Intelligence artificielle – faut-il la craindre ?

L’un des plus importants pôles mondiaux pour le développement de l’intelligence artificielle est ici, dans la ville où j’habite, à Montréal. Presque à toutes les semaines, une annonce confirme le démarrage d’une entreprise, ou encore l’agrandissement d’un centre déjà implanté, ou l’arrivée imminente d’un joueur majeur. Radio-Canada titrait même en janvier 2019: «L’intelligence artificielle a désormais son quartier général à Montréal».

Le site web de Montréal International (montrealinternational.com) dénombre un investissement privé de 1,1 G$ depuis 2016, 1 G$ en recherche universitaire, 15000 experts, 11000 étudiants à des programmes liés à l’IA, 300 chercheurs et étudiants aux cycles supérieurs universitaires. Plusieurs instituts et associations liés à ce domaine d’études et d’emplois s’installent dans la métropole. C’est indéniable, Montréal a la cote si l’on se fie au nombre de sommités mondiales qui y déménagent. Les annonces de créations d’emplois ne font pas état de milliers d’emplois chacune, mais ce sont tous des postes très bien rémunérés et certainement des plus stimulants.

Parmi les plus gros noms déjà actifs, IBM, Microsoft, Google, Facebook research et Deepmind forment le noyau dur. Cependant, les plus grandes innovations viendront peut-être d’entreprises en démarrage ou encore de noms moins connus, mais profondément implantés dans d’autres pays, comme le Royaume-Uni qui dépêche dans la ville ses QuantumBlack, WinningMinds et Bios.

Évidemment, les deux géants actuels que sont les É.U.A. et la Chine détiennent presque un monopole mondial avec près de 55 % des emplois, mais plusieurs facteurs incitent les entreprises à venir s’établir dans la quatrième plus grande ville francophone au monde après Kinshasa, Paris et Abidjan. Hé oui! Paris n’est plus la première ville francophone.

Tout d’abord, l’anglais sans la mentalité anglophone aux tendances dominatrices et obtuses, Montréal est à cheval entre ses racines francophones et l’hégémonie anglophone. Montréal est aussi une grande ville universitaire qui compte 4 universités importantes, dont l’université de Montréal et McGill, chacune œuvrant activement en IA. L’Université du Québec à Montréal s’intéresse surtout aux impacts sociaux de l’IA et à l’éthique liée à cette nouvelle façon de mener le Monde.

Car il s’agit bien de mener le Monde. Mais à quoi vous attendiez-vous de la part des compagnies dont je vous ai donné certains noms? De la charité? De l’intérêt porté aux humains? Comme toutes les compagnies, elles veulent faire plus d’argent que la concurrence et l’intelligence artificielle est la technique moderne qu’elles utiliseront toutes pour en obtenir plus.

Mais le vrai problème n’est pas aussi trivial. Toutes les compagnies œuvrant sur le net utilisent déjà l’IA pour scruter vos comptes sur les réseaux sociaux pour en ressortir des moyens d’augmenter votre intérêt à propos de certains produits dont ils ont la charge de hausser leurs ventes. C’est de bonne guerre. Vous publiez votre vie sans gêne, sans pudeur et sans contrainte, ils s’en servent, voilà tout. Votre impact social lié à l’achat de telle ou telle marque de produit reste banal, ça ne dérange personne. Vous trouvez même ça utile de voir des annonces de produits que vous aimez pour profiter des rabais ou d’apprendre la sortie d’un nouvel élément faisant partie de la gamme que vous affectionnez. Si l’IA se contentait de générer ce genre d’astuces commerciales, on n’aurait pas à débattre bien longtemps autour de son éthique.

L’intelligence artificielle implique un stade beaucoup plus avancé de comportement. Avec un humain, on ne se contente pas de lui apprendre des choses, on lui apprend à apprendre, on lui apprend à devenir autonome, à penser par lui-même, à dégager des solutions qui n’existaient pas, à créer de la nouveauté.

L’intelligence artificielle n’est pas que des algorithmes prévus pour calculer des formules plus rapidement que nous à partir de variables dont on la nourrit. L’intelligence artificielle invente des solutions dont nous ignorons tout. L’intelligence artificielle expérimente, analyse les résultats et sélectionne parmi ses tentatives les meilleures méthodes.

Le hic vient du mot «meilleur». Meilleur pour quoi, ou à quoi? Meilleur pour qui? L’intelligence artificielle n’a pas vécu vingt ans dans un milieu familial à se faire inculquer des valeurs. L’IA est un bébé naissant muni d’un cerveau des milliers de fois plus rapide que celui d’un adulte et qui n’a qu’une seule tâche à accomplir.

Être meilleur, bien, éthique, adéquat, sensé, réfléchi, correct, juste, bon, tous ces mots n’ont absolument aucune signification intrinsèque pour une IA, pas plus que pire, mal, inapproprié, insensé, irréfléchi, incorrect, injuste ou cruel. Voilà pourquoi cette branche des sciences relève autant du social que du technologique.

Alors, faut-il craindre l’IA? Je ne pense pas, car la vraie menace n’est pas l’IA en tant que telle, mais les humains construisant de l’IA et conséquemment, on a effectivement tout à craindre. Ce n’est pas par hasard que l’IA soit principalement l’affaire des Étatsuniens et des Chinois, le premier contrôlant le Monde et le second rêvant de la même chose.

De sérieux dérapages finiront par survenir, car il existe de vraies guerres, qu’elles soient commerciales ou territoriales et l’humain a toujours utilisé ses inventions pour les gagner. L’IA est déjà utilisée comme une arme et cet usage ne fera que s’amplifier.

Par le passé, nos armes ont quasiment toujours été réutilisées dans un but plus noble. L’humanité comprend parfois que la guerre permanente lui nuit. Dépositaires d’une technologie, nous devenons créatifs afin de répondre à des besoins qui peuvent être comblés en l’adaptant. Au bout du compte, la poudre à canon, le radar, le laser, le nucléaire, le sous-marin, toutes ces technologies ont heureusement été bien plus utiles qu’elles nous ont anéantis.

En sera-t-il de même avec l’IA? On peut l’espérer. Toutefois, il existe une différence fondamentale entre nos anciennes inventions et celle-ci. Un bâton de dynamite n’est dangereux qu’une fois dans les mains d’un humain. L’intelligence artificielle possédera tous les moyens de penser et d’être dangereuse sans l’apport ultérieur des humains. Lui transmettrons-nous nos pires vices, comme le désir irrépressible d’accumuler des fortunes illimitées? Bien entendu, puisque cela fera partie de ses premières missions et qu’elle aura cette tendance inscrite dans les plus profondes circonvolutions de son cerveau humain à l’instar de notre cerveau reptilien.

Lisez la suite de mes réflexions sur l’IA dans un prochain article à paraitre dont j’ignore encore le titre. Abonnez-vous pour ne pas le rater.

Bien du courage

Autrefois, je me questionnais souvent à savoir si j’étais presque le seul à penser ceci ou cela. Pas que je m’inquiétais outre mesure de mes opinions, j’ai réglé cet aspect de ma personnalité alors que je devais être âgé de 12 ans. Je me le demandais, car ma vision semblait rester marginale malgré mes arguments logiques forts et une analyse solide pas si complexe. Et cette inadéquation entre l’apparente simplicité d’une relation causale et l’incompréhension quasiment générale qu’elle provoquait autour de moi avait le don de me subjuguer.

Plus jeune, je ne pouvais croire que l’évidence crasse semblait rester invisible aux yeux des autres. Je décuplais d’efforts pour faire comprendre mes points de vue… jusqu’à ce que, devenu plus âgé et moins idiot, je saisisse enfin que les gens comprenaient fort bien, tout en simulant l’inverse. Lorsque j’étais récompensé par des faces ahuries, je semblais si souvent sortir d’une boite à surprise qu’il était facile de penser que mes idées ne valaient pas la peine d’être émises et encore moins d’être défendues.

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La vérité est que je regardais les événements du mauvais côté de la lorgnette et ainsi je me méprenais sur le sens exact de leurs expressions et de leur gestuelle. Je présente l’interprétation la plus juste de ces comportements sous forme d’un questionnement.

«Pourquoi faut-il que tu déclares ce qu’on essaye tous de taire?» Voilà ce que j’aurais dû décoder bien plus facilement si mes tendances pédagogiques avaient été moins exacerbées et si je m’étais moins questionné sur mes capacités à bien me faire comprendre. Aujourd’hui, mes doutes à cet effet ainsi que sur la pertinence de mes idées ont cessé et j’interprète différemment les silences gênés, les yeux écarquillés, les détournements des regards.

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Parfois je prends le temps d’écrire un billet d’humeur. Cette activité ne vise pas à me défouler, ni à cracher du venin bien macéré dans de la bile verte, ni à convaincre le plus grand nombre de gens à penser comme moi. Alors pourquoi est-ce que je continue d’écrire publiquement?

Je vise parfois à faire le point sur mes propres idées. L’écriture confronte mes opinions à la logique argumentaire et me permet d’intégrer des faits nouveaux dont je n’aurais pas encore pris compte. D’ailleurs, j’abandonne régulièrement l’écriture de certains articles en construction, toutefois le but pour lequel j’avais entrepris cette tâche a quand même été atteint puisque publier des articles n’a jamais été une de mes obligations. Je préfère garder un texte sur la touche plutôt que de regretter ultérieurement de l’avoir publié.

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Un autre objectif de mon écriture est d’expliquer, de tracer un itinéraire d’idées et de le parcourir. Lorsque je me transforme en lecteur, si je parviens à me comprendre, j’estime que d’autres le pourront. Et à partir de là, les pensées de ceux qui osent et prennent le temps de me lire pourront évoluer de manière autonome. Je ne vise jamais à convaincre les autres ou à les endoctriner. Bien au contraire, je vise à donner des ailes en affermissant certaines bases de connaissances. Ensuite, plus les chemins développés seront nombreux et variés, plus j’aurai le sentiment d’avoir vraiment donné de la valeur à mes articles.

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J’estime posséder un certain bon sens. J’assortis à ce constat une obligation morale, celle d’avoir le courage d’émettre et de partager certaines de mes opinions. Et qu’en est-il pour vous?

Nous devons cesser de mettre en scène notre timidité, car elle ouvre toute grande la porte aux autres, à ceux qui veulent à tout prix nous faire penser comme eux, non pas d’une façon logique, mais en utilisant des arguments tendancieux et des craintes fondées sur des préjugés.

Si, ensemble, nous avions tenu tête aux mandarins des énergies fossiles voilà 30 ans plutôt que de les laisser docilement nous emmener dans le gouffre, nous aurions aujourd’hui une planète et un avenir bien différents. Nous avons raté cette occasion passée, raterons-nous également celles qui se présentent actuellement?

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Nous devons mordre les molosses aux jarrets en affirmant haut et fort nos opinions lorsque nous sommes convaincus d’avoir compris une problématique. Bien trop souvent, nous laissons toute la place aux gueulards cherchant à impressionner par le truchement de déclarations enflammées, mais elles ne sont qu’écrans de fumée servant à dissimuler la faiblesse des arguments sous-jacents.

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Et si tout autour vous causez des regards ahuris, des visages qui se détournent, des yeux exorbités, interprétez ces signes de la bonne manière. Vous venez de toucher à des vérités trop lourdes de conséquences pour être facilement admissibles. La majorité des gens préfèrent une vie pépère, ils ne veulent pas trop se poser de questions et ils détestent par-dessus tout ceux qui se permettent d’en donner des réponses compréhensibles, mais qui demandent pour les réaliser… bien du courage, courage dont ils sont dépourvus.

Espèce d’animal !

Un court article que je publie ce dimanche en fin de journée. Pour vous, mes lecteurs d’Europe, d’Afrique, d’Océanie et d’Asie, c’est déjà lundi, mais qu’importe.

Je vais sortir de mon mode d’écriture normal pour vous proposer quelque chose de différent, un article à caractère plus participatif. Je m’explique.

Dernièrement, j’ai regardé plusieurs reportages ou capsules vidéos dans lesquels des réactions ou comportements animaux nous surprennent, étonnent et même nous subjuguent.

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Dernièrement, je vous faisais part de l’intelligence des corbeaux mise en évidence par de nouvelles études scientifiques. De plus en plus de recherches mettent en lumière certaines attitudes que nous réservions autrefois à nous, les humains.

Nos animaux de compagnie ne sont plus les seuls à adopter des comportements surprenants, à démontrer des personnalités complexes. On découvre chez un grand nombre d’animaux sauvages d’étonnantes attitudes et aptitudes qu’on n’aurait jamais cru rencontrer chez ces espèces principalement préoccupées à travailler pour survivre.

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Nos paradigmes envers les autres espèces animales s’en trouvent chamboulés. De plus en plus de gens n’acceptent plus les mauvais traitements que nous leur infligeons et encore moins les extinctions massives que nos modes de vie et notre main mise sur l’environnement leur occasionnent.

J’aimerais connaitre vos expériences récentes ou des vidéos-chocs en rapport avec des attitudes animales particulières qui risqueraient d’ébranler les fondements de nos pensées et de nos rapports avec les autres habitants mobiles de notre planète.

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N’oubliez pas, si tel est votre désir, de rajouter votre opinion personnelle aux références ou à votre description des faits. Je suis curieux de la connaitre.

Vous pouvez déposer un commentaire ou encore m’envoyer un courriel si vous préférez me laisser le soin de résumer vos propos en préservant votre anonymat au besoin.

Vol, a-t-il ?

Il est apparemment impoli de parler de soi, mais puisque j’écris dans mon journal internet personnel, je crois avoir le droit de le faire sans gêne. Je garde toutefois très fort ce sentiment de discrétion qui m’éloigne des confidences spontanées inappropriées. Vous devrez donc vous contenter d’un compromis, car je vais me rabattre sur un sujet tout de même pas très éloigné de moi, mon espèce d’oiseaux favorite. Vous savez bien entendu de quel volatile il s’agit.

Savez-vous que les corbeaux reconnaissent les gens ? Ils observent les humains en tant qu’individus distincts. Dès la première fois qu’ils voient une figure, ils peuvent la reconnaitre même dans une foule et celle-ci reste incrustée dans leur mémoire durant des années.

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Les corbeaux sont parmi les oiseaux les plus opportunistes. Ils partagent donc ce caractère avec les humains. En fait, l’aversion instinctive que portent les gens envers ces volatiles s’explique en partie par un sentiment de compétition.

La mésaventure d’un seul corbeau peut influencer l’ensemble d’une communauté. Si un individu est tué dans un champ, cet événement fera changer le parcours migratoire de tout le groupe, et ce jusqu’à deux ans durant. Aucun doute, les corbeaux d’une même communauté se parlent. En tant que parents, ils transmettent culturellement leurs enseignements à leur descendance. Un événement traumatisant ou inédit engendrera des changements comportementaux pouvant perdurer plusieurs mois. Cette habileté n’avait été prouvée qu’avec les primates.

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Les corbeaux sont présents sur tous les continents sauf l’Antarctique. Ceux de la Nouvelle-Calédonie semblent les plus intelligents d’entre tous. Peut-être leurs contacts moins fréquents avec l’humain les rendent moins opportunistes, mais plus débrouillards. Ce sont eux qui possèdent les plus grandes capacités à utiliser des outils et même à en fabriquer de nouveaux en réfléchissant à des solutions innovantes afin d’acquérir leur pitance. Ils peuvent également travailler fort pour fabriquer un outil afin de mettre la patte sur un second outil qui leur permettra d’atteindre leur nourriture. Ce processus de pensée en plusieurs étapes et mettant en œuvre des difficultés distinctes démontre leur grande intelligence.

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Ils émettent des cris d’alerte distincts pour avertir leurs congénères de la présence d’un chat, d’un oiseau de proie ou d’un humain. Les biologistes ont répertorié jusqu’à 250 cris différents chez des individus. Mieux, ils maitrisent deux dialectes. Le premier sert aux échanges avec l’ensemble de leur communauté et le second n’est utilisé qu’en famille. On ne peut se tromper entre les deux tellement ils sont distincts.

L’apport de nourriture et l’éducation des petits peuvent durer jusqu’à cinq années, raison probable pour laquelle ils deviennent si intelligents. Leur régime alimentaire omnivore contribue également à accroitre leurs habiletés. Ils doivent apprendre de multiples reconnaissances des aliments comestibles, comment les chercher, les atteindre, les transporter, les décortiquer et les manger. Cette diversité alimentaire les rend plus inventifs.

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Il n’est pas rare de voir un corbeau se comporter de façon très affectueuse avec ses petits. Il lisse leurs plumes et les cajole durant de longs moments. À l’instar de la progéniture de l’humain, rester longtemps sous le couvert parental accroit certainement leur intelligence. Le fait qu’ils nous observent beaucoup pourrait également jouer sur leur niveau de débrouillardise et d’inventivité. Au Japon, on en observe régulièrement voler des cintres métalliques pour construire leurs nids. Ils parviennent à les arrondir en se faufilant au centre et en poussant avec leurs pattes.

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Cet oiseau ne mérite certainement pas sa réputation d’oiseau de malheur, même si l’un d’eux a écrit tout un recueil de nouvelles traitant de multiples fins du monde survenues ou à survenir dans un proche avenir. Ça en prend toujours un du genre !

Discuter pour vivre ensemble

Il est facile de parler sans se comprendre. Plusieurs causes de mésententes coulent de source, elles tirent leurs origines de l’objectif même de la discussion entreprise avec une autre personne.

Cherche-t-on vraiment à discuter qui oblige à échanger? Il est facile de camoufler un diktat sous des airs de discussion. Elle ne sert bien souvent que d’outil de manipulation. On l’utilise pour faire connaitre une décision déjà prise. On demande l’avis de l’autre sans vouloir en tenir compte s’il diverge du nôtre. Ce n’est que de la poudre aux yeux destinée à prouver une fausse bonne foi.

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La discussion vise parfois un but inavouable et inavoué. En usant de moyens destinés à noyer le poisson, à éloigner l’autre de la vérité, la discussion déraille, l’impatience gagne les deux parties et les conséquences s’ensuivent. Tout ce qui ne tombe pas sous le sens est discutable et devrait être discuté lorsque l’autre partie se rend compte d’une argumentation à la logique bousculée, triturée, contorsionnée qui vise à insérer une cheville carrée dans un trou rond sans trop le faire paraitre.

Mais qui est prêt à se remettre en question devant son partenaire? À réfléchir tout haut? À entreprendre une démarche de questions-réponses sans préparations? À livrer ses propres incertitudes, ses doutes, ses faiblesses?

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Ce qu’on devrait toujours faire est de réfléchir à l’argumentation adverse avant de répondre, quitte à reporter la discussion si nécessaire. En revanche, toujours ramener sur le tapis un sujet laissé en suspens. Répondre franchement aux questions légitimes. Éviter de mêler plusieurs sujets, au contraire, leur donner une priorité. Reconnaitre ses subterfuges, ses camouflages et s’en départir.

La règle d’or est tellement simple que tous les grands humanistes l’ont reprise dans leurs discours.

«Traite les autres comme tu souhaiterais être traité.»

Tu ne peux exiger d’une personne d’être ouverte, franche, conciliante, de bonne foi si tu lui refuses les mêmes comportements.

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Lorsqu’il existe une barrière franche entre deux comportements, lorsque après maints efforts personne ne semble donner signe de bonne foi, il faut se questionner sur la pertinence de la relation. S’il y a refus de s’entendre de part et d’autre sur des règles du jeu communes, le plaisir n’existe plus. C’est une guerre déguisée, un conflit en habits de civilité.

Gagner sur une personne censée être son alliée n’est pas une victoire, mais une trahison et vous serez alors traité de la sorte. L’objectif ne devrait jamais être la victoire, mais le plaisir d’avoir obtenu un accord mutuel accepté de plein gré.

Si vous aimez vous battre contre un ennemi, choisissez donc celui-ci. Combattez votre goût, votre désir de gagner, d’avoir gain de cause, d’imposer vos idées, car voilà le vrai ennemi à abattre lorsqu’on choisit de vivre en couple et en société.

On peut ne pas s’entendre sur la destination, sur le chemin à emprunter, sur les haltes, tout cela reste en partie secondaire tant qu’on vise l’objectif de bien vivre ensemble.

Le miroir aux vérités

L’appréciation qu’ont les autres de nous importe grandement. L’estime personnelle s’en voit renforcée. Ce mécanisme opère depuis que nous sommes bébé, c’est ainsi que nous apprenons les comportements à adopter et ceux qu’il vaudrait mieux oublier.

Les regards que porte notre entourage sur nous demeurent essentiels même à l’adolescence où nous rejetons l’estime et l’appréciation parentale pour préférer celles de nos amis et de nos idoles de jeunesse. Nous nous intéressons toujours à être admirés ou simplement bien vus, mais pas par les mêmes personnes qu’auparavant.

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Pour obtenir cette reconnaissance de nos proches, de nos pairs, de nos collègues, de notre cercle de connaissance, nous sommes parfois prêts à agir à l’encontre de nos valeurs passées et présentes. Nous détournons des faits à notre avantage, nous trichons, nous trahissons, nous mentons, nous omettons de dire certaines vérités, nous manipulons des gens qu’on aime et qui nous aiment, nous cachons des félonies.

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Pour percevoir un regard d’appréciation de la part des autres, nous perdons la faculté d’être admirés par la personne la plus importante de toutes, nous-mêmes.

Ce jeu en vaut-il la chandelle? Pour certains, il n’en fait aucun doute. D’autres le vivront en transportant un poids énorme et permanent sur leur conscience. Pour quelques rares phénomènes, ils refuseront toujours de se regarder avec un voile opaque, ou de se voir avec dédain, en défaillant devant leur image ou même en vomissant de dégoût en comprenant ce qu’ils sont devenus.

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Notre véritable nature se perdra à jamais, si nous agissons constamment en désaccord avec elle, peu importent les gains apparents ou réels, peu importent les regards admiratifs, peu importent le milieu avantageux et l’environnement supérieur atteints. Nous serons rendus d’une laideur indescriptible si nous ne voyons qu’un inconnu dans le miroir.

La vérité se cachera derrière l’image renvoyée par nos yeux détournés.

Symbolisme du corbeau

Je continue la présentation du symbolisme du corbeau avec une vision occidentale et orientale du même oiseau. Vous pouvez lire le premier article traitant de sa couleur et d’une légende amérindienne lui étant associée en cliquant ici.

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L’Orient et l’Occident ont souvent des visions et des symbolismes diamétralement opposés d’une même chose ou d’un même animal. Le corbeau ne fait pas exception à ce schéma antipodal.

Probablement à cause de sa couleur l’associant au deuil, probablement à cause de son cri rauque, le corbeau en Occident a plutôt mauvaise réputation. À la tour de Londres, on garde des corbeaux sur la pelouse en leur rognant une aile, ce qui les empêche de voler, mais pas de marcher. Ce moyen peu respectueux des oiseaux a pour objectif de rehausser l’aspect funèbre de cette tour-prison. Lorsque cet oiseau est en colère, les plumes de sa gorge se hérissent et lui donnent un air résolument menaçant.

Sur la photo, notez l’irisation de ses plumes qui passe souvent inaperçue. Beaucoup d’oiseaux la voient beaucoup mieux que les humains, ce qui en fait un oiseau «coloré» à leurs yeux.

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En Orient et plus particulièrement en Chine et au Japon, l’oiseau noir est symbole de gratitude filiale, car cet oiseau nourrit père et mère. Au Japon, il exprime l’amour familial. Les jeunes Japonais à l’école primaire apprennent et chantent cette chanson :

Pourquoi le corbeau chante-t-il ?
Parce que dans la montagne
Il a un enfant chéri de sept ans
Le corbeau chante
Mon chéri ! Mon chéri !
Il chante
Mon chéri ! Mon chéri !

Le croassement du corbeau se dit « kâ kâ » en japonais et « chéri » se dit « kawaii ».

On note principalement qu’en Occident, on regarde surtout l’apparence de l’oiseau tandis qu’en Orient, ce sont ses comportements qui importent.

Ça en dit long sur ces deux cultures !

Photos : shotsofscience.com ;
wingsunfurled-web.com ;