Déboulonner les voyages dans le passé

En science, il existe une technique appelée «la preuve par l’absurde» qui permet de tester une hypothèse en la considérant comme étant exacte et en notant ce qu’elle engendre comme effets. Si ses conséquences sont absurdes, c’est-à-dire inverses à ce qu’on connait, l’hypothèse initiale ne tient pas la route.

Je vais donc appliquer cet exercice de pensée en considérant les voyages dans le passé comme étant possibles. Ensemble, nous allons me suivre à travers mon périple qui sera, vous verrez, passablement révélateur. 

Je me prépare donc à reculer dans le temps grâce à une machine qui dépasse la vitesse de la lumière. J’ajuste sur mon écran le bond que j’ai l’intention d’effectuer dans le passé.

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Petite parenthèse avant le grand plongeon, dès le moment où je retourne dans le passé, peu importe l’époque, j’apparais dans un continuum-temps qui ne m’appartient pas. Ce faisant, je me matérialise dans ce passé, quel qu’il soit. Ainsi, je peux serrer la main de Gengis Khan, participer au meurtre de Jules César, souffler à l’oreille de Marie Curie qu’un élément chimique portera un jour son nom. Je peux même assister à la dernière explosion du supervolcan de Yellowstone. Mais je peux également retourner dans un passé récent et me rencontrer en personne. C’est donc ça que je m’apprête à faire.

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J’ajuste ma machine pour voyager dans mon passé récent, très récent, vraiment très récent, une seule seconde de décalage par rapport à mon temps présent. Je me rencontre alors que mon double n’est plus jeune que d’une seconde. Oui, oui, si je peux côtoyer Jules César, je peux me côtoyer moi-même, peu importe le temps dans le passé. C’est la même logique, la même machine, le même principe physique. Tout les principes sont rigoureusement identiques.

Mais pourquoi se contenter d’un seul double, me dis-je alors? Et vous aussi, j’en suis certain. Je me prends (ça semble passablement narcissique) et je nous embarque dans ma machine à remonter le temps pour recommencer le processus. Une seconde avant le précédent saut. Moi et moi-même, nous rencontrons alors notre autre double et nous l’embarquons dans la machine à remonter le temps.

En reculant de 24 heures, seconde après seconde, je viens de créer 86400 copies de moi-même. En reculant d’un an, j’aurai créé plus de 31 millions de copies n’ayant pas plus d’un an de différence avec le moi d’origine. Et si j’ajuste le voyage dans le temps à seulement 1 milliseconde plutôt que 1 seconde, en un an je me serai créé 31 milliards de copies de moi-même. Je serais donc en mesure de peupler un Univers entier presque exclusivement composé de moi.

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Je crois que je n’ai plus besoin d’en rajouter. Si un être quelconque dans l’Univers avait déjà eu la possibilité de reculer dans le temps, on vivrait déjà dans un Univers peuplé à l’infini de ses clones. Ses alliés indéfectibles n’auraient qu’un but, celui de couvrir toutes les sphères possibles et évidemment finir par tout contrôler, le passé, le présent et le futur. Ouais, c’est mon petit côté mégalomane qui parle, là.

Et puisque cet événement n’est jamais survenu… vous connaissez la suite et la conclusion de mon raisonnement par l’absurde pour prouver que les voyages dans le passé n’existent pas. CQFD.

Certains scientifiques croient que si on pouvait voyager dans le passé, on ne pourrait pas interagir avec celui-ci, un peu comme si on regardait une vidéo, donc, pas de clonage à grande échelle possible.Histoire-ComparaisonToutefois, c’est certain qu’on verrait une vague sans précédent de suicide d’historiens, soit parce qu’ils seraient devenus totalement inutiles, soit par honte d’avoir raconté autant de bobards et d’avoir si sciemment et fréquemment omis les véritables faits. Malheureusement, ils continueront de sévir encore longtemps puisque les voyages vers hier, c’est pas pour demain !

Photos :
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wccftech.com ;
blogs.histoireglobale.com

La couleur du corbeau

Ce n’est un secret pour personne, le corbeau est noir, pour preuve, même les aveugles le voient ainsi. Cependant, vous serez surpris d’apprendre que ce volatile n’a pas toujours affiché cette couleur. Voilà très longtemps, le corbeau était tout blanc. C’est du moins ce que dit une légende amérindienne.

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Ayant le plus grand respect pour les légendes, les corbeaux (même différemment orthographié) et les Amérindiens, je serais bien mal avisé de les contredire. Alors vous devez savoir qu’au début du temps des humains, le corbeau était tout blanc. Je ne vous donnerai pas le contenu entier de cette légende, seulement ce qui se rapporte à sa couleur.

 

Afin de l’offrir aux humains, Corbeau voulait voler le feu à Aigle Gris qui le gardait jalousement dans son tipi. Toutefois, sa chaleur ne lui permettait pas de l’emporter. Il prit alors une branche qu’il plaça dans le feu et lorsqu’elle se fut embrasée, il la récupéra et s’envola par le trou de fumée au sommet du tipi.

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Mais en chemin, la fumée s’échappant de la branche vint noircir son plumage blanc immaculé qui devint tout noir. Et puisqu’un malheur ne survient jamais seul, aveuglé par cette fumée, il laissa tomber la branche (décidément, il devrait porter plus attention à ce qu’il tient dans son bec) qui tomba sur une pierre et s’éteignit. Mais l’offrande qu’il voulut faire aux humains ne fut point totalement perdue, puisque depuis ce jour, celui-ci parvient à faire jaillir le feu des pierres et les frappant l’une contre l’autre. Il est donc permis de penser que sa couleur qui aujourd’hui en rebute plusieurs provient d’un bon geste à notre égard.

Dans bien des légendes de par le monde, et plus spécifiquement dans les cosmogonies et les théogonies amérindiennes, le corbeau est un puissant protecteur. Cependant, les Amérindiens comprenaient parfaitement que rien n’est tout bon ou tout mauvais. Ainsi, le corbeau avait aussi certains travers comme celui d’être chapardeur même si ses intentions étaient bonnes, puisque Aigle Gris était son beau-père.

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Pour certains peuples amérindiens, le Corbeau est un héros et un démiurge qui dynamise et surtout, il organise le Monde. Il se retrouve très souvent au sommet des totems comme le protecteur essentiel des tribus. Par le battement de ses ailes, il génère le vent et de sa langue surgit l’éclair.

Contrairement à la croyance populaire, le corbeau est associé aux choses négatives que très récemment dans l’Histoire humaine et cette mauvaise réputation provient exclusivement d’Europe. Il semble que le corbeau soit apprécié des peuples nomades, mais dénigré par les peuples sédentaires liés à l’agriculture.

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Un autre élément important de sa symbolique est son désir conscient d’isolement, de vivre sur un plan supérieur. Plus encore que son rôle de protecteur, celui de guide revient constamment.

Un corbeau blanc, je comprends maintenant pourquoi mes cheveux blanchissent avec le temps. La suie qui me recouvre s’efface lentement, laissant place au corbeau originel. Mais qui s’intéresse encore aux légendes, aux totems et aux croyances antiques ? Après tout, ce ne sont que des histoires !

Photo : programme-tv.net ; retrouvailles.24.over-blog.combangordailynews.com ;  programme-tv.netanimal-totem.fr ;

Navigation et savoirs anciens

Dans la mer Méditerranée, à l’extrémité sud de la Sicile se trouve la toute petite ile des Courants. À marée basse, elle se transforme en presqu’ile. Un brise-lame partiellement détruit est encore bien visible. L’ile n’est située qu’à cent mètres de sa grande sœur, la Sicile.

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Il existe sur l’ile des Courants un phare autrefois tenu par un gardien qui y vivait avec sa famille. Aujourd’hui, ce poste est abandonné, tout comme l’ile qui n’accueille maintenant que des baigneurs et des surfeurs. Du fait de la faible profondeur de la mer dans les environs, l’eau en été surchauffe jusqu’à atteindre la température de l’eau d’un spa.

Son phare tombe en décrépitude comme pour la plupart des autres phares dans le monde. À l’ère du GPS, ces constructions autrefois essentielles sont devenues désuètes. Mais la désuétude est-elle une raison suffisante pour abandonner ces bâtiments qui ont tous eu un passé chargé et des heures glorieuses? Ou au contraire, devons-nous nous empresser de récupérer les terrains, détruire les constructions et rebâtir autre chose de plus contemporain, de plus utile?

Au Québec, nous avons 43 phares, principalement le long de la Voie maritime du Saint-Laurent, l’une des plus difficiles et dangereuses voies navigables au monde. Nous tentons de les maintenir en état – pas nécessairement opérationnels – par divers moyens, comme avec le tourisme et sa Route des phares.

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Pour la navigation maritime, les phares ont été aussi essentiels que les GPS de notre époque, mais ces temps semblent révolus. Pourtant je m’interroge. Jusqu’à quel point devons-nous être nostalgiques du passé? Reviendrons-nous un jour à la navigation traditionnelle? Si c’est le cas, il aura fallu qu’un bouleversement majeur vienne jeter aux orties notre civilisation technologique.

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Photo : micheljulien.com

Tous les savoirs antiques ont-ils encore un sens, mis à part la richesse d’une culture maritime? Je pense que la connaissance avait et aura toujours un sens. Bien sûr, autrefois la connaissance était un des biens les plus précieux. Ne devenait pas capitaine de vaisseau qui voulait, ou architecte, ou guérisseur. Les savoirs se payaient cher et prenaient une grande partie de sa vie pour être appris et maitrisés. Des guildes ou des maitres veillaient à nous enseigner ces savoirs en y greffant une partie ésotérique qui faisait partie intégrante de ces connaissances.

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Photo : Journalmetro.com

Est-il bien sage de confier l’avenir de la navigation à une seule source, en l’occurrence le GPS? Oui, il existe trois autres systèmes, le Glonass russe, le Beidou chinois et le Galileo européen, mais les quatre systèmes sont basés dans l’espace et susceptibles d’être endommagés par des rayons provenant d’éruptions solaires, d’une supernova proche, ou de rayons gamma émis pas des sources spatiales hyper puissantes. L’humain est lui aussi capable de perturber, endommager, voire détruire ces systèmes.

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D’autres systèmes d’aide à la navigation existent, comme le Loran, mais du fait de la position terrestre de leurs émetteurs, ils ne sont pas «globaux», c’est-à-dire qu’on ne peut pas connaitre notre position en tout temps et en tout lieu.

Après cela, il nous reste les cartes, les boussoles, les étoiles, les sextants, les lunettes, les compas et les horloges, si tant est que nous sachions les utiliser puisqu’ils font maintenant partie des savoirs anciens.

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L’hystérésis !

Dans l’article précédent, j’utilisais le terme « hystérésis » pour parler du retard que certains systèmes engendrent entre les actions appliquées sur eux et les effets qu’ils dégagent par la suite. Une courbe vous montrait à quoi pouvait ressembler ce comportement. Je vous la remets.

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Ce mot d’origine grecque semble posséder la même racine que le mot hystérie et si vous le croyez, vous n’avez pas du tout tort. Ces deux mots ont bien une racine commune. Mais ne ratez pas la suite de cet article, car elle risque de vous surprendre.

À première vue, il n’est pas du tout évident de voir quel lien peut bien entretenir un mot désignant un retard entre la cause et l’effet avec un autre mot résumant un état de la conscience compris entre l’hyper réactivité et l’illogisme.

Je tiens à souligner ici à vous, mesdames, que la suite vous concerne directement. Je tiens également à vous dire que je n’ai pas écrit l’Histoire, je la raconte simplement sans la juger, elle ou ses acteurs.

Les racines grecques « hustora » à l’origine d’hystérie et hystérique, ainsi que « hustorein » à l’origine d’hystérésis signifient respectivement « utérus » et « être en retard, retardé ».

On saisit facilement le lien entre utérus et retard lorsque celui-là occasionne celui-ci lors d’une insémination réussie.

Il existe donc un lien fort entre l’utérus et les mots hystérie et hystérique ! Eh oui. Tout à fait.

Nous les hommes, étant dépourvus de la matrice, l’hystérie se rapportait autrefois uniquement à des sujets féminins pris d’une affliction les amenant à devenir hystériques. Ce trouble du comportement lié à leur utérus était traité par certains médecins, tous masculins à l’époque, qui croyaient sincèrement pouvoir le régler avec certains traitements appropriés.

Leur façon de faire passer l’hystérie était de donner aux femmes des massages sur et dans les parties génitales féminines. Le terme précis utilisé aujourd’hui pour décrire ce traitement est la masturbation et il n’est plus vraiment prescrit, comme vous pouvez vous en douter.

Et voilà la petite histoire de l’hystérie essentiellement féminine. Étrangement, le nombre d’hystériques à cette époque a grimpé en flèche, une vraie épidémie. Les traitements apaisaient effectivement les humeurs des dames, mais les sursauts devenaient toujours plus criants les mois subséquents. Allez donc y comprendre quelque chose !

Image : astriddick.com

IA et le manuscrit Voynich

Le manuscrit Voynich est un livre de 234 pages écrit dans une langue inconnue et montrant principalement des illustrations de plantes. Le fait que le vélin utilisé date du début du XVe siècle pose un sérieux problème puisque l’écriture devrait être connue. Mais on ignore tout de l’alphabet utilisé et a fortiori les mots faisant probablement la description des plantes dessinées avec grands détails. Ce livre est à ce jour la plus importante œuvre cryptée résistant à toutes nos tentatives de décodage.

Toutes ? Peut-être pas. Dernièrement, des chercheurs de l’université de l’Alberta au Canada auraient réussi à découvrir dans quelle langue il aurait été écrit avant qu’il ne soit codé avec des symboles étranges. Ils y seraient parvenus en programmant des algorithmes d’intelligence artificielle, ainsi qu’en utilisant le traducteur de Google.

L’hébreu serait à la base de ce charabia. Cependant, les lettres des mots auraient été réagencées comme on fait lorsqu’on joue au Scrabble. L’étape suivante aurait consisté à transformer les lettres de l’alphabet hébreu en d’autres symboles.

Mais il reste malgré tout une autre énigme qui sera peut-être résolue lorsque le texte aura été entièrement décodé et elle concerne les plantes décrites dans le codex. Beaucoup d’entre elles nous sont totalement inconnues. Si certaines sont facilement reconnaissables, d’où proviennent les autres ?

À moins que ce livre ne soit qu’une gigantesque farce, ces plantes inconnues sous-entendaient que son auteur n’était pas d’origine terrestre. Il aurait étudié les différentes plantes pour en faire un traité de botanique comparatif.

Mais l’hypothèse de l’origine extraterrestre ne meurt pas nécessairement avec la découverte de l’alphabet et du lexique utilisé avant le cryptage. L’hébreu est une très vieille langue. Si un peuple extraterrestre avait été en contact avec le peuple hébreu dans un lointain passé, cette langue aurait pu devenir le moyen de communication privilégié entre les deux peuples. Il est certainement plus facile à un peuple très avancé d’apprendre un langage comme l’hébreu qu’au peuple hébreu d’apprendre le langage très avancé d’une société extraterrestre.

Et si le manuscrit Voynich était une sorte de testeur ? Un moyen de mesurer le niveau intellectuel atteint par notre société ? Tant qu’il aurait résisté à nos assauts de décryptage, nous n’aurions pas atteint le seuil d’intelligence recherché. Mais la grande question dans tout cela est de savoir pourquoi ils voudraient nous tester. En supposant que nous terminions de décrypter le manuscrit et que le peuple extraterrestre l’apprenne d’une façon ou d’une autre, qu’auraient-ils prévu de faire ensuite ? Nous contacter officiellement ? Sortir de l’ombre pour que tous les humains puissent enfin connaitre leur existence ?

Je leur rappelle bien amicalement ma prédiction pour l’année 2018 sur le sujet. Faisant un Nostradamus de moi-même, j’ai prédit qu’on découvrira que la vie extraterrestre existe effectivement soit sous une forme simple et archaïque comme des bactéries, soit sous une forme évoluée grâce à nos télescopes qui détectent les exoplanètes, soit très évoluée grâce à une visite officielle de représentants d’une communauté extraterrestre.

J’aimerais bien avoir raison dans ma prédiction, alors grouillez-vous de vous faire voir ! Oui, je sais, je fais comme s’ils lisaient mon blogue. Normal, on les dit intelligents !

Un génie haï et ostracisé

L’histoire nous a fait connaitre des génies peu communs. Toutefois, certains d’entre eux n’ont pas été reconnus comme tels de leur vivant, ou trop peu. Je qualifie quelqu’un de génie lorsqu’un individu a réussi à sortir des sentiers battus, à imaginer autre chose, au-delà des dogmes de son époque. Malheureusement, très souvent, leur existence fut difficile. Elle a été peuplée de railleries, d’insultes de toutes sortes et surtout de dénigrements.

L’un d’entre eux est un génie hors du commun et encore si peu connu. Son nom est Ludwig Boltzmann. Il est né en Autriche en 1844 et est mort en Italie en 1906 lorsqu’il a commis une deuxième tentative de suicide. Elle fut précipitée par ses échanges virulents avec d’autres physiciens. De son vivant, ses travaux n’ont jamais été reconnus.

À son époque, l’existence de l’atome n’était pas encore admise. Elle faisait partie des théories antiques grecques totalement dépassées. On connait la suite. Boltzmann en a été l’un des grands défenseurs. Sa plus grande contribution aux sciences fut certainement d’avoir introduit la physique statistique pour décrire le comportement des gaz. Il offre une nouvelle équation pour décrire l’entropie.

S = k ln Ω. Sur sa tombe est gravée une variante signifiant la même chose, S = k log W

S est l’entropie, le niveau de désordre d’un système ayant une grande quantité d’atomes ou de molécules. Il montre que l’entropie d’un tel système croît de façon permanente et monotone.

Aujourd’hui, la constante k dans ses équations est appelée « constante de Boltzmann » et est l’une des quatre constantes fondamentales de notre Univers. Elle est considérée comme étant la constante de l’information.

En allant voir sur Wikipédia, il est le seul physicien important à n’avoir toujours pas de description de ses travaux, ou si peu ! C’est une honte que plus de cent années après ses travaux, on le néglige encore à ce point. La communauté des physiciens nous prouve une fois de plus que lorsqu’elle décide de détester quelqu’un, elle ne le fait pas à moitié. Boltzmann s’est suicidé à cause d’eux et probablement qu’il en aurait encore envie aujourd’hui.

Extinctions et cycles

Il y a environ 252 millions d’années survenait la pire extinction de masse de l’histoire de la Terre, l’extinction Permien-Trias (P-Tr). Non, ce n’est pas celle correspondant à la disparition des dinosaures survenue voilà 66 millions d’années. C’est une autre et elle fut pire encore.

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Si la cause de l’extinction Crétacé-Tertiaire (K-T), celle des dinosaures, est bien connue et généralement acceptée de la plupart des scientifiques, la bougie d’allumage de l’extinction du Permien-Trias (P-Tr) est beaucoup moins consensuelle. La chute d’une météorite est également évoquée pour expliquer pourquoi 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres ont disparu de la surface de la Terre puisque cette cause restera toujours la plus facile à démontrer.

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On dénombre six extinctions massives incluant celle sévissant actuellement qui est causée par les activités humaines. Mis à part cette dernière dont la cause est unique, on dénombre 25 extinctions importantes ou massives depuis les 540 derniers millions d’années.

Les effets occasionnés par une météorite géante tombant sur la Terre sont assez bien connus. Des simulations numériques nous montrent la puissance d’un tel événement et l’étendue planétaire des dégâts. Des tremblements de terre de force 11 et des tsunamis géants ravagent la planète. Ensuite, la flore s’embrase puis disparait lorsque les retombées incandescentes font le tour de la terre. Puis l’hiver permanent prend la relève lorsque des centaines de volcans éperonnés par les séismes crachent sans relâche leurs éjecta de poussière durant des décennies. Ils saturent l’atmosphère d’acide sulfurique qui change drastiquement le pH des cours d’eau et des océans, tuant pratiquement toute vie sur Terre.

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Cependant pour valider l’hypothèse d’une météorite, il faut retrouver le lieu d’où la catastrophe s’est produite. On doit donc chercher un astroblème pouvant être daté de cette époque et suffisamment grand pour correspondre à la taille d’une cicatrice laissée par un caillou céleste ayant causé cette hécatombe. Selon la nature du sol, un astroblème fait de 10 à 20 fois les dimensions de la météorite.

Le diamètre minimal de l’astéroïde tueur devrait au moins être l’équivalent de celui ayant fait disparaitre les dinosaures, c’est-à-dire 10 km. Cependant, puisque l’ampleur de l’extinction est bien plus importante, cette estimation est jugée minimale par plusieurs scientifiques. Certains parlent plutôt d’une météorite faisant 45 kilomètres de diamètre. Elle pourrait être tombée en Antarctique où une anomalie gravitationnelle de 600 km de diamètre a été décelée.

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Si l’hypothèse de la météorite s’avère probable et plutôt pratique pour expliquer l’extinction Permien-Trias, on ne peut exclure d’autres causes dont certaines peuvent être cycliques. Par exemple, une autre extinction de masse, la deuxième en importance, s’est produite voilà 485 millions d’années. C’est l’extinction de l’Ordovicien-Silurien (O-S). La différence est de 233 millions d’années avec la suivante, moins de 10 % par rapport à 252 millions d’années. Et fait troublant, notre Soleil se déplace dans la Galaxie. Il tourne autour de son noyau en 220 ou 250 millions d’années. Ce chiffre est difficile à préciser, mais il correspond au 233 millions à 252 millions d’années.

J’ai ensuite calculé la différence moyenne de temps entre deux extinctions en utilisant la liste des 25 plus importantes disparitions recensées jusqu’à maintenant. Un cataclysme planétaire survient en moyenne à tous les 26 millions d’années. Il semble donc qu’un cycle existe réellement pour expliquer la majorité des extinctions survenues sur Terre.

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Je me suis rappelé avoir appris que le Soleil oscille de haut en bas autour du plan galactique, passant en dessous puis revenant au-dessus selon un cycle d’environ 30 millions d’années. Toutefois, ce chiffre est entaché d’une marge d’erreur importante. En admettant que ce mouvement oscillatoire prenne 26 millions d’années plutôt que 30 millions, ce chiffre correspondrait très bien à la moyenne des extinctions importantes survenant sur Terre.

Ainsi, quelque chose se produirait lorsque la Terre passe à une certaine hauteur par rapport au plan galactique. Ce pourrait être une bouffée de rayons gamma, car l’atmosphère terrestre est fortement perturbée lorsqu’elle est attaquée par ces rayons énergétiques. La couche d’ozone disparait et sans elle, les rayons gamma attaquent tous les êtres vivants de la planète, causant des extinctions massives. Malheureusement, si les rayons gamma en sont la cause, il n’en reste plus aucune trace. Cette hypothèse ne pourra être validée que lors de la prochaine catastrophe !

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Voilà donc une autre menace à rajouter à notre calendrier des événements catastrophiques à survenir. Comme quoi il est dangereux de vivre dans notre Galaxie. Pourtant, elle semble bien plus sûre que d’autres univers-iles ayant un noyau très actif alors que le nôtre est en dormance.

L’histoire de l’humanité

Quand des zones d’ombres jettent de l’ombre sur les sciences et les scientifiques qui écrivent l’histoire.

Toutes les questions laissées sans réponses vraisemblables par les historiens, les archéologues et les anthropologues ne peuvent pas toujours rester ignorées. Parmi celles-ci, les plus troublants questionnements concernent sans contredit les sites mégalithiques. Anxieux d’être appelés à répondre à des mystères incompréhensibles, ces spécialistes de l’évasion et de l’ellipse s’en tiennent à une version officielle montrant l’évolution des humains comme une seule pente ascendante continue liant notre passé jusqu’au présent. Ce faisant, ils font fi des sites mégalithiques montrant que les constructions les plus anciennes sont les plus technologiquement avancées, au point où nous serions incapables aujourd’hui de rééditer certains exploits d’un passé toujours plus ancien et mystérieux.

Découper, façonner, sculpter, déplacer et ériger des pierres de plus de mille et même de deux-mille tonnes sont des exploits irréalisables aujourd’hui. Le problème avec de telles preuves, c’est qu’elles sont impossibles à glisser sous le tapis au grand dam des spécialistes qui pérorent au lieu d’avouer que l’histoire humaine est bien plus complexe que celle dont ils farcissent les livres d’histoire. Ces taches persistantes impossibles à dissimuler narguent ainsi les scientifiques censés être en mesure, selon leurs propres prétentions, d’expliquer tous les aspects de notre histoire passée. Ils font donc semblant que rien d’anormal n’existe, même si ces sites exceptionnels sont situés aux quatre coins du globe et que des particularités très similaires semblent tous les relier les uns aux autres.

Il existe donc bel et bien une conspiration, même s’ils se défendent bec et ongles qu’une telle accusation n’est que pure foutaise et que leurs détracteurs n’y connaissent absolument rien. Cependant, une personne moyennement intelligente, je me compte parmi eux, possède une qualité très ordinaire, mais non dépourvue d’importance, soit une capacité de comprendre les choses lorsqu’on les explique adéquatement et avec rigueur. Il faut donc se rendre à l’évidence, soit tous ces professeurs sont des pédagogues d’une médiocrité crasse, soit leurs assertions ne tiennent absolument pas la route.

Un seul exemple pour illustrer mes propos. Dans des dizaines de pays disséminés un peu partout, on retrouve des pierres de construction de plus en plus grosses au fur et à mesure qu’on regarde plus bas ou plus profondément. Juchées par-dessus elles, des rangées de pierres de grosseurs de moins en moins importantes relate des techniques de construction régressives.

Eh bien, si l’on doit se fier à la logique des soi-disant spécialistes, il faudrait conclure que les constructeurs de ces murs et édifices les ont érigés en partant par le haut puisque les différents degrés d’avancement technologique requis pour manipuler ces pierres suivent le chemin inverse de celui édicté par la loi de progression continue de l’évolution humaine. Et ce constat est récurrent, partout où des constructions mégalithiques existent. Les plus anciennes constructions sont les plus technologiquement avancées et personne n’est en mesure de dire pourquoi et comment une telle chose a été possible.

De plus, la ressemblance entre différents sites est absolument troublante et à l’époque supposée de leurs constructions aucun lien reconnu officiellement ne reliait les différents peuples soupçonnés de les avoir réalisées. Un détective tout frais sorti de l’école de police conclurait sans équivoque à une signature commune, donc à une origine commune. Les historiens, archéologues et anthropologues semblent une fois de plus dépourvus d’une qualité essentielle censée faire partie de leur profession, la capacité d’analyser rigoureusement les faits. Finalement, on est en droit de se demander ce qu’ils ont appris dans leurs universités, mis à part une grande capacité d’affabulation et une possibilité infinie de répéter la même damnée histoire, peu importe les objections logiques qui démentent leurs récits.

J’aurais une suggestion à faire aux recteurs des universités enseignant ces matières où la fraude scientifique est érigée en système afin de faire disparaitre certaines preuves accablantes remettant en cause toutes leurs théories bancales. Si leurs professeurs angoissent à l’idée de réécrire l’histoire de l’humanité dans le même sens que les preuves l’indiquent, il existe une panoplie d’anxiolytiques parfaits pour affronter ce genre de stress existentiel. Troquer leurs lunettes roses pour des pilules de la même couleur apporterait un air frais de changement bénéfique à la compréhension de nos origines et de notre vraie histoire même si, pour ce faire, ils devaient la farcir de trous béants. Ils n’auraient peut-être plus réponse à tout, mais nous aurions une idée plus juste de ce que notre passé a réellement été et enfin, nous nous emploierions de façon plus judicieuse à trouver des réponses vraisemblables aux questions non résolues.

Toutes les questions laissées sans réponses vraisemblables par les historiens, les archéologues et les anthropologues ne peuvent pas toujours rester ignorées. Parmi celles-ci, les plus troublants questionnements concernent sans contredit les sites mégalithiques. Anxieux d’être appelés à répondre à des mystères incompréhensibles, ces spécialistes de l’évasion et de l’ellipse s’en tiennent à une version officielle montrant l’évolution des humains comme une seule pente ascendante continue liant notre passé jusqu’au présent. Ce faisant, ils font fi des sites mégalithiques montrant que les constructions les plus anciennes sont les plus technologiquement avancées, au point où nous serions incapables aujourd’hui de rééditer certains exploits d’un passé toujours plus ancien et mystérieux.

Découper, façonner, sculpter, déplacer et ériger des pierres de plus de mille et même de deux-mille tonnes sont des exploits irréalisables aujourd’hui. Le problème avec de telles preuves, c’est qu’elles sont impossibles à glisser sous le tapis au grand dam des spécialistes qui pérorent au lieu d’avouer que l’histoire humaine est bien plus complexe que celle dont ils farcissent les livres d’histoire. Ces taches persistantes impossibles à dissimuler narguent ainsi les scientifiques censés être en mesure, selon leurs propres prétentions, d’expliquer tous les aspects de notre histoire passée. Ils font donc semblant que rien d’anormal n’existe, même si ces sites exceptionnels sont situés aux quatre coins du globe et que des particularités très similaires semblent tous les relier les uns aux autres.

Il existe donc bel et bien une conspiration, même s’ils se défendent bec et ongles qu’une telle accusation n’est que pure foutaise et que leurs détracteurs n’y connaissent absolument rien. Cependant, une personne moyennement intelligente, je me compte parmi eux, possède une qualité très ordinaire, mais non dépourvue d’importance, soit une capacité de comprendre les choses lorsqu’on les explique adéquatement et avec rigueur. Il faut donc se rendre à l’évidence, soit tous ces professeurs sont des pédagogues d’une médiocrité crasse, soit leurs assertions ne tiennent absolument pas la route.

Un seul exemple pour illustrer mes propos. Dans des dizaines de pays disséminés un peu partout, on retrouve des pierres de construction de plus en plus grosses au fur et à mesure qu’on regarde plus bas ou plus profondément. Juchées par-dessus elles, des rangées de pierres de grosseurs de moins en moins importantes relatent des techniques de construction régressives.

Eh bien, si l’on doit se fier à la logique des soi-disant spécialistes, il faudrait conclure que les constructeurs de ces murs et édifices les ont érigés en partant par le haut puisque les différents degrés d’avancement technologique requis pour manipuler ces pierres suivent le chemin inverse de celui édicté par la loi de progression continue de l’évolution humaine. Et ce constat est récurrent, partout où des constructions mégalithiques existent. Les plus anciennes constructions sont les plus technologiquement avancées et personne n’est en mesure de dire pourquoi et comment une telle chose a été possible.

De plus, la ressemblance entre différents sites est absolument troublante et à l’époque supposée de leurs constructions aucun lien reconnu officiellement ne reliait les différents peuples soupçonnés de les avoir réalisées. Un détective tout frais sorti de l’école de police conclurait sans équivoque à une signature commune, donc à une origine commune. Les historiens, les archéologues et anthropologues de ce monde semblent une fois de plus dépourvus d’une qualité essentielle censée faire partie de leur profession, la capacité d’analyser rigoureusement les faits. Finalement, on est en droit de se demander ce qu’ils ont appris dans leurs universités, mis à part une grande capacité d’affabulation et une possibilité infinie de répéter la même damnée histoire, peu importe les objections logiques qui démentent leurs récits.

J’aurais une suggestion à faire aux recteurs des universités enseignant ces matières où la fraude scientifique est érigée en système afin de faire disparaitre certaines preuves accablantes remettant en cause toutes leurs théories bancales. Si leurs professeurs angoissent à l’idée de réécrire l’histoire de l’humanité dans le même sens que les preuves l’indiquent, il existe une panoplie d’anxiolytiques parfaits pour affronter ce genre de stress existentiel. Troquez leurs lunettes roses pour des pilules de la même couleur apporterait un air frais de changement bénéfique à la compréhension de nos origines et de notre vraie histoire même si, pour ce faire, ils devaient la farcir de trous béants. Ils n’auraient peut-être plus réponse à tout, mais nous aurions une idée plus juste de ce que notre passé a réellement été et enfin, nous nous emploierions de façon plus judicieuse à trouver des réponses vraisemblables aux questions non résolues.

De Hochelaga à Montréal

Mes ancêtres Iroquoiens occupaient l’ile de Montréal bien avant l’arrivée des colons Français. Une bourgade portant le nom d’Hochelaga, accueillit Jacques Cartier en 1535, mais son emplacement précis reste aujourd’hui incertain. Même si un quartier de la ville porte encore ce nom, la communauté amérindienne avait son campement sur les flancs du Mont-Royal, passablement éloigné du quartier Hochelaga actuel.

Si Jacques Cartier aperçois le campement amérindien en 1535, il n’est pas revu par Samuel de Champlain lors de son passage en 1603. Toutefois, si le campement se trouvait sur le flanc sud-est du Mont-Royal et que Champlain emprunta l’embranchement de la Rivière-des prairies au nord de l’ile plutôt que de passer par le fleuve Saint-Laurent au sud, la montagne se serait interposée entre les deux. D’autre part, beaucoup d’eau s’est écoulé entre les expéditions des deux voyageurs Français. Les amérindiens avaient pour habitude de se déplacer durant l’année. Il aurait suffit de qu’ils se soient rendus ailleurs pour chasser ou pêcher pour rendre invisible la bourgade visitée par Jacques Cartier soixante-huit ans auparavant.

En l’année 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance instaurent une colonie permanente sur l’ile, sur les rives du Saint-Laurent aux abords d’une petite rivière, un lieu aujourd’hui appelé Pointe-à-Callière qui se situe dans le Vieux-Montréal. Le lieu prend le nom de Ville-Marie. Plus tard, ce nom sera cédé pour adopter celui de son mont Mons Realis (Mont-Royal), Montréal.

De par mes racines mohawks et françaises, je suis doublement Montréalais, aujourd’hui une agglomération urbaine de plus de 4 millions d’habitants, soit un peu moins de la moitié de la population entière de la province de Québec.

La particularité de Montréal est d’être un ile au cœur du fleuve Saint-Laurent tout en possédant un mont de 111 mètres en son centre. Ce mont fait partie des Montérégiennes, une série de 11 élévations toutes alignées, signe d’un point chaud se déplaçant avec la dérive du continent. Ces montagnes se sont formées par une remontée de magma qui n’a jamais atteint la surface. L’érosion dues aux glaciers a grugé la roche plus tendre aux alentours, laissant apparaitre cette chaine formée de roches magmatiques beaucoup plus dures.

Si autrefois habiter une ile pouvait s’avérer avantageux, l’obligation actuelle d’emprunter un pont pour s’y rendre complique la circulation routière, parfois à toutes heures du jour et d’autant plus depuis que le camionnage a remplacé une bonne partie du trafic ferroviaire.

La rive sud de l’ile de Montréal est occupée par le Port de Montréal qui utilise 24 km de ses berges, le cinquième port en importance à l’Est de l’Amérique du Nord. Il accueille également de plus en plus des passagers en croisière grâce à un réseau d’attractions touristiques bien développé autour du Vieux-Port et du Vieux-Montréal.

La ville de Montréal occupe aujourd’hui 360 km2, les trois-quarts de la superficie totale de l’ile.

Photo : Par Limage95 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61252656

Compter jusqu’à trois.

Ou comment a commencé la quête de la complexité mathématique

Trois, three, tres, tre, três, trei, Drei, drie, voici huit façons différentes d’écrire le nombre trois en huit langues: français, anglais, espagnol, italien, portugais, roumain, allemand et néerlandais.

Une caractéristique saute immédiatement aux yeux et aux oreilles. Les sons très similaires «tʀ» ou «dʀ» se retrouvent au début de tous les chiffres 3. Le langage est un formidable véhicule de la culture. Certains éléments culturels persistent aisément durant des dizaines de millénaires et le mot «trois» est l’un d’eux.

C’est plutôt facile à comprendre, croirait-on. Il a dû exister un mot commun à toutes ces langues avant qu’elles ne divergent. C’est probablement exact puisque aujourd’hui, la linguistique considère que toutes les langues ont eu un même ancêtre, probablement remontant aux environs de 75000 ans. Lire l’article Adam, Ève et un certain Toba.

La langue parlée à cette époque devait nécessairement utiliser l’un des phonèmes, soit «tʀ», soit «dʀ» ou peut-être même simplement «ʀ» pour désigner le chiffre 3, mais il y a plus.

À l’époque où la communauté humaine vivait sans aucune mathématique, les sons utilisés devaient être indicatifs plutôt que formels. Ainsi, le son roulé «ʀ» précédé d’une consonne dentale «t» ou «d» devait avoir un certain sens pratique même s’il ne signifiait pas précisément le chiffre 3.

On suppose qu’à cette époque, l’humain ne comptait pas vraiment dans le sens qu’on donne aujourd’hui à ce mot. On n’a aucunement besoin de savoir compter pour séparer équitablement des fruits cueillis d’un arbre. On distribue une unité à chacun à tour de rôle jusqu’à épuisement des stocks. Évidemment, on commence la distribution par le chef. Ainsi, sans jamais savoir compter, chaque membre du clan ou de la tribu se voyait remettre sa juste part.

Ce lointain ancêtre comprenait par contre le sens d’être seul. Ainsi, le nombre 1 signifiait quelque chose de bien concret. Le nombre 2 devait également avoir droit à une réalité compréhensible. Quand «un» n’était plus seul, il avait de la compagnie, que ce fût pour partir à la chasse ou pour utiliser une section de la grotte pour faire des trucs louches avec une nana. Lorsque «un» n’est plus «unique», il fait «deux» avec un autre. Mais après 2, les chiffres commençaient à ne plus avoir de sens strict puisqu’on ne comptait pas. Après 2, il y avait quoi? Il y en avait plus, il y en avait beaucoup, il y en avait trop, très, trois. Ainsi, le son «tʀ» ou «dʀ» devait représenter non pas un nombre précis, mais simplement un état signifiant «au-delà de 2» ou «plusieurs».

Lorsque nos ancêtres ont ensuite eu besoin de créer une suite de nombres entiers pour distinguer 3 de 4, etc., par exemple pour compter des têtes de bétail, très, trop, trois est devenu le nombre bien réel qui suivait le 2 et pas seulement quelque chose signifiant «plus de 2».

Ainsi, le dicton «deux c’est un couple, trois c’est une foule» était parfaitement exact, puisque c’était le sens qu’on donnait à «trois» dans la préhistoire. C’est tout de même étrange de savoir que le tout petit nombre 3 créait une frontière conceptuelle difficile à outrepasser. Une frontière qui, lorsque nos aïeux l’ont franchie, ouvrit toutes grandes les portes du savoir par les mathématiques. Cette frontière ne cesse d’être repoussée et encore aujourd’hui, nos connaissances mathématiques s’enrichissent de nouveaux théorèmes toujours plus complexes. La quête du «trois» à partir du «très» s’est révélée une étape cruciale. Un tout petit pas, en apparence parfaitement anodin, occasionnera les plus grands bouleversements si l’on se donne la peine de pousser le concept tout juste un peu plus loin, mais ce, sans relâche, gravissant un à un les échelons menant à l’hyper complexité.