Séismes, un mois en apparence normal

Depuis le dernier mois, l’activité sismique d’importance, c’est-à-dire 6,0 et au-delà sur l’échelle Richter, est essentiellement concentrée dans la région de l’Indonésie, de la Papouasie – Nouvelle-Guinée, des iles Fidji, du Vanuatu, de la Nouvelle-Calédonie, des iles Salomon et toute cette région située au Nord et au nord-est de l’Australie, aux jonctions de la plaque tectonique australienne avec les plaques pacifique, philippine et eurasienne. L’Australie poursuit son périple océanique au rythme de 6 à 7 cm par année vers des latitudes plus clémentes et pour ce faire, elle bouscule allègrement les joueurs qui occupent actuellement le terrain.

Séismes-201810.png

D’autres tremblements de terre d’importance se sont produits en Russie orientale (iles Kouriles) et en Alaska (iles Aléoutiennes). Enfin, quelques séismes secondaires, mais assez inquiétants à cause de la population environnante, ont frappé le Guatemala à 5,7 et Haïti à 5,9.

Je constate dans le dernier mois le maintien de la moyenne d’un séisme d’importance survenant tous les deux jours et parmi ceux-ci, deux ont franchi la barre du 7 (7,0 et 7,5), conformément aux probabilités.

Ce mois peut donc être qualifié comme ayant été dans la normale statistique, mais la concentration importante des secousses presque au même endroit a tout de même de quoi étonner. Ces activités nous renseignent toutefois sur certains comportements de la croûte terrestre. Lorsque des régions ont vécu des épisodes de calme relatif comme ce fut le cas pour la région au Nord et au nord-est de l’Australie avant la récente reprise des activités s’ensuit une concentration de plusieurs séismes d’importance. Toutefois, la Terre aurait pu se déchirer d’un seul coup, ce qui aurait engendré un cataclysme comme on en a connu en 2004 et 2011 avec des secousses de magnitude 9,1 et 9,0.

magnum_f

Un séisme d’une telle ampleur survient en moyenne une fois aux dix ans, mais savoir l’endroit où il se produira relève d’une science très inexacte. J’ai déjà ciblé la côte ouest de l’Amérique du Nord dans mon article sur la catastrophe Cascadia. Toute la région citée en début d’article reste toutefois le lieu le plus probable où surviendrait un tel événement. Cependant, on ne peut oublier de regarder en direction de régions moins fébriles, mais tout aussi susceptibles d’accumuler de grandes quantités d’énergie comme le long de la côte ouest de l’Amérique du Sud, les Caraïbes, l’Alaska, la Russie orientale et même l’Europe orientale et le Moyen-Orient.

Heureusement, nous prenons de plus en plus de précautions pour protéger la population des effets néfastes engendrés par ces catastrophes naturelles, mais jamais celles-ci n’empêcheront totalement des destructions massives et des pertes de vie en grand nombre. Le dernier tsunami survenu aux Célèbes en septembre dernier met fortement en lumière les faiblesses de nos protocoles d’intervention où les alertes au tsunami ont été levées juste avant son arrivée sur les côtes, tuant du même coup des milliers de riverains!

7906530_5a3de780-c3cf-11e8-bfc0-d34ee9c61331-0

Puisque la croûte terrestre ne cesse et ne cessera de se déplacer, de se fracturer, de se frotter et de collisionner, nous pouvons affirmer avec certitude que les séismes surviendront en suivant des lois de probabilités logarithmiques telles qu’actuellement définies et que ceux-ci continueront de nous faire trembler… de crainte et de tous nos membres.

Yellowstone, le cauchemar est-il commencé ?

Le parc de Yellowstone dans les états du Wyoming et du Montana aux É.U.A. abrite l’un des volcans les plus gros et les plus dangereux de la planète. Lorsque je me suis intéressé pour la première fois à ce supervolcan, personne n’en faisait de cas. Maintenant, on en entend abondamment parler, mais quel est l’état réel de ce volcan capable de créer un hiver permanent à la grandeur de toute la planète ?

yellowstonevacations-home-fall-geyser-basin-desktop

Comme dans toutes les disciplines scientifiques incomprises, les avis divergent énormément d’un spécialiste à l’autre. Cependant, aucun géologue n’est réellement spécialiste du Yellowstone. Pourquoi ? Parce que sa dernière éruption globale est survenue voilà 640 000 ans. Parce qu’il n’est pas un volcan comme les autres. Parce qu’il possède une taille totalement disproportionnée. Parce que ce genre de volcan – il en existe quelques-uns sur la Terre – n’est jamais entré en éruption de mémoire d’homme et ainsi, on ignore totalement leur comportement et leurs signes avant-coureurs.

yellowstone

L’USGS (United States Geological Survey) estime à 1 sur 730 000 la chance d’une éruption récente, sans spécifier ce que le mot « récente » signifie. Un professeur de l’Université du Colorado croit, pour sa part, qu’il est dans une phase d’endormissement et qu’il ne se réveillerait que dans 1 ou 2 millions d’années. Pourtant, ce volcan possède un cycle éruptif relativement régulier tournant autour de 600 000 ans. Ce professeur a probablement été payé pour endormir les craintes des gens.

M2x075Px

Les geysers du Yellowstone connaissent actuellement une phase d’activités plus intenses. Ces jets d’eau et de vapeur restent néanmoins des signes relativement mineurs des humeurs du ténébreux volcan et ne devraient pas être considérés comme un oracle, toutefois ils ne peuvent pas être ignorés non plus.

Un autre signe très surveillé est l’activité sismique dans la caldeira. Dernièrement, on a noté une forte recrudescence du nombre de secousses, sommes toutes mineures, cependant ce regain d’activité inquiète certains spécialistes. On en dénombre maintenant plusieurs centaines par semaine. Ça ne semble pas poser de grandes angoisses pour l’instant, mais en colligeant tous les changements comportementaux du méchant dragon, je ne partage pas entièrement l’optimisme des géologues chargés de surveiller le sommeil du géant.

La prochaine éruption du Yellowstone atteindra le niveau VEI 8 sur l’échelle d’indice d’explosivité volcanique, le maximum possible. On le qualifie d’ultra-plinien apocalyptique puisque le monstre souterrain rejettera plus de quatre mille fois la quantité de cendres de l’explosion survenue au mont St Helens en 1980. Il recouvrira la moitié du sol des É.U.A. sous plusieurs centimètres de cendres rocheuses. Ses déjections atteindront la stratosphère à 100 km de hauteur et seront transportées à la grandeur de la planète. À cause de cette poussière omniprésente, la température chutera partout de plusieurs degrés, la photosynthèse s’effectuera très difficilement et causera des disettes et des épidémies catastrophiques un peu partout.

maxresdefault-3

Dans mon esprit, le Yellowstone se rapproche dangereusement d’une phase éruptive majeure, mais à l’échelle géologique, les temps ne se comptent pas en semaines ni même en mois. Nous aurons probablement le temps de terminer notre existence sur la boule bleue avant qu’il n’entame ses frasques, mais qui sait ? J’aurai peut-être la chance de regarder l’humain se faire remettre à sa place par la Nature qui lui montrera une bonne fois pour toutes qu’il n’a été qu’une vulgaire mouche agaçante à sa surface.

Un transport, ça urge !

En ces temps de réchauffements climatiques avérés et en forte hausse, voter pour un parti qui se désintéresse totalement du sujet confirme que nous ne croyons plus en notre avenir et que seul compte le fait de vivre le reste de nos jours en consentant les moindres efforts dans l’espoir ridicule de ne rien changer à notre mode de vie décadent et annihilateur.

256049431-edifice-industriel-pollution-de-l'air-cheminee-architecture-vapeur

Les dérèglements de la mécanique climatique n’ont rien d’une sorte de grippe. Ça ne passera pas avec un peu de patience et un sac en papier sur la tête. Mais ça, même si on fait semblant du contraire, on le sait pertinemment.

Le plus étonnant, c’est la question de l’héritage. On dit vouloir le mieux pour notre progéniture alors qu’on lui lègue sans aucune gêne une planète décrépite, aux comportements de plus en plus violents, imprévisibles et destructeurs. C’est tout de même représentatif de nos valeurs morales, dont au tout premier rang, un égoïsme absolu, y compris face et à l’encontre de nos propres enfants !

Planete-en-feu

Prenez-vous conscience comme moi de cet épouvantable constat de la nature humaine ?Et on devrait garder confiance que l’humain va s’en sortir ? Les arrogants qui rejettent toutes conséquences majeures de leurs actes sur la planète représentent les plus grandioses rêveurs et utopistes alors qu’ils utilisent ces mêmes termes pour qualifier ceux qui veulent changer les choses. Étrange ? Pas vraiment. Ce phénomène se nomme de la transposition.

palestine4.jpg

Toutefois, il serait injuste de leur remettre tous les torts. Ils ne sont pas les seuls responsables puisque nous acceptons docilement nous aussi de ne rien changer.

Cette bête sauvage qualifiée injustement de sapiens ment comme elle respire y compris à elle-même, ce qui constitue à mon avis un défaut à l’origine de bien d’autres.

11916223.jpg

J’attends toujours avec impatience le passage du prochain vaisseau en direction de ma planète d’origine. Je commence vraiment à en avoir ma claque de cet endroit, et ce malgré les jolis paysages disséminés un peu partout sur cette boule, de toute façon, en décrépitude. Il y a plus important à faire et je n’ai plus aucune utilité parmi ces indigènes indigestes. J’accepterais aussi un travail bénévole comme agent de bord. Ah et puis tant pis! Foutez-moi dans une soute à bagages si ça vous chante, mais faites quelque chose!

Kenya Floods

Bah! Gang! Ne vous inquiétez pas. Je compte bien continuer de vous écrire, question de recevoir vos commentaires sur la façon dont vous vous débrouillez avec les catastrophes et cataclysmes. Vous ne m’en voudrez pas si je ne parais pas étonné de vos déboires avec la Nature et avec vos semblables lorsque vous vous entretuerez pour survivre. Et même si vous détestez l’entendre, je vous abreuverai sans vergogne de centaines de «je vous l’avais bien dit».

Soirée électorale au Québec

Hier, c’était jour d’élections au Québec. On a un nouveau gouvernement majoritaire, un nouveau parti au pouvoir, la CAQ (Coalition Avenir Québec) et un nouveau premier ministre, François Legault.

Le parti qui a remporté les élections est le seul parti dont le programme a, non seulement aucune mesure à présenter en matière d’environnement, mais au contraire, il veut encourager les hydrocarbures y compris la fracturation hydraulique.

Je félicite la CAQ pour leur victoire, ainsi que pour ne pas avoir cédé à la tentation de nous mentir effrontément sur le sujet. Au moins, les électeurs n’auront pas à regretter leur choix pris en connaissance de cause. Je souhaite simplement à ce parti et à son chef d’ouvrir les yeux et de gouverner en gens responsables. Ça devrait suffire pour prendre quelques bonnes décisions en rapport avec des priorités non inscrites dans leur programme.

À tous les nouveaux élus de tous les partis, je vous souhaite la clairvoyance et l’humilité. Représentez vos concitoyens de manière honnête et responsable.

Ça se précise encore plus

Je sais, je m’étais promis de foutre la paix aux climatosceptiques afin d’entamer la phase de préparation aux catastrophes. Puisqu’il ne subsiste aucun doute sur la direction prise et conservée par l’humanité depuis ces deux derniers siècles, vous avez le choix entre le précipice ou le mur de pierre, je ne voyais plus aucun intérêt à discuter du sujet. On devra faire face à notre incurie collective et ça va brasser, croyez-moi ! Mais en tombant sur ce communiqué de presse, je n’ai pas pu résister à la tentation de vous en faire part.

La suite de l’article est directement tiré du site web du gouvernement du Canada et concerne l’Antarctique.

7e080c8439_112555_grotte-antarctique-vie

Communiqué de presse

Le 24 septembre 2018 – Gatineau (Québec)

La température de l’eau de mer près de l’Antarctique augmente, selon une nouvelle étude réalisée par une équipe de scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada et une de leur collègue du Scripps Institution of Oceanography, aux États-Unis.

Leurs conclusions, publiées aujourd’hui dans la revue Nature Geoscience, sont les premières à montrer que le réchauffement de la température de l’océan Austral au cours des dernières décennies résulte directement – et principalement – d’une hausse des émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme. La diminution des niveaux d’ozone atmosphérique liée au trou dans la couche d’ozone contribue également au réchauffement.

Les scientifiques ont combiné une analyse de toutes les données historiques existantes et un modèle informatique de pointe mis au point par Environnement et Changement climatique Canada. Ils ont également conclu que les eaux près de l’Antarctique deviennent moins salées, ce qui concorde avec la modification connue des régimes de précipitations dans l’hémisphère Sud.

 

Citations

« Notre étude montre que l’augmentation de la température et la diminution de la salinité observées dans l’océan Austral sont causées par l’homme, qui est responsable de l’augmentation des gaz à effet de serre et de l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique. Il est important de comprendre les changements qui s’opèrent dans l’océan Austral, car ce dernier joue un rôle clé dans le bilan thermique de la Terre et l’absorption du carbone, et les glaciers qui le recouvrent peuvent avoir un impact sur la hausse du niveau de la mer. C’est la première fois que l’influence séparée de la hausse des émissions de gaz à effet de serre et de l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique a pu être détectée dans l’océan Austral. »

– Neil Swart, chercheur, Environnement et Changement climatique Canada

Faits en bref

  • L’océan Austral s’est réchauffé deux fois plus rapidement que la moyenne de l’océan mondial.
  • La hausse des gaz à effet de serre est le principal facteur responsable des récentes augmentations de la température et diminutions de la salinité de l’océan Austral.
  • L’appauvrissement de l’ozone contribue également au réchauffement de l’océan Austral et à la diminution de sa salinité. Cependant, étant donné que le rétablissement de la couche d’ozone est en cours grâce au Protocole de Montréal, on prévoit une diminution de l’incidence de l’ozone sur l’océan Austral.
  • Du 19 au 21 septembre 2018, le Canada a été l’hôte d’une réunion des ministres du G7 pour discuter de l’action climatique mondiale et de la santé des océans du monde.

 

antarctique_sizedLien : https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/nouvelles/2018/09/la-hausse-de-la-temperature-de-leau-de-mer-pres-de-lantarctique-est-causee-par-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-lappauvrissement-de-lozone.html

 

Le géant évidé

Tapi au plus profond de la forêt boréale, là où les animaux étaient autrefois rois de ce territoire vierge aussi grand qu’un continent, se terre un incroyable géant. Plutôt gentil au regard de son fabuleux potentiel, ou endormi, son souffle ronfle et son cœur siffle au sein d’une immense caverne creusée juste pour lui dans le plus dur et le plus âgé des rocs terrestres.

Amenagements_Robert_Bourassa_018_800_200

Pour se nourrir suffisamment, ses denrées s’étalent sur des centaines de kilomètres carrés en amont de cette impressionnante barrière faite de faux rocs pour pallier celui qui manquait précisément à cet endroit. L’ouvrage voûté s’étire et se détend sous la pression, mais résiste courageusement au désir naturel de l’eau de le transcender. Ce faisant, le géant n’en laisse passer qu’une infime quantité à la fois afin d’alimenter son cœur métallique rotatif.

43555bc6-5ce8-4802-8dbb-34a3a548d5b0_1024

Ce géant est-il magicien ou même démiurge? Que dit-on de celui possédant le pouvoir de transformer l’eau en biens? Des objets de toutes sortes sont fabriqués grâce à son énergie quasi inépuisable, dont mon téléphone avec lequel je prends des photos de ses membres titanesques.

Géant-Évidé.png

Le doux monstre s’avère être un myriapode d’une incroyable longueur, ses innombrables membres couvrant des milliers de kilomètres afin de soutenir ses artères qui finiront par se ramifier en des millions de capillaires jusqu’à alimenter la plus humble des prises électriques murales servant à recharger mon téléphone.

Les pattes évidées du géant transportent son sang au-delà des montagnes, par-delà les vallées, par-dessus les rivières et les fleuves. Graciles, fluettes, elles supportent pourtant des tensions énormes, solidifiées dans leur cause par leur solidarité quasi indéfectible. Soutenu de parts et d’autres par des pattes jumelles, chaque membre maintient fièrement sa droiture presque en toutes circonstances malgré l’évidement quasi total de sa structure.

Géant-Évidé-Patte

Je passe sous cette fabuleuse autoroute à électrons en ressentant une impression de ridicule petitesse face à elle. Le géant grésille discrètement, ce bruit ressemble à celui d’une fine pluie tombant sur une bâche. Je suis en partie son créateur, il est un peu mon œuvre et pourtant je le trouve grandiose, surhumain, totalement disproportionné par rapport aux dimensions naturelles de tout ce qui vit sur cette planète.

Je finis par surgir de sous son ventre. Après avoir salué ses cimes métalliques, mes yeux retrouvent la rivière, le sol, l’herbe et… une famille de bernaches en pique-nique aux abords de la piste.

Bernaches-Montreal.png

Aussi incroyable que puisse m’apparaitre ce géant aux électrons bien dressés, rien n’est plus délicieux à regarder que ces cous fièrement montés afin d’exhiber leur jolie famille aux passants. Peu farouches mais toujours prudentes, elles me montrent qu’il est possible de vivre heureux, paisibles et fiers de ses accomplissements sans avoir construit un géant évidé. D’ailleurs, ne sont-elles pas en mesure de voler bien au-dessus de sa tête?

Aussi grandiose qu’une œuvre humaine puisse paraitre, la beauté d’un seul oiseau vaut bien celle d’un géant évidé.

Une rivière et un havre

Une journée d’été magnifique, un peu trop chaude à mon goût, malgré un mercure indulgent. Le soleil bénéficie de l’air relativement pur pour mieux nous assommer. Ma casquette endure l’épreuve en silence, mais pleure tout de même quelques larmes de sueur.

Riviere-Des-Prairies.png

Vous voyez dans cet article des clichés que je viens de réaliser à deux pas de chez moi à Montréal. Le plan d’eau, c’est la rivière des Prairies, un bras du fleuve Saint-Laurent ceignant la rive nord de l’ile de Montréal. La largeur de la rivière à cette hauteur atteint environ un kilomètre.

RDP.png

Le niveau de cette rivière et celui de son affluent demeurent très bas à cause de la chaleur et du manque de précipitations. Le débit du seul émissaire des Grands Lacs est régulé par une série de barrages contrôlant les niveaux des cinq immenses résidus d’eau douce de la dernière grande glaciation. La linéarité du fleuve exempt de méandres confirme sa jeunesse, mais aussi que son eau coule dans une faille géologique majeure, la faille Logan, séparant les Appalaches au sud du bouclier Précambrien au Nord.

RDP-Oiseaux.png

À cette hauteur, les rives sont gardées à leur état naturel et les oiseaux aquatiques viennent y nicher en grand nombre. Canards noirs, colverts, branchus, huards, pluviers, hérons et mouettes n’ont pas à se disputer le territoire beaucoup plus vaste que leurs besoins. Ça ne les empêche pas toutefois de participer à des petites sauteries en groupe où leur promiscuité contraste avec la vastitude des paysages. La grégarité se décline chez bien des espèces autres que l’humaine.

RDP-Rive.png

Les bosquets environnants regorgent d’oiseaux discrets, parulines, sittelles, chardonnerets, mésanges et étourneaux, mais la chaleur les cloue sur place, les rendant invisibles puisque les prédateurs rôdent en permanence. Le parc se situe à une dizaine de mètres au-dessus du niveau d’eau actuel. Au printemps, la rivière en crue atteint sa bordure. Le boulevard Gouin tout près est parfois inondé. La différence des niveaux saisonniers est impressionnante, et ce malgré les barrages régulant les débits. Maintenant, c’est tout le contraire et la navigation de plaisance peine à éviter les hauts-fonds. Tant mieux, ça fait moins de moteurs pour la polluer.

RDP-Parc.png

Le temps de rebrousser chemin est arrivé, confirmé par le niveau d’eau dans ma petite bouteille. Je dévisse mon trajet jusqu’à l’appart, heureux de la promenade, mais aussi d’une fraicheur retrouvée.

Je vois la vie comme à bord d’un voilier. Aussi plaisante que soit la navigation où le marin découvre des mers et des iles magnifiques, il n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il jette l’ancre dans une anse qui lui servira de havre.

Un orage passe

Le temps est à l’orage. Humide, suffocant, stagnant, l’air apparait translucide, voilé, indécis. Le tonnerre annonce l’entrée en scène imminente de la pluie subite et peut-être forte, mais déjà j’en doute.

Je me tiens à la porte, grande ouverte, pendant le temps où c’est encore possible. J’observe le ciel, comme pour y découvrir l’importance de l’orage. Je l’évalue de faible ampleur, mais qui sait puisque je suis conscient que mes yeux n’embrassent qu’une partie de la dépression? Les nuages ont pris cette teinte gris-bleu acier, caractéristique des cumulonimbus moyennement chargés, un autre indice en faveur d’un passage sans trop de dégâts. Je me fie également aux intervalles plutôt longs entre les grondements de tonnerre encore distants, pour l’instant.

T-as-de-beaux-cieux---photo-8.jpg

J’imite mon père décédé depuis longtemps déjà. Il ne manquait jamais une occasion de se planter dans le cadrage de la porte d’entrée pour regarder en action ces forces de la Nature. Aussi loin que mes souvenirs me le permettent, je me tiens près de lui, observant ses rares et brèves expressions. Stoïque mais pas dénué d’intérêt. Il ne dit rien, ou presque, souvent une seule phrase laconique par épisode. «Ça va passer en vent». «On va bientôt voir de gros clous». «L’orage se rapproche». «Il va nous éviter».

Il se trompait rarement, sinon jamais. Ou plutôt je ne me rappelle pas s’il se trompait. Ça n’a pas vraiment d’importance. Une fois sa prédiction avérée, il attendait un peu, puis il rentrait. Je n’aurais jamais osé rentrer avant lui… ou après lui. Je n’obéissais à aucun ordre, il agissait, je faisais simplement comme lui, comme un garçon avec son père, comme un père qui sait et le garçon qui lui aussi veut savoir.

Je regarde les nuages évoluer rapidement. Des éclairs apparaissent au loin. Le tonnerre ronronne moins, ses éclats deviennent plus craquants, signe que l’orage se rapproche. L’air est presque irrespirable tellement il stagne.

Quelques gouttes de pluie éparses précurseurs de l’ondée se manifestent timidement, comme des estafettes venues excuser l’arrivée intempestive d’un général tonitruant.

La direction du vent imminent décidera du sort de ma porte. L’effet Venturi consiste en un soufflet créé par les nuages bas qui poussent l’air accumulé sur une plus grande altitude devant eux, comprimant cette masse gazeuse et l’expulsant dans le sens de leur progression.

Ça y est, voilà l’air qui bouge et sa température qui dégringole, victime de la loi de la pression des gaz. En quelques secondes, j’apprécie déjà la chute rafraichissante du mercure et l’effet de cette baisse amplifiée sur ma peau par la légère brise.

T-as-de-beaux-cieux---photo-8

Une nuée plus sombre passe au-dessus de ma tête. Le vent se renforce, mais la pluie reste encore relativement sage. Un important éclair déchire le ciel juste devant moi, son pendant sonore le suit de peu. La tempête se rapproche, je le remarque également par les cimes des arbres au loin qui oscillent avec moins de grâce et plus d’emportement. La pluie devient moins timorée, je ferme la porte à contrecœur, je m’assois tout près pour en rater le moins possible malgré les vitres zébrées de coulisses qui font obstruction à mes observations.

Le tonnerre s’intensifie, je le sens presque à ma verticale, mais j’ai vécu bien pire. Jusqu’à présent, ma prévision s’avère, cet orage ne rentrera pas dans les annales. La pluie refuse de se déchainer malgré de subites et brèves sautes d’humeur. Les coulisses aux carreaux des fenêtres se transforment en un enduit coulant plus homogène. Paradoxalement, j’y vois mieux.

Le plus gros coup de tonnerre jusqu’à maintenant se fait entendre. Presque au même moment, la pluie cesse presque entièrement et le ciel au loin s’éclaircit de plusieurs tons. L’orage s’éloigne en ramenant les conditions atmosphériques précédentes. D’importance trop faible pour agir efficacement contre la canicule, je retrouve les chaleurs humides désagréables.

La pluie en rémission, je rouvre ma porte en pensant toujours à mon père. Il m’a transmis ce goût, ce plaisir d’observer les orages. Merci, papa, pour ce joli cadeau.

Des coordonnées géographiques bien particulières

Les coordonnées géographiques s’avèrent très pratiques lorsqu’on les entre dans une application, comme Google Earth, qui nous retourne la position terrestre en nous la montrant sur le globe.

Toutefois, il est très difficile de retenir ces chiffres subdivisés en degrés, minutes et secondes, tant en latitude qu’en longitude. La base sexagésimale utilisée pour les subdivisions complique beaucoup la capacité de mémorisation. Je ne connais pas par cœur les coordonnées du lieu où j’habite. Le contraire me semble plutôt exceptionnel.

latitude-longitude-lines

Longitude et latitude

Cependant, l’avantage de ce système réside dans sa logique. En prenant le premier chiffre, les degrés, de n’importe quelles longitude et latitude, nous pouvons grossièrement situer ce point sur la mappemonde et connaissant préalablement quelques concepts simples.

Les coordonnées fonctionnent comme un graphique à deux axes. La latitude reste la plus facile à comprendre. À l’équateur, sa valeur vaut 0° puisqu’il sert naturellement de référence, d’origine commune entre le Nord et le Sud. Au pôle Nord la latitude vaut 90° N et au pôle Sud 90° S. Toutes les latitudes sont donc des cercles parallèles. Si je donne des valeurs de 30° N ou 45° S, on a vite compris que le 30° N équivaut au tiers de la distance séparant l’équateur du pôle Nord. Quant au cercle 45° S, il se trouve exactement à mi-chemin entre l’équateur et le pôle Sud.

Geodesie

La longitude donne plus de fil à retordre à comprendre puisque dans l’axe vertical, la Terre est séparée en quartiers d’orange. Chaque séparation entre les quartiers qu’on nomme «méridien» prend également une valeur exprimée en degrés. Mais la référence, le 0° ne se situe naturellement nulle part. Il a donc fallu statuer sur une ligne quelconque et après bien des luttes de pouvoir entre Paris et Londres, la référence 0° fut établie à l’observatoire de Greenwich en banlieue de la capitale anglaise.

À partir de ce zéro degré, la Terre est divisée en deux moitiés. Vers la droite donc vers l’Est, les longitudes vont jusqu’à 180° E. À l’inverse, vers la gauche, elles se déclinent jusqu’à 180° O. Notez que tous les points situés exactement à 180° E et à 180° O sont au même endroit puisque ces coordonnées se rejoignent à l’antipode du méridien de Greenwich.

Ainsi, en maitrisant ces informations fondamentales, il est facile de placer n’importe quel point sur le globe même si on ne retient pratiquement jamais aucune série de coordonnées par cœur.

montreal2

What3words

Certains ont donc voulu résoudre quelques problèmes des coordonnées numériques actuelles qui s’expriment en base sexagésimale (multiples de 60) en inventant un système qui permettrait de retenir plus facilement certaines localisations et leur solution consista à utiliser le langage naturel, les mots du quotidien. Ce système ne remplace pas les coordonnées géographiques standards puisque sa résolution est limitée par la grille initiale qui subdivise la Terre en 9 m2 (3 m x 3 m).

What3words-2

Pour chaque parcelle, le système assigne trois mots. La combinaison de ces trois mots engendre l’unicité de la localisation. À première vue, ce système semble intelligent puisque retenir trois mots communs fait partie de nos compétences naturelles, mais à mon avis il possède trop de défauts pour le rendre utilisable.

Mots choisis par (faux) hasard

Tout d’abord, les mots sont choisis par faux hasard qui tient à bonne distance les parcelles partageant un même mot. Ainsi, deux localisations limitrophes ne possèderont pas deux mots semblables pour laisser seulement le troisième générer l’unicité. Alors, pour chaque 9 m2 d’un terrain d’un hectare, il faut retenir une série de 1100 triplets de mots que rien ne relie entre eux.

localisation-la-galipiote-MAJ-01-12-2016_01

La langue

Le système est disponible en plusieurs langues. Il faut 25 000 mots pour établir les adresses de tous les lopins terrestres. Le problème est qu’il faut oublier l’unicité d’identification. Une traduction des mots s’avère impossible puisque certains mots différents en anglais peuvent amener à un même mot en français. D’autre part, quelle définition doit-on prendre pour un mot anglais? Par exemple, «pipe» peut signifier «pipe» ou «tuyau» en français. Lequel des deux choisir pour la traduction? On voit donc que ni une traduction directe ni un nouveau choix de mots dans une autre langue ne solutionne le problème. Chaque lopin a donc autant d’adresses qu’il existe de langues dans le système, soit environ 25 dans un avenir proche.

Cityscape_03-1024x600

Surfaces versus intersection

Le concept d’identifier des surfaces plutôt que des intersections limite grandement l’usage de ce système et influe directement sur d’autres caractéristiques que vous découvrirez en poursuivant votre lecture.

La précision

À cause de l’identification de surfaces, un grand défaut inhérent consiste en son manque de précision, jamais meilleure qu’une délimitation minimale d’une surface de 9 m2. Pour plus de précision, rajouter un quatrième mot? Déjà on comprend la fragilité de ce système.

La bidimensionnalité

Dans une tour, avec le système de 3 mots, tous les étages sont définis par les mêmes coordonnées contrairement au système de positionnement global qui transmet également l’élévation par rapport au niveau moyen de la mer. Il faudrait un quatrième (ou un cinquième) mot pour définir la hauteur.

12242200-19474210

Une petite surface couverte par plusieurs subdivisions

Un lopin qui vous appartiendrait ne correspondra jamais parfaitement à une surface de la grille de référence de ce système. Ainsi, pour votre carré de sable, vous ne devrez pas retenir une seule série de trois mots, mais peut-être jusqu’à quatre triplets pour un total de douze mots.

Oui, il est plus facile de retenir trois mots communs que des coordonnées géographiques basées sur les degrés, minutes et secondes, mais c’est valable très localement, par exemple pour votre entrée de maison. C’est d’ailleurs l’une des raisons fondamentales de l’invention de ce système.

Dans des lieux reculés, les adresses civiques n’existent pas toujours. Avec trois mots communs, une personne pourrait se faire localiser sur la surface de la planète. Cependant, avec les défauts précédemment cités, ce système ne peut pas être utilisé universellement alors que sa prétention initiale voulait justement définir une localisation terrestre unique.

images-4

Un système propriétaire

La technologie n’est pas ouverte, elle est détenu par l’entreprise privée What3Words. Tout système privé de ce genre fait lever les oreilles de bien des gens. Dans ce cas-ci, la compagnie What3Words décline toute responsabilité advenant qu’elle retranche un mot pour le remplacer par un autre. On voit assez rapidement le bordel survenir à des systèmes de livraison qui auraient adopté ce standard.

Une idée, mais…

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, je qualifie ce système de «fausse bonne idée». Elle émane en principe d’un besoin de trouver une solution à certains problèmes, toutefois, elle crée tellement d’autres inconvénients collatéraux qu’à mon avis, il n’est pas envisageable ni même possible de l’utiliser dans son état actuel.

Attendons plutôt la version 2.0, ou mieux encore, la version 7.4! Cependant, selon moi, ce système finira plutôt par disparaitre.

Saguenay, un fjord unique

Le seul fjord au Québec, celui de la rivière Saguenay, réserve bien des surprises dont sa profondeur réelle.

a2c21ed3-15d9-49da-a892-5c898eeba2d4

Même si les glaciers l’ont partiellement façonné, la rivière coule dans une faille qui se serait ouverte au Précambrien voilà près d’un milliard d’années, faisant de cette formation géologique l’une des plus âgées de la planète.

Avec une moyenne de 2 km de largeur, il ne parait pas très impressionnant, car sa largeur est importante et la hauteur maximale de ses montagnes dépasse à peine les 410 mètres au-dessus des eaux. Cependant, ses 120 km entre son point d’origine et son embouchure en font l’un des plus longs fjords au monde.

ecosysteme-coupedufjord

On retrouve trois profondes vallées transversales dont la plus creuse atteint 280 mètres. À l’endroit où la rivière Saguenay se déverse dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, un bouchon rocheux empêche les eaux salées du fleuve d’envahir entièrement les eaux douces de la rivière. Une profondeur d’à peine 20 mètres laisse passer les embarcations, la faune marine et les eaux saumâtres.

panorama-fjord-saguenay-coucher-de-soleil_6.jpg

Ce qui a étonné fut de constater la profondeur réelle du fjord. À certains endroits, la couche sédimentaire peut atteindre 1400 mètres de profondeur, donnant à cette formation naturelle une paroi jusqu’à deux kilomètres de hauteur!

o-BELUGA-facebook.jpg