Pensée [épithète de votre choix] – 1

Dimanche est la journée idéale pour relaxer et s’amuser et cela s’avère également pour un blogueur et ses lecteurs. L’article d’aujourd’hui sera donc court. Cependant, on a beau vouloir se la couler douce, on n’est pas obligé de faire dans la facilité. Je vous propose donc une série dominicale où vous pourrez choisir l’épithète que vous voudrez pour qualifier une pensée de mon cru. L’idée est que vous accoliez celle vous venant naturellement à l’esprit. Ces pensées émanent d’un cerveau dérangé et iront dans toutes les directions, des plus idiotes aux plus débiles en passant parfois par des sérieuses. Mon but n’est pas d’émuler Aristote ou Alexandre Jardin. En cas de doute, relire la première phrase.

Contrastes

Pour la plupart d’entre nous, un paysage de rêve ressemble à l’ile de Bora-Bora. Pour ces habitants Polynésiens, leur paysage de rêve ressemble sûrement au Québec en hiver.

Un si détestable papillon !

Oui, je sais, nous ne sommes pas dans la saison des papillons. Vous ne m’apprenez rien, je suis sorti dehors pas plus tard qu’aujourd’hui et la pluie verglaçante, les bancs de neige et le bal des déneigeuses me l’ont clairement montré. Alors pourquoi un papillon me ferait-il rager en plein cœur de l’hiver ? C’est que je parle d’un foutu papillon coriace, une teigne indécrottable, un papillon de calibre himalayen. Vous le voyez ? Non ? Attendez un peu et vous comprendrez tout.

Ouais, je vois votre petit sourire en coin, votre œil condescendant et votre main me tapotant le dos en me disant que tout ira mieux demain tout en sachant pertinemment que demain, rien n’aura changé. LeCorbot fait de la fièvre à l’année, il pète des bulles que lui seul voit, il saute une coche ou des coches sans préalablement préparer convenablement ses lecteurs ahuris.

Bon, j’avoue, être LeCorbot à longueur d’année, ça joue sur les nerfs, les vôtres, mais surtout les miens. Je suis quand même assis dans la première rangée, je vous le signale et s’il réussit à m’énerver, je vous imagine stressés et je vous plains. Mais vous ne connaissez pas ce putain de papillon, sinon vous seriez vous aussi en train de mordre les sangles de la chemise blanche à très longues manches qu’on vient de me passer ! Comment fais-je pour écrire ? J’ai du nez, ça aide, il ne faut pas se presser. Et puisqu’on vient tout juste de me signifier que je passerai un méchant bout de temps en dedans, j’ai tout mon temps.

Je pousse des jurons que très rarement, mais là, franchement, je n’en peux plus. Le prochain qui me parle de cet enfoiré de papillon, je lui ferai subir les affres de mes incantations vaudou, version 2.0. Oui, je viens de les améliorer en égorgeant, en étripant, en écartelant et en faisant brûler la fameuse marmotte censée prédire sous peu l’arrivée du printemps. Oui, oui, j’avoue, certains animaux me tournent en bourrique. Hé ! Bourrique, c’est un âne, alors le compte est maintenant rendu à 3. Un papillon, une marmotte et maintenant un âne. Ne manque plus qu’un poisson pour compléter ma collection des animaux peuplant tous les écosystèmes de mon intolérance.

Mais avant, juste avant de me considérer irrémédiablement cinglé pour oser m’en prendre à une créature aussi inoffensive que le gentil papillon gnan ! gnan !, donnez-moi la chance de prouver mon point et vous direz comme moi, quoique j’en doute, vade retro papilio satana.

Bon, voilà que mon nez coule à cause de la grippe. Il m’est impossible pour l’instant de vous écrire sans faire risquer la noyade à mon clavier. Vous devrez attendre demain pour enfin savoir pourquoi cette infernale bestiole me rend aussi fou. Non, c’est vrai, j’étais fou bien avant de la rencontrer, mais elle n’a absolument rien arrangé. Demain, je vous le promets, vous saurez pourquoi ce papillon me tape autant sur le système.

Ne soyez pas triste de cette attente forcée. Dites-vous au contraire que vous aurez vécu un jour de plus dans votre vie sans avoir connu ce détestable fléau qui vous poursuivra par la suite, sans relâche, pour le reste de votre existence soudainement devenue misérable, pour ne pas dire minable, pour les siècles à venir.

Demain, je vous promets de me forcer à ne pas donner des noms d’oiseaux au vilain papillon et à passer directement au propos principal. Tiens, ça me fait penser, je vais déposer une plainte à l’Académie de la langue française pour qu’on cesse d’associer les noms d’oiseaux à des jurons pour les remplacer par des noms de papillons, bien plus signifiants à mon avis. Entre ces deux espèces volantes, vous verrez, une vilenie sans aucune commune mesure émane du papillon.

Il faut bien que je défende ma propre espèce ! Sinon, qui le fera ? Certainement pas le papillon ! Avec toutes mes insultes, sa complicité avec ceux-là mêmes qui m’ont enfilé une camisole au style très peu tendance est fortement suspecte.

Je vous laisse, je dois me moucher… mais comment vais-je bien m’y prendre ?

Photo : planete.qc.ca

Des moitiés très détestables

Pour les adeptes du compromis, les fanas de la demi-mesure, les amoureux de la poire tranchée en plein cœur, je veux vous prouver que parfois, mieux vaut rien… ou tout, mais surtout pas la moitié.

Pour les hommes, se raser seulement la moitié gauche de la barbe (valable aussi pour les femmes à barbe)

Pour les femmes, se raser seulement l’aisselle gauche

Trouver la moitié d’un ver dans une pomme que l’on vient de croquer

Son parachute qui s’ouvre à moitié

Retrouver seulement la moitié du billet gagnant de la méga loterie

Enjamber la moitié d’une clôture

Nager la moitié d’un lac

Être à moitié en amour… et l’autre moitié aussi en amour

Changer de sexe… juste la moitié gauche

Et enfin… être à moitié fou

Pour l’avoir essayé, je confirme qu’il vaut mieux l’être entièrement, ou pas du tout.

Je vous laisse imaginer de quel côté j’ai préféré arrêter mon choix.

Jean-Marc Vallée et les Golden Globes

Un autre talent hors du commun du cinéma québécois.

Le réalisateur Jean-Marc Vallée a réussi à faire décrocher quatre prix au Golden Globe pour sa réalisation de la série Big Little Lies dont celui de la meilleure série télévisée.

Au Québec, notre langue nous oblige à faire notre propre cinéma et nos séries télévisées qu’on nomme ici « téléromans ». Cependant, la très faible audience ne permet aucun gros budget de production. En conséquence, il faut faire mieux avec rien. Jean-Marc Vallée est de cette école, ce qui permet de se démarquer à Hollywood en réussissant à boucler le budget des productions. L’autre aspect intéressant des réalisateurs québécois est leur talent de monteur. Nos réalisateurs sont tous des monteurs et ainsi, presque chaque réalisation est un director’s cut. Sachant combien important est le montage pour générer le rythme de l’œuvre, le résultat final se trouve empreint de leur talent en la matière et le résultat final devient homogène.

Félicitations à tous les gagnants de cette série télévisée, Nicole Kidman, Laura Dern et Alexander Skasgard, respectivement lauréats de la meilleure actrice, de la meilleure actrice de soutien et du meilleur acteur de soutien.

Et si vous n’avez pas vu le film « Dallas Buyers Club » mettant en vedette Matthew McConaughey, Jared Leto et Jennifer Garner, ne ratez surtout pas ce plaisir. Les acteurs et actrices sont plus qu’étonnants, ils sont méconnaissables dans ce drame qui colle de manière permanente à nos neurones.

Photo: Radio-Canada.ca

Jeu de pouvoir

Aujourd’hui, j’aimerais proposer un sujet de réflexion dans une forme différente. On pourrait en dire long sur ce sujet, mais j’ai préféré le faire sous la forme d’un simple quatrain. Le texte est extrait d’une discussion tenue entre deux de mes personnages. Il a ensuite et adapté puis mis en forme pour les besoins présents. Parfois, en dire moins permet d’en dire plus puisque le silence permet au lecteur d’y faire correspondre ses propres expériences. Voici donc le quatrain.

On me traite de paranoïaque
Cette insulte ne m’est pas destinée
Elle s’adresse à ceux qui pourraient me croire
Car mes dénigreurs se savent maintenant démasqués

Image : we-heart.com

Deux Congolais à Montréal

Par un temps semblable à aujourd’hui, voilà bien des années, je recevais deux étudiants provenant du Congo pour un stage de perfectionnement. Ils devaient apprendre à réparer et entretenir des équipements radio qui servaient dans les différents services à travers le pays. J’avais été embauché par Canadian Marconi Company pour leur dispenser la formation appropriée. La compagnie leur avait loué un logement pas très loin d’où ils suivaient leurs cours.

Le premier matin de formation, ils n’arrivaient pas et je me demandais bien où ils étaient passés. J’appelle à leur appartement, l’un d’eux me répond. Je m’enquiers de la raison pour laquelle ils sèchent leur cours. Durant la nuit, il avait neigé moins d’un centimètre de neige, une trace tout au plus. Lorsqu’ils ont mis le nez dehors, ils sont tombés sur le derrière en mettant le pied sur le balcon. Convaincus que la météo était trop dangereuse pour sortir, ils ont cru que les cours n’auraient pas lieu. J’ai été les chercher en auto en leur donnant quelques trucs pour marcher sur la neige sans tomber.

La deuxième semaine, le mercure est fortement tombé et ce fut le froid qui les a retenus à l’intérieur. C’était la première fois de leur vie qu’ils ressentaient des températures sous le zéro et là ils devaient se taper du -25 °C. L’horreur se lisait sur leur visage.

Durant les deux week-ends où ils étaient à Montréal, je les ai amenés à différents endroits. Nous étions dans les Laurentides après une semaine où il avait passablement neigé. Les bancs de neige faisaient bien trois mètres de haut, nous marchions dans le chemin. Ils étaient ébahis par la quantité de neige, eux qui n’en avaient jamais vu avant d’arriver au Québec.

Les souffleuses à neige la rendent compacte et il est normalement possible de ne pas trop enfoncer lorsqu’on marche sur un banc de neige fait de neige soufflée. Il me prend donc l’idée de monter sur l’un d’eux et de marcher en suivant un chemin parallèle. Pour les deux Congolais, je n’étais pas moins qu’un magicien de pouvoir marcher ainsi grimpé sur une montagne de neige. Soudain, j’arrive à un endroit où la neige est molle et je renfonce jusqu’à la taille. Mes deux étudiants, épouvantés, se sauvent en courant, certains que je mourrai dans les prochaines secondes et ils ne voulaient pas être témoins de ma disparition. Ou ils voulaient éviter de répondre aux policiers qui les auraient certainement accusés de mon meurtre. Lorsqu’ils se sont retournés vers moi, question de jeter un dernier regard à leur professeur disparu corps et biens sous la neige, je n’ai pas pu résister encore quelques secondes à l’idée de les laisser à leur frousse. Finalement, je les ai rassurés et lorsqu’ils ont été totalement convaincus que j’étais sain et sauf, ils sont revenus sur leurs pas.

On ne sait jamais comment les étrangers vont réagir à un événement anodin pour nous. Jouer dans la neige est tellement ancré dans nos habitudes qu’on ne peut pas concevoir une réaction de panique au simple fait de voir quelqu’un renfoncer jusqu’à la taille. Voilà la beauté des échanges interculturels. De leur côté, ils ont probablement gardé un souvenir inoubliable de leur voyage à Montréal au mois de février. Le froid, la neige, le verglas, les bancs de neige plus hauts que les hommes et le professeur qui savait marcher sur le grand péril blanc sans périr.

Photo : quebecurbain.qc.ca

Le choix

« Le choix est une illusion créée par ceux possédant le pouvoir pour ceux qui en sont privés »

Cette réplique (une traduction personnelle) vient du film « La Matrice rechargée ». Le Mérovingien lance cette affirmation à Néo quand ce dernier lui dit qu’il existe toujours un choix.

Nos choix ne sont-ils qu’apparents ? Y aurait-il un Grand Horloger qui voit tout venir et qui déplace les pilules en nous laissant l’impression qu’on a réellement choisi la pilule rouge parmi les autres ? Les autres pilules n’existaient peut-être pas réellement et notre cerveau a choisi la seule vraie parmi la seule possible.

La question du choix engendre des théories scientifiques sérieuses, mais totalement loufoques comme un dédoublement de l’Univers à chaque fois que nous ferions un choix.

Mais d’où provient l’énergie pour engendrer un second Univers semblable au premier à la différence près que l’un est constitué de mon choix A et l’autre de mon choix B ?

Par quel mécanisme ce dédoublement est-il produit ? Quel type de choix est un choix valide ou pas pour générer un nouvel Univers ? Lorsqu’on choisit parmi une liste de 200 possibilités, y a-t-il création de 199 autre Univers ?

Les scientifiques qui croient à ce genre de stupidité cherchent une solution dans des directions qui invalideraient toutes les autres théories physiques, dont celle de la conservation de l’énergie et de l’énergie requise pour structurer un Univers depuis ses débuts isotropes jusqu’à un Univers organisé et structuré comme est le nôtre à l’heure actuelle. C’est ni plus ni moins de faire intervenir un Créateur omnipotent, même s’ils se défendent bien de ça.

C’est vrai que la physique quantique pousse notre raison dans ses derniers retranchements, mais je suis convaincu qu’elle ne viole pas la loi de la conservation d’énergie ni la dépense d’énergie requise (entropie) pour créer des structures inhomogènes de plus en plus complexes.

Niels Bohr, l’un des piliers de la physique quantique, avait laissé entendre que la loi de la conservation d’énergie était violable, mais il fut débouté par la mise en place de la théorie de la chromodynamique quantique qui a fini par expliquer ce qui paraissait être une violation de la conservation d’énergie. Faut croire que certains scientifiques s’amusent à réinventer des théories violant pas juste un peu cette loi, mais la violant à des échelles plus qu’astronomiques.

Des vœux et des prédictions

Tout d’abord, mes vœux pour 2018. Je souhaite au monde entier une prise en main sans équivoque de solutions concrètes permettant d’amoindrir les bouleversements climatiques. C’est mon vœu, car on a bien le droit de rêver. Ce n’est pas une prédiction, car je crois son avènement impossible.

Bon. Qu’est-il advenu de mes prédictions de 2017 ? Ce sera mon bilan de fin d’année.

J’avais prédit que le club de hockey Les Canadiens ferait des séries courtes et c’est exactement ce qui s’est produit avec son élimination dès le premier tour des séries éliminatoires. Bravo, Mathis, tu reçois 100 % pour celle-ci. Le hockey au Québec, c’est pire qu’une religion. Qu’on le veuille ou non, il façonne le Québec comme aucun autre sujet d’intérêt. Pour ma part, je m’en contrefiche, mais ignorer notre club de hockey, c’est pire que contracter la lèpre. Alors, faire une prédiction sur ce sujet très sensible m’immunise contre le bannissement social et probablement même contre l’exil. Heureusement, la peine de mort a été abolie. Quand je vous dis qu’au Québec on ne niaise pas avec le hockey, c’est un euphémisme. Vous retrouverez donc ma prédiction pour 2018 un peu plus loin dans le texte.

J’avais aussi prédit la confirmation de l’existence de vie extraterrestre et à ce chapitre, j’ai presque eu raison lorsque le Pentagone a rendu publique en fin d’année la vidéo d’un ovni poursuivi par un avion de chasse. De plus, le pilote de cet avion a ensuite été interviewé, confirmant que cette vidéo était authentique. L’objet ne possédait ni ailes ni moteur apparent et pourtant, il se maintenait parfaitement dans les airs et a ensuite disparu à une vitesse bien au-delà de celles atteintes par des aéronefs de conception humaine.

On a également eu droit à la visite d’un objet allongé très étrange nommé `Oumuamua qui a frôlé la Terre et qui provenait de l’extérieur de notre système solaire. Ne ressemblant en rien à un astéroïde, une nature potentiellement artificielle a été évoquée par de nombreux scientifiques.

À cause de ces deux événements jamais survenus auparavant, je me donne la note de 50 % pour cette prédiction presque réalisée.

J’avais prédit que Trump se ferait démettre de ses fonctions, démissionnerait ou serait mis hors d’état de nuire s’il parvenait à se faire élire. Sur ce thème, j’obtiens 0 %, mais je reprends cette prédiction pour cette année. Oui, c’est ainsi que procèdent les grands prophètes. À force de toujours reprendre les mêmes prédictions d’année en année, elles finissent bien souvent par se réaliser. Ce n’est qu’une question de patience. De toute façon, les grands prophètes ont tous le même don, celui de faire oublier leurs prédictions non réalisées, mais de faire tout un chahut avec celles qui ont fini par s’avérer. Désirant moi aussi devenir un grand prophète, je leur pique leurs meilleurs trucs.

Et nous voilà en 2018. Je vais immédiatement me débarrasser de ma prédiction concernant le club de hockey Les Canadiens. Cette année, le club ne se rendra même pas en séries éliminatoires. Bon, c’est fini, on n’en reparle plus. Et surtout, ne me crucifiez pas comme le fut un autre grand prophète né en l’an 1 qui avait prédit qu’un messie viendrait nous sauver. Il jouait avec des dés pipés puisque c’était lui, apparemment, le fameux messie en question. Il y a des maudites limites à me considérer comme un vrai prophète ! Je n’y peux rien si l’équipe est pourrie, gangrenée, composée de tire-au-flanc et d’une équipe de repêchage incapable de faire la différence entre un joueur de hockey et une truite. Prédire une coupe Stanley à cette équipe, c’est comme prédire que le Soleil se lèvera à l’ouest pour se coucher à l’est. En tant que prophète, je ne peux pas dépasser ce niveau d’absurdité juste pour mousser ma popularité.

Oui, je sais, ma position est ambiguë. Est-ce que je veux ou pas devenir un vrai prophète ? Je dirais que je veux même devenir un très grand prophète, mais avec une tête toujours vissée sur ses épaules. Vous voyez le genre ? Faire beaucoup de fric de mon vivant et vivre suffisamment vieux pour tout le dépenser avec des filles sexy. Quoi ? C’est le vœu de tous les prophètes. Vous les preniez pour qui ? Des angelots ? Des saints ? Pfff ! À quoi ça sert d’être prophète sinon à convaincre les femmes d’acquiescer à mes avances en les convainquant qu’un prophète connait mieux leurs intentions qu’elles même ?

Pour les autres prédictions, je reprends intégralement les deux de l’an passé. Trump qui ne finit pas son premier mandat et la confirmation de vie extraterrestre sous n’importe quelle forme, soit bactérienne, primitive, évoluée ou carrément beaucoup plus évoluée que l’humain.

Et enfin une toute dernière prédiction inédite. Je prédis un cataclysme majeur durant l’année 2018. Un tremblement de terre hors du commun ou la colère phénoménale d’un volcan ou un tsunami dévastateur ou un mélange de tout cela. Le dérèglement climatique possède des effets insoupçonnés et inattendus – pas pour tout le monde, certains scientifiques les avaient prévus – sur les volcans et le relâchement des tensions des croûtes continentales.

J’en ai déjà parlé, le super volcan souterrain du parc de Yellowstone risque à tout moment de se fâcher. Ce serait un cataclysme planétaire comme l’homme n’en a jamais connu. Mais il existe beaucoup d’autres volcans qui pourraient être amenés à déclencher un hiver pouvant durer plusieurs années.

Quant au tsunami, il pourrait émaner d’un séisme majeur comme cela s’est produit en 2004, mais également d’un décrochement et d’un glissement soudain d’une montagne qui s’échouerait dans l’océan. À ce sujet, le volcan Cumbre Vieja à La Palma menace de générer un tsunami de 500 mètres de hauteur qui ravagerait la totalité de la côte est des deux Amériques si jamais la montagne qui l’héberge venait à se rompre et à glisser dans l’océan Atlantique. Et de fait, la montagne montre une fissure démentielle qui grandit sans cesse. Un jour, cette montagne finira par se scinder, c’est certain. Seuls la date et le nombre de victimes restent à être écrits dans le grand livre des cataclysmes les plus meurtriers.

Je rajoute aux catastrophes la chute d’une météorite. Même si on répertorie la plupart des menaces potentielles depuis quelques années, certains bolides spatiaux ayant touché terre nous sont déjà passés sous le nez. Ça pourrait très bien se reproduire avec un objet ayant déjà été détecté ou pas. Quatre facteurs rentrent en ligne de compte pour qualifier l’importance de la chute d’une météorite. Sa masse, sa vitesse, son angle d’attaque, ainsi que l’endroit où il touche terre.

Ce ne sont là que quelques exemples et j’ai même failli omettre le duel de cons entre les dirigeants de la Corée du Nord et des USA. Ma prédiction n’est pas rattachée à eux seuls, mais à tout autre cataclysme d’envergure rarement atteinte. Il ne faut pas toujours rattacher un nombre de victimes ou le coût engendré par une catastrophe à son importance. Un séisme de magnitude 9,5 ne s’est produit qu’une seule fois de mémoire d’homme. Aucun n’a atteint une plus grande magnitude.

Et voilà les prédictions du Corbot pour cette année 2018. Portez-vous bien, mais ne prenez pas de risque, inscrivez immédiatement mon nom dans votre testament comme héritier de vos biens. On ignore quand le destin nous frappera. Sauf mon grand-oncle qui savait exactement quand il partirait, à la minute précise, même. Le juge le lui avait dit.

Éloge de la lenteur

Depuis plusieurs années, je remarque en musique, mais aussi dans bien d’autres domaines, une accélération des tempi. On joue une œuvre comme si on allait faire ses emplettes. Tout jouer vite, seulement avec adresse.

Comme si la musique se contenterait d’une performance acrobatique. Et là encore, le Cirque de Soleil nous a habitués à la poésie des performances acrobatiques. Mais plusieurs musiciens croient à tort que jouer vite c’est jouer mieux.

Pour ma part, je ne vois là que le moyen de se débarrasser vite fait d’une obligation emmerdante. Et pourtant, les exemples foisonnent où la lenteur nous emporte dans d’autres univers et qu’autrement, l’œuvre n’est qu’enchainement inintéressant, voire déplaisant, de notes.

Cet empressement indésirable s’entend partout. Solistes, quatuors à cordes, mais aussi à l’orchestre où certains maestros ne se gênent pas pour dépasser les tempi, voulant faire différent. On accuse le compositeur d’avoir vécu à une autre époque où rien n’allait vite. Cette excuse pour bâcler une prestation musicale ne me convainc absolument pas.

Lors d’un concert d’Ivo Pogorelić présenté à Montréal voilà bien une vingtaine d’années, ce pianiste serbe de renom avait joué une œuvre de Chopin, j’ai oublié laquelle, à un rythme volontairement très, mais très lent. Il a d’ailleurs fait de la lenteur sa marque de commerce. L’exploration de cette lenteur délibérée force le musicien à remplir les espaces vides avec du ressenti dont une accentuation marquée des notes graves qui résonnent longtemps et qui augmentent le caractère sombre des œuvres. Chopin aurait-il apprécié ? C’est possible, car on sait dans quel état d’esprit ce génie se trouvait lors de certains concerts. De toute façon, l’objectif de Pogorelić n’était pas de recevoir une appréciation d’une personne morte ni même celle de son public. Il ne craint pas les mises en demeure pour avoir trahi la pensée de l’auteur. Cette exploration des vertus et des pièges de la lenteur m’a beaucoup plus satisfait que s’il s’était débarrassé de l’œuvre comme on lance une injure à la face de quelqu’un, sentiment souvent éprouvé à l’écoute d’autres performeurs bien plus inspirés par l’adrénaline que par la beauté de l’œuvre.

La lenteur détecte et dénude aussi bien le talent que son absence. C’est peut-être la raison pour laquelle cet empressement acharné à livrer une prestation devient presque la norme. Soyez attentifs à la lenteur. Lorsqu’elle se fait bien entendre, l’œuvre se bonifie de beautés insoupçonnées.

Bien entendu, les interprètes peuvent argumenter. Leur fonction ne peut être plus clairement définie. Ils interprètent des œuvres et la lenteur n’est qu’une parmi bien des façons de la jouer. C’est comme l’ail, en mettre partout et toujours devient rapidement déplacé. Je ne m’insurge pas contre les tempi rapides ou même accélérés, mais contre le bannissement de la lenteur comme si elle était devenue une tare à supprimer de la vie de ceux menant une vie trépidante, la seule valable dans ce monde. Tant que l’interprétation préserve ou refait une beauté à l’œuvre, elle aura atteint son objectif, celle d’avoir fait vibrer l’auditeur.

Où se trouve le père Noël le 26 décembre ?

Vous êtes-vous déjà demandé ce que fait le père Noël le 26 décembre ? Vous croyez qu’il est de retour dans le Grand Nord canadien ? Qu’il prend des vacances bien méritées sur une ile des Caraïbes ou en Polynésie ? Détrompez-vous. Un ami bien renseigné me l’a révélé. À l’heure qu’il est, il croupit en prison et les charges qui pèsent contre lui, mis à part son embonpoint et le solde de sa carte de crédit, sont accablantes. Voyons un peu l’acte d’accusation et les contraventions récoltées durant son périple de Noël.

Tentatives multiples d’invasion de foyers. Ramonage de cheminée sans permis valide. Cruauté envers ses rennes obligés de parcourir des distances phénoménales sans repos suffisant. Vol de biscuits et de verres de lait. Vitesse et charge excessives. Conduite dangereuse. Dépassement interdit par la droite. Phares avant inexistants. Avoir conduit avec une lumière rouge devant l’attelage alors qu’elle aurait dû se trouver derrière. Omission d’avoir posé ses pneus à neige avant le 15 décembre. Bâche inexistante sur un chargement causant la perte de cadeaux sur la voie publique. Attelage non conforme. Permis de pilote d’aéronef échu. Non-respect des corridors aériens. Clignotants défectueux. Omission de s’arrêter à de multiples feux rouges et arrêts obligatoires. Déguisement prohibé. Heure de couvre-feu non respecté. Avoir accroché des fils électriques causant des pannes. S’être soulagé sur la voie publique. Distribution de cadeaux à des enfants dans le but de se rendre sympathique (et quoi ensuite ?). Refus de s’arrêter aux frontières. Omission de déclarer des cadeaux de plus de cent dollars. Intention de traverser les frontières en possession de multiples bouteilles de vins et spiritueux au-delà de la limite permise. Occupation illégale du Pôle Nord. Normes du travail bafouées (nombreux lutins prêts à témoigner). Infidélité conjugale (nombreuses femmes frustrées prêtes à témoigner). Incitation à déserter les lieux de travail durant plusieurs jours. Désobéissance civile. Et on peut abréger avec un et cætera.

Alors, ne cherchez plus le père Noël le 26 décembre. Il croupit actuellement en prison dans l’attente d’un juge qui lui fixera une caution, mais les autorités craignent qu’il s’enfuie et demanderont un emprisonnement préventif. Encore chanceux s’il est libéré à temps pour profiter du Boxing Day, il aime bien économiser pour ses cadeaux de Noël de l’an prochain.

Avant de le plaindre, réfléchissez. Voulez-vous vraiment associer votre nom à celui d’une telle crapule qui a fait pleurer vos enfants parce qu’ils n’ont pas reçu le dernier iPad Pro ? Soyez stratégique et laissez-le croupir quelques mois en prison. Il y pensera par deux fois avant de décevoir une fois de plus votre insatisfaite et pleurnichante marmaille.