Les six monstres

Autrefois, nous pouvions compter sur six types d’événements distincts très efficaces pour limiter la population mondiale.

Commençons par les événements les plus frappants, les cataclysmes naturels. Chutes de météorite, bouffées de rayons gamma, explosions de volcans, séismes destructeurs, tsunamis ravageurs, ouragans monstrueux, ces causes multiples tuaient vite et en très grande quantité. Ces situations existent encore, mais maintenant il est possible de limiter les pertes par des prévisions fiables et des alertes adéquates.

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Ces cataclysmes naturels causaient la plupart du temps de grandes famines, accroissant du même coup le nombre de victimes collatérales, mais les temps de disette pouvaient être dus à bien d’autres facteurs, comme à des agents pathogènes, à la pauvreté et même à des despotes. La famine a existé de tout temps et continue, aujourd’hui encore, son œuvre destructrice. Chaque année, plus de 10 millions de personnes meurent de malnutrition. Ce chiffre représente environ 0,1 % de la population. Autrefois, ce pourcentage était bien plus grand. Aucune région et aucune époque n’était épargnée par le manque de nourriture ou par sa qualité compromise.

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Ensuite, évidemment, la faucheuse pouvait compter sur les maladies. Qu’elles aient été causées par des insectes, des rongeurs, par des volatiles ou par tout autre vecteur infectieux provenant d’une hygiène déficiente, une bonne peste décimait facilement le tiers de la population d’une région en quelques semaines. Rajoutons à cela les autres maladies naturelles non soignées, l’humain tombait comme des mouches. Une médecine minimaliste n’y pouvait pas grand-chose et la plupart du temps elle n’était accessible qu’aux plus fortunés.

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Plus près de nous, la grippe de 1918, dite espagnole, a fait 100 millions de morts, soit près de 5 % de la population de l’époque. Cette pandémie est survenue après une autre grande cause de mortalité chez l’humain, les guerres, et dans ce cas particulier, c’était la Première Guerre mondiale qui venait d’emporter 20 millions d’individus, soit près de 1 % de la population totale de la Terre.

Puisque les guerres ont toujours existé, le nombre d’humains à trépasser à cause d’elles est innombrable. Qu’il s’agisse de petits ou de grands conflits, autrefois les guerres achevaient de décimer les populations que les autres causes avaient encore épargnées.

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Il ne faut surtout pas oublier que l’humain mourait également dans de nombreux accidents occasionnés par trop peu de précautions et si peu d’intérêt pour les prévenir. L’humain était une bête facilement sacrifiée au nom de la moindre convoitise. Les accidents faisaient partie des « risques du métier », comme on disait à l’époque.

Le sixième fléau occasionne moins de victimes que les autres. Cependant, il est certainement le plus monstrueux de tous. Les homicides de toutes natures se perpètrent au quotidien sans accalmie aucune. Ils surviennent dans toutes les régions du monde. Bien sûr, certains pays ont des bilans à décrocher les mâchoires. Les pires endroits concernés se retrouvent surtout en Amérique du Sud où les systèmes politiques, policiers et judiciaires auraient urgemment besoin d’une version 2.0.

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Avant notre ère moderne, à cause de la conjugaison de toutes ces causes mortelles, l’humain se reproduisait comme un lapin afin d’espérer conserver au bout du compte quelques descendants aptes à poursuivre la lignée. La survie de l’espèce, en passant par celle de la famille, s’avérait fortement compromise.

Aux époques anciennes, la Terre était vaste, grandement inhabitée et ses ressources semblaient illimitées, mais de nos jours cette belle naïveté n’a plus sa place. Nous savons maintenant que la Terre est très petite en regard à notre population actuelle.

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Paradoxalement, l’avènement de la machine censée nous déshumaniser a amené le combat contre les six fléaux présentés précédemment. Chaque humain est devenu plus que jamais un être important qu’il faut protéger contre tous ces fâcheux événements. Ainsi est survenue la surpopulation mondiale. L’humain dans son ensemble ne se reproduit plus autant qu’auparavant, fort heureusement, mais les batailles contre la mort se gagnent bien plus souvent qu’elles ne se perdent.

Les six monstres continuent et continueront de nous tuer. Cependant, pour la plupart d’entre eux, ils n’ont rien de comparable à ceux d’autrefois. Des organismes nationaux et internationaux dirigent la lutte aux pandémies. Les guerres se font à coups d’unités d’élite plutôt qu’avec des troupes de chairs à canon. L’excellente hygiène quasi généralisée protège les populations contre la prolifération de foyers d’infection. Les causes des accidents de travail sont traquées et éliminées. Les alertes aux cataclysmes permettent aujourd’hui aux gens d’évacuer à temps les zones à risques. La médecine moderne protège, répare et guérit les individus. La qualité de vie rend les homicides plus rares.

Pour la grande majorité d’entre nous, aujourd’hui nous vivons dans l’insouciance. Notre vie est exempte de la plupart des problèmes occasionnés par ces fléaux. Alors qu’adviendra-t-il de nous lorsque l’un d’eux frappera sans avertissement ?

Nous avons perdu nos techniques de survie. Nous croyons vivre des malheurs alors qu’ils ne sont qu’insignifiances à comparer aux grandes catastrophes. Nous avons déprogrammé notre débrouillardise, nous nous sommes ramollis, nous vivons en pachas et nous l’ignorons.

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Lorsqu’un grave fléau s’abattra sur nos populations, une bonne partie d’entre elles mourra simplement parce qu’elle ne saura plus comment réagir. Elle se plaindra au lieu de prendre le taureau par les cornes. Elle attendra du secours plutôt que de se battre pour sa survie et pour celle de ses proches. Elle se découragera quasi instantanément, si peu habituée à surmonter des difficultés majeures de ce genre.

Il restera bien sûr des survivants et parmi eux, on pourra compter sur ceux qui se seront battus de toutes leurs forces avec l’énergie du désespoir, avec le désir profond et inaltérable de transcender les difficultés, quelles qu’elles soient. Ces survivants redéfiniront de nouvelles façons de vivre où l’on verra toujours la vie aussi précieuse, mais aussi que chaque vie doit se prendre en mains sans devoir attendre une aide providentielle qui n’arrive jamais dans des circonstances exceptionnelles de grande envergure. Les rescapés ajouteront leurs batailles à celles des autres. Ils se créeront une existence où ils ne deviendront pas un pénible fardeau ni une inutilité braillarde.

Tous, ils retrousseront leurs manches comme nos ancêtres savaient si bien le faire. Tous, ils verront la vie comme une bataille chèrement gagnée et non comme un dû gratuit et inaliénable. Tous, ils cesseront leurs jérémiades individualistes pour véritablement devenir des battants solidaires.

Attendez-vous cependant à ce que le prix à payer soit incommensurable, car malheureusement, il faudra que survienne une très grande catastrophe pour qu’une fois de plus nous puissions passer à un stade supérieur de notre évolution.

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De la poudre aux yeux

On le voit dans la lutte aux changements climatiques, la moitié de la planète refuse systématiquement d’y croire, donc de faire le moindre effort pour changer quoi que ce soit. Ils veulent protéger leur mode de vie, même si celui-ci finira par faire crever leur descendance. Mais pourquoi ?

Dans un article sur la peur, j’expliquais les différentes tactiques pour se débarrasser d’un ennemi et parmi ceux-là, l’immobilisme trône au sommet des moyens qu’une bête utilise pour déjouer un prédateur. Malheureusement, l’humain a tout gardé de ses instincts animaux et parmi ceux-ci, le mimétisme reste bien présent dans son cerveau reptilien.

Mais figer lorsqu’on se fait surprendre par un chasseur et figer pour refuser de croire à l’existence d’un véritable danger ne peut pas donner les mêmes résultats. De plus, l’humain est censé réfléchir pour mieux s’adapter, ce que ne font pas les réactionnaires aux changements climatiques.

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Le refus d’accepter de changer un mode de vie représente une incapacité d’adaptation et celle-ci entraine toujours la disparition des individus impliqués et la survie de ceux de leur espèce qui ont réussi à s’adapter.

Darwin l’explique amplement dans son livre sur l’origine des espèces. Malheureusement, l’incapacité d’évolution d’une certaine partie de la population humaine entrainera quand même l’éradication des autres, de ceux qui y croient, de ceux qui voudraient changer leurs habitudes de vie, de ceux qui ont déjà évolué, mais dont la structure sociale empêche la transformation des façons de vivre.

Prenons simplement le transport en commun. Structurés, organisés comme ils sont, seuls les fous voudraient les utiliser, sauf une petite partie plus chanceuse de la population qui trouve une amélioration de leurs conditions de transport en les utilisant.

Temps de transport doublé, triplé, quadruplé et pire encore par rapport à l’automobile. Détours extravagants. Fréquences de passage trop faibles. Wagons et autobus bondés sur l’ensemble du trajet. Obligé de rester debout durant des heures. Horaire non respecté. Pannes récurrentes. Circuits d’embarquements trop longs. Trop de correspondances pour se rendre d’un point à l’autre. Les raisons de détester les transports en commun pullulent parce que les solutions proposées ne peuvent presque jamais concurrencer l’automobile.

Pas que ce soit impossible, mais simplement parce que les solutions passées et actuelles ont toujours donné priorité aux autos au détriment de tous les autres modes de transport. Le problème est que ça se répète, encore et encore.

On nous encourage à prendre les transports en commun alors que l’offre est inexistante, inadaptée, déficiente, inconfortable et attardée. On ne sauvera ni la planète ni les humains en continuant à nous prendre pour des poulets qu’on entasse comme des sardines dans des wagons à cochons.

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Tant que les autorités ne créeront pas des conditions de transport agréables et efficaces, tant que l’offre restera insuffisante, tant que le temps en transport en commun ne concurrencera pas les trajets en automobile, la clientèle ne délaissera pas son confort et son aisance pour se faire suer en restant debout parmi une centaine d’autres individus durant un trajet triplement plus long.

Et durant ce temps, la planète se meurt parce que les sociétés humaines comptent les revenus rapportés par leurs usagers actuels plutôt que d’avoir l’ambition de faire le nécessaire pour être en mesure de les multiplier par cent.

Pourtant, vivre en société sert strictement à cela, à se donner collectivement certains moyens qui s’avéreraient impossibles autrement. Ainsi, aujourd’hui, nous subissons tous les inconvénients de vivre en société et tous les inconvénients d’une société incapable de nous faire vivre efficacement en collectivité autrement qu’en prenant une automobile.

Dans toutes les grandes villes du monde, il devrait exister des milliers de projets de transport collectif et plusieurs centaines d’entre eux actuellement en chantier pour modifier adéquatement et à temps nos habitudes de vie. Ce que je vois en branle est risible. Une goutte d’eau dans un océan de besoins. Une excuse pour se donner bonne conscience d’avoir au moins tenté quelque chose.

Je ne perçois aucun véritable objectif consistant à sauvegarder l’espèce humaine et la mise en action des moyens conséquents. Je ne vois que de la poudre aux yeux et ça me fait pleurer.

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Vénus est la planète la plus semblable à la Terre. À peu de choses près, elles partagent les mêmes dimensions, la même masse et la même gravité. Alors, pourquoi s’acharner à toujours aller sur Mars, une planète beaucoup plus petite avec une atmosphère quasi inexistante et bien plus éloignée ?

Je peux lister quelques bonnes raisons, dont la température de surface avoisinant la température de fusion du plomb, une pression atmosphérique cent fois plus élevée que celle sur Terre et une atmosphère saturée d’acide sulfurique et de CO2. Durée de vie d’un humain à sa surface : nulle, même en scaphandre, même à l’abri dans un vaisseau.

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Toutefois, cette jumelle de la Terre n’a pas toujours connu cet enfer. Née aux mêmes instants et dans les mêmes conditions que notre planète, elle a déjà abrité des océans dans sa prime jeunesse. La vie a probablement éclos et a atteint un certain degré d’évolution. Mais quel degré d’évolution ?

Dépendant de plusieurs facteurs favorables ou non, la vie aurait pu atteindre un certain niveau de complexité. Beaucoup de scientifiques pensent que la vie intelligente exige beaucoup de temps avant d’émerger. Vénus n’aurait probablement pas connu une période saine suffisamment longue pour engendrer des êtres ayant notre niveau de complexité.

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Le problème est que nous ne connaissons pas l’histoire d’autres peuples, à part le nôtre, pour tirer cette conclusion qu’on peut très certainement qualifier de hâtive. L’humain a une fâcheuse tendance à tout ramener à lui. Il aime croire que s’il a connu une certaine histoire, tous les autres peuples dans l’univers devraient avoir vécu une histoire à peu près semblable. S’il a fallu plus de 4,5 milliards d’années avant que notre planète accouche de l’humain, de facto il considère impossible d’obtenir le même résultat en 1 milliard d’années.

Si nous observons une roulette de casino une seule fois alors que la bille s’arrête sur le 10, ça ne nous apprend rien sur les autres résultats, antérieurs ou postérieurs. Il est toutefois absurde de penser qu’à tous les coups, elle s’arrêtera sur le 10.

La vie sur Terre a évolué à travers vingt phases d’extinctions de différents degrés d’importance parmi lesquelles cinq se sont avérées quasiment totales. Toujours recommencer presque du début ne s’avère pas très productif. Imaginons un instant que Vénus n’a pas connu autant d’extinctions massives à répétition, à quelle vitesse la vie aurait pu progresser à sa surface ?

La possibilité que notre sœur ait connu assez tôt dans son histoire une forme de vie intelligente n’est pas nulle. Il est même possible que cette intelligence ait agi comme nous le faisons actuellement, qu’elle ait voyagé à travers l’espace pour venir se poser sur d’autres planètes du système solaire, y compris sur sa jumelle, la Terre. Si des Vénusiens ont visité la Terre en des temps immémoriaux, qu’ont-ils fait ? Qu’ont-ils vu ? Qu’ont-ils laissé sur place et qu’ont-ils rapporté ? Au moment où ils auraient réussi cet exploit, la vie sur Terre devait encore se trouver à des stades peu avancés, mais elle existait très certainement. Pas de panspermie à envisager. Les effets dévastateurs de la tectonique des plaques ainsi que l’érosion continue ont très certainement effacé toutes traces de leur présence. Peu d’espoir de trouver des vestiges. Ils seraient repartis en abandonnant tout projet de colonisation si les conditions de vie ici ne concordaient pas à leurs besoins physiologiques différents de ce que nous pensons toujours être les seules conditions favorables. 

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Il est également possible que plus tard les Vénusiens aient ensuite causé l’emballement thermique de leur planète, tout comme nous le faisons actuellement avec notre Terre. Il est même possible que des Vénusiens aient trouvé refuge dans les entrailles de leur planète en attendant des conditions extérieures meilleures. Certains s’y trouvent peut-être même encore !

Quoi qu’il en soit, je ne repousse pas cette possibilité du revers de la main même si les chances sont des plus minces. Les surprises surviennent lorsqu’on a négligé certaines hypothèses parce qu’elles s’avéraient trop exotiques ou trop improbables pour être retenues.

L’Univers se fout de nos raisons et de nos désirs. Il n’a pas vécu dans le passé en fonction de nous faire plaisir le jour où on étudierait certains aspects de son histoire. L’Univers n’a jamais eu le mandat de s’arranger pour qu’un jour nos hypothèses trouvent de l’exactitude.

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Alors, j’aime bien imaginer que Vénus, notre planète sœur, la guide du berger, ait un jour abrité la vie. Peut-être qu’à cette époque reculée y trouvait-on des beautés incomparables, des coquillages, des fabricants de rasoirs ou des apothicaires concoctant des potions aphrodisiaques ? Vénus serait ensuite morte étouffée, engloutie sous une épaisse couche de nuages, cuite sous pression à 450 °C. Une Atlantide céleste. Vénus Atlantide.

Courage

Lorsqu’un animal est attaqué, il peut choisir entre six solutions pour s’en sortir. Le premier réflexe en est un de défense passive, se figer pour faire perdre au prédateur sa cible de vue. Le camouflage et le mimétisme ont sauvé la vie de bien des animaux qui ont vu leur ennemi passer tout près sans les apercevoir. Cette technique statique a également contribué à faire perdre la vie à bien d’autres animaux, car elle implique de rester dans l’aire de danger. Elle donne cependant du temps à la proie pour déterminer le degré réel de dangerosité ainsi que le ménagement de ses efforts, car toute dépense énergétique se paye cher dans la nature.

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La deuxième technique peut sembler la meilleure, car elle éloigne, du moins temporairement, la proie du prédateur, c’est la fuite. Mais si elle est située au deuxième rang, c’est qu’elle n’offre pas que des avantages. Le mouvement se remarque très facilement. Le fuyard se tatoue donc une cible sur lui. Généralement, la nature a doté les prédateurs de vitesse de pointe plus élevée, sinon ils ne pourraient pas survivre. Ainsi, fuir ne suffit pas, cette technique doit être accompagnée d’une stratégie consistant à trouver rapidement un abri sûr. Fuir, mais où ? Sans objectif, il ne reste que l’épuisement et la chance apportés par les obstacles du terrain à l’avantage de l’un ou de l’autre pour déterminer qui remportera la course.

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Semblable à la première, la troisième technique ne peut se pratiquer que par certaines espèces. Elle consiste à attendre l’attaque et laisser ses défenses naturelles venir à bout de l’ennemi. Être muni d’une carapace épaisse ou de dangereuses épines peut venir à bout de la patience et de la sensibilité de l’attaquant tout en se laissant malmener.

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La quatrième façon d’aborder l’ennemi est de l’attaquer. Pris au piège, l’affrontement peut parfois faire tourner le vent en faveur de la victime. Un coup de croc ou de griffe bien placé, un jet de substance biologique sur le museau ou dans les yeux, des épines plantées dans les pattes ou le nez, le prédateur pas toujours expert en la matière risque parfois d’en prendre bien plus qu’il ne l’aurait cru.

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L’avant-dernière façon d’aborder son ennemi est plus rare, car elle ne fonctionne que dans certaines conditions particulières, c’est la soumission. Se soumettre à son ennemi, implorer sa clémence, collaborer avec lui pour lui rapporter plus d’avantages qu’une simple nourriture immédiate peut constituer la dernière ligne de défense. Elle exige toutefois de changer son style de vie pour se soumettre à un être supérieur.

Le dernier moyen de prendre le dessus sur un ennemi est de trouver du renfort. À ce sujet, on trouve deux types d’alliés différents, les naturels et les improbables. Il existe parfois, pas toujours, un prix à payer pour cette protection providentielle. Les circonstances et les individus en cause viendront déterminer les conditions de ce contrat d’alliance. Dans la gamme des alliances naturelles, les congénères d’une hyène attaquée viendront évidemment à son secours. Un lion venant au secours d’un bébé gnou attaqué par un autre lion, ça semble pas mal plus étrange et pourtant ça s’est vu.

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Vous l’aurez probablement compris, ces six comportements se rapportent également aux humains, plus vraiment dans le contexte d’un mangeur et d’un mangé au sens propre, mais dans des relations difficiles à l’école, à la maison, au travail, dans des cercles d’amis ou de loisirs.

Le principe de prédateur-proie reste valable, tout comme les six techniques décrites pour affronter l’adversité. Instinctivement, nous adoptons parfois l’une d’entre elles sans vraiment nous en rendre compte, sans avoir jugé de sa pertinence face à un ennemi en particulier et des conséquences possibles de ce choix sur la suite des événements. Choisir sa technique de défense en connaissance de cause nous éloigne déjà d’un statut de simple victime.

Qu’on le veuille ou non, il existera toujours des attaquants qui s’en prendront à des travaux, à l’intégrité, aux valeurs, aux résultats, à la popularité ou aux idées des autres. Certaines attaques resteront bénignes, mais parfois un individu des plus déplaisants et bien déterminé à attaquer une personne sans raison évidente surgira et fondera sur sa proie.

Il n’est pas toujours possible d’utiliser les techniques de défense passive. Il n’est pas toujours possible d’attaquer plus puissant que soi. Il n’est pas toujours possible de fuir. Il n’est pas toujours possible de collaborer. Par contre, il est presque toujours possible de trouver des alliés quelque part, même s’ils agissent dans d’autres sphères, même s’ils paraissent éloignés de nos soucis, même s’ils ne nous ressemblent pas.

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Le prix à payer pour cette demande d’aide externe est souvent l’exclusion du cercle dans lequel l’individu évolue. Est-ce une véritable perte ou une fabuleuse occasion à saisir ? Parfois, la peur de l’inconnu semble plus forte que la crainte de ses faux amis, ses véritables ennemis.

Ça demande du courage. Cette qualité se développe à partir d’une première tentative, puis d’une autre et encore une autre, sans égard aux résultats apparents. Le courage ne peut appartenir qu’aux victimes, car les prédateurs n’agissent jamais par courage, seulement par opportunisme, car attaquer un plus faible est la marque des vrais faibles.

Alors, courage ! Sors-t’en !

L’avenir sera courage et inhumanité

Nous avons trop longtemps cru, à tort, que l’humain pouvait avoir le dessus sur la Nature. Depuis les débuts de l’ère industrielle, nous avons vécu avec le sentiment que nous pouvions harnacher les éléments à notre profit. La Nature nous dérangeait, nous l’avons tassée, ignorée et maltraitée. Nous avons cru prendre le dessus sur celle qui nous empêchait de réaliser nos rêves les plus fous.

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En bon parent patient, elle a subi nos frasques, nous a enduré autant qu’elle a pu, mais aujourd’hui ces moments calmes sont terminés. La Nature n’est pas revancharde, elle en a juste plein le c… Son vase est rempli et il ne fait que commencer à déborder.

Imaginez la Terre comme un immense réservoir possédant une très grande capacité de rétention. Elle peut absorber une quantité phénoménale de gaz à effets de serre tout en laissant une partie du dioxyde de carbone et du méthane dans l’atmosphère afin de retenir un peu de la chaleur reçue du Soleil. L’équilibre atteint est parfait pour obtenir des températures moyennes favorisant la vie telle que nous la connaissons, c’est-à-dire à base d’eau liquide.

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Mais voilà, durant les deux derniers siècles, l’humain a exploité les ressources pétrolières et charbonnières enfouies dans le sous-sol afin de produire de l’énergie utilisée par ses machines et pour son confort. Avec une totale insouciance, il est parvenu à atteindre la capacité maximale de rétention des gaz à effets de serre de sa planète.

Cette limite dépassée, la Terre refusera les prochains excédents. Cependant, son véritable comportement ne se contentera pas d’être aussi simple. Si c’était le cas, nous aurions le temps de changer nos habitudes de vie et nous pourrions retrouver un équilibre légèrement différent de celui du passé, mais toujours acceptable. Ce qui surviendra ne s’apparentera pas, même de loin, à ce sage scénario optimiste, pour ne pas dire totalement irréaliste.

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Pensez plutôt à la Terre comme un immense réservoir derrière un barrage hydroélectrique où les excédents d’eau sont évacués en aval. Mais que se passe-t-il lorsque la pression d’eau devient plus grande que la résistance de la structure? Le barrage tout entier s’effondre et l’eau accumulée derrière lui se déverse en emportant tout sur son passage. Afin de mieux représenter ce qui surviendra plus précisément, considérons une désagrégation graduelle plutôt qu’un effondrement instantané. Quoi qu’il en soit, le réservoir se videra de toute l’eau accumulée de manière artificielle.

La Terre est déjà entrée dans une boucle de rétroaction positive et rien ne pourra changer cette situation qui s’avérera bien plus grave que nous le pensons, que nous voulons le croire, que nous l’espérons.

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Anciennement, l’humain avait de la compassion pour ses proches, ses voisins, ses connaissances puisque ces dernières se limitaient à un environnement plutôt immédiat. Aujourd’hui, on suit en direct sur tous nos écrans des sauvetages héroïques d’inconnus situés à l’autre bout de la Terre. Nous pleurons des victimes d’actes insensés perpétrés partout sur la planète. Nous vivons dans des mégalopoles impersonnelles et pourtant notre capacité à nous émouvoir reste toujours bien présente, vestige d’un passé où notre univers se limitait à notre entourage environnant.

À la vue des événements à venir, au mieux nous serons des témoins impuissants d’hécatombes, au pire nous ferons partie des nombreuses victimes. L’ère de l’insouciance est bien terminée et la prochaine sera celle de l’indifférence. Nous ne pourrons plus nous soucier de tous les événements catastrophiques violents tant ils seront nombreux et leurs victimes légion.

Nous nous préoccuperons tout d’abord de notre propre sécurité, car la Nature pourra venir nous frapper partout sur Terre. Aucun lieu ne sera totalement sûr. Nous utiliserons les événements climatiques survenant aux autres, non plus pour nous émouvoir de leur sort, mais comme sources d’information pour nous préparer nous-mêmes au pire.

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Nous retournerons à une ère où nos pensées seront essentiellement centrées sur nos proches et nos voisins. La vie redeviendra survie avec tout son beau courage, mais également avec sa si laide inhumanité.

La saga de Noé

Cet article fait suite aux deux précédents, «La comète de Noé» et «Survivre à la comète de Noé»

La désolation est totale, mais vous êtes trop sous le choc pour en évaluer l’ampleur et en comprendre tout le sens. Vos deux enfants sont inconsolables. Votre femme vous regarde anxieusement, mais vous êtes incapable de la rasséréner, de lui dire que tout ira bien, car vous savez que c’est faux. Voyant que vous êtes les seuls survivants sur un territoire aussi grand que peut porter votre vue, vous vous demandez si mourir n’aurait pas été une meilleure solution!

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Vous vous retrouvez sur une ile jonchée de débris végétaux entremêlés de créatures marines ayant succombé au tsunami. Instinctivement, vous commencez à en extirper des décombres afin de vous faire des provisions. Heureusement, tous ces arbres déracinés vous donneront le bois nécessaire pour cuire cette viande afin de la préserver. L’ile n’est pas immense, mais elle abrite encore certainement quelques animaux enfouis dans des terriers.

Pour l’instant, le mieux est d’occuper les enfants pour les sortir de leur état de choc. Le jeunot aidera sa mère à cuire les poissons tandis que votre fille vous donnera un coup de main pour la fabrication d’un abri.

Pour tout outil, il ne vous reste que votre lance et votre couteau que vous donnez à votre femme. Il faudra faire mieux avec peu.

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Votre fille déploie d’étonnantes aptitudes, tant physiques qu’organisationnelles. Elle n’a pas raté une seule de vos leçons et elle le démontre avec une énergie juvénile, c’est-à-dire inépuisable. À défaut de trouver une grotte, vous assemblez rapidement des troncs d’arbres pour former une construction mi-toit mi-mur que vous orientez de façon à vous mettre à l’abri des vents dominants. Les côtés sont construits à partir d’arbres plus petits et de branches. Il ne restera qu’à sceller les interstices avec des branchages et de la boue. Ce ne sera pas totalement étanche, mais ça fera l’affaire pour passer les prochaines nuits.

Tandis que vous laissez votre fille terminer l’abri, vous partez à la recherche d’eau douce, la prochaine priorité. Déjà, la soif vous tenaille à cause des derniers efforts déployés et vous espérez vraiment trouver un quelconque réservoir intact. La surface de l’ile est inégale et il est possible que des anfractuosités aient accumulé de l’eau de pluie.

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Avec de la persévérance, de l’observation et un peu de chance, vous découvrez, sous des buissons réputés pousser dans des sols humides, des rochers fracturés formant une cuve remplie du précieux liquide. À l’aide de feuilles, vous puisez de l’eau pour en apporter au reste de la famille. Il faudra fabriquer un contenant étanche avec des clisses de bois, une hache vous sera nécessaire. Déjà, vous vous attelez à fabriquer deux modèles de cet outil très polyvalent.

Les jours passent et vous avez compris dès le début qu’aucun avenir ne réside sur cette ile. L’habitude d’observer les oiseaux vous a indiqué une direction. Ils semblent tous se diriger vers le Soleil levant. C’est donc par là que vous devez emmener votre famille même si la mer s’étend à perte de vue dans cette direction.

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Un radeau devrait apporter la solution. Puisque les arbres morts et les débris végétaux s’étalent à profusion, la matière première pour le construire ne pose aucun problème. Votre fils démontre une belle opiniâtreté au travail. Il a appris à pêcher et à chasser les oiseaux et les petits mammifères, vous dégageant de cette responsabilité.

Un jour, votre femme et votre fille vous font une étrange demande. En fait, c’est plus une décision qu’une suggestion. Elles veulent emporter le plus d’animaux possible sur l’embarcation. Leurs arguments ne manquent pas, mais les conséquences de cette nouvelle réalité sur les plans de l’embarcation sont énormes. Elle retardera de plusieurs lunes le jour du départ, mais mon argument massue se fracasse contre la ferme intention des deux femmes. «Il n’est absolument pas question de partir sans les animaux.» Même mon air le plus dépité n’a pas eu raison de leur détermination.

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Le radeau est agrandi, solidifié et compartimenté. Nourrir certains animaux devrait s’avérer plutôt aisé, il n’en ira pas de même avec d’autres. La question de fond est de savoir combien de temps durera la grande traversée, une inconnue dont dépendent les quantités en réserves à embarquer et surtout la quantité d’eau douce qui sera nécessaire à toute la ménagerie.

Le grand Jour approche. La chasse aux animaux pour d’autres fins que de terminer immédiatement dans vos estomacs est finalement commencée. Les cages sont prêtes à les accueillir et le radeau, parlons maintenant d’une arche, a été mis à l’eau hier soir lorsque vous l’avez fait glisser sur des rondins jusque dans le bassin d’eau profonde.

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Votre femme révise une dernière fois les calculs des quantités d’eau à l’aide de cailloux. «Nous devrons tous nous limiter à boire moins que nécessaire, vous dit-elle. Nous pourrons tenir une demi-lune s’il ne pleut pas.»

Vous n’êtes pas marin. Vous avez toujours détesté la mer depuis qu’elle a pris votre ainé. Vous comprenez toutefois le principe des courants de marée et des courants dominants. Sur l’eau, il est impératif de prévoir ces courants afin d’éviter les dérives. Durant la construction de l’arche, vous avez eu le temps d’observer les cycles et vous avez fait certains rapprochements avec les positions de la Lune et du Soleil. Vous avez gravé vos observations les plus significatives sur un morceau d’écorce. Vous avez également confectionné des cordelettes avec des nœuds afin de compter les cycles des marées. Muni de ces deux éléments, vous devriez prévoir les courants et adapter vos manœuvres en conséquence.

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L’embarquement s’avère un moment plus émotif qu’escompté. Il faut non seulement quitter la terre qui nous a vus naitre, mais également celle qui nous a sauvés et maintenus en vie, tout cela pour affronter une mer apparemment infinie aux confins inconnus. Avant de détacher la dernière amarre, vous dites à votre famille: «Nous avons eu la chance de survivre à la Grande inondation. Nous avons vécu heureux par la suite en faisant tous de notre mieux. Si notre vie devait se terminer sur les vagues de cette mer, nous ne devons rien regretter. Qui sait ce qui nous attend au loin? Notre périple deviendra peut-être légende. Une belle légende comme toutes celles que je vous raconte le soir autour du feu.»

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Allez, chéri! Cesse de parler et détache-nous, on a une terre à trouver!

Cas ta strophe

Ce n’est pas un secret, vous n’avez qu’à lire régulièrement mon blogue, j’aime parler de catastrophes, celles survenues dans le passé ou celles qui nous pendent au bout du nez. Certains d’entre vous enfouissent ces probables événements très loin dans leur esprit pour ne pas capoter inutilement, advenant l’heureux hasard où aucune ne surviendrait de leur vivant. C’est possible, mais un peu autruchien. Si j’invente ce mot, n’allez pas croire que j’ai réussi à croiser une autruche avec mon chien, prenez-le dans l’autre sens. Non, non, pas le croisement d’un chien avec mon autruche non plus. Ah ! Faut tout vous expliquer ! Demandez-moi de mettre les bars sur les thés et les points sur tous les i de l’inintelligibilité tant qu’à y être !

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Quant à moi, je crois que nous subirons bientôt des situations cataclysmiques. C’est arrivé très souvent par le passé et plusieurs catastrophes risquent à tout moment de survenir. Les anticiper et y penser fréquemment n’est pas le signe d’une négativité. À mon avis ce n’est qu’une saine prudence.

Apprivoiser l’impensable me garde alerte et teste mon désir de survie. J’ai tout un tas de trucs et de machins prêts à l’emploi en cas de pépin majeur. J’ai un plan d’action que je dois maintenant mettre à jour depuis que je ne vis plus seul.

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J’ai commencé à réviser mon protocole et je vous jure que ça se complique à la puissance mille quand on est deux dans le portrait. Oui, un à la puissance mille donne toujours un, mais deux à la même puissance et c’est l’explosion des possibilités.

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Je vous déconseille donc fortement de vous marier, de vous acoquiner ou de vous prendre un ou une coloc si vous voulez survivre ! Simplement concevoir un protocole me ronge le cerveau jusqu’au bulbe rachidien. Y a toujours quelque chose qui cloche. Avec un enfant, c’est nettement plus facile. On sait pas mal en tout temps où il se trouve, mais avec une personne adulte, lorsque les communications viendront à manquer, c’est la tempête en haute mer !

Vous pourriez me conseiller de ne penser qu’à sauver ma seule carcasse, mais qui me sauvera alors de mon égoïsme, la pire des catastrophes qu’on puisse subir ? Non, je vous le dis, le célibat augmente considérablement les chances de survie. En revanche, apprendre à déjouer les pièges de la complexité stimule mon intellect.

Avez-vous un plan d’urgence, ne serait-ce que pour savoir quoi faire en cas d’incendie, de tornade ou d’inondation ? Le connaissez-vous par cœur ainsi que tous ceux qui résident avec vous ? La sécurité domestique commence ainsi.

Ne vous inquiétez pas, on ne s’attire pas la guigne en se préparant à affronter une catastrophe. Par contre, une catastrophe deviendra votre guigne si vous ne vous préparez pas à l’affronter.

Flocons manègent

« Ah comme la neige a neigé / Ma vitre est un jardin de givre »

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Ainsi s’exprimait le poète québécois, Émile Nelligan. Pays de neige et de froid durant plusieurs mois par année, notre pays est toutefois épargné de la plupart des autres types de catastrophes, si toutefois nous inscrivons le froid et la neige dans cette catégorie. J’ose le prétendre en considérant que plusieurs personnes en meurent chaque année, faute d’y avoir suffisamment prêté attention, à cause d’étourderies ou parce que les conditions météo ont eu raison de sans-abris devenus terriblement vulnérables lors de conditions rigoureuses. 

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Nous sommes préparés à vivre des moments plus difficiles et nos infrastructures ont été pensé en conséquence, mais surviennent des situations anormales nous rappelant que nous ne supportons pas longtemps le froid et que neige vire parfois son âme de blanche à noire. Il va sans dire, tout est une question de durée, de quantité et d’intensité.

La neige, c’est magique, surtout durant le temps des Fêtes lorsqu’un tapis blanc recouvre le triste sol noirâtre et qu’une farandole de flocons virevolte devant nos yeux, mais lorsque le blizzard se lève, lorsque les flocons se transforment en petites aiguilles cherchant à transpercer notre visage découvert, lorsque le froid colle nos parois nasales, lorsque la neige au sol crisse pour nous avertir de nous méfier d’elle, lorsque les congères grandissent à trois fois notre hauteur, lorsque les rues destinées à faire circuler plusieurs véhicules de front les enlisent, lorsque nos joues nous avisent que le froid les font rougir de honte pour ensuite les blanchir de peur, lorsque les têtes des clous éclatent sous la pression de l’écartèlement des planches, lorsque les véhicules n’ont plus la force de démarrer et préfèrent se laisser mourir sur place, la féérie blanche devient la furie blanche.

La Nature ne s’attaque pas à nous, on ne doit donc pas la traiter comme une ennemie. Il est de loin préférable de bien se préparer à ses débordements pouvant nous causer désagréments, difficultés ou dangers, tout d’abord en s’informant adéquatement des conditions météorologiques à venir et en se vêtant de manière appropriée.

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Cette année, l’hiver est survenu tôt. Neige début novembre, record quotidien de froid battu, voulait-il nous assommer ? Nous prendre à contre-pied ? Ou simplement nous aviser qu’il vaut toujours mieux être prêt à toute éventualité ?

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La planète change, nous devons, non seulement écouter ses signaux, mais surtout agir de la sorte. Nous aussi devons changer, à commencer par notre façon de penser. La planète Eden devient souvent et imprévisiblement violente. Restons en constant état de surveillance. Préparons nos kits de secours et de survie. Concevons des protocoles d’urgence et répétons-les. Ces gestes ne sont plus des délires de paranos. Ils sont une prévoyance distinguant ceux qui survivront de ceux qui périront. Vous comptez plutôt sur la chance que les catastrophes passent ailleurs ? Dans ce cas, vous n’auriez pas objection à me léguer vos biens advenant un coup du sort puisque celui-ci ne surviendra pas. Plus riche, j’irai ensuite croasser sur vos tombes.

Esclaves de la technologie

Sommes-nous devenus esclaves de la technologie? Cette question divise le public pour certaines raisons relevant tout d’abord de la sémantique.

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Dans ce genre de phrase, l’esclavage est généralement considéré dans son sens figuré. Il serait alors plus juste de parler de dépendance plutôt que d’esclavage, car un esclave ne s’appartient pas. Si toutefois nous remplaçons le mot esclave par le mot dépendant, le résultat obtiendrait la quasi-unanimité et la question perdrait de son intérêt.

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Ainsi, en posant cette question, il faut situer son contexte entre la dépendance évidente et l’esclavage apparent. Agissons-nous comme si nous étions des esclaves de la technologie?

La technologie a-t-elle une emprise si grande sur nous, sur notre quotidien, que nous semblons lui appartenir? Notre jugement lui est-il cédé?

Pour bien voir le présent, un retour dans le passé peut nous aider à y voir plus clair, car nous le connaissons et nous pouvons comprendre son futur qui relève une fois de plus de notre passé. Alors, remontons le temps jusqu’à la maitrise du feu par l’humain.

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Le feu constitue l’élément technologique primaire et toujours primordial. Sa récolte, sa sauvegarde, son transport et ensuite sa création ont représenté des étapes successives d’une importance sans bornes.

Ce faisant, nous nous sommes rendus vulnérables à son absence, car nous avons appris à cuire nos aliments pour les assimiler plus facilement et nous avons choisi de vivre dans des lieux trop hostiles pour notre frêle constitution en nous réchauffant à son contact. La dépendance à son égard et aux sources de combustibles ne pose aucun doute.

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Mais qui aurait voulu s’en passer pour éliminer cette dépendance? Ses avantages ne dépassent-ils pas largement les inconvénients d’être devenus plus fragiles sans lui?

La dépendance à une quelconque technologie ne représente pas le cœur du problème. La vraie question consiste donc à savoir ce que nous pourrions faire si nous la perdions. Jusqu’à quel point sommes-nous fragiles en fonction de nos aptitudes à survivre en son absence?

Nos ancêtres qui ont maitrisé le feu et qui vivaient dans un habitat riche en combustible, en aliments variés et dont les températures demeuraient annuellement clémentes possédaient une fragilité moindre à son absence que ceux d’entre eux qui ont pris racine dans des lieux très hostiles et pauvres en ressources.

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Sans toute notre technologie, nous n’aurions jamais atteint les 7,6 milliards d’humains sur Terre. Dit autrement, il serait impossible de faire vivre 7,6 milliards d’individus si notre technologie venait à manquer. Il en résulterait une hécatombe dont l’ampleur ne s’imagine presque pas. Nous frôlerions l’extinction.

Plusieurs experts pensent que la population déclinerait jusqu’à un milliard. Je crois qu’elle diminuerait bien en deçà de ce nombre si toute la technologie s’effaçait. J’ose avancer le chiffre de dix millions de personnes seulement.

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Même si bien plus de gens pouvaient survivre uniquement de leur environnement immédiat en mettant à profit leurs connaissances et leur débrouillardise, il faut compter sur les guerres et les épidémies pour les décimer pratiquement jusqu’au dernier.

Quelques poches disséminées sur une certaine bande critique de la Terre résisteront à toutes les affres. Elles constitueront l’avenir de l’humanité et celle-ci créera des légendes autour de ce passé technologique. Les générations futures parleront d’histoires inventées, absurdes, auxquelles il est stupide de croire.

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Tiens, tout ça me fait penser à quelque chose de bien connu!

Et la question primaire, sommes-nous esclaves de la technologie ? J’y répondrai de la façon suivante. Nous ne sommes pas esclaves de la technologie malgré notre grande dépendance à son égard. Toutefois l’humain peut très bien devenir son propre esclave. Il se cherchera alors un bouc émissaire et ses dépendances l’orienteront à en pointer une du doigt. La technologie se prête merveilleusement bien à ce jeu de la déculpabilisation par transposition.

Héroïsme spontané

L’humain peut empêcher les catastrophes, mais il reste totalement impuissant à s’opposer aux cataclysmes. Nous vivons à la surface d’un monde né du feu des cataclysmes et toujours bâti sur ce feu qui engendrera d’autres cataclysmes. On ne parle pas de probabilités, mais de temps avant que de nouveaux monstres n’apparaissent et nous frappent.

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Séismes, explosions volcaniques, tsunamis, tous ces phénomènes partagent une origine commune. La tectonique des plaques, montrée par la dérive des continents, accuse la venue de toutes ces horribles conséquences pour l’humain et son environnement.

Malgré les systèmes d’alerte avancés, malgré la science des prédictions, malgré les précautions prises, malgré notre compréhension des mécanismes mis en œuvre, des milliers de gens périront quand même lors de prochains cataclysmes. Plusieurs individus bénéficieront d’un droit à la vie grâce à nos connaissances acquises au fil du temps. D’autres n’auront pas cette chance, certains par leur propre faute.

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Plusieurs curieux en mal de devenir célèbres sur les réseaux sociaux braveront les interdictions et les consignes d’évacuation. Certains ne voudront pas quitter leur logement afin de protéger (!) leurs biens. D’autres resteront piégés dans des bouchons en tentant de fuir. Quelques-uns attendront sereinement que la grande faucheuse vienne les cueillir. Enfin, plusieurs personnes chargées du secours des citoyens mourront en devoir.

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Des centaines de drames épouvantables seront vécus. Des actes héroïques incalculables seront également accomplis un peu partout. La grandeur et la décadence humaines s’exprimeront dans ce qu’elles ont de plus puissant. C’est toujours le cas lors des catastrophes, certains s’élèvent en risquant leur vie pour aider leurs semblables, tandis que d’autres s’élèvent en grimpant sur la tête de victimes nécessiteuses. Le sauveteur risque sa vie sans la perdre nécessairement. L’ingrat, lui, perd son âme à coup sûr. D’incroyables gestes de pure bonté côtoieront d’innommables félonies.

Des héros et héroïnes spontanés naitront pour rapidement retourner à leur vie ordinaire. Action éphémère et pourtant tout sauf futile, le samaritain opère spontanément. Il n’éclot d’aucun bouton apparent, puis il disparait sans fanage, sans laisser de traces de son altruisme et de son courage offerts gratuitement. Il ne se verra jamais comme un héros, mais plutôt comme une sorte d’opportuniste ayant eu la chance de sauver une ou plusieurs vies.

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Le héros spontané n’est pas entrainé ni fourbu aux techniques à employer dans ces circonstances. Il pense peu, car le temps compte plus que tout. Il agit, simplement. Il fait taire son propre instinct de survie pour ne pas qu’il interfère dans sa mission. Parfois, il deviendra lui-même une victime. Il aura offert le précieux pour préserver le précieux, trop conscient de la valeur de la vie pour ne pas tout tenter pour la sauver même si elle ne lui appartient pas.

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Est-ce une tautologie de parler d’héroïsme spontané? L’héroïsme relève-t-il toujours de la spontanéité? Pas nécessairement. Malgré leurs compétences en la matière, les professionnels du secourisme démontrent autant d’héroïsme lorsque leur propre survie est déposée sur la balance.

Peut-on confondre héroïsme spontané et témérité? Tous les deux consistent à agir dangereusement et même de manière inconsidérée. Toutefois, la témérité ne vise aucun objectif noble, contrairement à l’héroïsme. La différence entre les deux se situe dans le pourquoi et non dans le comment.

Connaissez-vous une personne qui a été ce genre de héros ou héroïne? L’avez-vous été vous-même? Avez-vous été rescapée par une de ces personnes anonymes issues de nulle part?

Le survivalisme

Êtes-vous un ou une survivaliste?

Si vous ignorez ce terme, il y a de fortes chances pour que vous ne le soyez pas, mais ce n’est pas certain. La définition ratisse large et se module d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, toutefois, il existe une constante. Un survivaliste se prépare pour des futurs difficiles avec toutes les variantes qu’il est possible d’imaginer.

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Le survivaliste sédentaire

Pendant la guerre froide aux É.U.A., certaines personnes se sont fait construire des bunkers antinucléaires et les ont équipés de matériel et de vivres pour subvenir à tous les besoins durant quelques mois. Cet exemple représente le summum du survivaliste, un individu convaincu qu’il faut se préparer au pire et prendre tous les moyens modernes pour y faire face: armes et munitions, systèmes multiples de communication, de recyclage de l’air et de l’eau, de chauffage et de climatisation, génératrice, outils, meubles, bouffe, boissons, mazout, vêtements, loisirs, la totale. Tout est prévu pour s’enfermer dans un endroit réduit, mais entièrement autonome durant une période variant en fonction de l’état initial des réserves.

Toutefois, il n’est pas donné à tout le monde de devenir un survivaliste sédentaire opérant dans ces extrêmes puisque ça prend un espace approprié, des moyens financiers importants et des connaissances techniques développées. Il est possible d’être un adepte de cette philosophie de vie tout en restant réaliste et économe en privilégiant certains choix.

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La mentalité de base du survivaliste

Un survivaliste ne fait pas confiance aux autres et surtout pas aux différentes autorités gouvernementales pour lui venir en aide. En cas de petit désastre localisé, il aurait tort. Par contre, si une méga catastrophe survenait, l’avenir lui donnerait raison. Un survivaliste n’est aucunement une personne déconnectée ou extrémiste, pessimiste ou loufoque. Il croit simplement que des cataclysmes engendrant de multiples horreurs sont arrivés dans le passé, qu’il en surviendra d’autres dans le futur, et les chances qu’un d’entre eux survienne de son vivant sont suffisamment grandes pour prendre des dispositions adéquates. On ne trouve donc rien de stupide ou d’illogique dans la mentalité du survivaliste.

Par ailleurs, ces adeptes pensent qu’il est totalement irresponsable de ne pas se préparer au pire. Ils savent pertinemment que les cigales viendront lui quémander aide et soutien lorsque le monde s’effondrera. Cette éventualité est considérée tellement sérieusement que les survivalistes craignent tout autant les attitudes humaines post-apocalyptiques que les désastres eux-mêmes, sinon plus. Et une fois encore, ils ont parfaitement raison. Les non prévoyants iront les voler, ils les attaqueront pour s’emparer de ses réserves et de ses équipements, c’est indéniable.

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Pourquoi ne sommes-nous pas tous des survivalistes?

Pour certains, ce serait exister dans une peur continuelle, mais ces mêmes personnes souscrivent toutes à des assurances qui constituent, en quelque sorte, des mesures survivalistes de première instance. Ils pensent probablement que c’est mieux de vivre dans l’insouciance, de manière irresponsable et surtout en se moquant de ceux qui agissent en fourmi afin de camoufler leur propre attentisme. Les chances de catastrophes restent trop faibles pour en faire une fixation, disent-ils. Mieux vaut se faire plaisir aujourd’hui que de dépenser tout son argent dans un projet qui risque fort de ne jamais servir.

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Préparer sa fuite

Toutefois, rien n’empêche de prendre un minimum de précautions, dont une préparation adéquate pour fuir un lieu devenu dangereux. Réserves de nourriture non périssables pour plusieurs jours, réserve équivalente d’eau potable dans des contenants légers et incassables, vêtements chauds et imperméables, multioutils et lampes de poche, batteries, radio, chandelles, allumettes et briquet, poêle portatif et son carburant, divers contenants et sacs hermétiques, ustensiles et gamelles, bottines de marche, boussole, couteau de survie et hachette, des rouleaux de cordes diverses, des mousquetons, un sifflet, un kit pour purifier l’eau, des masques chirurgicaux et une trousse de premiers soins, un stylo ou un marqueur. Pour les vêtements de rechange, un seul ensemble suffit puisqu’on parle d’un mode survie, pas d’une mode à suivre. Gardez votre tête au chaud sous une casquette ou un béret et apportez deux mouchoirs en tissu pour usages divers.

Pensez à vos lunettes et peut-être à de petites jumelles ou à un monoculaire plus léger. Terminez avec vos essentiels d’hygiène. J’ai dit «essentiels». Remplacez régulièrement vos médicaments pour des produits non périmés. N’oubliez pas vos papiers d’identité, y compris votre passeport. Pour la saison froide, préparez un sac supplémentaire contenant les vêtements chauds appropriés. Rajoutez-le au besoin. Éliminez les pochettes lourdes pour privilégier des filets. Utilisez des sacs plastiques à glissière légers, hermétiques et très polyvalents.

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Tout ceci entre dans le fond et dans les poches d’un sac à dos. Complétez-le avec un sac de couchage et un matelas de sol compacts ainsi qu’une mini tente et votre survie sera bien mieux assurée que celle de la plupart des gens. Si vous possédez une moto, vérifiez son bon état de marche et n’hésitez pas à vous en servir. Maintenez un bidon d’essence plein à proximité. Évitez d’utiliser l’automobile si possible. Si elle reste votre seul moyen de transport, n’y engouffrez-y rien qui risquerait de vous faire hésiter à l’abandonner. Le vélo constitue aussi une excellente option, car il ne requiert aucun carburant. Gardez-le toujours prêt à l’usage.

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Le mot magique: «rapidité»

L’important est de privilégier la rapidité d’exécution. Ramasser un seul sac déjà préparé peut vous sauver la vie. L’équiper coûte peu cher et prend juste un peu de temps pour l’organiser et le remplir. Si vous devez rajouter des éléments de dernière minute, assurez-vous d’en avoir fait une liste en indiquant où les trouver et laissez-la sur le dessus du sac.

En cas de coup dur, et cela peut survenir n’importe où dans le monde puisque aucun endroit n’est à l’abri de tout désastre, vous pourrez vous enfuir un rien de temps afin de vous réfugier là où vous trouverez la sécurité. Vous aurez apporté tout ce dont vous aurez besoin pour survivre quelques jours de manière autonome, un mois si vous savez y faire. Ça vous laissera la possibilité de rejoindre un lieu épargné par la catastrophe.

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Composer un plan d’urgence et s’en tenir

Évitez de tergiverser et de perdre du temps à discuter. Si vous ne vivez pas seul, réglez ces possibles litiges dès à présent. Ne vous demandez pas si vous faites la bonne affaire. Agissez selon votre plan d’urgence et cessez d’en douter. Planifiez différentes destinations vers plusieurs directions et divers itinéraires pour les rejoindre. Les premiers individus à quitter les lieux dangereux seront les plus susceptibles de survivre. Ceux qui devront tout organiser et tout préparer au moment de la catastrophe risqueront de faire les mauvais choix ou de rester prisonniers. Demeurez bien informé jusqu’au moment du départ afin de prendre la meilleure option possible.

User de son intelligence

Survivre, ce n’est pas que dans l’action que ça se passe, car nous ne sommes plus des animaux. Contrairement à eux, nous dépendons de nos outils, de nos vêtements et de notre capacité de nous nourrir et de boire sans trop devoir en chercher. Notre intelligence nous a rendus vulnérables face à la nature. Nous devons donc user de cette même intelligence pour être en mesure de l’affronter le cas échéant.

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Une attitude avant une économie

Tout mouvement finit par trouver des gens cherchant à en profiter, le survivalisme ne fait pas exception. Si survivre exige des outils, dépenser une fortune en gadgets de toutes sortes ne règlera rien si vous ne pouvez pas les transporter sur votre dos. La simplicité reste une des clés du succès. Utilisez le même objet pour effectuer plusieurs fonctions, éliminez la redondance. Réduisez la taille et le poids de vos équipements. Choisissez des matériaux et des matériels légers et performants. Apportez des quantités en conformité avec votre plan d’urgence. Tout gramme excédentaire est à proscrire, alors évitez de sortir votre porte-feuille et utilisez plutôt votre imagination.

Votre téléphone

Quant au fameux téléphone intelligent, si vous l’apportez, gardez-le éteint et ouvrez-le seulement au besoin, c’est-à-dire pour vous informer en rapport avec votre plan d’urgence ou pour laisser de brèves nouvelles par textos à vos proches. Débarrassez-vous de tout objet rendu inutilisable, y compris votre cher téléphone.

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Votre moral

Le moral joue pour beaucoup dans la survie. Alors, munissez-vous d’un petit supplément pas du tout essentiel, pas trop lourd, comme un jeu de cartes, un livret de sudokus ou de mots croisés, quelques photos souvenirs, un grigri. Évitez cependant de porter des bijoux ou tout accessoire de valeur. Plus vous aurez l’air pauvre, plus vous serez en sécurité.

N’hésitez pas à apporter de l’aide selon vos moyens et vos capacités à ceux qui croiseraient votre chemin. Dites-vous que tous vos gestes positifs nourriront votre sentiment de bonté et d’utilité.

Gardez le moral en toutes circonstances, car la vie demeure un jeu dangereux qui se termine toujours mal, alors mieux vaut la prendre avec philosophie, peu importe les événements auxquels elle vous confronte. Même si faire de votre mieux n’aura pas suffi à vous sauver, vous resterez fier de vos accomplissements et terminerez votre séjour avec le sentiment d’avoir utilisé le maximum de vos ressources.

Réchauffement ou refroidissement ?

Je ne veux surtout pas ouvrir ou alimenter un débat sur notre futur proche concernant la température moyenne à la surface de la Terre à savoir si elle croitra, baissera ou restera stable. Je me fie aux rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui a pour tâche de rassembler et de colliger toutes les études scientifiques concernant ce sujet effectuées à travers le monde.

Plusieurs ignorent toutefois que ce groupe est fortement influencé pour que leurs conclusions soient mitigées. En résumé, ce groupe revoit systématiquement à la baisse la tendance au réchauffement observée et analysée par la très grande majorité de scientifiques dans tous les domaines touchés par les changements climatiques afin de ne pas alarmer la population. En résumé, la hausse des températures sera très certainement pire que leurs pires pronostics publiés par le GIEC.

Cependant, il se pourrait bien que les climatosceptiques obtiennent un allié de taille dans cette bataille. Cet allié, c’est la prochaine période glaciaire prévue pour la Terre. De fait, des cycles de réchauffement et refroidissement se succèdent sur une base régulière. Ceci est causé par la précession des équinoxes, un changement d’orientation de l’axe de rotation de la Terre. Ce mouvement circulaire dure un peu moins de 26 000 ans, puis recommence. Ainsi, les continents situés dans l’hémisphère Nord reçoivent moins d’ensoleillement, engendrant la croissance de glaciers gigantesques. Plusieurs milliers d’années plus tard, l’axe de rotation entame la seconde partie de son cycle, les températures moyennes se réchauffent peu à peu, faisant fondre les calottes glacées.

Nous sommes actuellement à peu près au sommet de la courbe des températures moyennes, laissant présager que ces températures recommenceront à décroitre dans un avenir pas si lointain. Voilà pourquoi certains pensent que le fameux réchauffement climatique pourrait être freiné ou à tout le moins passablement atténué.

Toutefois, cet allié opère très lentement et risque d’arriver beaucoup trop tard puisque nous sommes probablement au seuil d’un emballement thermique. Un emballement est causé par un effet de rétroaction trop faible (capture insuffisante du CO2 et du méthane) par rapport au gain, c’est-à-dire à la quantité de ces mêmes gaz émis dans l’atmosphère terrestre par le dégazage du pergélisol, des arbres et des fonds océaniques. L’emballement se produit lorsqu’un point de rupture est atteint et que la libération des gaz stockés est suffisamment importante pour libérer encore plus de gaz stockés, malgré l’arrêt complet de l’apport anthropique (causé par l’humain).

Oui, il est fort probable que la prochaine période glaciaire n’ait pas lieu grâce aux rejets dans l’atmosphère de nos gaz à effet de serre. Dit ainsi, ce résultat semble positif. Ce qu’il faut y comprendre, toutefois, c’est qu’à cause de l’emballement thermique, nous ne vivrions pas dans un congélateur, mais dans un four crématoire.

Nous savons que l’humain a déjà survécu à plusieurs cycles de glaciation en migrant à des latitudes plus basses. Mais si un emballement thermique devait survenir, nous n’aurions nulle place sur terre où se cacher. Il nous resterait peut-être sous terre ou quelque part dans l’immensité de l’espace. Et nous ignorons totalement comment survivre longtemps dans ces deux milieux inhospitaliers.

En ce qui me concerne, je mise tout sur un réchauffement brutal et catastrophique. Il faut bien assumer la réputation d’oiseau de malheur rattaché à mon nom.