La pyramide

Le principe sur lequel toute l’économie mondiale est basée est celui de la pyramide.

Elle commence à la base par les plus petits salariés des pays émergents, ensuite viennent les travailleurs à salaire minimum des autres pays, puis les travailleurs non spécialisés, les travailleurs spécialisés, les professionnels, les entrepreneurs, les financiers et enfin les financiers des financiers tout au sommet.

Admettons qu’il existe 8 niveaux au total. Ça ne semble pas beaucoup pour une pyramide, mais attendez la suite. Disons qu’au sommet trônent environ 700 personnes, les plus riches de la planète. À chaque niveau inférieur, on multiplie par 10. Ce sont les souteneurs des gens trônant au sommet. Au plus bas niveau, on trouve donc 7 milliards d’individus qui soutiennent le style de vie de tous les autres niveaux supérieurs.

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La forme pyramidale apparait bien à travers ces chiffres. La question est de savoir combien d’individus sont nécessaires aux niveaux inférieurs pour rajouter une seule personne au sommet?

Le calcul est simple, cela prendra 10 + 100 + 1000 + 10000 + 100000 + 1000000 + 10000000, soit une somme de 11111110 têtes de pipe. Ouais, le tabac n’est plus vraiment à la mode et il tue, alors utilisons plutôt le terme «enclavés».

Ainsi, pour soutenir la mégalomanie d’un seul nouvel hyper riche, il faut rajouter plus de onze millions d’enclavés à la pyramide.

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Voilà comment notre système économique est organisé. Un système pyramidal à la Ponzi, non seulement parfaitement légal, mais pensé de telle façon qu’il devient impossible à changer. Oui, car la qualité première d’une pyramide est de garantir la stabilité de tous ses étages en les construisant sur les niveaux inférieurs beaucoup plus vastes que les niveaux supérieurs. Ainsi, les riches, les super riches, les mégas riches et les hyper riches n’ont rien à craindre. Personne ne viendra les faire tomber de leur piédestal puisqu’une pyramide est insensible aux séismes et aux éboulis économiques. Même si quelques blocs de la base s’effritent ou disparaissent, il en existe tellement d’autres que la structure globale restera solide.

On pourrait croire, et on y croit, qu’il est bien de vivre dans un contexte où le système économique est aussi stable et insensible aux intempéries. Il permet même aux gens de gravir les échelons grâce à leurs efforts, à la chance, à leur opportunisme, et aux crimes qu’ils peuvent commettre en toute impunité. La pyramide semble offrir bien des avantages et c’est parfaitement vrai lorsque le nombre de niveaux est faible. Retour en arrière, voici comment le système pyramidal a commencé.

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Comme toute bonne évolution, celle-ci débute avec le minimum de niveaux. Une tribu et son chef constituaient une bien petite mais très belle pyramide qui déjà démontrait une bonne stabilité si le chef était fort et avisé. Puis vinrent trois niveaux, le chef de la tribu, contre protection, devait rapporter des offrandes à un seigneur. Et ensuite, il y eut un quatrième niveau. Les seigneurs se regroupèrent autour d’un roi afin de sécuriser leurs frontières, pour envahir d’autres terres, bref pour consolider leur pyramide avant que d’autres que la leur deviennent plus grosses et plus solides.

Voilà où aurait dû cesser le système pyramidal. Quatre niveaux, on peut dire que c’était déjà un de trop. En construire plus de quatre relevaient de la pure folie, mais l’humain applique ses bonnes vieilles méthodes jusqu’à en perdre totalement le contrôle. Il ignore tous les avertissements et les signes avant-coureurs lui montrant qu’il n’aurait jamais dû franchir certaines limites.

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Mais surtout, ceux qui auraient le pouvoir de changer le système sont les mêmes individus qui en profitent le plus. C’est mal barré pour espérer toute transformation. La pyramide est ce qu’il y a de plus solide, Khéops en savait quelque chose! Quarante-cinq siècles plus tard, elle demeure vaillante.

La solidité de la pyramide possède ses avantages et aussi ses inconvénients. Tout d’abord, elle est inadaptable. Elle ne montre aucune souplesse, aucun moyen de modifier à peu de frais un quelconque élément de sa structure. Le plus grand défaut d’une pyramide est son potentiel d’inflation exponentiel. Lorsque le nombre de niveaux croît, comme dans le cas de l’économie mondiale actuelle, le système pyramidal exerce de la pression sur le surpeuplement.

L’arrivée des peuples chinois, indiens, africains, russes dans l’agrandissement de la pyramide mondiale en est la preuve. Les rois de l’ère moderne devaient trouver une solution pour devenir encore plus riches, pour créer plusieurs niveaux supplémentaires à la pyramide. Pour ce faire, il fallait agrandir de façon substantielle sa base. Et, justement, les pays énumérés ci-devant représentaient un bassin fantastique de blocs toujours inutilisés. Il suffisait de les rendre politiquement disponibles à l’enclavement.

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Le concept économique du «village global» est alors apparu. Le plus grand succès des pharaons des années 1980 fut d’embrigader la Chine et ses 1,3 milliard d’individus. En relocalisant la production manufacturière dans ce pays, ils ont réussi à rajouter tout un étage supplémentaire à leur pyramide. À leur décharge, il est vrai que ces innombrables Chinois existaient déjà, qu’ils les ont simplement rassemblés autour de la seule pyramide aujourd’hui existante, celle de l’économie mondiale. Toutefois, cet exemple démontre parfaitement combien d’individus il faut rajouter à la base d’une construction pyramidale pour faire croitre son sommet d’un ou de deux niveaux sur lesquels une infime minorité de gens s’ébattront.

Lorsque tous les pays de la planète auront prêté allégeance au système économique mondial actuel, la Chine a très bien compris qu’elle doit harnacher les Africains pour se hisser d’échelon, il ne restera plus aucun bassin de population à la disposition des tout-puissants pour continuer de croitre. Le nombre de niveaux à la pyramide aura atteint sa limite extrême, mais la fin n’est pas encore là.

Les gens veulent poursuivre leur ascension et un seul individu cherchant à se hisser de l’avant-dernier jusqu’au niveau le plus élevé a besoin d’entrainer une quantité phénoménale de gens dans sa foulée.

Pour limiter la population mondiale, il faudrait tout d’abord que personne ne veuille plus atteindre le sommet de la pyramide ou qu’ils attendent pendant de longues années que l’un d’eux meure. Il faudrait aussi que plus personne de tous les niveaux inférieurs ne veuille améliorer son sort, sauf pour prendre la place au niveau supérieur d’une personne disparue.

Bien entendu, la vie ne fonctionne pas ainsi et la pyramide continuera de chercher à croitre par tous les moyens. Croyez-vous toujours au contrôle de la surpopulation alors que personne n’a d’intérêt personnel à la limiter?

Évidemment, rien n’est éternel et malgré la belle endurance de la pyramide, elle finira aussi par atteindre ses limites. Que la catastrophe soit causée par son surpoids ou par un agent externe comme un virus incontrôlable, une météorite géante ou une guerre nucléaire qui décimerait une grande partie de la population mondiale, la pyramide ne résistera pas à la disparition subite de la majorité des éléments occupant les niveaux inférieurs.

Il en résultera un retour aux sources. Tout d’abord on verra apparaitre des tribus, puis des seigneuries, ensuite des royaumes… le reste de cette histoire, vous la connaissez bien, c’est actuellement la vôtre.

Photo entête : Journal Métro – Montréal

Intelligence artificielle – faut-il la craindre ?

L’un des plus importants pôles mondiaux pour le développement de l’intelligence artificielle est ici, dans la ville où j’habite, à Montréal. Presque à toutes les semaines, une annonce confirme le démarrage d’une entreprise, ou encore l’agrandissement d’un centre déjà implanté, ou l’arrivée imminente d’un joueur majeur. Radio-Canada titrait même en janvier 2019: «L’intelligence artificielle a désormais son quartier général à Montréal».

Le site web de Montréal International (montrealinternational.com) dénombre un investissement privé de 1,1 G$ depuis 2016, 1 G$ en recherche universitaire, 15000 experts, 11000 étudiants à des programmes liés à l’IA, 300 chercheurs et étudiants aux cycles supérieurs universitaires. Plusieurs instituts et associations liés à ce domaine d’études et d’emplois s’installent dans la métropole. C’est indéniable, Montréal a la cote si l’on se fie au nombre de sommités mondiales qui y déménagent. Les annonces de créations d’emplois ne font pas état de milliers d’emplois chacune, mais ce sont tous des postes très bien rémunérés et certainement des plus stimulants.

Parmi les plus gros noms déjà actifs, IBM, Microsoft, Google, Facebook research et Deepmind forment le noyau dur. Cependant, les plus grandes innovations viendront peut-être d’entreprises en démarrage ou encore de noms moins connus, mais profondément implantés dans d’autres pays, comme le Royaume-Uni qui dépêche dans la ville ses QuantumBlack, WinningMinds et Bios.

Évidemment, les deux géants actuels que sont les É.U.A. et la Chine détiennent presque un monopole mondial avec près de 55 % des emplois, mais plusieurs facteurs incitent les entreprises à venir s’établir dans la quatrième plus grande ville francophone au monde après Kinshasa, Paris et Abidjan. Hé oui! Paris n’est plus la première ville francophone.

Tout d’abord, l’anglais sans la mentalité anglophone aux tendances dominatrices et obtuses, Montréal est à cheval entre ses racines francophones et l’hégémonie anglophone. Montréal est aussi une grande ville universitaire qui compte 4 universités importantes, dont l’université de Montréal et McGill, chacune œuvrant activement en IA. L’Université du Québec à Montréal s’intéresse surtout aux impacts sociaux de l’IA et à l’éthique liée à cette nouvelle façon de mener le Monde.

Car il s’agit bien de mener le Monde. Mais à quoi vous attendiez-vous de la part des compagnies dont je vous ai donné certains noms? De la charité? De l’intérêt porté aux humains? Comme toutes les compagnies, elles veulent faire plus d’argent que la concurrence et l’intelligence artificielle est la technique moderne qu’elles utiliseront toutes pour en obtenir plus.

Mais le vrai problème n’est pas aussi trivial. Toutes les compagnies œuvrant sur le net utilisent déjà l’IA pour scruter vos comptes sur les réseaux sociaux pour en ressortir des moyens d’augmenter votre intérêt à propos de certains produits dont ils ont la charge de hausser leurs ventes. C’est de bonne guerre. Vous publiez votre vie sans gêne, sans pudeur et sans contrainte, ils s’en servent, voilà tout. Votre impact social lié à l’achat de telle ou telle marque de produit reste banal, ça ne dérange personne. Vous trouvez même ça utile de voir des annonces de produits que vous aimez pour profiter des rabais ou d’apprendre la sortie d’un nouvel élément faisant partie de la gamme que vous affectionnez. Si l’IA se contentait de générer ce genre d’astuces commerciales, on n’aurait pas à débattre bien longtemps autour de son éthique.

L’intelligence artificielle implique un stade beaucoup plus avancé de comportement. Avec un humain, on ne se contente pas de lui apprendre des choses, on lui apprend à apprendre, on lui apprend à devenir autonome, à penser par lui-même, à dégager des solutions qui n’existaient pas, à créer de la nouveauté.

L’intelligence artificielle n’est pas que des algorithmes prévus pour calculer des formules plus rapidement que nous à partir de variables dont on la nourrit. L’intelligence artificielle invente des solutions dont nous ignorons tout. L’intelligence artificielle expérimente, analyse les résultats et sélectionne parmi ses tentatives les meilleures méthodes.

Le hic vient du mot «meilleur». Meilleur pour quoi, ou à quoi? Meilleur pour qui? L’intelligence artificielle n’a pas vécu vingt ans dans un milieu familial à se faire inculquer des valeurs. L’IA est un bébé naissant muni d’un cerveau des milliers de fois plus rapide que celui d’un adulte et qui n’a qu’une seule tâche à accomplir.

Être meilleur, bien, éthique, adéquat, sensé, réfléchi, correct, juste, bon, tous ces mots n’ont absolument aucune signification intrinsèque pour une IA, pas plus que pire, mal, inapproprié, insensé, irréfléchi, incorrect, injuste ou cruel. Voilà pourquoi cette branche des sciences relève autant du social que du technologique.

Alors, faut-il craindre l’IA? Je ne pense pas, car la vraie menace n’est pas l’IA en tant que telle, mais les humains construisant de l’IA et conséquemment, on a effectivement tout à craindre. Ce n’est pas par hasard que l’IA soit principalement l’affaire des Étatsuniens et des Chinois, le premier contrôlant le Monde et le second rêvant de la même chose.

De sérieux dérapages finiront par survenir, car il existe de vraies guerres, qu’elles soient commerciales ou territoriales et l’humain a toujours utilisé ses inventions pour les gagner. L’IA est déjà utilisée comme une arme et cet usage ne fera que s’amplifier.

Par le passé, nos armes ont quasiment toujours été réutilisées dans un but plus noble. L’humanité comprend parfois que la guerre permanente lui nuit. Dépositaires d’une technologie, nous devenons créatifs afin de répondre à des besoins qui peuvent être comblés en l’adaptant. Au bout du compte, la poudre à canon, le radar, le laser, le nucléaire, le sous-marin, toutes ces technologies ont heureusement été bien plus utiles qu’elles nous ont anéantis.

En sera-t-il de même avec l’IA? On peut l’espérer. Toutefois, il existe une différence fondamentale entre nos anciennes inventions et celle-ci. Un bâton de dynamite n’est dangereux qu’une fois dans les mains d’un humain. L’intelligence artificielle possédera tous les moyens de penser et d’être dangereuse sans l’apport ultérieur des humains. Lui transmettrons-nous nos pires vices, comme le désir irrépressible d’accumuler des fortunes illimitées? Bien entendu, puisque cela fera partie de ses premières missions et qu’elle aura cette tendance inscrite dans les plus profondes circonvolutions de son cerveau humain à l’instar de notre cerveau reptilien.

Lisez la suite de mes réflexions sur l’IA dans un prochain article à paraitre dont j’ignore encore le titre. Abonnez-vous pour ne pas le rater.

Les dinosaures de l’Alberta

C’est plutôt connu, l’Alberta peut se targuer de posséder de riches cimetières de dinosaures. Pendant une très longue période et particulièrement au Crétacé, les terres du centre-ouest des É.U.A. et du Canada possédaient un immense bras de mer qui coupait totalement l’Est de l’Ouest comme le montre cette carte. Les dinosaures ont vécu et sont morts près de cette mer, et aujourd’hui on découvre leurs corps fossilisés en grande quantité.

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Ce qui est moins connu des gens des autres pays, c’est que les dinosaures sont revenus en force en Alberta. Le parti Conservateur s’est fait élire en promettant de combattre toutes les taxes sur le carbone, de trouver des solutions au pipeline transcanadien que le Québec refuse sur son territoire et de promouvoir tout ce qui concerne l’exploitation des sables bitumineux albertains.

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Je trouve indécent que des dirigeants fassent miroiter le retour à un essor économique en mettant l’accent sur une ressource qui va tous nous tuer. En passant, l’Alberta ne possède aucune taxe de vente parce que ce serait impopulaire d’en instaurer une. Ce faisant, les Albertains ne peuvent pas se payer les mêmes services qu’au Québec et ils s’en plaignent.

Plutôt que de trouver les moyens d’utiliser l’argent que le pétrole leur rapporte encore actuellement pour instaurer une véritable économie de transition, le nouveau gouvernement «conservateur» va tout miser sur le pétrole sans miser sur aucune autre mesure.

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Facilité, populisme, simplicité, se faire élire en promettant la prospérité passée sur des ressources passéistes c’est de la lâcheté et du mensonge éhonté.

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Les dinosaures du Crétacé étaient énormes, entre autres parce que les températures moyennes étaient bien plus élevées qu’aujourd’hui. Plus de chaleur donne plus de plantes, donc plus de gros herbivores et plus de gros tyrannosaures pour manger les gros herbivores.

Puisque le réchauffement de la planète ne fait que commencer et, comme on le constate, nos dirigeants n’ont pas l’intention de changer quoi que ce soit à l’économie du pétrole, la Terre ressemblera bientôt à ce qu’elle était durant le Crétacé. Une mégafaune verra de nouveau le jour. Certaines espèces profiteront de cette poussée de croissance et développeront de nouvelles habiletés. C’est exactement de cette façon que les dinosaures sont devenus les maitres incontestés de notre planète il y a de cela 230 millions d’années.

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En fait, à très long terme, la stratégie conservatrice n’est pas du tout idiote, puisqu’en favorisant le réchauffement planétaire, les Conservateurs remettent en action le même système climatique qui a généré le fameux pétrole duquel ils tirent aujourd’hui parti. Toutefois, il faudra plusieurs dizaines de millions d’années avant que les Albertains puissent bénéficier de ces nouvelles réserves. Laissez-moi douter du fait que le gouvernement puisse penser juste au-delà de 5 années.

En conclusion une phrase qui expliquerait tout. Ces dinosaures de Conservateurs sont en réalité de véritables  conservateurs de dinosaures.

Voyez ces voisins voyous

On a des voyous comme voisins. Voilà le triste constat auquel on doit arriver lorsqu’on regarde la façon dont les autorités réglementaires et le fabricant d’avions ont comploté dans la mise en marché du type d’appareil qui s’est écrasé deux fois. La sécurité du public n’a plus jamais été un enjeu, seule l’économie a compté et voilà le résultat.

Il n’existe qu’une seule façon d’agir afin que ce comportement ignoble cesse, c’est de parler le même langage qu’eux, celui de l’argent, sinon on leur donne raison d’avoir menti, triché et tué. Pendant combien de temps doit-on les punir? Mais pour toujours, voyons! Sinon à quoi cela servirait-il de les laisser s’échapper? On ne pourra jamais prouver la négligence criminelle ayant causé la mort. Les responsables de ces décès s’en sortiront avec des frousses et du fric. L’incitatif donné aux autres dirigeants pour garder leurs mains propres est pourtant simple. «Si tu triches, tu tues ta compagnie».

Malheureusement, ceux qui ont comploté pour faire voler cet appareil défectueux, s’en tireront, tout comme la compagnie qui continuera de vendre sa camelote en la bradant aux réticents qui laisseront leurs principes au vestiaire pour parler économie d’argent, eux aussi. Le gouvernement leur viendra même en aide pour retrouver le niveau des ventes antérieur qui, pourtant, a été établi sur des mensonges.

Les gens aiment oublier et les compagnies voyous le savent, alors elles en profitent. L’honneur, l’honnêteté et la rectitude ne tiennent plus aucune place dans le type de monde dans lequel nous vivons. Nous ne valons pas mieux que ces voyous, car nous continuerons d’acheter des billets d’avion de compagnies aériennes qui achèteront encore ces appareils.

Pour ma part, je pratique la devise de notre province qui est: «Je me souviens». Je pourrais aussi dire: «Je n’oublie pas». Je n’oublierai pas cette malveillance parce que les gens qui sont décédés dans les deux accidents valent qu’on se souvienne de la cause de leur disparition. Cette cause n’est pas une défectuosité mécanique, c’est une défectuosité humaine qu’on appelle la cupidité.

L’illusion de l’effort citoyen

Nous vivons actuellement une crise des matières recyclables et celle-ci était prévisible depuis les tout débuts de la récupération des matières post-consommation.

Je me souviens des premières cloches à récupération placées dans différents parcs. Bien que nous devions embarquer nos sacs et bacs dans l’automobile pour aller les porter et décharger leur contenu à la pièce dans les ouvertures trop hautes de ces monstres verts, en très peu de temps il aurait fallu multiplier leur nombre par mille pour satisfaire au volume de matières rapportées.

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La mise en place de cette première mesure concrète était victime de son succès et les cloches ont disparu pour raison de salubrité et aussi parce qu’on n’avait prévu aucun moyen de recycler une quantité aussi importante et aussi subite de papiers, verres, métaux et plastiques rapportés.

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Puis vint le ramassage à domicile, mais il fallait toujours trier les différentes matières. Ensuite, on a construit des centres de tri et on en est venu à cesser de trier les matières à la source.

À Montréal, nous sommes loin d’être les champions de la récupération avec un taux d’environ 70 %. Les autorités de tous les paliers de gouvernements mènent donc régulièrement des campagnes de sensibilisation pour augmenter ce taux.

Cependant, du côté des mêmes autorités, on se traine les pieds pour mettre en place de vraies infrastructures qui permettraient non seulement de récupérer correctement et efficacement l’ensemble des résidus, mais surtout à procéder à leur revalorisation localement tout en garantissant un gain économique substantiel sur l’achat de matières neuves.

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À cause du laxisme des autorités citoyennes, aujourd’hui on exporte, enfouit ou incinère presque la totalité des matières récupérées et pourtant les annonces continuent de pleuvoir pour que les gens augmentent leur efficacité de récupération.

J’aurai beau être sensibilisé au max, si ensuite tous mes efforts tombent à l’eau parce que rien n’a été fait pour avoir instauré une véritable économie du recyclage, on croulera toujours sous des montagnes de richesses laissées à l’abandon.

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Pour prendre un exemple simple, même si tous les citoyens construisent leur petit égout personnel, ça ne suffirait pas pour en faire un système efficace et propre de récupération, de traitement et de réutilisation des résidus. Les autorités sont parvenues à récupérer notre merde sans avoir à se soulager dans un bac à recyclage et à aller le porter à l’usine. Alors, peut-on aussi le faire avec les matières qui sont moins dérangeantes parce qu’elles sentent moins mauvais?

Ça prend une économie complète du recyclage, une structure globale, efficace qui deviendrait avantageuse sur tous les plans, surtout sur le plan monétaire puisque tout doit passer par là pour être enfin compris et accepté.

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Et à ce niveau, le citoyen ne sert à rien. Il est donc parfaitement illusoire de croire qu’en lui demandant plus d’efforts, ça va régler les problèmes. La population n’est pas dupe, elle voit bien que d’importants maillons manquent à la chaine. Aujourd’hui, le recyclage est une illusion bien orchestrée. On nous fait croire qu’il n’en dépend que de nous et que si nous ne continuons pas à nous améliorer, c’est peine perdue.

Toutes ces campagnes de publicité à l’intention des citoyens ne font que détourner l’argent qui serait bien plus utile pour mettre en place des infrastructures inexistantes et pour bâtir une véritable économie complète et efficace du recyclage.

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Tous les gouvernements successifs ont toujours opposé le recyclage à l’économie, voilà pourquoi aucun n’a jamais pris le taureau par les cornes. C’est toujours bien plus facile de rouler dans des ornières que de bâtir une nouvelle économie plus respectueuse de l’environnement afin de limiter l’usage de nos ressources épuisables.

Il est faux de croire que les gouvernements ne peuvent pas en faire plus que les citoyens. Ce qu’ils ont à mettre en place, aucun citoyen ne le peut, ni même un groupement de citoyens, ni même une ville, ni même une région. Il manque de lois et de règlementations, il manque d’infrastructures essentielles généralisées, il manque de volonté politique aux échelons les plus élevés, c’est la seule triste vérité.

Alors, de grâce chers veules gouvernements! Cessez de dilapider notre argent en vaines publicités, cessez de cacher vos responsabilités, cessez de pelleter le problème là où il ne peut être résolu et faites la seule chose vraiment utile, attaquez-vous une fois pour toutes au problème dans son ensemble et mettez en place de vraies solutions globales.

La limite de la mondialisation

Toute compagnie possède deux buts et comme sur une patinoire de hockey, ils sont diamétralement opposés. Le premier est de faire des profits, une compagnie ne peut pas survivre si elle dépense plus qu’elle ne récolte. Le second but est de produire quelque chose en dépensant de l’argent afin d’obtenir ses produits vendables. Ces dépenses réduisent d’autant les profits et certains P.-D.G. y voient une foutue mauvaise chose.

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Leur solution est alors de contester chaque centime dépensé. Aucune dépense n’est sacrée, sauf leur salaire et boni, il va sans dire. La diminution des dépenses passe inexorablement par les acquisitions en avalant tous les concurrents possibles. Plus de pouvoir d’achat, moins de ruban rouge, les acquisitions se payent à même les économies d’échelle réalisées.img183

Cette stratégie fonctionne, mais jusqu’à quelle limite ? Heinz-Kraft, la première a avalé sa concurrente en 2015, vient peut-être de démontrer que ce type de gestion n’est pas une panacée et finit inévitablement par atteindre sa limite.

Pourquoi ? Tout d’abord parce que ce type de compagnies n’a rien à foutre de leur second but. Tout ce qu’elles désirent, c’est imprimer de l’argent. Ils méprisent leurs produits, alors imaginez leurs clients ! Ils ont perdu le vrai sens des affaires, celle de répondre aux besoins de leur bassin de clientèle. Alors l’arme-requin continue de fabriquer du ketchup à base de 50 % de sucre raffiné, même si l’intérêt des consommateurs pour ce genre d’antiquité d’un autre millénaire est heureusement en chute libre.93dbdc6bafbb761f018931dccbf89271be3031de

Mais puisqu’elle se désintéresse totalement de sa production, une fois encore, elle va probablement tenter d’avaler un autre concurrent, toujours dans le but de réduire ses dépenses, avant de s’étouffer définitivement avec cet achat qu’elle ne pourra plus rentabiliser à partir des économies d’échelle. Gober Kraft aura peut-être été ce geste de trop. Nous le saurons dans quelques années.

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Toute stratégie atteint un jour ses limites et celle de mondialiser son entreprise, fusionner, dégraisser, faire fondre les chairs et se désosser n’y fait pas exception. Un jour, ce type d’entreprise se transforme elle-même en géant aux pieds en Jell-O. Il restera donc à Heinz de se vendre bouchée par bouchée, s’il existe encore des gens suffisamment « scupides » pour vouloir acheter cette coquille vide ayant perdu toute valeur commerciale en même temps que son âme.

Classifications du niveau d’évolution des civilisations

Plusieurs personnes ont défini des niveaux de civilisation permettant de cataloguer leur degré d’évolution. Même moi, je m’y suis mis avec mon échelle Keaq inventée pour les besoins d’une nouvelle que j’ai écrite en 2015.

La plus idiote de ces classifications et malheureusement l’une des plus connues, non ce n’est pas la Keaq, vilain lecteur, c’est la Kardachev, du nom de son inventeur, sûrement un imbuvable camarade soviétique rouge sur la vodka qui en fit la publication lors d’une conférence en 1964, donc avant la crise du pétrole de 1973.

Elle possède seulement trois échelons.

I. La civilisation capte et consomme 100 % de l’énergie de sa planète
II. La civilisation capte et consomme 100 % de l’énergie de son étoile
III. La civilisation capte et consomme 100 % de l’énergie de sa galaxie

 

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Construction d’une sphère de Dyson qu’utiliserait une civilisation de niveau II pour capturer l’énergie entière d’une étoile

 

Considérant l’échelle Kardachev, vous les terriens — moi je suis un extraterrestre et je me dissocie totalement de vous tous — vous n’êtes rien, niveau néant, moins mille, dans la fosse des Mariannes, au sommet des tours jumelles du World Trade Center, au même niveau qu’une bique, qu’une lamproie, qu’une éponge, qu’une amibe. Les 4 dernières comparaisons ne sont pas une insulte de ma part, mais une réalité selon la classification Kardachev.

Ouais, comme vous pouvez le voir, l’échelle Kardachev est un peu réductrice pour les populations qui croient valoir quand même un petit quelque chose au-dessus du zéro, comme les humains, genre.

Ma principale critique concernant cette classification est qu’elle possède beaucoup trop peu d’échelons dans son ensemble, ce qui engendre des défauts majeurs.

1. L’absence d’échelons sous le premier niveau
2. Les fossés abyssaux séparant deux échelons
3. La forte improbabilité de l’existence de l’échelon III dans l’Univers
4. Rien ne peut capter la totalité d’une énergie disponible
5. Une civilisation vraiment très avancée dépense peut-être beaucoup moins d’énergie que des civilisations incapables de bien la maitriser et qui la gaspillent, donc sous-évoluées.

Dans le passé, Carl Sagan avait déjà émis des commentaires défavorables à son égard. Plus récemment, le vulgarisateur scientifique Michio Kaku parlait de remplacer l’énergie dépensée par une échelle basée sur l’économie du savoir. Mais là, on ne parle plus du tout de l’échelle de Kardachev. Aussi bien prendre la classification Keaq, tant qu’à faire ! Mais là, j’empiète sur un autre article.

Néocapitalisme, risques et cancer

Ç’aurait pu être un article recensant une autre bêtise humaine et ses conséquences. Oui, cette locution dénote une réalité relativement commune puisque l’humain commet des bêtises à l’occasion. Il suffit d’agir trop rapidement, et voilà.

Mais là, je veux parler de la bêtise réfléchie, généralisée, institutionnalisée et instrumentalisée. La bêtise comme mode de vie, comme système économique et comme système politique. Il existe d’autres terminologies plus commodes comme le capitalisme moderne ou le néocapitalisme. J’en veux à toutes ces formes de modèles économiques qui ont découvert le moyen d’inverser les rôles joués par les clients et ceux tenus par les investisseurs. En s’attardant à analyser la situation, on voit rapidement poindre cette dérive et l’idiotie de ces modèles basés sur le principe du cancer économique.

Voilà deux symptômes de cette aberration. Tout d’abord, l’inversion des rôles. Aujourd’hui, l’investisseur, celui qui est censé prendre des risques, voit ses rendements garantis. Mais où sont donc passés ses fameux risques ? Ils n’ont pas disparu pour autant. La stratégie est basée sur l’offre avant la demande. Elle engendre le désir plutôt que le besoin et par conséquent, le risque est transporté du côté de la clientèle qui veut absolument se procurer le produit ou recevoir le service. L’absence de systèmes d’évaluation fiables permet de commercialiser des produits pourris. Les gens se découragent de demander un remboursement ou un échange (pour un modèle tout aussi médiocre !). Ils préfèrent bien souvent jeter leur achat aux poubelles en même temps que la serviette. Évidemment, l’érection de barrières visant à plier l’échine fait partie de la stratégie permettant de garder les aléas uniquement du bord du client. Il est ainsi devenu le détenteur du risque et l’investisseur celui de la garantie.

Pourtant, qui relève cette inversion, ce mélange des genres, cette tare de l’économie moderne ? Grâce à un bassin suffisamment grand, l’entreprise se permet de perdre la confiance des clients pourvu que celle des investisseurs soit préservée. Et voilà, le pont est lancé pour comprendre la seconde idiotie de ce système, la fameuse croissance. Dans ce système économique, une entreprise ne se contente pas de croitre, elle doit impérativement gonfler au-delà d’un seuil plancher fixé par ses investisseurs. Ainsi, tous les coups sont permis et surtout ceux qui ont pour but de flouer ses employés et ses clients ou de manquer à ses obligations sociales. Et lorsque la compagnie rend l’âme, elle emporte ses promesses non tenues et ses négligences dans sa tombe avec ses autres mensonges. Bien entendu, l’investisseur moderne connait la fin inéluctable de ce système et retire ses billes au moindre signe de faiblesse puisqu’il est pleinement conscient du mécanisme visant à l’enrichir en rendant les entreprises moribondes. Ainsi, son niveau de risque personnel reste minimal. Il transporte alors son cancer dans un secteur de l’économie encore vierge de ses exactions, car il s’agit bien d’un cancer qui se nourrit de la vitalité des autres pour continuer de détruire sans relâche ceux qui font sa fortune.

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