Expressions québécoises – 1,5

Comment 1,5 ? Après 1, c’est 2, il me semble. Oui, si on compte sans les fractions. Mais j’ai voulu donner suite à la tuque attachée avec de la broche, car un lien les unit. Je le mentionnais dans la rubrique n° 1, une tuque possède souvent un pompon et voilà pourquoi j’associe les deux expressions, car…

L’expression est : « Se calmer le pompon », « Calme-toi le pompon ! ».

Sa signification est : « Garde la tête froide », « Respire par le nez », « Baisse d’un cran (ou de plusieurs) ».

Lorsqu’on se promène avec une tuque à pompon sur la tête, ce qui est fréquent par chez nous à cause du froid omniprésent 6 mois sur 12, cet appendice est particulièrement visible. Et si la personne porteuse d’une tuque à pompon s’énerve, celui-ci branlera dans tous les sens, signe apparent de son état.

On utilise cette expression uniquement lors de circonstances qui ne sont pas tragiques, puisque c’est une façon humoristique de dédramatiser une situation qui ne le mérite pas nécessairement.

On ne l’utilise pas plus avec des inconnus, puisque ça demande un certain niveau de complicité. Si celui-ci dépasse les bornes, on voudra chercher à le calmer et cette expression risque d’attiser son agressivité en laissant paraitre futiles ou inexistantes les raisons de sa colère.

Elle s’utilise lorsqu’un lien d’autorité existe, comme un parent à son enfant. La formule fait moins outrageante, mais pas moins sérieuse.

En amitié, c’est un bon moyen de signifier qu’il serait temps de changer de ton, sans égard aux causes entrainant la valse musette du grelot attaché au sommet de sa tuque virtuelle.

Donc, si vous constatez que je pète les plombs dans un de mes articles, vous seriez en droit de le commenter en m’écrivant « LeCorbot, calme-toi le pompon ! »

L’Orchestre Métropolitain (OM) part en tournée européenne.

L’Allemagne, les Pays-Bas et la France accueilleront l’Orchestre Métropolitain dans les prochains jours. Hier soir j’étais en salle, ici à Montréal, pour entendre presque l’intégralité des deux programmes qu’ils exécuteront au cours de leur tournée avec leur chef vedette, le Québécois Yannick Nézet-Séguin.

Ils partageront la scène avec différents solistes, dont la contralto Marie-Nicole Lemieux, une autre compatriote mondialement célèbre. Hier soir et durant la tournée, elle chante Les nuits d’été de Berlioz, six pièces qui exigent un registre étendu, mais également une grande variété d’émotions que la diva rend admirablement bien grâce à la puissance et aux subtilités tout en douceur de sa voix. Nézet-Séguin adapte parfaitement son orchestre aux couleurs de la soliste et l’ensemble est tout simplement admirable.

Le Concerto pour main gauche de Ravel exécuté par Alexandre Tharaud n’avait pas ce même fini. À plusieurs reprises, le concertiste a tapé du talon pour remplacer l’appui de sa main inutile et le chef a semblé surpris à quelques moments par la fougue et le tempo mal contrôlés du soliste qui, à l’évidence, n’en faisait qu’à sa tête. Malgré ces quelques ratés, l’œuvre ne manquait pas de caractère, mais requiert quelques ajustements qui, je l’espère, se feront avant la tournée.

Le concerto pour violoncelle no 1 de Saint-Saëns fut et sera interprété par le jeune Jean-Guihen Queyras. Cette fois, l’orchestre et le soliste étaient parfaitement à l’écoute l’un de l’autre. On a pu apprécier la tessiture de l’instrument bien contrôlé par Queyras. Si l’on peut reprocher à Tharaud d’y avoir mis trop de cœur et pas suffisamment de retenue, on peut dire l’inverse de la performance de Queyras. Un petit peu plus de vigueur n’aurait pas fait de tort. Toutefois, je préfère de loin une œuvre admirablement bien interprétée, même si elle manque un soupçon d’émotion, à l’inverse.

Une fois l’exécution des trois solistes terminée, l’orchestre s’est attaqué à La Mer de Debussy. Bon, je l’avoue, cette œuvre m’a toujours laissé plutôt froid, mais j’avais hâte de voir ce qu’en ferait Nézet-Séguin. Il réussit souvent à faire des miracles avec des œuvres dont une bonne lecture a semblé échapper aux autres chefs. L’interprétation sans faille de l’orchestre qui répond aux moindres subtilités exigées par Nézet-Séguin vaut la peine d’être entendue. Et comme toujours, les finales sont spectaculaires et rodées au quart de tour. Malgré cette impressionnante interprétation, l’œuvre demeurera malheureusement dans ma colonne des mal-aimées. Je ne ressens toujours pas, ou si peu, la fameuse mer dont il est censé être question. Debussy serait-il resté loin des flots, bien campé sur la terre ferme ? Je n’en serais pas étonné outre mesure puisque sa Mer semble terriblement manquer de consistance. Peu importe les qualités du chef et de son orchestre, il ne peut malheureusement pas réécrire l’œuvre.

Soulignons également l’usage du spectaculaire contrebasson là où les œuvres le demandaient.

Le rappel, par contre, les Variations Enigma d’Elgar valent le spectacle à elles seules malgré leur brièveté. C’est là que s’exprime tout le génie de Nézet-Séguin. On retient difficilement ses larmes devant la beauté de cette interprétation dosée intelligemment, avec une compréhension intime et absolue de son créateur et de son œuvre.

Je souhaite à l’Orchestre Métropolitain, à son chef Yannick Nézet-Séguin et aux concertistes le succès qu’ils méritent. Je mets ici le lien vers la programmation de leur tournée. Et si un jour vous avez l’opportunité d’aller à un concert de Nézet-Séguin et de son Orchestre Métropolitain, ne laissez surtout pas passer votre chance.

Édition et désinvolture

Dans le milieu de l’édition de livres, l’innovation est devenue nécessaire et pas simplement par rapport au contenu. Cette pression qu’ont les éditeurs s’exprime de différentes façons. Certains d’entre eux essayent d’appliquer indistinctement la recette gagnante d’autrefois, alors qu’à l’autre bout du spectre, d’autres cherchent par tous les moyens à couper les frais au maximum.

L’affluence importante et même grandissante aux kiosques des salons du livre semble démentir ce besoin d’innover, c’est le grand paradoxe du moment, car il est inutile de le cacher, l’édition du livre vit une crise technologique et générationnelle.

C’est toujours étonnant d’entendre parler des écrivains qui ont vainement tenté de trouver un éditeur pendant plusieurs années et qu’ils ont obtenu un franc succès et même remporté plusieurs prix littéraires en utilisant des méthodes d’édition non conventionnelles. Les professionnels du domaine de l’édition sont-ils totalement dépassés qu’ils ne comprennent plus comment faire leur boulot qui est, entre autres choses, de bien connaitre le lectorat afin de découvrir des œuvres inédites et inusitées qui s’avèreront intéresser ce public ?

L’an dernier, lorsque j’ai transmis mon manuscrit à plusieurs maisons d’édition, seriez-vous étonnés de savoir qu’une faible minorité parmi eux a eu la politesse ainsi que le professionnalisme d’envoyer une lettre ou un courriel de refus, et encore moins un accusé de réception. Le travail d’édition commence d’abord et avant tout par la récolte de textes auprès des auteurs. Leur démontrer un minimum de respect en les avisant du verdict du comité de lecture est, selon moi, une expectation tout à fait raisonnable.

N’est-ce pas là bâcler le travail d’édition dès le début du processus ? Je n’ignore pas que nous vivons dans une ère où les considérations pour autrui partent à vau-l’eau, tant personnellement que professionnellement. Le travail de l’éditeur, un métier séculaire, semble lui aussi malheureusement faire partie de la catégorie peu enviable des métiers renégats. Pourtant, à ce que je sache, écrire un modèle de lettre de refus est à la portée de tout éditeur, à moins que certains se considèrent comme analphabètes ! Ce modèle est ensuite utilisé autant de fois que nécessaire pour signifier aux auteurs le verdict relatif à leur manuscrit. Si on rajoute à cela la simplicité et l’économie des envois par courriel, je ne trouve aucune raison valable d’ériger cette désinvolture en mode opératoire normal. Ils auront beau s’indigner du nombre démentiel de manuscrits à lire, dont la plupart s’avèrent être de qualité médiocre, rien ne justifie, à mon avis, ce manquement à la politesse la plus élémentaire envers ceux qui fournissent avec confiance et enthousiasme la matière première potentiellement utilisée pour créer leur produit final.

Je comprends parfaitement, surtout au Québec plus que partout ailleurs, que les tirages soient extrêmement faibles et qu’il faille trouver des moyens de diminuer les frais d’édition. Mais ce n’est certainement pas en déversant sur les épaules des auteurs les obligations non littéraires des éditeurs que le problème se règlera adéquatement. Et dans tous les cas, la désinvolture systémique à leur égard n’engendre aucune économie. Par contre, cet épiphénomène des lettres de verdict démontre clairement que les premiers à dénigrer le travail d’édition sont d’abord et avant tout les éditeurs eux-mêmes.

Salon du livre de Montréal

Je rentre tout juste du Salon du livre de Montréal dont c’était la dernière journée. Les gens aux différents kiosques étaient encore tout sourire malgré leur évidente fatigue. Je m’étonne encore de voir la multitude d’éditeurs qui consacrent une ou plusieurs collections à la jeunesse. C’est avec un plaisir non dissimulé et entremêlé de beaucoup d’excitation que les jeunes parcourent le salon en gambadant comme des antilopes, en sautillant comme des sauterelles ou en bondissant comme des guépards à travers les rangées bondées. Mais le plus fantastique est de voir ces jeunes qui s’isolent dans un coin dès qu’un livre leur tombe entre les mains et qui le lisent, entièrement coupés du brouhaha environnant, comme si la recette de la survie de l’humanité venait de leur être transmise.

Le livre recèle encore tellement de magie et toute l’électronique moderne ne l’a pas encore tuée et ne la tuera peut-être jamais. Je l’espère sincèrement, car ce média entre l’auteur et le lecteur possède une matérialité que nous semblons encore avoir besoin, même à l’ère du tout numérique.

Ayant travaillé de multiples années dans le domaine de l’imprimerie, j’ai une profonde affection pour tout ce qui s’y rapporte. Durant une certaine période, j’ai aussi produit des livres scolaires. Je suis également l’auteur de trois livres dont deux recueils de nouvelles et un roman.

L’an passé, j’ai testé avec succès le marché de l’édition avec l’un de mes recueils. Malheureusement, mon éditrice a dû par la suite abandonner les affaires pour cause de maladie et c’était avec des yeux d’un écrivain veuf que je me rendais cette année à cette foire annuelle. J’ai rencontré des gens intéressants, mais le vrai travail commence maintenant.

Pour ma part, je réfléchis à la façon de bâtir des produits de lecture plus actuels en utilisant mes textes disponibles, mais aussi en leur adjoignant de nouveaux textes afin de proposer un concept modernisé.

Dans le prochain article, je partagerai avec vous mon opinion sur une certaine désinvolture relevée chez beaucoup d’éditeurs. C’est donc à suivre.

Les Petits-Gris – 4 – Et s’ils existaient ?

Dans l’article 3, j’expose de bonnes raisons de croire qu’ils ne sont que chimère. Toutefois, la récurrence des témoignages à leur sujet oblige à se poser la question à savoir s’ils existent vraiment. Il est tout d’abord intéressant de s’attarder sur leurs aspects physiologiques tels que décrits par une multitude de témoins dignes de foi, tels des militaires et des policiers, pour essayer d’en tirer des éléments d’information pertinents.

Il est possible de comparer leur physique au nôtre, car nous sommes tous deux des humanoïdes bipèdes. Tout d’abord, je dois avouer que leurs membres graciles ainsi que leur petitesse d’enfant me posent problème. S’ils proviennent d’une autre planète, celle-ci possède évidemment une force de gravité quelconque. Leur physique peut donc nous renseigner sur la grandeur de cette force. Si celle-ci est plus forte, elle aurait tendance à créer de petits êtres, justement comme les Petits-Gris, mais ils devraient être trapus afin de mieux supporter un poids supérieur. Leurs jambes seraient donc bien plus solides que ces piètres allumettes dont ils semblent disposer. Une forte gravité crée des corps petits et massifs. Les Petits-Gris seraient plutôt des Petits-Gros. La gracilité de leurs membres inférieurs semble donc contredire cette hypothèse. Ils proviendraient donc d’une planète possédant une gravité moins importante que celle de la Terre. Ce faisant, leurs membres inférieurs supportant moins de poids, l’ossature et la musculature peuvent acquérir une délicatesse conforme à celle décrite chez les Petits-Gris. Toutefois, cette moindre gravité laisse place à une deuxième conséquence non négligeable, les corps ont alors tendance à s’étirer en hauteur. Les Petits-Gris devraient être alors des Grands-Gris.

Si leurs périples dans l’espace s’effectuent en microgravité et s’ils durent longtemps, alors leurs membres inférieurs s’atrophieraient, un peu comme dans la description qui en est faite, mais leur corps entier deviendrait sphérique. Cet aspect n’est pas conforme à l’image véhiculée des Petits-Gris.

Cette analyse préliminaire soulève certains paradoxes. Évidemment, il me manque des points de comparaison puisque je connais assez peu de peuples extraterrestres bipèdes ! Cela va de soi, la faible quantité de mon échantillonnage fragilise mes conclusions. Toutefois, la gravitation est une force universelle qui dépend directement de la masse de la planète et à plus forte masse, les corps doivent soutenir plus de poids, ce qui oblige à posséder des muscles plus puissants. On n’y échappe pas, à moins d’être immergé dans un liquide en permanence.

On peut également argumenter en prenant l’histoire du corps l’humain à travers les âges comme point de comparaison. Il n’a pas toujours été aussi grand qu’aujourd’hui et pourtant, la gravité de la Terre n’a pas changé. Ainsi, pour une même force gravitationnelle, les corps peuvent devenir plus ou moins grands. Cependant, il était surtout question des régimes alimentaires pauvres en protéines et beaucoup moins équilibrés. Certaines études tendent à confirmer que la taille moyenne de l’humain semble avoir plafonné et qu’elle serait même en train de diminuer. Nous aurions ainsi atteint l’optimisation de nos dimensions par rapport à la force gravitationnelle terrestre. Je doute qu’on puisse blâmer les Petits-Gris de mal se nourrir. S’ils sont capables de voyager parmi les étoiles, ils sont certainement en mesure de s’alimenter convenablement pour subvenir aux besoins de leur constitution.

Un autre élément de leur physionomie soulève passablement de questions, c’est la grosseur de leur tête par rapport à celle de leur bassin. Cette disproportion par rapport à nos normes suggère qu’ils ne naissent pas de manière naturelle. Le même problème survient chez l’humain où la tête des bébés parvient difficilement à traverser le col de l’utérus et le vagin. La plupart des femmes doivent supporter d’énormes souffrances et les césariennes sont nombreuses. L’importante immaturité des bébés humains à la naissance est principalement due aux dimensions étroites des bassins de nos femmes bipèdes.

Si l’on se fie à la description classique faite des Petits-Gris, le problème de l’enfantement naturel serait encore pire que chez l’humain, voire même totalement impossible. Par conséquent, il existe trois possibilités. Soit ils naissent par césarienne précoce, soit ils se développent entièrement in vitro, soit ce ne sont pas des entités biologiques, mais plutôt des androïdes.

La solution androïde est plutôt attrayante. Elle permet de donner la forme désirée sans se soucier de toutes les contraintes biologiques. Ils peuvent même être sculptés sur mesure pour chaque type de peuple planétaire rencontré. Le remplacement en cas de perte ou de bris ne se comptabilise pas en « pertes de vies » et le contrôle sur ces entités est quasi absolu. Toutefois, si des humains ont déjà récupéré des carcasses de Petits-Gris, ils savent maintenant que ce sont des machines et une rétro-ingénierie est alors possible.

C’est pourquoi je pencherais pour une autre solution permettant des avantages supplémentaires, le clonage. Si les Petits-Gris sont des entités vivantes, des reproductions infinies d’extraterrestres semblables peuvent être déployées sans que la perte de quelques entités devienne catastrophique. La rétro-ingénierie est impossible, du moins les humains ne savent pas tirer des informations techniques d’une carcasse, et ils bénéficient de certains avantages qu’offre la biologie comme la télépathie, le contrôle de la pensée ainsi que le contrôle d’appareils par la pensée.

L’humain rechigne à envoyer des individus exécuter des missions risquées dans l’espace pour un tas de bonnes raisons. Pourquoi les extraterrestres, eux qui sont apparemment plus évolués, enverraient-ils des leurs, des scientifiques de surcroit, se frotter à des barbares sanguinaires imprévisibles qui possèdent la bombe nucléaire ? Ce serait de la pure folie ! C’est justement là où les clones prennent tous leurs utilité. Et eux aussi peuvent être physiquement modelés aux besoins des missions et des peuples rencontrés.

Une chose est certaine, ce serait idiot d’envoyer sur un terrain miné des individus ayant de l’importance ou de la valeur. Les Petits-Gris sont nécessairement des unités biologiques ou mécaniques à valeur marginale. À ce sujet et pour le prouver, j’ai justement réussi à capter et à partiellement décoder un message d’un Petit-Gris, Chef de mission sur Terre. Voyons ce qu’il avait à raconter.

«Salut mon cher ≈P§a$@¨‡ˆ• (mot incompréhensible). Je passe enfin le prochain week-end chez moi. Comme tu le sais, j’étudie un peuple primitif sur une lointaine planète qu’ils appellent Terre. Pour nous, ça reste évidemment la planète X$≥Y&3T§ÆV~9 (mot incompréhensible). Les Terriens-humains ont le don de tout compliquer ! Cependant, leurs connaissances techniques ont suivi une courbe de progression plutôt exponentielle et aujourd’hui, ils possèdent la bombe A, la bombe H, les lasers haute puissance et plusieurs dispositifs capables de vaporiser n’importe quelle créature biologique ou mécanique en une nanoseconde. Une chose est certaine, je ne leur enverrais plus mes meilleurs scientifiques! No way Jose! De toute façon, nos scientifiques refuseraient catégoriquement d’aller se promener là où règnent des illuminés qu’ils appellent des Trompes, des Joncounes ou de la Poutine, je ne sais plus trop. Moi aussi maintenant je me tiens le plus loin d’eux possible, malgré mon affectation sur le terrain. Pas fou, je reste sur la face cachée de leur belle grosse Lune grise. Quelle belle couleur ! Pas vrai ?

Oh, on a déjà été plus aventureux par le passé. Cela a tourné à la catastrophe sur toute la ligne. On a connu des pannes d’aéronefs et depuis ce jour, les Russes et les États-Uniens s’amusent à faire de la rétro-ingénierie sur nos vaisseaux pour percer les secrets de l’antigravitation après avoir, bien entendu, essayé autant comme autant de soutirer par la torture des informations sensibles à nos scientifiques. Ça suffit! On ne leur envoie maintenant que des androïdes ou des clones, rien de plus. L’oncle du chum de la serveuse au Pub « fesses d’humains à volonté » a perdu sa job à cause de cette gaffe et le neveu de la voisine du réparateur de zygomatographe à la station ƒ∆˚µ√ (mot incompréhensible) est l’une des victimes du crash d’aéronef près de leur village appelé Roswell. On a appris de nos erreurs, depuis une septantaine de leurs années, ce ne sont plus que des androïdes ou des clones qui survolent maintenant leur satanée planète. De toute façon, ils ne savent pas faire la différence, ils sont évidemment un brin arriérés! Ha ! Ha ! Ha ! Un brin ! Quel euphémisme ! C’est certain, les interactions sont maintenant moins directes avec les autochtones, on les surveille de plus loin, mais grâce au pack de la dernière mise à jour des systèmes de communications supraluminiques intercérébral, le décalage temporel est plus qu’acceptable, un femtogloc tout au plus, et là c’est parce que la température du condensat quantique hermitien s’est un peu trop réchauffé, sinon le résultat est encore meilleur. De toute façon, on n’avait plus le choix, fallait faire ce changement. Le Décret 3917 du Grand Escogriffe de la Cour des Neuf Yotl Anonymes du Nzg†th7fdxJ (mot incompréhensible) va bientôt nous empêcher totalement d’envoyer autre chose que des androïdes ou des clones. Tant mieux! On s’adapte! Pas le choix! C’est ça qui est ça! Advienne que pourra! Et cætera! Oui, cette dernière, je l’ai emprunté aux humains. Ils sont complètement fous, mais des fois, on penserait presque qu’ils réfléchissent. Ouais, je sais bien, c’est juste une divagation, surtout que le Décret 2685 du Grand Escogriffe de la Cour des Neuf Yotl Anonymes du Nzg†th7fdxJ (mot incompréhensible, mais le même que précédemment) nous interdit formellement de croire que les humains peuvent penser intelligemment. C’est juste de l’instinct, tout le monde est d’accord avec ça. Verrais-tu autrement? On deviendrait tous végétariens si on croyait le contraire! Pouah! Du tofu! Personne ne serait assez idiot pour avaler ça!

Bon, il faut que te laisse, ma grise veut s’acheter de nouveaux vêtements et elle insiste pour que je sois présent à l’essayage. C’est une excuse pour m’empêcher d’aller voir les danseuses exotiques avec mes chums. Tu sais, le club qui présente des terriennes ! Elles sont laides comme les huit péchés d’yzoutj, mais dégourdies comme ça s’peut pas ! Je n’aurais pas assez de mes huit doigts pour dégrafer leurs trucs qu’ils appellent des boutons ou des agrafes, je sais plus trop. On se croirait vraiment revenu à l’âge de l’automobile ! Et au cas où ça te tenterait de venir à ma bullosphère avec ta grise ce week-end, question de voir la mienne parader avec ses nouvelles combinaisons spatiales grises de toutes les teintes, vous êtes toujours les bienvenus. En plus, je suis en congé. Pas d’humains à abducter avant trois décaglocs. Alors, à la prochaine !»

Et moi aussi je vous dit : À la prochaine ! où il sera question d’un autre aspect plutôt intéressant du physique des Petits-Gris.

Photo: theportalist.com

Les Petits-Gris — 1 — Origines

Je réfléchis beaucoup à l’éventualité que des extraterrestres puissent venir nous visiter. D’après moi, il est inconcevable que nous soyons seuls dans notre Galaxie. Nous sommes à un cheveu de découvrir des exoplanètes abritant des êtres intelligents. Alors, pour une civilisation intelligente beaucoup plus vieille que la nôtre, ce doit être devenu un jeu d’enfant d’en trouver et ainsi, de nous trouver. Si par hasard, ils visitent notre coin de la Galaxie, on les a peut-être déjà aperçus. À ce sujet, une apparence revient constamment dans les récits de ceux prétendant en avoir déjà rencontré, ce sont les Petits-Gris, des êtres de la grandeur d’un enfant de six ou sept ans, de couleur grise, aux longs membres fins, une grosse tête chauve avec de gros yeux obliques noirs, une petite bouche, une absence apparente de nez, des pavillons d’oreille inexistants et enfin, quatre longs doigts par main.

Les sceptiques, quant à eux, disent que la population s’imagine les extraterrestres tels qu’ils ont été décrits dans des films populaires, et plus particulièrement dans la fameuse «Rencontre du troisième type». Ils ne feraient que reprendre à leur compte ce même concept encore et encore. Mais la présentation que Spielberg en a faite dans son long métrage existait bien avant ce film.

En 1901, H.G. Wells aurait été le premier écrivain à décrire des sélènes — des habitants de la Lune — de petits êtres gris, avec un large front, de gros yeux protubérants et sans nez. La question, évidemment, est à savoir si cet auteur de science-fiction a tout inventé, s’est servi de descriptions préexistantes puisque les extraterrestres sont censés venir nous visiter depuis des millénaires, ou aurait lui-même été témoin de leur apparence lors d’une rencontre du troisième type.

Il fut question de petites entités maigrichonnes lors de l’écrasement d’un véhicule aérien à Roswell en 1947. Toutefois, cette histoire fut profondément enterrée par les autorités militaires états-uniennes et ne redevint populaire que durant les années 1970. Entre-temps, en 1965, les journaux décrivent la mésaventure d’un couple ayant apparemment été enlevé par des extraterrestres. Lors d’une séance d’hypnose régressive, Betty et Barney Hill décrivent leurs ravisseurs à l’image des Petits-Gris. Entre les histoires de Roswell et des Hill, les films d’extraterrestres sont très populaires durant les années 1950. Toutefois, le maccartisme régnant à cette époque préfère les entités envahissantes et agressives plutôt que de chétives créatures désarmées et plutôt inoffensives. Dans l’inconscient collectif, les extraterrestres représentent les vilains communistes envahissant l’Occident.

Au moment de réaliser l’énorme succès cinématographique «Rencontre du troisième type», Spielberg retient les services d’un consultant scientifique spécialiste de la question, un certain J. Allen Hynek. Celui-ci a travaillé pour l’US Air Force afin d’étudier les phénomènes aériens non identifiés qui devenaient de plus en plus fréquents et dérangeants pour ceux qui étaient censés contrôler l’espace aérien des USA. Au début, ultra sceptique sur le sujet, il devient beaucoup plus nuancé après avoir entendu une multitude de témoignages de gens fiables, des pilotes d’aéronefs civils ou militaires, des policiers, des scientifiques, des contrôleurs radar et toute une brochette de personnes lambda, sans antécédents excentriques ou psychiatriques. Ce que Hynek ignorait, c’est qu’il avait été embauché par l’armée pour démolir à l’aide d’arguments scientifiques les témoignages de ceux venus raconter leur expérience entourant certains phénomènes aériens non identifiés, pas pour y croire, et encore moins pour en apporter des preuves concrètes.

Les doutes qu’entretenait ce cartésien étaient qu’il ne voyait pas quel intérêt les Petits-Gris peuvent avoir à traverser des distances incommensurables pour venir nous effrayer. Le second argument concerne la possibilité technologique qu’ils puissent réaliser ces voyages cosmiques au long cours. Pour un scientifique de renom, ses deux indices militant contre leur existence réelle ressemblent plutôt à des échappatoires. Les humains parcourent la terre entière, les profondeurs océanes, les jungles les plus inhospitalières, les déserts les plus arides pour en apprendre davantage sur des espèces animales rares ou inconnues et, conséquemment, effrayer parfois leurs sujets d’étude, alors que Hynek émet des doutes sur les motivations des Petits-Gris à venir ici nous effrayer sans parler de la pertinence de nous étudier. Cette apparente dérobade prouve plutôt qu’il croyait l’inverse. Son deuxième argument nage dans les mêmes eaux. On ne peut connaitre ni comprendre la technologie utilisée par les extraterrestres pour voyager dans l’espace si on ne la connait ni la comprend. Plus simplement formulé, il disait donc penser que l’incompris n’existe pas. Avec ce type de propos inscrits dans ses thèses universitaires, il aurait été recalé, ça ne pouvait pas lui échapper. C’était sans aucun doute sa façon de nous dire qu’il croyait aux extraterrestres tout en sauvegardant sa réputation puisque toute sa vie, il a milité pour une étude scientifique des ovnis et des extraterrestres, sans a priori. L’échelle utilisée pour classer les rencontres possibles avec eux — premier, deuxième, troisième type — est justement de son cru. Étrange pour quelqu’un qui dit ne pas vraiment croire en leur présence.

Ce sont donc plusieurs témoins qui seraient à l’origine de la description des Petits-Gris et qui auraient inspiré Spielberg par l’entremise de Hynek. Évidemment, ce succès de 1977 eût tôt fait de disséminer leur apparence sur l’ensemble de la planète. Aujourd’hui, il n’est plus possible de différencier le mythe de la réalité sans apporter de solides évidences, ce qui, malheureusement, semble terriblement manquer à tous les témoins. D’ailleurs, les trucages de photos et de vidéos sont tellement fréquents et faciles à produire maintenant que la solidité des preuves s’en voit irrémédiablement compromise.

Un élément troublant concerne la raison pour laquelle ce type d’extraterrestre en particulier est devenu si populaire contrairement aux autres descriptions restées plus marginales. Le cinéma a inventé des centaines de formes et d’apparences diverses. Pourtant, les Petits-Gris semblent demeurer la plus crédible de toutes. Ce constat servira de point de départ du deuxième article leur étant consacré et qui traitera plus particulièrement de leur nature et leur apparence.

– Photo extraite du film «Paul»

Essai sur les voyages temporels, visiter le passé

Je passe en revue les suggestions que m’envoie Netflix et qui sont censées correspondre à mon profil. Beaucoup de science-fiction, je ne peux nier mes goûts. Parmi les titres, je suis surpris du nombre de séries et de films utilisant le thème du voyage dans le temps et plus spécifiquement vers le passé.

— Ouais, tout le monde sait que pour changer le futur il suffit de manipuler le présent, on n’a pas besoin de voyage temporel pour ça.

— Mathis, tais-toi et laisse parler l’auteur!

— Mais je suis l’auteur!

— C’est bien trop vrai, on n’est pas sorti de l’auberge! Bon, je poursuis. Je disais donc? Ah oui, les voyages temporels.

Sommes-nous si nostalgiques du passé pour sentir autant le besoin d’y retourner? Somme-nous si déçus du présent qu’on voudrait tout recommencer en faisant ce que les anglophones appellent du «second guessing» traduisible par «une deuxième chance…

—… de tout rater.»

— Mathis, si tu ne te la fermes pas, je te prive d’écriture!

— Bon, bon, ça va, n’en fais pas tout un plat! Je voulais juste t’aider.

Cette dernière interruption est l’expression évidente de son esprit tordu, n’y faites pas attention. Moi aussi, je tente régulièrement de l’ignorer. Alors, je disais. Oui. Voici donc une liste non exhaustive des films et séries télé utilisant comme ingrédient principal les voyages temporaux tirés des titres sur Netflix ou sur AppleTV.

Continuum, Frequency, Looper, Timeless, Les voyageurs du temps, Star Trek premier contact, Star Trek vers les ténèbres, Men in Black 3, Outlander, ARQ, Retour vers le Futur, Terminator, Twelve Monkeys, Code source, The Man from the Future, La machine à explorer le temps, Interstellar, et la liste s’allonge à chaque année.

Je suis surpris, car les voyages vers le passé présentent un défaut majeur impossible à corriger. Ils violent le principe de causalité. Oui, vous connaissez, c’est la clause grand-père. Vous retournez dans le passé tuer votre grand-père avant qu’il n’engendre votre père. Vous ne pouvez donc pas naitre et ne pourriez donc pas revenir tuer votre grand-père. Ce paradoxe est insoluble, car il y a violation du principe de causalité qui stipule que la cause précède toujours l’effet alors que dans mon exemple, il y a interversion de la cause et de l’effet lorsque le petit-fils revient dans le passé tuer son propre aïeul.

Einstein a établi la limite à partir de laquelle, on a violation du principe de causalité. C’est la vitesse de la lumière dans le vide, représentée dans les équations par un c minuscule, oui comme dans E = mc2. Tout objet qui voyagerait plus vite que cette vitesse limite violerait le principe de causalité et créerait des paradoxes du genre de celui que je décris plus avant. Un autre effet paradoxal aussi alarmant est la duplication du personnage qui retourne dans le passé. Un jeune homme rencontre une copie plus vieille de lui-même lui rendant une visite de courtoisie. Spock rencontrant Spock. Une alternative a été présentée dans certains films où le personnage plus âgé habite son propre corps plus jeune afin de contrecarrer la duplication.

Pourtant, Hollywood et ses semblables ne sentent aucun malaise à jouer du paradoxe à la pelletée. Malheureusement, étant du genre particulièrement sensible aux idioties dans les scénarios, les bafouages répétitifs de la causalité me rendent cynique.

— Ce ne sont que des films, ce ne sont pas de vraies histoires survenues à ta tante ou qui pourraient lui arriver! Bon sang que tu es pointilleux!

— Je sais, Mathis, ce n’est que du divertissement. Je ne suis quand même pas fêlé au point de vouloir y croire sérieusement, mais je ne me divertis pas du tout quand je me gratte jusqu’au bon sang.

Alors, la vitesse limite c, est-elle vraiment infranchissable, afin de préserver le principe de causalité et d’éviter ainsi de générer des paradoxes insolubles? Beaucoup de scientifiques le pensent.

L’autre solution possible serait que lorsque nous voyagerions plus vite que la lumière, nous serions incapables de revenir sur nos propres pas. Nous changerions d’Univers. Ainsi notre propre passé resterait inatteignable. Il pourrait exister une panoplie d’Univers parallèles qui se chevauchent sans interagir, sauf lorsque la vitesse est supérieure à celle de la lumière dans le vide. Le dépassement de cette vitesse limite nous ferait alors sauter d’un à l’autre. Cet effet préviendrait les paradoxes. La Nature nous ferait payer ce prix pour éviter de la prendre en flagrant délit d’aberration.

Tentons toutefois d’analyser la possibilité que nous puissions réaliser ces voyages régressifs dans un hypothétique avenir. Tentons une preuve par l’absurde. Affirmons donc que dans notre futur, il est devenu possible de visiter le passé qui s’adonne à correspondre, pour nous, au temps actuel. On imagine très bien un individu de notre futur maitrisant cette technologie revenir à notre époque pour miser sur les numéros gagnants de la loterie. L’humain étant ce qu’il est, il ne se contenterait pas de gagner une seule fois, mais il gagnerait certainement plusieurs fois. Les chances sont très fortes qu’on repère une anomalie statistique grave. Qui plus est, une technologie fonctionnelle se limite rarement à être utilisée par un seul individu. Il y aurait donc une foule de voyageurs temporels qui viendraient régulièrement faire le plein d’argent, tuer le futur amant de leur femme, sauver leur amoureux d’une mort certaine et faire toutes sortes de trucs dingues incompréhensibles pour nous, mais parfaitement logiques pour ces voyageurs. Les gestes aberrants pulluleraient. À ma connaissance, ce scénario dantesque n’a pas encore été entrevu. C’est donc que dans notre futur les gens n’utilisent pas les régressions temporelles. Et si notre futur en est exempt, cette technologie n’existera tout simplement pas. Ni dans un futur immédiat ni dans un futur lointain. Supposer que des voyages temporaux dans le passé existeront engendre un effet imprévu relativement peu connu. Nous pouvons dès maintenant affirmer avec un bon niveau de certitude, à partir d’observations du présent, si cet avenir sera réel ou non. Et tout porte à croire que nous pouvons dormir sur nos deux oreilles. Notre descendance ne viendra pas nous zigouiller simplement pour le plaisir de générer un paradoxe temporel.

Certains scientifiques sont prêts à prétendre qu’ils pourraient exister. Par contre, ils croient que ces voyageurs seraient incapables d’interagir avec le passé. Ils seraient comme des fantômes, incapables de déplacer un objet, encore moins de tuer leur aïeul. Par contre, ils pourraient prouver que Trump s’est servi des Russes pour gagner ses élections. Ce serait un formidable outil d’investigation.

Un autre argument militant contre les voyages temporels est la loi de conservation de l’énergie. On sait qu’on ne peut pas en créer ni en détruire, seulement en transformer. Un voyage dans le passé violerait également la loi de conservation de l’énergie. En remontant le temps, de l’énergie se crée en amont (dans le passé) et disparait en aval (dans le futur). Un voyage temporel déplace de l’énergie. Donc, à un moment précis, une certaine quantité d’énergie disparaitrait pour apparaitre dans un autre espace-temps. L’énergie n’est donc plus égale en tout temps. La question reste à savoir si l’univers pourrait maintenir le bon compte par un procédé quelconque. À ce que je sache, les atomes ne sont pas identifiés. En matérialisant dans le passé une certaine quantité d’énergie supplémentaire, l’univers pourrait détruire une masse équivalente d’atomes. Mais lesquels? Le choix se ferait de quelle façon?

On peut, bien entendu, bafouer toutes les règles de physique lorsqu’il est question d’un film ou d’une série télévisée. Mais dans la vraie vie, l’Univers possède certainement des lois incontournables. La conservation de l’énergie et le principe de causalité en sont peut-être deux qui résisteront toujours à notre désir et à notre volonté de les tordre à notre avantage.

Alors, profitez bien des films et des séries télé sur ce sujet s’ils ne vous causent aucun désagrément, car on n’est pas prêt d’en expérimenter ses effets de sitôt. Je vous déconseille toutefois de regarder le premier Superman qui, pour voyager dans le passé afin de sauver sa copine, a eu la fabuleuse idée de faire tourner la Terre en sens contraire ! Quand je parlais d’idioties, celle-là remporte la palme. 

Dans le prochain article, je m’attaque à un autre monstre sacré du cinéma: les extraterrestres. Mais pas n’importe lesquels. Ne le ratez pas et surtout, prévoyez une lecture d’une dizaine de minutes.

Énergie ? Mais laquelle ?

Je me promène plus ou moins régulièrement sur YouTube et d’autres sites semblables pour écouter des reportages sur divers sujets. J’y vois souvent des individus totalement ignorants pérorer autour de certains principes scientifiques en croyant avoir découvert une faille majeure dans telle ou telle théorie. Ils en profitent alors pour déclarer haut et fort qu’on se fait emplir de mensonges éhontés et qu’eux seuls ont su découvrir la vérité. Un des sujets récurrents est sans conteste la fameuse loi E = mc2 de mon pote Albert.

Voici le raisonnement tenu par beaucoup de ces scientifrics. La lumière n’a pas de masse, donc dans l’équation E = mc2, m vaut zéro. Lorsqu’on multiplie n’importe quelle valeur, en l’occurrence c2, par zéro, on obtient toujours zéro. Donc l’énergie de la lumière vaut toujours zéro, ce qui est évidemment faux, tous les gens se faisant cuire la peau au soleil vous le diront. Donc la loi d’Einstein est fausse et les physiciens n’ont jamais relevé cette erreur, même après cinq années d’université à étudier comme des dingues.

À leur place, j’aurais au moins eu un petit doute sur la validité de leur raisonnement. Ce qu’ils n’ont pas cherché à savoir, c’est quelle énergie il est question dans la formule d’Einstein. Et effectivement, c’est l’« Énergie d’une masse au repos ». Il est donc tout à fait normal qu’une particule sans masse, comme le photon, ait une énergie de masse au repos valant zéro. Même Kim Jong-Un l’a compris puisqu’il ne conçoit pas ses bombes nucléaires à partir de photons.

Pour connaitre l’énergie véhiculée par une particule sans masse, on utilise la formule E = hv. La lettre h est la constante de Planck et v (lettre grecque nu) est la fréquence du photon (de l’onde électromagnétique). Puisque la fréquence v ne peut jamais être nulle et que la constante de Planck n’est évidemment pas nulle, toute onde électromagnétique possède une énergie E non nulle, même si son énergie de masse au repos vaut bien zéro.

Ce qui me sidère le plus dans tout cela, ce n’est pas l’ignorance de ceux qui tentent de discréditer les scientifiques, mais leur comportement malveillant. Plutôt que de traiter toute la communauté scientifique de charlatans devant public en déclarant qu’ils ont tous oublié la règle de l’élément absorbant de la multiplication (le zéro qui génère toujours un résultat égal à zéro), j’aurais esréré qu’ils auraient au moins dû demander conseil ou simplement ouvrir un navigateur web et effectuer une recherche que n’importe quel enfant du primaire peut exécuter avec succès. Au contraire, ils emplissent une piscine olympique d’insanités et la font avaler par la suite aux gens ayant tout juste suffisamment retenu certaines connaissances mathématiques ou scientifiques pour les croire.

Leur attitude irresponsable et condescendante n’est pas causée par une erreur qu’ils commettent, mais bien par une négligence crasse, ou pire, par une volonté de désinformer. Elle  a d’ailleurs reçu un numéro d’identification scientifique, oui oui, c’est le comportement  numéro « ID dix T ». Ou autrement écrit : « ID10T ».

 

Catastrophes et pensée magique.

La pensée magique existe, principalement chez ceux qui ne sont pas magiciens. Je suis toujours sidéré quoique de moins en moins avec l’âge, lorsque je constate le degré d’amateurisme, d’incompétence et de détachement qu’ont nos politiciens lorsque frappent des catastrophes comme celles ayant dernièrement dévasté les Antilles. Un ouragan, ce n’est pas une tornade ni un séisme. On le voit se développer plusieurs jours à l’avance et on sait prédire sa course et ses conséquences. Pourtant, les dirigeants semblent en perpétuel désarçonnement lorsque ce genre de malheur s’abat sur leurs concitoyens. Ils font acte de présence qu’on sent par pures obligations, les yeux virés ailleurs, rivés vers d’autres cieux moins chargés de nuages et de misères.

Ce sont pour ces raisons que je crains tant pour la survie de l’humanité durant mes jours d’optimisme et que je suis entièrement convaincu de son extinction lorsque je constate l’incapacité de nos dirigeants, et de nous-mêmes par association, à affronter adéquatement des événements d’une totale prévisibilité. Nos inutiles élus tentent ensuite de rassurer la population, alors que leur intérêt pour la chose ne dure que l’équivalent d’un vol d’avion et d’une brève déclaration sur le tarmac d’un aéroport situé en zone totalement sécuritaire à des dizaines de kilomètres des vrais miséreux, mis à part une belle mise en scène avec un poupon à demi effrayé, censé représenter notre amour et nos actes héroïques à l’égard de la population en détresse.

Les changements climatiques ne surprennent plus personne. Seuls les climatosceptiques peuvent se permettre de manifester de la surprise et, conséquemment, leur ânerie. Tous ceux qui prétendent faire partie de l’autre catégorie auraient pu préparer l’après-catastrophe… avant la catastrophe.

Mais il n’en est rien. Je suis fourbu, las de me répéter comme un grognon grincheux. Suis-je vraiment le seul capable de prévoir le prévisible? Nous sommes encore dans l’ère du Poisson et je sais pertinemment pourquoi. La prochaine ère serait celle du Verseau, signifiant les renversements. Espérons-le, pour la prospérité et la qualité de notre espèce qui en a manifestement bien besoin.

Trop intelligent pour être heureux ?

Voici un livre s’inscrivant un peu dans la même veine que la publication du Huffington Post proposé dans mon article d’hier. Il me fut conseillé par une amie surdouée œuvrant à Nantes avec de jeunes adultes surdoués et son fils l’est également. On peut dire qu’elle s’y connait bien, tout comme l’auteure de ce livre, Jeanne Siaud-Facchin, psychologue praticienne à Paris et à Marseille, spécialiste reconnue des surdoués.

Le titre du livre interroge puisque rien n’est absolu dans ce domaine. Il met cependant en lumière le rôle des émotions exacerbées chez la plupart de ces individus. Le livre est sans conteste optimiste puisqu’en apprivoisant sa personnalité, on permet au mieux-être de s’installer. Il ne guérit de rien, si ce n’est de l’ignorance. Et ici je pense non seulement à celle des surdoués envers eux-mêmes, mais également et surtout à celle des gens qui cohabitent, les côtoient ou interviennent auprès d’eux.

Ce livre apporte des démentis à certaines croyances, il permet de décoder ceux qui sont touchés par la douance intellectuelle et surtout, il apporte à ces personnes des moyens concrets pour mieux interagir avec leur entourage en leur donnant des clés d’interprétation qu’ils ne possèdent pas toujours. Car plusieurs défis les attendent au cours de leur vie d’adulte dont l’un est invariablement l’impression d’avoir été abandonné sur cette planète par des parents extraterrestres. Ils n’ont pas totalement tort puisque ce monde n’a pas été constitué de prime abord pour eux.

Et le bonheur dans tout ça ? Il consiste bien souvent à éviter certains pièges en les appréhendant. J’aime bien l’expression de l’auteure lorsqu’elle les nomme des « SurDouillets » et lorsqu’elle met en garde leur entourage en les décrivant comme « un cocktail explosif à manier avec grande précaution », ou qu’ils possèdent une « force fragile ».

Lorsque la douance apparait comme un défaut plutôt qu’un gift, ce livre précieux peut réellement faire la différence.