Penser autrement, valable pour tous

La semaine dernière, j’ai été visiter un salon de l’emploi à Montréal. Nous sommes en pleine pénurie de main-d’œuvre et les employeurs tentent tant bien que mal de pourvoir des postes toujours vacants.

Pourtant, combien de kiosques ai-je visité qui n’offraient que la présence d’un préposé chargé de remettre un carton avec l’adresse web de leur site où les postes à pourvoir sont affichés?

Quelle manière dispendieuse mais surtout inutile de trouver des candidats intéressants! Les employeurs recherchent des gens capables de penser autrement, selon leurs propres dires, alors qu’eux-mêmes semblent incapables d’en faire autant. Trouver de bons candidats dans un contexte de pénurie exige de sérieusement réviser ses critères d’embauche ainsi que ses méthodes pour les trouver.

Participer à un tel salon peut s’avérer fructueux si une personne allumée est présente pour percevoir le potentiel au-delà d’un simple CV et où une grille avec des cases à cocher remplace l’intelligence.

Messieurs, mesdames, des ressources humaines, il est temps de rajouter de l’art dans votre méthode. Vous aussi devez penser autrement si vous désirez vraiment découvrir de nouveaux diamants. Cessez de reluquer les écrins des autres, de regarder si des pierres déjà taillées ne trainent pas quelque part sur la moquette. Trouvez des pierres brutes là où vos concurrents n’iraient jamais chercher. Sortez de votre boite à chaussures, think out of the box comme disent les Chinois et vous verrez que ce que vous prenez pour de vulgaires cailloux recèle des gemmes extraordinaires pour peu que vous sachiez les regarder sous des angles et avec des outils différents.

La poésie a la cote

Avec le rythme trépidant des vies actuelles, avec les réseaux sociaux qui nous incitent à télégraphier nos pensées, avec le sentiment permanent de perdre du temps, la poésie ne peut pas mieux tomber.

Concise, codée, frappante, la poésie rejoint le besoin de lire peu et vite avec l’autre besoin moins évident, moins quémandeur qu’est celui de lire du contenu porteur, intelligent, réfléchi.

La poésie étonne, frappe, déstabilise, émeut, le tout en quelques mots, en quelques strophes. Elle a tout pour plaire. Règles grammaticales éclatées, constructions déconstruites, rébellions autorisées.

La poésie est un art de haute voltige même si le résultat semble anodin. Un bout de vers peut rester longtemps coincé dans notre cerveau sans qu’on sache pourquoi. Le rythme est crucial, critique même. Pas un mot en trop ni une syllabe manquante. La poésie s’accroche à nous comme une teigne ou comme un amour inavouable.

La poésie est un canal de communication crypté dont les clés de déchiffrement nous sont finement révélées ou sont laissées à la discrétion du lecteur. La poésie se fait comprendre par paliers. On croit avoir compris, on croit avoir vraiment compris, on croit avoir tout compris et enfin on s’étonne de ne pas avoir tout saisi.

On n’écrit pas la poésie comme on écrit un récit ou une œuvre de fiction en prose. Sans cesse, elle torture son auteur. Elle nait et émerge de ses souffrances. Même les strophes anodines ont été soupesées un nombre incalculable de fois. Elle se noie, mais également s’abreuve des larmes du poète.

Comme toute amante passionnée, la poésie incendie son entourage, laissant parfois le lecteur pantois, ébaubi ou même sidéré.

Actuellement, la poésie a la cote auprès des jeunes et des moins jeunes par sa densité, sa concision et sa puissance brute.

Je viens de terminer d’écrire mon premier recueil de poésie. Des textes que je ramassais depuis plusieurs années et d’autres tout récents forment un ensemble de quarante poèmes qui m’ont demandé, sans exception, des séances de travail passablement émotives. Et voilà, le travail de composition est maintenant terminé.

La maladie ayant forcé mon éditrice à renoncer à son travail, je me cherche une nouvelle maison d’édition. Ma demande est lancée et mon manuscrit envoyé à quelques éditeurs. On verra ce que l’Univers réussira à faire de tout cela.