Juger ou tolérer ?

Juger quelqu’un, c’est être un juge avec son code d’éthique personnel qui n’a rien d’universel ni d’éprouvé. Alors faut-il juger ou tolérer ? Juger semble un geste inapproprié et tolérer une vertu. J’ai une tout autre opinion sur le sujet.

Juger est très acceptable tant que ça nous concerne. Transmettre nos jugements à des tiers, voilà ce qui constitue la faute. Personnellement, je me donne le droit de juger qui je veux et de choisir en conséquence mes amis et mes connaissances, mais je réserve mes opinions pour moi seul. Même la personne concernée ne le saura pas si elle ne me demande pas mon opinion sur elle, sur ses agissements.

La tolérance est un mot que je garde sous très haute surveillance, parce qu’elle nous laisse croire que nous sommes un mauvais individu lorsqu’on se sent intolérant face à quelqu’un et c’est un piège. Un piège qui, heureusement, se contourne.

Je préfère garder mon niveau de tolérance actuel, mais rester coi. Je réserve mon opinion. Je fais des choix sans essayer d’attirer à moi la sympathie à mes causes, à mes idées, à mes opinions. Si je sens devoir quitter un groupe pour rester neutre en actes, je le fais sans aucun problème. Je choisis donc je juge donc je choisis.

En se donnant le droit de juger et de choisir, on s’évite toutes sortes de malaises entre notre moi et notre surmoi. Mais n’essayez pas de me tirer les vers du nez. Cette solution retire de l’équation toute l’hypocrisie que l’on ressent lorsqu’on juge, mais qu’on se dit que ce n’est pas bien, tout en sachant qu’on ne fera ni pensera pas autrement.

La solution est donc définie dans l’adage « Le silence est d’or ». Comme quoi les vieilleries ne sont pas nécessairement dépassées. Mais serez-vous capable de vous taire ou de vous éloigner ? Voilà pourquoi la tolérance existe, mais elle reste une solution de rechange, un plan B, comportant des conséquences importantes pour celui qui se prétend tolérant.

L’estime de soi ne nous rend pas plus tolérants, elle nous rend moins bavards.

Photo : e-ostadelahi.fr

L’observation perturbante

Vous êtes-vous déjà senti observé sans raison apparente, sans voir votre observateur ? Ça m’est arrivé à quelques reprises pour avoir su par la suite que j’avais eu raison de m’être senti observé. C’est un sentiment étrange et très fort. J’ai déjà raconté une anecdote sur ce sujet en rapport avec des loups. Ça m’est aussi arrivé avec des humains.

La physique quantique, celle qui régit les plus petits constituants de la matière, a mis en lumière un élément clé. Il est impossible d’observer des particules sans les perturber. L’observation fait partie intégrante de tout système quantique. Ainsi, ces particules soumises à notre observation réagissent différemment avec ou sans système d’observation.

44290e15bfc8e4a27e9c1633c5732579_L.jpg

En réalité, ce comportement est normal sans avoir besoin d’aller dans le quantique. Lorsqu’on mesure une tension électrique avec un voltmètre, celui-ci possède une impédance qui n’est pas infinie. Il dévie donc une partie du courant et fait légèrement chuter la tension qu’on espère connaitre. La mesure affecte la réalité puisque sans voltmètre, elle vaut x et avec le voltmètre, elle vaut x – a. Il est donc impossible de mesurer une tension sans l’affecter.

C’est aussi la raison pour laquelle les animaux ne réagissent pas de la même façon lorsqu’on les observe en les laissant tranquilles et qu’on les observe uniquement à partir de caméras. Encore faut-il que nous émettions l’hypothèse qu’ils ignorent leur présence et leur fonction.

1507999-dernieres-donnees-onu-indiquent-canada

Les Casques bleus de l’ONU en ont également une bonne idée. Observer perturbe le fonctionnement normal, réduisant ainsi les risques d’abus des autorités ou des rebelles. Leur rôle pacifiste n’est pas inutile, du moins dans la majorité des cas.

Observer ses enfants, ses ados, ne constitue donc pas un acte anodin. Parfois ils voudraient nous voir disparaitre, ça retient alors quelque peu leur fougue.

Placer des caméras de surveillance bien en vue n’a pas seulement pour but de capter des délits et ses auteurs, mais surtout de les empêcher.

Camera-video-surveillance-16.jpg

Ce concept de la mesure perturbante est fondamental pour comprendre différents mécanismes, tant physiques que psychologiques.

Même si parfois on veut observer sans être surpris, ça ne fonctionne pas toujours et rarement sur une longue période. On a alors besoin d’éloigner son système de surveillance de la cible et c’est ainsi qu’on se retrouve avec des satellites-espions ou des drones.

Souriez, on vous observe !

Image : theblackvault.comouterplaces.comlapresse.cacamera-surveillance.biz

L’hystérésis !

Dans l’article précédent, j’utilisais le terme « hystérésis » pour parler du retard que certains systèmes engendrent entre les actions appliquées sur eux et les effets qu’ils dégagent par la suite. Une courbe vous montrait à quoi pouvait ressembler ce comportement. Je vous la remets.

Hysteresiscurve.svg

Ce mot d’origine grecque semble posséder la même racine que le mot hystérie et si vous le croyez, vous n’avez pas du tout tort. Ces deux mots ont bien une racine commune. Mais ne ratez pas la suite de cet article, car elle risque de vous surprendre.

À première vue, il n’est pas du tout évident de voir quel lien peut bien entretenir un mot désignant un retard entre la cause et l’effet avec un autre mot résumant un état de la conscience compris entre l’hyper réactivité et l’illogisme.

Je tiens à souligner ici à vous, mesdames, que la suite vous concerne directement. Je tiens également à vous dire que je n’ai pas écrit l’Histoire, je la raconte simplement sans la juger, elle ou ses acteurs.

Les racines grecques « hustora » à l’origine d’hystérie et hystérique, ainsi que « hustorein » à l’origine d’hystérésis signifient respectivement « utérus » et « être en retard, retardé ».

On saisit facilement le lien entre utérus et retard lorsque celui-là occasionne celui-ci lors d’une insémination réussie.

Il existe donc un lien fort entre l’utérus et les mots hystérie et hystérique ! Eh oui. Tout à fait.

Nous les hommes, étant dépourvus de la matrice, l’hystérie se rapportait autrefois uniquement à des sujets féminins pris d’une affliction les amenant à devenir hystériques. Ce trouble du comportement lié à leur utérus était traité par certains médecins, tous masculins à l’époque, qui croyaient sincèrement pouvoir le régler avec certains traitements appropriés.

Leur façon de faire passer l’hystérie était de donner aux femmes des massages sur et dans les parties génitales féminines. Le terme précis utilisé aujourd’hui pour décrire ce traitement est la masturbation et il n’est plus vraiment prescrit, comme vous pouvez vous en douter.

Et voilà la petite histoire de l’hystérie essentiellement féminine. Étrangement, le nombre d’hystériques à cette époque a grimpé en flèche, une vraie épidémie. Les traitements apaisaient effectivement les humeurs des dames, mais les sursauts devenaient toujours plus criants les mois subséquents. Allez donc y comprendre quelque chose !

Image : astriddick.com

La valeur d’un secret et du silence

Si un de vos secrets vous démange au point de le révéler à un ami, ne vous attendez pas à l’inverse puisqu’il n’est tenu à aucun secret professionnel. Ne lui en veuillez donc pas si votre secret s’est envolé puisque vous lui avez donné l’exemple.

Il existe aussi les faux secrets. Cette confidence sur un tiers destinée à être rapportée, mais dissimulée en secret auprès d’une personne réputée incapable d’en garder un pour elle-même. L’objectif est évidemment de trouver un canal de communication fiable tout en évitant de se faire pointer du doigt pour avoir diffusé une vacherie ou une fausseté. La personne rapporteuse se fait entuber, mais ne doit s’en prendre qu’à elle-même. Mousser son ego en se croyant seule en possession d’une vérité risque de lui coûter très cher. Les manipulateurs excellent à ce petit jeu et les naïfs complexés sont leurs victimes préférées.

Lorsqu’une personne vous dévoile un secret, une confidence, la meilleure attitude à adopter est toujours de se la fermer. Garder son secret est gagnant à tout coup. Le silence devient le meilleur moyen d’obtenir plus de confidences, même de la part de personnes inconnues qui ressentent souvent cette capacité à se tenir coi. Un secret est parfois un petit trésor. En le diffusant, vous éparpillez sa valeur plutôt que de la garder pour vous seul. Et si le secret n’est rien de plus qu’une fausse rumeur, vous ne serez jamais pointé du doigt pour avoir répandu une fausseté.

La meilleure stratégie consiste à faire parler les gens, tout en se taisant totalement sur soi-même ainsi que sur les autres. Ainsi vous conserverez des trésors, dont les vôtres.

Et l’amitié? Personne ne se plaint d’avoir un ami attentionné et muet comme une carpe. En contrepartie, si un de vos amis cherche à connaitre vos secrets, sachez qu’il ne les conservera certainement pas. Une tombe ne court jamais après vous. Elle attend toujours que vous veniez à elle.

L’anticonformiste et les autres

Vous êtes-vous remis de la journée d’hier? Moi, pas. Les douceurs valentines, c’est comme de la crème fouettée. Trop, ça écœure. Des gens avec qui on n’a aucune intimité, aucun besoin de clamer un amour quelconque nous noient dans des mers de bonbons, de courriels nous disant combien ils nous aiment et nous ensevelissent sous une montagne de trucs achetés au magasin à 1 dollar ou euro.

Quel est ce besoin viscéral de transformer un événement censé être quelque chose en quelque chose d’autre? Ouais, pour ceux qui ont lu mon article d’hier dans lequel je voulais transformer la Saint-Valentin en Saint-Ex, je semble appliquer ce que je dénonçais. Ce n’est pas totalement faux, mais pas entièrement vrai non plus. En le lisant, vous comprendrez qu’hier, je dénonçais la célébration annuelle d’une action censée être un truc vécu au quotidien.

Aujourd’hui, je m’en prends à ceux qui encouragent la commercialisation à outrance d’un événement qui ne devrait pas l’être. Tout le monde se plaint que ces fêtes sont devenues outrancièrement commerciales, mais quasiment la totalité des gens achète ces bébelles inutiles qui transforment un événement déjà blet en un événement pourri. Ça ne vous est jamais passé par la tête que si vous n’achetiez rien, il y en aurait moins sur les rayons?

Ah! Oui. C’est vrai. Le fameux slogan «tout le monde le fait, fais-le donc!» Faire comme la plupart du monde pour éliminer les possibilités d’être pris en flagrant délit d’anticonformisme. Rechercher de la distinction à tout prix, mais être tout aussi convaincu de devoir absolument rester dans le moule.

Ça ne marche pas comme ça. L’anticonformisme n’est pas un outil supplémentaire pour se faire plus d’amis. On se fait peut-être plus de connaissances, pas plus d’amis, c’est certain, croyez-moi.

Le vrai anticonformisme transforme ses adeptes en gens grognons et haïssables. Personne de normalement constitué ne veut ça, ils achètent plutôt un plein panier de cochonneries au magasin à 1 $ €. Être haï n’est pas l’objectif des critiqueurs. Ça vient tout naturellement pour deux raisons.

La première est que ces personnes sont capables d’anticiper des événements qui restent totalement obscurs à l’ours moyen. Ça fait donc d’eux des critiqueurs alors qu’ils sont seulement en train de dénoncer les trucs que l’humanité finira par dénoncer dans quelques années ou décennies.

La seconde raison est plus pernicieuse. Les anticipateurs dénoncent des trucs que la plupart du monde voit, mais qu’il faut garder cachés par peur d’avoir honte si jamais ça devenait admis. Ainsi, dès que l’anticonformiste ouvre le moulin à parole, il plante un miroir à la face du monde qui cherche absolument à éviter de se regarder. Alors, haïr les empêcheurs de tourner en rond reste l’arme idéale.

Évidemment, vous comprendrez que je ne parle pas de tous les anticonformistes, mais d’une certaine tranche également incapable de blairer les criticailleurs de tout, de rien, qui n’ont aucun argument valable à présenter et à défendre et qui ne voient rien ni devant ni derrière.

Adopter un rôle important et impopulaire, celui d’un anticonformiste, oblige à verser un lourd tribut. C’est celui d’être ostracisé, au mieux être détesté. Alors, vous avez entièrement raison d’acheter le panier de chinoiseries et de distribuer des cœurs en chœur pour rester au cœur (décidément!) de la société.

Mais soyez gentils à l’occasion avec ceux qui ont fait le choix de rester dans les franges. Choisissez n’importe quel autre moment de l’année que le 14 février pour leur dire qu’ils ne sont pas entièrement haïssables, peu importe si vous ignorez leur utilité, ou même si vous ne voulez absolument pas l’admettre.

La fête la plus idiote de l’année

Je ne comprends pas ceux qui fêtent de la Saint-Valentin. La fête des mères et des pères, ça passe parce qu’on peut ne pas les voir souvent durant l’année. Mais si vous vous sentez dans l’obligation de fêter votre couple une fois l’an, entre vous et votre chum ou votre blonde, ça ne va pas très fort ! Et si votre couple bat de l’aile à ce point, coupez-les-lui une fois pour toutes. L’avantage collatéral sera que vous n’aurez plus à célébrer la fête la plus idiote de l’année.

Dans un couple, chaque occasion de se voir devrait être une célébration. Si la Saint-Valentin est le seul moment de l’année où vous osez déclarer à votre partenaire que vous l’aimez, vos paroles doivent mal passer dans votre bouche. Un relent de vieux chausson sale peut-être ?

Inversez le processus. Dites-vous que chaque jour de l’année est la fête de l’amour et que la Saint-Valentin est le seul moment où vous avez le droit et la possibilité de vous abstenir de toute forme de manifestation amoureuse.

Vous gardez tout de même le droit de lui dire « je t’aime chéri(e) » parce que lorsqu’on le dit tous les jours, on se sent mal en dedans quand on éclipse ces petits mots pour plus de vingt-quatre heures et ça évite d’être aux prises avec les rots de chausson sale.

Aujourd’hui, je peux alors dire toutes mes anciennes amantes que je vous aime. Oui, c’est comme pour la fête des pères ou des mères. Quand on ne se voit pas souvent, on peut se le dire une fois par année. Alors, pourquoi ne pas nommer cette fête du 14 février la Saint-Ex ?

Jeu de pouvoir

Aujourd’hui, j’aimerais proposer un sujet de réflexion dans une forme différente. On pourrait en dire long sur ce sujet, mais j’ai préféré le faire sous la forme d’un simple quatrain. Le texte est extrait d’une discussion tenue entre deux de mes personnages. Il a ensuite et adapté puis mis en forme pour les besoins présents. Parfois, en dire moins permet d’en dire plus puisque le silence permet au lecteur d’y faire correspondre ses propres expériences. Voici donc le quatrain.

On me traite de paranoïaque
Cette insulte ne m’est pas destinée
Elle s’adresse à ceux qui pourraient me croire
Car mes dénigreurs se savent maintenant démasqués

Image : we-heart.com

Une boite d’un nouveau genre pour un Boxing Day plus inspirant

Hier, c’était la fête de la boite ou de la taloche, selon le sens donné au mot « boxing ». Il invite les gens à ne pas oublier qu’ils sont d’abord et avant tout des consommateurs. Ici les magasins ouvrent leurs portes à 13 h. Afin de profiter des meilleures offres, certains individus font la file durant plusieurs heures, allant même jusqu’à apporter chaise pliante, doudou et thermos rempli d’on ne sait quel liquide ayant la fabuleuse propriété de rendre idiot.

Il fait actuellement -12 °C et -22 °C si on tient compte du facteur éolien. Ce n’est pas très froid pour cette période de l’année. Demain, le mercure frisera le -35 °C et le facteur éolien va donner l’impression que notre peau est soumise à un -45 °C. Mais ce -12 °C ne semble pas encore suffisamment froid pour briser la volonté ou l’entêtement ou la stupidité de ceux faisant le pied de grue devant les portes d’un magasin de bébelles.

En tant qu’humain, j’ai honte du comportement de mes semblables. Je ne saurai quoi dire aux extraterrestres lorsqu’ils me questionneront sur le sujet. Mettre ses orteils et ses lobes d’oreilles en gage dans le but de dépenser de l’argent pour un objet qu’on revendra peut-être immédiatement sur internet est, selon moi, le comble de ce que la société de consommation nous apporte. Évidemment, si on essayait de se procurer ces articles pour ensuite les donner aux moins bien nantis, ce serait un geste courageux et vertueux. Évidemment, aucun de ces consommateurs n’est empreint de cette bienveillante intention.

Nous avons accueilli durant ces derniers mois plus que notre part de réfugiés. Des gens qui, souvent, ont utilisé leurs derniers sous pour payer un taxi les amenant à l’un ou l’autre de nos postes frontaliers, pour fuir les purges du gouvernement étasunien qui veut retourner dans leur pays les gens accueillis durant ces dernières années.

Ce serait un beau geste de la part des propriétaires de magasins s’ils préparaient pour le Boxing Day un tas de boites remplies d’articles à l’attention des réfugiés nouvellement arrivés. Ce faisant, le Jour de la Boite prendrait un tout autre sens, un sens alliant charité et hospitalité, amour et entraide.

Les citoyens pourraient eux aussi contribuer en déposant leurs surplus de cadeaux dans ces commerces. Les boites se multiplieraient et enfin, le Boxing Day deviendrait aussi bien le jour des boites que celui de la taloche. Des taloches dispensées à la pauvreté, à la surconsommation et à l’égoïsme.

Si vous aimez l’idée, partagez ce lien.

Le syndrome du capitaine Kirk

Aimiez-vous le capitaine James Tiberius Kirk ? Auriez-vous désiré vous comporter comme lui ?

Oui, oui, celui-là même qui a affronté tant d’ennemis qu’il est devenu un modèle de courage et de sang-froid, d’imagination et de débrouillardise !

Jeune, j’ai fait partie de la génération qui a regardé chaque émission un nombre incalculable de fois. Toutefois, le personnage principal n’a jamais été pour moi un héros ou un modèle à suivre. Je ne possède pas cette faculté, je pourrais dire ce défaut, de transformer ses comportements d’autrui en désirs. Je gardais et garde encore une bonne distance entre la fiction et la réalité. Mon intérêt se portait plus sur les créatures qu’il rencontrait et sur le développement des intrigues que sur les exploits d’un héros en mal de sensations fortes. Par contre, j’aimais bien ce trio d’amis dépareillés faisant l’éloge de la différence.

Plus tard, j’ai compris plusieurs choses au sujet de cette série et surtout de son personnage principal. Tout d’abord, ses quatre traits de caractère présentés ci-devant n’étaient pas les plus importants. Le personnage était d’abord et avant tout d’une témérité suicidaire. Pire, il entrainait dans son sillage l’ensemble de son équipage et bien des pertes humaines étaient principalement dues à son entêtement à ne pas suivre les règles pour le simple plaisir de ne pas suivre les règles.

Bien entendu, la série aurait été d’un ennui mortel s’il avait fallu qu’il soit timoré ou qu’il suive aveuglément la procédure. Et voilà exactement où la fiction doit rester de la fiction. Mon père utilisait cette formule : « Il s’en sort parce que c’est arrangé avec le gars des vues. » Et c’est parfaitement exact. Peu importe les étourderies, niaiseries, imprudences ou imbécillités du capitaine, le gars des vues faisait mourir et vivre ceux qu’il voulait sans égards à leurs mérites ou exactions. Mais dans la vraie vie, les chances de crever croissent avec l’usage de la stupidité et quand notre numéro est tiré, il n’existe pas de seconde chance. Ce serait moins catastrophique si la mort ne durait pas si longtemps, malheureusement, on la dit éternelle. On a le temps de s’ennuyer solidement !

Cette propension à imposer aux autres des dangers inconsidérés que l’on veut soi-même défier est animée par un amalgame funeste de comportements essentiellement axés autour de sa propre personne insouciant des dommages collatéraux. J’ai connu quelques personnes dans ma vie qui se comportaient de façon assez semblable au capitaine de l’Enterprise. Des gens infus d’une inutile témérité portant préjudice à leur entourage. Des conséquences parfaitement évitables s’ils s’étaient servis d’un minimum de jugeote. C’est pourquoi j’ai inventé cette entité psychologique facilement reconnaissable qu’est le syndrome du capitaine Kirk.

Mon prochain article décrira une activité à laquelle j’ai participé en compagnie d’un émule de JTK.

Photo: Radio-Canada.ca

Les Petits-Gris — 3 — Et s’ils étaient inventés ?

Ce troisième article traitant des Petits-Gris est moins factuel et ne traitera que de la possibilité qu’ils soient simplement issus de l’imagination des gens. J’aborderai la question des conséquences liées à leur éventuelle réalité dans un quatrième article. Mais tout d’abord, voyons si cette apparence qui aurait pu avoir été entièrement inventée possède quelque rationalité.

Il existe des facteurs très logiques qui expliquent leur aspect à la fois semblable et différent de celui des Terriens. Tout d’abord, le plus important, ils se présentent sous des traits humanoïdes. L’humain étant, selon lui, l’être le plus évolué de sa planète, préfèrera imaginer des extraterrestres ayant la capacité de lui rendre visite sous une forme semblable à la sienne. Ça prend beaucoup d’audace, une bonne dose d’imagination, mais surtout beaucoup d’humilité, caractère souvent absent chez l’espèce humaine, pour inventer des extraterrestres pacifiques, très évolués et ayant l’apparence d’un cafard géant, d’une autruche ou d’un tricératops. Les inventer avec une vague ressemblance préserve l’estime personnelle, malgré l’obligation de leur reconnaitre des compétences scientifiques et technologiques supérieures. Ainsi l’humain espère faire comme eux et arpenter les étoiles à la recherche de civilisations rendues elles aussi à l’inflexion de leur évolution.

Toutefois, il n’est pas anodin de voir les extraterrestres qu’on surnomme les Petits-Gris affublés d’une constitution fluette. S’ils dominent largement les Terriens du point de vue technologique, ces derniers les supplantent sans conteste sur le plan physique. Un certain équilibre des forces en présence s’instaure entre l’homme et sa créature. Aujourd’hui encore, l’homme physiquement puissant jouit de bonnes considérations quasi instantanément de la part de ses semblables, car juger le potentiel physique d’un simple regard est chose possible. En revanche, l’intelligence supérieure ne se découvre qu’après avoir soumis les sujets à une batterie de tests et souvent la précision des résultats est fortement discutable. Les Petits-Gris ne supplantent pas les humains sur tous les plans puisque leurs capacités physiques, le plus important critère inconsciemment utilisé, restent bien en deçà de celles des habitants de la Terre.

Toujours dans le contexte où l’homme aurait forgé de toute pièce l’existence des Petits-Gris, leur discrétion ne se discute donc pas. On ne peut pas utiliser ce critère ni pour appuyer ni pour discréditer la thèse en leur faveur. Il en va de même de leur côté pacifiste, car s’ils étaient réels et guerroyeurs, il ne resterait plus beaucoup d’humains sur Terre pour tergiverser à leur sujet.

Inventer ce type de visiteurs permet à l’humain de diminuer son angoisse provoquée par le grand questionnement existentiel sur la présence possible d’autres formes de vies évoluées dans l’Univers et par incidence, sur la banalité de sa propre existence en tant qu’espèce distincte. Avec l’accroissement des connaissances, la place de l’humain dans l’Univers n’a cessé de régresser. Un jour viendra où il aura la preuve formelle qu’elle est effectivement très ordinaire. Ainsi, il s’y prépare en se projetant dans ce futur où il côtoiera des races venues des confins de la Galaxie ou simplement au tournant de son étoile voisine. Les Petits-Gris seraient donc la représentation de ses espérances plutôt que de ses frayeurs. Au cinéma on retrouve ces deux extrêmes par l’entremise de E.T. de Steven Spielberg qui s’inscrit exactement dans l’optique des mignons gentils, alors que le film Alien de Ridley Scott varlope dans la direction totalement opposée. Entre les deux, le choix des créatures est nombreux et varié. Les Petits-Gris pourraient fort bien n’être rien d’autre que l’une d’entre elles. Ils auraient par contre bénéficié de la plus importante récupération en dehors des salles de cinéma. Voilà peut-être un bon moyen de contrôler la xénophobie galopante inhérente à notre race.

Dans la communauté ufologique, il existe un phénomène relativement bien connu que je nomme abduction. On peut considérer ce terme comme un calque de l’anglais. Je l’utiliserai tout de même, et ce malgré l’usage des mots enlèvement, rapt, kidnapping ou même ravissement. Le mot abduction possède déjà deux définitions bien différentes en français, mais je rajouterai cette troisième qui consiste à enlever des gens, les amener dans un laboratoire, communément à bord d’un vaisseau spatial, afin de leur faire subir différents tests scientifiques pour ensuite les ramener à leur point d’origine. Toute cette opération s’effectue sans violence, mais sans consentement, car les sujets disent avoir été paralysés. Un gap temporel associé à un trou de mémoire est remarqué au moment du retour.

Les personnes abductées auraient subi un lavage de cerveau afin d’effacer ces moments traumatisants de leur mémoire. Cette dernière opération semble plus ou moins bien fonctionner, puisque les gens disent souffrir de différents maux post-traumatiques. La résurgence de certains moments parviendrait à se faire sous hypnose. Certains témoignages de gens sans aucune relation entre elles concordent sur plusieurs points, dont l’apparence des ravisseurs qui est souvent associée à celle des Petits-Gris.

Si on applique le principe du rasoir d’Occam qui consiste à choisir la cause la plus simple comme étant généralement la vraie, nous devons accepter que ces abductions ne soient que de mauvais rêves effectués en état de semi-conscience au moment de s’endormir ou de se réveiller. La paralysie s’explique par un trouble du sommeil appelé parasomnie. Cette maladie est bien connue, très bien documentée, et aucun extraterrestre n’envahit les cliniques du sommeil lorsque les patients vivent une crise qui provoque les effets paralytiques décrits par les abductés.

N’en déplaise à bien des gens, ces abductions hypothétiques ne sont pas des preuves évidentes et convaincantes de l’existence des extraterrestres parmi la population, puisque des cauchemars associés à des phases de parasomnie pourraient causer les mêmes douloureuses réminiscences. Toutefois, à l’inverse, l’existence avérée de cette maladie ne peut pas totalement exclure de possibles abductions. Un détail étrange a toutefois été rapporté à plusieurs reprises par des personnes différentes. Il semblerait qu’une fois à bord de leur vaisseau, les gens auraient été confrontés à des Petits-Gris passablement plus grands que ceux décrits habituellement. Cet élément aura son importance dans le prochain article qui tentera de répondre à la question inverse: «Et si les Petits-Gris n’étaient pas inventés?»