Séismes, un mois en apparence normal

Depuis le dernier mois, l’activité sismique d’importance, c’est-à-dire 6,0 et au-delà sur l’échelle Richter, est essentiellement concentrée dans la région de l’Indonésie, de la Papouasie – Nouvelle-Guinée, des iles Fidji, du Vanuatu, de la Nouvelle-Calédonie, des iles Salomon et toute cette région située au Nord et au nord-est de l’Australie, aux jonctions de la plaque tectonique australienne avec les plaques pacifique, philippine et eurasienne. L’Australie poursuit son périple océanique au rythme de 6 à 7 cm par année vers des latitudes plus clémentes et pour ce faire, elle bouscule allègrement les joueurs qui occupent actuellement le terrain.

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D’autres tremblements de terre d’importance se sont produits en Russie orientale (iles Kouriles) et en Alaska (iles Aléoutiennes). Enfin, quelques séismes secondaires, mais assez inquiétants à cause de la population environnante, ont frappé le Guatemala à 5,7 et Haïti à 5,9.

Je constate dans le dernier mois le maintien de la moyenne d’un séisme d’importance survenant tous les deux jours et parmi ceux-ci, deux ont franchi la barre du 7 (7,0 et 7,5), conformément aux probabilités.

Ce mois peut donc être qualifié comme ayant été dans la normale statistique, mais la concentration importante des secousses presque au même endroit a tout de même de quoi étonner. Ces activités nous renseignent toutefois sur certains comportements de la croûte terrestre. Lorsque des régions ont vécu des épisodes de calme relatif comme ce fut le cas pour la région au Nord et au nord-est de l’Australie avant la récente reprise des activités s’ensuit une concentration de plusieurs séismes d’importance. Toutefois, la Terre aurait pu se déchirer d’un seul coup, ce qui aurait engendré un cataclysme comme on en a connu en 2004 et 2011 avec des secousses de magnitude 9,1 et 9,0.

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Un séisme d’une telle ampleur survient en moyenne une fois aux dix ans, mais savoir l’endroit où il se produira relève d’une science très inexacte. J’ai déjà ciblé la côte ouest de l’Amérique du Nord dans mon article sur la catastrophe Cascadia. Toute la région citée en début d’article reste toutefois le lieu le plus probable où surviendrait un tel événement. Cependant, on ne peut oublier de regarder en direction de régions moins fébriles, mais tout aussi susceptibles d’accumuler de grandes quantités d’énergie comme le long de la côte ouest de l’Amérique du Sud, les Caraïbes, l’Alaska, la Russie orientale et même l’Europe orientale et le Moyen-Orient.

Heureusement, nous prenons de plus en plus de précautions pour protéger la population des effets néfastes engendrés par ces catastrophes naturelles, mais jamais celles-ci n’empêcheront totalement des destructions massives et des pertes de vie en grand nombre. Le dernier tsunami survenu aux Célèbes en septembre dernier met fortement en lumière les faiblesses de nos protocoles d’intervention où les alertes au tsunami ont été levées juste avant son arrivée sur les côtes, tuant du même coup des milliers de riverains!

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Puisque la croûte terrestre ne cesse et ne cessera de se déplacer, de se fracturer, de se frotter et de collisionner, nous pouvons affirmer avec certitude que les séismes surviendront en suivant des lois de probabilités logarithmiques telles qu’actuellement définies et que ceux-ci continueront de nous faire trembler… de crainte et de tous nos membres.

Yellowstone, le cauchemar est-il commencé ?

Le parc de Yellowstone dans les états du Wyoming et du Montana aux É.U.A. abrite l’un des volcans les plus gros et les plus dangereux de la planète. Lorsque je me suis intéressé pour la première fois à ce supervolcan, personne n’en faisait de cas. Maintenant, on en entend abondamment parler, mais quel est l’état réel de ce volcan capable de créer un hiver permanent à la grandeur de toute la planète ?

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Comme dans toutes les disciplines scientifiques incomprises, les avis divergent énormément d’un spécialiste à l’autre. Cependant, aucun géologue n’est réellement spécialiste du Yellowstone. Pourquoi ? Parce que sa dernière éruption globale est survenue voilà 640 000 ans. Parce qu’il n’est pas un volcan comme les autres. Parce qu’il possède une taille totalement disproportionnée. Parce que ce genre de volcan – il en existe quelques-uns sur la Terre – n’est jamais entré en éruption de mémoire d’homme et ainsi, on ignore totalement leur comportement et leurs signes avant-coureurs.

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L’USGS (United States Geological Survey) estime à 1 sur 730 000 la chance d’une éruption récente, sans spécifier ce que le mot « récente » signifie. Un professeur de l’Université du Colorado croit, pour sa part, qu’il est dans une phase d’endormissement et qu’il ne se réveillerait que dans 1 ou 2 millions d’années. Pourtant, ce volcan possède un cycle éruptif relativement régulier tournant autour de 600 000 ans. Ce professeur a probablement été payé pour endormir les craintes des gens.

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Les geysers du Yellowstone connaissent actuellement une phase d’activités plus intenses. Ces jets d’eau et de vapeur restent néanmoins des signes relativement mineurs des humeurs du ténébreux volcan et ne devraient pas être considérés comme un oracle, toutefois ils ne peuvent pas être ignorés non plus.

Un autre signe très surveillé est l’activité sismique dans la caldeira. Dernièrement, on a noté une forte recrudescence du nombre de secousses, sommes toutes mineures, cependant ce regain d’activité inquiète certains spécialistes. On en dénombre maintenant plusieurs centaines par semaine. Ça ne semble pas poser de grandes angoisses pour l’instant, mais en colligeant tous les changements comportementaux du méchant dragon, je ne partage pas entièrement l’optimisme des géologues chargés de surveiller le sommeil du géant.

La prochaine éruption du Yellowstone atteindra le niveau VEI 8 sur l’échelle d’indice d’explosivité volcanique, le maximum possible. On le qualifie d’ultra-plinien apocalyptique puisque le monstre souterrain rejettera plus de quatre mille fois la quantité de cendres de l’explosion survenue au mont St Helens en 1980. Il recouvrira la moitié du sol des É.U.A. sous plusieurs centimètres de cendres rocheuses. Ses déjections atteindront la stratosphère à 100 km de hauteur et seront transportées à la grandeur de la planète. À cause de cette poussière omniprésente, la température chutera partout de plusieurs degrés, la photosynthèse s’effectuera très difficilement et causera des disettes et des épidémies catastrophiques un peu partout.

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Dans mon esprit, le Yellowstone se rapproche dangereusement d’une phase éruptive majeure, mais à l’échelle géologique, les temps ne se comptent pas en semaines ni même en mois. Nous aurons probablement le temps de terminer notre existence sur la boule bleue avant qu’il n’entame ses frasques, mais qui sait ? J’aurai peut-être la chance de regarder l’humain se faire remettre à sa place par la Nature qui lui montrera une bonne fois pour toutes qu’il n’a été qu’une vulgaire mouche agaçante à sa surface.

Le vent

Ce soir, il vente à décorner les bœufs, comme on dit par ici. Ça me rappelle l’époque de mes planches à voile, plusieurs années à faire le beach bum, à surfer sur les ondes lacustres et féminines. Ce vent nocturne souffle sur les braises de mes souvenirs.

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Je revis quelques journées d’intenses séances nautiques sur mes planches, à avaler des bouillons à répétition pour réussir une figure quelconque sur des eaux déchainées par des cieux noircis. Je revois ensuite quelques visages aux yeux enjôlés par mes airs de flûte joués devant un feu de camp odorant, réconfortant, intimiste. Je me rappelle les silences précédant les invitations à me suivre. Les baisers légers mais suggestifs de la nuit à venir. Puis les serrements chaleureux, les légers attouchements, les caresses prolongées, les élans du cœur, les ébats déchainés dans et sur les couvertures. Et le vent qui ne cesse de souffler, de rugir, de me parler, de me fouetter, de me transporter aux nues et à l’autre bout de la Terre.

Ces nuits à jouer au gentil protecteur pour des filles inhabituées à dormir à la belle étoile. Rassérénées enfouies au fond d’une impressionnante épaisseur de couvertures. Et moi, tout près d’elles, rassurant, réchauffant, caressant ces demoiselles vivant l’enivrant abandon.

Le vent, mon ami, mon allié, mon complice, LeCorbot virevolte et ne se pose jamais. Le temps passe comme le vent.

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Manger et gaspiller

Nourrir la population mondiale est un défi quotidien qui croit en importance avec le nombre de bouches. Pour en arriver plus ou moins à les satisfaire, on a créé des monocultures, des pesticides, et on laisse la déforestation s’amplifier afin d’accroitre l’ensemble des terres agricoles.

Ces techniques anti-écologiques arrivent à leur limite. Le prochain grand défi est la gestion du gaspillage. Environ 50 % de la production mondiale se retrouve aux déchets générés à tous les niveaux. Producteurs, transporteurs, importateurs, grossistes, transformateurs, détaillants, restaurateurs et consommateurs, ils sont, nous sommes tous responsables du gaspillage. En nous retrouvant à la fin de la chaine alimentaire, nous, consommateurs, sommes responsables d’une grande partie de ces pertes.

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Malheureusement, c’est lorsqu’on achète des produits frais et non des produits transformés que survient le plus de gaspillage. Chaque famille n’est pas experte en gestion de denrées périssables, pourtant, autrefois, lorsque les temps étaient bien plus difficiles, il était impératif que chaque famille ait sa spécialiste, en l’occurrence c’était la mère ou la grand-mère.

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Aujourd’hui, oui on économise en préparant notre propre bouffe, mais on fait face à de grosses difficultés de gestion alimentaire principalement dues à notre style de vie basé sur le travail et les activités. Par ailleurs, on continue toujours d’acheter beaucoup de produits transformés. Pain, pâtes, pâtisseries, confiseries, produits apprêtés congelés, yogourts, fromages, charcuteries, condiments, produits marinés, marinades, sauces, huiles, fines herbes, etc. Nous aimons dire que nous cuisinons, mais la plupart du temps nous ne faisons que des présentations de produits déjà préparés. Faire cuire un sac de pâtes et rajouter par-dessus de la sauce réchauffée, ce n’est pas vraiment ce qu’on appelle cuisiner.

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À propos de la violence

Par manque de temps, je n’ai pu terminer l’article faisant suite à celui d’hier sur les photons comme clé de compréhension de l’Univers. Ne vous en faites pas, ce n’est que partie remise, le sujet étant trop complexe pour le bâcler.

Je vous ai concocté cinq phrases concernant la violence. Vous pouvez enrichir la réflexion en en rajoutant une de votre cru dans les commentaires. 

– Nous possédons tous la capacité d’être violents

– User de violence prouve la faiblesse des arguments

– La violence est le dernier refuge de l’incompétence

– Le silence alimente la violence

– User de violence, c’est détruire l’innocence

Le photon et l’éternité

«L’éternité, c’est long, surtout vers la fin.»

Oui, même les citations peuvent se retrouver avec des problèmes de paternité. Celle-ci a été reprise par Woody Allen, mais il ne l’a pas inventée malgré les multiples références en ce sens. On l’attribue aussi à Groucho Marx dont le style correspond très bien à son humour décapant. Plusieurs y voient la main de Franz Kafka, écrivain autrichien ou tchèque selon un point de vue historique ou culturel, grand auteur pragois au cynisme acéré et avec lequel je partage un peu de noirceur. Nous partageons aussi notre patronyme puisque Kafka est une prononciation germanisée de Kavka signifiant corneille, une sympathique cousine malgré sa manie de crailler pour des riens. Excusez-la.

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Mais aujourd’hui je ne veux pas sombrer dans la noirceur, bien au contraire, je désire vous éclairer. Oui, vous éclairer sur les photons, ces minuscules grains de lumière dont l’une de ses propriétés s’avère plutôt sidérante. Celle-ci mérite qu’on s’y attarde et qu’on y réfléchisse au moins quelques secondes, je fais référence à son éternité.

La publicité vante faussement l’éternité des diamants, des cailloux de pur carbone incapables de supporter des chaleurs supérieures à 3547 °C sans fondre. Le photon se moque bien de cette piètre éternité galvaudée par le consortium du caillou transparent. Il n’est juste bon qu’à réfléchir les photons sur ses multiples facettes faussement éternelles. En bref, il est taillé pour mettre en valeur l’éternité du photon, pas la sienne.

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En revanche, j’aurais dû privilégier l’usage du terme intemporalité au lieu d’éternité pour parler du photon, ne m’en veuillez pas, les explications suivent.

Depuis notre connaissance de la relativité restreinte, nous savons que les photons sont intemporels dans le sens littéraire du terme. Un photon qui se promène nonchalamment dans le vide, selon son point de vue, le temps ne passe pas. Pour lui, le temps, tout bonnement, n’existe pas!

Oui, car toute particule sans masse se meut à la vitesse limite, plus communément appelée la vitesse de la lumière, à plus forte raison des particules… de lumière comme les photons!

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Selon la formule permettant de trouver le temps propre (t’) d’un objet par rapport à un temps de référence (t) lorsque celui-ci se déplace à une certaine vitesse, on constate que le facteur qui multiplie t devient zéro lorsque la vitesse (v) est égale à la vitesse de la lumière (c). Ainsi, la valeur du temps propre (t’) devient égale à zéro. Plus rien! Pfuitt! Le temps a disparu! Le photon ne voit pas le temps passer et en conséquence, il est réellement intemporel. L’éternité est son espace-temps.

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Ça semble plus qu’étrange, voire ésotérique, pourtant c’est la stricte vérité scientifique. Le temps ne fait pas que s’étirer lorsque la vitesse augmente, il parvient même à disparaitre totalement lorsque celle-ci atteint sa limite théorique, la vitesse de la causalité, la vitesse de la lumière dans le vide.

Comment comprendre ce phénomène réel d’intemporalité photonique alors qu’on peut mesurer sa vitesse à près de 300000 km/s, une vitesse non infinie? On mesure bien le temps que prend un photon lancé depuis la Terre pour se rendre à la surface de la Lune. On le constate dans les retards radio avec des astronautes, c’est près d’une seconde. Le photon semble donc avoir vieilli d’une seconde! Et pourtant c’est faux si l’on se reporte de son point de vue. Dans sa peau de photon, il n’a jamais vu le temps passer. Il est parti de la Terre et a instantanément atteint la Lune. Une sorte de saut temporel, ou plutôt un saut spatial accompagné d’aucune dépense de temps pour le réaliser.

Rassurez-vous, votre scepticisme a été partagé par les collègues contemporains à Einstein. Cependant, ce dernier avait raison et aujourd’hui, une avalanche d’expériences scientifiques le prouvent abondamment.

Alors qu’on regarde un photon prendre son temps pour nous parvenir des confins du cosmos, celui-ci se balade sans notion du temps passé. Même s’il parcourt 13 milliards d’années-lumière entre sa source et nos télescopes, selon sa propre estimation, il effectue ce déplacement instantanément. Le photon est réellement intemporel.

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Ne manquez pas de lire la suite de cet article intitulé «Penser l’Univers autrement» où cette caractéristique très particulière du photon nous permet peut-être de décoder certains des fonctionnements les plus intimes de l’Univers.

Téthys

Dans la mythologie grecque, cette benjamine des Titanides est née du ciel (Ouranos) et de la terre (Gaïa). Elle est une déesse marine archaïque, sœur et épouse d’Océan. Oui, tout comme Isis et Osiris, la fornication entre frère et sœur ne semblait pas poser grands problèmes de conscience aux anciens peuples, du moins en ce qui concerne les mœurs de leurs dieux.

Lorsque la mécanique de la tectonique des plaques a été comprise, les géologues ont cherché à remonter le cours du temps afin de retrouver les dispositions des continents à des époques de plus en plus reculées. À partir de différentes techniques comme la géologie comparative, l’étude des fossiles communs aux divers continents ainsi qu’avec le paléomagnétisme, les scientifiques sont parvenus à retracer l’évolution de la croûte terrestre au fil des milliards d’années.

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Comme l’Atlantique, les océans sont apparus et d’autres sont disparus lorsque certaines plaques tectoniques se sont rapprochées jusqu’à se percuter pour ensuite entreprendre le chemin inverse. Voilà 200 millions d’années, il existe un seul continent regroupant presque toutes les terres émergées, c’est la Pangée, dont le nom vient du grec pân (tout) et Gaïa (terre). L’immense océan Panthalassa, l’ancêtre de l’océan Pacifique, entoure ce supercontinent. À l’est de la Pangée on retrouve les océans Paléo-Téthys et Téthys plus au sud et quasiment fermés par des langues de terres formées la Chine et du Japon, ainsi que des côtes de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Inde alors au sud.

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Le Paléo-Téthys disparait entièrement tandis que le Téthys situé plus au sud suit la migration vers le nord des terres équatoriales. Téthys finira par ressembler à une mer en forme de C dans sa partie est, ses rives étant formées de la Roumanie, la Hongrie, l’Autriche, la Suisse, l’est de la France, le nord-est de l’Italie, la Slovénie, le Zagreb, la Serbie, la Bulgarie et enfin la Turquie et l’Iran.

L’océan Téthys s’est refermé lorsque la Pangée se disloqua et que les différents continents partirent à la dérive pour donner naissance à la Laurasie (Laurussia) et le Gondwana, mais également à la remontée de l’Inde jusqu’au Tibet. De cette ancienne échancrure océanique, ne subsiste que quelques mers dont la Méditerranée, la mer Noire, la mer d’Azov, la mer Caspienne et la mer d’Aral aujourd’hui quasiment asséchée et disparue.

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Aujourd’hui, les Alpes et l’Himalaya se soulèvent grâce à la fermeture de cet ancien océan. On peut également attribuer les séismes iraniens et turcs aux mouvements des plaques ayant conduit à la fermeture et à la disparition progressive du Téthys. Les volcans italiens, grecs, turcs et arméniens témoignent encore de ce passé bourré de collisions titanesques.

On prévoit que tous les résidus de l’océan Téthys finiront par entièrement disparaitre.

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Téthys, la déesse, la femme d’Océan, celle qui facilita le passage des Argonautes à la Scilla, ne subsistera plus malgré ses milliers d’enfants. Elle mourra écrasée, rabougrie puis asséchée tandis que son Titan de mari continuera d’entourer toutes les terres fertiles d’un air éternellement conquérant et concupiscent.

Le fond diffus cosmologique et la vie

Les scientifiques adhèrent en grande majorité au concept de la température idéale pour que la vie puisse se développer. Sans surprise, elle doit permettre à l’eau de rester liquide puisque ce précieux dissolvant anime les échanges chimiques entre les molécules. Toutefois, sa température d’ébullition peut grandement varier selon la pression atmosphérique locale et ainsi diminuer ou accroitre l’écart de température pour lequel l’eau reste dans son état liquide. Par exemple, à 200 hectopascals, l’eau bout à seulement 60,1 °C. Pour réussir des pâtes très dégueulasses, c’est l’idéal. En revanche, à 1 013,25 hectopascals, l’eau bout à sa température phare de 100 °C. Ainsi, sur des planètes ou des lunes ayant une atmosphère plus ténue que sur la Terre, la fourchette des températures favorables à la vie aquatique se rétrécit.

En science, les températures sont souvent données en Kelvin. Il existe une température absolue, une température limite inférieure impossible à atteindre. Elle vaut -273,15 °C. On a donc considéré cette température limite comme le zéro absolu et on lui a donné une unité, le Kelvin. Donc, 0 K et -273,15 °C sont des températures équivalentes. Ensuite, c’est facile puisqu’une augmentation de 1 °C donne la même augmentation de 1 Kelvin.

300 Kelvins (K) et 27 °C représentent donc la même température, une valeur idéale pour voir la vie foisonner.

L’espace intersidéral possède une température issue du Big Bang, aujourd’hui elle vaut environ 2,78 Kelvins. Celle-ci n’a cessé de diminuer depuis les origines de l’Univers. Il a donc existé un épisode où cette température avoisinait la valeur idéale pour l’évolution de la vie, une fourchette autour des 300 K.

Est-ce que des entités auraient pu naitre dans l’espace alors baignée dans cette douce température? Certains scientifiques le croient et osent même prétendre que des organismes intelligents auraient pu apparaitre lors de cet épisode particulier de l’histoire de notre Univers.

Cependant, ces entités n’auraient pas possédé un corps comparable aux entités biologiques que nous sommes et que nous côtoyons sur la planète. En l’absence de gravitation, ils auraient probablement adopté une forme sphérique, très étendue et d’une densité infime.

Si de la vie est apparue lors de ce moment unique dans l’évolution de notre Univers, elle n’aurait peut-être pas résisté au refroidissement ultérieur et il y a de fortes chances que ce type d’entité ne peuple plus l’espace. Toutefois, il aurait pu migrer vers des lieux susceptibles de maintenir une température élevée, comme à la surface d’une planète ou dans des nuages de gaz chauffés à 300 K.

Des entités invisibles pourraient donc habiter tout près de nous à notre insu, des ancêtres presque aussi vieux que l’Univers dans lequel nous sommes plongés, des entités flottantes, immenses, omniprésentes et pensantes, mais invisibles, évanescentes, informes, furtives et très discrètes.

La gravitation

J’aimerais vous partager un peu de mon enghousisame pour la gravitation, car ce phénomène, cette force, cet effet, ce sujet d’étude est plus que fascinant.

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En Grèce antique, elle n’était pas universelle puisque les observations montraient que la fumée montait. Ainsi, tout ne tombait pas sur Terre. Ils voyaient également que la Lune ne tombait pas. Les objets possédaient donc un lieu naturel auquel ils se raccrochaient, soit la Terre, soit le ciel.

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Par la suite, Galilée montre que la chute des corps est universelle et pourtant l’expérience avec des corps légers et lourds ne pouvait pas le démontrer à cause de la résistance de l’air plus perturbante pour les objets très légers. Dans le vide, tous les corps tombent effectivement de façon identique, mais pas sur Terre. Et pourtant, il ose le prétendre grâce à des exercices de pensée, mais certainement pas grâce à une expérience qui aurait prouvé qu’une plume tombe à la même vitesse qu’une pierre ! Sa démonstration à la tour de Pise est du folklore.

Newton fait faire un bond de géant à la gravitation avec sa loi montrant que c’est une force qu’exercent les objets massifs entre eux. Il en déduit une formule montrant que cette force est proportionnelle à la multiplication des masses et diminue en fonction du carré de la distance séparant les deux objets.

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Mais le plus impressionnant est qu’il établit un parallèle entre la chute des corps sur Terre et les orbites célestes en affirmant que la Lune tombe bien sur la Terre, mais sa rotation autour de notre planète fait qu’elle ne cesse de nous rater. Il découvre l’existence d’une constante gravitationnelle (G) identique pour tous les corps s’attirant dans l’Univers. La force gravitationnelle s’exerce sans aucune limite de distance et elle est instantanée. Il sait que cette force dépend des masses des objets, mais il ignore ce qui fait que la masse attire la masse.

Einstein saute ensuite sur l’occasion de déclasser la théorie de Newton en sachant que la force gravitationnelle ne peut pas s’exercer instantanément puisque rien ne peut dépasser la vitesse limite correspondant à la vitesse de la lumière dans le vide. Il a compris que la théorie de Newton n’est qu’une approximation d’une théorie plus générale. Il cesse de voir la gravitation comme une force. Il établit une équivalence entre la masse inertielle et la masse pesante. Il considère que la masse déforme l’espace-temps et c’est cette déformation d’autant plus importante que la masse est grande et dense qui fait courber les trajectoires des objets, leur imposant de tourner le long d’une courbe elliptique pour les planètes gravitant autour des étoiles et des lunes autour de leurs planètes.

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La théorie du grand homme parvient même à prévoir que le temps est modifié par le champ de gravité. Aujourd’hui, il suffit de surélever une horloge atomique de 20 cm pour commencer à apercevoir un décalage entre celle-ci et une autre restée bien en place. Il reste cependant encore une grande inconnue dans cette théorie, pourquoi la masse plie-t-elle l’espace ? Et si la gravitation n’est pas une force, comment la masse parvient-elle à déformer l’espace autour d’elle sinon en lui appliquant une force qui l’étire ?

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Mais le plus gros problème avec la théorie de la gravitation d’Einstein qu’on appelle la relativité générale se situe dans les extrêmes. Elle prédit correctement la formation des trous noirs, mais elle établit une densité centrale valant l’infini, ce qui cesse d’être de la physique. Même chose pour le Big Bang, la relativité générale considère qu’au temps zéro, l’Univers était infiniment dense, infiniment chaud et infiniment petit. Une théorie qui prédit des infinis n’est plus une théorie et là encore, on peut considérer qu’il existe une meilleure théorie que la relativité générale.

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Afin de se dépêtrer de ces dérangeants infinis, les physiciens inventent d’autres théories dont l’une semble prometteuse, la gravitation quantique à boucles. Cette théorie cesse de voir l’espace-temps comme étant continu, il devient discret, comme des atomes tous identiques d’espace-temps. On obtient alors des aires et des volumes minimaux et discrets, une sorte de maillage tridimensionnel où tous les petits volumes incompressibles sont reliés entre eux par un réseau de spins. Le plus grand spécialiste de cette théorie est l’Italien Carlo Rovelli. L’Américain Lee Smolin de l’Institut Perimeter au Canada a également apporté une importante contribution. Plus récemment on entend beaucoup parler du Français Aurélien Barrau, une étoile montante de cette théorie et un excellent vulgarisateur. Je le félicite également pour ses sorties remarquées en faveur de l’environnement.

Mais la gravitation n’a pas terminé de nous surprendre et de nous étonner. Récemment, la mise en lumière du boson de Higgs et du champ de Higgs nous éclaire un peu plus sur le mécanisme engendrant la masse. Cependant, des questions fondamentales demeurent, dont à savoir pourquoi les particules ont toutes des masses différentes et pourquoi elles ont les masses qu’on leur connait ?

Mais il y a pire. On ignore si la gravitation existe aux petites échelles. Et quand je parle des petites échelles, je ne fais pas seulement allusion au niveau des particules élémentaires, mais à tout ce qui se situe en deçà du dixième de millimètre à cause d’autres forces s’exerçant à ces échelles et qui masquent très efficacement les éventuels effets de la gravitation. Pour savoir si deux protons s’attirent par la force gravitationnelle, il faudrait pouvoir la discerner à travers la force électromagnétique qui les repousse avec un facteur 1030 fois plus important.

En résumé, on sait calculer plein de choses en rapport avec la gravitation, mais on ignore encore totalement ce qui la constitue et même si elle existe réellement. Si la gravitation reste l’effet le plus évident à l’échelle humaine, elle demeure la plus mystérieuse de toutes les interactions.

Univers simulé

« Tout est particules »

« Tout est champs »

« Tout est informations »

— John Wheeler

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Ces trois affirmations représentent l’évolution de la pensée d’un monument de la physique quantique, John Wheeler.

L’information est aujourd’hui au centre des préoccupations des physiciens, car elle pourrait bien représenter la clé de compréhension de notre Univers. J’aurai l’occasion d’en reparler plus longuement dans un article en cours de rédaction.

Elle nous conduit naturellement à nous demander si nous ne vivons pas dans une simulation numérique. Question existentielle vraiment lourde de sens, s’il en est !

Longtemps négligé, le concept de l’information est aujourd’hui apparenté à celui de l’énergie, surtout en ce qui a trait à son principe de conservation. L’information serait donc transformable, mais jamais périssable.

Un pionnier en la matière aura été Ludwig Boltzmann et la constante qui porte désormais son nom (k) est directement liée à la notion d’information.

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Si, comme le pense John Wheeler, l’Univers n’est qu’information, tout conduit alors à imaginer que nous sommes une série d’équations et de valeurs paramétrées. Notre vie ressemblerait à celle vécue par les héros de la trilogie de la Matrice sans le côté réveillé et extérieur à l’ordinateur.

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Alors comment le découvrir si on ne peut pas se réveiller en avalant une pilule rouge  ?

Il existerait des anomalies qu’on pourrait détecter puisque aucun système n’est parfait. Il s’agirait de sursauts, de déjà-vu, de temps d’arrêt, dévénements défiant les lois de la physique.

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Croyez-vous avoir déjà été témoin d’un genre d’événement semblable et que pensez-vous de l’Univers simulé ?