Fous de la lessive

Un fléau quasiment jamais évoqué est celui de la lessive excessive. On porte un vêtement une fois, on le lave même s’il est toujours propre et inodore. Prêter une attention particulière à ne pas laver les vêtements qui n’en nécessitent pas réduit considérablement notre trace environnementale.

La facilité avec laquelle nos machines traitent cette tâche ménagère nous a amenés à l’excès. Si nous devions retourner à la planche, à la savonnette, à la corde à linge et aux épingles, il est certain que nous laverions uniquement les vêtements vraiment sales ou nauséabonds.

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La surconsommation de lessive et de nettoyage à sec existe parce qu’on peut se le permettre, du moins le croit-on. Toutefois, la réalité s’avère bien moins jolie. En camouflant les conséquences de nos actes sur l’environnement, nous refilons simplement cette dette à des dizaines de générations futures.

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Si nous devions payer maintenant le vrai prix de nos excès de lessive, nous changerions immédiatement nos habitudes et reviendrions à un mode de fonctionnement plus rationnel.

Si l’humain parvient à survivre à ses massacres envers l’environnement, il regardera son passé avec effroi et horreur. Notre lignée évaluera les mécanismes soutenant nos sociétés modernes. Ils les trouveront abusifs, destructeurs, dévastateurs et ravageurs. Quant à nous, ils nous qualifieront à juste titre d’odieux vandales. Notre descendance aura honte de ses origines, car elle ne comprendra pas pourquoi, tout en le sachant pertinemment, nous avons continué de tout ravager sans même sourciller. Faire autant de lessives inutiles sera pour eux le signe que nous étions de parfaits imbéciles.

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Alors la prochaine fois que vous voudrez lancer un vêtement toujours propre dans le panier destiné à la lessive, posez-vous la question de la pertinence d’un tel geste. Et si vous ne le raccrochez pas dans la penderie, votre descendance aura parfaitement compris ce que vous êtes en réalité.

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Le miroir aux vérités

L’appréciation qu’ont les autres de nous importe grandement. L’estime personnelle s’en voit renforcée. Ce mécanisme opère depuis que nous sommes bébé, c’est ainsi que nous apprenons les comportements à adopter et ceux qu’il vaudrait mieux oublier.

Les regards que porte notre entourage sur nous demeurent essentiels même à l’adolescence où nous rejetons l’estime et l’appréciation parentale pour préférer celles de nos amis et de nos idoles de jeunesse. Nous nous intéressons toujours à être admirés ou simplement bien vus, mais pas par les mêmes personnes qu’auparavant.

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Pour obtenir cette reconnaissance de nos proches, de nos pairs, de nos collègues, de notre cercle de connaissance, nous sommes parfois prêts à agir à l’encontre de nos valeurs passées et présentes. Nous détournons des faits à notre avantage, nous trichons, nous trahissons, nous mentons, nous omettons de dire certaines vérités, nous manipulons des gens qu’on aime et qui nous aiment, nous cachons des félonies.

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Pour percevoir un regard d’appréciation de la part des autres, nous perdons la faculté d’être admirés par la personne la plus importante de toutes, nous-mêmes.

Ce jeu en vaut-il la chandelle? Pour certains, il n’en fait aucun doute. D’autres le vivront en transportant un poids énorme et permanent sur leur conscience. Pour quelques rares phénomènes, ils refuseront toujours de se regarder avec un voile opaque, ou de se voir avec dédain, en défaillant devant leur image ou même en vomissant de dégoût en comprenant ce qu’ils sont devenus.

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Notre véritable nature se perdra à jamais, si nous agissons constamment en désaccord avec elle, peu importent les gains apparents ou réels, peu importent les regards admiratifs, peu importent le milieu avantageux et l’environnement supérieur atteints. Nous serons rendus d’une laideur indescriptible si nous ne voyons qu’un inconnu dans le miroir.

La vérité se cachera derrière l’image renvoyée par nos yeux détournés.

L’erreur de Darwin

Chose promise, chose due. En quoi Darwin s’était-il trompé ?

On connait bien son principe d’évolution, en apportant un changement dans un caractère chez un animal, ce dernier est ensuite confronté aux autres espèces ou à des individus de la même espèce dans un « cadre de compétition » pour l’obtention d’une meilleure nourriture, protection ou progéniture. C’est vrai et démontré de milliards de façons. La compétition entre espèces ou entre les individus de la même espèce possédant un génome muté, apporte soit un avantage, soit un désavantage, soit la mutation reste sans effet. La compétition est constamment présente dans le livre de Darwin. Il faut tout de même avouer que, effectivement, elle se voit un peu partout. Un autre mécanisme relationnel existant entre espèces est le parasitage. C’est une autre variante de la compétition puisqu’elle n’est bénéfique qu’au parasite et nuisible à l’hôte infecté.

Les troisième et quatrième mécanismes relationnels entre espèces sont la symbiose et la collaboration. Totalement sous-estimées, ces deux manières de vivre sont mieux comprises depuis qu’on a cessé de les considérer comme des mécanismes marginaux. Et pour cause, on croit que près de 80 % des espèces vivantes utiliseraient l’un, l’autre ou les deux mécanismes dans leur vie quotidienne. Et ce pourcentage risque de grandir au rythme des recherches. Ainsi, croire que faire des guerres (et les gagner) ne serait pas nécessairement la meilleure façon d’assurer une descendance forte. Savoir bien collaborer avec les autres dans son environnement serait encore plus important. Il est ironique que l’humain, considéré comme la bibite la plus intelligente sur Terre, ignore ce qui est d’une évidence crasse pour tout un tas d’entités bien plus simples et « sous-évoluées » que lui.

Il est possible de relier ce constat biologique à un autre constat obtenu dans une tout autre sphère d’activité, les mathématiques. Dans la théorie des jeux, la collaboration entre joueurs engendre plus de gagnants qui se partagent un lot plus important qu’un seul gagnant ne pourrait empocher à lui tout seul. Le hic est que s’il gagne seul, son lot sera plus important que celui qu’il recevrait en collaborant, mais s’il perd, il perd tout.

Malheureusement, plusieurs personnes, sinon la majorité, sont tentées de jouer pour empocher le maximum de gains et ne rien laisser aux autres qu’ils considèrent naturellement comme des compétiteurs plutôt que des collaborateurs. Apprendront-ils un jour que même les plantes vertes agissent en collaboration avant d’agir en compétition ? C’est à souhaiter, mais ce n’est pas certain. Ces va-t-en-guerre prétextant probablement qu’ils ne peuvent être comparés à une plante verte. Ils ont raison. Jamais je n’insulterais à ce point les plantes.