles font partie d’un système binaire ou supérieur. Autrefois, on parlait des deux tiers et ensuite de la moitié. Ce taux n’est pas très bien connu, mais il est important. On ne s’étonnera donc pas que le voyageur de l’espace ait une chance sur… disons… trois… de provenir d’un système stellaire multiple puisque cette affirmation est valable pour tous les objets célestes sans même se préoccuper de ses particularités ni d’où il provient.

Ensuite, les astronomes ayant fait cette déclaration ont accru les probabilités de dire vrai sachant que si ‘Oumuamua vient d’un système stellaire binaire ou plus, ses chances d’être éjecté sont bien plus grandes que si le système n’a qu’une seule étoile. C’est le problème astronomique appelé « à trois corps » qui ne possède aucune solution exacte (stable) et qui prévoit que la course d’un petit corps devient chaotique et instable, donc plus susceptible d’être éjecté, lorsque confronté à la gravité de deux gros corps à proximité.

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Mais si vous connaissez déjà ces deux éléments, la nouvelle n’a plus d’intérêt puisque ce ne sont que des statistiques, pas de nouvelles observations. C’est comme donner le pourcentage de chances d’avoir une paire au poker. Ça ne vous dit rien sur le type de paire ni qui la détient ni des mises sur la table ni de l’historique de ces mises.

Voilà pourquoi on aurait pu s’abstenir du côté des astronomes, probablement en mal de reconnaissance. Peut-être auront-ils eu leur jour de gloire à cause d’une banalité que tout étudiant débutant en astronomie aurait pu déduire. Ça rend la gloire pas mal moins auréolée lorsque la nouvelle est… sans intérêt.

N.B. Le « 1I/ » qu’on retrouve devant le nom ‘Oumuamua désigne qu’il est le premier objet Interstellaire répertorié. Il fait donc partie d’une toute nouvelle classe d’objets astronomiques, des objets provenant d’un autre système solaire que le nôtre.

L’hystérésis !

Dans l’article précédent, j’utilisais le terme « hystérésis » pour parler du retard que certains systèmes engendrent entre les actions appliquées sur eux et les effets qu’ils dégagent par la suite. Une courbe vous montrait à quoi pouvait ressembler ce comportement. Je vous la remets.

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Ce mot d’origine grecque semble posséder la même racine que le mot hystérie et si vous le croyez, vous n’avez pas du tout tort. Ces deux mots ont bien une racine commune. Mais ne ratez pas la suite de cet article, car elle risque de vous surprendre.

À première vue, il n’est pas du tout évident de voir quel lien peut bien entretenir un mot désignant un retard entre la cause et l’effet avec un autre mot résumant un état de la conscience compris entre l’hyper réactivité et l’illogisme.

Je tiens à souligner ici à vous, mesdames, que la suite vous concerne directement. Je tiens également à vous dire que je n’ai pas écrit l’Histoire, je la raconte simplement sans la juger, elle ou ses acteurs.

Les racines grecques « hustora » à l’origine d’hystérie et hystérique, ainsi que « hustorein » à l’origine d’hystérésis signifient respectivement « utérus » et « être en retard, retardé ».

On saisit facilement le lien entre utérus et retard lorsque celui-là occasionne celui-ci lors d’une insémination réussie.

Il existe donc un lien fort entre l’utérus et les mots hystérie et hystérique ! Eh oui. Tout à fait.

Nous les hommes, étant dépourvus de la matrice, l’hystérie se rapportait autrefois uniquement à des sujets féminins pris d’une affliction les amenant à devenir hystériques. Ce trouble du comportement lié à leur utérus était traité par certains médecins, tous masculins à l’époque, qui croyaient sincèrement pouvoir le régler avec certains traitements appropriés.

Leur façon de faire passer l’hystérie était de donner aux femmes des massages sur et dans les parties génitales féminines. Le terme précis utilisé aujourd’hui pour décrire ce traitement est la masturbation et il n’est plus vraiment prescrit, comme vous pouvez vous en douter.

Et voilà la petite histoire de l’hystérie essentiellement féminine. Étrangement, le nombre d’hystériques à cette époque a grimpé en flèche, une vraie épidémie. Les traitements apaisaient effectivement les humeurs des dames, mais les sursauts devenaient toujours plus criants les mois subséquents. Allez donc y comprendre quelque chose !

Image : astriddick.com