JWST, la seule constante : les reports

En 2013, je corrigeais un article sur Wikipédia en lien avec le lancement du futur télescope spatial James Webb. Prévu pour 2014, il venait d’être repoussé en 2015. Puis ce fut 2018, 2020 et maintenant la NASA le planifie pour le 30 mars 2021. Son budget a déjà dépassé les 8,8 milliards USD et il reste toujours cloué au sol.

Quand un projet s’enlise, le résultat final risque souvent de décevoir. Voici quelques écueils probables.

jwst-april2017

Lorsque l’instrument d’observation scientifique deviendra disponible, la technologie aura tellement évolué qu’il faudrait le recommencer.

Si d’autres reports surviennent, la fusée Ariane V qui devait l’amener dans l’espace aura probablement pris sa retraite.

Sa remplaçante ratera peut-être sa mise en orbite au point de Lagrange L2 du système Terre-Soleil.

Un défaut majeur causé par des changements mal contrôlés de dernière minute le condamnera peut-être à la stérilité.

Le télescope exécutera plus de manœuvres de correction de position que prévu réduisant d’autant sa durée de vie active.

JWST_telescope_post_coc-test.jpg

Contrairement à Hubble, son prédécesseur toujours opérationnel qui pouvait être réparé depuis l’espace, le JWST restera inatteignable à cause de son éloignement de la Terre (1,5 million de km), ce qui le rendra inutile en cas de panne quelconque, y compris d’ergol (carburant).

Scientifiquement parlant, chaque report du lancement du JWST s’avère être une catastrophe. Tous nos instruments astronomiques fonctionnent en partenariat avec les besoins des scientifiques. Les plans et les protocoles de recherche sont conçus en fonction des outils actuellement disponibles, mais aussi ceux à venir.

La complémentarité des télescopes à notre disposition est essentielle pour le succès de beaucoup d’études et lorsqu’un seul d’entre eux retarde sa mise en activité, il en résulte l’abandon de centaines de travaux de recherche majeurs.

jwst_new1.jpg

Pour ceux qui l’ignorent, contrairement à son prédécesseur, le télescope JWST ne captera pas tous les photons des longueurs d’onde visibles. Il trouvera sa niche à partir de l’orange, du rouge et jusque dans l’infrarouge proche et moyen. Sa sensibilité, par contre, sera des milliers de fois meilleure que les plus performants appareils actuels.

Tess

La Nasa lance aujourd’hui dans l’espace un nouveau télescope chasseur d’exoplanètes. Du nom de Tess, le dernier-né de la Nasa va s’en prendre aux étoiles les plus proches de nous pour tenter de leur arracher leurs secrets. Ont-elles des planètes en orbite?

L’acronyme signifie Transiting Exoplanet Survey Satellite. Tess surveillera donc la baisse de luminosité produite lorsqu’une planète passe devant son étoile, une mini éclipse, en fait. Puisque dans la plupart des systèmes stellaires, les planètes orbitent dans le même plan, en découvrir une signifie la possibilité d’en découvrir plusieurs, dont celles résidant dans la zone habitable.

Contrairement à l’autre télescope dédié à cette tâche, le vieillisssant Kepler, Tess cherchera dans l’ensemble du ciel, mais visera principalement les étoiles les plus proches et de préférence les naines rouges. L’objectif avéré est de déceler de la vie extraterrestre et pour ce faire, les naines rouges, contrairement aux naines jaunes comme notre Soleil, sont stables beaucoup plus longtemps. Les spécialistes croient que cette stabilité accroit les chances de faire naitre et évoluer la vie jusqu’au stade de l’intelligence telle qu’on la connait.

fig1-exoplanets_1920x1080_2017_lw_most_recent.jpg

Une fois les exoplanètes détectées, Tess passera le flambeau à d’autres télescopes pour affiner les données. Le futur télescope spatial James Webb sera l’un de ceux qui poursuivra cette mission.

Ainsi, Tess cherche des planètes habitables et habitées dans notre voisinage immédiat. Ce qui suivra sera, bien entendu, l’envoi de sondes inhabitées. Mais d’ici là, il faudra améliorer nos systèmes de propulsion. Les réactions chimiques ont atteint leur maximum. Il faut équiper nos fusées de moteurs bien plus performants. Le moteur à plasma commence à donner des résultats intéressants. Sera-t-il suffisamment fiable pour bientôt embarquer des sondes à bord de fusées munies de tels moteurs? Une épopée à suivre.

Photos : Nasa

Nibiru existerait vraiment

Planète X, 9, Nibiru, peu importe le nom qu’on lui donne, il semblerait qu’il existe bel et bien dans notre système solaire une autre planète que celles déjà connues.

Et ce n’est pas un délire de conspirationniste. Ce sont deux astronomes très sérieux du Caltech qui font cette constatation à partir du comportement, inexplicable autrement, de certains corps célestes transneptuniens comme la planète naine Sedna. Et ces astronomes ne sont pas les seuls à y croire puisque plusieurs scientifiques avant eux ont ouvert la voie vers cette hypothèse non dénuée de fondements.

Les astronomes du Caltech ont commencé à calculer ses paramètres, sa masse, ses dimensions, sa constitution, sa période de révolution, son inclinaison par rapport à l’écliptique, son orbite ainsi que sa position actuelle. Toutefois, les marges d’erreur sont très importantes dans l’état actuel des choses.

D’une masse comprise entre 5 et 20 fois celle de la Terre, elle ferait le tour du Soleil entre 10000 à 20000 ans et ressemblerait plus à la planète Neptune ou à Uranus qu’à la Terre. Elle serait actuellement à son aphélie, soit à sa plus grande distance de notre étoile. Voilà une des raisons pourquoi elle n’a pas encore été découverte, car elle est très loin, très sombre et se déplace très lentement. Difficile ou impossible de l’observer directement avec nos télescopes actuels. Toutefois, une nouvelle génération de télescopes géants est en construction et verra bientôt le jour. Alors nous aurons peut-être la possibilité de lui tirer le portrait pour la première fois.

Entre temps, les calculs s’affinent et nous saurons probablement dans quelle direction regarder pour la découvrir. En ce moment, les astronomes pensent qu’elle pourrait se situer actuellement dans la constellation d’Orion, de la Baleine ou du Taureau. Ça couvre une méchante grande partie de notre ciel.

Toutefois, tous ceux qui crient que Nibiru va bientôt entrer en collision avec la Terre, qu’on la voit même en plein jour ou qu’on la voit dans le ciel aussi grosse qu’un pamplemousse tenu à bout de bras, ce ne sont que des stupidités d’ignares. Malheureusement, la future confirmation de l’existence de cette planète va enflammer le web sur lequel seront multipliées toutes les âneries possibles et impossibles.

Si la période de révolution de cette neuvième planète est si importante, la Terre et elle se sont toutefois rapprochées beaucoup plus qu’une seule fois sans jamais se percuter. Sans pouvoir l’affirmer avec certitude, il est raisonnable de penser que dans 5000 à 10000 ans, lorsqu’elle reviendra au plus près du Soleil, plus près étant relatif, à son périhélie, la Terre et Nibiru resteront à très grande distance l’une de l’autre.

C’est toutefois un dossier à suivre avec grand intérêt même si notre vie n’en dépend pas.

.

Le LBT, le VATT et LUCIFER

Non, je ne vous parlerai pas de sandwich Laitue-Bacon-Tomate. Ça s’applique également pour les Véhicules Autonomes Tout-Terrain desquels vous n’entendrez pas parler. Et enfin, je resterai loin du diable, mais là c’est un peu moins certain. Commençons donc par lever l’ambiguïté sur les trois premières lettres afin d’écarter définitivement l’hypothèse du sandwich. Dans le monde de l’astronomie, LBT signifie « Large Binocular Telescope », un télescope géant perché au sommet du mont Graham en Arizona à plus de 3,2 km d’altitude. Il s’avère être le télescope optique terrestre ayant la meilleure résolution grâce à ses deux miroirs de 8,4 mètres solidaires de la même monture azimutale. C’est le seul télescope géant à vision binoculaire au monde. Quant au VATT, c’est le Vatican Advanced Technology Telescope. Les deux appareils partagent la même montagne comme le montre la photo ci-dessus où l’on voit le VATT au premier plan et le LBT en arrière. Ils font ensemble partie (avec d’autres instruments) de l’Observatoire international du mont Graham.

Vous avez bien lu, le second appareil de précision appartient au Vatican et une équipe de religieux y travaillent. On oublie souvent que l’Institution s’est toujours intéressée à l’astronomie. À Castel Gandolfo où le pape se retire l’été, une coupole ayant abrité un télescope trône toujours au sommet du palais pontifical. Aujourd’hui, les religieux qui travaillent au VATT sont d’authentiques scientifiques tout autant que leurs quêtes.

Toutefois, une rumeur persistante circule voulant qu’on y parle ouvertement de vie extraterrestre et plus particulièrement d’entités extraterrestres, comme si leur existence était une évidence au même titre que la rotondité de notre planète. Le Père George Coyne, directeur de l’Observatoire du Vatican, ne renie pas leur existence. On est loin de l’époque de l’Inquisition où on brûlait Giordano Bruno sur un bûcher pour avoir affirmé que de la vie ailleurs que sur Terre devait foisonner. Aujourd’hui, le Père Coyne donne raison sans ambages au supplicié.

Au LBT, le voisin immédiat du VATT, on trouve un instrument scientifique, en l’occurrence une caméra infrarouge couplée à un spectrographe, qui porte le nom surprenant de LUCIFER. Je vous fais grâce de la définition exacte de ce long acronyme. Toutefois, il règne ici une confusion apparaissant un peu partout et je voudrais l’éclaircir. Puisque les deux observatoires font partie de la même organisation, certains prétendent que le Vatican a sciemment nommé l’instrument ainsi. Toutefois le Vatican n’a rien à voir avec cet appareil qui ne peut pas se connecter au VATT. Par contre, je suspecte un petit comique travaillant au LBT de s’être donné un mal fou pour trouver cet acronyme, juste pour tirer la pipe à ses voisins.

Il faut l’avouer, c’est tout de même ironique de savoir que les prêtres travaillant au VATT ne sont qu’à deux pas de LUCIFER. D’autre part, ce n’est plus un secret pour personne, les religieux ont l’habitude de côtoyer le diable, même à des altitudes stratosphériques. Et qui sait si ce qu’on appelle le diable ne serait pas parfois des entités extraterrestres ? Ainsi on comprendrait mieux pourquoi les prêtres se sentent si libres de parler d’eux.

Lire la suite « Le LBT, le VATT et LUCIFER »