C pour cascade

J’ai choisi la troisième lettre de l’alphabet pour le troisième article du blogue consacré à parler d’un mot commençant par une lettre. Après le D et le Y, voici le C et le mot choisi est « cascade ».

 

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Une cascade est une succession de chutes d’eau. C’est aussi une prestation physique exécutée par un acteur ou une doublure appelée cascadeur. On voit le lien lorsque les cascades cinématographiques consistaient essentiellement à l’époque à débouler des marches. Aujourd’hui, on distingue les cascades des effets spéciaux, mais avant au cinéma, une cascade était l’un des seuls effets spéciaux possibles.

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Une cascade naturelle est à distinguer d’une chute et d’une cataracte. C’est une chute composée de plusieurs paliers alors qu’une chute n’a qu’un seul saut. Une cataracte est une chute importante sur un grand cours d’eau, habituellement un fleuve.

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Il existe des cascades artificielles permettant d’évacuer les crues tout en brisant le potentiel destructeur de l’eau. Les marches du géant à la centrale hydroélectrique Robert-Bourassa au Québec sont un bon exemple d’une cascade artificielle avec ses 10 marches de 10 mètres de hauteur et de 122 mètres de longueur chacune. Lors des crues printanières, le barrage laisse aller son trop-plein, son « carburant », sans pouvoir le harnacher. Heureusement, les précipitations futures de pluie et de neige remboursent ce sacrifice.

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La cascade se retrouve dans une très grande quantité de peintures chinoises de paysages. Dans le symbolisme chinois, la cascade compose avec la montagne le yin et le yang. L’eau coule et descend, la montagne est immobile et monte vers le ciel. Le mouvement élémentaire de la cascade représente la force indomptée et le mouvement continuel. C’est le symbole de l’impermanence opposé à celui de l’immutabilité.

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Mont Rainier

La ville de Seattle est facilement reconnaissable sur des photos ou des prises de vues par sa proximité de l’eau et par sa tour d’observation et de télécommunications très caractéristique.

Contrairement à ce que plusieurs pensent, Seattle n’est pas située sur les rives du Pacifique, mais d’un bras de mer intérieur nommé Puget Sound. Ainsi, la ville est séparée de l’océan par une chaine montagneuse.milkovi-334541.jpg

Un autre élément typique de la plus importante ville de l’état de Washington est la proximité du mont Rainier qui donne un aspect vraiment spectaculaire à cette ville. La montagne culmine à 4392 mètres au-dessus de l’océan. Étant située à environ 90 kilomètres de distance l’une de l’autre, la superbe montagne se découpe parfaitement en arrière-scène comme on peut le remarquer sur la photo précédente.

Aux sommets éternellement enneigés, le mont Rainier est en fait un volcan en dormance, mais bien actif. Il pourrait surgir à tout moment. Sa dernière éruption remonte à l’année 1894. Il est considéré comme le troisième volcan le plus potentiellement dangereux des É.U.A. Lorsqu’il entrera en éruption, les premières effusions feront fondre toute cette neige et cette glace des glaciers et transformeront ses flancs en coulées de boues monstrueuses. Elles dévaleront dans la vallée en contrebas et prendront le chemin de quelques petites villes vivant à ses pieds.

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La première localité à être touchée par les lahars (coulées de boues de nature volcanique) sera probablement Tacoma. Peu de choses de la ville seront préservées malgré les 65 kilomètres qui la séparent du cratère d’où s’échappera la lave. Seattle ne se situe pas bien loin au nord de cette localité et l’on prévoit que plusieurs quartiers seront dévastés par la boue advenant une éruption.

Mais la boue n’est que l’une des calamités qui attendent les résidents des environs. Le stratovolcan laisse présager pire calamité. Il fait partie de la même chaine des Cascades que le tristement célèbre mont St Helens qui, en 1980, entra en éruption dite pyroclastique. C’est en fait une façon de dire que le volcan explose en une ou en plusieurs nuées ardentes de plus de 500°C qui dévalent les flancs à des vitesses ahurissantes en brûlant tout sur leur passage.

D’autres volcans ravageurs bien connus sont du même type que le mont Rainier : le Vésuve, le Krakatoa, la montagne Pelée, le Santorin, tous de sympathiques voisins qui ont déjà fait table rase dans le passé en réglant leurs différends avec les humains en les effaçant de la surface de la Terre. Oui, le mont Rainier est un candidat pour être pris des mêmes sautes d’humeur que ces tristement célèbres volcans explosifs.

Bon d’accord. Rien pour le moment ne laisse présager le pire. La montagne est bien tranquille malgré quelques fumerolles occasionnelles, mais elle laisse tout de même planer un danger sur plus de 1,5 millions de personnes aux alentours !

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Ce n’est que l’un des volcans dans le monde où la population s’est agglutinée autour d’eux. La ville de Tacoma est même construite sur la dernière coulée de boues à avoir dévalé ses flancs. On sait ce qui en adviendra lors de la prochaine.

Mes questions restent les mêmes, que ce soit pour ce mont ou pour un autre du même acabit. Aura-t-on le temps d’évacuer tout le monde lorsque la montagne montrera un début de colère ? Le verra-t-on seulement s’y préparer ?

La dernière grande tragédie mondiale fut le tsunami de 2004. Un quart de millions de gens sont morts. Je redoute une tragédie qui fauchera un million ou même plusieurs millions d’individus. Malgré tous nos systèmes de communication, les gens resteront piégés sur les routes et autoroutes transformées en énormes parcs de stationnement par les gens en panne d’essence.

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Et la mort viendra les faucher, là, incapables de fuir, pris comme des rats dans leurs belles bagnoles qui deviendront leurs tombeaux. Achetez-vous des motos, laissez tout derrière vous et surtout, n’y jetez plus aucun coup d’œil, sinon vous partagerez le sort de la femme de Loth, mais au lieu du sel, votre corps se couvrira de cendres après avoir été brûlé jusqu’aux os.

Disparition d’oiseaux en Oregon

L’Oregon est un état de la côte ouest des USA. Il se situe entre le nord de la Californie et le sud de l’état de Washington. La plaque tectonique Juan de Fuca s’insère sous le continent américain à la hauteur de cet état. Sa principale ville est Portland.

Plusieurs résidents de cette ville et de ses environs ont noté un étrange silence des oiseaux depuis quelque temps. Ont-ils disparus ? Restent-ils muets pour une quelconque raison ?

Le chant des oiseaux sert en période des amours à démontrer ses capacités et sa vigueur, mais il sert également pendant et après la couvaison pour avertir le mâle de rentrer au nid avant que madame ne se fâche et qu’il est mieux de ne pas avoir oublié de rapporter trois vers de terre bien dodus.

Les couples peuvent s’entendre et se répondre sur d’assez bonnes distances et les chants font partie de leur quotidien. Alors lorsque les oiseaux cessent de pépier, il y a de quoi s’inquiéter.

La plupart des oiseaux migrateurs vont retourner à leur point d’origine. Pour changer d’endroit où ils vont couver, il faut des conditions environnementales particulièrement désastreuses. Ça arrive également lorsqu’il existe trop de couples nicheurs et que le territoire est saturé, ou lorsque la prédation devient trop importante.

On associe également l’absence d’oiseaux à des désastres naturels. On les soupçonne de sentir le comportement de la Terre et de fuir devant des catastrophes en devenir.

L’Oregon étant un état américain susceptible d’être frappé par des séismes majeurs ainsi que par des explosions volcaniques. L’état est traversé du nord au sud par la chaine des Cascades, une série de volcans éteints, en sommeil et actifs dont le mont Hood, le sommet le plus élevé culminant à 3426 m et toujours considéré comme actif.

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Le fait que le silence aviaire dure depuis un certain temps conforterait plutôt la thèse de leur absence plutôt que de leur mutisme. On a observé partout dans le monde des silences de la faune juste avant qu’il ne survienne des catastrophes majeures, mais pas des semaines durant. Alors celui de l’Oregon n’a peut-être pas à inquiéter.

Mais qui sait ?


Photo : Oregon’s Mt. Hood Territory.
Carte : oregonencyclopedia.org

Un dragon endormi

18 mai 1980. Un suspect est sous haute surveillance. Malheureusement, à 8h32, il tue plusieurs de ses gardiens en causant une explosion qui les prend par surprise. Ce drame se passe aux États-Unis dans l’état de Washington. Le coupable est le mont Saint Helens. Il crache une quantité impressionnante de cendres en plus de raser tous les environs. La déflagration retranche 400 mètres du sommet du mont, mais surtout, il emporte la vie de 57 personnes.

Le mont Saint Helens fait partie de la chaine des Cascades qui comprend 27 volcans en Colombie-Britannique et dans trois états étatsuniens. En fait, malgré la violence de cette éruption de 1980, ce sera un rot à comparer à ce qui surviendra quand son grand frère, le mont Rainier, décidera de l’imiter. Cette superbe montagne, semblant un peu trop gonflée pour être inoffensive, engloutira la petite ville de Tacoma sous des milliers de tonnes de boue qui dévaleront ses flancs lorsque ses glaciers permanents fondront d’un seul coup.

La ville de Seattle risque également d’écoper lourdement ainsi que plusieurs autres agglomérations qui se trouveront dans le chemin des coulées de lave, de boue ou de coulées pyroclastiques et sous les cendres et gravats volcaniques qui pleuveront sur une partie importante de l’ouest des États-Unis.

Le mont Rainier est considéré comme un volcan dangereux et est surveillé en permanence. Il y a 5000 ans, une éruption a fait disparaitre 400 mètres de son sommet. Une coulée de boue monstrueuse s‘était alors frayée un chemin jusqu’à l’océan Pacifique en se jetant dans le Puget Sound. Ce scénario risque de recommencer bientôt. Une fois de plus, un volcan nous rappellera que la Terre est dynamique et que nos vies sont bien peu de choses lorsqu’on se tient trop près d’un dragon endormi.

Mont Rainier – Crédit photo: Lyn Topinka – USGS