Pont d’Adam

On connait bien la pomme d’Adam, la côte d’Adam, le péché d’Adam, l’épouse d’Adam (au fait, qui donc les a mariés ces deux-là?) et l’adamantium pour les férus de Marvel, mais le pont d’Adam? De kessé?

Je ne crois pas que notre ancêtre commun se promenait avec un partiel dans la bouche. Par contre, il aurait pu construire un pont en lianes pour traverser un ravin à la demande expresse de sa femme possiblement enceinte de son premier rejeton et qui ne voulait prendre aucun risque. Elle aurait dû être plus téméraire puisque Caïn finira par tuer son frère cadet. Comme quoi toutes les demandes faites à son mari ne valurent pas toujours la peine, certaines s’étant même avérées néfastes. Alors, rappelez-vous en la prochaine fois que vous, madame, voudrez demander à votre mari de construire des choses censées vous faciliter l’existence. Qui sait quel désastre se cache derrière tout caprice. Mon message étant maintenant passé auprès des Ève de la Terre, je reviens au pont d’Adam.

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Il existe un endroit sur Terre portant ce nom. Il en porte également une bonne dizaine d’autres dont celui du «pont de Rāma». Ce prétendu pont se situe partiellement sous l’eau entre le sud du continent indien et le Sri Lanka. On peut facilement remarquer sur Google Earth une sorte de chemin sablonneux ou sédimentaire qui semble relier les deux terres. Plusieurs légendes existent à son sujet et personne n’a vraiment pu établir si ce cordon ombilical s’est formé naturellement ou s’il est l’œuvre d’Adam… ou quelqu’un de sa très nombreuse descendance.

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Chose certaine, l’ile du Sri Lanka était reliée au continent indien jusqu’en 1480, des preuves géologiques et des textes le prouvent. Une violente tempête aurait disloqué l’isthme pour ne laisser qu’un chapelet d’ilots de sable. On voit aisément sur la carte que toute cette région fait partie du même plateau continental. Durant les temps glaciaires où le niveau des océans était beaucoup plus bas, le Sri Lanka ne se distinguait plus de l’Inde.

Une théorie vue le jour après des études de la NASA laisse croire que des humains auraient construit une structure rocheuse par-dessus les bancs de sable voilà 1,7 million d’années, mais elle fait l’objet de nombreuses critiques des géologues ainsi que des théologiens indiens.

Au temps de la colonisation britannique, un pont ferroviaire reliant l’ile au continent fut construit, mais il ne fut jamais complété. En 2001, le gouvernement indien a voulu faire économiser 400 km de détour aux bateaux naviguant dans la région en draguant un chenal aux environs de Danushkodi. Ce projet est décrié comme une atteinte à l’œuvre du roi-dieu Rāma.

 

Ragoût de novembre

Les dérèglements climatiques nous apportent des inversions de mois, des déplacements des saisons. Depuis une trentaine d’années, je constate que le climat oscille, pour ne pas dire vacille. La Terre ne semble plus trop savoir comment se comporter. Bien sûr, on a déjà vu des mois plus froids, plus chauds, plus secs, plus pluvieux, plus neigeux, etc., mais les dérèglements sont rendus maintenant la norme plutôt que l’exception. On bat des records de ci ou de ça au quotidien alors qu’avec le temps passant, statistiquement, nous devrions rencontrer des extrêmes de moins en moins fréquemment.

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Je suis en train de marcher dans l’arrondissement Rosemont en direction nord-ouest. Je dois parcourir quelques pâtés de maisons, deux ou trois kilomètres, pour me rendre à un rendez-vous au Café Lézard. La température extérieure est passablement plus froide que la normale de saison, mais le pire c’est le vent. Un noroît glacial, cinglant, me fouette le visage sans ménagement. Lorsque j’attends à un feu de circulation, je tourne le dos à ce vent abominablement frigorifiant. Désagrément inapproprié pour ce temps de l’année, mes vêtements frisent la limite de leur capacité à me protéger.

Les noroîts ont la fabuleuse et détestable propriété de transporter de l’air directement pompé de l’Arctique lorsque le courant-jet plonge très au Sud. Cet air glacial envahit à l’heure actuelle tout le Québec ainsi que les états de la Nouvelle-Angleterre aux É.U.A., mais aussi des états bien plus au Sud tels le Michigan, la Pennsylvanie et même l’Illinois. Bref, on gèle en novembre comme si on était au cœur de février.

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Bon, j’exagère un peu, c’est un peu la marque de commerce du Corbot. Cependant, en ce mi-automne, mon corps et mon esprit ne sont pas encore prêts à accepter les joues gelées et les oreilles battues par les grands vents boréaux. Heureusement, l’autre jour j’avais enfoui mes cache-oreilles au fond de mon sac. Je les extirpe avec fierté en me congratulant pour avoir été si prévenant. Je cesse toutefois mes bravos en me rappelant d’avoir sciemment abandonné mon foulard sur la patère avant de quitter le domicile ce matin alors qu’il me serait actuellement d’une superbe utilité.

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J’entre dans le resto avec la face gelée et les gouttes au nez. La serveuse me tend un menu et un sourire oscillant entre la bienséance et l’hilarité. Je lui quémande un sèche-cheveu afin d’aider ma face à reprendre vie, elle revient avec un café brûlant. Soumis à la chaleur intérieure, mes gouttes de morve se transforment en pendouillis. Mon paquet de papiers-mouchoirs refuse de s’ouvrir. Mon téléphone rend l’âme. Mon rendez-vous attend sa bise. Ma vessie malmenée par le froid réclame son soulagement. Mes deux mains gauches et mon cerveau pétrifié hésitent à choisir une priorité. Je déteste me sentir morveux, à la limite de l’incontinence et partiellement demeuré lorsque mon corps dégèle. Ce temps est parfait pour me faire signer un contrat de préarrangements funéraires pour une perruche que je n’ai pas ou l’achat d’une assurance contre les invasions de kangourous.

Et lorsque février décide de débarquer en novembre sans avis préalable, lorsque l’antigel n’a pas encore remplacé l’eau dans mes tissus organiques, lorsque le soleil devient si timoré que je peux le regarder en pleine face et qu’il se met à rougir de honte, LeCorbot se renfrogne, noircit et devient irascible. Eh non, ce n’est pas mon état naturel! Un peu… pas toujours!

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Mais lorsque je repense au ragoût fumant qui m’attendra à mon retour, ma rogne, ma noirceur et mon irascibilité s’estompent un peu, preuve que je vieillis. Foutu ragoût de novembre!

Dandelion, un court-métrage exceptionnel

Ma virée hier à Mont-Tremblant m’a amené à visiter la bibliothèque de cette municipalité des Laurentides. Situé à l’intérieur du bâtiment abritant l’hôtel de ville, ce lieu de culture de proximité possède une section spécialement et brillamment conçue pour les enfants. La section pour les adultes offre beaucoup de luminosité naturelle, rendant propice et agréable le plaisir de lire et de découvrir de nouvelles œuvres.

J’ai été accueilli à la bibliothèque par une personne de laquelle il s’avère impossible de rester indifférent. Vous savez, le genre qu’on voudrait instantanément s’en faire une bonne amie et qu’on regrette amèrement de ne pas avoir connu bien avant dans notre vie.

Cette personne se nomme Catherine Fauteux. Vous la connaissez peut-être puisqu’elle a remporté un concours de production de court-métrage en marge du Festival du film de Los Angeles en 2017.

Ce concours consistait à imager l’œuvre musicale Rabbit and Rogue de Danny Elfman. Entièrement réalisé en animation en volume (stop motion), cet étonnant court-métrage issu d’une personne qui en était à sa première expérience en production cinématographique nous transporte dans un univers aux richesses éblouissantes à travers un scénario qui témoigne de ses préoccupations pour la question environnementale, l’apport de l’humain et ses conséquences.

Jugez vous-même du résultat en allant visionner cette œuvre magistrale intitulée « Dandelion» d’une durée légèrement inférieure à dix minutes en cliquant l’hyperlien ci-devant.

La photographe Tremblantoise Catherine Fauteux prépare actuellement sa récidive cinématographique. Il va sans dire que j’ai bien hâte de découvrir les fruits de cet exigeant, mais combien passionnant travail artistique!

Photo : Radio-Canada.ca

Art et proche aidance

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Je reviens tout juste d’un vernissage, une exposition d’œuvres réalisées par des proches aidants de la région des Laurentides au Québec. Cet événement qui se tient jusqu’au 18 novembre 2018 à l’hôtel de ville de Mont-Tremblant regroupe vingt-trois œuvres picturales sur ce seul et même thème de la proche aidance.

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Vous vous doutez qu’il ne s’agit pas d’un curieux hasard si la proche aidance se retrouve dans chaque tableau présenté lors de cet événement riche en couleurs et en émotions. Car malgré tout l’amour, le dévouement, la passion, la disponibilité et la patience qui caractérisent les proches aidants, le ressac surgit sous forme d’épuisement, de découragement, de colère, de culpabilité et de dépression chez les personnes qui ont sciemment décidé d’accompagner un proche dans sa maladie, de faire don d’une importante partie de leur vie à une ou à plusieurs personnes devenues trop vulnérables pour demeurer autonomes.

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Heureusement, depuis maintenant cinq ans, un service d’art-thérapie est offert dans la région des Laurentides à ces personnes dont leur courage admirable n’a d’égal que leur dévouement exceptionnel. Toutefois, ces œuvres n’auraient jamais vu le jour sans la compréhension fine des problématiques liées à la proche aidance que l’art-thérapeute, psychoéducatrice et artiste Annie Bilodeau apporte dans le soutien à ces gens au cœur plus grand que leur poitrine.

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Annie les entraine, les encourage, les supporte dans une démarche artistique visant à exprimer leurs sentiments refoulés au moyen de l’art pictural. Libérés d’une partie de leur fardeau moral, ces gens peuvent ainsi poursuivre leur importante mission de façon plus sereine, plus positive et mieux équilibrée entre les besoins de ceux qui leur sont chers et les leurs.

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Les œuvres ont été réalisées, non pas dans un but de performance artistique, mais plutôt dans une démarche visant à soulager les souffrances. Aucun exposant n’est un professionnel et pourtant, cette vingtaine de tableaux nous atteint au plus profond de notre âme.

Car nous savons tous qu’un jour, nous deviendrons nous-mêmes un proche aidant, si nous ne le sommes pas déjà, ou l’avons déjà été. Et plus tard, nous recevrons nous aussi de l’aide de notre conjoint, d’un ami ou d’un de nos enfants. C’est pourquoi ces toiles concentrées sur trois murs d’une même salle nous font vivre un étonnant maelström d’émotions vives et particulièrement intenses. Ces tableaux ne proviennent pas d’illustres inconnus ayant craché d’incompréhensibles émotions sur des toiles, non, ces œuvres nous décrivent, nous. Elles nous montrent une vision claire et certainement troublante, voire saisissante, de nous-mêmes.

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Chaque œuvre est accompagnée d’un court texte rédigé par l’artiste qui décrit en quelques mots le motif formant la base de sa réalisation. J’ai tenté de les lire les uns à la suite des autres, mais rendu à mi-parcours je me suis accordé une pause. Et c’est exactement le genre de réaction que la proche aidance suscite et il ne faut pas la camoufler. On reçoit un coup de poing au plexus solaire, une bouffée incontrôlée de lourdeur et en même temps un tsunami d’amours sans bornes et de tendresses infinies.

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Une grande amie, Johanne Blanchette, y expose quelques-unes de ses œuvres et s’est directement impliquée dans l’organisation et la réalisation de cet événement que je qualifie de révélateur et de charnière, tant pour les artistes que pour les nombreux visiteurs. De fait, j’ai eu l’occasion et le privilège d’échanger avec certains d’entre eux. J’ai remarqué leur regard au moment qu’ils entraient dans la salle et celui qu’ils portaient à leur sortie. Une indéniable transformation s’était opérée et voilà exactement ce que l’art procure à la population. Nulle obligation d’être un artiste confirmé pour atteindre les gens dans ce qu’ils ont de plus profond et d’intime. Il suffit d’avoir le courage et la générosité de partager ses souffrances, ses peines, ses joies et ses amours et alors, la magie de l’art réussira toujours à opérer.

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Puisque mon lectorat s’étend sur la plupart des continents, je me suis permis de prendre des photos de certaines œuvres et de vous les présenter ici dans mon blogue. Voyez-y une façon de vous encourager à chercher des ressources en art-thérapie dans votre région. Ne niez plus vos douleurs, elles trouveront grâce à l’art, peu importe lequel, une voix pour s’exprimer et une voie pour s’expulser. La proche aidance est tellement demandante, accordez-lui la possibilité de s’exprimer sans contraintes, sans faux-fuyants, en toute liberté et en toute sincérité.

Cet article ne se prétend pas être un communiqué de presse ni une critique de l’exposition. Comme dans tous mes articles, c’est LeCorbot qui s’exprime avec la plus grande sincérité. Si vous désirez plus de renseignements sur l’événement, communiquez avec le service de la ville de Mont-Tremblant.

Je tiens toutefois à souligner l’apport grandement apprécié de deux jeunes flûtistes de talent qui ont accueilli et accompagné les visiteurs tout au long de la soirée. Elles se nomment Élie Lacroix et Élisabeth Bilodeau. Un grand merci à toutes les deux !

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Peuples galactiques

En raison de l’exploration de notre seul système solaire, nous savons que les exoplanètes telluriques ne sont pas toutes susceptibles d’abriter la vie. Tout d’abord, les planètes doivent se retrouver dans l’anneau d’habitabilité, là où la température de l’eau à la surface peut se maintenir autour des 25 °C.

Il existe aussi une question de gravité. Une planète trop petite et trop peu dense ne pourra pas retenir son atmosphère et sans elle, l’eau s’évapore. De plus, les rayons cosmiques et stellaires bombardent sa surface, la rendant carrément stérile.

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Mais une planète trop grosse possède d’autres désavantages qui se rapportent à sa vitesse de libération ou, autrement dit, sa vitesse d’échappement. Cela correspond à la vitesse d’un véhicule spatial se libérant de l’attraction gravitationnelle de son astre. Cette vitesse dépend de la masse et du rayon de la planète.

La Terre possède une vitesse de libération d’environ 40 000 km/h. Pour une densité comparable à celle de la Terre, mais d’un rayon deux fois plus important, la vitesse de libération double également. Si l’exoplanète possède une plus forte densité, soit un rapport plus important de sa masse sur son volume, sa vitesse de libération augmentera d’autant.

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Pour atteindre la vitesse de libération, cela exige de consommer du carburant. Plus cette vitesse est importante, plus le carburant à embarquer à bord de la fusée doit être important. Le problème est qu’avec du poids supplémentaire, ça prend encore plus de carburant et la fusée pèsera encore plus lourd.

Ce cercle vicieux occasionne qu’avec une propulsion chimique, il existe une limite de vitesse de libération au-delà de laquelle, il devient impossible de lancer une fusée dans l’espace.

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Cela signifie que les peuples extraterrestres ne sont pas tous en mesure de visiter l’espace. Certains restent prisonniers de leur planète jusqu’à ce qu’ils puissent bénéficier d’une propulsion beaucoup plus efficace que les réactions chimiques.

On pourrait penser à des réactions nucléaires ou de la production d’énergie grâce à l’interaction matière-antimatière. Toutefois, le temps permettant de contrôler ces énergies plus exotiques empêcherait ces peuples d’envoyer des satellites et des sondes en orbite comme les humains le font depuis soixante ans uniquement grâce à des réactions chimiques bien ordinaires.

La planète Mars fait partie de celles ayant des dimensions trop petites pour préserver leur atmosphère. Dans l’autre extrême, les superterres actuellement connues risquent de piéger leurs habitants à leur surface tellement la vitesse de libération risque d’être trop importante.

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Le graphique montre les masses des exoplanètes connues par rapport à leur distance à leur étoile, le tout par rapport à la masse et à la distance de la Terre au Soleil. Les points bleus représentent les planètes de notre système solaire. Les points rouges, les exoplanètes connues à ce jour. Comme on peut le constater, la Terre, sa sœur Vénus et Mars semblent des exceptions dans la Galaxie, mais c’est seulement parce que détecter des planètes leur ressemblant s’avère bien plus difficile que de trouver des géantes gazeuses comme Jupiter ou Saturne. Nos moyens se raffinant et nos instruments scientifiques gagnant en précision et en acuité, bientôt les points rouges inonderont la région de ce graphique où les planètes rocheuses de notre système solaire se situent.

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Nous pouvons néanmoins nous féliciter de vivre sur une Terre suffisamment grosse pour retenir son atmosphère et ses océans sans toutefois souffrir d’embonpoint, une Terre au cœur de la zone habitable du Soleil, une Terre permettant aux fusées à propulsion chimique de lancer des satellites et des sondes partout dans son système solaire, une Terre à la mesure de notre curiosité et de nos ambitions présentes.

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Lorsque nous maitriserons d’autres types de propulsions beaucoup plus efficaces, nous aurons déjà plus d’un siècle d’expérience spatiale, d’envois de télescopes scrutateurs, de robots fouineurs, de sondes détectrices et d’humains déterminés. Nous serons prêts à entamer une nouvelle phase de notre parcours spatial, devenir un peuple galactique.

 

 

Penser autrement, valable pour tous

La semaine dernière, j’ai été visiter un salon de l’emploi à Montréal. Nous sommes en pleine pénurie de main-d’œuvre et les employeurs tentent tant bien que mal de pourvoir des postes toujours vacants.

Pourtant, combien de kiosques ai-je visité qui n’offraient que la présence d’un préposé chargé de remettre un carton avec l’adresse web de leur site où les postes à pourvoir sont affichés?

Quelle manière dispendieuse mais surtout inutile de trouver des candidats intéressants! Les employeurs recherchent des gens capables de penser autrement, selon leurs propres dires, alors qu’eux-mêmes semblent incapables d’en faire autant. Trouver de bons candidats dans un contexte de pénurie exige de sérieusement réviser ses critères d’embauche ainsi que ses méthodes pour les trouver.

Participer à un tel salon peut s’avérer fructueux si une personne allumée est présente pour percevoir le potentiel au-delà d’un simple CV et où une grille avec des cases à cocher remplace l’intelligence.

Messieurs, mesdames, des ressources humaines, il est temps de rajouter de l’art dans votre méthode. Vous aussi devez penser autrement si vous désirez vraiment découvrir de nouveaux diamants. Cessez de reluquer les écrins des autres, de regarder si des pierres déjà taillées ne trainent pas quelque part sur la moquette. Trouvez des pierres brutes là où vos concurrents n’iraient jamais chercher. Sortez de votre boite à chaussures, think out of the box comme disent les Chinois et vous verrez que ce que vous prenez pour de vulgaires cailloux recèle des gemmes extraordinaires pour peu que vous sachiez les regarder sous des angles et avec des outils différents.

Mines spatiales

La Terre nous offre une panoplie de minéraux que nous trouvons en creusant des mines. Certains éléments chimiques réputés pour posséder des propriétés rares et utiles font l’objet d’une exploitation intense dont les prix sur le marché reflètent généralement les coûts reliés à leur extraction, leur purification et leur conditionnement.

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Qui plus est, beaucoup d’éléments à haute valeur sont des éléments chimiques dits lourds comme l’or, le ruthénium, le platine, le tantale, le tungstène, l’argent, le cadmium, le palladium, etc. Depuis la naissance de la Terre voilà 4,567 milliards d’années, la grande majorité de ces éléments lourds ont migré vers le centre de la Terre, en laissant bien peu remonter par quelques fissures jusqu’à la surface.

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Notre utilisation irréfrénée des métaux rares épuise les ressources présentes dans la croûte terrestre et nous n’avons aucun moyen de récupérer celles qui se trouvent à grande profondeur. Cependant, la Terre a été formée à partir d’astéroïdes et de comètes présentes dans le système solaire originel. Ces briques ayant constitué la Terre contiennent des concentrations très importantes de ces mêmes éléments chimiques, cent fois et même plus que dans la croûte terrestre.

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Voilà pourquoi certains gens d’affaires reluquent de plus en plus ces rochers dérivant dans l’espace afin d’en exploiter les ressources minérales. Le cinéaste canadien James Cameron a même investi une petite fortune dans une entreprise en démarrage dédiée à développer des technologies d’exploitation de mines sur des astéroïdes.

Le problème majeur reste le coût pour amener de la machinerie dans l’espace. Chaque kilo coûte une fortune et il reste encore suffisamment de mines sur Terre pour rendre l’aventure minière spatiale inintéressante d’ici les prochaines décennies. Toutefois, soyons certains que les astéroïdes deviendront un jour le nouvel eldorado grâce aux fortes concentrations de métaux rares et chers. Cela aussi, c’est écrit dans le ciel.

Mitraille de forts séismes

Le nord de la plaque océanique Juan de Fuca a tremblé treize fois en une seule journée, dont trois importants séismes de 6,5, 6,6 et 6,8.

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Cette mitraille est survenue à l’ouest de l’ile de Vancouver dans l’océan Pacifique au Canada à la jonction des plaques Juan de Fuca et pacifique. Malgré l’ampleur des séismes, aucun tsunami n’est survenu, car la course de ces deux plaques est heureusement divergente, donc elles ont tendance à s’écarter.

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Je vous ai déjà parlé de cette plaque qui glisse sous le continent nord-américain et qui cause le volcanisme de cette région. Les géologues prévoient un séisme de magnitude 9+ lorsque la plaque nord-américaine laissera échapper sa tension accumulée par le télescopage de la plaque Juan de Fuca. Ainsi, tout séisme d’importance survenant à cette plaque pourrait la déstabiliser et causer le fameux séisme appelé la catastrophe Cascadia.

Une histoire à suivre de près, mais pas de trop près, comme l’apprendront à leur dépend les gens de l’Ouest étatsunien et canadien.

La grotte Orda

Je n’ai jamais eu l’âme d’un spéléologue. Non pas que je sois claustrophobe, mais un Corbot préfère l’air à la terre et le vent aux terriers. De plus, certaines grottes se trouvent partiellement ou entièrement immergées, ce qui requiert un supplément d’affinités avec les poissons. On s’éloigne de plus en plus de la légèreté quasi immatérielle de l’air et du sentiment de liberté qu’il procure. Cependant, certaines grottes méritent amplement notre attention et la grotte Orda fait certainement partie de celles que même un oiseau peut apprécier.

Située sur le flanc ouest des monts Oural en Russie, cette grotte presque entièrement submergée est composée exclusivement de gypse. Sa formation remonte à 300 millions d’années alors qu’une ancienne mer, la mer Oural, séparait la grande plaine russe à cette longitude. Les monts Oural se sont formés à cette époque alors que la mer Oural s’est refermée, faisant plisser les couches géologiques continentales. Cette mer peu profonde a toutefois connu des millions d’années de montée et de descente de son niveau, faisant précipiter du gypse à chaque cycle. L’accumulation de ces dépôts s’est poursuivie suffisamment longtemps pour accumuler des dizaines de mètres de gypse blanc.

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L’eau a ensuite creusé des galeries souterraines qui se sont remplies pour former l’une des plus belles grottes au monde. L’eau est superbement cristalline et aucune trace de vie visible ne semble peupler ce milieu exceptionnel. Puisque le gypse se dissout dans l’eau, l’exploration de cette grotte reste toujours une expédition hasardeuse. L’eau reste en permanence à température de la thermocline (4 °C), ce qui rajoute un danger supplémentaire d’hypothermie.

Une seule ouverture est connue à ce jour, mais il se pourrait que d’autres s’ouvrent sous peu. On a noté des affaissements de terrain à proximité des tunnels souterrains. D’ailleurs, la seule issue s’est fait connaitre lorsque la terre s’est affaissée à proximité du village d’Orda, donnant son nom à cette formation géologique unique au monde.

Longue de 5,1 km, cette immense grotte possède de multiples ramifications et son exploration est loin d’être terminée. Il existe une immense salle que les plongeurs peuvent atteindre après une vingtaine de minutes de plongée. Elle est si grande que les torches électriques normales ne parviennent pas à percer l’obscurité. Pour cette raison, on lui a donné le nom d’«hydro-cosmos».

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Une équipe nippone de la NHK aidée de plongeurs russes locaux ont de nouveau exploré ce lieu en 2017 et en ont rapporté des images vidéo en haute définition.

La dérive des continents, le cycle de l’eau et l’érosion n’ont cessé de former au fil des millions d’années des endroits absolument stupéfiants. La grotte Orda en est un parfait exemple.

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Les leçons ignorées du passé

Connaissez-vous le PETM? Non? Ce n’est pas un événement techno ni une nouvelle maladie. On désigne sous cet acronyme un ancien passage climatique appelé «maximum thermique du Paléocène-Éocène».

On aurait pu apprendre du passé pour anticiper l’impact de nos émissions de dioxyde de carbone. Non seulement on s’est bien gardé de regarder derrière, on continue toujours d’ignorer l’histoire de la Terre alors que des changements dramatiques sont présentement en train de survenir. Voici donc quelques détails concernant cet épisode plutôt révélateur du passé de notre planète.

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Après l’extinction de la faune géante survenue voilà 66 millions d’années, la Terre a vécu un étrange épisode de réchauffement climatique daté de 55 millions d’années qui a laissé des traces géologiques claires et précises, c’est le passage du Paléocène à l’Éocène. Cette transition nommée PETM a été marquée par l’accroissement dramatique des températures à la surface de la terre et des océans.

Avec 8 à 13 °C supplémentaires, la vie dans les océans devenus très acides a connu l’une de ses pires crises. Les coraux ont disparu, la faune marine s’est réduite jusqu’à presque être anéantie, la plupart des espèces restantes s’étant réfugiées dans les océans boréal et austral. Avec 36 °C à l’équateur, l’eau en haute mer était aussi chaude que celle d’un spa. En Arctique, l’eau atteignait 18 à 23 °C.

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Au sol, la Sibérie, le Grand Nord canadien, le Groenland et l’Antarctique ont totalement fondu. La flore s’y est installée et on retrouvait dans ces lieux polaires des plantes tropicales. Les autres lieux à plus basse latitude sur la planète ont souffert de forte surchauffe, exterminant une grande partie de la vie et déplaçant le reste vers des latitudes plus clémentes. Il va sans dire que le niveau des océans a grimpé à son maximum et que rien n’a subsisté des côtes actuelles où s’entasse actuellement plus de la moitié de la population mondiale.

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On s’entend pour dire que cette période de transition entre les deux époques géologiques aurait été causée par un dérèglement dans le cycle du dioxyde de carbone. Pour des raisons encore imparfaitement comprises, la Terre s’est mise à dégazer en grande quantité cette molécule à effet de serre durant environ 20000 ans. Au cours de ce réchauffement, la fonte du pergélisol et les fonds océaniques ont libéré des quantités phénoménales de méthane, amplifiant d’autant l’effet de serre.

À cette époque, la libération du CO2 se produisait à une vitesse dix fois moins grande qu’avec les activités anthropiques actuelles. Heureusement, la Terre s’en est finalement remise à partir du moment où les émissions anormales de dioxyde de carbone et de méthane ont cessé. En revanche, ça lui a pris au bas mot 150000 ans pour faire disparaitre le surplus des gaz responsable de ce sauna global.

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Voilà un aperçu réaliste, non extrapolé, basé sur des mesures sédimentaires concrètes de ce qui attend notre Terre dans un avenir beaucoup plus proche qu’il n’y parait. Mais rien ne garantit que vous pourrez vous prélasser au soleil le cul dans l’eau turquoise à Ivujivik. Les émissions anthropiques actuelles sont tellement plus importantes et soutenues qu’à cette époque reculée que rien ne laisse supposer que la Terre se limitera à accroitre sa température de seulement 8 à 13 °C.

Et on fait tout un plat autour de la possibilité d’une augmentation de 1,5 °C et ce que nous devrions faire maintenant pour éviter d’atteindre ce niveau considéré comme limite. Quelle risible mauvaise pièce de théâtre! J’ai l’impression de voir un gars tombé d’un bateau en plein océan et qui se demande s’il devrait se départir de sa chaussette gauche ou droite pour éviter de couler! Vous, comme moi, nous savons ce qui surviendra à ce gars peu importe sa décision, n’est-ce pas?