Programmer des voyages dans le temps

En deux articles, j’aborderai une fois de plus ce sujet, mais cette fois du point de vue de voyages qu’on pourrait programmer dans une machine à remonter le temps. Ce premier article abordera deux concepts fondamentaux qu’il faut absolument connaitre pour programmer adéquatement ce type de machine.

Je regarde actuellement des épisodes de la série télévisée Dark produite en Allemagne par Netflix. L’intrigue est basée sur les voyages temporaux et plus spécifiquement sur le temps cyclique. Comme je l’écrivais dans un article précédent, l’industrie du cinéma et des séries télé adore apprêter ce sujet à toutes les sauces. Les producteurs ne craignent pas les paradoxes et certains d’entre eux auraient dû s’en méfier, car les aberrations de scénarios inondent quelques fois les spectateurs d’inepties carabinées ininterrompues. Mais bon, faut croire qu’au nom du divertissement, on puisse oublier tout sens commun. La série Dark, faut-il le souligner, n’est pas désagréable. Le dédoublement des personnages est pleinement assumé, mais ils ont oublié, comme la plupart des autres scénarios sur le sujet, un élément fondamental et essentiel lié aux voyages temporaux.

Depuis Einstein, nous savons que l’espace et le temps sont intimement liés dans une construction indissociable. Si nous partons du principe que les voyages dans le passé sont possibles, il est plutôt aisé de calculer le nombre d’années, de jours, d’heures et de minutes d’un voyage dans le passé et de donner à la machine cette quantité de temps à rebours. La difficulté ne réside pas dans ce calcul, le problème est que cette donnée est insuffisante pour réussir un voyage temporel puisque Einstein l’a bien compris, le temps et l’espace forment une seule et même entité indissociable appelée espace-temps.

Donc, pour les voyages temporels programmés, les coordonnées d’espace sont des données aussi essentielles que celle de la valeur du temps à rebours. Il faut nourrir notre machine avec deux séries de données complètes. Celle du moment et du lieu de départ et aussi celle du moment et du lieu d’arrivée. Cette exigence est tout aussi valable même si les lieux de départ et d’arrivée sont identiques pour les deux dates. L’espace-temps ne constitue qu’une seule et même donnée composite constituée de trois valeurs spatiales et une de temps. Et il en faut deux de ces données composites pour programmer un voyage spatiotemporel. Un voyage seulement temporel, ça n’existe pas.

Voyons maintenant le second concept essentiel, celui de valeur de référence. Une valeur de référence est une donnée statique permettant de donner un point de comparaison commun à un groupe de données variables. L’exemple le plus simple est celui d’un individu se rendant chaque jour sur les lieux d’attraits touristiques différents à partir de sa chambre d’hôtel. Son emploi du temps dessiné sur une carte ressemble à des rayons émanant d’un seul et même lieu, son hôtel.

Mais si on élimine ce point de référence, le lieu de départ quotidien, il ne reste sur la carte que des points n’ayant aucune relation entre eux et la carte ne nous renseigne pas sur les itinéraires à parcourir. Programmer le lieu de départ est donc essentiel, car il constitue le point de référence commun à chaque itinéraire quotidien.

Dans un même souffle, on doit inscrire une date et une heure de départ et d’arrivée pour chaque rayon dessiné sur la carte afin d’avoir le portrait complet du programme spatiotemporel du voyageur.

Voilà pour les deux concepts fondamentaux qu’il faut absolument comprendre avant d’aborder la programmation de voyages spatiotemporels.

Dans le prochain article, j’aborderai la question de la différence importante existant entre les données de nature temporelle et celles de nature spatiale dans le but de programmer une machine à voyager dans l’espace-temps.

Un visiteur nommé `Oumuamua

Un corps étranger à notre système solaire se promène présentement parmi nos planètes. Depuis la découverte de ce géocroiseur le 19 octobre dernier, l’analyse de sa trajectoire prouve hors de tout doute qu’il provient d’au-delà de notre système planétaire. Cette observation unique dans notre histoire, n’est pourtant pas l’élément le plus bizarre de cet étrange événement.

Pour diverses raisons, les réservoirs d’astéroïdes sont parfois soumis à des forces gravitationnelles combinées qui déstabilisent certains cailloux en faisant partie. C’est précisément de cette façon que naissent nos comètes dont certaines acquièrent des trajectoires hyperboliques qui les feront raser le Soleil pour ensuite aller se perdre à travers l’espace intersidéral en direction d’autres mondes.

Or 1I/2017 U1, c’est son identifiant scientifique officiel, ferait partie de ce genre d’objet expulsé d’un autre système planétaire que le nôtre et qui maintenant croise notre espace. C’est du moins ce que pense une partie de la communauté scientifique, mais le caractère étranger de ce corps céleste n’est pas le seul élément troublant dans cette affaire.

En analysant sa forme grâce à la crème de notre instrumentation spatiale, l’on s’est rendu compte que ce corps était anormalement allongé, une forme auparavant jamais observée parmi nos propres débris spatiaux provenant de la Ceinture d’astéroïdes ou du Nuage d’Oort. L’objet en question ferait environ 400 mètres de long, serait dix fois plus long que large et tournerait sur lui-même toutes les 7,34 heures. Une forme en cigare de la sorte ne parait pas s’être formée naturellement. Bien que la plupart des astéroïdes ont des formes autres que sphériques dues aux collisions qui les ont créés, jamais cette apparence aussi allongée et rectiligne n’a été constatée chez aucun autre corps naturel connu. Les agglomérations d’astéroïdes donnent parfois des formes étirées, mais le résultat ressemble à des cacahuètes ou à des pommes de terre desquelles on reconnait assez facilement les différents corps originels les ayant façonnés. Ce n’est pas le cas de cet objet apparemment homogène.

Il est pauvre en eau (glace), riche en métal et possède une couleur rouge foncé ou brun comme serait un objet métallique soumis depuis longtemps aux radiations cosmiques. Aucune poussière ou gaz ne s’en dégage. Il est passé au plus près de la Terre le 14 octobre dernier en nous « frôlant » à 24 millions de kilomètres de distance, seulement le un sixième de la distance Terre-Soleil. Voir animation.

Sa vitesse actuelle après accélération due à l’effet de fronde autour du Soleil était de 25,5 kilomètres par seconde. Sa trajectoire hyperbolique fera en sorte qu’il se dégagera de son influence gravitationnelle pour ne plus jamais nous croiser.

Évidemment, les chercheurs de l’institut SETI (Search for Extra Terrestrial Intelligence) ont braqué une série d’instruments pour écouter l’objet afin de savoir s’il émettait des signaux. Pour l’instant, rien de tel n’est survenu, sinon à notre insu. Toutefois, le spectre électromagnétique est si étendu que nous cherchons une aiguille dans une botte de foin. Cependant, s’il était une sonde extraterrestre venue à la rencontre de notre système planétaire, il pourrait très bien transmettre des données non pas à notre attention, mais à ceux qui l’auraient fabriqué.

Malgré cette première rencontre avec un objet interstellaire, les scientifiques l’attendaient depuis des décennies et maintenant que notre instrumentation est particulièrement efficace, on suppose que nous en découvrirons bien d’autres. Une similarité avec la découverte de la première planète extrasolaire en 1995, alors que des milliers d’autres n’ont pas tardé à suivre.

Peut-on se réjouir d’un tel événement ? Les avis sont partagés. Certains le craignent. Si `Oumuamua est bien une sonde extraterrestre, en frôlant la Terre, elle n’aura pas manqué de noter tout un tas de renseignements utiles nous concernant, nous et notre planète. Gravité, océans, atmosphère, températures, vents, biologie, habitabilité, présence d’intelligence et de technologie, etc.

Pour des extraterrestres en quête d’une planète à coloniser, la Terre représente un trésor bleuté et notre présence comme une nuisance facile à exterminer.  Mais cette possible guerre des mondes nous hantera toujours puisque la vie intelligente foisonne certainement dans notre Galaxie et ailleurs dans l’Univers. Nous sommes condamnés un jour à rencontrer d’autres peuples des étoiles et à gérer au mieux la situation (en postulant que rien de tel ne se soit jamais produit).

`Oumuamua qui signifie « messager venu de loin et arrivé le premier » en langue hawaïenne semble définitivement trop atypique pour n’être qu’un astéroïde égaré. En faisant défiler le film à l’envers, on remonte vers son point d’origine qui, pour l’instant, semble être l’une des très jeunes étoiles de l’association Carina ou Colombe, située entre 163 et 277 années-lumière de la Terre. Il aurait ainsi voyagé pendant plus de 45 millions d’années avant de nous atteindre. Mais s’il s’avère être un objet artificiel, il aurait probablement beaucoup ralenti avant d’entamer son arabesque autour du Soleil. Si nous avions pu noter ce changement de régime, ça aurait été la preuve irréfutable d’une intelligence sous-jacente.

Maintenant, les astronomes possèdent une direction privilégiée où regarder puisqu’ils émettent l’hypothèse qu’un tel ejectum suggère plutôt des ejecta et que d’autres de son espèce pourraient suivre l’exemple de leur éclaireur, `Oumuamua.

Si c’était le cas, il serait important de regarder loin, question de mesurer leur vitesse. Si celle-ci varie, on saura que l’éclaireur venu de loin et arrivé en premier a attiré une troupe dotée d’intelligence à le suivre.

Il nous restera peu de temps pour choisir notre délégué mondial chargé de leur adresser nos salutations officielles ou, le cas échéant, de leur signifier notre reddition sans condition.

Illustration d’artiste et simulation vidéo : European Southern Observatory

Voir des étoiles à neutrons produire des métaux lourds

La presse scientifique se déchaine et les autres médias emboitent le pas. Pourtant, pour le commun des mortels, cette nouvelle ne l’intéressera que très peu, puisqu’elle ne parle ni de sports ni de potins de stars. Elle confirme plusieurs hypothèses sur les mécanismes qui créent les éléments les plus lourds, dont l’or, le platine et l’uranium. Deux étoiles à neutrons se sont livrées à une danse mortelle en révolutionnant l’une autour de l’autre jusqu’à fusionner. Mais que sont ces étoiles à neutrons?

On connait tous l’image classique d’un atome avec son noyau composé de protons et de neutrons et un paquet d’électrons gravitant autour de lui. Malgré l’imprécision de cette image, elle est suffisante pour comprendre ce qu’est une étoile à neutrons. Une étoile classique est un délicat équilibre entre deux pressions antagonistes. Tout d’abord, une pression d’expansion issue de l’explosion thermonucléaire de son noyau lorsque quatre atomes d’hydrogène fusionnent pour former un atome d’hélium. La deuxième est une pression de compression provenant de la force gravitationnelle tendant à écraser les atomes. De ces deux forces inverses résulte une étoile stable.

Mais le carburant nucléaire n’est pas infini et lorsque meurt tout espoir de fusionner suffisamment d’atomes pour préserver cet équilibre, la gravitation gagne son combat et écrase sans pitié les atomes devenus vulnérables. Les électrons des différents atomes voisins ne parviennent plus à se repousser mutuellement et sont écrasés sur les noyaux. Protons et électrons n’ont d’autre choix que de fusionner pour produire des neutrons. Ne reste plus des atomes originaux qu’un tas de neutrons empilés, un état dégénéré de la matière. L’espace autrefois utilisé par les électrons pour révolutionner autour des noyaux et maintenir les atomes à distance entre eux n’existe plus. Quasiment toute la masse de l’étoile est devenue un bloc extrêmement compact de neutrons, si compact que le diamètre de l’étoile tout entière ne dépasse pas la trentaine de kilomètres. Voilà ce qu’est en peu de mots une étoile à neutrons.

Ce qui est survenu très récemment, c’est la fusion de deux de ces étoiles à neutrons et nous étions prêts à les observer. Je parlerai dans un autre article du mécanisme qui nous a permis de répondre: «présent!»  Lors de cette fusion cataclysmique, une bonne partie des neutrons réussissent à se libérer du champ gravitationnel lorsqu’ils sont violemment éjectés. Durant ce processus, une partie des neutrons redeviennent des protons et des électrons, car la pression les retenant dans cet état dégénéré est disparue. Le résultat est que des noyaux d’atomes normaux se créent tout comme leur cortège d’électrons. Puisque la matière première de ces nouveaux atomes n’est qu’un tas de neutrons, ce sont des atomes de préférence très lourds qui se créent. C’est ainsi que se fabriquent les plus lourds atomes du tableau périodique des éléments chimiques dont l’or, le platine, l’uranium, le mercure, le plomb, et autres métaux lourds.

C’est la première fois que nous voyons et enregistrons une foule de données tirées directement de ce phénomène autrefois uniquement présumées. Elles serviront à affiner les modèles théoriques et peut-être à découvrir d’autres phénomènes sous-jacents.

Même si on peut très bien vivre sans vraiment comprendre l’origine de ces éléments chimiques aujourd’hui indispensables à notre mode de vie profondément ancrée dans la technologie moderne, une fois de plus, l’humain a décodé une autre curiosité de la Nature, et ce n’est pas rien. Maitriser ces phénomènes nous aide à grandir, à progresser vers de nouvelles connaissances fondamentales.

Un vaisseau spatial est l’assemblage cohérent d’une quantité incroyable de connaissances qui, prises individuellement, nous sembleraient probablement inutiles si nous nous reportions à l’époque de leurs découvertes. Notre existence sur Terre finira un jour par atteindre son terme. Ce n’est pas une prédiction, mais une conséquence de la fin inexorable de notre étoile, le Soleil. Même s’il nous reste encore bien du temps devant nous, chaque nouvelle compétence nous rapproche un peu plus du moment où il nous sera possible de migrer avec succès vers d’autres mondes aujourd’hui inconnus.

Oui, je vous avais promis un article sur les extraterrestres. Il sera bientôt publié, c’est promis. J’ai toutefois considéré devoir passer cette extraordinaire nouvelle en priorité.

Photo: Huffington Post

Énergie ? Mais laquelle ?

Je me promène plus ou moins régulièrement sur YouTube et d’autres sites semblables pour écouter des reportages sur divers sujets. J’y vois souvent des individus totalement ignorants pérorer autour de certains principes scientifiques en croyant avoir découvert une faille majeure dans telle ou telle théorie. Ils en profitent alors pour déclarer haut et fort qu’on se fait emplir de mensonges éhontés et qu’eux seuls ont su découvrir la vérité. Un des sujets récurrents est sans conteste la fameuse loi E = mc2 de mon pote Albert.

Voici le raisonnement tenu par beaucoup de ces scientifrics. La lumière n’a pas de masse, donc dans l’équation E = mc2, m vaut zéro. Lorsqu’on multiplie n’importe quelle valeur, en l’occurrence c2, par zéro, on obtient toujours zéro. Donc l’énergie de la lumière vaut toujours zéro, ce qui est évidemment faux, tous les gens se faisant cuire la peau au soleil vous le diront. Donc la loi d’Einstein est fausse et les physiciens n’ont jamais relevé cette erreur, même après cinq années d’université à étudier comme des dingues.

À leur place, j’aurais au moins eu un petit doute sur la validité de leur raisonnement. Ce qu’ils n’ont pas cherché à savoir, c’est quelle énergie il est question dans la formule d’Einstein. Et effectivement, c’est l’« Énergie d’une masse au repos ». Il est donc tout à fait normal qu’une particule sans masse, comme le photon, ait une énergie de masse au repos valant zéro. Même Kim Jong-Un l’a compris puisqu’il ne conçoit pas ses bombes nucléaires à partir de photons.

Pour connaitre l’énergie véhiculée par une particule sans masse, on utilise la formule E = hv. La lettre h est la constante de Planck et v (lettre grecque nu) est la fréquence du photon (de l’onde électromagnétique). Puisque la fréquence v ne peut jamais être nulle et que la constante de Planck n’est évidemment pas nulle, toute onde électromagnétique possède une énergie E non nulle, même si son énergie de masse au repos vaut bien zéro.

Ce qui me sidère le plus dans tout cela, ce n’est pas l’ignorance de ceux qui tentent de discréditer les scientifiques, mais leur comportement malveillant. Plutôt que de traiter toute la communauté scientifique de charlatans devant public en déclarant qu’ils ont tous oublié la règle de l’élément absorbant de la multiplication (le zéro qui génère toujours un résultat égal à zéro), j’aurais esréré qu’ils auraient au moins dû demander conseil ou simplement ouvrir un navigateur web et effectuer une recherche que n’importe quel enfant du primaire peut exécuter avec succès. Au contraire, ils emplissent une piscine olympique d’insanités et la font avaler par la suite aux gens ayant tout juste suffisamment retenu certaines connaissances mathématiques ou scientifiques pour les croire.

Leur attitude irresponsable et condescendante n’est pas causée par une erreur qu’ils commettent, mais bien par une négligence crasse, ou pire, par une volonté de désinformer. Elle  a d’ailleurs reçu un numéro d’identification scientifique, oui oui, c’est le comportement  numéro « ID dix T ». Ou autrement écrit : « ID10T ».

 

L’Univers holographique

Depuis une vingtaine d’années, une conjecture scientifique prétend que nous pourrions vivre dans un Univers où l’une des dimensions d’espace, à l’instar des hologrammes, ne serait qu’illusion. Cette idée n’émane pas du film La Matrice, mais bien de l’étude sérieuse des trous noirs. En revanche, les Wachowski auraient très bien pu s’inspirer du principe holographique pour composer une partie de la trame cinématographique de leur trilogie matricielle.

Un trou noir gobe de la matière, mais ne restitue rien, ni matière, ni énergie, ni information. Il y aurait donc annihilation absolue de toute l’information contenue dans la matière avalée par le monstre céleste. Il faut comprendre que l’information et l’énergie pourraient jouir du même statut, à savoir qu’on ne peut que les transformer, sans en créer ni en annihiler. Si tel est le cas, le trou noir pose un problème puisqu’il détruirait de l’information. Au mieux, seule la surface d’un trou noir est accessible de l’extérieur. Elle pourrait donc contenir toute l’information de la matière ayant été comprimée.

Mais alors, pourquoi les trous noirs feraient-ils exception en ce qui concerne l’information, alors que l’énergie, elle, est entièrement conservée puisque la masse du monstre céleste croit de la même valeur que la masse avalée ? Cette inadéquation entre l’énergie conservée et l’information disparue n’interpelle pas tous les physiciens. Peu d’entre eux croient que l’information devrait jouir du même statut que l’énergie et sa fameuse loi de conservation. Qui plus est, les trous noirs demeurent pour plusieurs des objets hypothétiques malgré les mesures précises qui semblent ne laisser planer aucun doute sur leur présence et leur rôle au cœur de chaque galaxie, y compris la nôtre, la Voie lactée.

Il est ensuite apparu qu’il serait possible de conserver la quantité d’information de la masse absorbée en admettant qu’elle puisse tenir en entier sur la surface de l’horizon des événements du trou noir. C’est la surface d’apparence noire d’un trou noir. Mais une surface, n’importe laquelle, n’a que deux dimensions, pas trois. Ainsi, l’information totale contenue dans une masse volumique tridimensionnelle devrait tenir en entier sur une surface bidimensionnelle. Si ce constat s’avérait, cela signifierait que nous vivrions dans un univers à deux dimensions et la troisième ne  serait qu’une apparence trompeuse de la réalité, tout comme un hologramme.

Évidemment, il est plus tentant de retirer le statut d’immortalité à l’information, cela résoudrait la question. Mais est-ce vraiment nécessaire d’avoir l’un ou l’autre ? La troisième option serait de considérer l’information comme étant présente dans le volume du trou noir sans aucune possibilité d’y accéder. Conserver de l’information et être en mesure de la lire ne sont-elles pas deux actions bien distinctes ? La première n’oblige pas nécessairement la seconde. Ainsi, le principe holographique appliqué à l’information pourrait n’être rien de plus qu’une… information erronée.

Photo : Futura Science

Téléportation quantique

Les Chinois ont réussi à accroître la distance d’une téléportation quantique. L’ancien record était de 100 km, ils l’ont repoussé à 1 400 km.

La téléportation quantique consiste à transporter l’état quantique d’une particule d’un endroit à un autre. Dans le processus, la particule initiale est détruite. À l’arrivée, une particule déjà présente acquiert l’état quantique transporté à distance. Le problème, c’est d’éviter la décohérence quantique qui détruit l’état quantique qu’on essaye de préserver tout au long du trajet. Avec la téléportation quantique, on cherche à créer de nouvelles technologies de cryptologie afin de garantir une confidentialité absolue. Ainsi, tout gain en distance nous rapproche du Graal.

Le principe de la téléportation quantique a été inventé par le montréalais Claude Crépeau en 1993.

Photo: siecledigital.fr

Les extraterrestres existent-ils ?

Au cas où le titre serait ambigu, je n’aborderai pas la question à savoir s’ils sont venus ou s’ils viennent nous rendre visite sur Terre. Cet article traite de la vie extraterrestre intelligente.

Un vieux sage vous dirait qu’il faut des preuves solides pour transformer cette question en affirmation. Un exoplanétologue affirmerait qu’avec une population probable de 10 milliards de planètes habitables dans notre Galaxie, les chances que les extraterrestres intelligents existent sont pratiquement de 100 %. Une fervente tonnerait que Dieu n’a créé qu’un seul peuple à son image et c’est l’humain. La question intéresserait un pape qui vous parlerait de son superbe télescope capable de dénicher la vie extraterrestre. Un sociologue raconterait qu’avec la découverte des sciences de l’atome, les extraterrestres intelligents ayant gardé leur côté belliqueux ont toutes les chances de s’autodétruire et ainsi, les civilisations avancées disparaitraient rapidement. Un conspirationniste avancerait que les preuves existent depuis longtemps. Un martien confirmerait qu’il détient la preuve que la vie extramartienne intelligente existe sur la Terre, mais qu’elle est très peu évoluée. Un schizophrène sait qu’ils lui parlent fréquemment. Un général d’armée demanderait de plus importants budgets pour nous protéger contre une invasion extraterrestre imminente. Un capitaliste nous vendrait un bunker anti-extraterrestre en nous apportant la preuve qu’ils existent sous forme de photographies de ses enfants très bien maquillés. Un écrivain nous dirait qu’ils existent parce que ce sujet est si souvent abordé dans la littérature qu’il serait impensable que ce ne soit qu’une lubie collective. Et enfin, le désabusé maugréerait en pensant que l’amour est aussi un sujet souvent traité en littérature et on ne lui a jamais vu le bout du nez, alors pour le bout du nez des extraterrestres… pfff !

Indubitablement, les extraterrestres intelligents existent. Les preuves viendront ou celles que nous avons déjà seront dévoilées. Ce n’est qu’une question de logique et elle se résout par la logique. L’Univers est conçu pour engendrer la vie évoluée. Pour preuve, notre existence après cinq extinctions de masse. Pas une, pas deux, mais bien cinq éradications presque totales de la vie sur la Terre et un retour à la case départ à chaque occasion. Notre caillou fait probablement partie des planètes habitables les plus malchanceuses de la Galaxie. De plus, notre Soleil, une naine jaune, n’est pas toujours clément. Les étoiles naines rouges, de loin plus nombreuses que les naines jaunes, permettent à leurs planètes en révolution autour d’elles de bien meilleures conditions de stabilité sur de beaucoup plus longues périodes, accroissant d’autant les probabilités d’émergence et d’évolution de la vie intelligente. Conclusion logique : si la Terre et son Soleil ont réussi à accoucher de nous, la vie intelligente ne peut que pulluler ailleurs.

De tous les temps, l’humain a cherché à se définir comme un être d’exception. Ce caractère est de l’égocentrisme et il a donné naissance au géocentrisme, à l’héliocentrisme et à tout un tas de théories centrées autour, ou pas très loin de son nombril. Aujourd’hui, nous savons que ni sa cicatrice, ni sa tribu, ni son ile, ni la Méditerranée, ni la Terre, ni le Soleil, ni la Voie lactée, ni le Groupe local (de galaxies), n’est au centre de quoi que ce soit.

Nous ne sommes pas une exception, malgré le mal fou que l’on se donne pour défendre cette ânerie. Un jour, dans nos conversations, nous dirons : « Te rappelles-tu comment nous étions naïfs, stupides et imbus de nous-mêmes lorsque nous pensions être la seule espèce technologiquement avancée de la Galaxie et même de l’Univers ? » Et nous irons interroger Wikipédia pour voir la liste et le décompte des espèces intelligentes d’extraterrestres décrites dans le catalogue jusqu’à ce jour.

Ce jour… n’est peut-être pas aussi éloigné qu’on pourrait le penser. Les scientifiques savent aujourd’hui comment trouver les preuves de leur existence en restant bien sagement assis devant leurs écrans. La traque va bon train et en définitive, elle portera fruit. Nous avons confirmé à ce jour 3 643 exoplanètes dont 171 de masse inférieure à 8 fois celle de la Terre. On considère que de la vie intelligente aurait plus de chance de se développer sur celles-ci.

Et à savoir si nous ne possédons pas déjà certaines preuves de l’existence d’êtres intelligents issus d’au-delà de notre Terre, les indices s’accumulent. Certains remparts semblent craquer de toutes parts. Des langues se délient. La jeune génération est moins encline que les précédentes à accepter et à supporter les complots, les dissimulations et les gommages. Justement, les erreurs de gommage se succèdent, laissant d’étranges objets visibles sur certaines photographies d’agences spatiales. Ces objets sont maintenant vus à très haute résolution, éliminant par le fait même les possibilités d’imaginer des trucs inexistants, tout en compliquant la tâche de ceux qui sont payés pour nous pondre des explications tarabiscotées sorties du même sempiternel chapeau.

Dans un possible prochain article, j’essayerai peut-être d’aborder l’épineux et controversé sujet de la possible présence près de, ou parmi nous, d’extraterrestres. Tiens, tiens ! Ma façon de m’exprimer se teinte soudainement d’une grande prudence. Deviendrais-je timoré?

La théorie décrivant le mieux ma fille

Après une dizaine d’années d’un travail acharné et ininterrompu, un homme aux pensées non conformistes accouche d’une théorie révolutionnaire. Cent-deux ans plus tard, celle-ci reste toujours d’actualité et n’a même jamais été prise en défaut.

La théorie de la relativité générale est un monument érigé par un seul homme, un effort de pensée hors normes. Mais la théorie d’Einstein censée résumer la façon dont le cosmos fonctionne a supplanté son auteur.

En 1920, Schwartzschild calcule une solution à ses équations qui démontre que les étoiles ont un rayon critique en dessous duquel elles se transforment en trou noir. Einstein en est horrifié et espère que la Nature possède un système de censure lui évitant de générer ces monstres. Il a tort. Puis, on lui prouve que ses équations forcent l’Univers à s’étendre ou à se contracter. Une fois encore, horripilé par ce constat, il modifie ses équations pour les amener à décrire un Univers stationnaire, conforme à sa vision. Malheureusement, l’histoire se répète, de nouveau il se trompe. L’Univers ainsi que ses propres équations refusent obstinément de se comporter comme il le veut. C’est ironique de voir que son monde ne lui a jamais appartenu, ou si peu de temps. Son bébé s’est prestement échappé de son berceau et malgré tous ses efforts pour le ramener à la maison, sa création lui a prouvé qu’on ne possède rien, même pas ses propres idées.

Morale de cette histoire vraie, ne jamais sous-estimer le pouvoir d’une idée. Une fois lancée dans l’univers, elle possède sa vie propre et ses propres amours. Alors, pensez-y avant de diffuser vos réflexions. Elles pourraient vous surprendre et il sera ensuite trop tard pour fuir votre paternité. Il vous restera à prendre un verre de vin en vous disant que vous avez fait votre gros possible, mais que force est de constater qu’elles n’en font qu’à leur tête.

Finalement, la théorie de la relativité générale et ma fille, c’est du pareil au même.

Photo: Ciel & Espace

Univers et simulation

Notre Univers est-il simplement une simulation produite par un ordinateur, un programme destiné à inventer des lieux, des caractères et du temps ? Bien que ce genre de questionnement semble ridicule au premier abord, de plus en plus de scientifiques ont commencé à se poser sérieusement la question.

Certains éléments troublants tendraient à démontrer que nous ne sommes que des entités créées par un fabuleux système de simulation. Dans la trilogie Matrix, les gens vivent deux vies. L’une est créée artificiellement tandis que la vraie est utilisée comme unité de calcul pour générer la précédente. Même si l’on élimine ce concept de duplication, il se pourrait fort bien que notre monde soit entièrement créé par un système destiné à inventer la vie telle qu’on la connait.

Le premier argument en faveur de cette hypothèse repose sur le fait que l’Univers répond trop bien à des formules mathématiques et l’on sait que tout ce qui est mathématique est généralement calculable par un ordinateur. Un autre indice repose sur les valeurs des constantes de la Nature. Elles correspondent trop précisément à celles qui sont absolument requises pour créer un Univers non stérile. Un iota de différence et l’Univers n’aurait jamais pu produire des étoiles, des galaxies, des éléments chimiques variés et encore moins des molécules complexes pouvant engendrer la vie.

D’autre part, la difficulté de marier la physique quantique avec la physique relativiste apporte de l’eau au moulin, tout comme les singularités liées aux trous noirs et au big bang. Un autre argument vient de la théorie de l’information. On serait capable de faire tenir toute l’information liée à un objet tridimensionnel sur une surface bidimensionnelle. C’est ce qu’on nomme le principe holographique. Ainsi, certaines dimensions semblent dotées d’une curieuse propension à être quelque peu évanescentes ou qu’apparentes. Et si une dimension peut n’être qu’illusion, alors pourquoi pas toutes ?

Le fait que notre Univers semble fini, qu’il contient une quantité relativement compréhensible de matière tend également à prouver qu’il est issu d’un programme informatique prenant en charge toutes les interactions s’y déroulant. D’autres bizarreries issues de la physique quantique pourraient s’expliquer par le concept de simulation. Par exemple, l’intrication quantique qui permet à un électron d’adopter instantanément un spin selon celui d’un second électron pouvant être situé à l’autre bout de l’Univers semble défier les lois du bon sens et de la causalité, sauf si on considère que ces deux électrons sont gérés par un système externe ayant toutes les capacités requises pour simuler deux objets virtuellement liés.

Alors, comment pourrait-on s’y prendre pour confirmer ou démentir cette hypothèse ? Bien que les éventuels concepteurs de ce méga système n’ont certainement pas les mêmes propensions que Microsoft pour générer des bogues, leur système d’exploitation pourrait quand même être affecté par des ratés occasionnels. Toutefois, la longueur d’une vie humaine est certainement microscopique par rapport au temps moyen où une anomalie ou une panne risque de survenir. Alors, ce faisant, nous n’aurions que très peu de chance de nous en apercevoir. D’autre part, il est très difficile de connaitre quels seraient les effets de ces pannes de système sur nos vies. Pourraient-elles passer totalement inaperçues ? Peut-être, mais peut-être pas, on n’en sait évidemment rien.

L’histoire est cependant à suivre puisque les télescopes modernes fouillent de plus en plus loin dans le passé et regardent de plus en plus d’objets simultanément avec une précision inégalée. Alors, peut-être verrons-nous un jour un événement astronomique impossible à expliquer autrement que par une théorie mettant en œuvre une simulation effectuée à l’aide d’un ordinateur chapeautant tout notre Univers.

Ainsi, la réalité de nos existences se résumerait peut-être à des formules mathématiques calculées par un ordinateur existant dans une autre réalité que la nôtre. À cet effet, la nouvelle intitulée « L’audience » dans mon livre « Scénarios de fins du monde – 1 » donne un aperçu de ce que pourrait être notre Créateur.

Ma petite amie, c’est l’Univers

En physique des particules, en astrophysique et en cosmologie, lorsqu’on ne comprend pas quelque chose, on lui affuble l’épithète noir ou sombre (dark, en anglais, ils sont plus économes de mots). Énergie sombre, matière noire, trou noir, manquerait-on d’imagination ? C’est très utile, on n’a rien à prouver pourvu qu’on qualifie toutes nos incompréhensions de l’un de ces deux termes, ou même des deux. Ça semble leur donner une existence, une réalité et ça nous permet de ne pas chercher plus loin. Entendre ici, de mettre en doute nos théories actuelles.

Bon, d’accord, je charrie un peu. Si on se trouvait en présence d’un trou noir, on verrait fort probablement une forme réellement noire mate. C’est son horizon des événements (enfin un terme en physique où les mots noir et sombre sont absents).

Actuellement en physique et en cosmologie, à l’instar du langage utilisé, nous vivons des moments sombres. Selon nos lois et connaissances observationnelles actuelles, plus de 95 % du contenu de l’Univers nous sont totalement inconnus. Aucune particule élémentaire faisant partie du bestiaire actuel ne peut expliquer comment il se fait que les étoiles des galaxies ne s’écartent pas les unes des autres, les galaxies tournant trop vite sur elles-mêmes pour préserver la cohésion de l’ensemble selon la loi de la gravitation d’Einstein (relativité générale).

Ensuite, on observe que l’Univers a entamé une phase d’expansion accélérée, ce qui aurait pour effet de le refroidir de plus en plus vite. Mais cet effet oblige la présence d’une énergie compensant la force gravitationnelle qui, elle, cause nécessairement une décélération de la vitesse des objets célestes. Mais rien de connu n’expliquerait cette fameuse énergie répulsive. Ouais, il y a bien l’énergie du vide, mais lorsque nos calculs engendrent une différence de l’ordre de 10 à l’exposant 120 (un nombre composé de 121 chiffres) par rapport aux observations, on peut dire qu’on ne comprend rien de rien à cette énergie répulsive sombre.

Si l’on fait le bilan, matières et énergies connues composent à peine 5 % de l’Univers observé. La matière noire ferait 27 % de son contenu total et l’énergie sombre, un joli 68 %. Ainsi, 95 % de notre Univers nous sont totalement incompréhensibles. Étrangement, 95%, c’est la valeur correspondant exactement au taux de mon incompréhension des pensées de ma petite amie. Tout est dans tout. C’est sûrement le côté fractal de l’Univers. Ça ne m’aide pas à mieux la comprendre, mais à tout le moins à mieux l’accepter puisqu’elle est l’image miniature de notre Univers tout entier.

Wow, dernière grande nouvelle, ma théorie concernant les similitudes fractales entre l’Univers et ma petite amie s’est confirmée. Depuis qu’elle a lu ce texte, son attitude s’est grandement refroidie, elle me démontre une sombre et puissante énergie répulsive et elle est d’une humeur noire massacrante. Alors, lorsqu’elle m’a posé la question à savoir si j’aime l’Univers tel qu’il est, soyez certain que je lui ai répondu OUI sans hésiter. Je sais maintenant pourquoi certains mystères de l’Univers resteront pour toujours et à jamais dans la zone d’ombre. Un gars pas fou, ça surveille ses intérêts personnels !