Manitou

Pour les Amérindiens Anishinaabe-Ojibwés, Manitou est l’énergie vitale de toute entité vivante, humaine, animale ou végétale. L’énergie individuelle est la part de manitou qu’assume en dedans de lui chaque être vivant. Grand Manitou, Gitche Manitou est donc l’ensemble des être vivants formant l’Un, l’Être suprême qui anime toute création.

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Selon ce peuple vivant près des Grands Lacs d’Amérique, Grand Manitou résiderait sur l’ile Mackinac sur le lac Huron à la frontière du lac Michigan. Des cérémonies annuelles amenaient ces Amérindiens en pèlerinage sur cette ile.

Ile Mackinac

Grand Manitou est synonyme de Grand Esprit, Père le Ciel, Maître de la Vie, le Grand Mystère, Wakonda.

C’est l’Être mystérieux, ou tout simplement «Le Mystère». C’est l’équivalent d’Orenda pour les tribus iroquoiennes, dans les deux cas, un Esprit bienfaiteur, mais qui peut se fâcher si on lui est irrévérencieux.

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Comme on peut le constater, le thème d’une part du Dieu Créateur faisant partie de nous et auquel nous nous identifions n’est pas unique et se retrouve dans une grande quantité de cultures sur le Globe.

Images : saturdayeveningpost.comdaylahneedanangel.skyrock.com

C pour cascade

J’ai choisi la troisième lettre de l’alphabet pour le troisième article du blogue consacré à parler d’un mot commençant par une lettre. Après le D et le Y, voici le C et le mot choisi est « cascade ».

 

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Une cascade est une succession de chutes d’eau. C’est aussi une prestation physique exécutée par un acteur ou une doublure appelée cascadeur. On voit le lien lorsque les cascades cinématographiques consistaient essentiellement à l’époque à débouler des marches. Aujourd’hui, on distingue les cascades des effets spéciaux, mais avant au cinéma, une cascade était l’un des seuls effets spéciaux possibles.

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Une cascade naturelle est à distinguer d’une chute et d’une cataracte. C’est une chute composée de plusieurs paliers alors qu’une chute n’a qu’un seul saut. Une cataracte est une chute importante sur un grand cours d’eau, habituellement un fleuve.

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Il existe des cascades artificielles permettant d’évacuer les crues tout en brisant le potentiel destructeur de l’eau. Les marches du géant à la centrale hydroélectrique Robert-Bourassa au Québec sont un bon exemple d’une cascade artificielle avec ses 10 marches de 10 mètres de hauteur et de 122 mètres de longueur chacune. Lors des crues printanières, le barrage laisse aller son trop-plein, son « carburant », sans pouvoir le harnacher. Heureusement, les précipitations futures de pluie et de neige remboursent ce sacrifice.

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La cascade se retrouve dans une très grande quantité de peintures chinoises de paysages. Dans le symbolisme chinois, la cascade compose avec la montagne le yin et le yang. L’eau coule et descend, la montagne est immobile et monte vers le ciel. Le mouvement élémentaire de la cascade représente la force indomptée et le mouvement continuel. C’est le symbole de l’impermanence opposé à celui de l’immutabilité.

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Y comme dans… y

La deuxième lettre qui fait l’objet d’un mot à découvrir est le «y». C’est quand même une drôle de lettre, ce i grec. Vingt-cinquième lettre de l’alphabet, c’est tout autant une voyelle qu’une semi-consonne (ou une semi-voyelle selon les ouvrages), une lettre qui s’écrit en deux mots «i» et «  grec», parfois avec un trait d’union (i-grec), parfois sans (i grec). Sa graphie a été empruntée à la lettre grecque upsilon majuscule (Υ), de là il tient son nom. 

En police de caractères latine avec ou sans empattements, les y minuscules, majuscules, italiques et calligraphiques peuvent ressembler à ceux-ci.

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Dans le mot «cycle», y est une voyelle et il se prononce comme un [i], tandis que dans le mot «yocto», c’est une semi-consonne et il se prononce phonétiquement [j] comme dans paille [paj].

Y est une lettre, mais aussi un mot à part entière. Ainsi, le mot qui commence par « y » qu’on découvrira aujourd’hui, est le mot « y ».

Parfois, le mot « y » est un adverbe, parfois un pronom. Dans l’exemple «vas-y», y est un pronom adverbial désignant un lieu.

Y est un pronom personnel dans des exemples comme «vous n’y pensez pas» et «j’y renonce».

Cette lettre est aussi un pronom ou un adverbe dans les gallicismes comme «y en a marre» et «on ne s’y retrouve plus».

Il remplace parfois directement le pronom personnel «il». «C’est-y pas de valeur!» «Voulez-vous t’y que je le fasse ou pas?» Ce langage plutôt désuet est souvent populaire chez des populations éloignées qui ont gardé un parler ancestral.

Pour une seule lettre, on peut dire qu’elle y trouve beaucoup à faire. Et pour être plus compliqué que ça, y faut se lever tôt et user de beaucoup d’imagination!

«Y» est utilisé pour le symbole de l’élément chimique Yttrium de numéro atomique 39 casé dans la troisième colonne du tableau périodique de Mendeleev.

On utilise la lettre y minuscule comme préfixe dans le système international d’unités pour signifier un quatrillionième, soit un diviseur à 24 chiffres après la virgule.

C’est 0,000000000000000000000001 ou 10-24. On utilise le mot yocto pour désigner ce diviseur.

Quant au Y majuscule dans le système métrique, il se nomme Yotta et fait l’inverse, il multiplie par 1024 ou autrement dit, par un quatrillion. (1000000000000000000000000).

Mon dictionnaire recense seulement 129 articles sous la lettre Y, seulement battue par la lettre X avec 116 articles.

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Le montage photos précédent présente quelques mots commençant par Y et ce sont tous des mots empruntés d’autres langues. Un youyou, un yawl, une yourte et du yaourt (yogourt) provenant de mots chinois, anglais, russe et bulgare.

Enfin, tout le monde connait la plus grande utilisation qu’on fait d’un Y. On en fait des lance-pierres, évidemment.

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La couleur du corbeau

Ce n’est un secret pour personne, le corbeau est noir, pour preuve, même les aveugles le voient ainsi. Cependant, vous serez surpris d’apprendre que ce volatile n’a pas toujours affiché cette couleur. Voilà très longtemps, le corbeau était tout blanc. C’est du moins ce que dit une légende amérindienne.

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Ayant le plus grand respect pour les légendes, les corbeaux (même différemment orthographié) et les Amérindiens, je serais bien mal avisé de les contredire. Alors vous devez savoir qu’au début du temps des humains, le corbeau était tout blanc. Je ne vous donnerai pas le contenu entier de cette légende, seulement ce qui se rapporte à sa couleur.

 

Afin de l’offrir aux humains, Corbeau voulait voler le feu à Aigle Gris qui le gardait jalousement dans son tipi. Toutefois, sa chaleur ne lui permettait pas de l’emporter. Il prit alors une branche qu’il plaça dans le feu et lorsqu’elle se fut embrasée, il la récupéra et s’envola par le trou de fumée au sommet du tipi.

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Mais en chemin, la fumée s’échappant de la branche vint noircir son plumage blanc immaculé qui devint tout noir. Et puisqu’un malheur ne survient jamais seul, aveuglé par cette fumée, il laissa tomber la branche (décidément, il devrait porter plus attention à ce qu’il tient dans son bec) qui tomba sur une pierre et s’éteignit. Mais l’offrande qu’il voulut faire aux humains ne fut point totalement perdue, puisque depuis ce jour, celui-ci parvient à faire jaillir le feu des pierres et les frappant l’une contre l’autre. Il est donc permis de penser que sa couleur qui aujourd’hui en rebute plusieurs provient d’un bon geste à notre égard.

Dans bien des légendes de par le monde, et plus spécifiquement dans les cosmogonies et les théogonies amérindiennes, le corbeau est un puissant protecteur. Cependant, les Amérindiens comprenaient parfaitement que rien n’est tout bon ou tout mauvais. Ainsi, le corbeau avait aussi certains travers comme celui d’être chapardeur même si ses intentions étaient bonnes, puisque Aigle Gris était son beau-père.

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Pour certains peuples amérindiens, le Corbeau est un héros et un démiurge qui dynamise et surtout, il organise le Monde. Il se retrouve très souvent au sommet des totems comme le protecteur essentiel des tribus. Par le battement de ses ailes, il génère le vent et de sa langue surgit l’éclair.

Contrairement à la croyance populaire, le corbeau est associé aux choses négatives que très récemment dans l’Histoire humaine et cette mauvaise réputation provient exclusivement d’Europe. Il semble que le corbeau soit apprécié des peuples nomades, mais dénigré par les peuples sédentaires liés à l’agriculture.

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Un autre élément important de sa symbolique est son désir conscient d’isolement, de vivre sur un plan supérieur. Plus encore que son rôle de protecteur, celui de guide revient constamment.

Un corbeau blanc, je comprends maintenant pourquoi mes cheveux blanchissent avec le temps. La suie qui me recouvre s’efface lentement, laissant place au corbeau originel. Mais qui s’intéresse encore aux légendes, aux totems et aux croyances antiques ? Après tout, ce ne sont que des histoires !

Photo : programme-tv.net ; retrouvailles.24.over-blog.combangordailynews.com ;  programme-tv.netanimal-totem.fr ;

L’art et l’âme

Lorsque des gens s’attaquent à l’art, ils ne s’attaquent pas qu’aux artistes, ils visent à détruire l’intelligence de l’humanité en supprimant son âme à travers celles et ceux qui l’incarnent.

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L’art, fruit de l’âme. Son importance ne se mesure ni en billets ni en applaudissements, mais en larmes fugacement essuyées. Alors, comment l’expliquer à ses pourfendeurs s’ils ne savent pleurer ?

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Peinture entête : de Paul Klee : publikart.net ;
Livres : sam-network.org ;
Gravure rupestre : Gravures d’Abourma : afriquemilar.blogspot.ca.

 

D comme désordre

Aujourd’hui, je commence une nouvelle série d’articles sur des mots commençant par une lettre. Oui, tous les mots commencent par une lettre, je sais cela! Mais pas n’importe laquelle!

Ah! Je vous vois penser! Vous vous dites: «Mais si c’est son premier article, pourquoi ne choisit-il pas un mot commençant par la lettre “A” comme dans toutes les bonnes listes mises en ordre alphabétique?»

C’est que le premier mot auquel je m’attaque est «désordre» et ça aurait été paradoxal, avouez-le, de parler du désordre en plaçant ce mot dans une liste en ordre alphabétique!

Alors voilà, le désordre s’oppose évidemment à l’ordre. On doit donc comprendre ce que signifie le mot «ordre» pour saisir son contraire. En règle générale, le désordre a plutôt une sale réputation. Un fouillis, un capharnaüm, un chaos, un fatras, un bordel, un bazar, voilà ce à quoi on associe le désordre. Pauvre mot, il déprime déjà et je ne fais que commencer!

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Pourtant, je vais prouver que bien souvent, le mot désordre souffre d’une mauvaise réputation infondée. À l’école, on apprend l’ordre alphabétique. Cet ordre n’est pas plus justifié qu’un autre puisque les lettres ne sont pas classées par degré d’importance ou même par récurrence dans la langue française ou par l’ordre dans lequel les lettres sont apparues dans l’histoire, enfin pas toutes. «Ordre alphabétique» devrait plutôt se nommer «convention alphabétique» puisqu’il n’y a aucun réel ordre selon un critère précis, justifiable et vérifiable. La lettre «d» précède la lettre «t» sans raison. Ce sont deux lettres phonétiquement apparentées, dentales toutes les deux et probablement apparues à peu près en même temps dans le langage humain. Il n’y a aucune raison logique d’avoir donné l’ordre 4 au «d» et le 20 au «t». On peut tenir à peu près le même discours pour les 24 autres lettres de notre alphabet, sauf exception.

Alors pourquoi le mot «désordre» nous embête-t-il tant? Est-ce parce qu’il est l’antonyme d’un mot considéré pertinent, juste, logique? Pourtant, ce cher «ordre» qu’on chérit tant est un mot bien plus souvent utilisé improprement ou plutôt dans un sens qui s’est un peu trop étendu avec le temps.

Petit aparté, je ne conserve que le sens premier de ce mot. Voici donc la définition principale du mot «ordre» dans mon dictionnaire: «Relation intelligible qui peut être saisie entre une pluralité de termes».

L’ordre est donc une relation qu’on peut comprendre. Pourtant, il n’y a aucune intelligence qu’on peut déployer pour comprendre l’ordre alphabétique! Ainsi, l’ordre de l’alphabet n’existe tout simplement pas. Au mieux pourrait-on parler d’ordonnancement, mais le terme le plus juste à utiliser devrait être «convention» puisque ce qu’on appelle «ordre alphabétique» est un ensemble de lettres mises les unes à la suite des autres de façon convenue, un arrangement de lettres placées d’une certaine manière, dans un certain ordonnancement qu’on doit apprendre par cœur, sans explications.

Il est donc normal que le mot désordre fasse… désordre puisqu’on s’attend du mot «ordre» qu’il ait un sens qu’il n’a tout simplement pas dans bien des circonstances.

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Alors, avant de crier au désordre, posez-vous la question si l’ordre qu’il est censé tailler en pièce est compréhensible. Dans le sens, en émane-t-il une raison intrinsèque qu’on peut retrouver et expliquer, ou si au contraire, ce n’est qu’une pure convention extrinsèque définie par l’usage ou par une quelconque sommité qu’on doit continuer de vénérer en acceptant aveuglément son diktat archaïque. Ouais, bon, cette phrase atteste de mon tempérament un peu rebelle et même anar sur les bords. Mais que je ne vous vois pas utiliser cet argument fallacieux pour discréditer ma thèse! Un rebelle ne se retrouve pas obligatoirement dans les pommes de terre dauphinoises. Et il a un orgueil, vous saurez!

L’ordonnancement des lettres alphabétiques est utile, il n’y a aucun doute, mais prouver une utilité à une convention est nettement insuffisant pour la qualifier d’ordre. Plutôt que d’utiliser l’expression «en désordre», le mot «mélangé» pourrait bien mieux faire l’affaire la plupart du temps. L’aspect péjoratif est esquivé et il conviendrait souvent mieux aux objets et aux situations qu’on cherche à décrire. Quand on joue aux cartes, les placer en ordre est un défaut innommable. L’apparent désordre qu’on leur inflige en les brassant, c’est là où on voit la subtilité de plutôt choisir le terme «mélanger les cartes», est non seulement recherché, mais essentiel.

Cependant, le mot «désordre» plait aux gens qui cherchent à imposer des règles sans devoir les expliquer. Pour eux, ça tombe sous le sens. Pas besoin d’explications puisqu’on a l’ordre et ses inverses, c’est-à-dire tous les désordres. Si ce n’est pas dans l’ordre tel que défini, c’est nécessairement en désordre, donc n’importe comment, tout croche (dit à la québécoise).

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Prenons un exemple différent, parlons des décimales de la valeur de pi (π). Ici, on peut considérer qu’il existe un ordre et un désordre. Placer ces décimales dans le désordre change la valeur de π. L’ordre des décimales est compréhensible et même calculable. Il existe donc effectivement un vrai ordre et son contraire. Un désordre dans les décimales de π influence inévitablement sa valeur. Voilà un ordre qui a un vrai sens, qui s’explique et qui a des conséquences graves, voire dramatiques, si on ose intervertir certaines décimales, surtout les premières, évidemment.

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Voilà pourquoi l’art est si important. Il fait souvent sauter ce genre de barrières constituées d’absurdités, construites autour de conventions souvent illogiques ou totalement inutiles, surannées, mais tellement présentes qu’elles constituent des carcans dans un anachronisme indéboulonnable autrement. Plus simplement, dans les arts comme partout ailleurs, soit dit en passant, s’attaquer aux faux ordres galvaudés par toutes sortes de préciosités, ça s’appelle de l’originalité et celle-ci est souvent reconnue comme étant à la base de tout talent.

Petite étrangeté pour terminer, dans la définition du verbe «galvauder», on peut y trouver le sens suivant: «mettre en désordre». Ainsi, un ordre infondé qu’on hisse à tout vent serait une définition particulière du désordre! Ça tient la route. En forçant trop la note sans raison valable, on obtient bien souvent le résultat contraire de celui qu’on espérait.

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P.S. Je n’accepte aucun blâme en rapport avec l’état de la chambre de vos ados à la suite de leur lecture de cet article de blogue. Utilisez donc à leur endroit une formule exempte du mot ordre, ça doit bien exister! … en y réfléchissant bien!

Photo entête : gabray31.over-blog.com ;
Alphabet : estelledocs.eklablog.com ;
Cri : mamanpourlavie.com ;
Pi : www.shakespearegeek.com ;
Picasso : remaimodern.org ;
Chambre : pictonale.net  ;

Navigation et savoirs anciens

Dans la mer Méditerranée, à l’extrémité sud de la Sicile se trouve la toute petite ile des Courants. À marée basse, elle se transforme en presqu’ile. Un brise-lame partiellement détruit est encore bien visible. L’ile n’est située qu’à cent mètres de sa grande sœur, la Sicile.

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Il existe sur l’ile des Courants un phare autrefois tenu par un gardien qui y vivait avec sa famille. Aujourd’hui, ce poste est abandonné, tout comme l’ile qui n’accueille maintenant que des baigneurs et des surfeurs. Du fait de la faible profondeur de la mer dans les environs, l’eau en été surchauffe jusqu’à atteindre la température de l’eau d’un spa.

Son phare tombe en décrépitude comme pour la plupart des autres phares dans le monde. À l’ère du GPS, ces constructions autrefois essentielles sont devenues désuètes. Mais la désuétude est-elle une raison suffisante pour abandonner ces bâtiments qui ont tous eu un passé chargé et des heures glorieuses? Ou au contraire, devons-nous nous empresser de récupérer les terrains, détruire les constructions et rebâtir autre chose de plus contemporain, de plus utile?

Au Québec, nous avons 43 phares, principalement le long de la Voie maritime du Saint-Laurent, l’une des plus difficiles et dangereuses voies navigables au monde. Nous tentons de les maintenir en état – pas nécessairement opérationnels – par divers moyens, comme avec le tourisme et sa Route des phares.

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Pour la navigation maritime, les phares ont été aussi essentiels que les GPS de notre époque, mais ces temps semblent révolus. Pourtant je m’interroge. Jusqu’à quel point devons-nous être nostalgiques du passé? Reviendrons-nous un jour à la navigation traditionnelle? Si c’est le cas, il aura fallu qu’un bouleversement majeur vienne jeter aux orties notre civilisation technologique.

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Photo : micheljulien.com

Tous les savoirs antiques ont-ils encore un sens, mis à part la richesse d’une culture maritime? Je pense que la connaissance avait et aura toujours un sens. Bien sûr, autrefois la connaissance était un des biens les plus précieux. Ne devenait pas capitaine de vaisseau qui voulait, ou architecte, ou guérisseur. Les savoirs se payaient cher et prenaient une grande partie de sa vie pour être appris et maitrisés. Des guildes ou des maitres veillaient à nous enseigner ces savoirs en y greffant une partie ésotérique qui faisait partie intégrante de ces connaissances.

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Photo : Journalmetro.com

Est-il bien sage de confier l’avenir de la navigation à une seule source, en l’occurrence le GPS? Oui, il existe trois autres systèmes, le Glonass russe, le Beidou chinois et le Galileo européen, mais les quatre systèmes sont basés dans l’espace et susceptibles d’être endommagés par des rayons provenant d’éruptions solaires, d’une supernova proche, ou de rayons gamma émis pas des sources spatiales hyper puissantes. L’humain est lui aussi capable de perturber, endommager, voire détruire ces systèmes.

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D’autres systèmes d’aide à la navigation existent, comme le Loran, mais du fait de la position terrestre de leurs émetteurs, ils ne sont pas «globaux», c’est-à-dire qu’on ne peut pas connaitre notre position en tout temps et en tout lieu.

Après cela, il nous reste les cartes, les boussoles, les étoiles, les sextants, les lunettes, les compas et les horloges, si tant est que nous sachions les utiliser puisqu’ils font maintenant partie des savoirs anciens.

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Les sept merveilles

Saviez-vous que la seule merveille du monde antique à toujours exister est la pyramide de Khéops?

Connaissez-vous les sept nouvelles merveilles du Monde moderne? Ouais, bon, Monde moderne, faudra repasser. Ce n’est pas parce qu’elles sont plus récentes que les sept merveilles du monde antique qu’elles sont modernes pour autant.

Voici donc les sept nouvelles merveilles du monde moderne.

La grande muraille de Chine

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Le Taj Mahal en Inde

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Le Machu Picchu au Pérou

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Chichén Itzá au Mexique

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Le Colisée de Rome

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 Le Christ rédempteur à Rio de Janeiro

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Pétra en Jordanie.

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Comme je le disais, l’aspect moderne de ces constructions est relatif. On doit aussi savoir qu’entrent dans cette catégorie uniquement des merveilles créées par l’humain et pas des beautés naturelles du paysage. À ce sujet, voir la liste des sites faisant partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ma petite amie a voulu savoir si j’avais voté pour elle afin de la couronner l’une des sept merveilles du Monde. Je lui ai expliqué que n’entrent en considération que des constructions humaines. Elle m’a alors rétorqué qu’elle avait été fabriquée par deux humains.

Je n’ai pas su quoi répondre. Les femmes ont toujours le dernier mot et j’ai couché sur le sofa durant une nuit pour ne pas avoir moussé sa candidature. Tant pis pour elle et pour ses pieds gelés. J’avais raison, elle s’est levée en pleine nuit pour me dire qu’elle me pardonnait. Et vous savez ce qui survient quand une femme dit qu’elle nous pardonne. C’est leur façon de nous demander une gâterie, ou de nous en offir une, ou les deux.

Je vous parlerai de certaines des merveilles modernes dans des articles séparés en omettant volontairement de vous parler de ma plus grande merveille personnelle. Ce serait trop long.

Temps de qualité

Le monde change et le langage par le fait même. Auparavant, on n’utilisait jamais l’expression « se donner du temps de qualité ». Se donner du temps suffisait et par la suite on savait quoi faire. La qualité était intrinsèquement incluse dans le temps qu’on se donnait, parce qu’on avait peu de temps libre. On le planifiait comme une chose précieuse, et justement, il l’était.

On n’a peut-être pas la société de loisirs qu’on prédisait pour tous, mais plusieurs personnes l’ont très certainement et osons imaginer qu’ils sont à l’origine de l’expression « se donner du temps de qualité ».

Bloguer, twitter, de kessé ?

En ce qui concerne le média, j’utilise l’orthographe « blogue » acceptée dans le Grand Robert. Rendre français un terme d’une autre langue avec une orthographe plus proche de l’orthographe des mots français se fait depuis toujours.

Quant au verbe, lorsque j’écris un roman, je ne romance pas,  j’écris. Le verbe existe, mais sa signification est différente. Quand j’écris des poèmes, je ne poétise pas, j’écris. Quand j’écris des essais, je n’essaye pas, j’écris. Quand j’écris dans un journal, je ne journalise pas, j’écris. Quand j’écris des pièces de théâtre, vous aurez compris que je ne piècedethéâtrise pas. Et quand j’écris un article de blogue, j’écris aussi. C’est tellement plus simple. Je publie un article sur mon blogue. Évidemment, avant de le publier, je le compose, je le révise, je le corrige. Ces mots existent et je ne vois aucune utilité à trouver d’autres termes à chaque fois qu’un nouveau média fait son apparition dans nos vies. Un néologisme francisé pour les noms communs définissant le média utilisé, c’est parfait. Mais les verbes d’action, de grâce, retenons nos ardeurs ! Ça reste toujours un travail d’écriture, rien de plus. On peut aussi coder, crypter et encoder si on écrit en morse ou en java ou en TSQL ou en hiéroglyphes. Cependant, on n’a jamais morsé, javanisé, tsqlisé  ou hiéoréglyphisé.

La même confusion s’est produite avec les « alunissages ». Quand on va sur Mars, sur Vénus, sur Phobos ou sur la Lune, on atterrit. On ne marsit pas, on ne vénusit, comme on ne devrait pas plus phobosir. Le verbe alunir et son nom commun alunissage peuvent se comprendre, car c’était la première fois que l’humanité atterrissait sur un autre astre. Mais si on est obligé d’inventer un nouveau verbe et tous ses dérivés et conjugaisons à chaque astre sur lequel on va poser un objet ou nos pieds, on n’a pas fini d’inventer des mots inutiles.

Donc, j’écris toujours dans ou sur quelque chose. Il ne me reste plus qu’à nommer le média. Nouveau média ? Nouveau nom commun, that’s it. Pas nécessaire d’inventer des verbes avec toutes ses conjugaisons et dérivés.

Je ne twit, twite, twitte, tweet, tweete, ou touitte pas. J’écris sur mon fil Twitter. Et puisque Twitter est une marque de commerce, pas un nom commun ni un verbe, aucune traduction n’est nécessaire. On peut aussi gazouiller, faire des gazouillis si on est un gazouilleur. Ces mots existants peuvent parfaitement s’appliquer au fait d’écrire sur un fil Twitter.

Donc, puisque je tiens un blogue, suis-je un blogueur ? Le Grand Robert le reconnait, car  il n’existait aucun équivalent. C’est comme dire que je suis un rocker parce que je joue de la musique rock. Cependant, il n’existe pas des mots pour chaque style musical. Reggaeur, classiqueur, r&beur, souleur, musiquedascenseureur ou jesaispasdansquelcatégorieclasserceluilaeur n’ont jamais existé. Je ne suis donc pas obligé d’inventer une profession à chaque média différent.

Il ne faut pas se tromper, je suis le premier à demander des néologismes en français dans le monde de la technologie, mais pas au détriment des règles de la composition des mots en français. Cependant, on cherche à imiter les anglos qui rendent commun la moindre marque de commerce et de dériver tous les adjectifs et verbes, comme si écrire n’existait plus à partir du moment où on le fait sur son compte Twitter, ou sur la FaceDeBouc ou lorsqu’on envoie un texto.

Alors, calmons nos ardeurs sur les verbes néologiques inutiles et continuons simplement d’écrire puisque c’est exactement ce qu’on fait et qu’il n’existe pas de verbe plus précis qu’« écrire » pour désigner ce qu’on fait quand on « écrit ». Par contre, enrichissons notre vocabulaire en ajoutant des mots français pour désigner les différents médias.

Je termine sur l’horreur suivante, le verbe « googler » pour montrer l’imbécillité de la chose en ce qui concerne les mauvais et inutiles verbes. Je garde pour moi la marque de papier que j’utilise lorsque je vais au petit coin et j’évite surtout d’en faire un verbe. Je continue toujours à me tor…dre en deux quand j’entends « j’ai googlé ».