Atlantide, une nouvelle hypothèse ?

Certains ne croient pas que l’Atlantide ait réellement existé. Les références de Platon à cette région mythique dans deux de ses œuvres, le Critias et le Timée, ne suffisent pas à les convaincre. Toutes les tentatives pour découvrir des preuves de l’existence passée de ces terres mythiques et de les localiser n’ont jamais été concluantes, et ce malgré quelques ressemblances avec le récit de Platon perçues ça et là.

La disparition de l’Atlantide serait survenue voilà 11600 ans. À la même époque, on sait que la calotte polaire dégelait et aurait occasionné le grand Déluge. L’Atlantide aurait probablement été engloutie à ce moment-là. Oui, les récits de Noé et de l’Atlantide seraient bel et bien corrélés.

1200px-Strait_of_Gibraltar_5.53940W_35.97279N

Située par Platon au-delà des colonnes d’Hercule considérées comme étant le détroit de Gibraltar, on a cherché l’Atlantide au cœur de l’océan Atlantique, au Portugal, dans les Açores, aux iles Palmas, aux Bahamas et même en Antarctique. Et je ne parle pas des sites méditerranéens qui ne satisfont pas à ce critère comme l’ile de Santorin, l’ile de Crète, Malte ou même en Espagne.

Une autre importante particularité de l’Atlantide décrite par Platon consistait en sa forme annelée. Des terres et des voies navigables en cercles concentriques auraient formé ce pays où vivaient les Atlantes, un peuple apparemment hautement avancé.

Dernièrement, un nouveau lieu a su tirer l’attention de la communauté scientifique et des férus de cette légende. À première vue, cette hypothèse ressemble à une blague, mais en observant le site proposé, on ne peut faire autrement que de le trouver des plus étranges.

Richat

Cette région se situe en Mauritanie. Le pays jouxtant l’océan Atlantique à l’ouest du continent africain, l’hypothèse d’une Atlantide à cet endroit semble plausible. En regardant les photos satellites, on aperçoit très clairement une terre où apparaissent plusieurs cercles concentriques, conformes à la description de Platon.

maxresdefault

Cependant, l’hypothèse Atlantide se met fortement à battre de l’aile lorsque l’on se rend compte de la distance séparant ces terres de l’océan. Elles se trouvent à plus de 500 km de la côte, en plein Sahara et à 400 m d’altitude.

Surnommé l’œil de l’Afrique, le dôme de Richat constitue une formation géologique rare et très particulière. Elle daterait de cent millions d’années où du magma serait remonté en surface sans toutefois percer la croûte terrestre. L’érosion subséquente aurait donné cet aspect annulaire de près de 50 km de diamètre. Elle ne proviendrait pas d’une chute de météorite comme on le croyait à l’origine.

Quant à l’hypothèse de l’Atlantide à cet endroit, je pense qu’il faut vraiment oublier ça. Les cercles concentriques ne suffisent vraiment pas à me convaincre lorsque tout le reste la discrédite.

Atlantide liberté

La liberté est-elle si précieuse qu’elle doit être remisée dans un écrin, sous scellés? Ce faisant, on l’emprisonne en lui défendant de goûter à l’air en toute liberté. Afin de prouver qu’elle existe toujours, on la présente au peuple quelques fois par année sans toutefois la laisser pleinement jouir de ces sorties bien orchestrées. La liberté n’est devenue que figure d’apparat à l’instar d’une triste madone de plâtre défilant parmi une foule de faux dévots exaltés et soûls au cours d’une fête qui n’est religieuse que par la statue décatie aux trois quarts.

Ainsi les gens croient en l’existence de la liberté dans leur vie grâce à quelques pseudo prêtres parlant d’elle au présent, brandissant son effigie en signe de ralliement à une cause commune, agitant son étendard pour dépoussiérer d’ancestraux épouvantails.

scarecrow_3d_model_c4d_max_obj_fbx_ma_lwo_3ds_3dm_stl_757054

Je ne fais pas porter l’entière culpabilité de ce désastre aux autorités, car bien des gens préfèrent confondre liberté et anarchie, liberté et droit d’abuser, liberté et égocentrisme. Par ces manques de discernement, les autorités en profitent pour rogner les ailes de la liberté et l’enfermer dans un placard fortement gardé.

La liberté s’apparente à une maitresse trop belle pour la laisser sans protections. Elle attire tous les détrousseurs de vertus désireux de se la faire sans égards à sa nature profonde et à ses qualités. Ainsi, pour la prémunir et par ricochet pour nous prémunir contre les actes excessifs ou impropres des sans vergogne, les autorités la kidnappent, rapt parfaitement consenti, car nos craintes deviennent récriminations lorsque la liberté insuffisamment réprimée fait d’innocentes victimes.

Liberté muée en bélitre, une vie de gueuse, une vie de misère, une vie où seules survivent ses pensées d’un passé plus glorieux. Liberté devient lubie, une antique notion présente dans les plus vieux livres de référence. Elle ressemble à l’Atlantide capable d’enflammer l’imagination tout en restant à tout jamais une légende à laquelle on ne pense que lorsqu’on se retrouve autour d’un feu de camp, un verre de rouge à la main.

ob_438cbe_la-belle-venus

Mais voilà surgissant subrepticement dans mon collimateur, un verre de blanc au bec, une femme ayant tout pour naufrager une fois encore mon Atlantide liberté!530_o

La couleur du corbeau

Ce n’est un secret pour personne, le corbeau est noir, pour preuve, même les aveugles le voient ainsi. Cependant, vous serez surpris d’apprendre que ce volatile n’a pas toujours affiché cette couleur. Voilà très longtemps, le corbeau était tout blanc. C’est du moins ce que dit une légende amérindienne.

Totem.gif

Ayant le plus grand respect pour les légendes, les corbeaux (même différemment orthographié) et les Amérindiens, je serais bien mal avisé de les contredire. Alors vous devez savoir qu’au début du temps des humains, le corbeau était tout blanc. Je ne vous donnerai pas le contenu entier de cette légende, seulement ce qui se rapporte à sa couleur.

 

Afin de l’offrir aux humains, Corbeau voulait voler le feu à Aigle Gris qui le gardait jalousement dans son tipi. Toutefois, sa chaleur ne lui permettait pas de l’emporter. Il prit alors une branche qu’il plaça dans le feu et lorsqu’elle se fut embrasée, il la récupéra et s’envola par le trou de fumée au sommet du tipi.

Shoshone-Indians-and-skin-teepees_FINAL-600x446

Mais en chemin, la fumée s’échappant de la branche vint noircir son plumage blanc immaculé qui devint tout noir. Et puisqu’un malheur ne survient jamais seul, aveuglé par cette fumée, il laissa tomber la branche (décidément, il devrait porter plus attention à ce qu’il tient dans son bec) qui tomba sur une pierre et s’éteignit. Mais l’offrande qu’il voulut faire aux humains ne fut point totalement perdue, puisque depuis ce jour, celui-ci parvient à faire jaillir le feu des pierres et les frappant l’une contre l’autre. Il est donc permis de penser que sa couleur qui aujourd’hui en rebute plusieurs provient d’un bon geste à notre égard.

Dans bien des légendes de par le monde, et plus spécifiquement dans les cosmogonies et les théogonies amérindiennes, le corbeau est un puissant protecteur. Cependant, les Amérindiens comprenaient parfaitement que rien n’est tout bon ou tout mauvais. Ainsi, le corbeau avait aussi certains travers comme celui d’être chapardeur même si ses intentions étaient bonnes, puisque Aigle Gris était son beau-père.

effarouchement_corbeaux

Pour certains peuples amérindiens, le Corbeau est un héros et un démiurge qui dynamise et surtout, il organise le Monde. Il se retrouve très souvent au sommet des totems comme le protecteur essentiel des tribus. Par le battement de ses ailes, il génère le vent et de sa langue surgit l’éclair.

Contrairement à la croyance populaire, le corbeau est associé aux choses négatives que très récemment dans l’Histoire humaine et cette mauvaise réputation provient exclusivement d’Europe. Il semble que le corbeau soit apprécié des peuples nomades, mais dénigré par les peuples sédentaires liés à l’agriculture.

43994452 - crow, corvus corone, perched on a branch, close up

Un autre élément important de sa symbolique est son désir conscient d’isolement, de vivre sur un plan supérieur. Plus encore que son rôle de protecteur, celui de guide revient constamment.

Un corbeau blanc, je comprends maintenant pourquoi mes cheveux blanchissent avec le temps. La suie qui me recouvre s’efface lentement, laissant place au corbeau originel. Mais qui s’intéresse encore aux légendes, aux totems et aux croyances antiques ? Après tout, ce ne sont que des histoires !

Photo : programme-tv.net ; retrouvailles.24.over-blog.combangordailynews.com ;  programme-tv.netanimal-totem.fr ;

Adam, Ève et un certain Toba

Plusieurs cultures parlent d’un premier humain, un Adam duquel descendraient tous les autres humains. Jusqu’à tout récemment, la science considérait cette histoire comme un mythe, une façon de décrire nos origines en rembobinant le film disparu de notre histoire à partir de l’observation de la croissance démographique à différentes époques. De nos jours, on utilise ce même processus de rétrogradation pour décrire la théorie du Big Bang.

On comprend aisément comment cette technique associée à une autre coutume pratiquée à cette époque permettait de remonter le cours du temps. De fait, les enfants apprenaient le nom de tous leurs ancêtres (mâles) jusqu’au premier de leur lignée (!). Évidemment, cette liste ne peut être qu’incomplète. Si on calcule en moyenne cinq ancêtres du côté paternel par siècle, cinquante par millénaire, cinq cents par dix mille ans et cinq mille ancêtres par cent mille ans, la liste apprise de leurs aïeux ne remontait qu’à environs un ou deux millénaires tout au plus. Pourtant, l’apparition d’homo sapiens serait survenue voilà environ 200000 ans et il se serait même reproduit avec d’autres espèces que la sienne, dont les néandertaliens. Qui plus est, homo sapiens a eu des ancêtres pas si bêtes. Ainsi, la liste de nos ancêtres du genre homo s’étire dans le passé jusqu’à environ 2,5 millions d’années.

Les progrès de la génétique tracent un nouveau portrait plus rigoureux des origines de l’espèce humaine. Entre autres, il y aurait eu une sorte de goulot d’étranglement génétique datant d’environ 70000 ans. Il se serait produit un événement majeur durant lequel l’espèce humaine serait passée à un cheveu de l’extinction totale. Nous connaissons depuis peu l’existence d’un cataclysme planétaire survenu voilà -73000 ans ± 4000 ans. Il s’agit de l’éruption d’un supervolcan indonésien dont ses effets se sont fait sentir sur Terre durant près d’un millénaire. Aujourd’hui, ce volcan est une caldeira remplie d’eau et forme le lac Toba sur l’ile de Sumatra. C’est le plus grand lac volcanique du monde. Sa profondeur maximale atteint les 500 mètres et son cratère atteint les dimensions de la ville de New York.

Les deux dates concordent trop bien. On sait que l’éruption du Toba créa un hiver permanent sur la quasi-totalité de la planète avec des refroidissements dépassant les 15 degrés dans les régions tempérées de la planète. Une éruption semblable aujourd’hui décimerait également la population mondiale. À peine moins d’un pour cent de nos semblables pourraient probablement y survivre, sûrement moins. Seulement quelques milliers d’individus de notre espèce ont survécu à Toba quelque part dans le sud de l’Afrique.

L’analyse génétique de l’ensemble des peuples de la Terre tend à confirmer que tous les humains sont issus des mêmes ancêtres et ceux-ci seraient les seuls rescapés de cette épouvantable catastrophe. Malgré leurs apparentes différences physiques, les êtres humains sont quasiment frères et sœurs lorsqu’on compare les ADN de tous les peuples vivant à notre époque.

Ainsi, la théorie du couple mythique Adam et Ève ne relève pas nécessairement d’une bulle au cerveau. Toutefois, les scientifiques ne s’entendent pas encore sur ce point, malgré leur unanimité sur le faible nombre de nos ancêtres. Certains disent que l’analyse génétique mitochondriale (gènes transmis uniquement par la mère) prouve que toutes nos aïeules étaient des sœurs, qu’elles provenaient donc de la même Ève. Certains vont même jusqu’à affirmer que nous aurions également tous le même père, les rejetons des autres survivants s’étant éteints au fil du temps.

À la lumière des faits confirmant cette grande catastrophe mondiale qui fut de survivre à mille ans de changements climatiques drastiques qui éprouvèrent notre espèce et qui firent disparaitre tous nos cousins (ou presque), la plausibilité scientifique de la légende d’Adam et Ève devient forte.

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons plus douter de la ressemblance génétique de tous les humains et cette dernière confirme nos origines communes. De plus, l’étude de la linguistique est également formelle sur le fait que toutes les langues du monde découlent d’une seule et même langue archaïque. Dans les deux cas, le calcul approximatif, mais non dépourvu de sens, des mutations génétiques et linguistiques visent un point de convergence comparable dans notre passé.

Ainsi, l’humain se serait pratiquement éteint, il aurait vivoté durant presque mille ans avant que la Nature ne redevienne suffisamment clémente pour qu’il recommence à se répandre un peu partout sur la planète pour atteindre aujourd’hui 7,3 milliards de semblables.

Alors, si vous haïssez votre belle-mère envahissante, votre ex infidèle, votre patron injuste ou votre voisine écornifleuse, soyez conciliant(e), car vous appartenez à la même sororité ou fraternité. Ça n’excuse peut-être pas ses comportements injustifiés à votre égard ou envers ceux qui vous sont chers, mais les membres d’une même famille se tolèrent toujours mieux, et ce même si le nom de votre ancêtre commun est à tout jamais perdu parmi les cendres du volcan Toba.

Le Déluge – Noé et son Arche

Les Anciens racontaient des légendes aux gens de leur peuple lors de moments privilégiés. Un soir d’été. Un soir où la Lune était pleine. Un soir où la fraicheur exigeait d’allumer un feu. Un soir où on gardait certains jeunes éveillés afin qu’ils entendent pour la première fois le partiarche raconter des histoires venues d’un autre Âge.

La légende du Déluge se transmet oralement depuis la nuit des temps, bien avant l’invention de l’écriture. Cette légende comprend des faits. Le Déluge lui-même n’est pas une invention puisqu’il a réellement été vécu et subi par des gens en chair et en os. Les rescapés l’ont raconté. En contrepartie, la cause de ce dernier était loin d’être connue.

Mais raconter une histoire, aussi vraie puisse-t-elle être au niveau de ses effets, ne peut se raconter sans parler de ses causes et de ses raisons. Toutefois, celles-ci sont totalement inconnues. Un cataclysme universel est survenu et personne ne sait ni comment, ni pourquoi.

Le patricarche narrateur comprend qu’il n’a pas le droit de laisser des blancs dans son histoire, elle semblerait beaucoup moins crédible. De plus, il est censé en être le gardien. Quel gardien laisserait s’échapper autant d’informations importantes, voire essentielles ? Il n’a d’autre choix que de donner des causes et des raisons en plongeant dans le folklore, la mythologie et la théogonie de son peuple. Pour certains, une punition est infligée par un Dieu pour absoudre leurs péchés. Pour d’autres, ce sont des forces titanesques qui s’affrontent et les humains en sont des victimes collatérales. Pour d’autres encore, il s’agit de dieux mal intentionnés, acariâtres ou vengeurs. Chaque tribu perpétue ainsi un savoir basé sur des faits réels. Quant aux vraies causes et aux possibles raisons de cet événement unique en son genre, elles sont inventées par ignorance et par obligation afin de répondre à des questions légitimes qui ne peuvent en aucune façon êtres laissées sans réponses valables.

Dans le mythe de Noé, un dieu tue les humains, car ils avaient tous péché.  Il fallait toutefois expliquer pourquoi il reste toujours des humains sur Terre. Ainsi, la présence d’une famille d’humains plus vertueuse que les autres devenait nécessaire pour expliquer le repeuplement survenu plus tard. Et puisque cette histoire avait bien fonctionné avec Adam et Ève, il suffisait de la reprendre en changeant quelques paramètres.

D’autre part, il fallait également expliquer la présence des animaux. Sauver une famille d’humains de la noyade explique leur repeuplement, mais comment expliquer celle des animaux qui auraient dû tous périr noyés jusqu’au dernier ? Puisque Noé avait besoin d’un bateau pour flotter sur les eaux montantes, ce même bateau aurait pu servir à sauver des animaux de la noyade. Ainsi, Noé passa de vigneron à armateur et ensuite à gardien de zoo. De cette façon, le Déluge, ses causes et ses effets étaient tous décrits, expliqués et justifiés par un récit complet, compréhensible et respectueux des autres enseignements, tel que le devoir de bonne conduite.

Dans un contexte où les causes du Déluge ne pouvaient absolument pas être connues, il faut applaudir la façon dont nos ancêtres l’ont expliqué. Le récit est tellement bien ficelé que plusieurs continuent encore à y croire dans sa totalité et ce, après plus de cent siècles. En plaçant le Déluge dans son contexte et à son époque, en le vivant par procuration, si je puis dire, on peut comprendre comment le récit du Déluge et le mythe de Noé ont fini par ne former qu’une seule histoire. Le récit fournit l’événement bien réel. Le mythe fournit une cause plausible. Le dieu vengeur explique la raison du Déluge. Noé et sa famille expliquent le repeuplement humain survenu après l’éradication des autres humains. L’Arche donne le moyen d’évasion de Noé ainsi que celui des animaux embarqués par couples sur la même arche afin, eux aussi, de repeupler la Terre.

Il reste à expliquer comment Noé a su avant le Déluge qu’il fallait s’y préparer. Le même dieu qui fera survenir le cataclysme avise Noé de ses intentions. Il ne pouvait en être autrement. AInsi, toutes les questions obtiennent leur réponse.

Nous savons aujourd’hui que bien des humains et des animaux ont survécu à la grande flotte sans avoir eu recours à une Arche archibondée. La Terre a connu 5 extinctions de masse. Le Déluge ne compte même pas dans ce chiffre. Par contre, c’était la première fois que l’humain avait conscience d’une catastrophe d’une ampleur aussi subite et apparemment sans limites. Disons merci à Noé, à Gilgamesh et à beaucoup d’autres personnages d’avoir véhiculé cet événement sur autant de générations. Grâce à eux, le Déluge reste encore présent dans l’imaginaire des humains. Par contre, dans une légende, il faut savoir séparer les faits des mythes.

Ainsi, ceux qui cherchent l’Arche sur les pentes du mont Ararat perdent leur temps. Ils ignorent la façon dont les légendes se construisent, évoluent et sont transmises. Ceci dit, retrouver les restes d’un navire sur les pentes du mont Ararat et datant de cette époque n’aurait rien d’exceptionnel. Combien de barques et de navires se sont échoués un peu partout sur la planète lors de ce cataclysme ? Si nous les retrouvions tous, nous aurions alors des milliers d’Arches potentielles et le problème inverse. Celui de trouver la vraie. Je souhaite donc à tous ces enthousiastes beaucoup de… d’enthousiasme.

Photo: Wikipedia 

Nibiru, une (autre) fin du monde annoncée !

On a eu la paix durant presque cinq ans et ça recommence ! Une nouvelle fin du monde a fait son apparition. Et j’en serais offusqué ? Je viens tout de même de publier un livre comptant trente textes qui racontent des fins du monde, c’est pas rien ! Scénarios de fins du monde-1 (SFM-1), en vente ici. Donc, oui, moi, un gars qui s’y connait en fins du monde, je serais exacerbé par une nouvelle annonce en la matière ? Serait-ce de la jalousie ? Explique ça à ta psy mon Mathis !

J’aime bien ma psy, mais elle ignore tout de la mécanique céleste et vous verrez qu’elle n’est pas la seule de son espèce. Je vais plutôt vous faire part de mes raisons ici et maintenant. Ce n’est pas l’annonce d’une nouvelle catastrophe planétaire qui fait repousser mes amygdales. Non, c’est la cause. Ah, et puis non, ce n’est pas vraiment la cause, c’est la façon dont les apôtres de cette hypothétique prochaine catastrophe s’y prennent pour nous l’enfoncer de travers dans le culot. Oui, car grâce à une poignée de gentils internautes ayant la meilleure acuité visuelle de l’Univers, nous pourrons nous préparer sereinement à crever dans d’horribles souffrances durant le mois d’octobre prochain lorsque la planète Nibiru viendra nous percuter ou jouer aux quilles dans notre banlieue cosmique immédiate. Et si personne n’en parle, à part eux bien sûr, c’est qu’il y a un mur du silence érigé par les riches qui, évidemment, se sauveront (bande de lâches) pour nous laisser négocier seuls avec l’Enfer de Dante ou son successeur.

Si vous n’en avez pas encore entendu parler, le prochain SFM mettrait en vedette la planète Nibiru. Oui, la supposée planète X maintenant reléguée au rang IX puisque Pluton n’est plus classée dans cette catégorie d’objets spatiaux. Y a de quoi en perdre des bouts. Le bordel est pris dans la ménagerie cosmique. Le temps est donc idéal pour certains internonotes de reprendre à leur compte de vieilles légendes pour les faire macérer en sauce deumildisset.

Le plus drôle, ou le plus triste, selon notre humeur ou notre empathie pour les désœuvrés, c’est de voir la façon dont ils mêlent planète, étoile, lune, comète et même galaxie. Vénus devient Nibiru. Le Soleil devient Nibiru. La Lune devient Nibiru. Quand ce n’est pas Andromède, Jupiter ou un lampadaire. Nibiru est censée être maintenant visible à l’œil nu puisque eux la voient très bien, mais aucun astronome ne peut le confirmer malgré leurs compétences et les centaines de télescopes terrestres et spatiaux. De grâce, cessez de fumer vos poils de barbe ! Nibiru n’est qu’une monumentale façon d’attirer notre attention et certaines sommes d’argent associées, une fois encore.

Et pourtant, il existe malgré tout une partie sérieuse à cette histoire, ce sont les légendes. Il ne faut jamais oublier qu’elles sont la mémoire de la préhistoire. Lorsque l’humain a su enfin écrire, il les a consignées sur différents médias, dont l’argile, la pierre, le vélin, le papyrus, etc. Mais avant, lors de la préhistoire, les légendes se sont transmises de bouche à oreille durant des millénaires. Il faut donc les respecter et surtout éviter de s’en moquer.

Dans l’astrologie et le panthéon babyloniens, Nibiru pourrait représenter autre chose qu’un simple dieu. Les dieux des légendes seraient aussi des astres et Nibiru une planète. Une planète ayant un aphélie plus grand que celui de Pluton, qui viendrait frôler le Soleil une fois seulement tous les 3 600 ans, plus ou moins. D’autres parlent de vingt-mille ans. Normal de tergiverser sur ce chiffre pour une planète inconnue.

À cette occasion, elle mènerait le bordel dans la ceinture d’astéroïdes et la ceinture de Kuiper, faisant décrocher de leur orbite des cailloux gros comme des montagnes qui viendraient s’écraser ici ou ailleurs. Ce scénario est parfaitement plausible et certains astronomes envisagent de plus en plus sérieusement cette éventualité pour expliquer des phénomènes inexpliqués et difficilement explicables par la mécanique céleste actuelle. Mais bon, oubliez octobre 2017 comme date de la fin du monde. Si Nibiru est bien réelle, elle se situerait présentement au-delà de Pluton et n’arriverait en ville que dans quelques millénaires. Nous ne l’avons pas encore détectée et elle ne viendra pas nous tomber sur le crâne en sortant de nulle part du jour au lendemain. Nous ne la verrons pas de la grosseur du Soleil un jour, pour être ensuite invisible le lendemain, puis de nouveau grosse comme la Lune le surlendemain pour réapparaitre au gré des éclairs de génie des conspirationnistes qui sont les seuls à être capables de la voir partout, toujours et surtout à l’œil nu.

Ainsi, je dis à tous ces Nibiruphiles, peut-être avez-vous raison lorsque vous conjecturez l’existence d’une planète encore inconnue, mais de grâce cessez d’apporter la preuve de sa présence par des explications totalement farfelues. Vous offensez nos aïeux, vous discréditez votre hypothèse et la seule preuve sérieuse que vous apportez est celle de l’ampleur de votre ignorance. Et tant qu’à aimer entendre parler de fins du monde, allez lire les miennes. Ce sont peut-être des histoires inventées pour la plupart, mais elles sont bien plus divertissantes et pour le même prix, elles font même réfléchir. Car les fins du monde, c’est comme les armes à feu, c’est trop sérieux et surtout trop dangereux pour les laisser entre les mains de n’importe quel Ostrogoth.

Lire la suite « Nibiru, une (autre) fin du monde annoncée ! »