Sense 8

Les Wachowski, au cœur de la trilogie de la Matrix, autrefois frères et maintenant sœurs, ont coréalisé la série télévisée Sense 8 produite par Netflix. J’ai terminé la deuxième et dernière saison de ce tour de force cinématographique absolument démentiel.

Sense8-Regresa_VoxBox

Pour ceux qui ne connaissent pas cette série, un seul avertissement. Si vous êtes homophobe, contre le mouvement LGBTQ, possédez une idée relativement conservatrice des mœurs et pratiques sexuelles, il serait préférable de vous abstenir. On y retrouve une (vraie) transsexuelle, du lesbianisme, de l’homosexualité, du triolisme, etc.

Sense8_Finale_Unit_01280_R.0

Netflix a mis fin à cette aventure à cause des coûts astronomiques de production. Le scénario coupe donc court en certains endroits où l’aventure devait se poursuivre au-delà de la deuxième saison. Vous comprendrez aisément et rapidement les raisons de ces coûts hors normes dès la première émission.

Ceci étant dit, le plaisir qu’on éprouve à regarder cette série intelligente bardée d’une foule de personnages très attachants qui doivent affronter des dangers communs autant qu’individuels ne se dément pas tout au long de la série.

image

La musique omniprésente joue un rôle clé dans la facture globale, mais l’une des plus belles qualités de cette œuvre cinématographique est le temps. La réalisatrice prend le temps de développer certaines scènes en laissant tomber toute urgence d’agir et ça fonctionne à merveille. On redécouvre le plaisir des longues scènes aux dialogues riches, sensés et justifiés ou aux paysages magnifiquement exploités par le directeur photo. Certains moments deviendront des pièces d’anthologie, gardez donc des papiers-mouchoirs à portée de main.

KJ2A1408.dng

La distribution a certainement posé d’immenses défis qui ont été brillamment relevés par l’équipe chargée de trouver les perles rares. Certains d’entre vous retrouveront probablement avec plaisir Daryl Hannah dans un étonnant contre-emploi.

Je ne vous en dirai pas plus, sinon qu’à mon avis cette série restera unique, et ce pour des générations. Ne la ratez donc pas. Et si vous la regardez accompagné d’une autre personne, vous aurez en boni des heures de discussions après chaque épisode visionné. La dernière émission d’une durée de 2h30 vous en fera voir de toutes les couleurs !

Ma cote : chef-d’œuvre.

Médecin et ingénieur

Toutes les professions ont une importance certaine et requièrent de grandes compétences. Choisir de faire carrière dans l’un ou l’autre de ces champs d’étude et de travail exige bien des efforts et une fois le diplôme obtenu, les personnes en retirent une fierté de bon aloi.

Aucune profession n’est semblable aux autres. Aux antipodes, on retrouve certainement la médecine et l’ingénierie, ce qui amène parfois les professionnels de ces disciplines à se tirer la pipe.

L’ingénieur au médecin

« Je n’aurais voulu être médecin pour rien au monde. Nous, les ingénieurs, construisons des ponts magnifiques, des gratte-ciels grandioses, des bâtiments majestueux, des palais monumentaux, des routes panoramiques, alors que vous, les médecins, êtes incapables de guérir la plupart de vos patients. »

a89d4d05c17445a02917e582e4f9e405-drome-un-homme-de-83-ans-meurt-noye-dans-un-cimetiere

Le médecin à l’ingénieur

« C’est vrai, la nature humaine est complexe et la médecine ne peut venir à bout de tous les maux, mais lorsque nous commettons une erreur, nous avons la décence de l’enterrer, tandis que vous, les ingénieurs, vous vous empressez de l’ériger. »

16599647

Blogueur

Devenir blogueur est une décision pouvant paraitre simple et elle se prend souvent sans en faire plus de cas. Nous pensons être en mesure de fournir des informations intéressantes à nos lecteurs dans un domaine dans lequel nous sommes compétents ou qui nous fait plaisir, nos loisirs, nos enfants, un sujet d’intérêt ou d’inquiétude, etc.

Grand corbeau

Puis on se lance avec la ferme conviction que les lecteurs afflueront. Normal, si quelque chose nous intéresse, il devrait y en avoir tout un tas avec le désir de nous lire alors que nous possédons d’excellentes informations sur le sujet.

Nos premiers abonnés semblent confirmer notre analyse. Ça va déchirer ! On le sent ! Puis le premier pic d’abonnés s’essouffle. On redouble d’efforts, mais déjà notre esprit commence à comprendre la dure réalité. Peu importent nos énergies déployées, un nobody restera un nobody à moins de faire scandale ou de faire un tabac avec une vidéo totalement conne donc virale.

StatsWP

Bloguer vide notre sac à provisions qu’on croyait pourtant inépuisable. Chaque nouvel article nous coûte davantage que le précédent. Nous espaçons nos écrits, mais nous commençons déjà à sentir la fin de l’aventure. Trop de désavantages pour presque aucun avantage. Le nombre de lecteurs reste famélique pour tout ce temps et tous ces efforts investis… en vain.

Nos écrits resteront accessibles un certain temps jusqu’à ce que l’abonnement au site vienne à échéance et sans renouvellement cette belle aventure finira comme elle a commencé, dans l’anonymat le plus total.

svedska-osuden

Cette aventure a été vécue par nombre de personnes aujourd’hui disparues des radars et qui gardent un souvenir mitigé d’espoirs déçus. Il faut toutefois se rendre à l’évidence, nos blogues sont des gouttes d’eau dispersées dans une mer de n’importe quoi, quelques articles sérieux originaux, beaucoup de relais d’informations préexistantes et un tas d’inepties.

Le blogue du Corbot existe depuis plus d’un an, mais j’écris un article par jour depuis une révolution terrestre complète autour du Soleil. Mes écrits sont tous totalement originaux, je me documente, je fouille dans ma mémoire et dans mes livres, je trouve de nouvelles références, j’élabore un plan en choisissant un angle d’attaque particulier et original, je rédige, révise, corrige, catégorise et étiquette avant de mettre en ligne. Tout ce processus prend du temps et énormément d’énergies quotidiennement.

livres-700x350

Tenir un blogue (b-log), un journal (jour-nal), requiert de la discipline et il dépasse le simple désir de parler de soi et de ses intérêts immédiats. Cet acte nous pousse à nous améliorer tant au niveau du fond que de la forme. Cet exercice quotidien m’a donné des idées nouvelles dans un florilège de domaines distincts. J’ai établi d’étonnants ponts interdisciplinaires. J’ai nuancé ma pensée en intégrant encore plus de variables dans mes équations. Je me suis laissé porter par des flots d’idées décousues que j’ai rassemblées en courtepointes étonnamment riches en couleurs et en substances. Et pour toutes ces raisons, je vais continuer à vous proposer des articles, cependant, je ne m’engage plus à maintenir le rythme d’un article original par jour.

Plume-bleue-grande

J’aimerais remercier tous mes lecteurs et particulièrement ceux qui déposent des commentaires. Je sais combien ces petits mots exigent encore plus de temps et d’énergies de la part des blogueurs-lecteurs. Je reçois donc chacun d’entre eux comme de précieux cadeaux. Je continuerai aussi de vous lire de façon assidue et de commenter vos articles lorsque je pense apporter une opinion alternative et originale.

Je poursuis donc mon aventure avec vous durant une autre année, pour du meilleur et du moins pire. Alors… à demain.

Je suis

vers-fin-des-grands-arbres.jpg

Je suis le vent glacé automnal, le ciel ombrageux, les feuilles tombées

Je suis l’étranger indésirable, l’inverse de l’an droit, l’épine dans la chair

Je suis l’oiseau rabattu, le corbeau aux ailes d’Échyrée, la menace tue

Je suis l’arbre sauvage épargné des haches et du feu, fier, risible, esseulé

Je suis le mascaret remontant le fleuve des préjugés, le ras-le-bol-de-marée

Je suis l’ile aux falaises tranchantes, inabordable, peuplée d’oiseaux exotiques

Je suis le pieu du prétentieux, le dénonciateur du menteur, l’ail du vampire

Je suis la pluie sournoise, le verglas briseur, la pesanteur indésirable

Je suis l’épopée oubliée, le héros méconnu, la quête avortée

Je suis l’enfer inondé, le ciel silencieux, la terre en jachère

Je suis l’innommable, l’inqualifiable, l’épouvantail

Je suis la marmite débordante, la rébellion sous couvert, l’incompréhensible

Je suis la défervescence, l’extincteur des idioties, le réaliste indésirable

Je suis les nuées noires, le symbole de la furie, le silence annonciateur

Je suis l’univers atomisé, l’immensité ratatinée, le peu anéanti

Je suis mon indomptable roi, mon irréprochable loi, ma juste foi

Je suis moi… qui suis-je

L’image et le mot

Je reviens de mon pèlerinage annuel au SLM (Salon du livre de Montréal). Première constatation, avant même d’avoir atteint la salle d’exposition principale, la salle au palier inférieur antérieurement dédiée aux livres pour enfants a fait place à une garderie. Immédiatement, je m’interroge et je me réponds du même élan. Les livres pour enfants partageront la salle principale avec la littérature adulte.

Non, c’est plus qu’un partage, c’est une invasion hégémonique. La salle principale est devenue une immense arène où les enfants courent partout. Afin de mieux refléter le changement, le Salon du livre de Montréal pourrait changer son nom pour le «Salon du livre pour enfants de Montréal».

SLM-2018-b

Il n’existe plus aucune rangée où les bds, les livres-jouets, les livres de donjons et dragons, de magiciens, de licornes et autres personnages jeunesse sont absents.

D’un côté, je suis heureux de l’intérêt porté aux livres par ce jeune public. D’autre part, où puis-je maintenant flâner et bouquiner sans me faire bousculer toutes les trois secondes? Le Salon du livre et peut-être le livre en général se rajeunissent. En retranchant la place autrefois occupée par la littérature adulte, que peut-on apprendre sur l’avenir du livre littéraire?

5-ingredients-ventre-plat-selon-khloe-kardashian-2018.png

Les livres au contenu essentiellement textuel s’achètent maintenant sur le web et disparaitront peut-être totalement des salons axés sur le visuel. Comme partout ailleurs, l’image a remplacé le mot et tue progressivement son mode de diffusion autrefois de prédilection, le simple livre. Pour les adultes, subsistent maintenant des livres de cuisine et autres livres pratiques aux belles photos alléchantes, des livres humoristiques, des biographies illustrées de vedettes populaires ou des autobiographies accompagnées d’une panoplie de photos croustillantes, voilà maintenant l’essentiel du contenu du Salon. Soit un salon pour enfants, soit un salon présentant du divertissement aisé, des piles et des rayons d’incultures, de la malbouffe intellectuelle, à l’instar de ce qu’on retrouve dans le mainstream du web, le livre semble avoir pris le même tournant menant vers les niveaux inférieurs.

cover_vieux_livres

Doit-on s’en inquiéter ou s’en foutre? Dans la vie, tout évolue. La culture littéraire ne fait plus simplement perdre du terrain au profit de l’image, elle se fait littéralement anéantir par celle-ci. Est-ce un changement de paradigme? Nos communications deviendront-elles exclusivement imagées? On peut y voir plusieurs avantages dont l’éclatement de la barrière des langues, l’assimilation bien plus rapide d’une nouvelle connaissance par une présentation massivement parallèle plutôt que sérielle comme dans les chaines de mots où l’on doit les lire en suivant la séquence prédéfinie, un à la fois et les uns après les autres.

lettre-manuscrite-typographique

Par contre, les présentations sérielles sous forme de textes resteront toujours plus précises que les images. Les textes ne mourront pas, mais je sens que les images les remplaceront partout où cela s’avérera possible. Les textes deviendront des éléments d’accompagnement, comme lors des expositions d’œuvres picturales et sculpturales où des petits cartons nous donnent des informations précises ne devant subir aucun processus d’interprétation.

Les mots seront condamnés à véhiculer du savoir dur et ce sera la fin de la littérature… jusqu’à ce que des doctorants d’un futur lointain étudient notre époque et découvrent toute la richesse que nous pouvions véhiculer avec des chaines de mots. Ils seront subjugués par l’étonnant pouvoir que nous savions donner à ces chaines de caractères, et ce sans l’aide d’images. Ils publieront leurs découvertes et supputeront que nous pouvions voir des images uniquement grâce aux mots.

699105-outil-parallele-pour-apprentissage-notions

La plupart des gens ne les croiront pas, pensant qu’ils déraillent, qu’ils inventent n’importe quoi et les traiteront d’illuminés. «Tout le monde sait depuis toujours que les mots ne peuvent pas servir à remplacer des images!» Depuis leur plus tendre enfance, et ce depuis des siècles, ils auront appris que seule une image peut remplacer une autre image, les mots ne servant qu’à la partie technique.

Mais des études plus approfondies prouveront ces assertions. Les gens riront de l’inefficacité crasse de ce mode d’acquisition archaïque où l’on assimilait un seul mot, une seule information à la fois. Certains tenteront de faire revivre cet art perdu et caractérisé par sa lenteur en faisant l’éloge de son étonnante capacité à créer du contenu visuel à partir d’une description mot à mot.

La littérature retrouvera un semblant de place parmi les autres arts. Toutefois, elle aura perdu son tranchant et une grande partie de son pouvoir d’intéresser les masses, un art archaïque.

Dandelion, un court-métrage exceptionnel

Ma virée hier à Mont-Tremblant m’a amené à visiter la bibliothèque de cette municipalité des Laurentides. Situé à l’intérieur du bâtiment abritant l’hôtel de ville, ce lieu de culture de proximité possède une section spécialement et brillamment conçue pour les enfants. La section pour les adultes offre beaucoup de luminosité naturelle, rendant propice et agréable le plaisir de lire et de découvrir de nouvelles œuvres.

J’ai été accueilli à la bibliothèque par une personne de laquelle il s’avère impossible de rester indifférent. Vous savez, le genre qu’on voudrait instantanément s’en faire une bonne amie et qu’on regrette amèrement de ne pas avoir connu bien avant dans notre vie.

Cette personne se nomme Catherine Fauteux. Vous la connaissez peut-être puisqu’elle a remporté un concours de production de court-métrage en marge du Festival du film de Los Angeles en 2017.

Ce concours consistait à imager l’œuvre musicale Rabbit and Rogue de Danny Elfman. Entièrement réalisé en animation en volume (stop motion), cet étonnant court-métrage issu d’une personne qui en était à sa première expérience en production cinématographique nous transporte dans un univers aux richesses éblouissantes à travers un scénario qui témoigne de ses préoccupations pour la question environnementale, l’apport de l’humain et ses conséquences.

Jugez vous-même du résultat en allant visionner cette œuvre magistrale intitulée « Dandelion» d’une durée légèrement inférieure à dix minutes en cliquant l’hyperlien ci-devant.

La photographe Tremblantoise Catherine Fauteux prépare actuellement sa récidive cinématographique. Il va sans dire que j’ai bien hâte de découvrir les fruits de cet exigeant, mais combien passionnant travail artistique!

Photo : Radio-Canada.ca

Art et proche aidance

Aidance-Visiteurs2

Je reviens tout juste d’un vernissage, une exposition d’œuvres réalisées par des proches aidants de la région des Laurentides au Québec. Cet événement qui se tient jusqu’au 18 novembre 2018 à l’hôtel de ville de Mont-Tremblant regroupe vingt-trois œuvres picturales sur ce seul et même thème de la proche aidance.

Aidance1

Vous vous doutez qu’il ne s’agit pas d’un curieux hasard si la proche aidance se retrouve dans chaque tableau présenté lors de cet événement riche en couleurs et en émotions. Car malgré tout l’amour, le dévouement, la passion, la disponibilité et la patience qui caractérisent les proches aidants, le ressac surgit sous forme d’épuisement, de découragement, de colère, de culpabilité et de dépression chez les personnes qui ont sciemment décidé d’accompagner un proche dans sa maladie, de faire don d’une importante partie de leur vie à une ou à plusieurs personnes devenues trop vulnérables pour demeurer autonomes.

Aidance2

Heureusement, depuis maintenant cinq ans, un service d’art-thérapie est offert dans la région des Laurentides à ces personnes dont leur courage admirable n’a d’égal que leur dévouement exceptionnel. Toutefois, ces œuvres n’auraient jamais vu le jour sans la compréhension fine des problématiques liées à la proche aidance que l’art-thérapeute, psychoéducatrice et artiste Annie Bilodeau apporte dans le soutien à ces gens au cœur plus grand que leur poitrine.

Aidance-JBlanchette2

Annie les entraine, les encourage, les supporte dans une démarche artistique visant à exprimer leurs sentiments refoulés au moyen de l’art pictural. Libérés d’une partie de leur fardeau moral, ces gens peuvent ainsi poursuivre leur importante mission de façon plus sereine, plus positive et mieux équilibrée entre les besoins de ceux qui leur sont chers et les leurs.

Aidance3

Les œuvres ont été réalisées, non pas dans un but de performance artistique, mais plutôt dans une démarche visant à soulager les souffrances. Aucun exposant n’est un professionnel et pourtant, cette vingtaine de tableaux nous atteint au plus profond de notre âme.

Car nous savons tous qu’un jour, nous deviendrons nous-mêmes un proche aidant, si nous ne le sommes pas déjà, ou l’avons déjà été. Et plus tard, nous recevrons nous aussi de l’aide de notre conjoint, d’un ami ou d’un de nos enfants. C’est pourquoi ces toiles concentrées sur trois murs d’une même salle nous font vivre un étonnant maelström d’émotions vives et particulièrement intenses. Ces tableaux ne proviennent pas d’illustres inconnus ayant craché d’incompréhensibles émotions sur des toiles, non, ces œuvres nous décrivent, nous. Elles nous montrent une vision claire et certainement troublante, voire saisissante, de nous-mêmes.

Aidance5

Chaque œuvre est accompagnée d’un court texte rédigé par l’artiste qui décrit en quelques mots le motif formant la base de sa réalisation. J’ai tenté de les lire les uns à la suite des autres, mais rendu à mi-parcours je me suis accordé une pause. Et c’est exactement le genre de réaction que la proche aidance suscite et il ne faut pas la camoufler. On reçoit un coup de poing au plexus solaire, une bouffée incontrôlée de lourdeur et en même temps un tsunami d’amours sans bornes et de tendresses infinies.

Aidance4

Une grande amie, Johanne Blanchette, y expose quelques-unes de ses œuvres et s’est directement impliquée dans l’organisation et la réalisation de cet événement que je qualifie de révélateur et de charnière, tant pour les artistes que pour les nombreux visiteurs. De fait, j’ai eu l’occasion et le privilège d’échanger avec certains d’entre eux. J’ai remarqué leur regard au moment qu’ils entraient dans la salle et celui qu’ils portaient à leur sortie. Une indéniable transformation s’était opérée et voilà exactement ce que l’art procure à la population. Nulle obligation d’être un artiste confirmé pour atteindre les gens dans ce qu’ils ont de plus profond et d’intime. Il suffit d’avoir le courage et la générosité de partager ses souffrances, ses peines, ses joies et ses amours et alors, la magie de l’art réussira toujours à opérer.

Aidance6

Puisque mon lectorat s’étend sur la plupart des continents, je me suis permis de prendre des photos de certaines œuvres et de vous les présenter ici dans mon blogue. Voyez-y une façon de vous encourager à chercher des ressources en art-thérapie dans votre région. Ne niez plus vos douleurs, elles trouveront grâce à l’art, peu importe lequel, une voix pour s’exprimer et une voie pour s’expulser. La proche aidance est tellement demandante, accordez-lui la possibilité de s’exprimer sans contraintes, sans faux-fuyants, en toute liberté et en toute sincérité.

Cet article ne se prétend pas être un communiqué de presse ni une critique de l’exposition. Comme dans tous mes articles, c’est LeCorbot qui s’exprime avec la plus grande sincérité. Si vous désirez plus de renseignements sur l’événement, communiquez avec le service de la ville de Mont-Tremblant.

Je tiens toutefois à souligner l’apport grandement apprécié de deux jeunes flûtistes de talent qui ont accueilli et accompagné les visiteurs tout au long de la soirée. Elles se nomment Élie Lacroix et Élisabeth Bilodeau. Un grand merci à toutes les deux !

2-flutistes

Usurpation maternelle

— Je m’insurge, je monte sur mes grands chevaux, je tempête, je me scandalise!

— Bon ! LeCorbot, quoi encore! Tu as perdu une plume dans ton oreiller?

— Tu peux bien rire, mais ce n’est pas drôle du tout. Mon statut de père me porte à me révolter contre cette odieuse usurpation.

— Explique qu’on en finisse!

— Tu sais, tous les bébés commencent à émettre des sons par mimétisme. Ils nous voient parler et tentent de faire comme nous. Toutefois, ils ne peuvent pas émettre n’importe quel son. Ils commencent donc par ceux qui leur sont les plus faciles. Et devine le phonème le plus facile à émettre.

slider_1-600x200

— Le «a», je suppose.

— Exactement. La voyelle «a» est la plus naturelle puisqu’elle ne nécessite qu’on ouvre naturellement la bouche et qu’on expire. Cet exercice engendre instantanément le son « a». Et une fois le son «a» maitrisé, quelle est la syllabe la plus facile à produire pour un poupon?

— «ma», probablement.

— Parfaitement. Une syllabe labiale composée d’une expulsion, les lèvres fermées, et d’une ouverture graduelle de la bouche.

— Je commence à comprendre là où tu veux en venir.

— Parfaitement. En répétant le son le plus facile à créer, les bébés forment le mot «mama». Mais ça ne fait aucunement allusion à leur mère! Ce sont elles qui ont récupéré ce son en se faisant croire que leur bébé les appelle. On connait la suite. Les bébés comprennent assez rapidement qu’ils obtiennent le sein, toutes les fois qu’ils prononcent ce son. Et comme les hommes sont dépourvus de glandes fonctionnelles, mama est irrémédiablement associée à la personne qui est en mesure de se dévêtir la poitrine.

image_2832_400

— Ainsi, mama ne signifierait aucunement la mère dans la tête d’un nourrisson.

— Les mères ont sauté sur l’occasion pour usurper cette syllabe en leur faveur en déviant son sens réel. Et les pères dans tout cela, ils sont totalement laissés pour compte.

— Va dormir, LeCorbot. Demain, tu n’y penseras plus.

— Je suis prêt à oublier mes récriminations à condition que lorsque je crierai «mama, mama», tu te dévêtisses pour me présenter tes seins.

— Cochon de pervers!

— Oui, ta paire vers le père vert.

— On verra, mon verrat!

— Faudrait te faire une idée, suis-je un oiseau ou un cochon ?

— Si Pink Floyd a réussi à faire voler un cochon, tu peux bien en faire autant.

— Eux, ils carburaient aux des substances tripatives.

— Et toi, tu m’as !

— Ouais, vu sous cet angle, tu as bien raison. Mama, mama !

Savoirs anciens — mesurer avec une roue

Contrairement à la croyance populaire éperonnée par des déclarations malheureuses dans de mauvais documentaires scientifiques, les Égyptiens connaissaient parfaitement la roue. Lire mon article à ce sujet.

DSC_0570

Cet article explique comment je peux améliorer la précision de la longueur de la corde utilisée pour tracer la base de la pyramide de Khéops à partir d’une roue. Vous pouvez cliquer ici pour lire le premier article concernant le traçage de cette base de 440 coudées royales égyptiennes de côté à partir d’outils des plus rudimentaires.

Une roue simple permet d’améliorer la précision d’une mesure de longueur par rapport à une courte règle, comme la coudée royale étalon, un bout de bois d’une cinquantaine de centimètres de long.

cubito-unita-di-misura

Dans l’exemple utilisé dans l’article traitant de la base de la pyramide où je devais mesurer une corde de 1320 coudées à l’aide d’un étalon d’une longueur d’une seule coudée, il est évident qu’après un nombre aussi important de reports de la règle sur la corde, celle-ci devait certainement mesurer quelque chose de bien différent des 1320 coudées requises, et ainsi je m’exposais à servir de tartare aux lions du pharaon. Tenant trop à terminer ma vie ailleurs que dans des estomacs félins, j’ai voulu m’assurer que la corde mesurait le plus précisément possible la longueur requise.

Je ne pouvais pas débarquer au 25e siècle avant notre ère devant Pharaon Khéops avec un appareil de mesure au laser, je devais utiliser les moyens disponibles à cette époque et la roue m’est apparue être l’outil idéal pour affiner la précision des dimensions.

05_5_0.jpg

La façon dont je m’y prends est de reporter la longueur de la coudée royale sur un arc de cercle correspondant à une valeur fractionnaire exacte d’un tour complet de roue afin d’additionner cette longueur étalon au fur et à mesure que je tourne la roue en longeant la corde.

La difficulté consiste à mesurer un périmètre valant le plus précisément possible un multiple exact d’une coudée. Aujourd’hui, on sait que le rapport du périmètre sur le diamètre d’un cercle est π, un nombre irrationnel, et qu’ainsi la quadrature du cercle est impossible. Je me contenterai donc de la technique essais-erreurs pour me rapprocher de plus en plus d’une roue ayant un périmètre valant le plus précisément possible un nombre entier de la coudée.

Roue-Hex-Coudee_1

Toujours en utilisant la coudée étalon fournie par Khoufou, je taille une pierre en forme de roue en lui donnant un périmètre légèrement plus grand que 6 coudées afin de l’abraser par la suite jusqu’à la valeur précise. Pourquoi ai-je choisi de fabriquer une roue dont le périmètre vaudra exactement 6 coudées et pas 5 ou 8 ou un autre multiple? Un cercle divisé en 6 arcs identiques inscrit un hexagone régulier dont chacun de ses côtés vaut exactement le rayon du cercle (figure). Et si je divise 1320 coudées par 6, j’obtiens le nombre entier 220, donc un nombre exact de tours de roue. Ce nombre 220 s’inscrit dans la même structure numérique que 330, 440 et 550, les trois longueurs du triangle rectangle choisi pour tracer la base de la pyramide. Ce sont tous des nombres divisibles par 110.

Je fais rouler ma roue sur la coudée étalon pour m’apercevoir que les 6 arcs de cercle sont légèrement plus longs que la coudée. Je place alors la roue sur un pivot et je l’abrase jusqu’à ce que les 6 arcs de cercle mesurent en tout 6 coudées.

iStock_000006274276Medium.jpg

Muni de cette roue de 6 coudées, je mesure la corde pour la couper à 1320 coudées en calculant le nombre de tours de la roue. Lorsque j’atteins 220 rotations complètes, je coupe la corde à cet endroit précis. Je viens d’augmenter de façon très importante la précision de la longueur de la corde. Je peux maintenant la plier pour y placer les repères à 440, 880 et 330 coudées afin de respecter les mesures requises dans le processus.

La roue devient un moyen plutôt efficace d’accroitre significativement la précision des mesures de longueur en plaçant bout à bout des étalons de mesure sans rajouter ou retrancher des intervalles. Grâce à l’utilisation d’une roue, j’ai prouvé à Pharaon que sa future grande pyramide possédera une base carrée de 440 coudées de tous les côtés.

Dans un prochain article, j’aborderai l’étrange longueur de la coudée royale égyptienne.

Encore célibataire

Pour ceux qui se questionnent avec raison sur les causes de mon célibat, moi qui suis un si bon parti, je voudrais vous parler de ma dernière relation et vous présentant quelques extraits de mes bons mots à l’égard de mo ex.

« Soulève ta tête quand on s’embrasse. Tu vois bien que tu es plus petite que moi et que j’écrase ton nez au lieu de tes lèvres. »

« La prochaine fois que tu me parles de ta mère, je te parle de mon amante. »

« Au bar, j’ai décidé de suivre ton exemple. Quand tu inviteras ta grande amie Valérie à t’accompagner aux toilettes, j’inviterai ta grande amie Valérie à m’accompagner aux toilettes. »

« Je ne t’aide pas à laver la vaisselle parce que, de toute façon, tu vas me la balancer par la tête. »

« Quand tu es venue habiter chez moi, je t’ai fait de l’espace dans mes commodes. Maintenant, je dois aller habiter chez toi pour pouvoir ranger mon linge dans tes commodes. »

« Le repas était excellent. C’était quoi donc ? Du poisson ? Pouah ! »

« Oui, j’ai jeté les trois quarts de tes vêtements parce que je t’aime mieux lorsque tu retires les trois quarts de tes vêtements. »

« Le repas était excellent. Non, j’ai pas touché à la viande ni aux légumes ni aux… aux quoi c’est ça ? »

« Bien sûr que non ! Je te jure que je n’ai pas reluqué cette fille de l’autre côté de la rue qui porte une petite robe fleurie de la longueur pour lui voir la swisshh, qui est montée sur des aiguilles de quinze centimètres, qui s’est teint en blond, qui s’est fait poser des D qu’elle porte sans soutiens, qui porte par contre un C string, qui a les yeux pers, qui a un sourire ravageur et qui a une copine qui elle aussi… »

« Je te donne le choix. Je passe la tondeuse sur notre pelouse ou sur ma pelouse. »

« Pourquoi payer une fortune en manucure alors que, de toute façon, tu vas les briser en m’égratignant le dos ? »

« Pourquoi payer une fortune en manucure ? Les étoiles de mer n’ont pas d’ongles. »

« Bien sûr, je vais t’accompagner au centre commercial. On trouve toujours plein de filles désemparées à la boutique Apple. »

« Bien sûr, je vais t’accompagner au centre commercial. Les salles d’essayage chez Victoria Secrets sont refaites à neuf. Comment je le sais ? Euh ! »

« Baisse ta tête quand on s’embrasse. Tu vois bien que j’écrase ton menton au lieu de tes lèvres. »

« Essayer quelque chose de nouveau au lit ? Bien sûr. Ta meilleure amie Valérie ? »

« Si je t’aime ? « Il n’y a pas de service au numéro que vous avez composé. »

« Si j’aime mieux tes seins que ton cul ? Je préfère ta fesse droite et ton sein gauche. »

« Si je te trouve sexy dans cette robe ? Ton amie Valérie voudrait pas l’essayer ? »

« Oui, encore un voyage de pêche ! C’est la saison des truites arc-en-ciel et à talons hauts. »

« J’ai oublié ton anniversaire ? C’est chiant, ça revient à chaque année ! »

« Oui, encore un voyage de golf ! Les foursomes m’excitent. »

« J’ai oublié la date anniversaire de notre rencontre ? Mais je me rappelle très bien que je t’ai rencontrée. »

« Oui, encore un voyage à Cuba ! Là-bas, même les clientes te servent des sex-on-the-beach. »

« Pas encore un voyage culturel ! Le dernier ne date que de dix ans ! »

« Wow! quels jolis dessous ! Tu portes la tenue parfaite pour me servir une bière, comme au club de… »

« Wow! quels jolis dessous ! Et dire qu’ils vont être détruits dans l’opération qui va suivre. »

« Je t’aime, mais pas trop. Mon médecin m’a mis en garde contre les méfaits de trop aimer la tarte au citron. »

« Si tu étais diabétique, je ne dirais pas non à une tarte au sucre, par contre. »

« Non, je ne quitterai pas mon travail de policier. Et non, je ne te quitterai pas. Parce que lorsqu’on prends un spa ensemble, on fait la meilleure soupe poulet et nouille qui soit. »

« Si je connais le poulet noirci ? Euh ! Que… veux… tu… insinuer ? »

« Chérie, regarde ce nuage, on dirait nous deux quand on s’amuse au lit. Tu ne vois rien ? Ah ! »

« Mes disques vinyles ne sont pas des vieilleries bonnes à jeter. Ils conservent les meilleurs moments de ma jeunesse alors que j’étais encore capable de te trouver des qualités. »

« Ta mère nous rend visite ? Dis-lui bonjour de ma part. »

« Ta mère nous rend visite ? C’est parfait. Elle va enfin te montrer comment bien passer l’aspirateur. »

« Ta mère nous rend visite ? Tu sais, pourtant, que je n’aime pas manger mou. »

« Toi non plus, tu n’aimes pas manger mou ? Et tu ne parles pas de tes aliments ? »

« Oui, j’ai jeté ton beau mélangeur tout neuf. Tu ne m’as pas dit que ta mère devait manger mou ? »

« Lorsque tu m’as proposé un trip à trois, je n’avais pas envisagé te partager avec un godemiché. »

« Lorsque tu m’as proposé un trip à trois, je n’avais pas envisagé te partager avec le concierge. »

« Ta mère nous rend visite ? Non, je refuse ton invitation de trip à trois. »

« Lorsque tu m’as proposé un trip à trois, je n’avais pas envisagé toi avec tes deux copines, et pour moi un laisser-passer pour le spectacle d’André Rieu. »

«  Non, je ne regarde pas trop la télé, vois, je n’ai même pas encore terminé mon carton de bières. »

« Non, je ne t’ai jamais écrit des petits poèmes d’amour. J’accumule mes rimes. Jusqu’au jour où « j’aurai composé un quatrain. »

« Wow! tu es très en beauté ce soir, Valérie est venue te voir ? »

« Wow! tu es très en beauté ce soir, le concierge viens se faire payer le loyer ? »

« Wow! tu es très en beauté ce soir, dommage que je sois obligé d’aller voir mon ami Claude à l’hôpital. »

« Allô! Ah, c’est toi, Éric. Non ça va bien. Elle m’a cru. »

« Allô! Ah, c’est toi chérie ! Éric te fait dire bonjour. Qui ? Claude ? Euh, oui oui, bien sûr, Claude aussi. »

« Tu me quittes ! Tu veux rire ! Et tu vas faire quoi sans moi ? »

« Tu me quittes ! Tu es sérieuse ? Je vais enfin récupérer mes commodes ? »

« Tu me quittes ! Tu veux rire ! Alors que je te faisais pleinement confiance ! »

« Tu me quittes ! Tu veux rire ! Je n’ai jamais été un aussi bon gars qu’avec toi. »

« Tu me quittes ! Tu vas certainement retourner chez ta mère ! » »

« Tu me quittes et tu t’en vas habiter chez ton amie Valérie ! Tu m’invites quand ?

« Tu me quittes ! Tu veux gager ! Dans une semaine tu seras de retour, la tête basse. Et j’écraserai encore ton nez en t’embrassant. »

« Ma petite amie me quitte et elle ne m’a même pas donné une seule raison valable pour expliquer son geste. Les femmes sont vraiment indéchiffrables ! »