La menace du Cumbre Vieja

Choisir un vendredi 13 pour aborder une éventuelle catastrophe, je trouve ça de bon ton. Ouais, je parle de catastrophes beaucoup d’autres jours que des vendredis 13, direz-vous, et vous avez raison. Toutefois, je ne pouvais pas rater cette journée-ci.

Le possible cataclysme dont il est question sera engendré par le volcan Cumbre Vieja. Il a fait la manchette en 2000 lorsqu’une équipe de la BBC a lancé un pavé dans la mare en lui prédisant un funeste destin. Faisant suite à ce reportage, la délégation composée de journalistes et de scientifiques a reçu tous les noms d’oiseaux connus, mais aujourd’hui personne ne sait exactement si leurs prédictions étaient complètement démesurées et irresponsables ou si la vérité se montrera aussi abominable qu’ils l’ont prétendu. Toutefois, la menace est bien réelle et seuls son ampleur et le moment de sa venue sont sujets d’interrogations.

Cumbre Vieja

Le petit cercle rouge tout à l’Est de l’océan Atlantiqe est l’ile de La Palma

 

Le Cumbre Vieja, Vieux Sommet en français, culminant à 1949 m, est un volcan rouge actif formant la partie sud de l’ile de La Palma aux iles Canaries en plein océan Atlantique au large du Maroc. Sur les photos et les cartes, on voit une immense caldeira au nord de l’ile de La Palma, mais celle-ci n’est que l’ancien stratovolcan effondré nommé Caldeira de Taburiente culminant à 2426 m. Le Cumbre Vieja situé plus au sud se trouve à être moins élevé, mais combien plus dangereux!

Lorsqu’on parle de la dangerosité d’un volcan, généralement on suppose une éruption cataclysmique, mais ce volcan espagnol réserve une surprise bien différente. Les pressions magmatiques internes font fissurer cette montagne, laissant présager qu’une grande partie déboulera dans la mer. Par la reconnaissance des crevasses qui apparaissent en surface, on calcule approximativement la quantité de roche qui se détachera et qui dévalera dans les eaux de l’océan Atlantique. Ce faisant, une vague de fond s’élèvera et se propagera en direction des côtes des Amériques. Arrivée à destination, un tsunami d’une ampleur sans précédent historique détruira tout sur son passage en réduisant à néant cette section du monde lorsqu’il s’enfoncera très loin à l’intérieur des terres.

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La vague couvrira un éventail impressionnant de territoires, dévastant plusieurs pays en commençant par toutes les iles antillaises, dont les Antilles françaises, les Bahamas, Cuba, Porto Rico, la République dominicaine et Haïti. Les É.U.A., le Vénézuéla, le Canada, les Bermudes, Le Groenland, le Brésil, la Guyane française, le Suriname, le Guyana et même l’Islande verront une partie de leurs terres inondées. New York ne s’en remettra peut-être jamais tellement la dévastation risque de causer des dégâts irréparables à toutes les infrastructures et à tous les bâtiments. Ce dévalement survenant à la section ouest de la montagne n’épargnera toutefois pas entièrement les côtes est de l’Afrique, dont la Mauritanie et le Sénégal. On comptera ses morts par centaines de milliers, sinon par millions.

Il existe de forts doutes sur l’ampleur possible de cette vague gigantesque, car tout dépend de la quantité de roches totale ainsi que de la vitesse du glissement de terrain. Le tsunami prendra alors des proportions moindres ou monstrueuses et tout se joue sur ces informations d’importance ultime.

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À la suite du reportage-choc de la BBC, des simulations en laboratoire tendent à prouver que le résultat risque d’être bien moins spectaculaire que ceux présentés par l’équipe anglaise. Cependant, ces tests ne peuvent considérer tous les facteurs réels et je soupçonne les chercheurs chargés de veiller aux alertes dans l’Atlantique Nord et qui ont été pris de court par cette diffusion de se venger en dénigrant un tantinet, c’est un euphémisme, leurs collègues britanniques.

Le Cumbre Vieja s’effondrera, sur ce point, peu de doutes, son héritage reste toutefois à connaitre. Les prophètes de malheur ayant prédit une hyper catastrophe, en tant qu’oiseau de malheur, je les aime bien. Ils sont piétinés sans vergogne jusqu’à ce que la réalité leur donne souvent raison. Quant à ceux qui se sont essuyé les pieds dessus, ils rejoindront la grande fosse des fielleux oubliés.

Ilopango

Dans l’article d’hier, j’abordais la chute des empires causée par leurs promesses et précipitée bien souvent par des catastrophes naturelles. Aujourd’hui, je vais parler de l’une d’elles causée par l’Ilopango.

Voici la photo du volcan Ilopango, un destructeur d’empire régional. Mais ne vous y méprenez pas, le monstre n’est probablement pas celui que vous pensez. Ce magnifique stratovolcan (cône) n’est pas l’Ilopango, regardez plutôt ce lac en avant-plan, voilà l’Ilopango.

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Sur cette carte, vous pouvez comparer la taille du cratère du volcan San Vicente (cercle rouge) avec la caldeira de l’Ilopango qui correspond à la totalité du lac pour vous donner la mesure du monstre souterrain.

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D’une dimension de 8 par 11 kilomètres, la bouche de l’Ilopango se situe à la limite est de la ville de San Salvador, la capitale de la République du Salvador, le plus petit pays d’Amérique centrale.

Cette caldeira, surnommée El Megavolcán de la Muerte par ses habitants, résulte de quatre éruptions de type plinien (vésuvien) survenues au cours des 12000 dernières années. La plus récente de ces explosions cataclysmiques s’est produite aux environs de la moitié du cinquième siècle de notre ère (an 450).

Cette éruption s’avère bien plus importante que celle du Krakatoa de 1883 et probablement comparable à celle du Tambora de 1815 avec une cote estimée à VEI 6-7. Il expulsa pas moins de 70 kmde téphrites, des cendres volcaniques brûlantes, ce qui correspond à un tapis de 50 cm sur un rayon d’une centaine de kilomètres autour de lui.

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Bien sûr, cette éruption engendra des impacts locaux très sévères, dont la disparition de la culture maya de l’époque, en forçant l’évacuation des rescapés de ces hautes terres vers les basses terres des pays modernes du Guatemala et du Belize. Le contrôle du réseau commercial fut déplacé vers la ville de Tikal au Guatemala actuel.

Cela prit des siècles avant que cette vaste zone puisse récupérer de ce désastre. Toutefois, la fertilité accrue des sols ramena ensuite les habitants à se concentrer de nouveau autour de lui.

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Cette éruption créa un impact majeur sur le climat global avec pour conséquences la chute importante des températures et des récoltes fragilisées et appauvries.

Les conséquences de la dernière éruption majeure de l’Ilopango ne sont pas responsables à elles seules de la fin des empires romains et byzantins de cette époque, mais elles ont contribué à affaiblir leurs structures économiques et leur influence.

L’ile de la Réunion, point chaud

Rassurez-vous, lorsque je parle de point chaud à l’ile de la Réunion, il n’est pas question d’une situation politique explosive ou qu’il y fait froid.

Cette ile est le siège du piton de la Fournaise, un volcan dit de point chaud. Ce type de volcanisme est particulier puisqu’il agit comme une sorte de chalumeau à partir du manteau terrestre. Il a transpercé la croûte terrestre et déverse sa lave en effusions lentes, mais relativement régulières.

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Ce volcan est du même type que le fameux Kilauea à Hawaï et l’un des plus actifs de la planète. Il aurait formé les trapps du Deccan que je décrivais dans un récent article. On le croyait âgé d’environ 66 millions d’années justement à cause de la formation des trapps indiens. En fait, il serait beaucoup plus vieux. De récentes études suggèrent que sa formation remonte aux premiers âges de la Terre, à l’Hadéen, éon commençant aux origines de notre planète voilà 4,6 milliards d’années.

Ce panache de magma primitif ne se serait jamais mélangé au reste du manteau terrestre et perdurerait depuis tout ce temps, faisant de la lave s’écoulant en surface un témoin extraordinaire de la matière originelle de notre bonne vieille Terre.

Trapps du Deccan ou météorite de Chicxulub ?

Lequel de ces deux événements a éliminé 75 % des espèces terrestres, dont les gentils dinosaures, voilà 66 millions d’années? Est-ce la fameuse météorite de Chicxulub tombée au Yucatan au Mexique ou le supervolcan ayant généré ce qu’on nomme les trapps du Deccan en Indes?

Le combat a fait rage, fait rage et fera encore rage. Comme quoi, lorsqu’on attrape la rage, elle ne nous quitte plus. (Donc, c’est peut-être la rage que j’ai moi-même contractée!)

Les deux événements sont contemporains et avérés. Pour les trapps, ce n’est pas bien difficile à confirmer. Comme le montre la carte, le volcan a noyé 500000 km2 de l’Inde sous 2,4 km d’épaisseur de lave! On estime que le volcan a été actif durant au moins 30000 ans, mais aurait pu l’être jusqu’à 1 million d’années. L’âge exact de ces éruptions est mal défini, il se situerait aux environs de 60 millions à 68 millions d’années.

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Ce volcan ressemblait au Kilauea qui fait actuellement rage à Hawaï, mais en proportions incommensurablement plus importantes. Ce sont les émissions de gaz liées à ce volcanisme qui ont été dangereuses pour la faune et la flore mondiale de l’époque, pas la lave, sauf localement, évidemment. À cette époque, l’Inde se promenait bien loin de son lieu actuel et n’avait pas encore embouti le continent asiatique. Sa position devait correspondre à celle de l’ile de La Réunion.

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Trapps du Deccan aujourd’hui érodés

Quant à la météorite de Chicxulub, il en a été question un nombre impressionnant de fois, je n’en reparlerai pas en long et en large, à part pour dire que l’impact qu’elle a eu sur l’environnement est attesté. L’âge de la chute de la météorite de Chicxulub est connu avec une précision de plus en plus grande. S’il a longtemps été estimé à 65 millions d’années, aujourd’hui on parle plutôt de 66 millions d’années. Cette époque se situe donc dans la fourchette estimée antérieurement pour l’âge du volcan.

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Formation des cenotes par la météorite de Chicxulub

Voici mon opinion sur le sujet. Je pense que la météorite a occasionné la disparition des dinosaures non aviaires et autres espèces vivantes pour deux raisons. Premièrement en créant un hiver qui aurait duré plusieurs années, éliminant la végétation dont se nourrissaient les grands herbivores du Crétacé. Mais la chute de ce monstre aurait engendré l’ouverture du volcan indien qui aurait eu, lui aussi, son effet dans l’histoire des extinctions.

On oublie souvent que la Terre est une cloche. Lorsqu’un séisme survient, toute la cloche tinte, vibre, se déforme. Les mers de la Lune sont des épanchements importants de basalte qui auraient peut-être été causés par les météorites tombant sur sa face cachée.

Voilà comment un seul événement en aurait créé un deuxième qui, ensemble, auraient engendré la grande extinction Crétacé-Tertiaire (K-T). Je tiens ce raisonnement depuis plus de vingt ans. Évidemment, je ne suis pas outillé pour le prouver par des analyses, mais certains l’ont fait et en «octobre 2015, une datation encore plus précise des coulées de lave des trapps du Deccan, basée sur le rapport isotopique 40Ar/39Ar de l’argon, est obtenue par l’équipe de Paul R. Renne de l’Université de Californie à Berkeley. Les épisodes les plus importants et les plus continus d’émissions de laves du Deccan, représentant 70 % du total, sont datés de moins de 50000 ans après la chute de la météorite de Chicxulub. Cette coïncidence convainc les auteurs que l’épisode paroxysmal des trapps serait une conséquence de l’impact de la météorite de Chicxulub. Le choc de la météorite aurait induit une onde sismique énorme, équivalent d’un tremblement de terre de magnitude 11, qui aurait fragilisé la croûte terrestre de l’autre côté du globe, aux “antipodes” en longitude, mais pas en latitude. Ainsi, après l’extinction massive due à l’impact de la météorite de Chicxulub, les éruptions volcaniques du Deccan, avec leurs quantités énormes de gaz létaux expulsées, dont le sulfure d’hydrogène (H2S), auraient prolongé les effets du nuage soulevé par l’impact météoritique.»

Carte des trapps du Deccan : geowiki.fr
Photo des trapps du Deccan : 
fr.wikipedia.org
Carte des cenotes de Chicxulub : theyucatantimes.com

En volcanisme, il y a danger et danger

Aussi impressionnantes que soient les images de l’éruption du volcan Kīlauea à Hawaï, ce type de volcanisme est très gentil en comparaison avec l’autre type beaucoup plus violent.

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Effusions de lave du Kilauea

Il existe plusieurs façons de catégoriser les volcans, l’une est par sa «couleur». Le Kilauea est un volcan rouge ou effusif. C’est-à-dire que de la lave s’en écoule en jaillissant d’un ou de plusieurs cratères pour dévaler le cône et envahir les environs. Plus la lave est pauvre en silice, plus elle est liquide et plus elle s’écoule vite. Pourtant, ce volcanisme est très peu dangereux. Oui, il incendie des villas construites beaucoup trop près, détruit des routes, brûle des champs et des boisés, mais il ne fait que très peu de victimes. Ses coulées et ses effusions sont spectaculaires, mais les dégâts restent habituellement bien en deçà de ce que peut causer un incendie de forêt moyen.

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Cratère du Kīlauea – Hier

Le Kilauea est un volcan rouge tout comme le mont Erebus en Antarctique, le piton de la Fournaise à l’ile de la Réunion, le Nyiragongo en République démocratique du Congo, L’Etna en Italie. Ils sont presque tous en éruption, dont certains en permanence. Pourtant ils ne font que très peu de victimes chaque année et bien souvent, les vies fauchées sont des gens qui ont manqué à la plus primaire des prudences.

Plus la lave est siliceuse, plus elle s’écoule lentement. On serait tenté de croire que de la lave lente est moins dangereuse, pourtant, c’est le contraire. Lorsque la lave est trop lente pour s’écouler, elle forme des bouchons dans les puits qui remontent le magma vers la surface et empêchent les gaz contenus dans cette roche liquide d’être évacués. Lorsque le magma remonte vers la surface, la pression le comprimant s’amoindrit. Cette diminution de pression sur le liquide brûlant a pour effet de dégazer le magma. Le gaz libéré est principalement et de la vapeur d’eau, du dioxyde de carbone et du dioxyde de soufre. Si un bouchon de lave durcie bloque ces gaz en sous-sol, la pression interne va grimper jusqu’à ce que le bouchon de la marmite saute.

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Mont Pinatubo – Philippines 1991

On se retrouve alors avec un volcanisme gris parce qu’il n’engendre que très peu de lave, mais beaucoup de cendres, de pierres ponces et de nuées ardentes. Les volcans gris sont extrêmement dangereux, car ils explosent, détruisant tout sur des dizaines de kilomètres à la ronde. Les nuées ardentes sont des gaz et des poussières à très haute température, plusieurs centaines de degrés Celsius, qui dévalent les flancs des volcans à des centaines de kilomètres à l’heure, prenant n’importe qui par surprise. Ils brûlent les gens autant de l’intérieur lorsque les gaz sont inhalés que de l’extérieur. Les panaches de poussières que ces volcans éjectent peuvent atteindre des hauteurs de plus de 35 kilomètres d’altitude. Ces particules en suspension font parfois plusieurs fois le tour de la Terre et selon la quantité émise, elles peuvent modifier le climat global sur plus d’une année.

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Mont Agung – Bali

L’éruption du Vésuve en 79 de notre ère était une éruption plinienne caractérisée par un volcanisme gris. Le Krakatoa a explosé en 1883, c’était un volcan gris. Le mont Saint Helens est un volcan gris (1980). Le Pinatubo ayant explosé en 1991 est un volcan gris. Il a déréglé le climat de la planète entière. Le mont Thera (Stromboli) qui a balayé tout un peuple, les Minoeens, dans l’antiquité est un volcan gris. Il est en partie responsable du mythe de l’Atlantide. Le mont Agung à Bali est un volcan gris. Le Popocatepetl au Mexique est un volcan gris. Tous ces volcans ont été ou sont encore très dangereux.

Le Kīlauea n’explosera pas et son principal danger provient surtout de ses émissions de dioxyde de soufre. Sur l’ile d’Hawaï, tout près de lui vit son grand frère, le Mauna Loa, un autre volcan rouge toujours actif, mais d’une dimension de plusieurs dizaines de fois plus importantes que celles du Kīlauea.

Voici une vidéo en anglais sur l’étude du Kīlauea.

Le Mauna Loa tremble

Les iles Hawaï se sont formées par un volcanisme dit de « point chaud ». C’est une sorte de chalumeau qui fait remonter la chaleur du manteau terrestre en surface en transperçant la croûte terrestre. La dérive de la plaque continentale Pacifique fait en sorte que de nouvelles iles se sont créées, formant un chapelet d’iles.

Le Mauna Loa est un volcan en activité sur ces iles. Il vient de fortement trembler, 6,9 sur l’échelle Richter d’après mon application qui les répertorie. Ceci n’annonce rien de bon. D’ailleurs, des centaines de petites secousses se sont fait sentir depuis plusieurs jours.

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Le Mauna Loa est une montage qui, lorsque mesurée depuis sa base au fond de l’océan, fait 17 kilomètres de haut. C’est le plus haut volcan du monde. Sa superficie couvre la moitié de son ile. Il fait partie de la catégorie des volcans rouges, c’est-à-dire que sa lave pauvre en silice coule de manière fluide. Ainsi, les éruptions cataclysmiques ne font pas vraiment partie de son registre. Ce sont ses coulées de lave qui le rendent dangereux, car elles menacent les populations avoisinantes lorsqu’elles s’écoulent rapidement.

L’augmentation accrue des petites secousses et cette dernière à 6,9 sont annonciatrices d’épanchements en hausse. Bonne chance à tous les habitants se trouvant à proximité.

Photo : fineartamerica.com ;

Mont Rainier

La ville de Seattle est facilement reconnaissable sur des photos ou des prises de vues par sa proximité de l’eau et par sa tour d’observation et de télécommunications très caractéristique.

Contrairement à ce que plusieurs pensent, Seattle n’est pas située sur les rives du Pacifique, mais d’un bras de mer intérieur nommé Puget Sound. Ainsi, la ville est séparée de l’océan par une chaine montagneuse.milkovi-334541.jpg

Un autre élément typique de la plus importante ville de l’état de Washington est la proximité du mont Rainier qui donne un aspect vraiment spectaculaire à cette ville. La montagne culmine à 4392 mètres au-dessus de l’océan. Étant située à environ 90 kilomètres de distance l’une de l’autre, la superbe montagne se découpe parfaitement en arrière-scène comme on peut le remarquer sur la photo précédente.

Aux sommets éternellement enneigés, le mont Rainier est en fait un volcan en dormance, mais bien actif. Il pourrait surgir à tout moment. Sa dernière éruption remonte à l’année 1894. Il est considéré comme le troisième volcan le plus potentiellement dangereux des É.U.A. Lorsqu’il entrera en éruption, les premières effusions feront fondre toute cette neige et cette glace des glaciers et transformeront ses flancs en coulées de boues monstrueuses. Elles dévaleront dans la vallée en contrebas et prendront le chemin de quelques petites villes vivant à ses pieds.

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La première localité à être touchée par les lahars (coulées de boues de nature volcanique) sera probablement Tacoma. Peu de choses de la ville seront préservées malgré les 65 kilomètres qui la séparent du cratère d’où s’échappera la lave. Seattle ne se situe pas bien loin au nord de cette localité et l’on prévoit que plusieurs quartiers seront dévastés par la boue advenant une éruption.

Mais la boue n’est que l’une des calamités qui attendent les résidents des environs. Le stratovolcan laisse présager pire calamité. Il fait partie de la même chaine des Cascades que le tristement célèbre mont St Helens qui, en 1980, entra en éruption dite pyroclastique. C’est en fait une façon de dire que le volcan explose en une ou en plusieurs nuées ardentes de plus de 500°C qui dévalent les flancs à des vitesses ahurissantes en brûlant tout sur leur passage.

D’autres volcans ravageurs bien connus sont du même type que le mont Rainier : le Vésuve, le Krakatoa, la montagne Pelée, le Santorin, tous de sympathiques voisins qui ont déjà fait table rase dans le passé en réglant leurs différends avec les humains en les effaçant de la surface de la Terre. Oui, le mont Rainier est un candidat pour être pris des mêmes sautes d’humeur que ces tristement célèbres volcans explosifs.

Bon d’accord. Rien pour le moment ne laisse présager le pire. La montagne est bien tranquille malgré quelques fumerolles occasionnelles, mais elle laisse tout de même planer un danger sur plus de 1,5 millions de personnes aux alentours !

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Ce n’est que l’un des volcans dans le monde où la population s’est agglutinée autour d’eux. La ville de Tacoma est même construite sur la dernière coulée de boues à avoir dévalé ses flancs. On sait ce qui en adviendra lors de la prochaine.

Mes questions restent les mêmes, que ce soit pour ce mont ou pour un autre du même acabit. Aura-t-on le temps d’évacuer tout le monde lorsque la montagne montrera un début de colère ? Le verra-t-on seulement s’y préparer ?

La dernière grande tragédie mondiale fut le tsunami de 2004. Un quart de millions de gens sont morts. Je redoute une tragédie qui fauchera un million ou même plusieurs millions d’individus. Malgré tous nos systèmes de communication, les gens resteront piégés sur les routes et autoroutes transformées en énormes parcs de stationnement par les gens en panne d’essence.

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Et la mort viendra les faucher, là, incapables de fuir, pris comme des rats dans leurs belles bagnoles qui deviendront leurs tombeaux. Achetez-vous des motos, laissez tout derrière vous et surtout, n’y jetez plus aucun coup d’œil, sinon vous partagerez le sort de la femme de Loth, mais au lieu du sel, votre corps se couvrira de cendres après avoir été brûlé jusqu’aux os.

Disparition d’oiseaux en Oregon

L’Oregon est un état de la côte ouest des USA. Il se situe entre le nord de la Californie et le sud de l’état de Washington. La plaque tectonique Juan de Fuca s’insère sous le continent américain à la hauteur de cet état. Sa principale ville est Portland.

Plusieurs résidents de cette ville et de ses environs ont noté un étrange silence des oiseaux depuis quelque temps. Ont-ils disparus ? Restent-ils muets pour une quelconque raison ?

Le chant des oiseaux sert en période des amours à démontrer ses capacités et sa vigueur, mais il sert également pendant et après la couvaison pour avertir le mâle de rentrer au nid avant que madame ne se fâche et qu’il est mieux de ne pas avoir oublié de rapporter trois vers de terre bien dodus.

Les couples peuvent s’entendre et se répondre sur d’assez bonnes distances et les chants font partie de leur quotidien. Alors lorsque les oiseaux cessent de pépier, il y a de quoi s’inquiéter.

La plupart des oiseaux migrateurs vont retourner à leur point d’origine. Pour changer d’endroit où ils vont couver, il faut des conditions environnementales particulièrement désastreuses. Ça arrive également lorsqu’il existe trop de couples nicheurs et que le territoire est saturé, ou lorsque la prédation devient trop importante.

On associe également l’absence d’oiseaux à des désastres naturels. On les soupçonne de sentir le comportement de la Terre et de fuir devant des catastrophes en devenir.

L’Oregon étant un état américain susceptible d’être frappé par des séismes majeurs ainsi que par des explosions volcaniques. L’état est traversé du nord au sud par la chaine des Cascades, une série de volcans éteints, en sommeil et actifs dont le mont Hood, le sommet le plus élevé culminant à 3426 m et toujours considéré comme actif.

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Le fait que le silence aviaire dure depuis un certain temps conforterait plutôt la thèse de leur absence plutôt que de leur mutisme. On a observé partout dans le monde des silences de la faune juste avant qu’il ne survienne des catastrophes majeures, mais pas des semaines durant. Alors celui de l’Oregon n’a peut-être pas à inquiéter.

Mais qui sait ?


Photo : Oregon’s Mt. Hood Territory.
Carte : oregonencyclopedia.org