Astroblème de 600 km de diamètre au Québec

L’astroblème (cratère d’impact) a un diamètre deux fois plus grand que la plus grosse cicatrice météoritique terrestre visible connue à ce jour, soit l’astroblème de Vredefort en Afrique du Sud.

Le diamètre de la météorite géante à l’origine de l’astroblème de 600 km mesurait entre 50 et 70 km. En comparaison, l’astéroïde responsable de la disparition des dinosaures mesurait 10 km de diamètre.

Il nous faut des comparaisons pour bien saisir l’ampleur de l’empreinte laissée par ce caillou spatial démesuré. Le diamètre de son cratère d’impact équivaut à la distance Paris – Toulouse à vol d’oiseau ou à celle de Montréal – New York. Il a causé une cicatrice d’une superficie équivalente à celle de la moitié de la France métropolitaine ou de l’état entier du Nevada aux USA.

L’astroblème est situé au cœur du territoire québécois. Il serait vieux de 2,2 milliards d’années, si vieux que presque toutes les preuves se sont envolées, effacées par l’érosion, raison du scepticisme de la plupart des géologues. Mais voilà le problème, les méthodes utilisées normalement pour confirmer l’existence d’une cicatrice d’origine météoritique ne valent pas cher lorsqu’il est question d’une météorite de cette taille, lorsqu’il faut remonter aussi loin dans le temps sur un territoire aussi érodé que celui du Québec. 2,2 milliards d’années, c’est la moitié de l’âge de la Terre. C’est 33 fois l’âge de l’astroblème de Chicxulub au Mexique, lieu d’atterrissage de la météorite tueuse de dinosaures.

Toutefois, certains signes restent visibles à commencer par la forme de plusieurs lacs, dont le triple arc des lacs Mistassini et Albanel qui décrivent une partie d’un astroblème à anneaux multiples se formant lorsque certaines conditions sont réunies, dont les dimensions exceptionnelles de la météorite en cause. Les monts Otish au Nord et la ville de Québec au Sud délimitent l’astroblème.

Le géologue derrière cette affirmation extraordinaire est Dominique Forget. Il n’en est pas à ses premiers faits d’armes puisqu’il est à l’origine de la découverte des mines d’uranium au Québec. Il n’est pas le seul ni le premier québécois à croire en ce cratère d’impact, mais il fait certainement partie de ceux qui peuvent le prouver hors de tout doute.

Mis à part cet astroblème, le territoire québécois en compte neuf autres officiellement répertoriés. Toutefois, je me suis amusé à étudier la carte du Québec. On peut facilement apercevoir de nombreuses cicatrices circulaires qui pourraient très bien correspondre à d’autres astroblèmes. J’en ai dessiné une bonne douzaine non répertoriés. Nous oublions parfois que la croûte terrestre a été bombardée au moins aussi souvent que celle de la Lune, toutes proportions gardées. Nous n’avons qu’à regarder notre satellite naturel sur Google Moon pour voir comment cette surface est grenelée. Celle de la Terre présenterait au moins autant de cicatrices si le surfaçage permanent dont elle a été victime n’avait pas été à l’œuvre depuis ces temps immémoriaux.

À cause de l’âge exceptionnel et des dimensions importantes du territoire québécois, il est peut-être le seul endroit au monde où l’on pourra encore trouver des traces multiples de la chute de météorites. Mais pour ce faire, les mêmes géologues qui nient tous les astroblèmes terrestres sans nier pour autant ceux existant sur la Lune devraient cesser de se rebuter et commencent plutôt à chercher sérieusement les preuves dont ils ont besoin. Les signes leur parlent et ne mentent pas. Il serait temps qu’ils cessent de prétendre à leur mutisme et usent enfin d’imagination et de sueur au lieu de dénégation et de paresse.

Papillon terroriste

Si vous n’avez pas lu l’article d’hier, il vous manquera une partie importante, quoique pas essentielle, pour bien comprendre celui-ci. Hier, je badinais, mais aujourd’hui je suis sérieux.

Passons maintenant directement au cœur du sujet qui est ce qu’on appelle « l’effet papillon ». Vous connaissez ? Vous en avez entendu parler quelques fois ? Vous ignorez de quoi il s’agit ? Vous le savez et vous aimez ? Non, vous pensez aimer l’effet papillon, mais c’est faux. Vous le détestez, mais vous l’ignorez. Je m’explique.

Nous étions autrefois totalement incapables d’utiliser la loi de Newton pour expliquer certains phénomènes communs, mais étranges comme les vortex, la turbidité, l’écoulement des fluides et plusieurs autres phénomènes bien réels, mais chaotiques, imprévisibles. Le problème était que certains phénomènes physiques étaient hypersensibles aux conditions initiales, ce qui nous empêchait de les prévoir, donc de calculer des éventualités.

Une façon simple de comprendre ce que sont les conditions initiales hypersensibles, c’est avec les bandes sur une table de billard. Étant bien droite, la bande nous aide à faire des rebonds et ainsi à empocher des boules qu’un tir direct nous empêcherait d’obtenir. Ce n’est pas facile, mais on peut améliorer nos prédictions sur la trajectoire de la boule avec beaucoup de pratique.

Imaginez maintenant que votre bande est pliée et forme une concavité. Dans certaines conditions, votre boule de billard reviendra presque toujours sur le bout de votre baguette. Il est alors bien plus facile de prévoir le comportement de la boule qui ne cesse de revenir presque à la même place. La prédiction de la trajectoire de la boule devient beaucoup plus précise.

Maintenant, inversons le sens de la courbure de la bande pour la rendre convexe. Là, c’est exactement le contraire qui se produit. Avec des trajectoires initiales presque pareilles, la boule ne cesse d’aller n’importe où. Nous sommes rendus incapables de prévoir la trajectoire précise de la boule après le rebond sur la bande convexe. Notre système est rendu trop sensible aux conditions initiales pour oser prédire avec précision sa trajectoire.

Autrefois, les prévisions météo professionnelles étaient faites empiriquement, en se servant uniquement de l’historique. Mêmes conditions initiales, même résultat attendu. Le problème est vite apparu, ces prévisions étaient bien plus souvent erronées que justes. Pourquoi ? Parce que les systèmes météorologiques réagissent comme notre bande convexe, mais en bien pire. Les paramètres suivent des courbes exponentielles. De petits changements initiaux occasionnent de très gros changements finaux, mais aussi, le nombre de ces paramètres à tenir en compte est ahurissant. C’est pourquoi les systèmes météo, comme bien d’autres d’ailleurs, sont qualifiés « d’instables », de « chaotiques ». Mais ces chaos ne sont pas incompréhensibles et de nombreux spécialistes s’attaquèrent aux systèmes instables, dont le météorologue Edward Lorenz.

Et c’est là que pour donner une « image » des grandes instabilités, Lorenz posa une question sur la forme d’une métaphore lors d’une conférence qu’il donnait en 1972 que je qualifierais de regrettable et dont la réponse, en admettant qu’il faille y répondre sérieusement, aurait évidemment été « non ».

Sa métaphore est : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ».

Ce n’est pas tant la métaphore qui est idiote puisque c’est une métaphore, ni Lorenz lui-même, l’auteur de cette métaphore, ni même le commun des mortels, mais bien la panoplie de scientifiques qui ont commencé à répandre cette question comme si c’était une affirmation scientifique véridique, reconnue et avérée et qui l’utilisaient de la sorte à toutes les sauces, en étant probablement incapables de comprendre que ce n’était qu’une métaphore.

Jamais un papillon en battant des ailes n’a engendré la moindre tempête sur la planète. Pas plus qu’un oiseau (un Corbot, peut-être), ni même un avion. Pourquoi ? C’est bien simple. Si ça avait été le cas, avec le calcul des probabilités, nous vivrions dans une tornade permanente et à l’évidence, vous le constatez, ce n’est pas le cas.

Alors j’exhorte tous les scientifiques et aussi ceux qui croient l’être devenus pour avoir réussi un jour à passer des examens, mais qui n’ont pas la moindre parcelle de jugeote, je les exhorte tous, non seulement à cesser d’affirmer la métaphore du papillon, mais également à expliquer à ceux qui, par leur faute, ont cru que c’était possible, de donner la vraie et la seule réponse possible à la question de Lorenz : non. Il n’est pas possible que le battement d’ailes d’un papillon au Brésil puisse provoquer une tornade au Texas ni dans aucun autre état d’ailleurs. Trouvez des exemples plus probants et véridiques comme mes bandes de tables de billard pour expliquer ce qu’est l’instabilité et l’hypersensibilité aux conditions initiales.

Ce n’est pas seulement par les statistiques qu’on prouve que la métaphore du papillon est inexacte. La science de la météorologie s’est énormément améliorée depuis 1972 et nos connaissances sur le chaos, les systèmes chaotiques, se sont grandement raffinées. Toutefois, nul besoin de ces connaissances modernes pour prouver que la réponse à la question de Lorenz est non. La friction des molécules d’air entre elles empêche d’avoir un effet amplificateur, exponentiel, à boucle de rétroaction positive. Rien ne peut résulter d’un tel mouvement d’air dont l’énergie est immédiatement atténuée et dispersée. Des causes des trillions de fois plus intenses que le battement d’ailes d’un papillon ne parviennent même pas à créer des tornades. Alors peut-on changer de métaphore et laisser les papillons voler en paix ou va-t-il falloir les ficher comme terroristes pour avoir fabriqué des armes de destruction massive ?

Le débat est clos. La cause a été entendue et jugée. Maintenant, passons à autre chose et parlons du chaos correctement en utilisant enfin des exemples adéquats. Laissez donc les papillons en paix. Ou laissez-les seulement causer une tornade dans votre estomac quand vous rencontrerez l’amour de votre vie ! Vous posséderez un contre-argument valable à me présenter pour prouver que l’effet papillon… dans l’estomac c’est possible en fin de compte.

Un si détestable papillon !

Oui, je sais, nous ne sommes pas dans la saison des papillons. Vous ne m’apprenez rien, je suis sorti dehors pas plus tard qu’aujourd’hui et la pluie verglaçante, les bancs de neige et le bal des déneigeuses me l’ont clairement montré. Alors pourquoi un papillon me ferait-il rager en plein cœur de l’hiver ? C’est que je parle d’un foutu papillon coriace, une teigne indécrottable, un papillon de calibre himalayen. Vous le voyez ? Non ? Attendez un peu et vous comprendrez tout.

Ouais, je vois votre petit sourire en coin, votre œil condescendant et votre main me tapotant le dos en me disant que tout ira mieux demain tout en sachant pertinemment que demain, rien n’aura changé. LeCorbot fait de la fièvre à l’année, il pète des bulles que lui seul voit, il saute une coche ou des coches sans préalablement préparer convenablement ses lecteurs ahuris.

Bon, j’avoue, être LeCorbot à longueur d’année, ça joue sur les nerfs, les vôtres, mais surtout les miens. Je suis quand même assis dans la première rangée, je vous le signale et s’il réussit à m’énerver, je vous imagine stressés et je vous plains. Mais vous ne connaissez pas ce putain de papillon, sinon vous seriez vous aussi en train de mordre les sangles de la chemise blanche à très longues manches qu’on vient de me passer ! Comment fais-je pour écrire ? J’ai du nez, ça aide, il ne faut pas se presser. Et puisqu’on vient tout juste de me signifier que je passerai un méchant bout de temps en dedans, j’ai tout mon temps.

Je pousse des jurons que très rarement, mais là, franchement, je n’en peux plus. Le prochain qui me parle de cet enfoiré de papillon, je lui ferai subir les affres de mes incantations vaudou, version 2.0. Oui, je viens de les améliorer en égorgeant, en étripant, en écartelant et en faisant brûler la fameuse marmotte censée prédire sous peu l’arrivée du printemps. Oui, oui, j’avoue, certains animaux me tournent en bourrique. Hé ! Bourrique, c’est un âne, alors le compte est maintenant rendu à 3. Un papillon, une marmotte et maintenant un âne. Ne manque plus qu’un poisson pour compléter ma collection des animaux peuplant tous les écosystèmes de mon intolérance.

Mais avant, juste avant de me considérer irrémédiablement cinglé pour oser m’en prendre à une créature aussi inoffensive que le gentil papillon gnan ! gnan !, donnez-moi la chance de prouver mon point et vous direz comme moi, quoique j’en doute, vade retro papilio satana.

Bon, voilà que mon nez coule à cause de la grippe. Il m’est impossible pour l’instant de vous écrire sans faire risquer la noyade à mon clavier. Vous devrez attendre demain pour enfin savoir pourquoi cette infernale bestiole me rend aussi fou. Non, c’est vrai, j’étais fou bien avant de la rencontrer, mais elle n’a absolument rien arrangé. Demain, je vous le promets, vous saurez pourquoi ce papillon me tape autant sur le système.

Ne soyez pas triste de cette attente forcée. Dites-vous au contraire que vous aurez vécu un jour de plus dans votre vie sans avoir connu ce détestable fléau qui vous poursuivra par la suite, sans relâche, pour le reste de votre existence soudainement devenue misérable, pour ne pas dire minable, pour les siècles à venir.

Demain, je vous promets de me forcer à ne pas donner des noms d’oiseaux au vilain papillon et à passer directement au propos principal. Tiens, ça me fait penser, je vais déposer une plainte à l’Académie de la langue française pour qu’on cesse d’associer les noms d’oiseaux à des jurons pour les remplacer par des noms de papillons, bien plus signifiants à mon avis. Entre ces deux espèces volantes, vous verrez, une vilenie sans aucune commune mesure émane du papillon.

Il faut bien que je défende ma propre espèce ! Sinon, qui le fera ? Certainement pas le papillon ! Avec toutes mes insultes, sa complicité avec ceux-là mêmes qui m’ont enfilé une camisole au style très peu tendance est fortement suspecte.

Je vous laisse, je dois me moucher… mais comment vais-je bien m’y prendre ?

Photo : planete.qc.ca

Séisme majeur au Honduras

Mon appli SEISME m’indique une magnitude de 7,8 au Honduras. Ça frise le méga tremblement de terre. Je reçois ensuite une alerte au tsunami !

Ce n’est pas du côté de l’océan pacifique comme je l’imaginais d’emblée, mais du côté de la mer des Caraïbes. C’est pire. Bien pire. La mer et la plaque continentale du côté est de l’Amérique, qu’on appelait Centrale auparavant, ne sont pas du tout comparables à celles du côté de l’océan Pacifique. Il est 22 h 23 et je prie que l’alerte au tsunami ait été entendue.

Ce n’est pas en plein jour, mais bien des gens dorment en ce moment. Fuyez en hauteur ! Vite ! Je crains tellement les nouvelles à tomber bientôt sur les fils de presse !

Jean-Marc Vallée et les Golden Globes

Un autre talent hors du commun du cinéma québécois.

Le réalisateur Jean-Marc Vallée a réussi à faire décrocher quatre prix au Golden Globe pour sa réalisation de la série Big Little Lies dont celui de la meilleure série télévisée.

Au Québec, notre langue nous oblige à faire notre propre cinéma et nos séries télévisées qu’on nomme ici « téléromans ». Cependant, la très faible audience ne permet aucun gros budget de production. En conséquence, il faut faire mieux avec rien. Jean-Marc Vallée est de cette école, ce qui permet de se démarquer à Hollywood en réussissant à boucler le budget des productions. L’autre aspect intéressant des réalisateurs québécois est leur talent de monteur. Nos réalisateurs sont tous des monteurs et ainsi, presque chaque réalisation est un director’s cut. Sachant combien important est le montage pour générer le rythme de l’œuvre, le résultat final se trouve empreint de leur talent en la matière et le résultat final devient homogène.

Félicitations à tous les gagnants de cette série télévisée, Nicole Kidman, Laura Dern et Alexander Skasgard, respectivement lauréats de la meilleure actrice, de la meilleure actrice de soutien et du meilleur acteur de soutien.

Et si vous n’avez pas vu le film « Dallas Buyers Club » mettant en vedette Matthew McConaughey, Jared Leto et Jennifer Garner, ne ratez surtout pas ce plaisir. Les acteurs et actrices sont plus qu’étonnants, ils sont méconnaissables dans ce drame qui colle de manière permanente à nos neurones.

Photo: Radio-Canada.ca

Ludisme dominical

Composer des devinettes est un exercice probablement plus difficile à réaliser que de les résoudre. Je ne suis pas un artiste en la matière, mais parfois cela m’amuse lorsqu’une circonstance me donne un point de départ. Ce fut le cas avec les deux premiers indices. J’ai essayé de mettre les groupes d’indices en ordre décroissant de difficulté. J’accepterai les commentaires qui ne dévoilent pas les réponses.

Mon premier est un mot de six lettres, dont cinq voyelles
Mon second est un mot de six Lettes, dont cinq consonnes

Ce n’est pas une bonne idée de donner le second au premier

Le second est parfois très collant
Il est difficile de s’approcher du premier

Le premier nous réveille, surtout quand il y en a beaucoup
Le second nous endort, surtout quand on en prend beaucoup

On aime le second pour ses goûts variés malgré des couleurs plutôt semblables
On aime le premier pour ses couleurs variées malgré des goûts plutôt semblables

Le second est un mot anglais accepté en français
Le premier est un mot français imprononçable pour des anglophones

Avez-vous trouvé de quoi je parle ?

Jeu de pouvoir

Aujourd’hui, j’aimerais proposer un sujet de réflexion dans une forme différente. On pourrait en dire long sur ce sujet, mais j’ai préféré le faire sous la forme d’un simple quatrain. Le texte est extrait d’une discussion tenue entre deux de mes personnages. Il a ensuite et adapté puis mis en forme pour les besoins présents. Parfois, en dire moins permet d’en dire plus puisque le silence permet au lecteur d’y faire correspondre ses propres expériences. Voici donc le quatrain.

On me traite de paranoïaque
Cette insulte ne m’est pas destinée
Elle s’adresse à ceux qui pourraient me croire
Car mes dénigreurs se savent maintenant démasqués

Image : we-heart.com

Deux Congolais à Montréal

Par un temps semblable à aujourd’hui, voilà bien des années, je recevais deux étudiants provenant du Congo pour un stage de perfectionnement. Ils devaient apprendre à réparer et entretenir des équipements radio qui servaient dans les différents services à travers le pays. J’avais été embauché par Canadian Marconi Company pour leur dispenser la formation appropriée. La compagnie leur avait loué un logement pas très loin d’où ils suivaient leurs cours.

Le premier matin de formation, ils n’arrivaient pas et je me demandais bien où ils étaient passés. J’appelle à leur appartement, l’un d’eux me répond. Je m’enquiers de la raison pour laquelle ils sèchent leur cours. Durant la nuit, il avait neigé moins d’un centimètre de neige, une trace tout au plus. Lorsqu’ils ont mis le nez dehors, ils sont tombés sur le derrière en mettant le pied sur le balcon. Convaincus que la météo était trop dangereuse pour sortir, ils ont cru que les cours n’auraient pas lieu. J’ai été les chercher en auto en leur donnant quelques trucs pour marcher sur la neige sans tomber.

La deuxième semaine, le mercure est fortement tombé et ce fut le froid qui les a retenus à l’intérieur. C’était la première fois de leur vie qu’ils ressentaient des températures sous le zéro et là ils devaient se taper du -25 °C. L’horreur se lisait sur leur visage.

Durant les deux week-ends où ils étaient à Montréal, je les ai amenés à différents endroits. Nous étions dans les Laurentides après une semaine où il avait passablement neigé. Les bancs de neige faisaient bien trois mètres de haut, nous marchions dans le chemin. Ils étaient ébahis par la quantité de neige, eux qui n’en avaient jamais vu avant d’arriver au Québec.

Les souffleuses à neige la rendent compacte et il est normalement possible de ne pas trop enfoncer lorsqu’on marche sur un banc de neige fait de neige soufflée. Il me prend donc l’idée de monter sur l’un d’eux et de marcher en suivant un chemin parallèle. Pour les deux Congolais, je n’étais pas moins qu’un magicien de pouvoir marcher ainsi grimpé sur une montagne de neige. Soudain, j’arrive à un endroit où la neige est molle et je renfonce jusqu’à la taille. Mes deux étudiants, épouvantés, se sauvent en courant, certains que je mourrai dans les prochaines secondes et ils ne voulaient pas être témoins de ma disparition. Ou ils voulaient éviter de répondre aux policiers qui les auraient certainement accusés de mon meurtre. Lorsqu’ils se sont retournés vers moi, question de jeter un dernier regard à leur professeur disparu corps et biens sous la neige, je n’ai pas pu résister encore quelques secondes à l’idée de les laisser à leur frousse. Finalement, je les ai rassurés et lorsqu’ils ont été totalement convaincus que j’étais sain et sauf, ils sont revenus sur leurs pas.

On ne sait jamais comment les étrangers vont réagir à un événement anodin pour nous. Jouer dans la neige est tellement ancré dans nos habitudes qu’on ne peut pas concevoir une réaction de panique au simple fait de voir quelqu’un renfoncer jusqu’à la taille. Voilà la beauté des échanges interculturels. De leur côté, ils ont probablement gardé un souvenir inoubliable de leur voyage à Montréal au mois de février. Le froid, la neige, le verglas, les bancs de neige plus hauts que les hommes et le professeur qui savait marcher sur le grand péril blanc sans périr.

Photo : quebecurbain.qc.ca

Des vœux et des prédictions

Tout d’abord, mes vœux pour 2018. Je souhaite au monde entier une prise en main sans équivoque de solutions concrètes permettant d’amoindrir les bouleversements climatiques. C’est mon vœu, car on a bien le droit de rêver. Ce n’est pas une prédiction, car je crois son avènement impossible.

Bon. Qu’est-il advenu de mes prédictions de 2017 ? Ce sera mon bilan de fin d’année.

J’avais prédit que le club de hockey Les Canadiens ferait des séries courtes et c’est exactement ce qui s’est produit avec son élimination dès le premier tour des séries éliminatoires. Bravo, Mathis, tu reçois 100 % pour celle-ci. Le hockey au Québec, c’est pire qu’une religion. Qu’on le veuille ou non, il façonne le Québec comme aucun autre sujet d’intérêt. Pour ma part, je m’en contrefiche, mais ignorer notre club de hockey, c’est pire que contracter la lèpre. Alors, faire une prédiction sur ce sujet très sensible m’immunise contre le bannissement social et probablement même contre l’exil. Heureusement, la peine de mort a été abolie. Quand je vous dis qu’au Québec on ne niaise pas avec le hockey, c’est un euphémisme. Vous retrouverez donc ma prédiction pour 2018 un peu plus loin dans le texte.

J’avais aussi prédit la confirmation de l’existence de vie extraterrestre et à ce chapitre, j’ai presque eu raison lorsque le Pentagone a rendu publique en fin d’année la vidéo d’un ovni poursuivi par un avion de chasse. De plus, le pilote de cet avion a ensuite été interviewé, confirmant que cette vidéo était authentique. L’objet ne possédait ni ailes ni moteur apparent et pourtant, il se maintenait parfaitement dans les airs et a ensuite disparu à une vitesse bien au-delà de celles atteintes par des aéronefs de conception humaine.

On a également eu droit à la visite d’un objet allongé très étrange nommé `Oumuamua qui a frôlé la Terre et qui provenait de l’extérieur de notre système solaire. Ne ressemblant en rien à un astéroïde, une nature potentiellement artificielle a été évoquée par de nombreux scientifiques.

À cause de ces deux événements jamais survenus auparavant, je me donne la note de 50 % pour cette prédiction presque réalisée.

J’avais prédit que Trump se ferait démettre de ses fonctions, démissionnerait ou serait mis hors d’état de nuire s’il parvenait à se faire élire. Sur ce thème, j’obtiens 0 %, mais je reprends cette prédiction pour cette année. Oui, c’est ainsi que procèdent les grands prophètes. À force de toujours reprendre les mêmes prédictions d’année en année, elles finissent bien souvent par se réaliser. Ce n’est qu’une question de patience. De toute façon, les grands prophètes ont tous le même don, celui de faire oublier leurs prédictions non réalisées, mais de faire tout un chahut avec celles qui ont fini par s’avérer. Désirant moi aussi devenir un grand prophète, je leur pique leurs meilleurs trucs.

Et nous voilà en 2018. Je vais immédiatement me débarrasser de ma prédiction concernant le club de hockey Les Canadiens. Cette année, le club ne se rendra même pas en séries éliminatoires. Bon, c’est fini, on n’en reparle plus. Et surtout, ne me crucifiez pas comme le fut un autre grand prophète né en l’an 1 qui avait prédit qu’un messie viendrait nous sauver. Il jouait avec des dés pipés puisque c’était lui, apparemment, le fameux messie en question. Il y a des maudites limites à me considérer comme un vrai prophète ! Je n’y peux rien si l’équipe est pourrie, gangrenée, composée de tire-au-flanc et d’une équipe de repêchage incapable de faire la différence entre un joueur de hockey et une truite. Prédire une coupe Stanley à cette équipe, c’est comme prédire que le Soleil se lèvera à l’ouest pour se coucher à l’est. En tant que prophète, je ne peux pas dépasser ce niveau d’absurdité juste pour mousser ma popularité.

Oui, je sais, ma position est ambiguë. Est-ce que je veux ou pas devenir un vrai prophète ? Je dirais que je veux même devenir un très grand prophète, mais avec une tête toujours vissée sur ses épaules. Vous voyez le genre ? Faire beaucoup de fric de mon vivant et vivre suffisamment vieux pour tout le dépenser avec des filles sexy. Quoi ? C’est le vœu de tous les prophètes. Vous les preniez pour qui ? Des angelots ? Des saints ? Pfff ! À quoi ça sert d’être prophète sinon à convaincre les femmes d’acquiescer à mes avances en les convainquant qu’un prophète connait mieux leurs intentions qu’elles même ?

Pour les autres prédictions, je reprends intégralement les deux de l’an passé. Trump qui ne finit pas son premier mandat et la confirmation de vie extraterrestre sous n’importe quelle forme, soit bactérienne, primitive, évoluée ou carrément beaucoup plus évoluée que l’humain.

Et enfin une toute dernière prédiction inédite. Je prédis un cataclysme majeur durant l’année 2018. Un tremblement de terre hors du commun ou la colère phénoménale d’un volcan ou un tsunami dévastateur ou un mélange de tout cela. Le dérèglement climatique possède des effets insoupçonnés et inattendus – pas pour tout le monde, certains scientifiques les avaient prévus – sur les volcans et le relâchement des tensions des croûtes continentales.

J’en ai déjà parlé, le super volcan souterrain du parc de Yellowstone risque à tout moment de se fâcher. Ce serait un cataclysme planétaire comme l’homme n’en a jamais connu. Mais il existe beaucoup d’autres volcans qui pourraient être amenés à déclencher un hiver pouvant durer plusieurs années.

Quant au tsunami, il pourrait émaner d’un séisme majeur comme cela s’est produit en 2004, mais également d’un décrochement et d’un glissement soudain d’une montagne qui s’échouerait dans l’océan. À ce sujet, le volcan Cumbre Vieja à La Palma menace de générer un tsunami de 500 mètres de hauteur qui ravagerait la totalité de la côte est des deux Amériques si jamais la montagne qui l’héberge venait à se rompre et à glisser dans l’océan Atlantique. Et de fait, la montagne montre une fissure démentielle qui grandit sans cesse. Un jour, cette montagne finira par se scinder, c’est certain. Seuls la date et le nombre de victimes restent à être écrits dans le grand livre des cataclysmes les plus meurtriers.

Je rajoute aux catastrophes la chute d’une météorite. Même si on répertorie la plupart des menaces potentielles depuis quelques années, certains bolides spatiaux ayant touché terre nous sont déjà passés sous le nez. Ça pourrait très bien se reproduire avec un objet ayant déjà été détecté ou pas. Quatre facteurs rentrent en ligne de compte pour qualifier l’importance de la chute d’une météorite. Sa masse, sa vitesse, son angle d’attaque, ainsi que l’endroit où il touche terre.

Ce ne sont là que quelques exemples et j’ai même failli omettre le duel de cons entre les dirigeants de la Corée du Nord et des USA. Ma prédiction n’est pas rattachée à eux seuls, mais à tout autre cataclysme d’envergure rarement atteinte. Il ne faut pas toujours rattacher un nombre de victimes ou le coût engendré par une catastrophe à son importance. Un séisme de magnitude 9,5 ne s’est produit qu’une seule fois de mémoire d’homme. Aucun n’a atteint une plus grande magnitude.

Et voilà les prédictions du Corbot pour cette année 2018. Portez-vous bien, mais ne prenez pas de risque, inscrivez immédiatement mon nom dans votre testament comme héritier de vos biens. On ignore quand le destin nous frappera. Sauf mon grand-oncle qui savait exactement quand il partirait, à la minute précise, même. Le juge le lui avait dit.

Expressions québécoises – 5

Pour mon dernier article de l’année, un sujet bien de saison et particulièrement pertinent en ce moment où un froid intense touche Montréal depuis plusieurs jours.

À l’heure où j’écris ces phrases, il fait -23 °C et une sensation de -30 °C sur la peau. À cette température, la neige au sol crisse sous les pas. Les narines se bloquent. L’air donne une sensation de brûlure aux voies respiratoires. Les joues rosissent avant de picoter, premier signe d’une éventuelle engelure.

Nous sommes sous l’influence d’un intense vortex polaire (voir photo) créant une immense poche de froid qui descend très au sud. Le cher président américain en profite pour se moquer du réchauffement climatique, oubliant les feux intenses qu’a une fois de plus connus la Californie.

L’expression est : « Fa frette » ou « Fa frette en ta… »

Malgré deux termes musicaux, la note fa et la frette d’un instrument à cordes, l’expression n’a rien à voir avec ce champ d’activité.

La signification est : « Il fait très froid », « On se les gèle », « Il fait froid en [rajouter votre juron préféré] ».

Le « fa » est le verbe « fait ». J’ignore totalement pourquoi le mot froid s’est transformé en « frette » lorsqu’il fait très froid, mais on obtient ainsi une échelle de froid commençant par « frais », puis « froid » et enfin « frette ».

Pour le « ta… », c’est la première syllabe d’un juron québécois tiré (comme toujours) des mots d’Église, en l’occurrence le célèbre « tabarnak » (tabernacle). Ce juron nous a même valu le surnom de « los Tabarnacos » au Mexique, à Cuba et en République dominicaine, les pays hispanophones d’Amérique où l’on va se détendre durant les mois où il fa frette en ta…

À mes lectrices et lecteurs, je vous souhaite une très joyeuse fin d’année 2017. Surtout, soyez prudents sur les routes et dans le lit avec votre nouvelle conquête.