Explosion d’un météore

Le 15 janvier dernier, un météore s’est invité dans notre atmosphère au-dessus de certains états du centre-nord des USA et plus particulièrement du Michigan ainsi qu’en Ontario au Canada. Il aurait explosé avant de toucher terre en créant une onde de choc et un tremblement de terre de faible amplitude. Il serait surprenant qu’on retrouve des météorites au sol. Il s’est récemment produit le même phénomène en Russie. Ce sont en soi des événements plutôt anodins même s’il existe un danger réel de bris de vitres pouvant nous causer des blessures, mais là n’est pas le vrai problème.

L’International Astronomical Union (IAU) répertorie les cailloux célestes pouvant potentiellement devenir une menace, les Potentially Hasardous Asteroids (PHA). Voici l’adresse vous permettant de voir cette liste. Par contre, les vraies menaces sont rares et actuellement, aucun des astéroïdes recensés ne représente une réelle menace pour nous. C’est-à-dire qu’aucun n’a plus de cent mètres de diamètre et en même temps une trajectoire qui l’amènera à moins 7,5 millions de km de la Terre.

Cependant, des astéroïdes non répertoriés continuent de nous pleuvoir sur la tête sans n’avoir jamais été détectés. Le plus médiatisé est certainement le météore de Tcheliabinsk qui a explosé dans le ciel de la Russie le 15 février 2013, faisant plusieurs blessés. Ainsi, la liste des 1 882 astéroïdes potentiellement dangereux actuels n’est rien à comparer à la vraie quantité rôdant au-dessus de nos têtes et risquant une incursion dans notre atmosphère.

Il s’est produit un événement de ce genre en 1908 en Russie (coudonc !) appelé « l’événement de la Toungouska ». Un astéroïde aurait explosé à haute altitude au-dessus de ce territoire, couchant d’un seul souffle soixante millions d’arbres sur une superficie de 1 200 kilomètres carrés et causant des dégâts sur plus de 30 000 kmfaisant de cet événement la pire catastrophe recensée impliquant un météore. Heureusement, ce territoire était inhabité et à ce que l’on sait il n’y eut aucune perte de vie. Le souffle de cette explosion équivaut à plusieurs centaines de fois le souffle des bombes nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki. Une telle catastrophe survenant aujourd’hui au-dessus d’une grande ville ferait des centaines de milliers de victimes.

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L’origine météorique est contestée à cause de l’absence d’astroblème et de résidus d’origine cométaire ou d’astéroïde. Plus récemment, des résidus auraient été retrouvés piégés dans la résine des arbres et dans la tourbe bien qu’aucune météorite n’ait été retrouvée au sol. Les autres possibilités impliquent des objets plus exotiques, donc bien plus hypothétiques, tels un trou noir, une boule de matière noire ou d’antimatière. Étant un adepte du rasoir d’Occam, je penche pour la raison la plus probable et la plus probante, soit un météore.

Aujourd’hui, on doit rajouter une autre possibilité qui n’existait pas en 1908, la chute d’un débris spatial.

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Ce phénomène est bien plus courant qu’il n’y parait et certaines parties de fusées conçues pour être d’une solidité à toute épreuve réussissent à tomber sur terre sans se désagréger. Sachant combien ces débris sont nombreux, attendez-vous à entendre parler régulièrement d’explosions de ce genre.

 

Jeu de pouvoir

Aujourd’hui, j’aimerais proposer un sujet de réflexion dans une forme différente. On pourrait en dire long sur ce sujet, mais j’ai préféré le faire sous la forme d’un simple quatrain. Le texte est extrait d’une discussion tenue entre deux de mes personnages. Il a ensuite et adapté puis mis en forme pour les besoins présents. Parfois, en dire moins permet d’en dire plus puisque le silence permet au lecteur d’y faire correspondre ses propres expériences. Voici donc le quatrain.

On me traite de paranoïaque
Cette insulte ne m’est pas destinée
Elle s’adresse à ceux qui pourraient me croire
Car mes dénigreurs se savent maintenant démasqués

Image : we-heart.com

Le choix

« Le choix est une illusion créée par ceux possédant le pouvoir pour ceux qui en sont privés »

Cette réplique (une traduction personnelle) vient du film « La Matrice rechargée ». Le Mérovingien lance cette affirmation à Néo quand ce dernier lui dit qu’il existe toujours un choix.

Nos choix ne sont-ils qu’apparents ? Y aurait-il un Grand Horloger qui voit tout venir et qui déplace les pilules en nous laissant l’impression qu’on a réellement choisi la pilule rouge parmi les autres ? Les autres pilules n’existaient peut-être pas réellement et notre cerveau a choisi la seule vraie parmi la seule possible.

La question du choix engendre des théories scientifiques sérieuses, mais totalement loufoques comme un dédoublement de l’Univers à chaque fois que nous ferions un choix.

Mais d’où provient l’énergie pour engendrer un second Univers semblable au premier à la différence près que l’un est constitué de mon choix A et l’autre de mon choix B ?

Par quel mécanisme ce dédoublement est-il produit ? Quel type de choix est un choix valide ou pas pour générer un nouvel Univers ? Lorsqu’on choisit parmi une liste de 200 possibilités, y a-t-il création de 199 autre Univers ?

Les scientifiques qui croient à ce genre de stupidité cherchent une solution dans des directions qui invalideraient toutes les autres théories physiques, dont celle de la conservation de l’énergie et de l’énergie requise pour structurer un Univers depuis ses débuts isotropes jusqu’à un Univers organisé et structuré comme est le nôtre à l’heure actuelle. C’est ni plus ni moins de faire intervenir un Créateur omnipotent, même s’ils se défendent bien de ça.

C’est vrai que la physique quantique pousse notre raison dans ses derniers retranchements, mais je suis convaincu qu’elle ne viole pas la loi de la conservation d’énergie ni la dépense d’énergie requise (entropie) pour créer des structures inhomogènes de plus en plus complexes.

Niels Bohr, l’un des piliers de la physique quantique, avait laissé entendre que la loi de la conservation d’énergie était violable, mais il fut débouté par la mise en place de la théorie de la chromodynamique quantique qui a fini par expliquer ce qui paraissait être une violation de la conservation d’énergie. Faut croire que certains scientifiques s’amusent à réinventer des théories violant pas juste un peu cette loi, mais la violant à des échelles plus qu’astronomiques.

Une fête païenne re-recyclée

Selon plusieurs études, Jésus ne serait pas né à ce temps-ci de l’année. Si l’on fête sa naissance à ce moment précis, c’est pour retrancher une fête païenne, celle du solstice d’hiver. En empiétant sur cet événement très important chez les peuples de l’époque, petit à petit les gens ont cessé de fêter l’un pour fêter l’autre. La transition a été assurée, car elle s’est produite sans heurts et sans dénigrement.

Et une fois de plus, la société bascule vers une autre célébration, celle de la fin de l’année. Cet événement astronomique qui ramène les saisons constitue en fait un retour aux origines. Bien entendu, on ne doute plus que le Soleil reprendra sa course ascendante dans les cieux, mais dans les faits, c’est bien de cet événement qu’il est question lorsqu’on parle de la fin de l’année. Le retour de l’ascension du Soleil et l’augmentation du temps d’ensoleillement.

Évidemment, cet événement astronomique ne met pas un terme à l’hiver puisque la Terre réagit lentement aux changements. Ça lui prendra bien trois mois avant que ses rayons soient suffisamment puissants pour retrouver les premières fleurs.

Alors, joyeux Solstice à tous les humains de la Terre et aux autres !

Photo : Le Soleil

Deux proverbes chinois sur les doigts

Les proverbes chinois sont nombreux, y compris les faux.

Aujourd’hui, un vrai et un faux portant sur les doigts. Vous n’aurez aucune difficulté à découvrir l’intrus.

À un étranger qui demande pourquoi les tasses chinoises ne sont pas munies d’une anse afin d’éviter de se brûler les doigts, le chinois lui répond :  « Si c’est trop chaud pour vos doigts, c’est trop chaud pour votre bouche ». Logique imparable.

Et le second est une déclinaison sur le thème cause – effet. « En s’endormant avec la raie qui pique, on se lève avec le doigt qui pue ».

Avez-vous découvert le faux proverbe ?

Ce que je pense du dernier Star Wars

La première hier soir s’est déroulée dans une salle passablement bondée et une salve d’applaudissements a accueilli le début de la projection.

Produit par le petit génie J.J. Abrams, je m’attendais à une exécution sans fautes. Mes attentes étaient peut-être trop élevées. Ce film ne m’a pas convaincu que ce huitième épisode valait vraiment la peine d’être porté à l’écran.

C’est vrai, je suis passablement critique en ce qui concerne les scénarios. Déformation professionnelle ? Je dirais plutôt que je n’aime pas me faire charrier.

L’histoire manque sincèrement de nouveautés, mais ma critique ne s’arrête pas là. Voici quelques exemples des stupidités répertoriées.

Une huitaine de bombardiers de la Résistance arrivent face à un cuirassé ennemi. Plutôt que de déclencher leurs bombes, ils attendent patiemment de se faire détruire les uns après les autres. Non, mais, s’ils n’avaient pas l’intention d’attaquer, ils avaient juste à rester à la maison. Et cette scène se passe au tout début du film. Ça commençait plutôt mal.

En fait, tout le long du film, la Résistance se fait canarder souvent bien inutilement. Si j’avais été général de cette armée de corniauds, je me serais suicidé, ce que ne manque pas de faire la générale, mais seulement après avoir regardé, inutile, ses troupes se faire décimer presque jusqu’au dernier. Et soudain, éclair de génie, elle décide de lancer son vaisseau sur le destroyer ennemi. Aucun coup de canon, rien. Et paf, elle se réveille tout d’un coup en se disant qu’elle pourrait peut-être faire quelque chose pour les siens en jouant au kamikaze.

Bon, l’objectif était justement de décimer la Résistance quasiment jusqu’au dernier combattant, mais c’est fait avec tellement d’invraisemblances et de stupidité qu’on ne croit pas un seul instant qu’ils valaient la peine de survivre.

Et la scène finale qui s’annonçait épique avec le duel de Luke et de son neveu Ben s’est plutôt déroulée comme un pétard mouillé. Dix mille canons déversent tout leur contenu sur Luke qui s’en tire sans une égratignure et Ben qui ne comprend pas que ce n’est qu’une projection.

Et que dire des parents de l’héroïne Rey qui, après tant de secrets les entourant, finissent par lui être révélés. Des ferrailleurs qui l’ont vendue pour boire. Mais pourquoi Rey est en possession des pouvoirs de la Force ? Rien de rien. Niet. On ne le saura pas.

Les trois trilogies ne sont finalement que trois répétitions d’une même série dont les deux dernières trilogies auraient dû rester dans les cartons.

Et je révise mon appréciation de J.J. Abrams à la baisse. Très à la baisse.

Dérèglement climatique – vers le pire

Des chercheurs de l’université Stanford prévoient que les scénarios les plus pessimistes du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, prévaudront sur les autres prévisions moins alarmistes.

Rappelons que le GIEC ne fait aucune recherche scientifique, par contre il collige toutes les études publiées sur l’évolution du climat. Il tente ensuite d’en tirer plusieurs tendances suivant divers scénarios allant du plus optimiste au plus pessimiste.

Le GIEC est important puisque personne n’a le goût ni le temps de lire ces études une à une et de faire le travail de synthèse qui s’impose pour comprendre où va la planète.

Ce que les chercheurs de Stanford ont publié tend à se rapprocher des conclusions les moins favorables du GIEC, mais je ne suis pas surpris et voilà pourquoi.

Au début de son mandat, Le GIEC a été fustigé et insulté d’être alarmiste et irréaliste. Il a ensuite été soumis à d’intenses pressions qui l’ont fait reculer. Ils ont alors ajusté leurs courbes d’évolution du climat en avalant des antidépresseurs et en enfilant des lunettes roses. Ils ont ainsi obtenu des courbes prédictives entièrement décalées vers le côté joyeux des axes. Il est donc normal de retrouver in fine des courbes de mesures réelles parfaitement alignées avec celles du GIEC qui prévoient le pire. Ces scénarios aujourd’hui anticipés par Stanford auraient dû se situer en plein cœur des courbes du GIEC.

Le GIEC s’est-il comporté comme un bon scientifique? nous a-t-il menti? Quelle est sa position aujourd’hui? Ces trois questions sont parfaitement légitimes. À l’évidence, il ne s’est pas comporté en bon scientifique puisqu’il a éliminé de son bilan les études les moins favorables, mais a conservé la plupart de celles prévoyant des changements moins importants et moins alarmistes. Dans le contexte où l’on collige une grande quantité d’études scientifiques, il est normal et même nécessaire d’en écarter une certaine quantité, car les études situées aux deux extrémités du spectre sont souvent biaisées par un protocole de recherche inadéquat, des données insuffisantes ou préalablement filtrées, ainsi que de la triche. En éliminant les extrêmes des deux côtés, le cumul des études restantes et la réalité devraient mieux concorder.

Toutefois, les études aux deux extrêmes n’ont pas reçu le même traitement. Au bout du compte, il est resté beaucoup plus d’études optimistes que pessimistes, ce qui engendre un important biais dans les conclusions tirées de toute cette manip antiscientifique.

Ce filtrage asymétrique a engendré des conclusions mitigées préjudiciables. De fait, les gens au pouvoir se fient généralement aux conclusions les moins contraignantes. En déplaçant artificiellement la moyenne dans cette direction, l’inaction devient presque acceptable alors qu’avec des résultats non biaisés, l’inaction aurait été critiquable. Les lobbyistes favorisant le statu quo ont donc obtenu une victoire éclatante sur la vérité.

Alors pourquoi ce groupe de travail, le GIEC, a-t-il agi ainsi, lui qui est composé de scientifiques aguerris? Les conséquences d’être resté neutre et franc l’auraient menacé d’extinction ou de remplacement de leurs membres clés, occasionnant un déplacement des prévisions encore plus important vers l’allégresse et un retard significatif dans l’émission des rapports. Mentir et tricher jusqu’à une limite «tolérable» nuisait moins à la cause du climat que d’être resté honnête et réaliste. Ce fut un geste de désespoir qui sera un jour décrié pour n’avoir pu tirer l’alarme à temps. Je suis certain que les auteurs du GIEC en sont pleinement conscients. Ils doivent être déchirés puisqu’ils ont sciemment enfreint leur code d’honneur en retranchant des poids de l’un des plateaux de la balance tout en laissant intact le second.

Les résultats de l’étude de Stanford apportent d’une certaine façon la preuve que le GIEC a été manipulé. D’autre part, on observe que ce dernier n’a pas outrepassé une certaine limite en pliant aux pressions et aux jeux de coulisses puisque les données de l’étude de Stanford concordent tout de même avec l’un des scénarios prévus par le GIEC, le pire. L’étude de Stanford n’est pas un cas isolé. D’autres études confirment la tendance réelle des changements climatiques à frôler et même à dépasser les scénarios les plus pessimistes du GIEC.

Sachant cet état de fait, il est important d’interpréter les rapports du GIEC en se focalisant sur les courbes les moins optimistes en imaginant que l’avenir leur ressemblera.

Photo : davidsuzuki.org

Assemblée générale de l’UNEQ

L’Union des écrivaines et des écrivains du Québec se réunissait en assemblée générale cet après-midi à la Grande Bibliothèque Nationale. J’y assistais pour la toute première fois et j’ai trouvé l’expérience fort agréable malgré l’aridité intrinsèque à ce genre d’activité.

J’ai été ravi de rencontrer les personnes formant le Conseil d’administration et l’Exécutif. Le dévouement et la compétence de toute l’équipe sont rassurants, car l’art que nous exerçons est probablement le plus mal reconnu et le plus mal rémunéré de toute la communauté artistique. De plus, les filous sont légion à chercher à abuser de notre travail. On entend sans cesse des histoires d’horreur, car nous sommes des travailleurs solitaires spécialisés dans la capacité de faire rêver les lecteurs. Négocier des contrats avantageux fait rarement partie de nos talents et bien des gens tentent de profiter de cette faiblesse. L’Union a plus que jamais son importance et elle remplit ses nombreux rôles avec beaucoup d’énergie, malgré des moyens plus que modestes.

Dans une autre vie, j’ai présidé durant plusieurs années le C.A. d’un organisme sans but lucratif. Le Code des assemblées délibérantes m’est revenu en mémoire sans trop de problèmes. Ça m’a permis de déposer une proposition qui a « écourté le débat d’une bonne cinquantaine de minutes » selon les dires du Directeur général avec lequel je m’entretenais après la rencontre. J’ai également reçu les remerciements de la Présidente tout juste avant mon départ pour avoir trouvé la procédure appropriée au traitement de la problématique mise à l’attention de l’Assemblée générale des membres.

J’ai été moi-même un peu surpris de retrouver intacts tous mes réflexes qui n’avaient pas été sollicités depuis plusieurs années. Mais c’est grâce au Président de l’Assemblée qui a joué son rôle à la perfection, répétant la proposition avec précision et clarté, sa portée et ses implications, que les membres moins habitués avec la mécanique des délibérations ont pu la comprendre et voter en connaissance de cause.

Nous avons ensuite été reçus pour un cocktail à la Maison des écrivains située tout près de la Grande Bibliothèque où j’ai pu discuter avec des confrères et consœurs, partageant nos parcours et nos expériences réciproques. Nous vivons généralement notre art dans la solitude. Alors ces moments d’échanges, fussent-ils brefs, m’ont apporté beaucoup de satisfactions et de plaisirs. Une connivence nous unit fortement, car nous travaillons tous à l’élaboration de cette immense tapisserie collective que constitue la transmission de notre culture, travail qui se tisse sans relâche, jour après jour, mot après mot, œuvre après œuvre, sur le métier des arts de l’écriture pour que cette réalisation incessante puisse être léguée aux générations présentes et futures.

Et de cent !

Voilà, ceci est le centième article de mon blogue. Au fil du temps, j’ai ratissé assez large, passant de la géologie à la musique, du volcanisme à la psychologie, de l’astrophysique à quelques tranches de vie, de la physique quantique aux extraterrestres, de la poésie à la cosmologie, et j’en passe.

Dès sa naissance, j’avais voulu faire de ce blogue un espace de lecture diversifié et je pense avoir atteint cet objectif. En surfant à partir du calendrier, le lecteur est amené à découvrir quelques une de mes pensées, des vulgarisations scientifiques et quelques tranches de vie, quoique je suis plutôt scrupuleux sur ce point. Je n’aime pas trop parler de moi. Ça semble contraire à la logique d’un blogue, mais je prends beaucoup plus de plaisir à parler d’une panoplie de sujets différents que de faire étalage de mes activités quotidiennes pour lesquelles le public aurait tôt fait de s’ennuyer. Pas parce que ma vie est d’une platitude mortelle, mais parce que j’aurais probablement tendance à couper court, à me débarrasser des exigences que requièrent les travaux de composition et de correction de qualité acceptable.

Ayant enseigné plusieurs années, je sais que la vulgarisation d’un sujet technique passe par une présentation sans omission. Toutes les tranches peuvent être résumées ou comprimées, mais elles doivent à tout prix former une chaine d’éléments tous raccordés les uns aux autres. Cette exigence m’oblige donc à présenter certains détails qui accroissent la longueur de mes articles. Tant pis, je laisse au lecteur le soin de sauter par-dessus certains paragraphes, mais pour ceux qui s’intéressent vraiment au sujet mis en scène cette journée-là, ils ne souffriront pas d’une présentation illogique ou incomplète.

J’espère que vous avez trouvé plaisant de lire certains articles. Pour moi, vous écrire a été une source continuelle de contentement et de bonheur. J’entame la deuxième centaine d’articles avec le même enthousiasme qu’au tout début.

J’aimerais également remercier tous les lecteurs qui se sont abonnés ou qui me lisent occasionnellement et qui prennent le temps d’inscrire un « j’aime » d’appréciation. Ce sont comme des baisers, on ne s’en lasse jamais. Et par-dessus le marché, aucun risque d’attraper un feu sauvage. Oui, oui, vous, mes amis non québécois, vous le connaissez sous le nom de bouton de fièvre, je crois. Mais pour tous, je peux affirmer que personne n’attrapera l’herpès labial. Merci pour votre assiduité. Et aux nouveaux lecteurs, vous avez une banque bien garnie d’articles en réserve. 

Alors, ne ratez pas le cent-unième article, à très bientôt.

Édition et désinvolture

Dans le milieu de l’édition de livres, l’innovation est devenue nécessaire et pas simplement par rapport au contenu. Cette pression qu’ont les éditeurs s’exprime de différentes façons. Certains d’entre eux essayent d’appliquer indistinctement la recette gagnante d’autrefois, alors qu’à l’autre bout du spectre, d’autres cherchent par tous les moyens à couper les frais au maximum.

L’affluence importante et même grandissante aux kiosques des salons du livre semble démentir ce besoin d’innover, c’est le grand paradoxe du moment, car il est inutile de le cacher, l’édition du livre vit une crise technologique et générationnelle.

C’est toujours étonnant d’entendre parler des écrivains qui ont vainement tenté de trouver un éditeur pendant plusieurs années et qu’ils ont obtenu un franc succès et même remporté plusieurs prix littéraires en utilisant des méthodes d’édition non conventionnelles. Les professionnels du domaine de l’édition sont-ils totalement dépassés qu’ils ne comprennent plus comment faire leur boulot qui est, entre autres choses, de bien connaitre le lectorat afin de découvrir des œuvres inédites et inusitées qui s’avèreront intéresser ce public ?

L’an dernier, lorsque j’ai transmis mon manuscrit à plusieurs maisons d’édition, seriez-vous étonnés de savoir qu’une faible minorité parmi eux a eu la politesse ainsi que le professionnalisme d’envoyer une lettre ou un courriel de refus, et encore moins un accusé de réception. Le travail d’édition commence d’abord et avant tout par la récolte de textes auprès des auteurs. Leur démontrer un minimum de respect en les avisant du verdict du comité de lecture est, selon moi, une expectation tout à fait raisonnable.

N’est-ce pas là bâcler le travail d’édition dès le début du processus ? Je n’ignore pas que nous vivons dans une ère où les considérations pour autrui partent à vau-l’eau, tant personnellement que professionnellement. Le travail de l’éditeur, un métier séculaire, semble lui aussi malheureusement faire partie de la catégorie peu enviable des métiers renégats. Pourtant, à ce que je sache, écrire un modèle de lettre de refus est à la portée de tout éditeur, à moins que certains se considèrent comme analphabètes ! Ce modèle est ensuite utilisé autant de fois que nécessaire pour signifier aux auteurs le verdict relatif à leur manuscrit. Si on rajoute à cela la simplicité et l’économie des envois par courriel, je ne trouve aucune raison valable d’ériger cette désinvolture en mode opératoire normal. Ils auront beau s’indigner du nombre démentiel de manuscrits à lire, dont la plupart s’avèrent être de qualité médiocre, rien ne justifie, à mon avis, ce manquement à la politesse la plus élémentaire envers ceux qui fournissent avec confiance et enthousiasme la matière première potentiellement utilisée pour créer leur produit final.

Je comprends parfaitement, surtout au Québec plus que partout ailleurs, que les tirages soient extrêmement faibles et qu’il faille trouver des moyens de diminuer les frais d’édition. Mais ce n’est certainement pas en déversant sur les épaules des auteurs les obligations non littéraires des éditeurs que le problème se règlera adéquatement. Et dans tous les cas, la désinvolture systémique à leur égard n’engendre aucune économie. Par contre, cet épiphénomène des lettres de verdict démontre clairement que les premiers à dénigrer le travail d’édition sont d’abord et avant tout les éditeurs eux-mêmes.