Dépasser la physique actuelle

Cet article est la suite des deux précédents qui décrivent la principale difficulté empêchant les voyages interstellaires en coûts de temps et d’énergies raisonnables.

Après un rêve pour violoncelle et piano

Pour voyager loin et en peu de temps, les Extraterrestres ont eu besoin de dépasser les lois physiques connues actuellement de l’humanité. C’est pourquoi, s’ils viennent réellement nous visiter, ils sont porteurs de nouvelles façons de procéder, soit totalement ignorées de notre civilisation, soit seulement hypothétiques à l’heure actuelle.

Bien entendu, nous avons déjà émis certaines hypothèses plausibles, mais elle ne sont accompagnées d’aucune façon de les tester et encore moins de les mettre en œuvre. Deux me viennent spontanément à l’esprit, le voyage via des trous de ver et le repliement-extension spatial autour d’un vaisseau.

On ne peut pas invalider les principes de la physique relativiste, mais on peut jouer avec eux. Einstein lui-même a pensé aux trous de ver, un passage abrégé entre des repliements de l’espace. Un autre physicien, Alcubierre, a quant à lui présenté une autre solution consistant à déformer l’espace devant et derrière un vaisseau spatial afin de le faire surfer sur une vague spatiotemporelle tout en respectant les principes relativistes. Ces deux solutions exotiques permettraient de se déplacer très loin et en peu de temps. En revanche, l’énergie requise pour générer ou utiliser ces solutions parait peu vraisemblable. On parle d’utiliser de l’énergie de valeur négative. Bref, dès qu’il est question de faire bouger de la masse, tout revient toujours à un problème énergétique.

Et l’énergie du vide ?

On sait que le vide contient de l’énergie puisque le vide n’est pas synonyme de néant. On appelle « vide » un bout d’espace exempt de matière, mais ce vide ne peut pas être absolu en permanence, les lois de la physique quantique l’interdisent. Des particules virtuelles se créent et se détruisent constamment, prouvant par le fait même l’existence d’une énergie intrinsèque au vide qu’il est préférable de nommer « énergie du point zéro », sa plus basse valeur intrinsèque.

Selon les expériences, comme celles mettant en présence l’effet Casimir, la densité de cette énergie est évaluée à environ 10-9 joule par mètre cube. Cependant, pour être en accord avec la constante de Planck, théoriquement elle devrait plutôt valoir 10113 joules par mètre cube. Cette énorme différence de 122 ordres de grandeur est appelée la « catastrophe du vide ». Tant que cette problématique persistera, nous ne saurons pas ce qu’est réellement l’énergie du vide, donc s’il est possible de l’extraire sans dépenser plus d’énergie qu’elle en fournirait.

Si notre théorie quantique est vraie, nos expériences actuelles ne montrent qu’une microscopique fraction de l’énergie du vide. Il contiendrait suffisamment de potentiel pour faire à peu près n’importe quoi, y compris de créer et maintenir des trous de ver stables ou construire des moteurs Alcubierre très efficaces, car puisant ses besoins énergétiques d’une source externe plutôt qu’interne. Plus besoin de transporter ses réserves et de devoir les accélérer.

Nos connaissances actuelles nous montrent donc un très léger espoir même si peu de scientifiques abondent en ce sens. Mais il n’est pas totalement exclu de pouvoir un jour voyager vite et loin puisque si l’on s’était fié uniquement aux croyances des scientifiques par le passé, la thermodynamique n’aurait jamais vu le jour, pas plus que la relativité ni la physique quantique. Un consensus scientifique ne définit pas la vérité, seulement ce que la science est en mesure d’expliquer à un moment précis de l’état des connaissances mondiales.

Il a donc suffi à des Extraterrestres plus avancés que nous, ce qui n’est pas très difficile à imaginer lorsqu’on sait que l’Univers avait déjà 9 milliards d’années au compteur lors de l’arrivée d’Homo sapiens sur Terre, d’avoir déjà maitrisé l’utilisation de l’énergie du point zéro, ou de toute autre solution d’ailleurs, pour nous visiter sans y dépenser des centaines de générations d’êtres biologiques ni d’avoir parfait le recyclage absolu.

Alors oui, des êtres venus de très loin pourraient effectivement nous visiter. Les Extraterrestres seraient potentiellement une réalité présente, mais aussi passée. En revanche, pour le moment, nous sommes très loin d’être en mesure d’expliquer la façon dont ils s’y prennent et encore moins de les imiter.

Je propose de tout miser sur l’énergie du point zéro. Commençons par résoudre le paradoxe entre ses valeurs théorique et pratique, car il cache potentiellement une solution exploitable. S’il s’avère que la théorie dit vrai, il faudra ensuite trouver un moyen efficace d’harnacher cette colossale source d’énergie quasi inépuisable et les voyages interstellaires deviendront réalisables sans parfaitement résoudre les autres difficultés précédemment abordées.

Nous pourrions alors voyager léger tout en pouvant atteindre des vitesses relativistes, ces dernières nous faisant bénéficier de la dilatation du temps pour se déplacer à des distances astronomiques en des temps raisonnables.

Faire avec

Cet article est la suite du précédent qui décrit la principale difficulté empêchant les voyages interstellaires en coûts de temps et d’énergies raisonnables.

Schubert : Sonate pour piano No 19 en do mineur

Des Extraterrestres ont-ils réussi à contourner les problèmes du temps et de l’énergie ? En fait, il se pourrait qu’ils n’en aient pas eu besoin. Leur solution consiste peut-être à faire avec les lois connues. Nous, Humains, voyons les voyages générationnels comme une difficulté majeure, car notre psychologie n’a pas été forgée en conséquence. Nous avons été éduqués dans un monde où les individualistes, les ambitieux, les hiérarchisés et les belliqueux sont récompensés. Mais si un peuple s’était donné depuis toujours d’autres valeurs centrées sur la communauté, le partage, la patience et le respect, effectuer des voyages interstellaires générationnels serait pour eux beaucoup moins ardu.

Il leur resterait cependant une autre difficulté majeure à surmonter et elle n’est pas des moindres, c’est le recyclage. Plus un voyage s’étire en longueur et plus croît la quantité des ressources nécessaires pour le rendre à terme. Un vaisseau spatial doit vivre en autarcie totale, ses habitants sont donc condamnés à recycler 100 % de toutes leurs ressources internes, y compris leurs déjections. L’ensemble du vaisseau et de ses habitants ne doivent engendrer aucune perte, aucun gaspillage et aucune fuite vers le vide spatial.

L’eau, l’air et la nourriture nous viennent évidemment en tête, mais il n’y a pas que ces ressources vitales à considérer. Puisqu’il est impossible de prévoir suffisamment de pièces de rechange pour tous les bris éventuels, tout doit être réutilisé et refabriqué, y compris les pièces mécaniques et électroniques. Le vaisseau doit être équipé d’une usine à tout faire, absolument tout ce dont il contient déjà. Des imprimantes 3D très avancées pourraient venir à bout de ce problème. Cependant, le vaisseau spatial doit aussi être blindé contre les perforations dues aux micrométéorites, car un seul trou, même minuscule, risque de faire échouer la mission s’il n’est pas immédiatement colmaté. Une armée de microrobots dédiés à cette tâche pourrait limiter les pertes.

Et il faut également parler du problème de la chaleur, de sa déperdition, mais pas que ça. Le vide glacial d’un côté de la cloison et une température ambiante de l’autre, le vaisseau doit absolument recevoir plus d’énergie provenant d’une quelconque étoile qu’il en perd au profit du vide environnant puisque l’isolation ne sera jamais parfaite. L’autre problème provient des lois de la thermodynamique. Un moteur quelconque ne transforme pas 100 % de l’énergie consommée en énergie mécanique. Une partie s’envole en chaleur qu’il faut absolument récupérer à 100 %, ou en acquérir d’une source quelconque, voire d’une source externe, pour compenser les pertes énergétiques.

L’envoi de robots ou d’androïdes à la place d’entités biologiques résout certains problèmes, dont ceux liés à la psychologie inconstante, du moins on peut le prétendre, mais cette solution ne fait pas totalement disparaitre l’obligation du recyclage absolu et l’endiguement de toutes les pertes.

Pertes nulles et recyclage total sont les deux obligations absolues d’un vaisseau spatial au long cours. Et puisque la perfection n’existe pas, il serait surprenant que cette solution du « petit train va loin » soit celle envisagée par les Extraterrestres pour venir sur Terre ou ailleurs. En regardant maintenant vers nous, ces deux difficultés resteront probablement irrésolues durant encore plusieurs siècles, voire jamais. Ainsi, les voyages interstellaires habités ne se font et ne se feront pas avec une technologie primitive comme la nôtre actuellement.

Dans le prochain et dernier article de cette série : Dépasser la physique actuelle.

Les Extraterrestres viennent-ils nous visiter ?

Je vous propose une série de trois articles dans lesquels, j’aborderai succinctement les difficultés liées aux voyages spatiaux sur de longues distances.

Schubert : Symphonie No 8 en ré mineur – Andante con moto

Si vous avez lu d’anciens articles de mon blogue, vous savez probablement que j’en ai écrit plusieurs concernant l’existence probable d’êtres d’origine extraterrestre. Mon opinion se fonde sur les lois universelles de la physique. Nous sommes la preuve vivante que l’Univers possède la capacité de faire émerger des êtres hautement évolués. Ce constat nous oblige à considérer cette possibilité comme étant également universelle. 

La preuve est faite, il existe des centaines de milliards de planètes dans notre seule Galaxie. Que quelques-unes parmi toute cette panoplie abritent de la vie intelligente et technologiquement avancée est statistiquement quasi certain. Et puisque la Terre a vu le jour environ aux deux tiers de l’existence de l’Univers, ce dernier a joui de plus de 9 milliards d’années supplémentaires avant la création de notre planète pour engendrer des êtres capables de prouesses semblables et plus grandes encore que les nôtres. La question à poser n’est donc pas de savoir si les Extraterrestres évolués peuvent exister, mais pourquoi ils n’existeraient pas.

Il en va autrement avec leur présence sur Terre. Considérer que des Extraterrestres viennent nous visiter apporte son lot de suspicions. Les distances entre les planètes sont si considérables qu’il est malaisé de penser qu’ils ont réussi à maitriser une forme avancée de propulsion suffisamment efficace pour leur faire traverser des distances colossales en temps raisonnable tout en dépensant une quantité d’énergie capable d’être embarquée dans un vaisseau spatial.

En fait, la théorie de la relativité restreinte d’Einstein stipule qu’il est possible de jouer sur le temps des voyages spatiaux. Contrairement à la logique de la physique newtonienne à laquelle notre cerveau a été musclé, en physique relativiste, plus vous voyagez vite et moins le temps nécessaire pour parcourir de longues distances est grand. Cette bizarrerie n’apparait toutefois que si vous voyagez à une vitesse proche de celle de la vitesse limite, c’est-à-dire à celle de la lumière dans le vide, soit la fameuse constante « c ».

Par exemple, prenons un vaisseau filant à 99,99 % de la vitesse de la lumière. Pour traverser notre Galaxie dans le sens de sa longueur, elle qui s’étire sur 100 000 années-lumière, les voyageurs à bord ne vieilliront pas de près de 100 000 ans comme on serait porté à le croire en faisant une simple division newtonienne. Selon la transformation de Lorenz requise pour les calculs relativistes, le temps propre à ceux-ci sera 100 fois moins long. Donc, leur périple ne durera que 1 000 ans.

Le problème est que pour voyager à une vitesse très proche de « c », il faut une débauche d’énergie d’autant plus grande que vous tentez de vous rapprocher de cette vitesse limite. Et toute cette énergie doit être embarquée à bord de votre vaisseau spatial sous forme de masse transformable en énergie. Et plus la masse du vaisseau est grande, plus il faut d’énergie pour l’accélérer. Vous avez compris le cercle vicieux, il n’est pas évident de s’en affranchir, et même de savoir s’il est possible de le faire, dans le cadre d’un voyage interstellaire habité.

Selon les connaissances technologiques connues actuellement, se déplacer d’une planète à une autre ne peut pas s’effectuer en temps raisonnable selon la physiologie humaine actuelle. Plusieurs centaines de générations seraient nécessaires au point où les lointains descendants des générations instigatrices du projet auraient probablement perdu le sens initial de leur voyage. Alors, puisque les lois naturelles sont universelles, les extraterrestres se butent aux mêmes difficultés. Partir de loin pour venir sur Terre n’est donc pas une mince affaire.

Des solutions réalisables existent-elles ? Lire le prochain article.

Hubert a rejoint ses étoiles

We are cursed

Rarement plus d’une personne par génération a la capacité d’influencer positivement l’humanité tout entière et Hubert Reeves a été l’une d’elles. Son amour pour la science, pour l’écologie, pour la langue française, mais surtout pour les gens a façonné sa nature profonde et incidemment la nôtre.

Contrairement aux discours démagogiques qui enflamment les esprits, le sien, dépourvu de hargne, a toutefois engendré de très grandes passions. Comme quoi l’éducation et les explications simples et claires valent autrement mieux que les phrases incendiaires dépourvues de sens.

Ce Montréalais de naissance et Français d’adoption savait que la science avait causé les catastrophes environnementales que nous connaissons aujourd’hui, mais il croyait également qu’elle pouvait nous en affranchir si on la mettait au service de notre bien-être. La science n’est ni bonne ni mauvaise, elle fait ce pour quoi on la harnache. Malheureusement, l’incurie permanente de nos dirigeants en matière de protection de la Nature l’a profondément bouleversé et l’a peut-être en partie anéanti.

Nous sommes tous des poussières d’étoiles comme nous sommes tous devenus des fragments d’Hubert Reeves, de sa pensée, de ses préoccupations et de ses amours.

Merci, Hubert, d’avoir été présent dans nos vies.

Mélange de couleurs

Une rose violette, une violette bleue, un gros bleu jaune, un jaune d’œuf orange, une orange verte, un vert-de-gris, gris est l’azur auparavant rose, une rose violette…

Et l’on s’étonne que les gens connaissent mal leurs couleurs !

Blue Jean Blues

Évidemment, nommer un objet du nom de sa couleur est, à mon avis, une très mauvaise bonne idée car, comme dans le cas des roses ou des violettes, des mutations leur octroient une panoplie d’autres couleurs qui n’ont plus rien à voir avec les originales.

Le jaune d’un œuf entre également dans cette catégorie des objets nommés en fonction de sa couleur la plus fréquente. Il aurait mieux valu nommer ce centre coloré d’une autre façon. Je suggère le terme plus juste et plus représentatif de « cellule ». Hé oui, un jaune d’œuf, qu’il soit de poule ou d’autruche, n’est en fait qu’une seule et unique cellule biologique. Ensuite, celle-ci peut bien prendre la couleur qu’elle veut, on ne confond plus une couleur avec un objet.

À l’inverse, avant que l’Europe ne connaisse les oranges, il n’y avait pas de mot désignant cette teinte comprise entre le jaune et le rouge et c’est ce fruit qui est à l’origine du mot désignant cette couleur.

Quant à l’azur, le ciel, hé bien, tout le monde sait qu’il s’accapare toutes les couleurs sauf celles proches du vert. Prendre l’azur et en faire un synonyme d’une seule de ses couleurs, en l’occurrence le bleu, est-ce pécher par trop d’optimisme ?

Et pour les bleus qu’on dissimule avec grande gêne, on sait tous qu’ils se présentent rarement bleus, mais plutôt mauves, violets et jaunes. Ici, est-ce un abus de langage ou une réduction inadéquate ?

Pour le vert-de-gris, il faut plutôt chercher son origine du côté de la Grèce. Le « vert de Grèce » désignait cette patine verte se formant sur le cuivre lors de son oxydation. L’usage l’a ensuite graduellement transformé en vert-de-gris.

Il est facile de donner un nom à une nouveauté en adoptant la première idée venue en tête, mais celle-ci est rarement bonne. Elle finit souvent par créer de la confusion voire pire, des contradictions.

Les mots popularisés par un usage rapide généralisé qui sont issus d’une autre langue ou d’une apparente évidence finissent souvent, malheureusement, par devenir la norme. Il ne nous reste plus qu’à les accepter malgré tous leurs défauts et les embêtements récurrents qu’ils nous occasionneront pour les siècles à venir.

Blogue blague bluffant

Le dimanche, c’est jour de repos et d’humour. Une journée où rien ne doit être pris trop au sérieux, y compris l’écriture et la lecture. C’est pourquoi, à l’instar du titre de cet article, je vous ai concocté quelques calembours qui, je l’espère, vous feront sourire, malgré les difficultés d’élocutions que certains vous causeront.

Tundra
  • À mon tour de faire le tour de la tour pour jouer un tour aux alentours.
  • Enfin en fin de vie, j’enfreins tout sans faim ni freins.
  • J’étire la tire avant de partir au stand de tir de Tyr.
  • À la vie à la mort, à l’avis de la mort, la vie la mord d’envie.
  • Le comte compte les contes racontés au comité du comté.
  • Un éclair clair éclaire Claire.
  • Un rat rose rusé enroué rasé ras embrase les rues.
  • Parmi la flicaille la racaille caille des écailles.
  • Que serait Samson sans son sens du sensas ?
  • Dans l’étable je table sur une véritable table stable.
  • La moue pour moult mouts mous.
  • Crotte ! Carole, dans le car, rote la carotte.
  • Je m’émeus de l’émeu des sables mouvants émouvants.
  • J’en ai marre du marc sur l’amarre à la mare, le barbare se barre au bar.
  • Avec ma tante, sans attente ni détente, je tente la plante de trente tentes en Otrante.
  • S’il vit, c’est Sylvie. Pour Winnie, ni oui ni non, Ninon !
  • Mon marrant mari mormon marmonne qu’il a mis ma molle marmotte mourante dans la manne de maman.
  • Devant passer par-devant, je montre mon derrière avant de passer par-derrière.
  • Le visage pêche, j’ai la pêche lorsque je pêche une perche avec une pêche au bout d’une perche sans que je ne m’empêche ni ne pèche.
  • Je nie, Janine n’est ni jeune ni ne jeûne.
  • Jeûne-je ou mange-je ? Mes gènes se jouent de ma joue sans gêne du Diogène.
  • Une boule roule parmi la foule de poule soules, des moules qui coulent sous la houle.
  • Je crois en la croix qui croît en toi jusqu’au toit.
  • À l’envers, les vers trouvèrent un trou vers un verre vert.
  • Mon fol ami a mis la mie mi-molle dans un bol au sol. Vol ! Dol !
  • L’orgasme ne me menace plus ni ne me mène à Némésis.
  • Mon père a dit : « Pardi ! Pare, hardi ! Car le paradis part à dix parts. »
  • Montre mon ciment à Simon, s’il ment, mon mont scie son son.
  • Une fausse fosse et sept fossettes en porte-à-faux s’il en faut, le fossile porte des faux cils.
  • Une harde hardie de harpies ourdit dans l’ordre sur ordi une horde d’orques hors de l’are d’or.
  • J’avoue, je vous voue en vain vingt vies et je vis le vin vis-à-vis l’avis qui vint, mais je vis et je vaincs.

Je vous invite vite et vous incite icitte à rajouter vos propres calembours en commentaire.

Ode au combattant

Braise

Vois la gloire ceindre ton front vertueux
Tu défiles solennellement parmi la foule
Serrant les remercieuses dans tes bras
Elles pleurent joies et soulagements

Tu ramènes leurs proches en maisonnée
Promesse tenue malgré les déchirements
Tu rengaines tes outils d’épuisements
Eux aussi aspirent au doux repos mérité

Éreinté, tu n’as droit qu’à une courte accalmie
Le devoir te rappelle dans les champs de batailles
L’ennemi lance de nouveaux éclairs de discorde
Embrasant les moindres parcelles florissantes

Ton combat te semble inutile car éternel
La terre entière crâne en incendiant tes efforts
Luttant vaillamment malgré tes bras alourdis
L’aboutissement se soustrait avec grands bruits

Parfois une victoire, parfois un renoncement
Les bagarres ne se gagnent pas aisément
Car ta précieuse forêt brûle de mille feux
Et les pompiers comme toi, si peu nombreux

Crier au Voyageur

Draugen – Main theme

Petit rappel, la sonde Voyager 2 a été lancée avec sa sœur Voyager 1 en 1977. Après son objectif atteint, visiter les planètes gazeuses Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, elle file maintenant à près de 20 milliards de kilomètres de la Terre dans le quasi-vide intersidéral.

Le 1er août, à cause d’une erreur humaine, la sonde Voyager 2 a vu son antenne de communication dévier de 2 degrés, ce qui a causé l’impossibilité de recevoir ses signaux. La situation se serait corrigée d’elle-même au prochain alignement automatique prévu pour octobre, mais qui sait ce que la sonde nous aurait transmis d’ici là ?

Si ses émissions étaient compromises, ses réceptions les étaient tout autant et lui envoyer une commande normale de réalignement serait tombé dans l’oreille d’un sourd. Ses opérateurs ont donc décidé d’utiliser la même méthode qu’avec grand-papa, crier très fort dans l’espoir qu’il nous entende.

Et ç’a fonctionné. Le 4 août, Voyager 2 a entendu le hurlement émis à partir du DSN (Deep Space Network) et s’est réaligné, rétablissant ainsi les communications bilatérales.

Noter que la sonde communique avec la Terre grâce à un émetteur de seulement 22 watts, l’équivalent d’une ampoule de frigo. Le DSN réussit malgré tout à capter ses signaux et à filtrer le bruit pour les rendre intelligibles.

Vieille de 46 ans, la sonde est toujours fonctionnelle grâce à ses trois générateurs thermoélectriques à radioisotope (RTG) qui, malheureusement, auront épuisé leur carburant aux environs de 2025. Espérons qu’elle continuera à nous abreuver de mesures scientifiques jusqu’à la toute fin de sa vie.

Xer, Ixer, Musker, quoi choisir ?

Dans un ancien article, je fustigeais la société pour la création de verbes inutiles à partir des noms d’applis technos modernes.

Wings

Je recommandais de toujours utiliser le verbe « écrire » en rajoutant le nom de la plateforme si nécessaire ou si désiré. L’avenir m’a donné raison.

Ouais, vous direz que « LeCorbot » et « être dans le vrai », c’est du pareil au même. Je vous en remercie, je le savais déjà. Cette petite bête noire n’est pas la bête noire des gens pour rien. LeCorbot se plait à démontrer des vérités qui désirent rester cachées au plus profond de l’inconscient individuel et collectif. Vous pensez que plus ça fait mal, plus il jubile, et pour une fois vous n’avez pas entièrement tort.

Trêve de vérité sans plaisanterie, que direz-vous maintenant quand vous voudrez écrire des idioties sur l’appli qu’on nommait « Twitter » jusqu’à tout récemment ? Vous n’écrirez plus un twit, vous ne twitterez plus. Vos gazouillis sentent le gaz bouilli. Maintenant, vous xez ? Ou préférez-vous ixer ?

Tant qu’à inventer un verbe imbuvable, je pencherais pour « musker ». Contrairement à la noble intention de rendre les nouveaux mots universels et pérennes, celui-ci ne vivra que quelques années, à l’instar de « twitté » qui aujourd’hui a perdu tout son sens grâce à lui.

Si les linguistes avaient recommandé d’utiliser le verbe « écrire » comme je le recommandais moi-même, ils ne seraient pas pris avec le problème de savoir quoi faire maintenant avec « twitter » et par quoi le remplacer. Ne commettez pas la même erreur ! NE LE REMPLACEZ PAS ! Utilisez simplement « j’ai écrit » en rajoutant si nécessaire « sur X ».

Mais à votre place, pour régler définitivement le problème, du moins sur cette plateforme, cessez donc d’y écrire quoi que ce soit. Ça vous évitera d’inventer un verbe verbeux et inutile. Et ce Musk, croyant pouvoir tout se permettre, pour une fois, il en prendra une dans les dents.

Et puisque j’aspire moi aussi à apparaitre dans les dicos, pourquoi ne pas corboter cette directive à tous vos contacts ?

Corboter : Verbe transitif.

❨1❩ Dire, asséner une vérité difficile, désagréable à entendre, à accepter.

❨2❩ Ressasser une même phrase censée être vraie jusqu’à exaspération.

Féliciter son vélo

Au début juin de chaque année à Montréal se tient le Tour de l’ile, une balade à vélo d’une soixantaine de kilomètres dans les rues fermées pour l’occasion à toute circulation automobile.

Where times collide

Ce n’est pas vraiment le tour complet de l’ile qui nécessiterait de pédaler près de 250 km. Le circuit varie d’une année à l’autre afin éventuellement de visiter tous les quartiers.

J’y ai participé à quelques reprises, surtout à ses débuts. Je m’en suis lassé depuis pour de multiples raisons. L’événement se veut familial. Les jeunes en âge de soutenir cette distance pour la première fois apprennent à persévérer et à dépasser ce qu’ils croyaient être leur limite. Quant aux parents qui n’ont pas pédalé depuis plusieurs années, eux réapprennent entre autres choses le sens du terme « mal au cul ».

Cette année, les innombrables troupeaux à deux roues passaient près de chez moi et lorsque je me suis rendu à pied au bord de la rivière, je les ai croisés une fois sur l’aller dans leur boucle et une autre fois sur le retour. Et à ces occasions, quelque chose a violemment attiré mon attention. Une forte proportion de cyclistes possédaient l’assistance électrique, à vue d’œil, pas loin du quart ou du tiers des participants.

Autrefois, on se congratulait pour avoir parcouru la distance, on était fiers de l’accomplissement. On partageait une victoire avec les autres cyclistes, car tout du long, on avait aidé les enfants et les autres cyclistes novices prêts à abandonner. On pédalait pendant un segment du circuit à côté d’eux, histoire de les encourager. On leur donnait des conseils. Durant l’heure du lunch, on ajustait la hauteur de leur selle ou de leur guidon qui étaient bien souvent trop bas, réduisant de beaucoup l’efficacité de la moulinette.

Mais quel est maintenant l’intérêt de participer à un tel événement si c’est pour l’effectuer en se faisant tracter ? Au bout du circuit et du compte, il ne reste plus maintenant qu’à féliciter notre vélo de ne pas nous avoir lâchés en cours de route.