De ta soie peau vêtue
Collier désirs te pare donne
My love lovée doigts uncinés
Agrippe la brute fierté
Enceint de mains je m’abandonne
Délices dépravent toutes vertus
De ta soie peau vêtue
Collier désirs te pare donne
My love lovée doigts uncinés
Agrippe la brute fierté
Enceint de mains je m’abandonne
Délices dépravent toutes vertus
Beaucoup de catastrophes sont dues à la Nature sans que l’humain ait sa part de responsabilité. Elles existaient avant son apparition sur la planète. On pense immédiatement aux volcans, séismes, astéroïdes, ouragans, tornades, glaciations, déglaciations, etc. Comme je l’écrivais dans un article récent, la Terre est endroit dangereux.
D’autres catastrophes naturelles ont reçu un coup de pouce de son plus indélicat habitant. On peut inscrire dans cette catégorie la fonte accélérée des glaciers, banquises et calottes polaires, des fissures et éboulements de terrains, et cætera.
Et d’autres, enfin, sont l’œuvre exclusive de l’humain comme les catastrophes nucléaires, l’effondrement de structures construites de sa main, en l’occurrence, les barrages.

Depuis que nous avons observé les castors à l’œuvre, l’intérêt de construire des barrages n’a cessé de croitre. La plupart d’entre eux ont été érigés pour faire cesser des catastrophes naturelles comme les inondations et l’ensablement par les sédiments charriés et déversés dans les deltas.
On peut discuter du bien et du moins bien de construire ces structures à ces fins, j’en ai touché mot dans un article récent sur la subsidence. Depuis les années 1870, on a construit certains barrages dans le but unique de générer de l’électricité pour alimenter l’industrie lourde et pour accélérer l’électrification des foyers. Les barrages servent à réguler les débits d’eau, et l’électricité par le fait même, sur toute l’année et même sur des décennies.
Aujourd’hui, on compte pas moins de 45 000 ouvrages répartis sur 140 pays. La moitié des fleuves de toute la planète comptent au moins un barrage. Ce nombre exclut toutes les digues qui viennent s’ajouter aux problèmes d’inondations lorsqu’elles cèdent elles aussi.

Évidemment, de graves problèmes surviennent lorsqu’une digue, un barrage, ou souvent les deux simultanément, se rompent. Ces ouvrages étant censés être prévus pour résister aux pires conditions, force est de constater que nous ne les connaissons pas vraiment, nous les supputons.
Est-ce toujours la faute de l’humain si une catastrophe naturelle sans précédent engendre la rupture d’un ouvrage destiné à retenir l’eau ? Bien entendu. Un barrage censé durer 50 ans ne sera pas calculé pour affronter des intempéries ayant une chance sur mille de survenir durant une année. Les ingénieurs et opérateurs font des choix économiques lorsqu’ils acceptent les marges de sécurité. Doubler les coûts de construction pour éviter une catastrophe n’ayant que très peu de chance de survenir, ça pèse lourd dans la balance de la compétition.

Ces choix compréhensibles, admissibles, car basés sur une certaine logique, nous permettent de parler d’une « catastrophe naturelle » lorsque survient un orage hors norme qui met à mal nos belles œuvres artificielles. Les conséquences s’avèrent toujours dramatiques puisque la densité de la population à habiter les zones inondables en aval des barrages est ridiculement élevée. Parfois, villes et villages existaient préalablement à leur construction, mais rien n’a été entrepris pour limiter leur expansion. Bien au contraire, situés à proximité d’une source d’énergie électrique, ils poussent comme des bactéries dans leur milieu favori, accroissant d’autant le nombre de victimes en cas de catastrophe.

Nous nous trouvons aujourd’hui à la croisée des chemins. Tous ces ouvrages à durée de vie limitée, construits pour la plupart depuis une cinquantaine d’années, ayant subi la dégradation liée aux matériaux utilisés, ont perdu leurs certificats de sécurité. Officiellement, ils le possèdent toujours, mais la réalité se situe dans les rapports oubliés et détruits par les administrations responsables de les opérer ou d’en financer leurs entretien et remplacement.

Ainsi, on étire l’élastique le plus possible. Les structures faiblissent, se rongent, se fissurent, leurs bases sont sapées, jusqu’au jour où le prévisible ignoré surviendra. Soyez assurés que les autorités utiliseront plutôt les termes impensable, imprévu, inimaginable, sans avertissement, disproportionné, alors que rien ne sera plus faux.
On déplorera un nombre épouvantable de victimes et de disparus et des pertes matérielles incommensurables. Tout ce gâchis relèvera de quelques personnes ayant fait fi des experts sur la question. Ils auront acheté leur silence, faisant d’eux leurs complices.

Pourquoi cette négligence ? Parce que l’humain attend toujours que les prévisions deviennent réalité pour y croire. En attendant, il les utilise pour empocher encore plus de fric sous le regard consentant des autorités. Celles-ci ne sont pas dupes des risques encourus par l’incurie des opérateurs, puisqu’elles allongent les fonds nécessaires à leur démantèlement et leur remplacement. Elles voient même d’un bon œil le report de ces dépenses et investissements. Cet argent servira plutôt à financer des programmes dont la visibilité pour la population sera plus évidente dans le but de se faire réélire. Changer un barrage pour un autre, ça n’apportera strictement aucun vote.

Lorsque ces catastrophes surviendront de par le monde, les autorités prendront alors certains moyens pour pallier les urgences, se comportant apparemment en bons pères de famille prévenants alors qu’ils étaient partis aux danseuses depuis des décennies. Il aura été trop tard pour les milliers de victimes. Elles auront servi à prouver la limite de rupture de l’élastique qui deviendra ensuite une norme pour les autres ouvrages hydrauliques.

À moins d’un revirement spectaculaire de la tendance à la négligence, on ne pourra échapper aux catastrophes dues à des barrages qui céderont. Puisque leur construction a été concentrée autour des années 1970, on doit s’attendre à ce que les plus mal en point parmi ceux-ci se rompent dans un avenir récent commençant… maintenant.
Une bouilloire électrique est conçue pour effectuer une seule fonction et pour ce faire, elle doit accomplir trois actions. Son unique but consiste à bouillir de l’eau qui sera ensuite utilisée. Trois actions sont indispensables afin d’atteindre ce but, soit celles d’agir comme contenant, d’agir comme bouilloire et d’agir comme verseur.
Ma bouilloire réussit à mal exécuter deux de ces trois actions. Elle fuit et elle verse plus d’eau à côté de ma tasse que dedans.

Un contenant est, par définition, étanche. Ce n’est pas une qualité de l’être, mais une nécessité évidente, sinon on ne parle plus d’un contenant, mais d’une clepsydre, d’un arrosoir ou d’un gicleur. Je devrais donc nommer ma bouilloire un arrosoir de comptoir chauffant. Mais à quoi sert un arrosoir de comptoir chauffant ?
Pire, cet objet pathétique verse comme un cancéreux de la prostate en fin de vie. C’est donc un arrosoir de comptoir chauffant versé (!) dans les éclaboussures. Ma bouilloire électrique a vraiment évolué en un objet mutant plutôt inquiétant pour le bien-être des habitants de la maison et surtout pour la réussite de mon thé.
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Je comprends pourquoi ma bouilloire fuit. Oh, ne croyez surtout pas que je l’ai psychanalysée, mais je l’ai tout de même analysée ! Elle fuit parce que son fond est composé de deux parties distinctes dont l’une chauffe et l’autre pas. Dilatation due à la chaleur, le joint censé être étanche entre les deux sections, à l’évidence, ne l’est pas du tout.
Je comprends aussi pourquoi elle pisse partout, sauf dans ma tasse. J’oublie un cancer de la prostate, trop évolué et surtout, peu pertinent pour UNE bouilloire. Design compact, le bec verseur ne peut bien exécuter sa fonction que dans des paramètres de débit, d’angle et de volume d’eau intérieur bien précis, paramètres évidemment inconnus. Et même à cela, la bouilloire doit verser correctement dans des écarts suffisants d’utilisation pour la rendre pratique et efficace, mais surtout pas en devenant capricieuse et caractérielle.

Ma bouilloire n’était pas dispendieuse, direz-vous. Et après ? Où sont les instructions et l’étiquette spécifiant qu’elle ne sera en mesure que de bouillir, mais qu’elle n’a pas été conçue pour rester étanche et qu’elle sera absolument incapable de créer un filet d’eau lors de la versée ?
Je ne suis pas responsable de ceux qui ont dénaturé leur produit pour le rendre attrayant et accessible, tout en conservant un nom qui ne lui sied pas du tout. L’emballage était clair et disait que je trouverais une bouilloire à l’intérieur, pas un arrosoir de comptoir chauffant à éclaboussures multiples et garanties.

Cet exemple d’aberration manufacturière est loin d’être unique. Bien au contraire, ma liste s’allonge d’année en année, même avec des objets très dispendieux qui, aujourd’hui, ne se gênent plus pour posséder de graves vices de fabrication, les rendant souvent inutilisables. Peu importe la fortune déboursée pour leur acquisition, elle ne représente plus du tout un indice et encore moins un gage de qualité.
J’écrirai d’autres articles sur ce vaste sujet qui démontre hors de tout doute certains travers de notre espèce qui les conduiront inexorablement à sa disparition.
Oui, de simples exemples comme celui de ma prétendue bouilloire peuvent en révéler beaucoup sur le sort de l’humanité lorsqu’on sait interpréter certains symptômes. Nous sommes sérieusement et profondément tarés, ce n’est pourtant pas si difficile à diagnostiquer, il me semble !
L’humain a construit la plupart de ses grandes métropoles à l’embouchure des fleuves, sur ses deltas. Profitant de terres arables riches, de dénivelés nuls, d’eau potable, de ports de mer accessibles et de superficies disponibles importantes et faciles à construire, ces lieux semblaient idéaux pour assurer la prospérité. Mais aujourd’hui, cette solution d’un autre siècle se retourne contre tous ceux qui l’ont privilégiée, c’est-à-dire la moitié de la population urbaine du globe.

Au Moyen Âge, l’art de la guerre exigeait la construction des agglomérations autour de châteaux eux-mêmes construits la plupart du temps au sommet de pics rocheux. Les cités fortifiées ainsi créées se retrouvaient habituellement loin des océans et le grand défi à relever à l’époque consistait à les approvisionner en eau potable.
Aujourd’hui, les villes modernes ont apparemment résolu le défi de l’eau en se positionnant sur des deltas, mais la réalité les rattrapera toutes bientôt. Cette « bonne idée » a peut-être réglé quelques problèmes liés à l’eau potable et à l’accès à la mer et à ses ressources, mais elle en a engendré bien d’autres qui commencent à devenir évidents pour les 136 agglomérations côtières de plus d’un million d’habitants réparties partout sur les pourtours des continents.

Le premier constat négatif vient de la subsidence naturelle des deltas. C’est l’affaissement lent du sous-sol sous le poids des sédiments. Cependant, la présence humaine dans les parages des deltas accélère fortement ce phénomène naturel puisque les villes et ses usines pompent les eaux de la nappe phréatique sous-jacente. Le sol s’enfonce partout à vitesse grand V et ce résultat est permanent et irréversible.

Plusieurs métropoles comme Tokyo, Osaka, Shanghai, La Nouvelle-Orléans et Jakarta ont toutes perdu de trois à quatre mètres de hauteur par rapport à l’océan tout près. La plupart des cités ont limité sinon interdit tout pompage d’eau de leur sous-sol, mais la subsidence naturelle ne cesse tout de même de se poursuivre et un sol affaissé ne retrouvera plus jamais sa hauteur d’origine.
Les sédiments du sous-sol se tassent graduellement sous leur propre poids, mais également sous la masse des gratte-ciels et d’autres méga- constructions bétonnées. À Shanghai, les autorités nient catégoriquement cet effet anthropique, et ce malgré l’avis officiel de son propre centre d’études qui mesure et rapporte les résultats scientifiques sur le phénomène.

Le danger le plus évident de ces affaissements de terrains à proximité des océans est l’envahissement par l’eau de mer lors de typhons. Partout, les inondations sont rendues inévitables.
Mais voilà que d’autres conséquences d’ordre anthropique se conjugueront pour amplifier les effets des inondations, car non seulement les sols s’enfoncent, mais le niveau des océans grimpe.

La température plus élevée de l’eau de mer augmente son volume. La fonte des glaciers et des masses de glace en Antarctique et au Groenland fait remonter le seuil océanique. Depuis un siècle, ce niveau s’est déjà accru de 20 cm et le phénomène s’accélère.
À cela, il faut rajouter la violence plus importante des grandes dépressions dont leurs ondes de tempête s’élèvent de plus en plus haut, ravageant les structures humaines toujours plus profondément dans les terres.

Certaines grandes métropoles disparaitront très certainement et ces événements ne se produiront pas dans un avenir si lointain, car toutes les causes néfastes ne cessent de croitre en importance. L’ouragan Sandy qui a mis New York à genoux n’est qu’un hors-d’œuvre parmi un banquet de catastrophes à survenir. Bien sûr, la mégalopole s’est maintenant remise, mais imaginez d’autres cités plus vulnérables frappées à répétition par des inondations monstrueuses.
Un jour, les autorités décrèteront plusieurs secteurs inaptes à être reconstruits et ces villes perdront leur influence au profit de d’autres, mieux situées, plus sûres à long terme, moins susceptibles d’être victimes des colères océaniques et à d’autres cataclysmes, dont je m’évertue à en faire régulièrement étalage dans ce blogue.

Reviendrons-nous aux solutions moyenâgeuses ? Construire nos nouvelles villes au sommet de collines, de montagnes non volcaniques, de pitons de granit quasiment indestructibles ? Les défis reliés à l’eau resteront toujours nombreux, peu importe le lieu choisi. Toutefois, est-il vraiment nécessaire de faire vivre les individus si près des océans ? Ça n’a jamais été une nécessité, seulement plus simple, regardée à court terme sur la durée de vie d’une ville.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas poursuivi ma série de mots commençant par une lettre précise. Voici des liens vers les mots commençant par les lettres D, Y et C.
Je répète mes règles, je propose mes propres définitions, mes propres sens, pas nécessairement ceux des dictionnaires. Évidemment, ils se rapprochent ou sont semblables, mais j’apporte à l’occasion des nuances d’usager francophone d’Amérique, des inflexions personnelles parfois subtiles que j’utilise dans mes écrits.
Le mot d’aujourd’hui : placide.

Je l’ai choisi parce que je trouve que sa prononciation laisse déjà sous-entendre son sens. Malgré ses dernières lettres, rien n’est rapide dans le mot placide. Il reste en place. Pourtant, son étymologie ne le relie pas à ce mot, mais à deux autres racines latines encore plus évocatrices : « plaire » et « paix ».
Lorsque « placide » s’adresse à une personne, celle-ci prend des airs flegmatiques, imperturbables sans qu’elle soit bonasse ou attentiste. On pense à un individu patient, compréhensif, un professeur, un éducateur. Même si le dictionnaire parle de candeur, je vois plutôt de la tolérance.

Un paysage placide baigne dans le calme, la sérénité, il est majestueux et nous montre ses plus beaux attraits. C’est une oasis, un refuge pour se refaire des forces, retrouver sa santé et son moral.
Placide est lié au mot paix et celle-ci ne s’obtient jamais sans compromis. Ainsi, être placide exige de la compromission, de l’accommodation. C’est la raison pour laquelle je l’éloigne de tout sens comportant de la naïveté.
Bien sûr, pour tous les va-t-en-guerre, la paix passant par les compromis est un concept inadmissible. Pour eux, ce comportement doit être associé à de la candeur, de l’ingénuité, de la fraicheur et de la simplicité (d’esprit). Voilà pour moi dans quel contexte certains utilisent le mot placide comme étant une faiblesse.

Évidemment, ma position s’avère tout autre. Je considère la placidité comme une force utilisée à bon escient, elle s’apparente à de l’indulgence. Elle exige de comprendre les autres sans nécessairement les approuver ni les encourager. Sa puissance est puisée dans l’expérience et dans une compréhension multifacettes des humains.
La placidité est réservée aux sages et puisque j’avance en âge, cet objectif m’interpelle de plus en plus. Ma fougue se transformera-t-elle un jour en placidité ? Deviendrai-je un sage placide ?
Et vous ?

Une première mondiale à Montréal hier soir, l’œuvre censée être présentée en primeur l’an passé à Paris et reportée pour cause d’incendie a finalement connu son dénouement francophone à la salle du Monument National au cœur du centre-ville de Montréal.

En version concert, mais bénéficiant quand même d’une mise en scène présentant 19 chanteurs et chanteuses, le « Fantôme de l’opéra » fut émouvant de la première jusqu’à la dernière mesure et a ravi l’ensemble de la salle archibondée pour l’événement.
L’orchestre de la francophonie, une institution dédiée à préparer les jeunes diplômés de musique, brillamment dirigé par Jean Philippe Tremblay, a soutenu chaque phrase musicale de l’opéra avec brio. Je dois noter au passage un manque occasionnel de clarté, mais à d’autres moments les auditeurs ont eu droit à de très poignantes performances individuelles et collectives. Pas d’hésitations, enchainements bien contrôlés, l’arrimage avec tous les chanteurs s’est toujours opéré malgré les jours réduits de pratique.
La qualité de la traduction de Nicolas Engel, présent pour l’occasion, ne doit souffrir d’aucun complexe par rapport à la version anglaise de Charles Hart, elle s’avère magistrale.
Évidemment, le génie du compositeur Andrew Lloyd Webber rend unique cette œuvre moderne et l’émotion nous a tous transportés grâce aux 68 musiciens et 19 chanteurs entassés sur la scène. La petite-fille de Gaston Leroux, auteur français du roman, était également présente lors de l’événement. Elle a plaidé pour faire maintenant connaitre cette version de l’œuvre de son aïeul dans le monde entier.

Natalie Choquette nous a bien fait rire dans son rôle de Carlotta, la précieuse ridicule adversaire de Christine interprétée par Anne-Marine Suire dont la puissance dans le bas du registre faisait malheureusement défaut. Mais que dire de la prestation du baryton Hugo Laporte dans le rôle du fantôme ! Tous simplement qu’il s’est révélé parfaitement à la hauteur de l’immense défi qu’exige cette partition au registre très étendu.
Je ne palabrerai pas sur les 16 autres rôles, sauf spécifier que la distribution a offert une excellente performance.
Une soirée exceptionnelle dont je remercie grandement mon amie Isabelle pour la délicieuse invitation.
D’entrée de jeu, je vous avise que je ne remets pas en question dans cet article la possibilité d’existence d’univers parallèles, mais seulement de la façon dont parfois on envisage leur création.
Le concept d’univers parallèles à celui que l’on connait, le nôtre, est devenu sérieux dans la tête des physiciens avec les travaux du mathématicien Hugh Everett.
Il existe des tas de façons d’imaginer des univers parallèles, mais la plus populaire reste celle montrée à l’écran dans la série « Fringe ». On parle d’un ou plusieurs univers presque en tout point semblables au nôtre à quelques exceptions près.

Par exemple, on imagine un autre univers semblable au nôtre, mais dans lequel les nazis auraient gagné la Seconde Guerre mondiale, ou encore un monde où John F. Kennedy n’aurait pas été assassiné. Ensuite, on extrapole une suite plausible.
Le problème se situe dans l’évolution de ces univers dans leur passé. Comment ces univers auraient-ils pu rester identiques au nôtre jusqu’à un point de divergence quelconque ? Pourquoi ce point de divergence ne s’est-il pas produit bien avant ?
Si on admet le principe de divergence, pourquoi se limiter à un seul point de séparation ? Pourquoi pas mille, un million, un milliard, une infinité ? Le concept d’un ou de plusieurs univers parallèles maintenus identiques au nôtre durant des milliards d’années et qui divergeraient tout à coup n’a donc aucun sens. C’est comme imaginer deux bonbonnes de gaz identiques où tous les atomes à l’intérieur se comporteraient de façon parfaitement identique à leur homologue durant des temps immémoriaux et que tout à coup l’un d’entre eux ne suivrait pas le tracé de son équivalent dans la seconde bonbonne.

On comprend facilement que les atomes formant des gaz possèdent des comportements aléatoires et chaotiques. Même si les deux bonbonnes et leur contenu partaient d’un moment où ils étaient parfaitement identiques, à la toute première fraction de seconde de leur évolution, plus aucune paire d’atomes homologues ne se retrouverait au même endroit à l’intérieur de leur bonbonne respective.
Imaginez maintenant tous les atomes de notre univers qui seraient capables d’une telle prouesse avec ceux d’un univers parallèle, et ce depuis le début de leur histoire commune, donc 13,8 milliards d’années. Si les univers parallèles existent, ils ne peuvent pas ressembler au nôtre à cause des divergences infinies qui se seraient produites dans le passé.
La physique quantique nous a montré que l’univers n’est pas déterministe. Ainsi, ce genre de tracé parallèle continu entre deux univers est impossible.
La riposte des scientifiques fut d’imaginer qu’un tout nouvel univers se crée spontanément au moment d’un choix. Si je tourne à gauche ou si je tourne à droite, ces deux possibilités créent la divergence qui engendre deux univers identiques en tout point, sauf que dans un cas, l’évolution se poursuivra avec mon premier choix et dans le deuxième univers ma vie prendra le second tournant.

Mais d’où proviendrait l’énergie nécessaire à créer ces tout nouveaux univers remplis soudainement de toute cette masse nouvelle (E = mc2) et déjà parfaitement ordonnés exactement comme le premier ? Et qui, ou quoi, peut faire un choix qui engendre un nouvel univers ? Seulement l’humain ? Un primate a-t-il ce privilège ? Et une souris ? Une bactérie ? Un brin d’ADN ? Une molécule ? Un atome ?
Et lorsqu’un choix contient mille possibilités différentes, ça créerait mille univers ? Et si le choix contient des milliards de possibilités, comme le choix des trajectoires possibles ? Lorsque je tiens le volant de ma voiture, je choisis consciemment ou inconsciemment de le tourner légèrement, mais combien légèrement ? Un peu, un peu plus, un peu moins, ma main peut prendre des positions infinies correspondant chacune à un choix différent qui créerait autant d’univers qu’il y a de positions possibles de ma main sur ce volant. Et là, je ne parle que d’une seule correction de trajectoire. Et quel est le temps de latence entre deux choix permettant ou non de créer un nouvel univers parallèle ? Un siècle, un an, une journée, une seconde, une microseconde, une femtoseconde ?

Penser que des univers parallèles se créent à partir d’un choix n’a aucun sens puisque c’est le concept même du choix et de ses différentes possibilités qui y sont rattachées qui n’a aucun sens.
On a mis au défi certains promoteurs de cette théorie. S’ils y croyaient vraiment, ça ne devrait pas les déranger de se suicider puisqu’ils existent dans une multitude d’autres univers. Étrangement, aucun n’a semblé vouloir y croire jusqu’à ce point.
Avez-vous déjà ressenti la transe en entendant des tam-tams ? Une première expérience en ce sens est particulièrement troublante. Cet état différent, modifié de la conscience, ne s’obtient pas seulement avec des substances psychotropes. Elle peut survenir à l’improviste lors de danses en groupe sur de la musique tribale.
Avec le son des tambours, le corps s’anime, danse, cherche l’accompagnement rythmé. Les corps se frottent à l’unisson, faisant involontairement croitre des pulsions sexuelles sous-jacentes particulièrement irrésistibles.

Les sons frappés, martelés devinrent nos premières musiques. Les sons soufflés s’y sont rajoutés plus tard et plus tard encore, on inventa les sons pincés ou grattés sur des cordes. Le premier volet de la musique humaine, la percussion, reste le plus ancré et personne n’est à l’abri de ses pouvoirs ancestraux.

À Montréal, des mois d’avril à octobre, les gens se rassemblent les dimanches en matinée pour jouer bongos, congas, djembés et autres drums au pied du Mont-Royal. Cet événement culturel spontané remonte à l’année 1978 et se perpétue depuis sans qu’aucun organisateur ait besoin d’officialiser ces rendez-vous tenus sous le signe du plaisir, de la diversité culturelle et de la musique.

Ces rassemblements impromptus mais prévisibles, officieux mais permanents, montrent un beau côté des Montréalais et de son caractère cosmopolite pacifiste vibrant à l’unisson. Bien sûr, les effluves denses de rembourrure de sofa abondent, mais sa légalisation atténuera certainement le zèle de certains policiers qui cherchaient parfois à créer des troubles inutiles autour d’un petit commerce de circonstance.
Si vous passez par Montréal en été, ne ratez pas de participer à une jam-session au pied du Mont-Royal. Vous pourrez même fumer votre marie-jeanne en toute quiétude. Une petite sieste et ensuite la vie nocturne trépidante de Montréal vous attendra pour continuer la fête.

Hier soir, j’ai été voir le film de superhéros « Ant-man et la Guêpe » produit par Marvel. Si vous n’avez pas encore visionné le film, soyez sans crainte de poursuivre votre lecture, je ne dévoile aucun punch.
Depuis que cette entreprise opère dans le cinéma, elle porte un soin jaloux à ses scénarios en évitant de tomber dans les pièges de la facilité qui amènent inexorablement d’autres maisons du genre à concevoir des tissus d’incohérences et des collections d’âneries. Marvel sait raconter des histoires en emmêlant allègrement à travers leurs multiples films les aventures que vivent leurs différents personnages. L’ensemble de la filmographie crée une grande saga qu’on peut suivre du premier film jusqu’au dernier.

Bien entendu, Marvel maltraite, triture, torture la science dans tous les sens, mais leurs films se consacrent au divertissement, pas au documentaire. Nous devons donc être en mesure de les regarder pour ce qu’ils prétendent être et éviter de leur en vouloir pour les libéralités prises à l’endroit des formules des lois naturelles.
Dans le cas de l’homme-fourmi, un principe physique simple qui n’est pas respecté est la masse volumique. Pensez à un cube de 10 cm de côtés. Il possède un volume de 1 000 cm3 et supposons qu’il pèse 1 kg. Maintenant, doublons ses dimensions. Les côtés mesurent 20 cm, le volume passe alors à 8 000 cm3. Quant à son poids, il atteint 8 kg. En doublant des dimensions linéaires, les volumes ainsi que les masses deviennent 8 fois plus importants. Dans cet exemple, pour soutenir un homme dont ses dimensions ont été doublées, des jambes proportionnelles ne supporteraient jamais le poids. Le même raisonnement fonctionne également en sens inverse, ça explique pourquoi les pattes des fourmis semblent si fines à leurs dimensions, mais beaucoup trop minces pour rester efficaces lorsqu’on amplifie la taille de l’insecte.

Mais ce n’est pas très grave puisque c’est du divertissement et on aime bien voir des créatures, des personnages et des objets se faire réduire ou agrandir tout en conservant leurs propriétés intrinsèques. Mais quelle est la limite au rapetissement ? Dans le film « Ant-man et la Guêpe », ils vont jusqu’à la limite théorique, celle des particules élémentaires, celle du vide quantique.
Aujourd’hui, dans nombre de films, on s’approprie certains pans de la physique quantique sans nécessairement la respecter, mais ce ne sont que des divertissements. À mon avis, il est grandement temps d’en parler au quotidien après être restée tapie dans les placards durant tout un siècle. Évidemment, les étrangetés de cette physique se prêtent bien à créer autour d’elles d’autres bizarreries moins véridiques, mais on demeure toujours dans le monde du divertissement.
Il y a quelques jours, j’ai traité du principe cosmologique des ponts Einstein-Rosen qui a été utilisé dans le film de Marvel, « Thor — Ragnarok ». Vous pouvez le lire dans mon article intitulé « Pont Einstein-Rosen ». Dans la production cinématographique mettant en vedette le couple d’insectes, Marvel exploite cette fois-ci le concept d’intrication quantique pour engendrer une connexion télépathique entre deux cerveaux. Le producteur effleure aussi l’aspect de délocalisation quantique avec le personnage du Fantôme.

Très récemment, j’abordais exactement le sujet de l’intrication dans un article intitulé « Intrication et télépathie ». Pourtant, je n’avais aucune espèce d’idée du scénario du film « Ant-man et la Guêpe » lorsque je l’ai rédigé. C’est à croire que je possède une certaine forme d’intrication quantique télépathique avec Marvel ! Qui sait, ça me rapproche peut-être d’un autre degré de Scarlett ?
Odilon Redon nait dans les mêmes années que Monet et Cézanne. Toutefois, sa peinture tarde à se faire connaitre, car il hésite à adopter le style en vogue, cette peinture qui conquerra le cœur des générations présentes et futures. Le type d’œuvres mis de l’avant par ces têtes d’affiche que sont Monet et Degas ne plait pas vraiment à cet individu marginal, tant par leurs thèmes que par leur façon d’aborder l’art de la toile.

De fait, l’impressionnisme des premières heures mise sur la myopie et les tons pastel en présentant des sujets bonbons et rien de tout cela ne parvient à attirer Redon. Il est un peintre onirique, à la limite ténébreux, qui ne trouve pas sa place parmi ses contemporains. Les ballerines et les parcs ensoleillés, il ne les voit pas. Les galeries d’art et les musées ne s’y intéressent pas plus. La peinture sensuelle ou sexuelle ne l’habitera jamais, lui qui préfère le morbide alors que la mode repose essentiellement sur les fleurs bleues, les chevelures soyeuses et les tutus évocateurs.
La peinture présentée précédemment s’intitule « Le rêve » et a été peinte au début du XXe siècle, en 1900-1901. On note la puissance de la pigmentation posée en aplat, composant un rêve à l’opposé des doux onirismes impressionnistes. Plus tard, Matisse peindra de cette façon en utilisant toutefois une palette différente qui deviendra la marque de commerce du fauvisme. Odilon Redon gagne mes faveurs par sa marginalité et son unicité pour son époque ainsi que par la saturation extrême de ses teintes.

Encore aujourd’hui, n’eût été Picasso, beaucoup de gens connaitraient bien peu de choses de la peinture postimpressionniste. Malheureusement, la plupart d’entre nous s’en moquent et se moquent des œuvres de son porte-étendard et de ses successeurs.
Par son accessibilité et sa douceur, la peinture impressionniste semble agir sur l’ours moyen comme un frein pour la connaissance des styles ultérieurs. Odilon Redon est un précurseur de ce postimpressionnisme et il mérite grandement d’être perçu à sa juste valeur. Il suffit d’enlever de sur notre nez les lunettes de myopie, cadeau des impressionnistes, afin de voir autrement des peintures plus modernes présentant une variété quasi infinie de styles et de sujets.

Les trois toiles d’Odilon Redon incluses dans cet article s’intitulent respectivement « Le rêve », « La naissance de Vénus » et « Réflexions ».