La soutenable légèreté de l’être

La plupart des garçons et sûrement beaucoup de filles ont déjà joué au roi (reine) de la montagne. On monte au sommet d’une butte de neige ou de sable et l’objectif est d’atteindre le sommet. Ensuite, il faut y rester tandis que les autres cherchent à vous y déloger en vous poussant en bas.

Monter au sommet à plusieurs reprises épuise assez rapidement. Ce faisant, l’individu qui a bien calculé ses efforts et qui a affiné sa stratégie voit ses adversaires abandonner et il finit par devenir le roi de la montagne.

Jeune, j’étais passablement fluet, mais cela ne m’a jamais empêché de jouer à ce jeu même si mes chances de devenir le couronné étaient à peu près nulles. Je m’amusais bien, et ce malgré mes incessantes dégringolades au pied de la butte.

Un jour, mes amis et moi jouions sur une vraie montagne. Il n’était plus question de tomber puisqu’un précipice bordait un de ses flancs. L’objectif était cette fois-ci de ravir une pièce de tissu rouge. Donc on se poussait plus prudemment et dans des directions opposées à la falaise. Jeune, le danger potentiel rajoute une couche d’excitation, raison pour laquelle des accidents surviennent bien plus souvent à cet âge.

Malheureusement, mon faible poids a déjoué les pronostics d’un participant qui m’a involontairement fait virevolter en direction du précipice. Je reculais en faisant dos au vide lorsque j’ai perdu l’équilibre. Je me suis retrouvé assis sur tout juste sur le rebord de la falaise. Ensuite, mon corps, dos en premier, a inexorablement basculé dans le vide.

Bon, si je suis ici à vous en parler, vous savez que je n’ai pas perdu la vie ce jour-là. Non, en fait, on m’a secouru. Le bon samaritain en question, le voici.

Mon dos basculait directement dans le vide, subitement, je l’ai senti appuyé sur un tout petit arbrisseau de pas plus de deux ou trois centimètres de diamètre. Si je m’étais retrouvé tout juste un peu plus à gauche ou à droite, c’en était fini. Mon corps oscillant dangereusement au-dessus du néant, le végétal risquait à tout moment de déraciner. Je suis resté suspendu ainsi entre terre et Ciel durant plusieurs secondes jusqu’à ce qu’un ami un peu plus alerte me tende la main afin de me tirer de ma fâcheuse position plus qu’instable. Le plus étonnant est que cet arbrisseau était l’unique à pousser le long de cette falaise et j’ai eu l’incroyable veine de tomber directement sur lui.

Cette journée-là, si mon faible poids a presque causé ma perte, c’est également grâce à lui que l’arbuste a pu résister à sa charge. Dans la vie, être désavantagé d’une quelconque façon ne représente jamais qu’une seule face d’une médaille. Ce jour-là, en l’espace de deux secondes, mon désavantage patent au jeu du roi de la montagne s’est subitement transformé en avantage salvateur. Cette expérience m’a fait apprécier ma condition physique qu’aucun autre gars n’enviait vraiment. Mais depuis ce temps, j’ai également cessé d’envier être aussi costaud qu’eux.

Et peu importe qui a gagné cette joute, ce jour-là le vrai roi de la montagne fut incontestablement l’être à la légèreté soutenable… par un simple arbrisseau providentiel.

Mon dernier Salon du livre de Montréal ?

Tout comme les librairies qui se transforment peu à peu en magasin de jouets, le Salon du livre de Montréal suit cette tendance amorcée depuis quelques années par ceux qui ont ou avaient la mission de vendre des œuvres en papier.

Autrefois reléguées à l’entrée et à quelques endroits moins achalandés du plancher de l’exposition, aujourd’hui on constate que les enfants sont rois partout dans le salon.

Je suis heureux pour eux qui peuvent maintenant s’abreuver à bien plus d’œuvres que les seules bandes dessinées ou les livres pour bébé comme ce fut longtemps le cas. On trouve aujourd’hui une multitude de collections visant tous les âges de l’enfance et de l’adolescence. Mais force est de constater que le livre continue sa transformation inéluctable en jouet.

Je louvoie sur une mer peuplée d’une myriade de petites pattes effrénées. Tous les grands kiosques arborent fièrement une ou plusieurs sections pour enfants. Mondialisation oblige, les gros éditeurs de sont regroupés et ont créé des entités encore plus importantes. Ils occupent la très grande partie des mètres carrés disponibles. Quant aux petits éditeurs, ils brillent de plus en plus par leur absence à cause de leur incapacité à se payer l’espace plancher devenu hors de prix par rapport à l’espérance des ventes.

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Ce salon autrefois riche en littérature de toutes sortes restreint maintenant beaucoup son offre en l’orientant de plus en plus vers le jouet. Évidemment, l’offre suit la demande qui ne cesse de régresser pour les livres papier ordinaires de plus en plus achetés en ligne en format électronique et qui ne demandent pas de subir tous les inconvénients reliés à la fréquentation d’une foire publique.

Je constate également que le salon se dégarnit. Beaucoup de l’espace plancher est maintenant aménagé avec des aires de repos de toutes sortes. Ça détonne par rapport aux « belles » années où la fatigue des clients ne semblait pas du tout inquiéter les organisateurs tellement la demande pour obtenir un espace pour installer un kiosque était grande.

Personnellement, je constate une certaine nostalgie, mais d’un autre côté, mon esprit résolument tourné vers l’évolution me fait dire qu’elle ne fait que suivre son cours normal. Ma peine provient de mes nombreuses années à travailler dans le fascinant domaine de l’impression et de l’édition. Je m’en remettrai.

Sauf que d’année en année, je me reconnais de moins en moins dans ce qui trône sur les rayons des éditeurs. Peut-être était-ce mon dernier rendez-vous puisque je n’ai plus de kids à emmener bouquiner. L’an prochain, je pourrais en emprunter un, question de revivre la magie de la découverte des livres en papier. Par hasard, vous n’en auriez pas un à me suggérer ?

L’humain orphelin

J’adore recevoir des commentaires, parce qu’ils m’aident à poursuivre ma réflexion sur un sujet ou ils me font dévier afin d’explorer une autre voie passionnante. Grâce à un commentaire de Sylpheline (j’abrège) en rapport avec mon article d’hier sur la vie intelligente ailleurs que sur Terre, j’ai eu cette réflexion.

J’ai pris conscience que l’humanité est un petit garçon, une petite fille, sans parents pour lui dire s’il fait bien ou mal. Alors il a inventé des pères célestes pour l’aider dans cette épreuve, pour lui servir de guide avec tous les avantages, mais aussi tous les inconvénients liés au fait qu’il se laisse guider par une invention figée dans le temps.

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L’humain est orphelin et il a peur, peur de lui-même, peur de ses semblables, peur de sa puérilité et de ses colères enfantines, peur du vide laissé par des parents inexistants et surtout il a peur de ses questions laissées sans réponses.

L’humain cherche encore ses parents et tant qu’il n’aura pas appris à se prendre en main, il restera un mioche enfoui au fond d’un placard qui s’invente des histoires pour faire disparaitre le monde extérieur si différent de celui qu’il voudrait connaitre. Il s’inventera des parents vivants temporairement absents qui l’aiment et qui pensent à lui.

L’humain est faible alors qu’il aime se croire fort. Il crie, il crâne, car il craint. Il appréhende de devoir finalement accepter de ne jamais connaitre ses parents. Alors il repousse ce jour en se rattachant à des croyances anciennes. Toutefois, celles-ci le retiennent prisonnier, l’empêchant de franchir la frontière entre le monde des enfants et celui des adultes.

Hier, j’écrivais que l’humain est intelligent, mais idiot. En fait, j’aurais dû utiliser le mot enfantin. Ce constat m’aide-t-il à plus aimer l’humanité ? C’est dommage, je dirais l’inverse. Selon moi, elle n’est plus une enfant, mais elle joue à le rester en faisant l’idiote. Et cette nouvelle donne empire l’état de mon estime à son égard. Hier encore, il me restait un peu de sympathie pour l’humanité. Aujourd’hui, je n’en suis plus aussi certain.

Images : Peintures de Suzor-Coté
– Dégel soir de mars Arthabaska
– Mon neveu

Usurpation maternelle

— Je m’insurge, je monte sur mes grands chevaux, je tempête, je me scandalise!

— Bon ! LeCorbot, quoi encore! Tu as perdu une plume dans ton oreiller?

— Tu peux bien rire, mais ce n’est pas drôle du tout. Mon statut de père me porte à me révolter contre cette odieuse usurpation.

— Explique qu’on en finisse!

— Tu sais, tous les bébés commencent à émettre des sons par mimétisme. Ils nous voient parler et tentent de faire comme nous. Toutefois, ils ne peuvent pas émettre n’importe quel son. Ils commencent donc par ceux qui leur sont les plus faciles. Et devine le phonème le plus facile à émettre.

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— Le «a», je suppose.

— Exactement. La voyelle «a» est la plus naturelle puisqu’elle ne nécessite qu’on ouvre naturellement la bouche et qu’on expire. Cet exercice engendre instantanément le son « a». Et une fois le son «a» maitrisé, quelle est la syllabe la plus facile à produire pour un poupon?

— «ma», probablement.

— Parfaitement. Une syllabe labiale composée d’une expulsion, les lèvres fermées, et d’une ouverture graduelle de la bouche.

— Je commence à comprendre là où tu veux en venir.

— Parfaitement. En répétant le son le plus facile à créer, les bébés forment le mot «mama». Mais ça ne fait aucunement allusion à leur mère! Ce sont elles qui ont récupéré ce son en se faisant croire que leur bébé les appelle. On connait la suite. Les bébés comprennent assez rapidement qu’ils obtiennent le sein, toutes les fois qu’ils prononcent ce son. Et comme les hommes sont dépourvus de glandes fonctionnelles, mama est irrémédiablement associée à la personne qui est en mesure de se dévêtir la poitrine.

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— Ainsi, mama ne signifierait aucunement la mère dans la tête d’un nourrisson.

— Les mères ont sauté sur l’occasion pour usurper cette syllabe en leur faveur en déviant son sens réel. Et les pères dans tout cela, ils sont totalement laissés pour compte.

— Va dormir, LeCorbot. Demain, tu n’y penseras plus.

— Je suis prêt à oublier mes récriminations à condition que lorsque je crierai «mama, mama», tu te dévêtisses pour me présenter tes seins.

— Cochon de pervers!

— Oui, ta paire vers le père vert.

— On verra, mon verrat!

— Faudrait te faire une idée, suis-je un oiseau ou un cochon ?

— Si Pink Floyd a réussi à faire voler un cochon, tu peux bien en faire autant.

— Eux, ils carburaient aux des substances tripatives.

— Et toi, tu m’as !

— Ouais, vu sous cet angle, tu as bien raison. Mama, mama !

Chasseuse de géants

Chasseuse de géants (v.f. de I kill giants) est un film belgo-britannico-américano-chinois réalisé par Anders Walter et paru en anglais en mars 2018. Vous pouvez le trouver sur Netflix sous sa dénomination originale anglaise et trame sonore en français.

D’une intelligence et d’une sensibilité rares, ce film s’adresse aux adolescents, aux parents et aux éducateurs.

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Il est dénué de tous les défauts que je déteste dans un film dont le sujet se prête à devenir moralisateur. Je ne vous raconterai pas l’histoire. Je vous conseille seulement de tenir bon même si parfois vous pouviez avoir tendance à vouloir le zapper.

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La jeunesse et certains problèmes auxquels elle fait face méritent amplement notre attention. Ce film possède la finesse de suivre le parcours de l’héroïne à deux niveaux qui s’emmêlent sans montrer aucune frontière, aucun saut d’un à l’autre. C’est génialement amené, tout bonnement parce que c’est vibrant de simplicité et de vérité.

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Il a été présenté en primeur au TIFF (Festival international de films de Toronto) le 9 septembre 2017.

Madison Wolfe dans le rôle principal de Barbara et Zoe Saldana (la verte beauté des Gardiens de la galaxie) dans celui de la psychologue Molly offrent des performances brillantes qui se tiennent loin de la caricature, une tendance naturelle pour le sujet et évitée avec grand art.

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Assurez-vous d’être émotionnellement réceptif avant d’entamer son visionnement. Le film ne vous tournera pas les sangs, mais sa beauté vous atteindra si vous la laissez vous toucher.

Au-delà de l’invisible

8 août 1982. Ce jour restera à jamais gravé dans ma mémoire. Moi, pour qui les dates me posent de sérieux problèmes, chaque année, pourtant, je regarde des photos… et je lui souris.

Mon fils est né ce jour-là. J’ai également su à ce moment précis que ma vie ne se déroulerait pas comme un conte de fées, sans être banale pour autant.

Devenir du jour au lendemain le père d’un enfant lourdement handicapé physiquement et mentalement m’a obligé à me poser des questions fondamentales et à y répondre rapidement. Vous me trouverez probablement bizarre, mais mes préoccupations les plus sérieuses à ce moment ne portaient pas sur le diagnostic ni les pronostics. De toute façon, ce n’était pas à moi à y répondre. Je me souciais de celles dont les réponses m’appartenaient.

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La plus importante fut : est-ce que je veux tenter de faire une différence dans sa vie ? Peu importe le temps que durerait l’aventure, je devais savoir si je l’acceptais, si je désirais lui donner mon espace, mon temps, mes énergies, mon présent ainsi que mon futur.

Ayant répondu par l’affirmative, mes problèmes avec les dates, les jours, les nuits, les ans ont commencé à ce moment précis. Le temps s’est transformé en un concept peu utile et même, je pourrais dire, nuisible à l’atteinte de mon objectif.

Mais qu’était donc cet objectif et quelle importance pouvait-il bien avoir pour lui sacrifier toute notion de temps ? Mon seul vrai désir se résumait simplement. Que mon fils puisse vivre heureux, et ce malgré son handicap.

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Cet objectif ne possède aucune courbe normalisée sur laquelle se baser pour évaluer son degré d’avancement. Il ne possède aucun jalon, pas de nombre de jours, aucun graphique, pas de marqueurs, aucune référence.

Au début, les progrès de mon garçon restaient invisibles pour tout le monde ainsi qu’à sa mère. Moi, j’en voyais. On me disait que j’inventais ce que je voulais voir. Je savais que c’était faux parce que je n’ai jamais cherché à voir autre chose que la réalité. J’avais réglé le problème potentiel de me cacher la vérité alors que j’avais tout juste onze ans.

Une nuit à cette époque, j’étais loin dans la forêt, il faisait nuit et j’étais seul dans ma tente. Le tonnerre frappait sans arrêt devenant plus terrifiant de minute en minute. Les éclairs fusaient si nombreux que la nuit se faisait jour. Le terrible orage déversait des torrents qui délavaient le sol forestier. Je me protégeais des intempéries à l’aide, ou malgré une tente sans plancher. Une rivière s’était invitée à faire des cascades dans mon habitacle de fortune et je pataugeais littéralement dans mon sac de couchage. Je grelottais de tous mes membres, j’étais transi et au bord de l’hypothermie. Une pensée fugace m’est tout à coup venue à l’esprit, je pourrais trouver refuge au fond de ma tête afin d’échapper à ce désastre.

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Sans jamais avoir su pourquoi, j’ai refusé net. J’ai préféré ressentir toutes les affres de cet orage plutôt que sombrer dans l’irréel. Cet épisode charnière m’a permis de connaitre un des mécanismes menant à la fuite, à la création de l’irréel, à l’abandon d’un présent concret détestable pour un rêve plus doux et agréable.

Sachant que je ne m’étais pas enfui dans ce monde, j’étais convaincu que mes observations concernant mon fils, aussi ténues fussent-elles, devaient être véridiques. Et progressant d’un iota invisible à un atome tout aussi intangible, le résultat finit par devenir visible aux yeux de mes proches, et ensuite à tout le monde.

La vie de Mathieu n’a pas été parsemée ici et là de quelques moments de bonheur. Il a vécu heureux la plupart du temps, plus que bien des gens normaux.

Atteindre cet objectif fut la plus grande et la plus belle de toutes mes réalisations. Pourtant, elle n’a tenu qu’à un fil, qu’à une seule capacité, qu’à une seule volonté, qu’à une seule certitude, celle de percevoir la réalité à travers et au-delà de l’invisible.

L’Univers est une indian pale-ale

La reproduction sexuée des humains permet le mélange des gènes des deux parents engendrant des humains tous différents les uns des autres. Cette particularité possède deux effets diamétralement opposés.

Le premier effet est d’engendrer de la diversité et empêche, par exemple, une maladie d’éradiquer 100 % de la population. Des individus anormaux permettront presque toujours à notre espèce de survivre. Le second effet est que cette diversité salvatrice tue aussi. Des gens naissent trop anormaux pour survivre ou pour vivre longtemps et normalement.

J’ai été papa d’un enfant né lourdement handicapé, un truc incompréhensible produit par cette reproduction sexuée et les aléas quantiques. Aujourd’hui, mon fils est décédé des suites de ses anomalies. Je n’en ai jamais voulu à la Nature d’avoir fait son travail en devenant un peu trop créative lorsque est venu le temps de façonner mon gars. Ça survient et on doit agir en conséquence. On rêve soi-même d’être né anormal pour être muni d’un troisième bras, mais comme tout le monde, on prend ce que la Nature nous a donné et on fait au mieux.

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J’écris ce billet aujourd’hui parce que c’était la fête des Pères ce dimanche et que les souvenirs sont toujours plus concrets durant ces occasions.

Si vous êtes vous-même aux prises avec une anomalie ou si vous vivez à proximité d’une personne possédant des différences peu enviables, j’aimerais simplement dire que le bonheur reste toujours possible. Le bonheur n’est pas tributaire de la normalité ou de la simplicité de nos vies, il est tributaire de nos sentiments face à ces différences qui ornent notre quotidien un peu ou très différemment.

À la question du «pourquoi», «pourquoi ça m’arrive», je me suis répondu que c’était pour me rendre meilleur et me permettre d’atténuer mes travers. À la question «à quoi ça sert», du but qu’avait l’Univers de créer cette petite personne si différente, je me suis répondu que, comme nous, l’Univers devait expérimenter s’il n’est pas en possession d’un excellent professeur ou s’il a de la difficulté à prévoir les résultats finaux avant de mettre ses idées en pratique.

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J’en suis donc arrivé à la conclusion que l’Univers est jeune et laissé à lui-même, sans surveillance et sans éducateur pour le guider. Ce n’est pas qu’il soit mal intentionné, un garnement ou même une peste, mais il n’a rien appris d’autre que la méthode essais-erreurs.

Confucius disait qu’il existe trois moyens d’apprendre. En réfléchissant, et en étant probablement guidé en ce sens, c’est le moyen le plus noble. En imitant, c’est le moyen le plus simple, le plus rapide, le plus efficace. En expérimentant, c’est le moyen le plus amer.

Le principal intérêt de l’amertume est qu’elle met en valeur les autres goûts. Autant dire que c’est le principe du coup de marteau sur les doigts. Lorsque ça nous arrive, on peut rager ou être content que les neuf autres doigts soient saufs.

Si la pensée de Confucius s’avère exacte, alors l’Univers goûte la roquette ou l’indian pale-ale, selon le choix de se préoccuper de sa santé physique ou de son moral.

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Flûte, alors !

Le seul instrument de musique naturel à produire un son presque pur est la flûte. La flûte n’a pratiquement pas de timbre puisque le timbre est une série de fréquences formant l’apparence musicale différente à chaque instrument. Puisque la flûte (bien jouée) génère globalement une seule fréquence (par note), son aspect auditif est le plus simple qui soit.

Donc, on aime cette simplicité ou on ne l’aime pas. Pour ma part, j’aime. J’ai joué de la flûte durant plusieurs années. Les enfants s’endorment facilement au son de la flûte. Ça les apaise et les rassérène tout à la fois. Les enfants dorment bien avec des bruits plaisants dans les oreilles. On va les voir, on leur caresse la tête, on les embrasse. Ils se sentent bien, en sécurité, aimés et toujours proches de nous.

La flûte est l’instrument portatif par excellence, uniquement surpassée par l’harmonica. Mais un harmonica chromatique, c’est compliqué à jouer à comparer à un harmonica diatonique ordinaire, tandis qu’une flûte traversière, c’est chromatique.

Je me spécialisais à accompagner des gratteux de guitare, des pianistes qui jouaient du populaire. Un guitariste peut utiliser un capot pour simplifier son jeu. Pas à la flûte où je devais jouer dans toutes les octaves. J’ai suivi des cours durant quelques années, mais je jouais surtout par oreille.

Jouer m’a permis de comprendre plein de subtilités et je n’ai plus jamais écouté de la musique de la même façon par la suite.

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Tentez de faire apprendre la musique à vos enfants. C’est un langage universel compris dans tous les pays et qui n’a aucune barrière générationnelle stricte autre que l’ouverture d’esprit. Ça leur apprendra également la persévérance et la modestie.

Essayez vous-même, il n’y a pas d’âge limite pour apprendre, seulement des pièces que vous ne parviendrez jamais à interpréter. Restez modeste et vous vous amuserez. Heureusement, il y a les slows. Puisque ça se joue lentement, vous les maitriserez rapidement et ça fait craquer tout le monde ! Plaisirs et succès assurés. Pour la suite, ça vous appartient.