Mauvaise foi

L’humain reste un humain et la mauvaise foi en fait malheureusement partie, quel que soit le parti qu’il adopte. Le sens imagé de l’expression « mauvaise foi » correspond au contenu des déclarations qui deviennent mensongères, sciemment fausses ou à l’inverse, des vérités passées sous silence.

La recherche scientifique n’échappe pas aux travers humains, donc à la mauvaise foi, car elle est menée par des humains. Devant des évidences qui nuisent à la théorie adoptée, celle qui semble la plus logique et bien pensante, certains scientifiques préfèrent éluder les autres possibilités et ils vont même jusqu’à détruire quelques évidences pour ne rien déplacer. Dans une moindre mesure, ils en minimisent l’importance ou simplement les ignorent.

katiola.png

Devant de tels comportements irrespectueux de la science elle-même, des détracteurs voient le jour. Ces champions de la vérité, ces empêcheurs de tourner en rond traquent les anomalies scientifiques et proposent des théories alternatives. Quelquefois boiteuses, celles-ci ont au moins le mérite de proposer des pistes de solutions pour tenter d’expliquer ce que les chercheurs guindés relèguent dans un placard dont ils jettent la clé.

Lorsque les déviants s’avèrent être eux-mêmes des professionnels en la matière, ils sont systématiquement ostracisés afin de causer le plus de tort possible aux idées qu’ils véhiculent. Lorsque les attaques proviennent d’individus ne partageant pas le même bagage scientifique, ils sont simplement ridiculisés ou totalement ignorés.

dsc00710

Malheureusement, l’armure des preux chevaliers ne reste pas impeccable au fil du temps. Si certains scientifiques n’hésitent pas à banaliser les preuves dérangeantes, leurs détracteurs s’accrochent bien trop souvent à leurs théories même lorsque de nouvelles évidences finissent par les battre en brèches.

Se livrant chacun à sa manière à un dialogue de sourds, ils s’invectivent à qui mieux mieux en ayant à la fois tort et raison de le faire. Malheureusement, l’humain reste toujours un humain, il déteste avouer s’être trompé et, par-dessus tout, il déteste voir son œuvre maitresse réduite en poussières, peu importe s’il fait partie des académiciens bornés ou des sonneurs de fausses alertes.

cover-r4x3w1000-57e17b24c60fa-un-chimpanze-dans-un-zoo-au-mexique.png

Et le commun des mortels comme vous et moi les regarde s’entredéchirer sans pouvoir décider lequel a tort et lequel a raison, les deux mentent, les deux deviennent ridicules, les deux jouent de mauvaise foi. Toute faiblesse argumentaire de l’ennemi est exploitée, c’est de bonne guerre. Mais plutôt que d’avouer leurs erreurs, ils continuent de s’accrocher à leurs théories bancales en esquivant l’attaque par l’attaque. Les deux parties refusent de collaborer, préférant l’affrontement. Et comme toujours, ils empêchent le seul triomphe qui compte vraiment, celui de la vérité. Ça me fait penser à la théorie mathématique des jeux, mais l’importance de ce sujet vaut bien un article complet. Ce sera pour une prochaine fois.

Pour conclure ce texte, la morale à en tirer : ne jamais faire assurément confiance en l’humain, vous serez assurément déçus.

Penser autrement, valable pour tous

La semaine dernière, j’ai été visiter un salon de l’emploi à Montréal. Nous sommes en pleine pénurie de main-d’œuvre et les employeurs tentent tant bien que mal de pourvoir des postes toujours vacants.

Pourtant, combien de kiosques ai-je visité qui n’offraient que la présence d’un préposé chargé de remettre un carton avec l’adresse web de leur site où les postes à pourvoir sont affichés?

Quelle manière dispendieuse mais surtout inutile de trouver des candidats intéressants! Les employeurs recherchent des gens capables de penser autrement, selon leurs propres dires, alors qu’eux-mêmes semblent incapables d’en faire autant. Trouver de bons candidats dans un contexte de pénurie exige de sérieusement réviser ses critères d’embauche ainsi que ses méthodes pour les trouver.

Participer à un tel salon peut s’avérer fructueux si une personne allumée est présente pour percevoir le potentiel au-delà d’un simple CV et où une grille avec des cases à cocher remplace l’intelligence.

Messieurs, mesdames, des ressources humaines, il est temps de rajouter de l’art dans votre méthode. Vous aussi devez penser autrement si vous désirez vraiment découvrir de nouveaux diamants. Cessez de reluquer les écrins des autres, de regarder si des pierres déjà taillées ne trainent pas quelque part sur la moquette. Trouvez des pierres brutes là où vos concurrents n’iraient jamais chercher. Sortez de votre boite à chaussures, think out of the box comme disent les Chinois et vous verrez que ce que vous prenez pour de vulgaires cailloux recèle des gemmes extraordinaires pour peu que vous sachiez les regarder sous des angles et avec des outils différents.

La poésie a la cote

Avec le rythme trépidant des vies actuelles, avec les réseaux sociaux qui nous incitent à télégraphier nos pensées, avec le sentiment permanent de perdre du temps, la poésie ne peut pas mieux tomber.

Concise, codée, frappante, la poésie rejoint le besoin de lire peu et vite avec l’autre besoin moins évident, moins quémandeur qu’est celui de lire du contenu porteur, intelligent, réfléchi.

La poésie étonne, frappe, déstabilise, émeut, le tout en quelques mots, en quelques strophes. Elle a tout pour plaire. Règles grammaticales éclatées, constructions déconstruites, rébellions autorisées.

La poésie est un art de haute voltige même si le résultat semble anodin. Un bout de vers peut rester longtemps coincé dans notre cerveau sans qu’on sache pourquoi. Le rythme est crucial, critique même. Pas un mot en trop ni une syllabe manquante. La poésie s’accroche à nous comme une teigne ou comme un amour inavouable.

La poésie est un canal de communication crypté dont les clés de déchiffrement nous sont finement révélées ou sont laissées à la discrétion du lecteur. La poésie se fait comprendre par paliers. On croit avoir compris, on croit avoir vraiment compris, on croit avoir tout compris et enfin on s’étonne de ne pas avoir tout saisi.

On n’écrit pas la poésie comme on écrit un récit ou une œuvre de fiction en prose. Sans cesse, elle torture son auteur. Elle nait et émerge de ses souffrances. Même les strophes anodines ont été soupesées un nombre incalculable de fois. Elle se noie, mais également s’abreuve des larmes du poète.

Comme toute amante passionnée, la poésie incendie son entourage, laissant parfois le lecteur pantois, ébaubi ou même sidéré.

Actuellement, la poésie a la cote auprès des jeunes et des moins jeunes par sa densité, sa concision et sa puissance brute.

Je viens de terminer d’écrire mon premier recueil de poésie. Des textes que je ramassais depuis plusieurs années et d’autres tout récents forment un ensemble de quarante poèmes qui m’ont demandé, sans exception, des séances de travail passablement émotives. Et voilà, le travail de composition est maintenant terminé.

La maladie ayant forcé mon éditrice à renoncer à son travail, je me cherche une nouvelle maison d’édition. Ma demande est lancée et mon manuscrit envoyé à quelques éditeurs. On verra ce que l’Univers réussira à faire de tout cela.