Yellowstone, le cauchemar est-il commencé ?

Le parc de Yellowstone dans les états du Wyoming et du Montana aux É.U.A. abrite l’un des volcans les plus gros et les plus dangereux de la planète. Lorsque je me suis intéressé pour la première fois à ce supervolcan, personne n’en faisait de cas. Maintenant, on en entend abondamment parler, mais quel est l’état réel de ce volcan capable de créer un hiver permanent à la grandeur de toute la planète ?

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Comme dans toutes les disciplines scientifiques incomprises, les avis divergent énormément d’un spécialiste à l’autre. Cependant, aucun géologue n’est réellement spécialiste du Yellowstone. Pourquoi ? Parce que sa dernière éruption globale est survenue voilà 640 000 ans. Parce qu’il n’est pas un volcan comme les autres. Parce qu’il possède une taille totalement disproportionnée. Parce que ce genre de volcan – il en existe quelques-uns sur la Terre – n’est jamais entré en éruption de mémoire d’homme et ainsi, on ignore totalement leur comportement et leurs signes avant-coureurs.

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L’USGS (United States Geological Survey) estime à 1 sur 730 000 la chance d’une éruption récente, sans spécifier ce que le mot « récente » signifie. Un professeur de l’Université du Colorado croit, pour sa part, qu’il est dans une phase d’endormissement et qu’il ne se réveillerait que dans 1 ou 2 millions d’années. Pourtant, ce volcan possède un cycle éruptif relativement régulier tournant autour de 600 000 ans. Ce professeur a probablement été payé pour endormir les craintes des gens.

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Les geysers du Yellowstone connaissent actuellement une phase d’activités plus intenses. Ces jets d’eau et de vapeur restent néanmoins des signes relativement mineurs des humeurs du ténébreux volcan et ne devraient pas être considérés comme un oracle, toutefois ils ne peuvent pas être ignorés non plus.

Un autre signe très surveillé est l’activité sismique dans la caldeira. Dernièrement, on a noté une forte recrudescence du nombre de secousses, sommes toutes mineures, cependant ce regain d’activité inquiète certains spécialistes. On en dénombre maintenant plusieurs centaines par semaine. Ça ne semble pas poser de grandes angoisses pour l’instant, mais en colligeant tous les changements comportementaux du méchant dragon, je ne partage pas entièrement l’optimisme des géologues chargés de surveiller le sommeil du géant.

La prochaine éruption du Yellowstone atteindra le niveau VEI 8 sur l’échelle d’indice d’explosivité volcanique, le maximum possible. On le qualifie d’ultra-plinien apocalyptique puisque le monstre souterrain rejettera plus de quatre mille fois la quantité de cendres de l’explosion survenue au mont St Helens en 1980. Il recouvrira la moitié du sol des É.U.A. sous plusieurs centimètres de cendres rocheuses. Ses déjections atteindront la stratosphère à 100 km de hauteur et seront transportées à la grandeur de la planète. À cause de cette poussière omniprésente, la température chutera partout de plusieurs degrés, la photosynthèse s’effectuera très difficilement et causera des disettes et des épidémies catastrophiques un peu partout.

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Dans mon esprit, le Yellowstone se rapproche dangereusement d’une phase éruptive majeure, mais à l’échelle géologique, les temps ne se comptent pas en semaines ni même en mois. Nous aurons probablement le temps de terminer notre existence sur la boule bleue avant qu’il n’entame ses frasques, mais qui sait ? J’aurai peut-être la chance de regarder l’humain se faire remettre à sa place par la Nature qui lui montrera une bonne fois pour toutes qu’il n’a été qu’une vulgaire mouche agaçante à sa surface.

Le vent

Ce soir, il vente à décorner les bœufs, comme on dit par ici. Ça me rappelle l’époque de mes planches à voile, plusieurs années à faire le beach bum, à surfer sur les ondes lacustres et féminines. Ce vent nocturne souffle sur les braises de mes souvenirs.

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Je revis quelques journées d’intenses séances nautiques sur mes planches, à avaler des bouillons à répétition pour réussir une figure quelconque sur des eaux déchainées par des cieux noircis. Je revois ensuite quelques visages aux yeux enjôlés par mes airs de flûte joués devant un feu de camp odorant, réconfortant, intimiste. Je me rappelle les silences précédant les invitations à me suivre. Les baisers légers mais suggestifs de la nuit à venir. Puis les serrements chaleureux, les légers attouchements, les caresses prolongées, les élans du cœur, les ébats déchainés dans et sur les couvertures. Et le vent qui ne cesse de souffler, de rugir, de me parler, de me fouetter, de me transporter aux nues et à l’autre bout de la Terre.

Ces nuits à jouer au gentil protecteur pour des filles inhabituées à dormir à la belle étoile. Rassérénées enfouies au fond d’une impressionnante épaisseur de couvertures. Et moi, tout près d’elles, rassurant, réchauffant, caressant ces demoiselles vivant l’enivrant abandon.

Le vent, mon ami, mon allié, mon complice, LeCorbot virevolte et ne se pose jamais. Le temps passe comme le vent.

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Un Corbot avec des couches

Ne feignez pas le sérieux, je vois bien que vous vous bidonnez à l’autre bout. L’image d’un Corbot noir culotté d’une couche blanche, ça frappe l’œil et l’imagination. Toutefois, au risque de vous décevoir, je ne parle pas de ce type de couches. Ça viendra peut-être un jour, mais pour l’instant, parlons de couches textiles vestimentaires.

L’automne apporte du temps plus frais, prélude à l’hiver, et pour pratiquer des activités extérieures durant ces deux saisons, il est bon de se vêtir en conséquence. En conséquence de quoi? En fonction du type d’activité et de son niveau d’intensité, du temps consacré à l’activité, du thermomètre, des vents et de la pluie.

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Peu importe le sport que vous voulez pratiquer, bien avant l’équipement sportif, dites-vous que les vêtements que vous portez sont dix fois plus importants. Il faut savoir se vêtir et à ce chapitre, bien peu de gens maitrisent l’art de s’habiller adéquatement.

Cet article ne s’adresse pas aux sportifs de compétition ni à ceux qui ne s’activeront pas.

En relisant le titre, vous pensez aux multicouches. On enfile des pelures de vêtements, on en enlève si on a trop chaud, on en rajoute si on a trop froid. Cependant, cette technique dite de l’oignon a bien plus à offrir qu’un simple ajout-retrait. Il faut connaitre ses tissus et les utiliser judicieusement en fonction de leurs qualités, de leurs défauts et de l’ordre dans lequel vous les enfilez. Voici donc un aperçu des informations essentielles à connaitre sur l’habillement multicouche de notre tronc.

Se vêtir en multicouches n’est pas simplement de rajouter de plus en plus d’épaisseurs. Vous noterez qu’il existe plusieurs alternances possibles entre les divers vêtements, mais certaines règles restent cependant immuables.

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Première couche – rester au sec.

Les sous-vêtements, slips, justaucorps et brassières sport doivent toujours être conçus en fibres synthétiques hydrophobes comme le polyester, le polypropylène ou, mieux encore, la microfibre synthétique. À éviter absolument et en tout temps, le coton ou n’importe quel mélange qui contient du coton. Pourquoi? Vous transpirez et votre sueur doit s’évacuer. Si vos sous-vêtements contiennent le moindrement un peu de coton, cette fibre éponge l’eau et la retient, car elle est hyper hydrophile. Vous ne pourrez jamais éliminer votre sueur. Votre peau restera moite, mouillée même, et refroidira 25 fois plus vite, car l’eau est un excellent conducteur de la chaleur et du froid. Vous gèlerez dès que votre niveau d’activité diminuera, même légèrement.

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La microfibre existe en plusieurs finesses qui prendront le nom de super-microfibre et d’ultra-microfibre. Si vous préférez opter pour une fibre naturelle, choisissez de la soie pure, rien d’autre. L’objectif de la première couche n’est pas d’être chaude, mais de créer une barrière sèche entre votre peau et votre sueur.

Deuxième couche – éloigner la sueur des mailles des sous-vêtements

Même si vos vêtements synthétiques n’absorbent pas la sueur, celle-ci reste emprisonnée entre leurs mailles. Le rôle fondamental de la deuxième couche est de récupérer cette eau et de l’éloigner de votre corps.

L’automne et l’hiver, il est rare qu’on puisse seulement se contenter de deux couches. En ski de fond, c’est possible puisque la dépense d’énergie est importante et souvent constante et qu’on se retrouve souvent à l’abri du vent. S’il fait relativement chaud, autour de -5 °C, la deuxième couche devra vous protéger simultanément du froid et du vent. Une coquille ferait l’affaire. Ce vêtement multi-usage est une sorte de coupe-vent très mince ayant parfois une légère doublure, préférez-la munie d’un filet. Cette coquille permet d’évacuer la sueur tout en coupant le vent. Toutefois, elle n’est pas toujours imperméable et retient partiellement la chaleur corporelle. La coquille est un vêtement essentiel pour tous ceux qui veulent bénéficier d’un système multicouche. Elle doit être conçue de fibres synthétiques.

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Deuxième couche – rester au chaud

Lorsque l’activité est réduite ou qu’il fait plus froid, il est important de mieux conserver sa chaleur corporelle. Vous choisirez d’insérer une couche chaude sous la coquille. La laine est le meilleur choix, mais pas n’importe laquelle. La laine de mérinos possède des propriétés uniques et exceptionnelles. Cette fibre est très fine et crée un maillage aussi serré que le coton et en a même la douceur. Son tissage serré convient parfaitement pour préserver votre chaleur. En boni, la laine naturelle ne retient pas les mauvaises odeurs de transpiration. Vous pouvez utiliser cette laine entre les sous-vêtements et la coquille si son épaisseur est mince, car ce vêtement se décline en plusieurs épaisseurs. Choisissez un mérinos mince s’il accompagne une coquille ou un mérinos plus épais si vous éliminez la coquille. Évitez d’utiliser cette laine comme sous-vêtements, car elle retient quand même une certaine quantité d’eau qui prendra plus de temps à s’évacuer. Toutefois, cette eau ne vous collera pas directement au corps, raison de la douce chaleur de la laine mérinos. Si la laine devient trop trempée, elle ne vous protégera plus du froid. Il est intéressant d’avoir deux ou même trois vêtements en mérinos d’épaisseurs différentes. Vous pouvez ainsi choisir le mieux adapté aux conditions présentes. Vous pouvez porter des sous-vêtements de mérinos comme deuxième couche par-dessus la couche synthétique.

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Troisième couche – se protéger du vent et de la pluie

Le vent accélère la déperdition de chaleur. Il faut donc s’en protéger grâce à un vêtement qui permettra tout de même à votre sueur d’être éliminée tout en étant imperméable. On dit alors que le vêtement respire.

Avec un mérinos mince, la coquille peut devenir la troisième couche, mais si le vent est omniprésent ou s’il pleut trop, remplacez la coquille par un coupe-vent plus performant. Un coupe-vent doit toujours respirer afin d’amener la sueur jusqu’à l’extérieur. Le seul choix intéressant, le vêtement intercalé de Gore-Tex ou d’un tissu similaire qui respire, imperméable, léger et résistant. Oui, ces vêtements sont plus chers, mais ils en valent largement la peine. Ils font un excellent boulot. Ne lésinez pas, ce coupe-vent est un essentiel. Il n’est pas nécessaire d’en choisir un avec une doublure, surtout si elle ne peut pas s’enlever.

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Troisième couche – Plus de chaleur

S’il fait très froid, une troisième couche intermédiaire se placera sous le coupe-vent qui lui deviendra votre quatrième couche. La laine polaire, un tissu synthétique hydrofuge (pas imperméable), se décline en plusieurs épaisseurs. Ce n’est pas le tissu le plus léger, mais il est chaud et très robuste. Il endure n’importe quel mauvais traitement, sauf la chaleur d’un feu, et il sèche rapidement. L’autre choix est une doublure en duvet compris entre deux épaisseurs d’un tissu quelconque, souvent malheureusement en nylon.

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Quatrième couche – Pour les temps d’arrêt

Lorsque les couches sont minces et qu’il fait froid, il peut être important de s’apporter une couche supplémentaire plus chaude lorsque vous prenez une pause prolongée. C’est à cet usage que la doublure en duvet revêtue de nylon est la mieux adaptée. Elle est légère à transporter et le nylon, même s’il ne respire pas, ne représente pas un inconvénient lorsque vous êtes à l’arrêt. Un gilet est préférable à une veste. Insérez cette doublure sous le coupe-vent.TNF-NF0A3CQN_7ETurkish_20Sea_1268x1276

Cinquième ou dernière couche – L’imperméabilité complète et la protection contre le vent

Avec deux ou trois couches chaudes et sèches, la dernière épaisseur vient sceller le tout, sauf qu’une fois encore, le tissu doit respirer pour terminer le travail d’évacuation de la sueur. En revanche, la pluie perlera à sa surface et le Gore-Tex vous offrira une protection contre l’infiltration d’eau en cas de pluies fortes. Il préserve bien la chaleur à l’intérieur et isole contre les bourrasques. Vous noterez que je n’ai fait aucune mention d’un parka, un vêtement beaucoup trop chaud pour s’activer avec d’un tel accoutrement sur le dos, sauf si vous vous retrouvez dans un froid polaire ou que vous ne bougez pas beaucoup. Se vêtir pour des activités passives pourrait faire l’objet d’un autre article.

Choses à éviter

  • Gardez rangés les vêtements trop chauds, trop rembourrés, faisant trop de choses, car ils risquent de toutes les faire mal.
  • Évitez les lainages épais, lourds et à larges mailles.
  • Au risque de me répéter, éliminez tout coton.
  • Le nylon ne respire pas et n’évacuera pas votre sueur. Évitez le nylon lorsque vous êtes actif.
  • Les vêtements imperméables qui ne respirent pas, comme les cirés, doivent être également bannis.

Quelques conseils supplémentaires

  • Vous trouverez des coupe-vent possédant de pratiques trappes d’aération aux aisselles.
  • Plusieurs modèles de gilets, coquilles, chandails et coupe-vent sont munis d’une fermeture éclair permettant de protéger votre cou. Très bonne idée afin d’éliminer les encombrants foulards.
  • Lorsque vous enfilez plusieurs couches, choisissez-en une dépourvue de manches pour plus de liberté de mouvement.
  • Un coupe-vent avec capuchon intégré vous permettra de vous protéger l’arrière de votre cou et votre tête contre une déperdition importante de chaleur. Par contre, ce capuchon doit se rétracter ou se resserrer lorsqu’il est rabattu pour empêcher l’eau ou la neige de tomber dedans.
  • Ne vous habillez pas trop chaudement au départ, vous allez rapidement le regretter, dites-vous qu’il est normal d’avoir un peu froid au début.
  • Par contre, il est toujours préférable de retirer une couche en trop que d’en manquer. N’hésitez jamais à vous apporter une couche supplémentaire.
  • Équipez-vous d’un sac à dos suffisamment grand pour y fourrer vos couches en trop. Optez pour un modèle confortable, préférablement muni d’un filet à l’armature.
  • En cas d’activité physique intense ou prolongée, la sueur ne parviendra pas à s’évacuer entièrement. Les mailles de votre justaucorps se rempliront d’eau et même si la fibre ne l’absorbe pas, le sous-vêtement restera tout de même mouillé et vous refroidira. Apportez-vous un rechange et remplacez-le lors d’une pause ou à mi-parcours.
  • Il n’est pas nécessaire de payer des fortunes pour vos vêtements. Lisez bien les étiquettes et renseignez-vous avant d’acheter n’importe quoi, n’importe où, à fort prix. Sauf exception, les beaux logos ne vous tiendront pas plus au sec ni plus au chaud.
  • Avant de partir, prenez toujours en note les informations météorologiques récentes. Le temps peut changer rapidement et votre sécurité dépendra de votre prévoyance.

Conclusions

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Il est tout aussi important de ne pas avoir trop froid que de ne pas avoir trop chaud. L’art de se vêtir trouvera et maintiendra le délicat équilibre entre les deux tout au long de l’activité.

Le concept des multicouches ne cherche pas à constamment rajouter ou à retirer une ou plusieurs pelures lors d’activités physiques. C’est même tout le contraire, il vise à assurer un confort constant, du début jusqu’à la fin d’une activité en évitant le plus possible de jouer au mannequin. Ensuite, il permet de donner une polyvalence vestimentaire maximale en utilisant un minimum de pièces.

Vivre de belles aventures dans la nature repose largement sur votre confort vestimentaire. En contrepartie, un habillement inadéquat vous fera détester les activités extérieures.

Un transport, ça urge !

En ces temps de réchauffements climatiques avérés et en forte hausse, voter pour un parti qui se désintéresse totalement du sujet confirme que nous ne croyons plus en notre avenir et que seul compte le fait de vivre le reste de nos jours en consentant les moindres efforts dans l’espoir ridicule de ne rien changer à notre mode de vie décadent et annihilateur.

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Les dérèglements de la mécanique climatique n’ont rien d’une sorte de grippe. Ça ne passera pas avec un peu de patience et un sac en papier sur la tête. Mais ça, même si on fait semblant du contraire, on le sait pertinemment.

Le plus étonnant, c’est la question de l’héritage. On dit vouloir le mieux pour notre progéniture alors qu’on lui lègue sans aucune gêne une planète décrépite, aux comportements de plus en plus violents, imprévisibles et destructeurs. C’est tout de même représentatif de nos valeurs morales, dont au tout premier rang, un égoïsme absolu, y compris face et à l’encontre de nos propres enfants !

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Prenez-vous conscience comme moi de cet épouvantable constat de la nature humaine ?Et on devrait garder confiance que l’humain va s’en sortir ? Les arrogants qui rejettent toutes conséquences majeures de leurs actes sur la planète représentent les plus grandioses rêveurs et utopistes alors qu’ils utilisent ces mêmes termes pour qualifier ceux qui veulent changer les choses. Étrange ? Pas vraiment. Ce phénomène se nomme de la transposition.

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Toutefois, il serait injuste de leur remettre tous les torts. Ils ne sont pas les seuls responsables puisque nous acceptons docilement nous aussi de ne rien changer.

Cette bête sauvage qualifiée injustement de sapiens ment comme elle respire y compris à elle-même, ce qui constitue à mon avis un défaut à l’origine de bien d’autres.

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J’attends toujours avec impatience le passage du prochain vaisseau en direction de ma planète d’origine. Je commence vraiment à en avoir ma claque de cet endroit, et ce malgré les jolis paysages disséminés un peu partout sur cette boule, de toute façon, en décrépitude. Il y a plus important à faire et je n’ai plus aucune utilité parmi ces indigènes indigestes. J’accepterais aussi un travail bénévole comme agent de bord. Ah et puis tant pis! Foutez-moi dans une soute à bagages si ça vous chante, mais faites quelque chose!

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Bah! Gang! Ne vous inquiétez pas. Je compte bien continuer de vous écrire, question de recevoir vos commentaires sur la façon dont vous vous débrouillez avec les catastrophes et cataclysmes. Vous ne m’en voudrez pas si je ne parais pas étonné de vos déboires avec la Nature et avec vos semblables lorsque vous vous entretuerez pour survivre. Et même si vous détestez l’entendre, je vous abreuverai sans vergogne de centaines de «je vous l’avais bien dit».

Ça se précise encore plus

Je sais, je m’étais promis de foutre la paix aux climatosceptiques afin d’entamer la phase de préparation aux catastrophes. Puisqu’il ne subsiste aucun doute sur la direction prise et conservée par l’humanité depuis ces deux derniers siècles, vous avez le choix entre le précipice ou le mur de pierre, je ne voyais plus aucun intérêt à discuter du sujet. On devra faire face à notre incurie collective et ça va brasser, croyez-moi ! Mais en tombant sur ce communiqué de presse, je n’ai pas pu résister à la tentation de vous en faire part.

La suite de l’article est directement tiré du site web du gouvernement du Canada et concerne l’Antarctique.

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Communiqué de presse

Le 24 septembre 2018 – Gatineau (Québec)

La température de l’eau de mer près de l’Antarctique augmente, selon une nouvelle étude réalisée par une équipe de scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada et une de leur collègue du Scripps Institution of Oceanography, aux États-Unis.

Leurs conclusions, publiées aujourd’hui dans la revue Nature Geoscience, sont les premières à montrer que le réchauffement de la température de l’océan Austral au cours des dernières décennies résulte directement – et principalement – d’une hausse des émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme. La diminution des niveaux d’ozone atmosphérique liée au trou dans la couche d’ozone contribue également au réchauffement.

Les scientifiques ont combiné une analyse de toutes les données historiques existantes et un modèle informatique de pointe mis au point par Environnement et Changement climatique Canada. Ils ont également conclu que les eaux près de l’Antarctique deviennent moins salées, ce qui concorde avec la modification connue des régimes de précipitations dans l’hémisphère Sud.

 

Citations

« Notre étude montre que l’augmentation de la température et la diminution de la salinité observées dans l’océan Austral sont causées par l’homme, qui est responsable de l’augmentation des gaz à effet de serre et de l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique. Il est important de comprendre les changements qui s’opèrent dans l’océan Austral, car ce dernier joue un rôle clé dans le bilan thermique de la Terre et l’absorption du carbone, et les glaciers qui le recouvrent peuvent avoir un impact sur la hausse du niveau de la mer. C’est la première fois que l’influence séparée de la hausse des émissions de gaz à effet de serre et de l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique a pu être détectée dans l’océan Austral. »

– Neil Swart, chercheur, Environnement et Changement climatique Canada

Faits en bref

  • L’océan Austral s’est réchauffé deux fois plus rapidement que la moyenne de l’océan mondial.
  • La hausse des gaz à effet de serre est le principal facteur responsable des récentes augmentations de la température et diminutions de la salinité de l’océan Austral.
  • L’appauvrissement de l’ozone contribue également au réchauffement de l’océan Austral et à la diminution de sa salinité. Cependant, étant donné que le rétablissement de la couche d’ozone est en cours grâce au Protocole de Montréal, on prévoit une diminution de l’incidence de l’ozone sur l’océan Austral.
  • Du 19 au 21 septembre 2018, le Canada a été l’hôte d’une réunion des ministres du G7 pour discuter de l’action climatique mondiale et de la santé des océans du monde.

 

antarctique_sizedLien : https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/nouvelles/2018/09/la-hausse-de-la-temperature-de-leau-de-mer-pres-de-lantarctique-est-causee-par-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-lappauvrissement-de-lozone.html

 

Troupeau fluvial

À hauteur de Montréal, les seules baleines qu’il est possible de voir sont des individus perdus et souvent malades. Ce ne sont donc pas ces mammifères marins qui ont dérangé ma concentration ce matin, mais un énorme troupeau de kayaks, dont plusieurs spécimens partageant la même carapace. Bien qu’on n’aperçoive que deux appendices au maximum, il suffit d’attendre que la bête sorte de sa carapace pour apercevoir les autres servant surtout à leur locomotion sur la terre ferme. Ces animaux sont effectivement capables de se déplacer aussi bien, sinon mieux, sur terre que sur les eaux.

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Lorsque les individus se retrouvent en groupe, les femelles poussent des cris stridents afin d’encourager les mâles à accélérer, ou à tout le moins à ne pas relâcher leurs efforts. Durant les déplacements, il est donc rare d’entendre le cri des mâles qui préfèrent attendre d’accoster pour faire les jars auprès des femelles.

Certains mâles s’affrontent dans des combats qui heureusement font peu de victimes. Leur stratégie consiste à s’emparer d’un objet cylindrique et de le frapper contre celui de son adversaire en entonnant un chant ou en criant de façon très représentative. Parfois, ils s’échangent des prises de mains qu’ils secouent jusqu’à ce que l’un des deux adversaires déclare forfait. Chacun se tourne alors pour défier un autre mâle jusqu’à ce que la joute ait vu s’affronter toutes les paires d’individus. À de rares occasions, les mâles s’affrontent en se frappant légèrement le torse, mais pas suffisamment violemment pour y voir un combat visant à blesser.

Durant la démonstration de force des mâles, les femelles se tiennent en bande en se frottant les museaux, en poussant des gloussements, tandis que quelques-unes poussent des cris stridents d’alerte. Le troupeau semble ne pas trop écouter ces vigies un peu trop inquiètes, ne sentant probablement aucun danger dans les environs.

Les individus des deux sexes se réunissent ensuite pour avaler tout ce qui se trouve dans les environs. Étant omnivores, les kayaks avalent aussi bien des fruits et des légumes que des morceaux de viande qu’ils conservent et transportent dans leur carapace. En revanche, ils ont fait la fine gueule sur les insectes environnants, probablement à cause de l’abondance d’autres sources protéinées qu’ils avaient apportées dans leur carapace.

Le troupeau est manifestement constitué de couples, mais je n’ai assisté à aucun accouplement. J’ai cependant aperçu des couples d’individus du même sexe et pourtant cela n’était pas dû à une sous-représentation de l’un des deux, puisque j’ai entrevu aussi bien deux mâles que deux femelles se frotter le museau et utiliser quelques-unes de leurs pattes pour gentiment entourer une partie quelconque du corps de leur partenaire. C’était plutôt touchant à voir, à croire qu’il y aurait une sorte d’amour entre certains individus !

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Le mâle alpha, celui menant le groupe, n’a fait aucune tentative d’ensemencer les femelles. Il s’est contenté de parader fièrement parmi les couples, comme si tous les mâles et femelles lui appartenaient.

J’ai également constaté un comportement très étonnant. Les individus les moins habiles sur l’eau recevaient l’aide d’un membre du troupeau visiblement expérimenté. Il se maintenait derrière tous les autres individus et allait apporter son aide à ceux qui se laissaient distancer. Sur terre, il a semblé poursuivre ses leçons en passant le plus clair de son temps avec les mêmes individus. Il gesticulait beaucoup en imitant les mouvements de ses pattes antérieures lorsqu’il se déplaçait sur l’eau avec sa carapace. Fascinant ! On aurait vraiment dit un professeur avec ses élèves !

Après leur repos sur la berge, le troupeau s’est remis en route. Je les ai vus retraverser la rivière à bonne cadence, tous à la queue leu leu, en direction opposée. Puisqu’ils ont utilisé leurs réserves de nourriture enfouies dans leur carapace plutôt que de manger les aliments qu’ils auraient pu trouver sur place, j’ignore totalement la raison de ce déplacement. Je crois qu’ils exercent leurs muscles, probablement pour une longue migration. Effectivement, je n’ai jamais vu un spécimen de kayak durant l’hiver, même sur la terre ferme. La gelée des eaux les incite donc à disparaitre dans des lieux plus accueillants pour satisfaire leurs habitudes nautiques.

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J’ai pu également constater que les kayaks avaient adopté un individu d’une autre espèce. Plutôt que de revêtir une carapace, la partie molle de cette bête ressortait totalement de sa partie dure flottante. Je crois qu’il fait partie de la famille des boards. Debout sur ses pattes postérieures, l’animal secouait violemment une branche dans l’eau et ce faisant, il réussissait à se mouvoir, mais avec peine à comparer aux kayaks mieux balancés et dont leur centre de gravité très bas augmente la stabilité. Cependant, l’unique représentant de cette espèce au sein de la flottille est toujours resté bien entouré, preuve de son acceptation parmi le troupeau de kayaks.

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On reconnait les kayaks à leur forme allongée et à leurs couleurs généralement très vives. Dominance marquée des rouges, des orangés et des jaunes pour leur carapace, en revanche, leur partie molle montre une étonnante palette permettant de distinguer facilement les individus les uns des autres.

Les origines du mot kayak restent nébuleuses, même si certains prétendent qu’il imite le bruit émis par un troupeau en déplacement. Personnellement, je n’ai pas perçu précisément ce son. Au mieux, j’ai entendu une femelle émettre à répétition quelque chose qui ressemblait à « sékoa yak sékoa yak » lorsqu’elle a posé le pied dans les fèces d’un animal quelconque, probablement celles d’un chien. Elle courait ensuite partout comme une poule sans tête. La bête a heureusement fini par se calmer sans se blesser.

Le nombre total d’individus de cette espèce sur notre territoire serait en augmentation constante depuis plusieurs années. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter pour l’instant. Sa chasse reste tout de même interdite en toute saison. On ne lui connait aucun prédateur, son épaisse carapace le protégeant efficacement.

Un mois sismique plus conforme à la normale

Je compte 23 séismes de magnitude 6,0 ou supérieure durant le dernier mois. La normale est d’un séisme survenant aux deux jours pour ces valeurs élevées. On peut donc constater que les trente derniers jours ont été plus actifs que la moyenne. Rien d’étonnant après la grande accalmie qui l’a précédé.

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Durant le mois précédent, je n’ai répertorié aucun séisme supérieur ou égal à 6,0. L’anomalie silencieuse se répercutera sur les événements sismiques futurs, car la croûte terrestre ne cesse de bouger. Cette anomalie statistique était-elle annonciatrice d’un quelconque comportement particulier des plaques tectoniques? De récents modèles informatiques suggèrent que le réchauffement climatique cause des impacts imprévus sur la sismicité.

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Durant le dernier mois, la Terre a tremblé une fois à hauteur de 8,2, ce fut aux iles Fidji. Un séisme d’amplitude plus grande ou égale à 8,0 est attendu tous les ans. Cette moyenne a été respectée puisque le dernier séisme de telle magnitude, il fut également enregistré à 8,2, était survenu le 8 septembre 2017 au Mexique.

L’Indonésie, l’Alaska, le Japon, le Pérou, l’Iran, les États-Unis d’Amérique et le Vénézuéla ont tous ressenti un séisme majeur (> 6,0) durant ces 30 derniers jours. Une région très active qui continue pourtant de rester calme est la Nouvelle-Zélande. Même si plusieurs séismes ont frappé les iles Fidji et la Nouvelle-Calédonie, pas très éloignées du territoire néozélandais, les lignes de faille diffèrent.

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Un séisme de magnitude égale ou supérieure à 9,0 survient en moyenne tous les dix ans. Le dernier fut celui du Japon à 9,1 qui causa la catastrophe nucléaire de Fukushima le 11 mars 2011. Mais les statistiques ne signifient pas que nous sommes en présence de cycles réguliers. Le prochain d’une telle importance pourrait survenir demain matin ou bien dans dix ans.

La Terre semble donc reprendre son rythme sismique normal. Reste à voir où les prochaines catastrophes surviendront et quelles magnitudes elles atteindront.

Après la sixième extinction massive

Après une grande extinction comme l’une des 26 importantes qui ont frappé la Terre depuis sa naissance vient une explosion de nouvelles espèces qui conquièrent les niches écologiques laissées vacantes par les précédentes.

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Aucun cataclysme planétaire n’a encore signé l’extinction de toute vie sur Terre. Il serait peu probable que cela survienne, à moins que la planète tout entière soit disloquée, avalée, annihilée par un trou noir, une étoile à neutrons ou par une collision avec une autre planète qui ramènerait notre monde au stade de l’Hadéen (premier éon de l’histoire de la Terre).

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L’exemple du Cambrien

Lorsque la vie trouve des opportunités de foisonnement, les nouvelles espèces bourgeonnent de manière plutôt échevelée. Confinée à un certain territoire dépourvu de prédation sérieuse, la vie teste de nouvelles façons d’exister. Lorsque nous observons les fossiles de la faune de l’explosion cambrienne, plusieurs espèces seraient facilement qualifiables de nature extraterrestre tellement leurs caractères nous apparaissent exubérants.

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Cette période géologique débute voilà 541 millions d’années avec l’extinction de l’Ediacarien, la dernière période précambrienne, et s’étire sur 56 millions d’années au-delà.

Chaque environnement développe ses propres solutions qui seront mises à l’épreuve. Ainsi, il nous sera impossible de connaitre la majorité des espèces cambriennes, seules les plus mobiles et les plus aptes à survivre ont conquis de plus grands espaces permettant un nombre plus important de fossiles. Quelques espèces auront une descendance qui se perpétuera jusqu’à aujourd’hui, dont plusieurs arthropodes (corps segmentés articulés munis de pattes).

Sixième extinction de masse

Des traces permanentes confirment une nouvelle période géologique. L’Holocène s’est terminé pour laisser la place au Meghalayen, nommé officieusement Anthropocène durant plusieurs années. Extinction massive d’espèces, importants résidus des combustibles fossiles dont les plastiques, la Terre s’est transformée et les changements continuent de s’accélérer.

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La grande extinction actuelle causée par l’humain laisse elle aussi des niches vides qui se remplissent par des espèces existantes indigènes ou migratoires. Mais l’histoire nous montre qu’apparaitront également de nouvelles espèces issues de mutations de caractères plus favorables que ceux existants. Elles profiteront de toutes les faiblesses engendrées par les changements environnementaux pour s’imposer devant leurs semblables. Meilleure adaptabilité à la chaleur, à la sécheresse, aux vents, aux inondations, aux insectes, des plantes quasi indestructibles et des animaux supportant les extrêmes finiront par proliférer au profit d’une flore trop fragile et d’une faune trop spécialisée.

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Mutations

Certaines mutations paraitront légères tandis que d’autres afficheront des changements drastiques. Par exemple, avec la hausse moyenne des températures, le gigantisme pourrait facilement et rapidement redevenir à la mode. Mais l’inquiétude vient de ce que nous ignorons. Naitra-t-il des hybrides du style «alien», «the thing» ou «predator» apparaitre? Le prédateur parfait, l’ennemi idéal de l’humain verra-t-il le jour?

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À ce jeu de hasard génétique, de conditions environnementales encore inconnues et d’opportunités ratées ou profitées, il s’avère impossible de deviner ce que la Nature nous concoctera. Toutefois, le déséquilibre environnemental actuel risque d’engendrer de bien mauvaises surprises. Ce sera à découvrir, mais d’ici là, mes os m’auront depuis longtemps foutu la paix. Mais en suis-je bien certain? Les nouvelles sur le sujet pourraient s’avérer bien pires et survenir bien plus tôt qu’on pourrait le croire!

L’humain

Pour terminer, une autre nouvelle probablement pas très réjouissante, l’humain aussi s’adaptera ou il disparaitra. À quoi ressembleront les futures générations d’humains? Porteront-ils toujours la dénomination homo sapiens ou devrons-nous parler d’une nouvelle espèce?

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Ce pourrait être homo gigantis (homme gigantesque), homo troglodytis (homme vivant sous terre), homo coriaceus (homme à cuirasse) ou même homo pteryx (homme ailé). Si certains dinosaures ont su se transformer en bête volante, pourquoi pas notre espèce?

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On pourrait au moins affirmer que la sixième extinction de masse nous aurait élevés à des hauteurs insoupçonnées. Ça camouflerait peut-être un peu la sombreur de notre méfait!

Les récents séismes à Lombok et le Petit Âge glaciaire

À la jonction des plaques tectoniques australienne, eurasiatique et pacifique, l’Indonésie est constituée de 13466 iles et ilots et contient pas moins de 150 volcans en activité, faisant de ce pays le champion des séismes et des éruptions volcaniques.

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Récemment, l’ile de Lombok a fortement tremblé à cinq reprises. Il faut savoir que Lombok abrite un énorme volcan, le mont Rinjani, le deuxième volcan le plus élevé d’Indonésie culminant à 3726 mètres. Ce volcan gris (explosif) occupe toute la partie nord de l’ile. Les derniers séismes, tous en périphérie et à faible profondeur, pourraient indiquer une remontée importante du magma au cœur de la montagne.

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La forme particulière du mont Rinjani laisse paraitre les cicatrices de son passé mouvementé. En plus de son cratère principal situé à l’est, la montagne montre clairement un vaste affaissement à l’ouest qui se termine dans le lac Segara, lequel entoure toute la moitié ouest du sommet du volcan.

Ce lac s’avère être la caldeira du stratovolcan Samalas, l’ancêtre du Rinjani qui a explosé en l’an 1257. À l’époque, la montagne s’élevait jusqu’à 4200 mètres, tout son sommet a été littéralement pulvérisé.

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Ces derniers séismes à répétition et survenus près de la surface annoncent peut-être une prochaine éruption majeure de la poche magmatique située sous la montagne. Pour savoir à quoi cette catastrophe pourrait ressembler, rien de mieux que de comprendre les événements survenus en 1257.

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L’indice d’explosivité volcanique a atteint le niveau 7 (VEI 7), considéré comme mégacolossal. L’éruption fut la plus importante sur Terre des 100 derniers siècles. Son panache a culminé à 43 kilomètres d’altitude et ses nuées ardentes ont complètement rayé de la carte le royaume situé à ses pieds, royaume dont sa capitale se nommait Pamalan. Il s’en est échappé 40 km3 de roches et de cendres, rendant les iles de Lombok et Bali pratiquement inhabitables pour des décennies.

Mais ces conséquences locales ne disent pas tout sur les impacts de cette éruption survenue au Moyen Âge. Les cendres se sont répandues dans toute l’atmosphère de la planète. Un dégagement de dioxyde de soufre et de chlore estimé à un total de 385 millions de tonnes a occasionné d’importants effets sur le climat en apportant un assombrissement global et des années subséquentes sans été.

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D’effroyables famines ont frappé plusieurs pays durant les deux années qui ont suivi. Durant cette période, Londres a perdu le quart de sa population. Cependant, l’éruption du Samalas a peut-être amorcé un dérèglement climatique bien plus permanent, celui du Petit Âge glaciaire.

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Bien que l’activité volcanique du Samalas ne soit pas la seule responsable de cet épisode qui a duré près de 550 ans, une modification dans l’équilibre des courants océaniques aurait probablement conduit à l’enclencher pour de bon.

Imaginez quelle ironie si les hausses actuelles des températures occasionnées par les activités anthropiques finissaient par être compensées par les effets d’une possible méga éruption du mont Rinjani (ou de toute autre éruption d’importance)! Me sentirais-je obligé de remercier les climatosceptiques pour leur «prévoyance»? Après les avoir traités de bande d’imbéciles, faire amende honorable s’avèrerait passablement difficile. Ce serait bien la preuve qu’en matière de climat, tout peut arriver!

Reprise des forts séismes

Après une accalmie des séismes de moyennes et grandes ampleurs dont je m’inquiétais, ceux-ci ont recommencé à faire trembler la Terre. Un séisme de magnitude 8,2 a secoué les iles Fidji, un autre de 7,3 est survenu au Venezuela, 7,1 au Pérou et un plus modeste, mais peut-être plus évocateur a atteint 6,2 à l’ouest de l’état de l’Oregon à la jonction des plaques tectoniques Pacifique et Juan de Fuca. Les deux mêmes plaques ont également vibré aux environs de Vancouver quelques jours auparavant.

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Malgré la grande différence entre l’énergie dégagée par chacun de ces importants séismes, celui de 6,2 étant 100 fois moins énergétique que celui de 8,2, les deux tremblements à l’ouest de l’Oregon et de la Colombie-Britannique en plein océan Pacifique n’annoncent vraiment rien de bon.

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La micro plaque tectonique Juan de Fuca est poussée par une montée de magma survenant dans le Pacifique, lieu des deux séismes récents, en direction de la côte ouest-américaine. Ce faisant, elle s’enfonce sous ce continent par un phénomène appelé «subduction». Les deux plaques se frottent et se déforment sans coulisser jusqu’à leur limite de friction en emmagasinant toute l’énergie de cette pression.

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Dans mon article sur les Cascades, j’explique l’origine de cette chaine de volcans de l’Ouest américain, dont fait partie le mont St Helens, et sur le mécanisme qui les crée et les fait entrer en éruption. Une faille entre deux plaques tectoniques, la Juan de Fuca et la plaque nord-américaine n’ont pas coulissé depuis des lustres et on considère son décrochage comme hautement prévisible à court terme. Puisqu’elle s’est tenue calme depuis plus longtemps que la normale, l’énergie emmagasinée y est plus grande, ce qui se traduirait probablement par une série de séismes majeurs. On évoque régulièrement une magnitude de 9+.Il-y-a-cinq-ans-un-tsunami-devaste-le-Japon.jpg

Ce faisant, un tsunami monstrueux dévasterait les côtes et les basses terres environnantes des états de Washington, Oregon, Californie aux É.U.A. et de la Colombie-Britannique au Canada.

Est-ce un signe avant-coureur d’un monstre en train de se réveiller d’une trop longue dormance et qui fera bientôt tonner son existence longtemps oubliée?

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Pour comprendre l’épée de Damoclès, il faut remonter à l’année 1700. Quelques légendes amérindiennes font état dudit monstre qui avait frappé à cette époque. L’oiseau du tonnerre a guerroyé avec la baleine, causant les grondements, les tremblements de la terre et les inondations titanesques. Cependant, ce sont dans les annales japonaises de janvier 1700 qu’on retrouve une description précise de l’événement survenu bien loin de là !

Un tsunami modeste, mais qui a tout de même ravagé une série de villages côtiers, atteint le Japon et est répertorié. Sa moyenne amplitude peut correspondre à deux causes distinctes. Un séisme proche des côtes nippones aurait soulevé une colonne d’eau relativement faible. Ou encore, un séisme de forte ampleur a sévi de l’autre côté de l’océan Pacifique et s’est amoindri en le traversant entièrement jusqu’à rejoindre le Japon.

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Si le tsunami a bel et bien été répertorié au Japon, aucun signe d’un séisme préalable n’a été perçu. La thèse d’un fort séisme trans pacifique prend alors des galons. Des traces géologiques viendront confirmer cette hypothèse. Sa magnitude sera évaluée entre 8,7 et 9,2!

Le 26 janvier 1700 vers 9 h, la terre tremble durant plus de quatre minutes comme aucune mémoire d’homme n’a conscience. La rupture de la faille s’est produite sur une longueur de plus de 1000 kilomètres pour un décrochage de 20 mètres.

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La moyenne de 590 ans séparant des séismes majeurs dans la région est depuis longtemps dépassée. Puisque le glissement des plaques s’effectue à vitesse presque constante, soit 40 mm/an, un super séisme à venir n’est pas une hypothèse, mais une certitude.

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Contrairement à la situation survenue en 1700 où une quantité relativement faible d’Amérindiens auraient péri dans la tragédie, aujourd’hui, une bonne dizaine de millions d’individus peuplent cette même partie du monde. La sécurité civile anticipe des pertes de 3 à 4 habitants pour 1000 en considérant un séisme de 9+ et le tsunami y correspondant. Pour une population touchée de 10 millions, les pertes pourraient se chiffrer à 40000 individus.

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On est encore bien loin du bilan de 250 000 décès survenus lors de la catastrophe du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien, toutefois, les conditions technologiques humaines entre les deux événements ne se comparent en rien. Pour l’Amérique du Nord, cette hécatombe constituerait la pire catastrophe à jamais avoir eu lieu sur tout le continent. Les pertes matérielles seraient, elles aussi, correspondantes au quantités d’éléments structuraux, industriels, commerciaux et résidentiels qui s’y trouvent.

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De l’événement de 1700 presque complètement disparu de la mémoire des humains, celui qui surviendra persistera bien au-delà de 300 ans… si notre espèce peuple encore la Terre en ces temps-là.