La science et la vérité

Les férus de sciences, je m’inclus dans ce groupe, sont indifférents, sourient, rient ou se moquent carrément, selon leur niveau de raillerie et du sujet abordé, de certaines théories véhiculées encore aujourd’hui au XXIe siècle par des gens qu’on pourrait qualifier soit de naïfs, d’ignorants, de mauvaise foi, de provocateurs ou de rigolos. Une certaine part de tout ça est également possible. Je pense à une bêtise en particulier que je croyais disparue depuis au moins cinq siècles, la théorie de la Terre plate. Si nous étions encore à l’époque de Copernic, je comprendrais que certains puissent encore douter qu’elle soit sphérique. Mais aujourd’hui, en 2017, à l’ère des milliers de satellites artificiels qui « orbitent » autour d’une « boule » qu’on appelle la Terre, des GPS, des stations spatiales, des sondes en voyage interstellaire, des télescopes spatiaux scrutant les moindres recoins de notre Univers, des voyages sur la Lune et sur Mars, qu’on puisse encore remettre cette réalité en question relève de la loufoquerie la plus… pathétique qui soit.

Il existe au moins un milliard d’explications, d’exemples et de calculs prouvant la rotondité de notre planète. Il n’existe aucune preuve du contraire. Dessiner une droite sur une photo de la Terre vue à basse altitude, supposer que l’horizon suit cette ligne droite et tirer la conclusion que la Terre est donc plate, ce n’est certainement pas une preuve. Une ligne courbe « paraitra » presque droite à un œil humain tant et aussi longtemps que l’arc (de cercle) décrit est petit.

Bon, ceci étant dit, je ne m’attarderai pas plus longtemps sur ce genre de sujet, car je voulais parler exactement du contraire, c’est-à-dire de la science qui n’est pas toujours à la hauteur de ses principes, la science dogmatique, la science frauduleuse. Car, oui, celle qui se veut chaste et pure peut parfois être corrompue par des dogmes aussi indécrottables que la platitude de la Terre avant « De revolutionibus orbium coelestium » (Des révolutions des sphères célestes) de Nicolas Copernic imprimé en 1543. Bon, voilà le lien avec le début de cet article sur lequel je ne reviendrai plus, par manque de larmes.

La science corrompue et frauduleuse existe. Elle existe au-delà de certains de ses chercheurs en mal d’attention, de renommée ou de financement qui inventent, truquent et falsifient des résultats. Ces nombreux cas de tromperies sont attribuables à des gens peu scrupuleux qui transforment « leur » science en matière molle. Depuis que la méthode scientifique existe, ce comportement déviant a toujours existé et existera malheureusement toujours. Mais une science qui se corrompt par ses plus illustres spécialistes, ça prend une signification bien plus inquiétante.

Prenons l’exemple de l’aluminium. Ce matériau a été découvert au début du XIXe siècle puis peu à peu raffiné jusqu’à obtenir une forme relativement pure une cinquantaine d’années plus tard. C’est donc depuis 1850 que l’aluminium industriel est censé exister. Ainsi, si vous êtes un géologue ou un anthropologue et que vous découvrez de l’aluminium relativement pur dans une couche sédimentaire datant d’avant 1850, votre trouvaille ne sera pas reconnue, prétextant une corruption des sédiments par un enfoncement de cet aluminium jusqu’à atteindre une profondeur parfois impossible à croire.

Il est donc plus approprié d’inventer de toute pièce une aberration inexplicable pour réfuter sa présence dans un lieu contredisant l’histoire humaine liée à ce matériau que de déboulonner cette même histoire. Ainsi, la science ne peut plus être contredite ou même seulement critiquée, ce qui contrevient aux principes fondateurs mêmes de la science.

Bien entendu, une couche géologique brassée, mélangée, corrompue, ça peut exister. Mais, utiliser cet argument à l’aveuglette, sans avancer une seule explication comment tout cela aurait pu survenir, ce n’est plus de la science, c’est du dogmatisme, c’est une forme primitive de religion et ce n’est certainement pas digne de faire partie des meilleures pratiques scientifiques. Évidemment, si la forme découverte ressemble à s’y méprendre à une cannette de bière et que les mots « Bud » et « ser » sont encore légèrement lisibles dessus, on peut raisonnablement parler de brassage et de corruption de la couche sédimentaire. Alors, si vous découvrez de l’aluminium dans une couche géologique ancienne et, en toute apparence, elle semble exempte de brassage, si ce matériau montre des signes de raffinage, il n’y a aucune chance que votre trouvaille puisse être scientifiquement homologuée, quitte à trouver plus tard une explication rationnelle à sa présence en ces lieux. Et peu importe s’il y a dix ou cent de ces découvertes, elles seront globalement rejetées sans autre forme de procès. De plus, on vous qualifiera certainement de fraudeur. Voilà un côté obscur et hideux de la science moderne. Une science obnubilée par le scandale de l’homme de Piltdown. Mais cela est une autre histoire.

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Avenir à venir

Combien de livres, combien de films, combien d’histoires parlent du destin, de la fatalité ? Comme si notre vie était toute tracée d’avance et que nous n’avions qu’à nous laisser porter par notre destinée jusqu’à un but tenu secret, mais bien réel. Plusieurs scénarios viennent instantanément à notre esprit où l’on voit des gens de toutes origines accepter de devenir meilleurs pour sauver des personnes ou des mondes dévastés par une calamité humaine ou autre. Malgré la fiction entourant ces personnages et leurs histoires, même si on est voué à jouer un rôle beaucoup plus secondaire et humble dans la vie, il est presque rassurant d’imaginer notre existence entre les mains d’un Grand Architecte.

Ainsi, plutôt que de forger notre place dans le monde, il suffirait de s’intégrer au moule préformé et d’en accepter les conséquences, positives ou affreuses. Personnellement, cette conception de la façon dont l’univers fonctionnerait, d’un Grand Patron omnipotent ayant écrit toutes nos existences avant même notre naissance, me rejoint très peu. Bien entendu, je passerai pour un mauvais croyant aux yeux des gens ayant foi en ce genre d’entité régentant nos actions, nos épreuves et nos destinées. La plupart d’entre eux croient également à l’existence d’une certaine part de liberté puisqu’il serait d’une infinie tristesse si nous n’étions que des marionnettes inconscientes de notre situation réelle. Mais voilà, ces deux conditions réunies se mêlent aussi bien que l’huile et le vinaigre. Notre existence ne peut pas être écrite et notre entité posséder un degré de liberté quelconque. Nous sommes l’écrivain d’une partie de notre biographie. L’écriture de certains passages ou chapitres de notre existence nous appartient alors que d’autres ont été ou seront rédigés par des gens de notre entourage ou par des rencontres fortuites. C’est normal, naturel et moins beaucoup moins attristant ainsi. L’écriture de notre avenir reste encore… à venir.

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Des canots, une ile, du vent, une nuit

Le lac Ouareau dans Lanaudière. Un plan d’eau de 15 km2 enclavé entre plusieurs montagnes. Son nom voudrait dire « vents tournants » en amérindien. J’ignore si l’origine de son appellation est véridique, mais le vent n’a pas usurpé ce qualificatif. Difficile d’y pratiquer des activités nautiques, surtout lorsque le grain survient sans avertissement.

Le lac est suffisamment vaste et profond pour soulever des vagues de plus de deux mètres lorsque l’air s’engouffre entre les montagnes dans le sens de sa longueur. Il suffit alors de quelques bourrasques pour coucher n’importe quelle embarcation menée par des gens moyennement expérimentés, ce qui est généralement le cas sur ce type de plan d’eau situé en zone de villégiature. Ayant vécu plusieurs années sur ses berges, j’ai quelques anecdotes à raconter. En voici une.

À l’ouest du lac s’élève le mont La Réserve. Le soleil s’y couche et lorsqu’on est à l’ombre de ce massif rocheux, pour mieux admirer le crépuscule, il est préférable de se déplacer. Le centre du lac est un excellent endroit et justement il s’adonne qu’une ile s’y trouve. Ainsi, j’amenais occasionnellement des vacanciers sur cette ile après le repas du soir pour admirer le coucher du soleil et terminer la journée autour d’un feu de camp avant de revenir à l’auberge ou de passer la nuit à la belle étoile, selon le désir de chacun. Un soir, la météo a voulu décider pour nous. Alors que nous étions tous occupés à chanter des airs autour du feu de camp, le vent s’est mis à croitre et le bruit qu’il faisait dans la cime des arbres, pour moi, annonçait l’état du plan d’eau. Je connais suffisamment le lac et ses vents pour savoir que celui-ci ne tomberait pas avant plusieurs heures. J’annonce donc aux gens que le retour en canot est compromis et que, par précaution, nous devrons tous rester sur l’ile pour la nuit. Sur la vingtaine de personnes, une dizaine avaient apporté leur sac de couchage tandis que le reste avait planifié retourner à l’auberge.

Dire à des adultes qu’ils doivent changer leur projet, il y aura toujours un individu dans un groupe qui voudra s’en tenir à son plan d’origine, peu importe le contexte, et c’est exactement ce qui arriva. Un gars plus décidé que les autres cherchait un coéquipier pour retourner à l’auberge. Malgré des apparences pas totalement défavorables lorsqu’on était sur la plage, je savais pertinemment que ce n’était qu’apparences et qu’au large, le vent soulevait de fortes vagues. Mais pour certaines personnes, ce qui est hors de leur champ de vision devient hors du champ de la réalité. J’anticipais réellement une catastrophe, car personne parmi les vacanciers n’avait suffisamment d’expérience pour affronter cette météo. Et la volonté du protestataire semblait inébranlable malgré ma description plutôt précise de ce qui l’attendait. De plus, il cherchait à entrainer une autre personne dans son aventure puisqu’il était au moins conscient qu’il ne pouvait pas manœuvrer seul l’embarcation. Mais était-ce mieux ? Il ne me laissait donc pas le choix. Le raisonner par une description par anticipation s’avérait impossible, je devais lui démontrer clairement ce qu’il refusait de croire.

Chez certains individus, moins ils ont de l’expérience dans un domaine et plus ils refusent les conseils de gens plus expérimentés. Ce sont ceux-là mêmes qu’on récupère en morceaux, ou ballonnant à la surface de l’eau quelques jours plus tard. Mais malgré le caractère provocateur et suffisant de ce personnage, je n’avais aucunement intention de le laisser se donner en pâture aux brochets. J’ai donc décidé d’utiliser son entêtement pour servir ma cause, mais pour ce faire je devais d’abord remporter un pari. Je me suis proposé d’être son coéquipier pour faire un essai d’une centaine de mètres sur le lac. Au retour, s’il considère la traversée suffisamment sûre, il en informera le groupe. Dans le cas contraire, nous resterons tous ici en nous débrouillant pour passer la nuit avec les sacs de couchage, les canots, les gilets de sauvetage et les serviettes de plage que nous possédions. Le marché fut accepté pourvu qu’il me laisse la gouverne à l’arrière du canot. Il accepta, sachant bien qu’il n’avait aucune expérience pour diriger l’embarcation par temps fort.

La nuit était d’un noir d’encre puisque les lourds nuages qui occasionnaient ces rafales obscurcissaient également tout le ciel. Alors une fois que nous nous fûmes éloignés des lueurs de notre feu, la réalité s’est soudainement abattue sur lui comme une chape de plomb. Des vagues de plus en plus impressionnantes se mirent à assaillir notre frêle embarcation, et pourtant je savais que nous étions encore loin d’avoir rencontré les plus grosses qui sévissaient un peu plus au large. Même en plein jour, ce n’aurait pas été un temps pour mettre les canots à l’eau, mais la noirceur dissimule bien les vils desseins du temps en laissant entrevoir un degré de félonie beaucoup moins important que la réalité. C’est ce qu’a finalement compris mon partenaire canotier qui a pu ressentir ce que je décrivais précédemment, soit le fait de se retrouver seul, en totale noirceur, dans une minuscule embarcation instable sur un vaste plan d’eau composé de furieuses vagues invisibles qui frappent la proue sans relâche et causent tangage, roulis et lacet, tout en éclaboussant à répétition le malheureux avironneur amateur en perte de confiance et de ses moyens.

Lorsque je l’ai vu tenir son aviron au-dessus de sa tête en signe d’impuissance, j’ai alors saisi l’occasion pour lui demander si on continuait ou si on faisait demi-tour. Je connaissais d’avance sa réponse puisque ce geste dénotait un état proche de la panique. De retour parmi le groupe, il fut mon meilleur ambassadeur pour convaincre tous les indécis de rester bien sagement sur l’ile.

Les gens se sont partagé les commodités pour le plaisir de certains tourtereaux et la résignation des autres. Quant à moi, je me suis couché sur la plage à l’abri du vent sous un canot pour m’assurer qu’aucun ne disparaisse durant la nuit. Le lendemain matin, je suis parti tôt chercher le déjeuner à l’auberge pour la gang de dormeurs à la belle étoile. Le vent s’étant calmé, tout le monde a pu ensuite regagner l’auberge à la clarté et en toute sécurité, y compris le protestataire qui était tout sourire.

Dans ce type d’aventure, on peut croire que les adultes sont responsables, à tout le moins d’eux mêmes, mais c’est faux. Avec des enfants, il existe une relation naturelle d’autorité  alors qu’avec certains adultes, toute irritation peut devenir sujet de conflit, même s’ils se savent incompétents pour juger d’une situation. Fierté mal placée ? Répulsion naturelle face à une quelconque forme d’autorité ? Ou quoi d’autre ? Protéger des personnes adultes contre elles-mêmes alors qu’elles sont en possession de leurs moyens, c’est le genre de situation qui prend au dépourvu. C’est d’autant plus vrai lorsque le danger semble évident à appréhender.

Dans chaque histoire qui se termine bien, il existe souvent un secret. Celle-ci ne fait pas exception. En canot durant une tempête, la position à l’arrière est plus technique, mais le coéquipier à l’avant endure les pires conditions. Il est ballotté en tous sens et se fait passablement arroser. J’ai misé sur ce fait et cela a fonctionné. Quoi qu’il en soit, ce n’était pas un temps à laisser un canot partir sur l’eau. Alors, quand le destin nous joue des tours, il ne faut pas hésiter à lui en jouer nous aussi.

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Ange gardien

Il y a quelques années, je prenais le métro pour aller travailler. Je devais me rendre jusqu’au terminus pour ensuite marcher une dizaine de minutes. À l’inverse, le soir, je me rendais au terminus et j’attendais là patiemment dans un wagon que le train parcoure les stations. Un certain soir, en regardant à travers les vitres séparant l’autre wagon du mien, j’aperçois un portefeuille de femme gisant sur un banc. Je me précipite hors de mon wagon pour rentrer dans l’autre afin de me saisir de l’objet orphelin avant que la convoitise ne mette la main dessus et avant que la rame n’entame sa course dans le tunnel. Heureusement, je réussis tout juste à m’extirper du wagon avant que les portes se referment et que le métro disparaisse.

Une guérite avec une guichetière se trouve presque sur le quai. J’en profite pour lui remettre le portefeuille obèse qui doit contenir au moins une vie de ramassage de papiers et de cartes de toutes sortes. Une fois ma BA effectuée, j’entre dans la nouvelle rame venue remplacer celle que j’avais ratée. J’attends ensuite patiemment la fermeture des portes lorsque j’aperçois un contrôleur déchainé sauter d’un wagon à l’autre avec l’allure et l’air de chercher un trésor. Je comprends immédiatement qu’il recherche le fameux portefeuille oublié et qui serait maintenant en route pour la prochaine station si je ne l’avais pas récupéré à temps. Je me lève pour le héler en le questionnant à savoir s’il n’est pas à la recherche d’un portefeuille. Il acquiesce, l’air mi-inquiet, mi-surpris. Je l’aiguille rapidement vers le guichet, juste à temps pour ne pas rater mon second départ.

Le train se met alors lentement en branle et là, je vois la propriétaire du portefeuille récupérer son bien des mains du contrôleur. Ce dernier me pointe du doigt et j’aperçois la dame regarder en ma direction avec un air totalement ébahi de récupérer intact l’objet de sa distraction.

Mon sentiment à cet instant a été de ressentir une grande fierté d’avoir rendu un bien inestimable de manière incognito. Cette personne prendra au moins une heure à faire l’inventaire de son portefeuille et elle réalisera alors qu’il contient l’intégralité de son contenu d’origine. Elle remerciera son ange gardien ou son dieu ou les deux. Pour moi, je me suis justement senti comme son ange gardien pendant quelques secondes lorsque la rame nous éloignait l’un de l’autre et que son regard cherchait anxieusement le mien. Je suis certain qu’elle aurait voulu me remercier et probablement me récompenser, mais je doute que j’aie pu me sentir aussi fier si je m’étais retrouvé en sa compagnie en train de repousser une offrande.

Elle pensera qu’il existe encore des gens honnêtes en ce bas monde. Elle pensera qu’elle est bénie des dieux. Elle pensera qu’elle l’a échappé belle. Durant les moments séparant sa prise de conscience de sa distraction jusqu’à la récupération de son portefeuille, elle aura subi un incroyable stress en imaginant le pire et tout ce qu’elle aurait dû entreprendre pour annuler ses cartes, en récupérer des nouvelles, sans compter l’argent perdu, les photos souvenirs envolées, les reçus disparus et tout le reste.

C’est durant ces moments pénibles qu’on se rend compte de l’importance que revêt ce petit objet dans notre vie. Il nous rend donc vulnérables et c’est justement cette vulnérabilité qui est la plus émouvante. Une personne qui aurait décidé de dépecer le portefeuille ne ressentira aucune fierté, car elle profite d’une femme vulnérable. Elle se débarrassera de l’objet dans une poubelle ou dans un conteneur après l’avoir soulagé de l’argent et des cartes utiles. Elle aura peut-être gagné malhonnêtement quelques centaines de dollars en faisant subir des jours de tourments à la distraite qui s’inquiétera également d’un vol d’identité potentiel et de se retrouver nue devant un inconnu fouillant sans vergogne dans sa vie.

On n’a pas tous les jours l’occasion de jouer au bon samaritain. Il ne faut donc jamais rater sa chance de sauter sur l’occasion, car au lieu de chercher à oublier un vol qu’on aurait commis, on cherchera à se rappeler longtemps cet événement qui nous aura transformés, pour quelques instants, en ange gardien et ça aussi, ça vaut tout son pesant d’or.

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Le vrai sel de la vie

Un coup de cœur, puis un coup au cœur. Encore une autre peine d’amour. Pouvez-vous espérer devenir plus sage en amour avec l’âge ? L’amour et la raison vivent en dedans de vous comme deux colocataires mal assortis, l’un noceur et l’autre casanier. D’une part, faire vœu de sagesse vous rend nauséeux, juste d’y penser. D’autre part, vous commencez à croire que votre santé mentale finira par exiger plus de calme, plus de stabilité et moins de passion. Jusqu’à maintenant, vous avez été allergique à toute forme de sagesse. Vous ne pouviez absolument pas imaginer vivre de l’amour drabe. C’était tout ou rien. Votre implication à fond, vos désirs en tête de peloton et vos blessures… on s’en préoccupera plus tard !

Mais là, vous en avez plus que marre de refaire le même bout de chemin pour toujours vous retrouver dans le même cul-de-sac en repansant les mêmes blessures qui ne font que se rouvrir fois après fois. Vous n’êtes pas sans savoir que vos amis soupçonnent de la dépendance affective. Ils ne vous en parlent qu’à mots couverts, car ils sont pleutres, mais leur regard les trahit. Jusqu’à présent, vous évitiez d’y réfléchir, préférant sauter d’un rocher à l’autre au milieu de la rivière. Mais après plusieurs plongeons involontaires, vous commencez à penser que regarder un peu plus loin devant vous éviterait peut-être de constamment perdre pied pour vous retrouver le bec à l’eau.

Pourtant, une impression de trahison envers vous-même vous assaille. À quoi bon vivre autrement si c’est pour se retrouver dans la peau d’un d’autre ? Le succès en amour vaut-il ce prix, mais surtout est-ce vraiment nécessaire ? N’y aurait-il pas une autre solution moins extrême que cette apparente obligation de se travestir pour remporter une hypothétique victoire amoureuse ?

Votre dilemme reste entier malgré un effort sincère pour briser le cercle vicieux. Une fois la transformation complétée, la rétroaction s’avérera-t-elle impossible ? C’est pourquoi vous nagez encore dans le doute, incertain de vouloir ou de pouvoir payer ce prix. Au bout du compte, ce tribut semble trop important pour obtenir un bonheur éminemment simple et probablement dépourvu de ses feux d’artifice.

Quelle est la bonne réponse ? Quel est le bon choix ? Est-ce bien, comme vous avez tendance à le croire, une profanation de vous-même? Ceux qui vous jugent vous demandent de changer vos valeurs pour d’autres qui ne vous ressemblent pas, en prétendant d’emblée qu’elles seront meilleures. Mais faut-il vraiment devenir quelqu’un d’autre ?

Être en harmonie avec soi-même est souvent une quête difficile et chaotique, mais c’est la seule qui soit pleine de sens et importante à réaliser. S’accepter au-delà du regard des autres mérite les efforts à entreprendre et ça commence par une profonde compréhension de ce que l’on est vraiment. Le jugement des autres deviendra alors moins lourd à porter. Lorsque vous vous promenez avec un grand sourire sincère, l’avis des autres sur votre compte change drastiquement. Peu importe si votre parcours est atypique, votre bonheur le sera aussi. Et puis après ! C’est souvent la peur de décevoir qui rend malheureux. S’affranchir de cette fausse exigence ramène les yeux devant les bons trous.

Lorsque vous êtes fier de vous, les gens lâchent prise, car ils comprennent qu’ils ne peuvent plus vous influencer durablement dans le sens qu’ils voudraient pour vous. Vous tracez vous-même votre route et cette voie vous appartient. Puis vous croiserez plein d’autres routes et c’est là que vous prendrez d’autres décisions. Celle de poursuivre votre aventure dans une voie différente ou garder la vôtre. La vie n’est qu’une succession de choix qui finissent par former un long fleuve aux mille bras et ramifications possibles dont quelques-uns seulement seront explorés. Ça deviendra votre vie, une vie parmi des milliers que vous auriez pu vivre. Mais qu’importe, puisque revenir en arrière et choisir une autre bifurcation est impossible. Par contre, la bonne nouvelle est que toutes celles que vous croiserez devant vous sont accessibles. Reste à savoir si vous aurez la sagesse ou le culot d’éviter ou de tenter une incursion en terra incognita. Après tout, n’est-ce pas là le vrai sel de la vie ?

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Distinguées

C’est une vérité de La Palice, je le sais, mais je dois ici l’affirmer une fois de plus, la vie est injuste. Que ce soit à cause de notre patrie, de notre famille, de notre état de santé ou de notre apparence physique, on nait avec nos gènes et on vit dans un milieu qui ne nous apporte pas les mêmes chances de succès ou les mêmes années d’existence.

Cependant, de toutes ces injustices, l’une d’elles se démarque des autres et c’est l’apparence physique. Déjà, le mot le proclame, c’est une apparence. Cela ne signifie rien, sauf si on compare les personnes à un modèle bien défini. Si on peut compter l’argent pour connaitre quelle famille est la plus riche. Si on peut dresser un bilan de santé pour découvrir les maladies des gens. Si on peut comparer les régimes politiques et même si on ne peut pas définir précisément les meilleurs, on peut certainement définir les pires en dressant des bilans sur l’âge moyen des décès, le niveau de scolarité moyen, le PIB et autres statistiques plus ou moins révélatrices.

Mais l’apparence physique, la beauté, que du vent ! Nos canons féminins actuels auraient autrefois été relégués au rang de rachitiques souffreteuses juste bonnes à garder le lit. Et ce n’est que l’affaire d’un petit siècle si on pense autrement. Plus loin dans le passé, les vénus étaient replètes, bedonnantes et portaient fièrement le double menton. Et encore plus loin, on les aimait non seulement grasses, mais grosses, car elles avaient plus de chance de terminer leur grossesse et de bien allaiter le dernier et aussi les autres mioches précédents. La beauté est totalement subjective et c’est ce hqui en fait un critère de comparaison déloyal, injuste et sournois.

Petite anecdote. Plus jeune, j’étais en voyage dans une ville européenne réputée pour ses jolies filles et de fait, au bistro-bar de mon hôtel, je regardais les beautés débarquer chaque soir pour l’apéro ou pour la danse. Après seulement le deuxième soir, j’ai commencé à constater un phénomène pour le moins étrange. Toutes les jolies demoiselles que je croisais se résumaient en fait à seulement trois styles, tous plus ou moins semblables. Cheveux longs, lisses, blonds avec ou sans queue de cheval. Jeans et cuissardes, jupe en cuir et talons aiguille ou pantalons beiges et escarpins. Blouse blanche avec plus ou moins de dentelles, petite veste en jeans, ou veste en suède. Bref, il n’y avait que trois modèles pour trois-cents filles. Oui, le premier soir, j’en étais étourdi à force de faire pivoter mon cou, mais ensuite, elles se ressemblaient tellement toutes qu’elles n’avaient plus beaucoup d’attraits.

C’est alors que je me suis mis à repenser aux Montréalaises. Effectivement, la densité des canons de beauté stéréotypés est plus faible au mètre carré, mais en contrepartie, les femmes sont toutes très différentes les unes des autres. C’est là que j’ai compris tout le charme de la métropole. Sur une terrasse en été, en vingt minutes, on peut voir et admirer une foule de belles femmes qui auront fait l’effort de se démarquer, qui auront créé leur propre style et qui porteront fièrement leurs propres couleurs. Pas d’embrigadement ni de mode uniforme. Chacune y va de son style qui, en plus, variera d’une soirée à l’autre. C’est tellement plus agréable et ça permet à chacune de mettre en valeur ses propres attraits. Ainsi, la beauté prend des milliers de facettes dont chacune brille d’un éclat très distinctif. Bien entendu, comme tous les hommes, j’aurai mes préférences, mais gageons qu’elles ne ressembleront pas aux trois-cents clones européennes, car j’ai compris alors que la beauté, ce n’est pas l’affaire de se ressembler, mai au contraire, c’est celle de se distinguer.

Le danger dans tout cela, c’est qu’au lieu de tomber en amour une seule fois, l’homme se retrouve dans la pire des situations possibles, soit celle de tomber amoureux des milliers de fois. Alors, mesdames, pour la Saint-Valentin, ne nous jugez pas trop sévèrement puisqu’il est très difficile pour nous de résister à vos innombrables et si distinctives beautés.

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Néocapitalisme, risques et cancer

Ç’aurait pu être un article recensant une autre bêtise humaine et ses conséquences. Oui, cette locution dénote une réalité relativement commune puisque l’humain commet des bêtises à l’occasion. Il suffit d’agir trop rapidement, et voilà.

Mais là, je veux parler de la bêtise réfléchie, généralisée, institutionnalisée et instrumentalisée. La bêtise comme mode de vie, comme système économique et comme système politique. Il existe d’autres terminologies plus commodes comme le capitalisme moderne ou le néocapitalisme. J’en veux à toutes ces formes de modèles économiques qui ont découvert le moyen d’inverser les rôles joués par les clients et ceux tenus par les investisseurs. En s’attardant à analyser la situation, on voit rapidement poindre cette dérive et l’idiotie de ces modèles basés sur le principe du cancer économique.

Voilà deux symptômes de cette aberration. Tout d’abord, l’inversion des rôles. Aujourd’hui, l’investisseur, celui qui est censé prendre des risques, voit ses rendements garantis. Mais où sont donc passés ses fameux risques ? Ils n’ont pas disparu pour autant. La stratégie est basée sur l’offre avant la demande. Elle engendre le désir plutôt que le besoin et par conséquent, le risque est transporté du côté de la clientèle qui veut absolument se procurer le produit ou recevoir le service. L’absence de systèmes d’évaluation fiables permet de commercialiser des produits pourris. Les gens se découragent de demander un remboursement ou un échange (pour un modèle tout aussi médiocre !). Ils préfèrent bien souvent jeter leur achat aux poubelles en même temps que la serviette. Évidemment, l’érection de barrières visant à plier l’échine fait partie de la stratégie permettant de garder les aléas uniquement du bord du client. Il est ainsi devenu le détenteur du risque et l’investisseur celui de la garantie.

Pourtant, qui relève cette inversion, ce mélange des genres, cette tare de l’économie moderne ? Grâce à un bassin suffisamment grand, l’entreprise se permet de perdre la confiance des clients pourvu que celle des investisseurs soit préservée. Et voilà, le pont est lancé pour comprendre la seconde idiotie de ce système, la fameuse croissance. Dans ce système économique, une entreprise ne se contente pas de croitre, elle doit impérativement gonfler au-delà d’un seuil plancher fixé par ses investisseurs. Ainsi, tous les coups sont permis et surtout ceux qui ont pour but de flouer ses employés et ses clients ou de manquer à ses obligations sociales. Et lorsque la compagnie rend l’âme, elle emporte ses promesses non tenues et ses négligences dans sa tombe avec ses autres mensonges. Bien entendu, l’investisseur moderne connait la fin inéluctable de ce système et retire ses billes au moindre signe de faiblesse puisqu’il est pleinement conscient du mécanisme visant à l’enrichir en rendant les entreprises moribondes. Ainsi, son niveau de risque personnel reste minimal. Il transporte alors son cancer dans un secteur de l’économie encore vierge de ses exactions, car il s’agit bien d’un cancer qui se nourrit de la vitalité des autres pour continuer de détruire sans relâche ceux qui font sa fortune.

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Haïr la haine

Haïr est un verbe chargé de sens, un verbe lourd de sens. Je ne parle pas de détester ou tout autre substitut édulcoré. Haïr ne souffre d’aucun substitut. C’est un superlatif puisqu’il ne laisse place à aucune nuance. C’est un verbe à utilisation restreinte, car il est à destruction massive. Il a donc tout d’un verbe qu’on devrait… haïr par-dessus tout.

Les personnes haïssables sont celles qui incitent à la haine. Ainsi, ce verbe et ses nominatifs, adjectifs et adverbiaux s’autoalimentent, ils n’existent que parce qu’ils sont autoréférentiels.

Peu importe notre éducation, nous sommes tous confrontés un jour à avoir des pensées haineuses. L’important est de rapidement dégonfler ce ballon, ce que la plupart des gens réussissent naturellement à faire. Pour les autres, ils la cultivent et récoltent donc ses fruits qu’ils projettent tout autour d’eux. Le problème se situe à ce niveau. Car pour se débarrasser des gens haineux, on doit finir par les haïr et donc commettre les mêmes crimes que ceux pour lesquels on les juge. Ils ont donc réussi à nous faire ressentir une émotion qu’on se refuse et qu’on leur refuse.

C’est pourquoi il n’existe qu’une seule solution. C’est de ne haïr qu’une seule chose, c’est la haine elle-même, ses porteurs et ses promoteurs. Rien de plus. Ainsi, le cercle autrefois vicieux aura une origine externe et un aboutissement interne. Pourvu que l’on partage tous la même définition de ce qu’est la haine.

À cause de cette impossibilité de la définir de façon univoque, voilà une autre excellente raison de haïr la haine! »

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Nibiru, une (autre) fin du monde annoncée !

On a eu la paix durant presque cinq ans et ça recommence ! Une nouvelle fin du monde a fait son apparition. Et j’en serais offusqué ? Je viens tout de même de publier un livre comptant trente textes qui racontent des fins du monde, c’est pas rien ! Scénarios de fins du monde-1 (SFM-1), en vente ici. Donc, oui, moi, un gars qui s’y connait en fins du monde, je serais exacerbé par une nouvelle annonce en la matière ? Serait-ce de la jalousie ? Explique ça à ta psy mon Mathis !

J’aime bien ma psy, mais elle ignore tout de la mécanique céleste et vous verrez qu’elle n’est pas la seule de son espèce. Je vais plutôt vous faire part de mes raisons ici et maintenant. Ce n’est pas l’annonce d’une nouvelle catastrophe planétaire qui fait repousser mes amygdales. Non, c’est la cause. Ah, et puis non, ce n’est pas vraiment la cause, c’est la façon dont les apôtres de cette hypothétique prochaine catastrophe s’y prennent pour nous l’enfoncer de travers dans le culot. Oui, car grâce à une poignée de gentils internautes ayant la meilleure acuité visuelle de l’Univers, nous pourrons nous préparer sereinement à crever dans d’horribles souffrances durant le mois d’octobre prochain lorsque la planète Nibiru viendra nous percuter ou jouer aux quilles dans notre banlieue cosmique immédiate. Et si personne n’en parle, à part eux bien sûr, c’est qu’il y a un mur du silence érigé par les riches qui, évidemment, se sauveront (bande de lâches) pour nous laisser négocier seuls avec l’Enfer de Dante ou son successeur.

Si vous n’en avez pas encore entendu parler, le prochain SFM mettrait en vedette la planète Nibiru. Oui, la supposée planète X maintenant reléguée au rang IX puisque Pluton n’est plus classée dans cette catégorie d’objets spatiaux. Y a de quoi en perdre des bouts. Le bordel est pris dans la ménagerie cosmique. Le temps est donc idéal pour certains internonotes de reprendre à leur compte de vieilles légendes pour les faire macérer en sauce deumildisset.

Le plus drôle, ou le plus triste, selon notre humeur ou notre empathie pour les désœuvrés, c’est de voir la façon dont ils mêlent planète, étoile, lune, comète et même galaxie. Vénus devient Nibiru. Le Soleil devient Nibiru. La Lune devient Nibiru. Quand ce n’est pas Andromède, Jupiter ou un lampadaire. Nibiru est censée être maintenant visible à l’œil nu puisque eux la voient très bien, mais aucun astronome ne peut le confirmer malgré leurs compétences et les centaines de télescopes terrestres et spatiaux. De grâce, cessez de fumer vos poils de barbe ! Nibiru n’est qu’une monumentale façon d’attirer notre attention et certaines sommes d’argent associées, une fois encore.

Et pourtant, il existe malgré tout une partie sérieuse à cette histoire, ce sont les légendes. Il ne faut jamais oublier qu’elles sont la mémoire de la préhistoire. Lorsque l’humain a su enfin écrire, il les a consignées sur différents médias, dont l’argile, la pierre, le vélin, le papyrus, etc. Mais avant, lors de la préhistoire, les légendes se sont transmises de bouche à oreille durant des millénaires. Il faut donc les respecter et surtout éviter de s’en moquer.

Dans l’astrologie et le panthéon babyloniens, Nibiru pourrait représenter autre chose qu’un simple dieu. Les dieux des légendes seraient aussi des astres et Nibiru une planète. Une planète ayant un aphélie plus grand que celui de Pluton, qui viendrait frôler le Soleil une fois seulement tous les 3 600 ans, plus ou moins. D’autres parlent de vingt-mille ans. Normal de tergiverser sur ce chiffre pour une planète inconnue.

À cette occasion, elle mènerait le bordel dans la ceinture d’astéroïdes et la ceinture de Kuiper, faisant décrocher de leur orbite des cailloux gros comme des montagnes qui viendraient s’écraser ici ou ailleurs. Ce scénario est parfaitement plausible et certains astronomes envisagent de plus en plus sérieusement cette éventualité pour expliquer des phénomènes inexpliqués et difficilement explicables par la mécanique céleste actuelle. Mais bon, oubliez octobre 2017 comme date de la fin du monde. Si Nibiru est bien réelle, elle se situerait présentement au-delà de Pluton et n’arriverait en ville que dans quelques millénaires. Nous ne l’avons pas encore détectée et elle ne viendra pas nous tomber sur le crâne en sortant de nulle part du jour au lendemain. Nous ne la verrons pas de la grosseur du Soleil un jour, pour être ensuite invisible le lendemain, puis de nouveau grosse comme la Lune le surlendemain pour réapparaitre au gré des éclairs de génie des conspirationnistes qui sont les seuls à être capables de la voir partout, toujours et surtout à l’œil nu.

Ainsi, je dis à tous ces Nibiruphiles, peut-être avez-vous raison lorsque vous conjecturez l’existence d’une planète encore inconnue, mais de grâce cessez d’apporter la preuve de sa présence par des explications totalement farfelues. Vous offensez nos aïeux, vous discréditez votre hypothèse et la seule preuve sérieuse que vous apportez est celle de l’ampleur de votre ignorance. Et tant qu’à aimer entendre parler de fins du monde, allez lire les miennes. Ce sont peut-être des histoires inventées pour la plupart, mais elles sont bien plus divertissantes et pour le même prix, elles font même réfléchir. Car les fins du monde, c’est comme les armes à feu, c’est trop sérieux et surtout trop dangereux pour les laisser entre les mains de n’importe quel Ostrogoth.

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Publier ou péter ?

Je commentais récemment un article sur le blog des gaous qui posait une question    concernant l’imposition d’un rythme d’écriture lorsqu’on tient un blogue. Pertinente, surtout si la très grande majorité des blogueurs transmettent des opinions, des coups de cœur ou des coups de gueule. Il n’est donc pas question d’écrire n’importe quoi et surtout, pas n’importe comment. Ainsi, alimenter un journal public devient parfois une tâche, une corvée difficile, énergivore et coupable de surconsommation de temps.

Faut-il se laisser séduire par les gens qui voudraient nous lire plus souvent et plus régulièrement ? Nous sommes déjà immergés dans un océan d’obligations, doit-on vraiment en rajouter une nouvelle ? C’est censé être un journal personnel, un journal dont l’auteur en contrôle le contenu. Doit-on le transformer en plaque tournante juste bonne à rediriger les lecteurs vers d’autres blogueurs plus prolixes afin d’atteindre un objectif de publication ? Oubliez l’idée d’y déposer des vidéos de chatons, elle est éculée depuis les tout débuts d’Internet. Les peintres ne nous inondent pas de toiles de chats, pourquoi le ferait-on avec des vidéos ? Hum, je m’excuse de ma digression, mais chupucapabe* de voir des clips de chats trainer partout dans les Internet !

Bon, reprenons le cours de mes idées. Je disais donc… ah oui, que toute liberté a un prix. Le prix imposé au blogueur est le risque de décevoir. Décevoir par ce qu’il écrit ou décevoir parce qu’il n’écrit pas. Étrange paradoxe d’effets similaires pour des causes inverses. Heureusement, certains lecteurs oublient nos éclipses d’écriture pour se régaler lorsque parait un nouvel article. Finalement, ce sont pour eux que nous tenons un journal public.

*  chupucapabe : Princesse amérindienne qui aurait étripé son mari parce qu’il ne cessait de péter dans le tipi.

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