Arcs-en-ciel

On connait la nature des arcs-en-ciel depuis Isaac Newton. Ils ne cessent pourtant de fasciner les gens en se découvrant parfois plus complexes que prévu.

L’image en tête de cet article montre un arc-en-ciel double, il en existe des triples, dont la partie sommitale de l’arc principal est dédoublée. Illusion d’optique de l’atmosphère environnante ou réel dédoublement ? Certains scientifiques optent pour un effet véritable causé par des gouttes d’eau non sphériques dans l’un, l’autre ou les deux arcs.

La superbe photographie d’entête a été prise le 21 juin à Cheyenne dans l’état du Wyoming aux États-Unis d’Amérique par Jan Curtis.

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La saison des nuages noctulescents

Un nouveau mot à insérer dans votre dictionnaire personnel si vous ne le connaissiez pas déjà.

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Les nuages noctulescents sont des nuages filamenteux de haute altitude qui sont éclairés par le Soleil par en dessous, ce qui les rend très brillants du fait que le Soleil est couché depuis environ une demi-heure. Comme vous pouvez le remarquer, le résultat est plutôt spectaculaire.

Ces nuages sont aussi appelés nuages polaires mésosphériques, nuages nocturnes lumineux ou nuages noctiluques. Un jour, les scientifiques finiront par arrêter d’inventer d’autres termes et en adopteront un seul. Toutefois, la popularité du terme noctulescent va grandissant. Cela veut dire «visible la nuit». Attention à la version anglaise de ce terme qui lui ressemble, mais n’est pas identique. Les apôtres de Shakespeare disent «noctilucent».

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Si vous habitez au-delà du 45e parallèle, vous avez des chances de les admirer en regardant vers l’ouest, une bonne demi-heure après le coucher du soleil. C’est donc durant le crépuscule sombre que ces nuages sont visibles.

J’ignorais qu’il existait une saison pour les admirer. Apparemment, elle vient tout juste de commencer. La carte suivante montre le pôle Nord et les nuages noctulescents il y a deux jours. Vous pouvez les voir en bleu plus pâle près du 80e parallèle. Plus ils seront visibles, plus le bleu pâlira. Ils s’étendront pour atteindre des latitudes plus basses.

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Courants-jets

Nous sommes tous affectés par les courants-jets (jet stream) polaire et subtropical. Ces vents de haute altitude s’écoulent confinés dans un apparent tube flexible de quelques kilomètres de diamètre, mais souvent de plusieurs milliers de kilomètres de longueur.

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Le courant-jet crée une barrière entre les climats plus au Nord et ceux plus au Sud, car les deux masses d’air ne peuvent se mélanger. Ainsi, lorsque la pression barométrique est plus élevée au Nord qu’au Sud, le courant-jet traverse les régions de l’Ouest vers l’Est à des latitudes plus basses jusqu’à rencontrer une pression équivalente. Ainsi, ce courant ne décrit pas des lignes, mais plutôt des méandres dans le ciel. C’est pourquoi on parle parfois de lui comme d’une rivière ou d’un ruban. Dans les poches formées par ces méandres, l’air chaud du Sud s’y engouffre lorsque le courant-jet ressemble à un oméga (Ω), augmentant les chaleurs aux latitudes plus nordiques. L’inverse se produit quand sa forme est plutôt celle d’un U, apportant de l’air provenant de l’Arctique aux basses latitudes.

On dénombre plusieurs types de courants-jets selon les zones qu’ils délimitent et les différentes causes qui les ont engendrés. Où je vis, on parle principalement du courant-jet arctique. Il sépare deux cellules météorologiques dites cellule Arctique au Nord et cellule de Ferrel au Sud. Parfois, ces courants aériens instables se fractionnent en plusieurs segments. Il est donc parfois difficile de les prévoir.

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La longue barrière des montagnes Rocheuses influence sa configuration, faisant régulièrement plonger le courant-jet très loin vers le Sud à l’Est de ce massif montagneux. Dans ces conditions, l’afflux d’air glacial très au Sud engendre les fameuses tornades de l’allée des tornades du Midwest et Sud-Ouest américain lorsque se percutent les masses d’air chaud provenant du Sud et d’air froid du Nord.

L’image suivante montre le courant-jet actuel (flèches rouges) au-dessus du Canada et les températures associées. On voit très bien l’air arctique suivre la configuration de ces vents en altitude faisant plonger les températures au-dessus du nord de l’Ontario et du Québec. Toutefois, sa configuration actuelle ne favorise pas les tornades.

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Puisque les courants-jets sont de vastes systèmes météorologiques, malgré leur instabilité, il est possible de se fier à leur configuration pour obtenir de bonnes prévisions météorologiques à moyen terme. Cependant, la météo est une science en constante progression et les courants-jets représentent une seule variable parmi des centaines dans un système extrêmement dynamique.

Avec les dérèglements climatiques engendrant le réchauffement de l’Arctique (fait avéré), une toute nouvelle météo verra le jour. La latitude moyenne du courant-jet polaire se rapprochera du pôle Nord, entrainant des masses d’air plus chaud dans les provinces canadiennes. Voilà pourquoi il fera plus chaud aux latitudes moyennes dans les années à venir.

Grogne du printemps

«Doux printemps, quand reviendras-tu faire pousser des feuilles, faire pousser des feuilles.
Doux printemps, quand reviendras-tu faire pousser des feuilles pour me torcher le c…
»

Chanson que je fredonnais étant jeune en insistant sur le dernier mot de trois lettres.

Hé bien!, je la chante de nouveau cette année parce que le printemps ne s’est pas encore pointé le bout du museau et il est plus que temps.

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On annonce encore -6 °C pour cette nuit. La météo n’en finit plus de repousser la pousse des feuilles. Ce temps froid est également accompagné de vents forts qui, heureusement, sublime la neige, mais qui rafraîchit encore plus le climat. Les parterres laissent timidement voir leur verdure décatie. Je regarde les cimes des sapins qui se font bardasser et ça ne me donne pas du tout le goût de mettre le nez dehors.

Les passages alternatifs des températures au-dessus et en dessous du point de congélation favorisent la récolte de l’eau d’érable qui donnera de bons sirops d’érable. À toute chose malheur est bon, dit-on.

Je vais quand même devoir m’y résigner. Sans pommes et sans pain frais, ma vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Heureusement je ne manque pas de café. Ça m’aide à patienter et à ne pas m’accrocher au lustre.

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Entre les nouvelles de ratons laveurs zombis et d’abuseurs armés de palettes de chocolat pour faire fondre leurs victimes, je relis cet article sur l’antihydrogène dont j’avais prévu vous parler. Heureusement pour vous, c’est samedi et je vais garder cet article au ras des pâquerettes qu’on attend malheureusement encore d’un pied pas si ferme.

Allez, Mathis, grouille, à la douche! Et cesse d’être grognon.

Gggrrrmfggghdg!

Photos : erabliere-cheminduroy.qc.ca ; desjardins-inspirations.frwallfizz.com 

De taches solaires et d’hystérésis

Ça fait bien une dizaine d’années, j’ai configuré mon fureteur Safari pour qu’à l’ouverture apparaisse la page d’accueil de SpaceWeather, une application donnant la météo spatiale. L’image que vous voyez du Soleil en tête d’article a été prise aujourd’hui.

La plupart des gens s’intéressent à la météo locale. Moi, c’est la météo des cieux qui me branche. On y trouve tout un tas d’informations, la plupart du temps toutes inutiles à nos activités de la journée. Qu’importe. Entre autres choses, je m’intéresse aux taches solaires.

Des taches sombres apparaissent régulièrement à la surface du Soleil. À ces spots plus froids convergent des lignes de champ magnétique. Le flux de ces taches n’est pas constant. Il en apparait plus ou moins selon un cycle d’environ 11 ans.

Nous avons terminé la partie active du cycle et sommes maintenant dans la phase où les taches se font de plus en plus rares. Depuis le début de l’année 2018, plus de la moitié des jours se sont passés sans apercevoir la moindre tache solaire.

On associe la quantité de taches solaires avec des fluctuations de la température sur notre sol. Les périodes de faible activité correspondent à des températures terrestres plus basses.

Entre 1650 et 1700, les taches solaires se sont révélées presque nulles. Le cycle de 11 ans s’était déréglé. On appelle cette période le «minimum de Maunder». Durant cette même période, la Terre a subi le «Petit âge glaciaire», des températures globales inférieures d’environ 0,1 °C dans l’hémisphère Nord.

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La relation entre les taches solaires et la valeur des températures terrestres semble correspondre. Normal, direz-vous, puisque après tous, c’est le Soleil qui nous chauffe. Cependant, nous avons connu un pire refroidissement entre les années 1790 et 1830 alors que la chute des températures fut plus spectaculaire, atteignant 0,4 °C dans l’hémisphère Nord. Pourtant, même si les taches solaires étaient peu nombreuses pour cette période, il y en avait plus que durant le Petit âge glaciaire.

L’activité de notre Soleil n’est donc pas la seule responsable des changements de climat. Les activités humaines influencent grandement les températures à la surface de la Terre. Il est même possible que nous retardions la prochaine ère glaciaire et même qu’elle n’ait pas lieu.

Sachant où je me trouve actuellement trônait un glacier de 2 kilomètres d’épaisseur, je me demande si le réchauffement climatique n’est pas une bonne chose. Toutefois, nous n’avons pas un thermostat entre les mains afin de réguler cette hausse. Le danger vient surtout de là.

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Lorsque nous aurons trop chaud, les températures continueront d’augmenter pendant une assez longue période de temps même si nous coupons drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. C’est ce qu’on appelle une hystérésis, un retard des effets par rapport aux causes. Le terme «rémanence» vous est peut-être plus familier.

À cause de cet effet de rémanence, d’hystérésis, on ignore totalement jusqu’à quel extrême grimperont les températures à la surface de la Terre. Nous espérerons peut-être qu’un nouvel âge glaciaire puisse alors commencer, qui sait?

Images : SpaceWeather ; Wikipédia

Séisme majeur en vue ?

Verrons-nous bientôt un méga tremblement de terre dans l’ouest des USA et du Canada ?

Certains géologues et météorologues le croient. Ils se basent sur les teneurs très élevées et anormales du monoxyde de carbone (CO), du dioxyde de carbone (CO2) et de dioxyde de soufre (SO2) dans l’air au-dessus de l’État de la Californie traversé par la fameuse faille de San Andreas. La photo en tête montre la concentration récente de CO au-dessus de la Californie.

Parce qu’ils ont relevé des émissions beaucoup plus élevées que la normale de ces gaz sur certains sites à travers le monde qui ont été par la suite soumis à d’importants tremblements de terre, ces spécialistes pensent que ce type de dégazage est un bon moyen de prévoir certains séismes.

Cependant, il n’existe pas de preuves ni d’assurances que ce type de comportement du sol est un indicateur fiable. La science n’explique pas encore la relation de cause à effet qui, pour l’instant, n’est qu’une constatation empirique.

Cependant, tout le complexe de failles interreliées à celle de San Andreas accumule des tensions depuis plus de cent ans sans avoir coulissé pour la peine. Les scientifiques sont formels sur un point. La tension va se relâcher dans très peu de temps (à l’échelle géologique). Les deux plaques tectoniques qui s’entrechoquent se déplacent d’environ 3 cm par an. Là où les deux plaques se touchent, le coulissement est bloqué. Ainsi, la terre accumule cette tension en se tordant puisque le déplacement des plaques plus loin de la faille se poursuit sans cesse. Le dernier tremblement de terre majeur s’est produit en 1906 et a détruit une bonne partie de la ville de San Francisco. L’épicentre était situé à 12 km du centre de la ville et avait une magnitude estimée de 7,8 sur l’échelle de Richter.

En 1989, la même ville fut secouée par un autre important séisme, cette fois de 6,9. J’y suis allé quelques jours plus tard et ce n’était pas la joie, malgré des dégâts relativement limités. Voir une autoroute de 2 étages écrasés l’un sur l’autre ainsi que d’autres tronçons complètement détruits, ça ressemblait à des scènes de film catastrophe, mais en vrai.

Le prochain tremblement de terre pourrait survenir plus près de la ville de Los Angeles où la tension monte sans cesse. Les spécialistes craignent un séisme qui pourrait atteindre 8,2 de magnitude. En associant le fort potentiel sismique aux récentes émissions des 3 gaz témoins, on peut craindre le pire.

Cependant, la Terre n’a pas le même rythme temporel que celui des humains. Ce qui nous semble une éternité n’est perçu que comme une miette de temps à l’échelle géologique. Ainsi, lorsque frappera le prochain séisme majeur, beaucoup d’humains perdront sûrement la vie. On n’évacue pas une ville de cette importance sur des prédictions empiriques.

Je souhaite toute la chance possible aux habitants qui seront touchés et une grande résilience afin qu’ils s’en remettent le plus rapidement possible.

La météo actuarielle

Enfin ! Les actuaires canadiens se sont jetés à l’eau dans le débat sur les changements climatiques. Ils espèrent montrer une image neutre et factuelle des tendances. En utilisant les données de la NOAA, ils ont tout particulièrement remarqué que depuis 1990 le climat a une tendance marquée à excéder les normales. Ils ont développé un indice qu’ils nomment « indice actuariel climatique » et depuis 2016, celui-ci démontre clairement une augmentation graduelle de la météo extrême.

Je vous en parlais dans deux de mes articles précédents, « Dérèglement climatique – vers le pire » et « Le silence pour contrer les dérèglements climatiques ». On ne peut pas constamment battre des records de températures, même si les normales restent à peu près les mêmes sans qu’il y ait dérèglement du climat. Les actuaires me donnent enfin raison et je les encourage vivement à poursuivre leurs études puisque leur expertise avec les chiffres finira peut-être enfin à enfoncer le dernier clou dans le cercueil des climatosceptiques.

Photo : ici-radio-canada.ca

Retour des animaux géants ?

Lorsque les proportions de la faune étaient gigantesques, entre autres comme dans le temps des dinosaures, les températures extérieures étaient nettement supérieures à celles d’aujourd’hui. Avec le réchauffement du climat, peut-on s’imaginer que la sélection naturelle privilégiera les animaux plus volumineux ? Sans l’influence de l’humain, il est fort probable que les dimensions s’accroitraient. Le problème est que les animaux géants ont besoin d’une plus grande quantité quotidienne de nourriture. Avec la déforestation généralisée, les herbivores n’y trouveraient pas leur compte. Et sans herbivores énormes, point de carnivores géants.

Sans nécessairement retrouver les monstres d’antan, il est toutefois possible que les dimensions des animaux s’accroissent. Pourquoi ? Pour évacuer la chaleur corporelle. Lorsque le différentiel entre la température corporelle interne et la température ambiante diminue, les animaux à sang chaud ont besoin d’une plus grande surface de peau pour réguler efficacement leur métabolisme. Et qui dit surface de peau accrue, dit proportions accrues.

Le problème est que si la nourriture supplémentaire vient à manquer, et elle va manquer, il y aura un déséquilibre qui entrainera la disparition des animaux. On peut donc s’attendre à une autre hécatombe occasionnée par la hausse des températures globales et l’impossibilité d’équilibrer la surface corporelle à cette nouvelle réalité.

On est en droit de se demander ce qu’il adviendra de l’humain. Serons-nous obligés de croitre pour les mêmes raisons ? C’est possible, mais pas certain. Avec tous nos climatiseurs, la pression pour augmenter notre surface corporelle sera amoindrie, sinon éliminée. L’inverse serait même possible puisqu’une personne de moindre taille a besoin de moins de nourriture, moins de protéines pour survivre.

Pourquoi je parle de notre survie ? Parce qu’il y a beaucoup trop d’humains sur la planète et la population ne cesse de croitre. L’apex n’est pas très loin et lorsqu’il sera atteint, on verra une dégringolade. Comment ? J’ai ma petite idée, mais ce sera le sujet d’un prochain article.

Le congélateur et l’idiot

Une vague de froid intense atteint le Québec depuis une bonne dizaine de jours. Ce ne sont pas les seules températures polaires qui glacent la peau, mais aussi les vents omniprésents. Par exemple, il fait actuellement -23 °C, mais la température ressentie sur la peau du visage atteint le -40 °C. C’est pour dire qu’il faut se couvrir la moindre parcelle de peau.

Une fois encore, M. Trump a réussi à dire des conneries. Comme la vague de froid descend à des latitudes extrêmement basses, par exemple jusqu’en Floride où il a neigé, ce truculent et détestable personnage s’est moqué du réchauffement climatique. C’est pourquoi on entend de plus en plus le terme « dérèglements climatiques » pour qualifier, entre autres choses, le réchauffement généralisé des températures moyennes à l’échelle planétaire.

Avant que les fabricants des réfrigérateurs modernes ne positionnent le congélateur dans la portion du bas, celui-ci était situé dans la partie du haut, relique des anciens frigos à une seule porte. Supposons que nous possédons cet ancien type de frigo. Si on ouvre la porte du congélateur et qu’on tient notre tête tout juste en bas de celui-ci, puisque l’air froid a tendance à descendre, le froid du congélo nous gèle le ciboulot. En refermant la porte, le froid reste emprisonné et on peut retirer notre tuque.

On peut faire l’analogie avec cette vague de froid intense provenant des hautes latitudes. Le Grand Nord, c’est notre congélateur. Lorsqu’une vague d’air polaire comme celle qui sévit actuellement atteint des basses et même des très basses latitudes, c’est l’effet congélateur. Mais que se passe-t-il lorsque la porte du congélo reste ouverte ? Il ne retient plus son froid et il dégèle. Ainsi, des températures plus froides que la normale à certains endroits peuvent très bien expliquer les hausses des températures moyennes. Et c’est exactement ce qui se passe en ce moment. Le froid n’étant plus confiné au pôle Nord, la calotte glaciaire deviendra moins épaisse que la normale, au printemps elle dégèlera plus rapidement et les températures dans le Nord grimperont en flèche.

Généralement, cette analogie somme toute assez simple pour qu’un idiot puisse la comprendre permet de clouer le bec aux individus prétextant les froids actuels pour nier les réchauffements climatiques. Testez le principe de la porte ouverte du congélateur sur vos meilleurs ennemis et vous m’en donnerez des nouvelles. Et s’ils restent réfractaires, comparez ensuite des photos satellites sur l’étendue de la calotte polaire en été à travers les années pour leur prouver que notre congélateur est réellement en train de dégeler.

Vous n’aurez probablement pas besoin de vous rendre à cette étape puisque même les idiots comprennent l’analogie du congélateur. Après on passe au crétinisme.

Deux Congolais à Montréal

Par un temps semblable à aujourd’hui, voilà bien des années, je recevais deux étudiants provenant du Congo pour un stage de perfectionnement. Ils devaient apprendre à réparer et entretenir des équipements radio qui servaient dans les différents services à travers le pays. J’avais été embauché par Canadian Marconi Company pour leur dispenser la formation appropriée. La compagnie leur avait loué un logement pas très loin d’où ils suivaient leurs cours.

Le premier matin de formation, ils n’arrivaient pas et je me demandais bien où ils étaient passés. J’appelle à leur appartement, l’un d’eux me répond. Je m’enquiers de la raison pour laquelle ils sèchent leur cours. Durant la nuit, il avait neigé moins d’un centimètre de neige, une trace tout au plus. Lorsqu’ils ont mis le nez dehors, ils sont tombés sur le derrière en mettant le pied sur le balcon. Convaincus que la météo était trop dangereuse pour sortir, ils ont cru que les cours n’auraient pas lieu. J’ai été les chercher en auto en leur donnant quelques trucs pour marcher sur la neige sans tomber.

La deuxième semaine, le mercure est fortement tombé et ce fut le froid qui les a retenus à l’intérieur. C’était la première fois de leur vie qu’ils ressentaient des températures sous le zéro et là ils devaient se taper du -25 °C. L’horreur se lisait sur leur visage.

Durant les deux week-ends où ils étaient à Montréal, je les ai amenés à différents endroits. Nous étions dans les Laurentides après une semaine où il avait passablement neigé. Les bancs de neige faisaient bien trois mètres de haut, nous marchions dans le chemin. Ils étaient ébahis par la quantité de neige, eux qui n’en avaient jamais vu avant d’arriver au Québec.

Les souffleuses à neige la rendent compacte et il est normalement possible de ne pas trop enfoncer lorsqu’on marche sur un banc de neige fait de neige soufflée. Il me prend donc l’idée de monter sur l’un d’eux et de marcher en suivant un chemin parallèle. Pour les deux Congolais, je n’étais pas moins qu’un magicien de pouvoir marcher ainsi grimpé sur une montagne de neige. Soudain, j’arrive à un endroit où la neige est molle et je renfonce jusqu’à la taille. Mes deux étudiants, épouvantés, se sauvent en courant, certains que je mourrai dans les prochaines secondes et ils ne voulaient pas être témoins de ma disparition. Ou ils voulaient éviter de répondre aux policiers qui les auraient certainement accusés de mon meurtre. Lorsqu’ils se sont retournés vers moi, question de jeter un dernier regard à leur professeur disparu corps et biens sous la neige, je n’ai pas pu résister encore quelques secondes à l’idée de les laisser à leur frousse. Finalement, je les ai rassurés et lorsqu’ils ont été totalement convaincus que j’étais sain et sauf, ils sont revenus sur leurs pas.

On ne sait jamais comment les étrangers vont réagir à un événement anodin pour nous. Jouer dans la neige est tellement ancré dans nos habitudes qu’on ne peut pas concevoir une réaction de panique au simple fait de voir quelqu’un renfoncer jusqu’à la taille. Voilà la beauté des échanges interculturels. De leur côté, ils ont probablement gardé un souvenir inoubliable de leur voyage à Montréal au mois de février. Le froid, la neige, le verglas, les bancs de neige plus hauts que les hommes et le professeur qui savait marcher sur le grand péril blanc sans périr.

Photo : quebecurbain.qc.ca