Redondance et écrasements d’avions

Je considère que le chiffre 5 correspond au niveau de redondance optimal d’un système dont une panne pourrait entrainer des conséquences fâcheuses, pourvu que la réparation des unités défaillantes puisse être effectuée. Dédions deux unités simultanément fonctionnelles pour se contre-vérifier, une troisième unité pour la redondance à chaud, une quatrième unité en maintenance ou en réparation et une cinquième unité qu’on laisse en stock. L’unité en réparation va rejoindre l’unité en stock lorsqu’elle est réparée ou ajustée.

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Évidemment, on peut étirer ce chiffre pour rajouter de la sécurité, mais de manière générale, ce type de quintuple système permet un niveau de fiabilité du système de 99,9999 %.

De fait, en cas de divergence importante entre les deux systèmes en fonction, le troisième vient trancher le litige en comparant sa lecture aux deux autres et en désactivant celui qui obtient la plus grande marge d’erreur. Cette unité s’en va se faire réparer tandis que l’une des unités en stock prend la place de l’unité de remplacement à chaud qui a permis de détecter laquelle des deux unités de base était défaillante. Et il reste toujours une unité en stock advenant le bris d’une autre unité.

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Même avec deux unités en réparation, il reste toujours l’unité de remplacement à chaud pour subvenir à une défaillance.

Et s’il n’en reste que 2, ils peuvent encore se contre-vérifier pourvu qu’un diagnostic puisse être effectué pour trouver quelle unité entre les deux aurait éventuellement un comportement anormal.

Et s’il ne reste qu’une seule unité, le système est encore opérationnel jusqu’à la panne de cette dernière.

En considérant que les unités peuvent être réparées, il est virtuellement impossible qu’elles flanchent toutes avant que l’une d’entre elles ne soit remise en fonction.

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Mais il existe des cas de figure où cette possibilité pourrait survenir, par exemple lors d’un sursaut gamma de forte amplitude ou simplement une éjection solaire très violente de particules alpha.

Certaines étoiles, certains trous noirs, étoiles à neutrons ou cœurs de galaxies peuvent émettre un rayonnement gamma de puissance extrême. Si ce rayon est dirigé vers nous, il peut griller n’importe quel appareil électronique alimenté ou non.

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On connait peu de ripostes pour contrer les bouffées d’énergie gamma très pénétrantes. Une cloison en plomb, un épais mur d’eau peuvent faire l’affaire, mais l’énorme poids de ces systèmes les disqualifie. On préfère alors se fier à la chance et rester vulnérable en espérant que rien de tel ne surviendra.

Les Boeing 737 MAX 8 qui se sont écrasés n’avaient pas de troisième capteur pour trancher un litige entre les deux situés au bout des ailes. On connait les conséquences désastreuses de ce design à rabais. Pire, les deux capteurs ne se contre-vérifient pas. Un seul capteur défectueux peut entrainer la chute de l’avion.

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Je me demande comment se sent aujourd’hui l’individu qui a pris la décision d’opter pour ce système alors que forcément d’autres ingénieurs devaient le supplier d’ajouter de la contre-vérification et de la redondance.

S’il a empoché son boni, sa conscience est peut-être sauve. N’a-t-il pas été récompensé pour avoir fait économiser de l’argent à la compagnie ? Une récompense, ça ne peut pas signifier une mauvaise chose !

Cher individu corrompu, tu peux dormir sur tes deux oreilles, mais de grâce, ne te réveille plus !

Mort sur Mars

La NASA a rendu la nouvelle officielle. Mars est devenue une fois encore le cercueil d’un non-humain. Vous vous dites qu’ils ont peut-être vu un autre écrasement d’ovni à sa surface? Hum! Pas certain. Lisez la suite.

En 2004 atterrissaient sur la planète rouge deux robots mobiles de 185 kg aux noms prometteurs de Spirit et Opportunity. Leur mission de trois mois visait principalement à déterminer l’histoire de l’eau sur Mars. Trouver des traces de la présence ancienne de cet élément à l’état liquide permettrait de comprendre l’évolution de la planète, dont la façon et le moment où cet élément essentiel à l’apparition et au maintien de la vie aurait disparu.

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Un programme de 90 jours qui s’est vu maintes fois rallongé, car les robots continuaient de bien fonctionner, et ce malgré la dégradation de leur source d’alimentation, leurs panneaux solaires. Le vent martien charrie de fines particules de roche qui se collent et s’insinuent partout, réduisant d’autant la capacité des cellules voltaïques à transformer les photons solaires en énergie électrique.

Prévu pour parcourir une distance de 600 mètres, Spirit est tombé au combat en 2010 après avoir avalé 7,7 kilomètres durant six années de dur labeur. Jusqu’à tout récemment, Opportunity fonctionnait encore très bien et avait parcouru plus de 45 kilomètres. Mais ce qui devait arriver voilà quatorze ans est finalement survenu. Le petit robot n’a pu trouver suffisamment d’énergie pour remettre en route ses ordinateurs et ses équipements de travail.

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Durant l’hiver martien, les robots privés du soleil sont obligés de se placer en mode « sommeil » jusqu’à ce que leurs panneaux solaires viennent recharger les accumulateurs. Mais cette procédure n’est pas sans risques. Le froid abime les composantes et chaque réveil s’avère complexe et plus qu’incertain. C’est pourquoi les revers n’étaient pas censés traverser leur premier hiver malgré une conception qui n’avait pas négligé cette éventualité.

Opportunity en a traversé quatorze avant de succomber à son quinzième hiver. C’est un exploit peu commun qui démontre notre capacité de bien faire les choses lorsqu’on s’en donne sincèrement la peine. Concevoir et mettre au point des appareils de qualité en de courts laps de temps et surtout avec des budgets modestes, la NASA en a fait une vocation et avec ces deux baladeurs martiens, elle a pleinement rempli sa mission.

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Après plusieurs mois d’échecs à réanimer le robot, les opérateurs ont baissé les bras et finalement déclaré Opportunity définitivement inopérant. Il reste évidemment toutes les données recueillies qui continueront d’alimenter les scientifiques durant des décennies, mais la mission MER (Mars Exploration Rover) se termine sur un sentiment pleinement mérité d’avoir dépassé tous les espoirs en ayant fait progresser nos connaissances en planétologie de manière exceptionnelle.

Bravo à toute l’équipe de MER! À l’instar de vos deux scouts, vous méritez amplement de vous reposer enfin.

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Et si cette mort n’était qu’un très long et profond sommeil? Se pourrait-il qu’un jour, Opportunity redonne signe de vie?

Si cela devait survenir dans peu de temps, nous serions certainement surpris, étonnés, mais pas ahuris. Tandis que si le réveil s’effectuait alors que l’humanité ne possède plus la trace de cette mission passée, penserions-nous qu’un engin extraterrestre tente de communiquer avec nous?

Je souhaite qu’une telle chose survienne, ne serait-ce que pour nous déstabiliser, car l’humain n’est jamais meilleur que lorsqu’il est confronté à l’étrange.

HUDF et après

Derrière ce sigle se cache une image exceptionnelle. Derrière cet exploit se cachent des vérités sur notre présent et notre avenir.

Hubble Ultra Deep Field ou champ ultra-profond de Hubble est une photographie prise par le télescope spatial du même nom qui a regardé un coin spécifique de notre ciel durant plus de 11,3 jours. Il en a résulté la photo que vous voyez en tête de cet article.

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Pour parvenir à atteindre les profondeurs de notre Univers, le vénérable télescope devait viser un coin sombre de notre ciel, un endroit exempt d’étoiles, de gaz et de poussières à l’avant-plan. Ainsi, du 24 septembre 2003 au 16 janvier 2004, il a occasionnellement pointé son miroir dans la constellation du Fourneau située dans l’hémisphère sud de notre ciel afin d’accumuler suffisamment de photons pour concevoir le montage que vous voyez actuellement.

Sur le cliché, on y dénombre plus de 10 000 galaxies de toutes formes, couleurs, âges et grandeurs. Les plus petites sont les plus éloignées, elles apparaissent en rouge et existaient déjà lorsque notre Univers n’était pas plus âgé que de 800 millions d’années. Il en a aujourd’hui 13 milliards de plus. L’image suivante est un agrandissement d’une petite portion de la photo originale où les plus petits points colorés sont toutes des galaxies éloignées.

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Les plus rapprochées de nous possèdent plus d’étoiles, brillent plus intensément, sont plus jeunes et leurs formes sont mieux définies. Elles sont caractéristiques des galaxies elliptiques ou spirales que nous voyons ailleurs dans notre cosmos.

En une seule photographie, il est possible de constater l’évolution des galaxies au fil des milliards d’années et ainsi valider certaines théories et en écarter d’autres sur le cheminement de notre Univers.

L’image est constituée de 800 expositions prises durant plus de 400 orbites du télescope autour de la Terre.

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Le futur et très attendu télescope spatial James Webb promet d’autres coups de sonde encore plus profonds grâce à sa sensibilité accrue en infrarouge. De fait, plus on remonte loin dans le temps et en distance, plus les couleurs se décalent vers l’infrarouge. Hubble ne pouvait donc pas accéder aux galaxies les plus éloignées tandis que le James Webb sera en mesure de toucher la limite de l’accessible, le mur de l’âge sombre de notre Univers.

Mais nous devrons encore patienter, car cet outil hors du commun n’accumule actuellement que les retards plutôt que les photons. Sa construction a débuté en 2004 ! Son lancement n’est pas prévu avant le 30 mars 2021, plus de dix ans de retard sur l’échéancier initial. Et j’élude les dépassements budgétaires, car au-delà des moqueries se trouve un gouffre sans fond dans lequel continuent de disparaitre des milliards.

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Les artisans du programme Voyager ont réussi en 5 ans à préparer et à lancer en 1977 deux sondes se trouvant maintenant au-delà de notre système solaire. Elles nous transmettent encore des informations 40 ans après leur lancement.

Notre savoir-faire a-t-il régressé au même rythme que notre technologie a progressé ? Sommes-nous devenus incapables de nous passer d’ordinateurs, de penser, de réfléchir, de décider et d’agir ? Sommes-nous en train de leur céder notre place ?

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Apollo 20, une leçon à tirer

Officiellement, le programme spatial américain Apollo s’est terminé en 1972 par le décollage d’une fusée Saturn V et le retour de la Lune de la cabine Apollo 17. Toutefois en avril 2007, une série de vidéos apparait sur le web laissant croire qu’il y aurait eu une mission Apollo 20 envoyée sur la face cachée de la Lune.

Le fait qu’à la fin officielle du programme Apollo il soit resté plusieurs étages fonctionnels de fusées Saturn V pourrait laisser croire à cette possibilité. L’équipage de la prétendue mission était composé de deux astronautes américains, une femme et un homme répondant aux noms de Snyder et Rutledge, ainsi que d’un cosmonaute russe du nom de Leonov.

Le nodule lunaire aurait atterri près d’un vaisseau spatial aperçu lors d’une mission précédente et les astronautes auraient ramené le corps momifié ou en hibernation d’une extraterrestre aux traits humanoïdes. Les vidéos sont plutôt bien conçues, montrant l’intérieur réaliste de la capsule spatiale ainsi que la figure et le corps de l’extraterrestre.

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On peut même trouver l’insigne de la mission (photo entête).

Le sculpteur et vidéaste français Thierry Speth a reconnu être à l’origine du canular le 9 juillet 2007, soit seulement trois mois après la sortie des vidéos. Mais encore aujourd’hui, les vidéos continuent d’être régulièrement consultées malgré les démystifications prouvant hors de tout doute que les vidéos provenant de la NASA aient été tournées durant des missions Apollo antérieures et rendues publiques bien avant 1976. Quant à la fusée Saturn V qui aurait été utilisée, elle l’a plutôt été pour lancer Skylab. Les autres sont exposées dans divers musées.

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Je trouve cette histoire plutôt comique. D’un côté, il existe une série d’individus prétendant haut et fort que nous n’avons jamais mis les pieds sur la Lune et de l’autre on trouve une mission Apollo supplémentaire faisant grimper le total à sept alunissages.

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Plus de onze ans après la divulgation du canular, il continue de faire des adeptes et des victimes. Y croire peut paraitre sans grandes conséquences puisque aucun individu hameçonné ne verra son existence chamboulée par ce faux récit. Pourtant, créer ce genre d’histoire irréelle ne serait pas un geste tout à fait anodin.

Si vous avez lu mon blogue d’hier traitant du mensonge institutionnalisé, vous comprenez que cet acte banalisé s’avère bien plus pernicieux qu’il n’ose paraitre. En tant que citoyen, notre devoir est de bien s’informer et alors de dénoncer et autrement combattre les fausses nouvelles institutionnelles.

Mais si, en tant que citoyens, nous nous auto-empoisonnons en inventant n’importe quelle histoire, nous devenons les complices des leaders menteurs cherchant à tout prix à nous faire avaler leurs prochains gazouillis.

Nous devrions partager une même idéologie lorsqu’il est question de créer ou de partager de l’information, celle d’adopter une attitude irréprochable et de s’assurer que nos informations demeurent impeccables. Personne n’aime se faire berner. Nous méritons tous d’obtenir l’information la plus juste et la plus précise possible. Efforçons-nous donc de produire ou de relayer une information de qualité, une information comme nous aimons l’obtenir.

Et cessez de croire que seulement relayer des informations de sources étrangères vous déresponsabilise de leurs exactitudes. En jouant à la courroie d’engrenage, en devenant un diffuseur, vous encouragez autant les auteurs sérieux que les menteurs.

Si une information vous semble douteuse, pourquoi ne pas simplement l’oublier ? Aujourd’hui, vous trouverez de multiples références pour une seule fausse rumeur et vous en deviendrez une de plus. Recouper l’information n’est plus une technique suffisante pour garantir sa véracité. Il faut en faire bien plus si vous voulez faire un travail sérieux, mais surtout utile pour vos concitoyens.

Nouvelles fusées, charges moindres

Elon Musk, le propriétaire de SpaceX a revu à la baisse la puissance de sa prochaine fusée, la Big Falcon Rocket (BFR), alias Big Fuckin Rocket, de 150 à 100 tonnes de charge utile en orbite basse.

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Big Falcon Rocket

 

Au début du projet, elle était censée détrôner la mythique Saturn V du programme Apollo des années 1960-1970, la plus puissante fusée jamais construite et utilisée.

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Saturn V

 

Ni Ariane 5 ni Falcon Heavy ni Delta 4 Heavy ne rivalisent avec la fusée de Herbert Von Braun et voilà que la BFR est également retirée de la course. Quant au projet de la fusée Ares V censée être 60 % plus puissante, il est mort dans l’œuf en 2011. Pour les Européens et leur future fusée Ariane 6, sa charge utile sera une fraction de celle d’Ariane 5. Comme quoi, le défi relevé par l’équipe du père des V1 et V2 allemands a été totalement incroyable pour l’époque. Cinquante ans plus tard, on ne parvient toujours pas à rééditer l’exploit.

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Ariane 5

 

En parlant d’exploit, demain nous assisterons au centième lancement d’une fusée Ariane 5 depuis la base de Kourou en Guyane.

Je dois cependant avouer être un peu de mauvaise foi. Je suis certain qu’on pourrait construire une fusée plus puissante que la Saturn V, toutefois la rentabiliser resterait difficile, raison pour en construire des moins puissantes, des moins dispendieuses et des plus rentables.

Cependant, le choix de diminuer la puissance des lanceurs retarde la possibilité de construire de vastes structures spatiales ou martiennes afin de coloniser Mars de façon permanente puisqu’il demeure plus avantageux de remplir une grosse fusée au maximum de sa capacité que d’en lancer deux ayant chacune moitié moins de charges utiles. Il sera également impossible de transporter là-haut de lourds modules, ce qui limitera le genre de technologies utilisables.

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SLS

 

Il ne reste plus dans la course que la fusée SLS de la compagnie Lockeed Martin, toujours en conception et promise pour fin 2019, pour battre le record de satellisation en orbite basse de 118 tonnes. Dans sa première version, elle est calculée pour lancer en orbite basse une charge utile atteignant seulement 70 tonnes. Éventuellement, elle pourrait transporter jusqu’à 130 tonnes et viendrait ainsi reléguer aux oubliettes les records du célèbre lanceur du programme Apollo. Toutefois, beaucoup des projets ne se sont jamais concrétisés et la SLS Block 2 pourrait bien faire partie de ces mort-nés. Cette nouvelle génération de fusée est prévue dans le cadre d’un retour des missions habitées vers la Lune. Le premier vol prévu sans équipage devrait amener la capsule Orion dans les environs de notre Satellite dès la fin 2019, début 2020.

La fusée Saturn V possédait également la capacité d’envoyer 47 tonnes sur une orbite de transfert. J’ignore si la SLS pourra faire mieux.

Tous ces efforts et tous ces argents investis dans des technologies rudimentaires tendent-ils à confirmer l’inexistence de rétro-ingénierie sur des ovnis équipés de propulseurs exotiques à antigravitation? Vous pouvez en apprendre plus sur l’antigravitation en lisant ma série de trois articles traitant du sujet.

Antigravitation — 1: Ce qu’elle est et n’est pas

Antigravitation — 2: La piste de l’antimatière

Antigravitation — 3: La solution

Antigravitation — 1 : Ce qu’elle est et n’est pas

Je consacre une série de trois articles à ce vaste sujet, car j’en ai long à dire. Ne ratez pas de les lire tous, des surprises de taille vous attendent.

Mais avant de savoir si l’antigravitation existe ou peut exister, il faut comprendre quelques principes de base dont ceux concernant évidemment la gravitation.

Détournement de sens

Dans la culture populaire, on mélange aisément plusieurs concepts physiques en donnant à des phénomènes des noms inappropriés et l’antigravitation souffre malheureusement de l’ignorance des gens qui utilisent ce terme à tort et à travers.

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Tout comme les oiseaux et les avions qui parviennent à combattre la gravitation en lui opposant une force ayant une composante verticale de sens opposé, ils ne créent pas une force antigravitationnelle pour autant.

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L’aimant soulevant des clés ne développe pas une force antigravitationnelle. Un objet volant grâce à des forces électromagnétiques ne produit pas non plus une force antigravitationnelle.

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Toutes ces forces n’ont rien à voir avec la nature de la gravitation, même si elles parviennent à s’y opposer. Ce ne sont que des cas de forces très distinctes qui se compensent ou s’additionnent selon l’angle créé entre les différentes forces en présence (addition vectorielle).

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Une force qui s’oppose à la gravitation ne s’appelle pas une force antigravitationnelle. Pour savoir ce qu’est réellement une force antigravitationnelle, il faut tout d’abord bien comprendre ce qu’est la force gravitationnelle.

La gravitation

Depuis les travaux d’Einstein publiés en 1915, on sait que la gravitation est une force attractive engendrée par la déformation de la trame d’espace-temps causée par les masses qui s’y trouvent. Les masses attirent à elles toutes autres masses parce que le tissu de l’espace-temps s’est déformé en conséquence. Bien qu’étant mieux ressentie à proximité d’un objet massif, cette force s’exerce sans limites de distance.

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De façon imagée, les masses creusent la structure de l’espace-temps, elles ne la surélèvent pas. Ce faisant, la force gravitationnelle est toujours de signe positif, indiquant une attraction des masses.

Son opposé, la véritable antigravitation

L’antigravitation serait le phénomène exactement opposé à celui-ci. Ainsi, quelque chose devrait être en mesure de surélever la trame de l’espace-temps afin de générer une force qui tendrait à éloigner les objets les uns des autres, générant une force gravitationnelle de signe négatif, répulsive, une antigravitation. Pour reprendre l’image de la trame, l’antigravitation génèrerait dans celle-ci des bosses plutôt que des creux. Les creux, font de la trame un attracteur. Les bosses créées par l’antigravitation en feraient un diffuseur, un disperseur des masses.

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On sait maintenant ce qu’est la véritable antigravitation.

Dans le prochain article, il sera question de comparer la gravitation aux autres forces de la Nature afin de bien comprendre de quoi il en retourne. La piste de l’antimatière sera mise à l’épreuve.

***** À suivre demain *****

 

Ariane 6, histoire d’un flop annoncée ?

Le consortium européen Arianespace vient d’approuver la finalisation de la fusée Ariane 6 pour une mise en service en 2020 avec un premier vol prévu le 16 juillet de la même année. En étude depuis 2009, puis en phase architecturale depuis 2012 jusqu’à sa version approuvée en décembre 2014, il aura fallu tout ce temps pour accoucher de ce qui sera probablement, à mon avis, un fiasco financier.

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Illustration d’une fusée Ariane 6 en vol

Deux facteurs principaux influencent les carnets de commandes: le coût et la fiabilité des lancements. Ariane 5, vous aurez compris que c’est la version précédente et celle actuellement en usage, a été développée dans des années où l’Europe pensait imiter les Américains avec une navette nommée Hermes. Ce projet n’a jamais vu le jour. Ainsi, la fusée Ariane 5 exige des charges payantes lourdes pour des coûts de lancement acceptables. Sa bonne fiabilité est un critère important de sa réussite actuelle.

Cependant, le paradoxe est que plus les satellites s’alourdissent, moins Ariane 5 devient intéressante face à la concurrence. Elle est capable de mettre 10 tonnes en orbite géostationnaire, mais les satellites actuels frisent les 5 tonnes sur la balance. Il devient alors très difficile de trouver un deuxième satellite au poids complémentaire dans la même fenêtre de lancement. Donc, plutôt que de partager les coûts de lancement, un seul opérateur de satellite doit seul les assumer et ce scénario ne fait qu’augmenter en fréquence.

Durée 1min06 : Décollage d’une fusée Ariane 5

Ariane 6 est censée régler ce problème en assurant un coût de lancement équivalent à ceux d’Ariane 5 lorsque celle-ci est munie de 2 satellites géostationnaires pour une charge maximale de 6 tonnes.

Oubliez les premiers étages réutilisables dans son design, sa seule véritable particularité sera peut-être une quelconque polyvalence de configuration, mais encore là, celle-ci ne me convainc pas du tout.

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Retout sur Terre et atterrissage quasi simultané des deux boosters latéraux de la fusée Falcon Heavy, concurrente d’Ariane.

 

Elle est, selon moi, pensée et conçue dans un autre siècle et la concurrence lui fera savoir assez rapidement. Bien entendu, si elle garde la bonne réputation de fiabilité de sa sœur, elle accaparera un certain pourcentage des lancements, mais elle ne fera pas un tabac. Puisque cette fiabilité est reconnue seulement après un bon nombre de lancements sans pépins aucuns, elle végètera durant ses premières années d’existence au bas du tableau des lanceurs.

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Durant ce temps, la concurrence continuera de s’améliorer et de confirmer des coûts toujours plus intéressants pour ceux dont l’idée farfelue fut de prendre l’idée d’une navette, sa réutilisation, et de la transposer dans une technologie moins fragile et mieux maitrisée, celle des fusées.

Bien sûr, la concurrence peut subir des difficultés techniques et financières qui permettraient à Ariane 6 de devenir un lanceur plus apprécié, mais quand on axe son succès sur les déboires de ses concurrents, la déconvenue est à nos portes.

« On le fait et on se tait »

Tous ces flashs aperçus un peu partout depuis un certain temps autour de la planète sont-ils dus à des météorites ou à des débris spatiaux qui retombent sur Terre ? À mon avis, à un peu des deux sortes. Les débris spatiaux sont légion et en recevoir de plus en plus souvent sur le crâne est normal puisqu’on multiplie les vols spatiaux.

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De l’autre côté, jusqu’à ce jour, on a répertorié plusieurs géocroiseurs, la liste officielle n’en contient cependant que 1 889. Autant dire qu’elle est vide. C’est évident qu’il en existe un multiple important de ce nombre. Les météores qui zèbrent le ciel inopinément ne font pas partie de cette liste, sinon ils auraient été répertoriés et on aurait été alertés.

Ce qu’on oublie souvent lorsqu’on parle de débris spatiaux ou de météores c’est la fabuleuse énergie que transportent ces objets, même lorsque leur masse est modeste. Leur énergie cinétique est proportionnelle au carré de leur vitesse et lorsqu’ils pénètrent dans l’atmosphère, celle-ci peut valoir une vingtaine de kilomètres par seconde ! Même une fois en décélération par notre atmosphère, les cailloux ou les composantes de fusées peuvent facilement ravager les vitres de tout un quartier s’ils explosent avant de toucher le sol.

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Par contre, je suis intrigué par quelque chose qui risquerait bien de devenir le thème d’une nouvelle conspiration.

Comme on peut le constater sur l’image en tête de cet article, le nombre de débris spatiaux est absolument faramineux, surtout en orbite basse près de la boule bleue. Le grand cercle blanc correspond aux débris sur les orbites géosynchrones, mais près de la Terre, c’est le bouchon de circulation !

Je suis à peu près certain que les compagnies gérant le lancement de nouvelles fusées se grattent la tête pour savoir sur quelle trajectoire et à quelle heure organiser le vol des prochaines fusées pour passer à travers cette mer de débris.

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Que leur reste-t-il à faire pour se donner plus de latitudes ? Nettoyer l’espace pour réduire le nombre de débris et éviter le plus possible d’en générer de nouveaux.

Mais cette opération signifie de nous faire tomber sur la tête ce qui a été lancé dans l’espace. Les risques qu’un débris cause des dommages sont faibles, mais non négligeables. Toutefois, il serait vraiment surprenant qu’une agence spatiale avoue faire exprès pour ramener des débris sur Terre sans connaitre avec précision la trajectoire d’entrée dans l’atmosphère et les risques de dégâts.

Elles s’appliquent donc à taire leur petit jeu pour ne pas causer des vagues dans la population alors que les risques sont minimes, même s’ils sont loin d’être nuls. Gestion de l’image oblige. C’est la politique du « on le fait et on se tait ».

Le fil cassé d’Ariane

La fusée européenne Ariane 5 est l’un des meilleurs lanceurs de satellites sur le marché, mais l’offre devient de plus en plus grande et le dernier succès de la fusée Falcon Heavy de SpaceX n’arrange en rien la position de plus en plus précaire d’Arianespace qui ne recycle pas les premiers étages de ses fusées et qui verra donc ses coûts de lancement largement dépasser ceux de cette concurrence.

Par contre, on pouvait compter sur la fiabilité de la marque Arianespace. Ce n’est plus tout à fait le cas avec le demi-échec du vol VA 241 de janvier dernier qui a propulsé deux satellites sur de mauvaises orbites.

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La bonne nouvelle vient de tomber. La fiabilité de la fusée Ariane 5 n’est pas remise en cause, car l’erreur est due à un mauvais paramétrage. La mauvaise est qu’Arianespace a quand même manqué à ses devoirs de contrôle de qualité.

J’ai suffisamment travaillé longtemps en contrôle de la qualité pour savoir exactement ce qui s’est produit. Les modules contenant des programmes informatiques sont conçus pour être compilés. À partir de ce moment, il n’est plus vraiment possible de le modifier sans retourner au code source, faire les modifications, le compiler et le redéployer.

Cependant, pour ajuster les paramètres de vol des fusées qui varient d’un lancement à l’autre, ces modules comportent des valeurs pouvant être modifiées de l’extérieur du module sans altérer son code source. Ce sont les paramètres du code source.

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Concernant le dernier échec d’Ariane 5, on a omis de modifier certaines valeurs de ces paramètres pour les rendre conformes au plan de vol.

C’est la base d’une planification de vol. L’erreur est tellement stupide qu’elle a immédiatement démontré l’amateurisme du groupe du contrôle de qualité d’Arianespace. Entre ça et une erreur de conception, c’est évidemment mieux puisque la fusée n’est pas interdite de vol. Pour les clients par contre, il y a de quoi les rendre nerveux, suffisamment pour lorgner ailleurs. Et c’est là qu’une bêtise anodine prend toute son importance, car en aérospatiale, les bêtises idiotes ne doivent jamais exister. Les procédures standards d’opérations utilisées en QC (contrôle de la qualité) sont censées être suffisamment élaborées et pertinentes pour réduire à zéro les chances de rater son coup de la sorte.

Arianespace vient de servir sur un plateau d’argent ses clients les plus fidèles à ses compétiteurs qui l’en remercient certainement. Ils en profiteront pour affaiblir encore plus la réputation du consortium européen en tournant le fer dans la plaie. C’est à suivre.

Falcon Heavy vs Big Falcon Rocket

Elon Musk a de quoi se réjouir. Sa nouvelle fusée Falcon Heavy a réussi hier son vol d’essai quasiment à la perfection. Cette fusée s’avère être un assemblage de trois fusées Falcon 9 mises en sandwich dont celle du centre est surmontée d’un deuxième étage et de sa coiffe transportant la charge utile. Ainsi, cette fusée munie de 27 moteurs Merlin a envoyé vers Mars le roadster Tesla de l’excentrique milliardaire.

Les deux fusées auxiliaires sont revenues se poser au cap Canaveral presque simultanément. Ce fut tout un spectacle de voir ces atterrissages contrôlés. Par contre, Spacex a cessé de diffuser avant qu’on sache ce qui est advenu de la fusée principale. Elle était censée atterrir comme ses deux autres sœurs, mais sur une barge en mer puisqu’en propulsant plus longtemps la charge utile, le retour sur la terre ferme devenait impossible. Cependant, dans le passé, cette opération s’est fréquemment déroulée sans incident.

Je vous propose de regarder la vidéo du lancement de la fusée Falcon Heavy survenu hier. Si vous n’avez jamais assisté à un lancement d’une fusée de la compagnie Spacex, ne boudez pas votre plaisir et regardez les données de vol, vitesse et distance, retransmises jusqu’à la mise en orbite. C’est fascinant. Vous aurez aussi l’occasion de voir la Tesla rouge une fois en orbite qui joue « Space Oddity » du regretté David Bowie.

Préparatifs et lancement du lanceur Falcon Heavy

Lancement de la fusée Falcon Heavy : Aller à 21min30s
Atterrissage des deux fusées auxiliaires : Aller à 29min30s

L’idée est de faire un peu comme la navette spatiale, de la récupération d’équipement pour diminuer les coûts de lancement. On peut remarquer que cet exercice reste périlleux. Toutefois, il est déjà certain que Musk a gagné ce pari. Les autres lanceurs auront de la difficulté à le concurrencer sur ce terrain.

Dans un article précédent, je m’interrogeais sur les contrats que pouvait bien avoir Spacex dans son carnet de commandes pour lancer une charge utile de 63,8 tonnes, la plus importante charge utile pour l’instant, puisque les spécialistes s’accordent à dire que c’est trop ou trop peu. Trop pour le lancement de satellites normaux qui peuvent parfaitement être mis en orbite avec la Falcon 9 et les autres lanceurs dans cette catégorie, ou trop peu pour penser transporter des humains vers Mars.

Mais voilà que ce rêve du cofondateur de PayPal deviendra possible avec un autre projet qu’il est en train de réaliser, une fusée totalement distincte des Falcon actuelles, la Big Falcon Rocket (BFR) déjà surnommée la Big Fucking Rocket. On comprend ce surnom lorsque sont mises côte à côte la fusée Saturn V, la fusée la plus puissante jamais construite (missions Apollo), et cette nouvelle fusée. La BFR pourra transporter vers Mars une charge utile de 500 tonnes ! Suffisamment pour démarrer un projet de colonisation. Après les succès retentissants de ses trois plus importants projets, Pay Pal, Tesla et Spacex, celui de la fusée BFR semble soudainement réalisable.

Dimensions comparées entre les fusées Saturn V (missions Apollo) et la future BFR

SaturnV-BigFalconHeavy

Dimensions comparées entre la future fusée BFR et un humain

BFR-maison

Pourquoi la Falcon Heavy ?

Dans le domaine des lanceurs spatiaux, mettre des charges utiles (payloads) lourdes en orbite exige de faire appel à des fusées de plus en plus puissantes.

Le 6 février prochain, notre milliardaire vedette Elon Musk va procéder au lancement inaugural d’une fusée Falcon Heavy capable de mettre en orbite une charge utile de 63,8 tonnes. À titre de comparaison, la navette spatiale américaine avait une charge utile maximale de 24,4 tonnes, la fusée Saturne V, la championne toutes catégories, pouvait se permettre une charge de 118 tonnes. Quant à Ariane 5, elle plafonne à 21 tonnes. Toutes ces masses sont valides pour la mise en orbite basse. On comprend que pour atteindre les orbites géostationnaires qui sont bien plus hautes, ça exige plus de carburant, donc la masse utile diminue.

Cependant, le marché des satellites se contente de fusées de moyenne capacité, car le poids de nos yeux spatiaux fait généralement quelques tonnes. La fusée Ariane 5 pouvait donc se permettre de lancer plusieurs satellites à la fois, réduisant d’autant la facture individuelle.

Toutefois, les spécialistes s’accordent à dire qu’il n’y a pas de débouchés actuellement pour une fusée pouvant mettre une soixantaine de tonnes en orbite basse et vingt-cinq tonnes en orbite géostationnaire. Alors pourquoi Elon Musk s’intéresse-t-il à ce segment commercial imaginaire ?

Dernièrement, il a fait des déclarations en parlant de Mars. Mais Spacex organise des lancements, pas des missions spatiales et personne n’est prêt à envoyer des humains sur Mars en ce moment.

Bon, la mise au point de la Falcon Heavy reprend l’architecture de la fusée Delta IV Heavy qui se permet de plus lourdes charges en accolant deux propulseurs latéraux supplémentaires à la fusée. Ce concept est plus simple à développer que s’il fallait repartir de zéro avec une toute nouvelle fusée. Qu’importe. Quelle mission Spacex a-t-elle actuellement dans son carnet de commandes pour la Falcon Heavy ? On l’ignore. Il faut donc s’attendre à une annonce fracassante de la part de son PDG advenant le succès de ce lancement.

Petite anecdote, les constructeurs de satellites attendent qu’un lanceur ait fait ses preuves avant de risquer leur œuvre sur un nouveau lanceur. Ainsi, Elon Musk utilisera sa Tesla Roadster personnelle comme charge payante. Fallait pas s’attendre à moins de sa part.

Photos : Steve Jurvetson