Extinctions et cycles

Il y a environ 252 millions d’années survenait la pire extinction de masse de l’histoire de la Terre, l’extinction Permien-Trias (P-Tr). Non, ce n’est pas celle correspondant à la disparition des dinosaures survenue voilà 66 millions d’années. C’est une autre et elle fut pire encore.

FinDinosaures

Si la cause de l’extinction Crétacé-Tertiaire (K-T), celle des dinosaures, est bien connue et généralement acceptée de la plupart des scientifiques, la bougie d’allumage de l’extinction du Permien-Trias (P-Tr) est beaucoup moins consensuelle. La chute d’une météorite est également évoquée pour expliquer pourquoi 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres ont disparu de la surface de la Terre puisque cette cause restera toujours la plus facile à démontrer.

TrouNoir1

On dénombre six extinctions massives incluant celle sévissant actuellement qui est causée par les activités humaines. Mis à part cette dernière dont la cause est unique, on dénombre 25 extinctions importantes ou massives depuis les 540 derniers millions d’années.

Les effets occasionnés par une météorite géante tombant sur la Terre sont assez bien connus. Des simulations numériques nous montrent la puissance d’un tel événement et l’étendue planétaire des dégâts. Des tremblements de terre de force 11 et des tsunamis géants ravagent la planète. Ensuite, la flore s’embrase puis disparait lorsque les retombées incandescentes font le tour de la terre. Puis l’hiver permanent prend la relève lorsque des centaines de volcans éperonnés par les séismes crachent sans relâche leurs éjecta de poussière durant des décennies. Ils saturent l’atmosphère d’acide sulfurique qui change drastiquement le pH des cours d’eau et des océans, tuant pratiquement toute vie sur Terre.

Manicouagan1.png

Cependant pour valider l’hypothèse d’une météorite, il faut retrouver le lieu d’où la catastrophe s’est produite. On doit donc chercher un astroblème pouvant être daté de cette époque et suffisamment grand pour correspondre à la taille d’une cicatrice laissée par un caillou céleste ayant causé cette hécatombe. Selon la nature du sol, un astroblème fait de 10 à 20 fois les dimensions de la météorite.

Le diamètre minimal de l’astéroïde tueur devrait au moins être l’équivalent de celui ayant fait disparaitre les dinosaures, c’est-à-dire 10 km. Cependant, puisque l’ampleur de l’extinction est bien plus importante, cette estimation est jugée minimale par plusieurs scientifiques. Certains parlent plutôt d’une météorite faisant 45 kilomètres de diamètre. Elle pourrait être tombée en Antarctique où une anomalie gravitationnelle de 600 km de diamètre a été décelée.

AntarctiqueAnomalie

Si l’hypothèse de la météorite s’avère probable et plutôt pratique pour expliquer l’extinction Permien-Trias, on ne peut exclure d’autres causes dont certaines peuvent être cycliques. Par exemple, une autre extinction de masse, la deuxième en importance, s’est produite voilà 485 millions d’années. C’est l’extinction de l’Ordovicien-Silurien (O-S). La différence est de 233 millions d’années avec la suivante, moins de 10 % par rapport à 252 millions d’années. Et fait troublant, notre Soleil se déplace dans la Galaxie. Il tourne autour de son noyau en 220 ou 250 millions d’années. Ce chiffre est difficile à préciser, mais il correspond au 233 millions à 252 millions d’années.

J’ai ensuite calculé la différence moyenne de temps entre deux extinctions en utilisant la liste des 25 plus importantes disparitions recensées jusqu’à maintenant. Un cataclysme planétaire survient en moyenne à tous les 26 millions d’années. Il semble donc qu’un cycle existe réellement pour expliquer la majorité des extinctions survenues sur Terre.

SoleilPlanGalactique

Je me suis rappelé avoir appris que le Soleil oscille de haut en bas autour du plan galactique, passant en dessous puis revenant au-dessus selon un cycle d’environ 30 millions d’années. Toutefois, ce chiffre est entaché d’une marge d’erreur importante. En admettant que ce mouvement oscillatoire prenne 26 millions d’années plutôt que 30 millions, ce chiffre correspondrait très bien à la moyenne des extinctions importantes survenant sur Terre.

Ainsi, quelque chose se produirait lorsque la Terre passe à une certaine hauteur par rapport au plan galactique. Ce pourrait être une bouffée de rayons gamma, car l’atmosphère terrestre est fortement perturbée lorsqu’elle est attaquée par ces rayons énergétiques. La couche d’ozone disparait et sans elle, les rayons gamma attaquent tous les êtres vivants de la planète, causant des extinctions massives. Malheureusement, si les rayons gamma en sont la cause, il n’en reste plus aucune trace. Cette hypothèse ne pourra être validée que lors de la prochaine catastrophe !

GammaRays1

Voilà donc une autre menace à rajouter à notre calendrier des événements catastrophiques à survenir. Comme quoi il est dangereux de vivre dans notre Galaxie. Pourtant, elle semble bien plus sûre que d’autres univers-iles ayant un noyau très actif alors que le nôtre est en dormance.

La météo actuarielle

Enfin ! Les actuaires canadiens se sont jetés à l’eau dans le débat sur les changements climatiques. Ils espèrent montrer une image neutre et factuelle des tendances. En utilisant les données de la NOAA, ils ont tout particulièrement remarqué que depuis 1990 le climat a une tendance marquée à excéder les normales. Ils ont développé un indice qu’ils nomment « indice actuariel climatique » et depuis 2016, celui-ci démontre clairement une augmentation graduelle de la météo extrême.

Je vous en parlais dans deux de mes articles précédents, « Dérèglement climatique – vers le pire » et « Le silence pour contrer les dérèglements climatiques ». On ne peut pas constamment battre des records de températures, même si les normales restent à peu près les mêmes sans qu’il y ait dérèglement du climat. Les actuaires me donnent enfin raison et je les encourage vivement à poursuivre leurs études puisque leur expertise avec les chiffres finira peut-être enfin à enfoncer le dernier clou dans le cercueil des climatosceptiques.

Photo : ici-radio-canada.ca

Retour des animaux géants ?

Lorsque les proportions de la faune étaient gigantesques, entre autres comme dans le temps des dinosaures, les températures extérieures étaient nettement supérieures à celles d’aujourd’hui. Avec le réchauffement du climat, peut-on s’imaginer que la sélection naturelle privilégiera les animaux plus volumineux ? Sans l’influence de l’humain, il est fort probable que les dimensions s’accroitraient. Le problème est que les animaux géants ont besoin d’une plus grande quantité quotidienne de nourriture. Avec la déforestation généralisée, les herbivores n’y trouveraient pas leur compte. Et sans herbivores énormes, point de carnivores géants.

Sans nécessairement retrouver les monstres d’antan, il est toutefois possible que les dimensions des animaux s’accroissent. Pourquoi ? Pour évacuer la chaleur corporelle. Lorsque le différentiel entre la température corporelle interne et la température ambiante diminue, les animaux à sang chaud ont besoin d’une plus grande surface de peau pour réguler efficacement leur métabolisme. Et qui dit surface de peau accrue, dit proportions accrues.

Le problème est que si la nourriture supplémentaire vient à manquer, et elle va manquer, il y aura un déséquilibre qui entrainera la disparition des animaux. On peut donc s’attendre à une autre hécatombe occasionnée par la hausse des températures globales et l’impossibilité d’équilibrer la surface corporelle à cette nouvelle réalité.

On est en droit de se demander ce qu’il adviendra de l’humain. Serons-nous obligés de croitre pour les mêmes raisons ? C’est possible, mais pas certain. Avec tous nos climatiseurs, la pression pour augmenter notre surface corporelle sera amoindrie, sinon éliminée. L’inverse serait même possible puisqu’une personne de moindre taille a besoin de moins de nourriture, moins de protéines pour survivre.

Pourquoi je parle de notre survie ? Parce qu’il y a beaucoup trop d’humains sur la planète et la population ne cesse de croitre. L’apex n’est pas très loin et lorsqu’il sera atteint, on verra une dégringolade. Comment ? J’ai ma petite idée, mais ce sera le sujet d’un prochain article.

L’utilité véritable d’un trou noir

On se souvient tous de cette trilogie cinématographique particulièrement ingénieuse des frères Wachowski où un héros nommé Thomas Anderson (Neo) est éjecté de la Matrice lorsqu’il décide d’avaler la pilule rouge plutôt que la bleue. La scène montrant les millions sinon les milliards de cellules contenant chacune un être humain utilisé pour calculer les données de la Matrice, cette séquence est particulièrement dérangeante. À partir de ce moment charnière dans le film, on commence réellement à tracer des parallèles entre la vie des personnages à l’écran et notre propre vie pour finalement se poser la même question que Neo. Vivons-nous dans une sorte de Matrice où tout ce qui existe n’existe pas réellement ?

Les mathématiques décrivent si bien la Nature qu’elle pourrait très bien avoir été créée par un supercalculateur à partir d’une série d’équations accessibles selon le type d’objet. Les spirales sur les fleurs de tournesol et sur la peau des ananas, les taches sur celle d’un léopard, les zébrures des zèbres, les mouvements des galaxies, l’écoulement des fluides, la radioactivité, tous ces phénomènes naturels peuvent se réduire à des fonctions mathématiques plus ou moins complexes.

Certaines expériences comme la décorporation ou les expériences de mort imminente semblent nous amener ailleurs, hors de la Matrice dans laquelle nous vivrions. Comment peut-on expliquer que notre esprit voit des choses, des gens, des détails que nos yeux ne voient pas et n’ont jamais vus ?

Il existe des humains capables de voir à des distances phénoménales en se projetant hors de leur corps. Ils dessinent ce qu’ils ont vu. On compare ensuite leurs dessins à la réalité et dans certains cas, la ressemblance est troublante.

Et que dire de ces médiums qui voient ou qui ressentent les esprits ? On peut y croire ou non, mais les esprits, les fantômes, seraient probablement des gens séparés de leur matrice. Ce monde au-delà du nôtre pourrait bien être celui où l’on est vraiment né, celui auquel nous appartenons et celui dans lequel nous retournons après notre périple dans l’Univers que nous connaissons maintenant.

Ce qui me dérange, ce sont les coïncidences, les similitudes dans les témoignages dans les faits rapportés. Les hasards existent, mais quand ils s’accumulent, ça devient un complot. Ou autrement dit, c’est un système organisé, un processus en action, un programme informatique. Les mathématiques sont à la base de tout ce que l’on connait. Aujourd’hui, on reproduit presque tous les phénomènes naturels à partir du moment où l’on a trouvé des séries de formules adéquates et que l’on possède suffisamment de puissance de calcul pour les exécuter. On n’a qu’à regarder tous ces films d’action où l’on distingue de moins en moins les trucages.

CalculsMatrice

Plusieurs scientifiques moins coincés que d’autres croient en cette possibilité. Évidemment, ils n’affirment rien sans exiger des preuves, mais ils acceptent le concept, l’hypothèse que nous vivons dans un monde fabriqué. Notre ego terrestre ne serait qu’une partie de notre entité globale. Notre mort serait la déconnexion du cordon ombilical de la matrice, la pilule rouge, la pilule de cyanure. Bon, je ne tenterai pas l’expérience pour vous le prouver puisque je ne peux pas me reconnecter à notre matrice après ma mort afin d’en témoigner. Cette impossibilité du retour semble correspondre à une des règles fortes du monde de l’au-delà, une règle forte, mais peut-être pas impossible à contourner. Mais retournons maintenant à la trilogie de la Matrice pour aborder un dernier point important.

Neo vit deux existences séparées. Tout d’abord, sa vraie vie à bord du vaisseau Nabuchodonosor où il ne possède aucune qualité surnaturelle. Ensuite, il vit sa vie virtuelle lorsqu’il est connecté à la matrice où ses compétences s’accroissent et se développent au fil du temps. Tout commence par des séances de kung-fu, mais ce n’est que l’apéritif. On le voit ensuite devenir plus vite que l’éclair, stopper des lames d’acier, ensuite ce sont les balles de fusil qu’il plie à sa volonté. Il parvient à récupérer de blessures fatales, il sauve des vies virtuelles et il peut même littéralement voler au secours de ses amis.

Bon, sachant que cette vie est un fake, une simulation, on le comprend et on l’accepte. L’esprit de Neo s’adapte de plus en plus à la matrice, il l’oblige à calculer en utilisant des équations existantes, mais très peu employées. L’agent Smith en fait tout autant et ce qui est possible pour l’un est également possible pour l’autre. Ce ne sont, après tout, que des équations programmées à l’intérieur d’un ordinateur. La particularité des deux ennemis est de connaitre la façon d’accéder à ces programmes bien dissimulés dans la Matrice.

Il existe toutefois une scène dans le troisième film qu’il faut se rappeler. C’est celle où Neo et ses amis quittent leur vaisseau avant qu’il n’explose sous les bombes des pieuvres mécaniques. Mais ces monstres métalliques continuent de les poursuivre. Puis Neo ressent quelque chose qu’il comprend bien mieux maintenant. C’est la façon d’accéder à des programmes dissimulés. Mais il n’est plus raccordé à la Matrice, cette scène se passe dans la réalité. Pourtant, il parvient à stopper les pieuvres de la même façon qu’il stoppe les balles dans sa vie virtuelle.

Ma conclusion est donc une question. Neo vient-il d’accéder à une autre Matrice, plus puissante, plus grande, qui englobe la Matrice qu’il est en train de combattre ? Une matrice gigogne, une poupée russe qui ferait que sa vie réelle est en tout point comparable à sa vie virtuelle, mais à un niveau supérieur.

Galaxies.png

Pour prouver que notre vie est une simulation, les scientifiques nous proposent un moyen. Il faut repérer des anomalies systémiques, des ratées du système, des bogues informatiques. Dans notre vie de tous les jours, il est fort probable que nous soyons incapables de les remarquer. Mais les anomalies au niveau subatomique ou, à l’inverse, au niveau cosmologique pourraient être observées plus facilement.

Par exemple, on se pose bien des questions sur les trous noirs, car ils sont ce qu’on appelle une singularité. C’est une anomalie dans les équations mathématiques qui les créent. Ces dernières engendrent des infinis dans les calculs et ces infinis pourraient bien correspondre à un bogue du système informatique.

TrouNoirEsc

Selon moi, un trou noir, c’est comme la touche d’échappement (escape) sur notre clavier. Un moyen de sortir du programme informatique dans lequel nous sommes tous plongés.

Explosion d’un météore

Le 15 janvier dernier, un météore s’est invité dans notre atmosphère au-dessus de certains états du centre-nord des USA et plus particulièrement du Michigan ainsi qu’en Ontario au Canada. Il aurait explosé avant de toucher terre en créant une onde de choc et un tremblement de terre de faible amplitude. Il serait surprenant qu’on retrouve des météorites au sol. Il s’est récemment produit le même phénomène en Russie. Ce sont en soi des événements plutôt anodins même s’il existe un danger réel de bris de vitres pouvant nous causer des blessures, mais là n’est pas le vrai problème.

L’International Astronomical Union (IAU) répertorie les cailloux célestes pouvant potentiellement devenir une menace, les Potentially Hasardous Asteroids (PHA). Voici l’adresse vous permettant de voir cette liste. Par contre, les vraies menaces sont rares et actuellement, aucun des astéroïdes recensés ne représente une réelle menace pour nous. C’est-à-dire qu’aucun n’a plus de cent mètres de diamètre et en même temps une trajectoire qui l’amènera à moins 7,5 millions de km de la Terre.

Cependant, des astéroïdes non répertoriés continuent de nous pleuvoir sur la tête sans n’avoir jamais été détectés. Le plus médiatisé est certainement le météore de Tcheliabinsk qui a explosé dans le ciel de la Russie le 15 février 2013, faisant plusieurs blessés. Ainsi, la liste des 1 882 astéroïdes potentiellement dangereux actuels n’est rien à comparer à la vraie quantité rôdant au-dessus de nos têtes et risquant une incursion dans notre atmosphère.

Il s’est produit un événement de ce genre en 1908 en Russie (coudonc !) appelé « l’événement de la Toungouska ». Un astéroïde aurait explosé à haute altitude au-dessus de ce territoire, couchant d’un seul souffle soixante millions d’arbres sur une superficie de 1 200 kilomètres carrés et causant des dégâts sur plus de 30 000 kmfaisant de cet événement la pire catastrophe recensée impliquant un météore. Heureusement, ce territoire était inhabité et à ce que l’on sait il n’y eut aucune perte de vie. Le souffle de cette explosion équivaut à plusieurs centaines de fois le souffle des bombes nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki. Une telle catastrophe survenant aujourd’hui au-dessus d’une grande ville ferait des centaines de milliers de victimes.

toungouska-arbres.jpg

L’origine météorique est contestée à cause de l’absence d’astroblème et de résidus d’origine cométaire ou d’astéroïde. Plus récemment, des résidus auraient été retrouvés piégés dans la résine des arbres et dans la tourbe bien qu’aucune météorite n’ait été retrouvée au sol. Les autres possibilités impliquent des objets plus exotiques, donc bien plus hypothétiques, tels un trou noir, une boule de matière noire ou d’antimatière. Étant un adepte du rasoir d’Occam, je penche pour la raison la plus probable et la plus probante, soit un météore.

Aujourd’hui, on doit rajouter une autre possibilité qui n’existait pas en 1908, la chute d’un débris spatial.

debris-spatial

Ce phénomène est bien plus courant qu’il n’y parait et certaines parties de fusées conçues pour être d’une solidité à toute épreuve réussissent à tomber sur terre sans se désagréger. Sachant combien ces débris sont nombreux, attendez-vous à entendre parler régulièrement d’explosions de ce genre.

 

Astroblème de 600 km de diamètre au Québec

L’astroblème (cratère d’impact) a un diamètre deux fois plus grand que la plus grosse cicatrice météoritique terrestre visible connue à ce jour, soit l’astroblème de Vredefort en Afrique du Sud.

Le diamètre de la météorite géante à l’origine de l’astroblème de 600 km mesurait entre 50 et 70 km. En comparaison, l’astéroïde responsable de la disparition des dinosaures mesurait 10 km de diamètre.

Il nous faut des comparaisons pour bien saisir l’ampleur de l’empreinte laissée par ce caillou spatial démesuré. Le diamètre de son cratère d’impact équivaut à la distance Paris – Toulouse à vol d’oiseau ou à celle de Montréal – New York. Il a causé une cicatrice d’une superficie équivalente à celle de la moitié de la France métropolitaine ou de l’état entier du Nevada aux USA.

L’astroblème est situé au cœur du territoire québécois. Il serait vieux de 2,2 milliards d’années, si vieux que presque toutes les preuves se sont envolées, effacées par l’érosion, raison du scepticisme de la plupart des géologues. Mais voilà le problème, les méthodes utilisées normalement pour confirmer l’existence d’une cicatrice d’origine météoritique ne valent pas cher lorsqu’il est question d’une météorite de cette taille, lorsqu’il faut remonter aussi loin dans le temps sur un territoire aussi érodé que celui du Québec. 2,2 milliards d’années, c’est la moitié de l’âge de la Terre. C’est 33 fois l’âge de l’astroblème de Chicxulub au Mexique, lieu d’atterrissage de la météorite tueuse de dinosaures.

Toutefois, certains signes restent visibles à commencer par la forme de plusieurs lacs, dont le triple arc des lacs Mistassini et Albanel qui décrivent une partie d’un astroblème à anneaux multiples se formant lorsque certaines conditions sont réunies, dont les dimensions exceptionnelles de la météorite en cause. Les monts Otish au Nord et la ville de Québec au Sud délimitent l’astroblème.

Le géologue derrière cette affirmation extraordinaire est Dominique Forget. Il n’en est pas à ses premiers faits d’armes puisqu’il est à l’origine de la découverte des mines d’uranium au Québec. Il n’est pas le seul ni le premier québécois à croire en ce cratère d’impact, mais il fait certainement partie de ceux qui peuvent le prouver hors de tout doute.

Mis à part cet astroblème, le territoire québécois en compte neuf autres officiellement répertoriés. Toutefois, je me suis amusé à étudier la carte du Québec. On peut facilement apercevoir de nombreuses cicatrices circulaires qui pourraient très bien correspondre à d’autres astroblèmes. J’en ai dessiné une bonne douzaine non répertoriés. Nous oublions parfois que la croûte terrestre a été bombardée au moins aussi souvent que celle de la Lune, toutes proportions gardées. Nous n’avons qu’à regarder notre satellite naturel sur Google Moon pour voir comment cette surface est grenelée. Celle de la Terre présenterait au moins autant de cicatrices si le surfaçage permanent dont elle a été victime n’avait pas été à l’œuvre depuis ces temps immémoriaux.

À cause de l’âge exceptionnel et des dimensions importantes du territoire québécois, il est peut-être le seul endroit au monde où l’on pourra encore trouver des traces multiples de la chute de météorites. Mais pour ce faire, les mêmes géologues qui nient tous les astroblèmes terrestres sans nier pour autant ceux existant sur la Lune devraient cesser de se rebuter et commencent plutôt à chercher sérieusement les preuves dont ils ont besoin. Les signes leur parlent et ne mentent pas. Il serait temps qu’ils cessent de prétendre à leur mutisme et usent enfin d’imagination et de sueur au lieu de dénégation et de paresse.

Papillon terroriste

Si vous n’avez pas lu l’article d’hier, il vous manquera une partie importante, quoique pas essentielle, pour bien comprendre celui-ci. Hier, je badinais, mais aujourd’hui je suis sérieux.

Passons maintenant directement au cœur du sujet qui est ce qu’on appelle « l’effet papillon ». Vous connaissez ? Vous en avez entendu parler quelques fois ? Vous ignorez de quoi il s’agit ? Vous le savez et vous aimez ? Non, vous pensez aimer l’effet papillon, mais c’est faux. Vous le détestez, mais vous l’ignorez. Je m’explique.

Nous étions autrefois totalement incapables d’utiliser la loi de Newton pour expliquer certains phénomènes communs, mais étranges comme les vortex, la turbidité, l’écoulement des fluides et plusieurs autres phénomènes bien réels, mais chaotiques, imprévisibles. Le problème était que certains phénomènes physiques étaient hypersensibles aux conditions initiales, ce qui nous empêchait de les prévoir, donc de calculer des éventualités.

Une façon simple de comprendre ce que sont les conditions initiales hypersensibles, c’est avec les bandes sur une table de billard. Étant bien droite, la bande nous aide à faire des rebonds et ainsi à empocher des boules qu’un tir direct nous empêcherait d’obtenir. Ce n’est pas facile, mais on peut améliorer nos prédictions sur la trajectoire de la boule avec beaucoup de pratique.

Imaginez maintenant que votre bande est pliée et forme une concavité. Dans certaines conditions, votre boule de billard reviendra presque toujours sur le bout de votre baguette. Il est alors bien plus facile de prévoir le comportement de la boule qui ne cesse de revenir presque à la même place. La prédiction de la trajectoire de la boule devient beaucoup plus précise.

Maintenant, inversons le sens de la courbure de la bande pour la rendre convexe. Là, c’est exactement le contraire qui se produit. Avec des trajectoires initiales presque pareilles, la boule ne cesse d’aller n’importe où. Nous sommes rendus incapables de prévoir la trajectoire précise de la boule après le rebond sur la bande convexe. Notre système est rendu trop sensible aux conditions initiales pour oser prédire avec précision sa trajectoire.

Autrefois, les prévisions météo professionnelles étaient faites empiriquement, en se servant uniquement de l’historique. Mêmes conditions initiales, même résultat attendu. Le problème est vite apparu, ces prévisions étaient bien plus souvent erronées que justes. Pourquoi ? Parce que les systèmes météorologiques réagissent comme notre bande convexe, mais en bien pire. Les paramètres suivent des courbes exponentielles. De petits changements initiaux occasionnent de très gros changements finaux, mais aussi, le nombre de ces paramètres à tenir en compte est ahurissant. C’est pourquoi les systèmes météo, comme bien d’autres d’ailleurs, sont qualifiés « d’instables », de « chaotiques ». Mais ces chaos ne sont pas incompréhensibles et de nombreux spécialistes s’attaquèrent aux systèmes instables, dont le météorologue Edward Lorenz.

Et c’est là que pour donner une « image » des grandes instabilités, Lorenz posa une question sur la forme d’une métaphore lors d’une conférence qu’il donnait en 1972 que je qualifierais de regrettable et dont la réponse, en admettant qu’il faille y répondre sérieusement, aurait évidemment été « non ».

Sa métaphore est : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ».

Ce n’est pas tant la métaphore qui est idiote puisque c’est une métaphore, ni Lorenz lui-même, l’auteur de cette métaphore, ni même le commun des mortels, mais bien la panoplie de scientifiques qui ont commencé à répandre cette question comme si c’était une affirmation scientifique véridique, reconnue et avérée et qui l’utilisaient de la sorte à toutes les sauces, en étant probablement incapables de comprendre que ce n’était qu’une métaphore.

Jamais un papillon en battant des ailes n’a engendré la moindre tempête sur la planète. Pas plus qu’un oiseau (un Corbot, peut-être), ni même un avion. Pourquoi ? C’est bien simple. Si ça avait été le cas, avec le calcul des probabilités, nous vivrions dans une tornade permanente et à l’évidence, vous le constatez, ce n’est pas le cas.

Alors j’exhorte tous les scientifiques et aussi ceux qui croient l’être devenus pour avoir réussi un jour à passer des examens, mais qui n’ont pas la moindre parcelle de jugeote, je les exhorte tous, non seulement à cesser d’affirmer la métaphore du papillon, mais également à expliquer à ceux qui, par leur faute, ont cru que c’était possible, de donner la vraie et la seule réponse possible à la question de Lorenz : non. Il n’est pas possible que le battement d’ailes d’un papillon au Brésil puisse provoquer une tornade au Texas ni dans aucun autre état d’ailleurs. Trouvez des exemples plus probants et véridiques comme mes bandes de tables de billard pour expliquer ce qu’est l’instabilité et l’hypersensibilité aux conditions initiales.

Ce n’est pas seulement par les statistiques qu’on prouve que la métaphore du papillon est inexacte. La science de la météorologie s’est énormément améliorée depuis 1972 et nos connaissances sur le chaos, les systèmes chaotiques, se sont grandement raffinées. Toutefois, nul besoin de ces connaissances modernes pour prouver que la réponse à la question de Lorenz est non. La friction des molécules d’air entre elles empêche d’avoir un effet amplificateur, exponentiel, à boucle de rétroaction positive. Rien ne peut résulter d’un tel mouvement d’air dont l’énergie est immédiatement atténuée et dispersée. Des causes des trillions de fois plus intenses que le battement d’ailes d’un papillon ne parviennent même pas à créer des tornades. Alors peut-on changer de métaphore et laisser les papillons voler en paix ou va-t-il falloir les ficher comme terroristes pour avoir fabriqué des armes de destruction massive ?

Le débat est clos. La cause a été entendue et jugée. Maintenant, passons à autre chose et parlons du chaos correctement en utilisant enfin des exemples adéquats. Laissez donc les papillons en paix. Ou laissez-les seulement causer une tornade dans votre estomac quand vous rencontrerez l’amour de votre vie ! Vous posséderez un contre-argument valable à me présenter pour prouver que l’effet papillon… dans l’estomac c’est possible en fin de compte.

Un si détestable papillon !

Oui, je sais, nous ne sommes pas dans la saison des papillons. Vous ne m’apprenez rien, je suis sorti dehors pas plus tard qu’aujourd’hui et la pluie verglaçante, les bancs de neige et le bal des déneigeuses me l’ont clairement montré. Alors pourquoi un papillon me ferait-il rager en plein cœur de l’hiver ? C’est que je parle d’un foutu papillon coriace, une teigne indécrottable, un papillon de calibre himalayen. Vous le voyez ? Non ? Attendez un peu et vous comprendrez tout.

Ouais, je vois votre petit sourire en coin, votre œil condescendant et votre main me tapotant le dos en me disant que tout ira mieux demain tout en sachant pertinemment que demain, rien n’aura changé. LeCorbot fait de la fièvre à l’année, il pète des bulles que lui seul voit, il saute une coche ou des coches sans préalablement préparer convenablement ses lecteurs ahuris.

Bon, j’avoue, être LeCorbot à longueur d’année, ça joue sur les nerfs, les vôtres, mais surtout les miens. Je suis quand même assis dans la première rangée, je vous le signale et s’il réussit à m’énerver, je vous imagine stressés et je vous plains. Mais vous ne connaissez pas ce putain de papillon, sinon vous seriez vous aussi en train de mordre les sangles de la chemise blanche à très longues manches qu’on vient de me passer ! Comment fais-je pour écrire ? J’ai du nez, ça aide, il ne faut pas se presser. Et puisqu’on vient tout juste de me signifier que je passerai un méchant bout de temps en dedans, j’ai tout mon temps.

Je pousse des jurons que très rarement, mais là, franchement, je n’en peux plus. Le prochain qui me parle de cet enfoiré de papillon, je lui ferai subir les affres de mes incantations vaudou, version 2.0. Oui, je viens de les améliorer en égorgeant, en étripant, en écartelant et en faisant brûler la fameuse marmotte censée prédire sous peu l’arrivée du printemps. Oui, oui, j’avoue, certains animaux me tournent en bourrique. Hé ! Bourrique, c’est un âne, alors le compte est maintenant rendu à 3. Un papillon, une marmotte et maintenant un âne. Ne manque plus qu’un poisson pour compléter ma collection des animaux peuplant tous les écosystèmes de mon intolérance.

Mais avant, juste avant de me considérer irrémédiablement cinglé pour oser m’en prendre à une créature aussi inoffensive que le gentil papillon gnan ! gnan !, donnez-moi la chance de prouver mon point et vous direz comme moi, quoique j’en doute, vade retro papilio satana.

Bon, voilà que mon nez coule à cause de la grippe. Il m’est impossible pour l’instant de vous écrire sans faire risquer la noyade à mon clavier. Vous devrez attendre demain pour enfin savoir pourquoi cette infernale bestiole me rend aussi fou. Non, c’est vrai, j’étais fou bien avant de la rencontrer, mais elle n’a absolument rien arrangé. Demain, je vous le promets, vous saurez pourquoi ce papillon me tape autant sur le système.

Ne soyez pas triste de cette attente forcée. Dites-vous au contraire que vous aurez vécu un jour de plus dans votre vie sans avoir connu ce détestable fléau qui vous poursuivra par la suite, sans relâche, pour le reste de votre existence soudainement devenue misérable, pour ne pas dire minable, pour les siècles à venir.

Demain, je vous promets de me forcer à ne pas donner des noms d’oiseaux au vilain papillon et à passer directement au propos principal. Tiens, ça me fait penser, je vais déposer une plainte à l’Académie de la langue française pour qu’on cesse d’associer les noms d’oiseaux à des jurons pour les remplacer par des noms de papillons, bien plus signifiants à mon avis. Entre ces deux espèces volantes, vous verrez, une vilenie sans aucune commune mesure émane du papillon.

Il faut bien que je défende ma propre espèce ! Sinon, qui le fera ? Certainement pas le papillon ! Avec toutes mes insultes, sa complicité avec ceux-là mêmes qui m’ont enfilé une camisole au style très peu tendance est fortement suspecte.

Je vous laisse, je dois me moucher… mais comment vais-je bien m’y prendre ?

Photo : planete.qc.ca

Des dimensions étourdissantes

Je me rappelle mes premiers cours de géométrie. Ça commençait par la notion de dimension. Un seul point, minuscule, aucune dimension puisqu’il ne s’étire dans aucune direction. Puis de fut une ligne, une dimension. Ensuite un carré, deux dimensions. Et finalement un cube, trois dimensions. J’avais rapidement saisi le concept. Ce n’était pas très compliqué, c’était logique. Plus tard, j’ai appris qu’on pouvait dessiner des dimensions supérieures à trois. Il suffisait de faire la même chose que lorsqu’on déplie un cube pour le regarder étalé sur une table. Ça réduit le cube de dimension 3 à un étalement, souvent dessiné en croix, de six carrés de dimension 2, donc sur un seul et même plan.

Il est donc possible de dessiner en trois dimensions un cube de dimension 4, un hypercube, en le dépliant sous forme de 6 cubes souvent également étalés en forme de croix. Une peinture intitulée « Corpus Hypercubus » de Salvador Dalí montre ce dépliement que vous voyez au sommet de cet article. Ensuite, voir clairement 5 dimensions ou plus, le truc de dépliement ne fonctionne plus vraiment, mais ce n’est pas une raison pour penser que ça n’existe pas. En mathématique, 12 variables créent un objet à 12 dimensions. Ça ne se visualise pas, mais ça se comprend et ça se calcule quand même.

J’avais pensé, innocemment, que l’histoire des dimensions était terminée. 3, 5 ou 11 dimensions, j’avais compris le principe. Cependant, l’histoire autour des dimensions ne se termine pas ainsi.

Si je prends un cube de métal de 2 cm de côté, son volume est de 8cm3. Facile. Mais si je prends une éponge, un pain de sucre ou un morceau d’emmenthal aux mêmes proportions, est-ce que son volume est aussi 8 cm3 ? On comprend que ces cubes possèdent des vides et que, même si leurs volumes externes sont semblables au cube métallique, il leur manque de la matière pour équivaloir à la même quantité de matière que le cube de métal.

Et c’est là l’idée formidable qu’a eue Benoît Mandelbrot de donner aux cubes non pleins une valeur de dimension inférieure à 3, mais évidemment supérieure à 2 qui n’est qu’une surface plane. Une dimension comprise entre 2 et 3. Ainsi, son nombre de dimensions est nécessairement un chiffre qui n’est pas un entier.

Donc, si vous voulez piéger quelqu’un avec une colle, demandez-lui combien de dimensions possède une éponge. Bien entendu, tout dépend de la structure des cavités de l’éponge. Par exemple, il existe un type d’éponge mathématiquement créé qu’on appelle une éponge de Menger dont son nombre de dimensions est de 2,7268, soit environ 3/4, plus grand que 2, mais plus petit que 3. Ce principe des dimensions fractionnaires fonctionne avec n’importe quel nombre de dimensions de base.

À partir du moment où le principe des dimensions fractionnaires est compris, tout ce que la nature nous montre n’est plus jamais regardé avec les mêmes yeux qu’ils soient éclairs, montagnes, arbres, rivages et, bien sûr, une meule de gruyère.

photo : lbc9.net

Séisme majeur au Honduras

Mon appli SEISME m’indique une magnitude de 7,8 au Honduras. Ça frise le méga tremblement de terre. Je reçois ensuite une alerte au tsunami !

Ce n’est pas du côté de l’océan pacifique comme je l’imaginais d’emblée, mais du côté de la mer des Caraïbes. C’est pire. Bien pire. La mer et la plaque continentale du côté est de l’Amérique, qu’on appelait Centrale auparavant, ne sont pas du tout comparables à celles du côté de l’océan Pacifique. Il est 22 h 23 et je prie que l’alerte au tsunami ait été entendue.

Ce n’est pas en plein jour, mais bien des gens dorment en ce moment. Fuyez en hauteur ! Vite ! Je crains tellement les nouvelles à tomber bientôt sur les fils de presse !