Nommer les nombres jusqu’à 1000 decilliards

Dans l’article précédent, nous avons vu comment le mot billion s’est créé à partir de la valeur million de million (bi-llion), ainsi que le mot milliard qui se situe entre million et billion et qui vaut 1000 millions.

La règle est claire et peut s’étendre aux valeurs plus grandes. Millier de million de million se nommera billiard tandis que million de millions de millions se nommera trillion (tri-llion).

Cette façon de construire des noms de quantités se poursuit aussi loin que nécessaire avec trilliard, quadrillion, quadrilliard, quintillion, quintilliard, sextillion, sextilliard, septillion, septilliard, octillion, octilliard, nonillion, nonilliard, decillion, decilliard…

En changeant de mot à chaque fois qu’une valeur est plus grande ou égale à 1000 on évite de trainer un nombre de plus de 3 chiffres. Donc, une fois rendu à 999, on évitera de dire 1000 en changeant les termes se terminant par -llion par -lliard ou ceux se terminant en -lliard en -llion de l’échelon supérieur.

Maintenant, on peut connaitre précisément le nom d’un nombre sans recourir au dictionnaire en connaissant les échelons définis par le préfixe et le multiplicateur en utilisant le suffixe.

1er échelon mi + llion vaut 1000 milliers ou 106
                      mi + lliard vaut 1000 millions ou 109
2e échelon bi + llion vaut 1000 milliards ou 1012
                    bi + lliard vaut 1000 billions ou 1015
3e échelon tri + llion vaut 1000 billiards ou 1018
                    tri + lliard vaut 1000 trillions ou 1021
4e échelon quadri + llion vaut 1000 trilliards ou 1024
                    quadri + lliard vaut 1000 quatrillions ou 1027
5e échelon quinti + llion vaut 1000 quatrilliards ou 1030
                    quinti + lliard vaut 1000 quintillions ou 1033
6e échelon sexti + llion vaut 1000 quintilliards ou 1036
                    sexti + lliard vaut 1000 sextillions ou 1039
et ainsi de suite.

On remarque que chaque échelon a 2 suffixes possibles, -llion et -lliard
Chaque préfixe en caractères italiques correspond à son échelon :
bi pour 2e; tri pour 3e;… septi pour 7e; octi pour 8e; noni pour 9e; deci pour 10e

Voilà, vous savez maintenant nommer tous les nombres en français de un jusqu’à mille decilliards ou 1066. C’est le nombre 1 suivi de 66 zéros. Pas mal, non?

Du billion et du capitaine Haddock

Que vaut un billion? En français, le mot «billion» souffre d’une étrange maladie. Il s’est déjà dégonflé de mille fois sa valeur initiale. Dans mon dictionnaire, 1 billion peut donc valoir 1000 milliards, mais aussi 1000 millions. C’est 1000 fois plus petit. Quelle chose extraordinaire pour un mot désignant une valeur censée être parfaitement précise! Toutefois, le problème vient d’un usage abusif de ce mot. Voici l’explication de cette étonnante aberration.

Au XVe siècle, un certain Jehan ADAM est le premier (un autre! décidément!) à donner un nom à la valeur 1 million de millions. Puisque le mot million revient deux fois, il nomme ce nombre «bymillion» qui donnera par la suite le mot «billion». Il en profite donc pour pousser le concept plus loin en donnant des noms différents chaque fois qu’on multiplie 1 million aux précédents. La valeur 1 million de millions de millions s’appelle 1 trimillion qui donnera le mot trillion et ainsi de suite. La logique est excellente et parfaitement compréhensible.

Mais certains scientifiques des siècles ultérieurs ont un problème à résoudre que cette nomenclature laisse en plan. Ils ont besoin d’un nouveau mot, non pas seulement pour des multiples de 1 million, mais aussi pour des multiples de 1000. Ainsi, entre 1 million et 1 billion, ils veulent un mot pour la valeur 1000 millions. Et c’est là où tout part en vrille. Plutôt que d’inventer un nouveau terme, ils recyclent un mot déjà existant, mais très peu utilisé, je vous le donne en mille (wow!), eh oui! c’est le mot «billion».

Et voilà comment un mot inventé parfaitement bien construit désignant une valeur numérique précise a vu sa valeur coupée par mille.

Cette fois-là, la langue française garde ses culottes bien attachées et refuse le changement malgré l’usage et considère celui-ci comme étant de mauvais aloi. Billion continuera de valoir 1 million de millions. De toute façon, au XVIe siècle, un certain Peletier avait déjà inventé le terme «milliart», aujourd’hui «milliard», pour désigner le millier de millions.

Cependant, les anglophones continuent d’utiliser le terme chapardé «billion» pour nommer le milliard. Et c’est pourquoi aujourd’hui, 1 billion francophone est 1000 fois plus grand qu’un billion anglophone. Donc, ne vous fiez jamais à un anglophone s’il dit vous devoir «one billion dollars» et qu’il vous doit en réalité «un billion de dollars».

En résumé, en français, la bonne façon de dire «mille millions», c’est «un milliard ». Et «un million de millions », c’est «un billion »… ça équivaut aussi à «mille milliards».

Le capitaine Haddock le savait parfaitement lorsqu’il jurait en disant «mille milliards de mille millions de mille sabords». Il aurait pu écourter son juron en disant «mille milliards d’un billion de sabords».

Écriture cursive

Écrivez-vous encore cursivement ?

Oui, vous savez, l’écriture avant les traitements de texte ? Ça ne vous dit rien ? L’écriture avec un stylo ou un crayon ou mieux encore, avec une plume ? Non, pas une vraie plume avec ses barbes et ses barbules. Une plume fontaine, oui, une plume qui coule comme une fontaine. Mais qui cesse de couler quand on la relève. Tiens, ça me donne une idée pour ma copine et ses… enfin, je m’égare.

L’écriture cursive, les lettres attachées. Attachées, pas emprisonnées, pas prises en otage non plus. Il faut donc tout vous expliquer. Regardez l’image en tête, c’est de l’écriture cursive. Euh, imitée par un ordinateur, c’est vrai.

Je me suis rendu compte que je perds, ou j’ai déjà perdu, la capacité d’écrire cursivement. Les lettres ne s’écrivent pas suffisamment vite par rapport à ma vitesse au clavier. Donc j’écris une lettre sur deux ou elles finissent par toutes se ressembler. Un L, un T sans barre, un I, c’est l’enfer par la suite d’essayer de me relire. J’abandonne et je me concentre pour recomposer le texte à l’ordi, c’est plus rapide.

J’ai entendu dire que bientôt, l’écriture cursive ne sera plus enseignée. Je n’ai rien contre. Elle deviendra un sujet universitaire classé dans la section des écritures codées. Ce n’est plus bien grave. Les Égyptiens ont bien perdu la connaissance de leurs hiéroglyphes durant des millénaires et on a bien réussi à retrouver leur sens en lisant la pierre de Rosette. Des universitaires ont fait le boulot de déchiffrage et aujourd’hui ces dessins antédiluviens n’ont plus de secrets.

Êtes-vous nostalgique de l’écriture cursive ? Pas moi, parce que depuis longtemps, je n’écris plus en lettres attachées. J’écrivais les lettres de mon écriture cursive en les détachant les unes des autres. Je trouvais ma méthode plus rapide que de dessiner les queues entre les lettres.

Alors, gardez bien vos polices de caractères qui imitent l’écriture cursive, vos descendants deviendront peut-être le Champollion de leur temps.

Ça, c’est un, une… quoi ?

Duc, hibou, chouette, bubo, grand-duc, effraie, fresaie, hulotte, chat-huant, strix, vous y êtes presque, mais pas tout à fait. Cet oiseau est un harfang, un harfang des neiges.

Parfois la langue française a de quoi en perdre son latin. Si elle manque cruellement de mots, comme dans le domaine des technologies, parce que les académiciens ont oublié de se réveiller depuis 1890, ce qui force le peuple à adopter les termes anglais par manque de « leadership ». À l’autre bout du spectre, il existe onze mots distincts pour nommer les oiseaux de proie de la famille des strigidés alors qu’en anglais on se contente de « owl ». Pire, le mot « strigidés » possède un synonyme,  « bubonidés ». Faire plus compliqué que ça, c’est les douze travaux d’Hercule ! Ou pire, ma première femme. Je n’ai eu qu’une seule femme, mariée légalement on s’entend, mais puisqu’à elle seule elle en valait bien quinze, je peux affirmer sans ambages que j’ai été marié plusieurs fois. J’ai même voulu m’auto-incriminer pour polygamie afin de les divorcer, mais mon avocat m’a suggéré de tenir ça mort si je ne voulais pas être interné pour schizophrénie.

Pour en revenir à ce superbe oiseau de proie en robe de mariée, il est l’emblème aviaire du Québec. En hiver, le mâle devient blanc immaculé. Oui, que voulez-vous, il aime les robes blanches. Avez-vous quelque chose contre les LGBTQ ? Évidemment, ce plumage lui sert de camouflage dans la neige. Difficile après ça de vous faire croire qu’on vit dans un pays chaud !

Et la femelle ? En hiver, elle conserve une partie de ses taches grises. C’est pour mieux… se faire manger ? Ça, c’est pas bien ! Non. C’est pour mieux se dissimuler lorsqu’elle niche sur des terrains rocailleux en partie recouverts de neige. Ses œufs se camouflent également dans le paysage aride et froid.

Bon, je vous laisse, j’ai un poème à peaufiner. Mon agente l’a trouvé «dérangeant, hors normalité… osé!» J’ai donc su que j’étais sur la bonne voie. Un peu plus de perturbations et elle va syncoper. Exactement l’effet recherché. Je vous l’ai déjà dit, ma poésie n’est pas normale.

Photo : armstrongbirdfood.com

IA et le manuscrit Voynich

Le manuscrit Voynich est un livre de 234 pages écrit dans une langue inconnue et montrant principalement des illustrations de plantes. Le fait que le vélin utilisé date du début du XVe siècle pose un sérieux problème puisque l’écriture devrait être connue. Mais on ignore tout de l’alphabet utilisé et a fortiori les mots faisant probablement la description des plantes dessinées avec grands détails. Ce livre est à ce jour la plus importante œuvre cryptée résistant à toutes nos tentatives de décodage.

Toutes ? Peut-être pas. Dernièrement, des chercheurs de l’université de l’Alberta au Canada auraient réussi à découvrir dans quelle langue il aurait été écrit avant qu’il ne soit codé avec des symboles étranges. Ils y seraient parvenus en programmant des algorithmes d’intelligence artificielle, ainsi qu’en utilisant le traducteur de Google.

L’hébreu serait à la base de ce charabia. Cependant, les lettres des mots auraient été réagencées comme on fait lorsqu’on joue au Scrabble. L’étape suivante aurait consisté à transformer les lettres de l’alphabet hébreu en d’autres symboles.

Mais il reste malgré tout une autre énigme qui sera peut-être résolue lorsque le texte aura été entièrement décodé et elle concerne les plantes décrites dans le codex. Beaucoup d’entre elles nous sont totalement inconnues. Si certaines sont facilement reconnaissables, d’où proviennent les autres ?

À moins que ce livre ne soit qu’une gigantesque farce, ces plantes inconnues sous-entendaient que son auteur n’était pas d’origine terrestre. Il aurait étudié les différentes plantes pour en faire un traité de botanique comparatif.

Mais l’hypothèse de l’origine extraterrestre ne meurt pas nécessairement avec la découverte de l’alphabet et du lexique utilisé avant le cryptage. L’hébreu est une très vieille langue. Si un peuple extraterrestre avait été en contact avec le peuple hébreu dans un lointain passé, cette langue aurait pu devenir le moyen de communication privilégié entre les deux peuples. Il est certainement plus facile à un peuple très avancé d’apprendre un langage comme l’hébreu qu’au peuple hébreu d’apprendre le langage très avancé d’une société extraterrestre.

Et si le manuscrit Voynich était une sorte de testeur ? Un moyen de mesurer le niveau intellectuel atteint par notre société ? Tant qu’il aurait résisté à nos assauts de décryptage, nous n’aurions pas atteint le seuil d’intelligence recherché. Mais la grande question dans tout cela est de savoir pourquoi ils voudraient nous tester. En supposant que nous terminions de décrypter le manuscrit et que le peuple extraterrestre l’apprenne d’une façon ou d’une autre, qu’auraient-ils prévu de faire ensuite ? Nous contacter officiellement ? Sortir de l’ombre pour que tous les humains puissent enfin connaitre leur existence ?

Je leur rappelle bien amicalement ma prédiction pour l’année 2018 sur le sujet. Faisant un Nostradamus de moi-même, j’ai prédit qu’on découvrira que la vie extraterrestre existe effectivement soit sous une forme simple et archaïque comme des bactéries, soit sous une forme évoluée grâce à nos télescopes qui détectent les exoplanètes, soit très évoluée grâce à une visite officielle de représentants d’une communauté extraterrestre.

J’aimerais bien avoir raison dans ma prédiction, alors grouillez-vous de vous faire voir ! Oui, je sais, je fais comme s’ils lisaient mon blogue. Normal, on les dit intelligents !

Éclipse de quoi ?

C’est la super Lune bleue de sang.

« Super », parce que notre copine céleste est presque à son périhélie (au plus près de la Terre), donc nous la voyons plus grosse que la normale. Oui, la distance dans notre couple n’est pas constante. Parfois elle nous fait la gueule, parfois elle nous câline. « Lune bleue », car on a 2 pleines lunes ce mois-ci. En fait, ça ne veut absolument rien dire en terme astronomique, puisque la construction des mois tels que nous les connaissons relève de la mégalomanie des humains, pas d’un phénomène céleste. Et enfin, la « Lune de sang » se rapporte à sa couleur lorsque la Terre éclipse le Soleil et que la Lune se trouve à passer dans notre ombre, elle se teinte d’une couleur rouge sombre.

On dit « éclipse de Lune », mais la Lune n’est pas du tout éclipsée. C’est toujours le Soleil qui est éclipsé dans notre trip à trois puisque c’est le seul astre des trois à émettre de la lumière. Toutes les vraies éclipses sont donc des éclipses de Soleil. La différence est lorsque la Lune passe entre le Soleil et la Terre ou lorsque la Terre passe entre le Soleil et la Lune.

On devrait plutôt dire « éclipse de Soleil par la Lune » et « éclipse de Soleil par la Terre » pour être exact. Ce qu’on appelle « éclipse de Lune » est en fait une éclipse apparente de Lune, pas une vraie éclipse.

L’autre élément d’importance est la position de l’observateur. Puisque nous restons toujours sur Terre, peu importe le type d’éclipse, nous ne voyons jamais la Terre éclipser le Soleil lorsque c’est elle qui s’invite entre le Soleil et la Lune comme actuellement.

C’est pourquoi, pour plus de précision, nous devrions rajouter le corps céleste d’où l’on observe l’éclipse, car si nous étions actuellement sur Mars, nous ne verrions aucune éclipse puisque l’observateur doit se trouver dans la même ligne de visée que les deux autres corps célestes.

Ainsi, la terminologie exacte de l’éclipse actuelle devrait être « éclipse de Soleil par la Terre vue de la Lune ». Et enfin, ce que nous appelons « éclipse de Soleil » dans notre discours de tous les jours devrait se dire « éclipse de Soleil par la Lune vue de la Terre ».

Puisque les éclipses mettent toujours en jeu trois corps célestes, cette façon de nommer le type d’éclipse ne prête plus à aucune confusion. Le fait que presque tous les humains vivent sur Terre, nous éliminons le corps céleste d’où l’observation a lieu, mais dans un avenir rapproché, lorsque nous aurons colonisé Mars, cette précision deviendra importante.

Là, j’espère avoir réussi à bien vous mêler, mais ce n’était pas mon but. Si nous étions plus précis, plus rigoureux dans notre terminologie, les phénomènes s’expliqueraient mieux et se comprendraient mieux, car nous pourrions nous fier à la terminologie pour comprendre et retenir les explications puisqu’une vraie éclipse de Lune au sens astronomique du terme, ça n’existe tout simplement pas.

Dégustation de scotches

Hier, j’ai été invité à une dégustation de scotches au restaurant Les Cavistes dans le quartier Ahuntsic à Montréal. Nous avons eu droit à sept scotches différents, la plupart agrémentés de bouchées d’accompagnement s’accordant avec les flaveurs du scotch. Fumé, iodé, fruité, floral, terreux, boisé ou goudronné, la sélection de scotches était variée ainsi que les bouchées d’accompagnement. Chaque scotch était servi pur comme il se doit dans un glencairn et les portions étaient plutôt généreuses pour une dégustation. On peut rajouter une larme d’eau (2 à 3 gouttes) à certains scotches afin de faire éclater les odeurs et les saveurs lorsqu’elles refusent de se livrer à l’état pur. Cependant, je déconseille ce procédé pour les scotches plus éthérés, car l’eau les tuera.

Nous étions environ une trentaine et l’atmosphère était agréable, conviviale, sans guindage. Pourtant, tout au long de la dégustation, notre hôte nous a abreuvés d’informations pertinentes sur l’histoire des scotches, des régions, des procédés de fabrication et des particularités de chacun des alcools en vedette.

Ayant un assez long historique avec le scotch, je me suis pourtant fait surprendre à cinq reprises par des bouteilles qui m’étaient inconnues. Je recommande cette dégustation pour ceux et celles qui aiment déjà cette boisson, pas nécessairement aux néophytes en la matière qui chercheraient à savoir s’ils peuvent aimer le scotch. Mais ce qui compte réellement, c’est votre degré d’ouverture et votre plaisir gustatif face aux alcools forts.

Merci à ma partenaire de scotch pour cette très belle expérience.

Jean-Marc Vallée et les Golden Globes

Un autre talent hors du commun du cinéma québécois.

Le réalisateur Jean-Marc Vallée a réussi à faire décrocher quatre prix au Golden Globe pour sa réalisation de la série Big Little Lies dont celui de la meilleure série télévisée.

Au Québec, notre langue nous oblige à faire notre propre cinéma et nos séries télévisées qu’on nomme ici « téléromans ». Cependant, la très faible audience ne permet aucun gros budget de production. En conséquence, il faut faire mieux avec rien. Jean-Marc Vallée est de cette école, ce qui permet de se démarquer à Hollywood en réussissant à boucler le budget des productions. L’autre aspect intéressant des réalisateurs québécois est leur talent de monteur. Nos réalisateurs sont tous des monteurs et ainsi, presque chaque réalisation est un director’s cut. Sachant combien important est le montage pour générer le rythme de l’œuvre, le résultat final se trouve empreint de leur talent en la matière et le résultat final devient homogène.

Félicitations à tous les gagnants de cette série télévisée, Nicole Kidman, Laura Dern et Alexander Skasgard, respectivement lauréats de la meilleure actrice, de la meilleure actrice de soutien et du meilleur acteur de soutien.

Et si vous n’avez pas vu le film « Dallas Buyers Club » mettant en vedette Matthew McConaughey, Jared Leto et Jennifer Garner, ne ratez surtout pas ce plaisir. Les acteurs et actrices sont plus qu’étonnants, ils sont méconnaissables dans ce drame qui colle de manière permanente à nos neurones.

Photo: Radio-Canada.ca

Ludisme dominical

Composer des devinettes est un exercice probablement plus difficile à réaliser que de les résoudre. Je ne suis pas un artiste en la matière, mais parfois cela m’amuse lorsqu’une circonstance me donne un point de départ. Ce fut le cas avec les deux premiers indices. J’ai essayé de mettre les groupes d’indices en ordre décroissant de difficulté. J’accepterai les commentaires qui ne dévoilent pas les réponses.

Mon premier est un mot de six lettres, dont cinq voyelles
Mon second est un mot de six Lettes, dont cinq consonnes

Ce n’est pas une bonne idée de donner le second au premier

Le second est parfois très collant
Il est difficile de s’approcher du premier

Le premier nous réveille, surtout quand il y en a beaucoup
Le second nous endort, surtout quand on en prend beaucoup

On aime le second pour ses goûts variés malgré des couleurs plutôt semblables
On aime le premier pour ses couleurs variées malgré des goûts plutôt semblables

Le second est un mot anglais accepté en français
Le premier est un mot français imprononçable pour des anglophones

Avez-vous trouvé de quoi je parle ?

Deux Congolais à Montréal

Par un temps semblable à aujourd’hui, voilà bien des années, je recevais deux étudiants provenant du Congo pour un stage de perfectionnement. Ils devaient apprendre à réparer et entretenir des équipements radio qui servaient dans les différents services à travers le pays. J’avais été embauché par Canadian Marconi Company pour leur dispenser la formation appropriée. La compagnie leur avait loué un logement pas très loin d’où ils suivaient leurs cours.

Le premier matin de formation, ils n’arrivaient pas et je me demandais bien où ils étaient passés. J’appelle à leur appartement, l’un d’eux me répond. Je m’enquiers de la raison pour laquelle ils sèchent leur cours. Durant la nuit, il avait neigé moins d’un centimètre de neige, une trace tout au plus. Lorsqu’ils ont mis le nez dehors, ils sont tombés sur le derrière en mettant le pied sur le balcon. Convaincus que la météo était trop dangereuse pour sortir, ils ont cru que les cours n’auraient pas lieu. J’ai été les chercher en auto en leur donnant quelques trucs pour marcher sur la neige sans tomber.

La deuxième semaine, le mercure est fortement tombé et ce fut le froid qui les a retenus à l’intérieur. C’était la première fois de leur vie qu’ils ressentaient des températures sous le zéro et là ils devaient se taper du -25 °C. L’horreur se lisait sur leur visage.

Durant les deux week-ends où ils étaient à Montréal, je les ai amenés à différents endroits. Nous étions dans les Laurentides après une semaine où il avait passablement neigé. Les bancs de neige faisaient bien trois mètres de haut, nous marchions dans le chemin. Ils étaient ébahis par la quantité de neige, eux qui n’en avaient jamais vu avant d’arriver au Québec.

Les souffleuses à neige la rendent compacte et il est normalement possible de ne pas trop enfoncer lorsqu’on marche sur un banc de neige fait de neige soufflée. Il me prend donc l’idée de monter sur l’un d’eux et de marcher en suivant un chemin parallèle. Pour les deux Congolais, je n’étais pas moins qu’un magicien de pouvoir marcher ainsi grimpé sur une montagne de neige. Soudain, j’arrive à un endroit où la neige est molle et je renfonce jusqu’à la taille. Mes deux étudiants, épouvantés, se sauvent en courant, certains que je mourrai dans les prochaines secondes et ils ne voulaient pas être témoins de ma disparition. Ou ils voulaient éviter de répondre aux policiers qui les auraient certainement accusés de mon meurtre. Lorsqu’ils se sont retournés vers moi, question de jeter un dernier regard à leur professeur disparu corps et biens sous la neige, je n’ai pas pu résister encore quelques secondes à l’idée de les laisser à leur frousse. Finalement, je les ai rassurés et lorsqu’ils ont été totalement convaincus que j’étais sain et sauf, ils sont revenus sur leurs pas.

On ne sait jamais comment les étrangers vont réagir à un événement anodin pour nous. Jouer dans la neige est tellement ancré dans nos habitudes qu’on ne peut pas concevoir une réaction de panique au simple fait de voir quelqu’un renfoncer jusqu’à la taille. Voilà la beauté des échanges interculturels. De leur côté, ils ont probablement gardé un souvenir inoubliable de leur voyage à Montréal au mois de février. Le froid, la neige, le verglas, les bancs de neige plus hauts que les hommes et le professeur qui savait marcher sur le grand péril blanc sans périr.

Photo : quebecurbain.qc.ca